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- {"ba6e5443-d6c5-5620-916d-366e3adb48bc":{"title":"Raqqa : la capitale syrienne du calife Haroun al-Rachid","description":"Après la mort d'Haroun al-Rachid en 192/809, le gouvernement se réinstalle à Bagdad, mais la ville de Raqqa conserve son importance grâce à sa position stratégique aux portes de l'empire byzantin. Elle devient le siège du gouverneur de la région d'al-Djazira, entre l'Euphrate et le Tigre, c'est-à-dire la Syrie du nord-est et l'Irak du nord-ouest. Sous le règne du calife al-Mou'tasim, fondateur de la ville de Samarra en Irak, Raqqa bénéficie d'une nouvelle campagne de restaurations et de constructions dont l'architecture et la thématique décorative sont très influencées par Samarra. Les industries du verre et de la céramique inspirées des céramiques contemporaines damascènes ou de centres irakiens fleurissent pendant cette période.","quote":"“Les industries du verre et de la céramique propres à Raqqa fleurissent pendant cette période.”"},"b3513528-5861-5dfd-a473-0f15c92c8f94":{"title":"La décoration géométrique dans les récipients en céramique","description":"Dans la céramique, les motifs géométriques dérivent souvent de la simplification de motifs végétaux naturalistes qui se sont progressivement schématisés et géométrisés avec le temps. Ce processus d'abstraction se perçoit très bien sur certaines coupes et assiettes portant une décoration géométrico-végétale rayonnante : à partir de motifs initialement naturalistes, comme le fleuron à pétales arrondis, les formes évoluent jusqu'à atteindre la simplicité absolue de lignes radiales délimitant des portions triangulaires .","quote":"“Les motifs naturalistes se sont schématisés jusqu'à atteindre la simplicité absolue.”"},"c5fe097b-ce23-566c-9ba9-78fa3ca5eb00":{"title":"Syrie","description":"Les riches familles de Damas, inspirées par le prestige de la capitale ottomane, s'inspirant elle-même de l'Europe, rénovent leurs demeures à la mode européenne. Par exemple, les intérieurs et les miroirs lourdement dorés de Beit Nizam reflètent le goût pour le baroque européen, tandis que les grandes peintures murales de Beit Baroudi représentent ces paysages universels que sont La Mecque et Médine, Istanbul sur le Bosphore, la place de la Concorde à Paris ou la lagune de Venise. Paquebots et locomotives font leur apparition dans les tableaux avec les mots “Cham Sheriff” (“Honorable Syrie”) désignant la destination finale du train. Le terme “Honorable Syrie” renvoie au rôle de la Syrie comme lieu de rassemblement pour les pèlerins, symbolisant par conséquent la belle rencontre de l'Occident et de l'Orient, tout à la fois intégration et préservation de l'héritage culturel.","quote":"“Les riches familles de Damas, inspirées par le prestige de la capitale ottomane, s’inspirant elle-même de l’Europe, rénovent leurs demeures à la mode européenne.”"},"804d4535-4e46-51c6-8a4c-6dcc2261f2d1":{"title":"L’eau et la vie quotidienne"},"ed71c8d2-a286-5d34-ad28-4352240ff03d":{"title":"Métiers mudéjars","description":"Les menuisiers ou charpentiers mudéjars maîtrisaient tous les travaux du bois, des toitures au mobilier. Comme artisans de la *carpintería de lo blanco*, ils nous ont légué une des plus pures créations de l’art espagnol : des portes et des plafonds de bois qui, réalisés avec des morceaux découpés à l’équerre et somptueusement décorés, avaient la géométrie comme point de départ tant du bâti que de l’ornemental. Leur savoir-faire est attesté dans la parfaite concordance entre les décors et les structures.","quote":"Leur savoir-faire est attesté dans la parfaite concordance entre les décors et les structures."},"c7857f3a-7319-5558-b576-1a12a5980546":{"title":"Monuments","description":"Peu de dynasties ont autant construit que celle des Mamelouks. Les sultans et les princes furent de très actifs commanditaires d'architecture et peu de sites dans le monde peuvent rivaliser avec la richesse architecturale historique de la capitale mamelouke, Le Caire. \n \nL'architecture des Mamelouks, essentiellement en pierre, est représentée dans les deux principales régions sous leur contrôle, l'Égypte et la Grande Syrie. Le bois est utilisé pour fabriquer des portes, des panneaux d'habillage, des *mihrab* ainsi que des écrans en treillis de bois appelés moucharabiehs. Les coupoles sont habituellement en pierre. Le stuc est employé pour les éléments décoratifs. \n \nLe plan à quatre *iwan*, introduit antérieurement par les Zenguides et les Ayyoubides dans l'architecture égyptienne et syrienne, devient la disposition la plus fréquente des bâtiments religieux comme les mosquées et les *madrasa,* ainsi que de nombreux ensembles qui combinent ces deux types. *Madrasa* et mosquées incluent souvent un mausolée à coupole pour leur commanditaire. \n \nDans la tradition mamelouke, le minaret présente souvent des sections de fût différentes, selon un plan dit de minaret à trois niveaux. Il s'élève sur un socle carré, suivi par un fût octogonal se poursuivant lui-même par une partie circulaire parfois garnie d'une colonnade. Des balcons soutenus par des encorbellements à *mouqarnas* peuvent séparer ces sections. D'autres sections de minaret, par exemple entièrement octogonales, sont également courantes. \n \nLes bâtiments mamelouks privilégient l'équilibre de leur composition d'ensemble plutôt que la symétrie. C'est l'alignement avec les différentes orientations de rue et de la *qibla* qui est privilégié, ce qui génère une abondante variété de séquences d'entrée qui soulignent les changements d'axes. Les bâtiments sont d'échelle monumentale, en particulier au Caire. \n \nLes coupoles à profil en arc brisé reposent souvent sur un tambour cylindrique. Initialement les trompes, ultérieurement les pendentifs, consistent souvent en rangées de *mouqarnas* assurant la transition avec la coupole. Au début de la période, c'est le bois qui est utilisé pour le traitement de cette zone, mais il sera supplanté plus tard par la pierre. Si les arcs peuvent être aussi bien en berceau que brisés, cette dernière forme prévaut, en particulier à la fin de la période. \n \nLes Mamelouks utilisent abondamment la calligraphie. La technique *ablaq*, introduite à la fin de la période ayyoubide, se répand et devient même une caractéristique de la tradition mamelouke. Les *mouqarnas* en pierre sont omniprésentes. Leurs exemples les plus élaborés servent à l'articulation de demi-coupoles placées au-dessus des portails d'entrée. Même les chapiteaux de colonnes sont parfois ornés de *mouqarnas*. La face extérieure des coupoles est souvent en pierre sculptée à complexes motifs de cannelures, de zigzag, d'étoiles et d'arabesques. Les retraits pratiqués dans les façades, dans lesquels ouvrent les fenêtres, sont habituellement couronnés de rangées de *mouqarnas.* Les fenêtres sont couramment obturées par des grilles en stuc à verres de couleur, et les incrustations de marbre sont fréquentes dans les décors de surface. \n \nLes Mamelouks sont de grands constructeurs de bâtiments militaires. Ils entreprennent de nombreuses rénovations et agrandissements d'anciennes forteresses croisées ou ayyoubides. Régnant sur un empire qui tire une considérable richesse du transit des marchandises sur son territoire, ils édifient de nombreuses constructions destinées au commerce. \n \nL'architecture des Mamelouks est de nature très cosmopolite. Le Caire, centre politique et commercial d'importance internationale, attire les artisans de diverses régions. L'architecture intègre ainsi des influences venues d'al-Andalus, du Maghreb, des royaumes croisés, d'Asie centrale et de Perse."},"96e50aab-a868-5824-b376-8cdd7e37d384":{"title":"Art figuratif","description":"“La représentation de figures humaines, d'animaux et d'oiseaux existe dans l'art et l'architecture islamiques depuis leur origine et se retrouve avec constance sur tous les supports, quelles que soient les périodes ou les régions.”","extra":{"credits":"Curators & authors \nManal BASYOUNI, Aqaba \nGhazi BISHEH Amman \nJens KRÖGER, Berlin \nAida NAGHAWI DODO, Amman \nMohammad NAJJAR, Amman \nSamarah WOROUD, Irbid \n \nCoordination \nGhada AL-YOUSEF, Amman \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"La représentation de figures humaines, d'animaux et d'oiseaux existe dans l'art et l'architecture islamiques depuis leur origine et se retrouve avec constance sur tous les supports, quelles que soient les périodes ou les régions. Bien que, par contraste avec la situation de la fin de l'Antiquité qui précède, la figuration ne prédomine pas, elle emprunte une grande variété de formes (peinture, sculpture aussi bien en bas relief qu'en ronde-bosse) et de supports comme la pierre, la mosaïque, le stuc, l'ivoire, le verre, la céramique, le bois, les textiles, le cuir et le papier. \n \nLa figuration, dans l'art islamique, aborde une vaste gamme de sujets allant de représentations religieuses (le voyage mystique du Prophète de La Mecque à Jérusalem – \\[*Isra'*\\] et son ascension au ciel \\[*Mi'raj*\\]) à des illustrations de la vie séculière (scènes de la vie à la cour, musique, chasse, banquets). À la différence de l'art chrétien, l'art figuratif islamique n'a pas pour but de servir des objectifs religieux. S'il semble avoir minimisé la signification des symboles visuels figuratifs, il n'existe pas pour autant d'interdictions spécifiques du Coran, contrairement à une croyance répandue. Les représentations d'humains et d'animaux n'étaient prohibées que dans les bâtiments religieux dont, bien sûr, les mosquées. \n \nDans sa période de formation, l'art figuratif islamique brasse divers prototypes et influences comme les styles de l'Antiquité classique et tardive, ou de Byzance et des Sassanides. Plus tard, d'autres traditions artistiques seront reprises, comme celles d'Asie centrale, d'Inde, de Chine et d'Europe. Cette ouverture aboutit à une riche synthèse de traditions diverses qui, avec la pratique, prend un caractère spécifiquement islamique en dépit de ses origines variées.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/figural/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/20/portal_image/1.jpg","display_order":12}}},"a63d73d1-ce20-5a6f-9699-40bef46f5a8e":{"title":"Les bijoux : richesse, prestige et protection","description":"Les bijoux étaient présents tout au long de la vie de la femme. Fillette, elle portait des bijoux prophylactiques qui la protégeaient contre le mauvais œil. Au moment de ses fiançailles, ses parents lui remettaient, outre la dot, un certain nombre de bijoux de famille. De son côté, le fiancé lui offrait des bijoux et des parures, si bien qu'au jour de la noce, elle apparaissait sur le siège d'honneur parée de ses plus beaux atours. \nCes bijoux, ainsi que d'autres acquis ultérieurement, constituaient le patrimoine inaliénable de la femme.","quote":"Patrimoine inaliénable de la femme"},"566203f6-e2ac-5a67-8b5e-89d63a01d16e":{"title":"Les femmes musulmanes comme mécènes","description":"Les femmes musulmanes d'influence pratiquent la charité et soutiennent des causes généreuses. Comme le stipule clairement la loi islamique sur le régime des revenus et de l'héritage, beaucoup d'entre elles le font grâce aux revenus qu'elles perçoivent pour leur usage personnel. Elles jouent un rôle essentiel dans la consolidation de la société islamique en encourageant la solidarité entre les différentes classes sociales. Certaines commanditent pour la postérité des mosquées et autres bâtiments publics. Ainsi, à Fès au Maroc, les sœurs Fihri font édifier la mosquée Qaraouiyine et la Mosquée andalouse au cours du IIIe/IXe siècle. En Turquie, Nilüfer Hatoun, mère de Mourad Ier, fait construire un établissement religieux à Iznik en 789/1388, tandis que la mère du sultan Abdülaziz élève le complexe de la mosquée Pertevniyal à Istanbul en 1288/1871, qui réunit un mausolée, une fontaine, une école et une bibliothèque.","quote":"“Les musulmanes d'influence pratiquent la charité et soutiennent des causes généreuses.”"},"7f42af49-7560-50da-88eb-23e32df201f3":{"title":"La quête de la baraka – le pèlerinage à Jérusalem et en Palestine","description":"Bien que le pèlerinage islamique soit centré sur les villes saintes de La Mecque et de Médine en Arabie saoudite, la Palestine et Jérusalem en particulier ont toujours représenté une destination essentielle pour les pèlerins musulmans. Jérusalem (al-Qods) est la troisième ville sainte de l'islam. Allah lui-même accorda sa bénédiction à la cité et la nomma première *qibla* de l'islam, signifiant par là que c'était Jérusalem, et non La Mecque, qui était le centre géographique et spirituel des musulmans. C'est donc tourné vers Jérusalem que l'on prononçait les prières pendant les premières années de l'Hégire.","quote":"“La Palestine, et Jérusalem en particulier, ont toujours représenté une destination essentielle pour les pèlerins musulmans.”"},"fad5c96e-5e8e-5b67-81cc-5c34e034bb09":{"title":"Les femmes musulmanes comme professionnelles, artisanes et artistes-interprètes","description":"Plus prosaïquement, les femmes musulmanes se consacraient à de nombreuses activités artisanales. Une des plus importantes était la production de poterie à usage domestique quotidien. La base d'un plat mamelouk en céramique de Fustat (Égypte) porte l'inscription “*amal Khadidja*” (fait par Khadidja). Le tissage de tapis et de couvertures était également une activité féminine traditionnelle. Les connaissances et l'expertise se transmettaient de génération en génération. La broderie jouait un rôle notable. De nombreuses heures étaient consacrées par les femmes de la famille à embellir des tissus pour la maison et, dans de nombreux cas, pour assurer un revenu supplémentaire.","quote":"“Les femmes musulmanes se consacraient à de nombreuses tâches artisanales comme la poterie ou le tissage de couvertures et de tapis.”"},"c8537387-383b-5275-8627-e7e6711be5ec":{"title":"Saladin en Terre sainte","description":"Sous l'influence de Saladin, le mécénat architectural et artistique se développe. Lui-même soutient personnellement de nombreux projets de construction, y compris la rénovation de grands sites religieux comme la mosquée al-Aqsa et le Dôme du Rocher à Jérusalem ou la mosquée d'Abraham à Hébron.","quote":"“Sous l'influence de Saladin, le mécénat architectural et artistique se développe.”"},"57abcad0-a4a6-59e5-ab3f-6bbbc8cfa027":{"title":"La mosquée, espace de prière","description":"La mosquée est le principal édifice religieux. De plan carré ou rectangulaire, elle est essentiellement composée de trois pièces : la salle de prière, la cour et le minaret. \nLa salle de prière est divisée en nefs, qui peuvent être parallèles ou, plus souvent, perpendiculaires à la *qibla,* le mur orienté en direction de La Mecque et que l'on identifie grâce à la niche du *mihrab*, encadré d'une arc en fer à cheval et qui peut être très décoré. \nDe telles caractéristiques apparaissent très tôt dans la mosquée de Cordoue et se voient définitivement consacrées dans les mosquées almohades.","quote":"La mosquée *aljama* (mosquée du vendredi) et la mosquée de quartier"},"5fece024-c74e-561d-b95d-491951907de9":{"title":"Le Caire, Damas et Jérusalem, centres de la vie intellectuelle mamelouke"},"e2009245-e11e-522b-9c3a-48771cd25259":{"title":"Pèlerinage en Terre sainte","description":"La Terre sainte est un lieu de pèlerinage aussi bien pour les musulmans que pour les chrétiens. Les musulmans y font étape en route vers La Mecque lors du pèlerinage du *hadjdj*. Ils visitent le Dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa à Jérusalem avant de reprendre leur chemin vers le sud. Pour les chrétiens, la Terre sainte est le but final, Jérusalem, Bethléem et Hébron étant leurs plus importantes étapes.","quote":"*“La Terre sainte est un lieu de pèlerinage aussi bien pour les musulmans que pour les chrétiens.”*"},"a04edab2-8889-509d-8f02-71d9be653c47":{"title":"Les femmes de la dynastie : les petites-filles de Fatima al-Zahra","description":"Les princesses fatimides font construire des palais et des établissements religieux dans tout le royaume. Au Caire, nous savons qu'une salle du palais d'Occident est réservée à Sitt al-Moulk, sœur du calife al-Hakim. Elle était lambrissée de panneaux de bois sculpté représentant des scènes de la vie de cour et de chasse. Sayyida Oulam al-Ameriyya, épouse du calife al-Amir bi-Ahkam Allah (r. 495-524/1101-1130), construit un riche mausolée pour la très vénérée Sayyida Rouqayya, fille de l'imam Ali ibn Abi Talib, quatrième des “Califes bien guidés” (*Rachidoun*). Il est décoré d'inscriptions en style coufique commémorant son action. Le tombeau est meublé d'une superbe chaire de bois (tek indien notamment).","quote":"“Les princesses fatimides font construire des palais et des établissements religieux dans tout le royaume.”"},"b6146a5e-8a97-5fec-bf52-891c57ea0891":{"title":"Écoles de calligraphie","description":"Après les débuts de l'islam et tout au long des siècles suivants, la calligraphie arabe a généré de nombreuses écoles aux expressions variées. Parmi les styles les plus importants figurent le coufique, le *naskhi* et le *thoulouth*. Si le coufique, le plus ancien, est bien adapté à la calligraphie, il ne convenait pas à des utilisations plus quotidiennes, ce qui entraîna l'apparition du style *naskhi*, largement utilisé dans les actes courants de la vie civile.","quote":"*“Parmi les styles les plus importants et les plus répandus figurent le coufique, le* naskhi *et le* thoulouth*.”*"},"1621eaac-22de-5ea2-a831-558356a3e6df":{"title":"Le rôle individuel des plantes et des fleurs"},"40ddc7cc-dac9-5a21-9c8d-53bd6111238c":{"title":"Vie de cour","description":"Beaucoup des objets que l'on trouve dans les palais sont des présents reçus d'autres souverains ou de nobles. L'échange de présents renforce les relations entre territoires voisins et souverains rivaux. Les Artukides – Turcomans d'Asie mineure – s'établissent à Diyar Bakr dans le nord du Djazira à la fin du Ve/XIe siècle. Au cours du VIe/XIIe siècle, ils affirment de plus en plus leur indépendance, frappant leur propre monnaie et tissant des liens avec des souverains voisins en leur faisant parvenir des cadeaux.","quote":"*“L'échange de présents renforce les relations entre territoires voisins et souverains rivaux.”*"},"aa7dbfdb-56bd-59fa-98ce-c5b08de806c5":{"title":"L’écriture coufique"},"2fa2a75e-bc46-5e82-b436-df6b6e337b65":{"title":"Les céramiques abbassides","description":"Ce n'est pas avant la période abbasside qu'apparaissent un type et un style de céramiques qui peuvent être techniquement qualifiés de “islamiques”. Une première différenciation des modèles préislamiques se manifeste clairement vers le milieu du IIIe/IXe siècle dans la vaisselle copiant des porcelaines chinoises. 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Plus ancien style d'écriture arabe, il a dominé la calligraphie au cours des deux premiers siècles de l'islam, mais a fini par être remplacé par d'autres, dont le *naskhi* et le *maghribi*, bien qu'aucun de ces nouveaux styles n'ait jamais atteint un même niveau de diffusion.","quote":"“On considère que l'écriture coufique est l'un des styles de calligraphie arabe les plus répandus dans le monde islamique.”"},"a54056db-53e8-5044-b4c1-ab40a258ab5b":{"title":"L'art dans les lieux de prière","description":"L'effet du soleil traversant les vitraux composés de douzaines de fleurs multicolores illuminant l'intérieur de la mosquée s'ajoute à celui des lampes à huile suspendues décorées de symboles impériaux et de versets du Coran. Les motifs des tapis de prière provenant de l'atelier du palais sont remarquables par leur similarité avec ceux des carreaux de céramiques décorant les murs. Les lutrins pour le coran, les coffrets de bois utilisés pour le ranger et les *minbar* sont magnifiés par une convergence de l'esprit de prière et de création artistique.","quote":"“Les lutrins pour le coran, les coffrets de bois utilisés pour le ranger et les minbar sont magnifiés par une convergence de l'esprit de prière et de création artistique.”"},"bc3059aa-db7e-5ab4-ae05-77999d031552":{"title":"Cérémonial et divertissements à la cour","description":"À partir du IIe/VIIIe siècle, le califat omeyyade se tourne de plus en plus vers l'Orient à la suite de ses tentatives infructueuses de conquérir Constantinople. Cette évolution conduit à un rapprochement avec le monde iranien ; l'art et l'architecture, mais par-dessus tout le cérémonial de cour, en portent le témoignage. \n \nUn cérémonial très sophistiqué de réceptions et d'audiences se met en place, qui accentue la séparation entre le souverain et ses sujets. Les palais omeyyades au riche décor appliqué à des supports variés, mais aussi les sources littéraires de l'époque, permettent de se faire une idée du cérémonial de la cour et des divertissements de l'élite régnante.","quote":"“Un cérémonial très sophistiqué de réceptions et d'audiences se met en place.”"},"ca4e1fb9-a323-523f-bcbb-6c6de8cefb05":{"title":"Le palais et les arts","description":"Beaucoup d'artistes travaillant dans les ateliers du palais étaient appelés *nakkaş* *(*dessinateurs, concepteurs). Les dessins servaient à de nombreuses applications artistiques : livres, calligraphie, tapis, carreaux, céramiques, travail du bois et travail de la pierre. Ainsi, les mêmes plans et motifs se retrouvaient sur des matériaux aussi différents que le bois, le métal et la pierre. \nLes dessins étaient également utilisés hors du palais, par exemple dans les ateliers de céramique d'Iznik ou de tissage de tapis d'Ouchak. Les produits réalisés étaient ensuite vendus dans l'empire ou exportés.","quote":"“Les dessins servaient à de nombreuses applications dans tous les arts, depuis le livre jusqu'au travail de la pierre.”"},"c2dbf4ef-9ab1-5dca-9ef4-37ca6225e91e":{"title":"Mécénat officiel","description":"Les palais omeyyades, également appelés \"châteaux du désert\", comme celui de Minya, intéressent les chercheurs depuis longtemps. La localisation de certains d'entre eux sur des terres bien irriguées suggère qu'ils étaient également le centre d'une exploitation agricole. Certains ont avancé qu'ils avaient été édifiés pour maintenir le contact avec les tribus arabes, solides soutiens de la dynastie omeyyade.","quote":"“Les palais omeyyades, également appelés 'châteaux du désert', comme celui de Minya intéressent depuis longtemps les chercheurs.”"},"1aa59d36-2ef4-55a4-9987-3abbfd0f309c":{"title":"Syrie"},"7fc6e76a-c529-5929-9940-9de5218a34cb":{"title":"Représentation animale","description":"Si l'exclusion virtuelle des représentations humaines et animales dans un contexte religieux est systématique et délibérée, dans toutes les autres sphères, des animaux réels ou mythiques occupent un rôle important. 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Les échanges culturels entre les nouveaux habitants des royaumes francs et les communautés rurales musulmanes se poursuivent malgré un état de guerre permanent.","quote":"“Les artisans locaux profitent largement des ateliers créés par les Croisés.”"},"beaed359-49db-5b82-b5ab-00d242347b19":{"title":"La vie privée des femmes musulmanes","description":"Une fois par semaine, la visite au hammam offrait aux femmes d'une maison ou d'un quartier l'opportunité de se retrouver pour prendre soin de leur corps et échanger les dernières nouvelles. C'est là qu'on organisait les mariages et qu'on estimait les dots. Les hammams étaient conçus de telle façon que l'on se déplaçait peu à peu d'une salle chaude à un salle fraîche. De nombreuses installations de ce type sont ornées, à l'intérieur, de fresques illustrant des scènes de la vie quotidienne et d'autres thèmes contribuant au sentiment de bien-être ainsi qu'à la stimulation intellectuelle des utilisateurs.","quote":"“Même les arrangements de mariage et les discussions sur la dot se déroulaient au hammam.”"},"d7c23444-3d3f-5267-ac39-29110a7751ab":{"title":"La culture dans le royaume croisé de Jérusalem"},"2aca10e0-7f13-5d99-b5ac-513f7ea5b271":{"title":"Vie religieuse","description":"De nombreux immigrants musulmans en quête de connaissances religieuses et d'un approfondissement de leur foi, pour ne pas mentionner le *djihad* (guerre sainte), furent attirés par la Syrie, en particulier par Alep et Damas. Le quartier Salihiyya à Damas, par exemple, était un centre de propagande contre les Croisés et la résidence des Banu Qudama, érudits religieux d'origine palestinienne qui jouèrent un rôle crucial dans la victoire de Saladin sur les Croisés lors de la bataille décisive de Hattin (583/1187).","quote":"“Le quartier Salihiyya à Damas fut un centre de propagande contre les Croisés.”"},"0d96fdda-709f-55ff-974d-36ce25e67b8e":{"title":"La vie quotidienne dans le sultanat mamelouk"},"093d3b04-a322-5303-baa3-da0aa80dad8f":{"title":"La capitale ottomane: Istanbul"},"da493358-92ba-5a20-8866-fa30fb03bfb2":{"title":"Les Abbassides","description":"“L'art et l'architecture islamiques ont largement bénéficié de la diversité culturelle régionale abbasside, caractérisée par la présence de groupes sociaux et ethniques diversifiés.”","extra":{"credits":"Curators & authors \nMohammad ABBAS, Cairo \nNoorah AL-GAILANI, Glasgow \nDina BAKKOUR, Damascus \nJamila BINOUS, Tunis \nAicha BENABET, Tunis \nElsayed HAMAD, Cairo \nTaha KHECHINE, Kairouan \nMourad RAMMAH, Kairouan \nSalah SAYAOUR, Cairo \nTarek TORKY, Cairo \n \nCoordination \nSaloua ZANGAR, Tunis \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"La dynastie abbasside qui accède au pouvoir en 132 de l'Hégire / 750 J.-C. installe sa cour à Bagdad. Son pouvoir s'étend de l'Asie centrale à la Tunisie et durera 508 ans. Son règne se distingue par la promotion de l'égalité entre les différents groupes ethniques et sociaux qui composent la société. Pour assurer l'ordre et la stabilité de cet immense empire, les Abbassides créent des gouvernorats régionaux. Dans le bassin méditerranéen, les Aghlabides gouvernent la Tunisie, et les Toulounides l'Égypte, au nom des Abbassides. \n \nL'âge d'or de la dynastie couvre les IIIe et IVe siècles de l'Hégire (IXe-Xe siècles J.-C.), époque à laquelle le Moyen-Orient et le nord de l'Afrique connaissent une évolution majeure : le passage d'une économie essentiellement agricole à un système dominé par le commerce. Cette transformation engendre un afflux de richesses qui réduit les différences sociales entre les communautés arabes et non arabes et suscite des changements dans de nombreuses activités artisanales ; c'est notamment le cas de la verrerie, de la poterie et du tissage. Leurs productions sont exportées jusqu'en Chine et en Afrique subsaharienne. \n \nLa recherche de la connaissance est encouragée par l'État. De nombreuses écoles sont fondées à Bagdad et dans les provinces. La traduction de livres est une activité florissante qui permet la préservation de nombreuses œuvres essentielles d'origine grecque, perse ou indienne traduites en arabe. Des contributions significatives sont apportées dans les domaines des sciences, des mathématiques, de la médecine et de la philosophie. \n \nLe déclin débute au Ve/XIe siècle, lorsque que certaines parties de l'empire commencent à se détacher ou deviennent autonomes. Les Fatimides (297-567/909-1171) fondent une dynastie rivale en Égypte et Tughrul Beg, officier turc abbasside, prend le contrôle de Bagdad, siège de la dynastie, en 447/1055. 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Elles se communiquaient des formules ou des adresses de fournisseurs d'essences aromatiques et de parfums, composés à partir de plantes et de fleurs, et aussi de sources animales comme l'ambre. Le voyageur perse Nassir Khusraw note lors d'une visite en Égypte au temps des Fatimides que les marchands de violettes, de narcisses, d'iris et de lys vendaient leurs produits à des parfumeurs. Les soins du cheveu étaient très développés et d'élégants peignes ont été découverts qui portent des inscriptions amusantes comme “Je ne peignerai d'autres cheveux que ceux d'une belle”.","quote":"“Les femmes pouvaient passer une journée entière au hammam, pour un massage ou un bain de vapeur chaude.”"},"51fbd90e-6be2-5b7d-985d-95a359d424a3":{"title":"Deux sultans mamelouks face aux Francs","description":"Les deux sultans mamelouks qui mènent le plus grand nombre de campagnes victorieuses contre les États des Croisés sont al-Dahir Baybars (658-676/1260-1277) et al-Mansour Sayf al-Din Qalawun (678-689/1279-1290). Sur cette lancée, le sultan mamelouk al-Achraf Khalil (r. 689-693/1290-1293) dirige la campagne victorieuse contre Acre en 690/1291, qui marque la fin de la présence des Croisés.","quote":"*“Al-Achraf mène la campagne victorieuse contre Acre en 690/1291, qui marque la fin de la période des Croisés.”*"},"017e4b3b-5dc4-5b40-a034-7dbccb14bb54":{"title":"L'art turco-islamique de l'Anatolie pré-ottomane","description":"À la suite de la bataille de Manzikert en 463/1071, l'Anatolie assiste à la montée en puissance d'une nouvelle entité politique, sociale et religieuse aux portes du vieil empire byzantin, celle des Turcs qui, venus des steppes d'Asie, avaient fondé le grand empire seldjoukide d'Iran avant de s'installer en Anatolie.","quote":"“À la suite de la bataille de Manzikert en 463/1071, l'Anatolie assiste à la montée en puissance d'une nouvelle entité politique, sociale et religieuse.”"},"37af7457-871b-5f72-898f-77f35e43c973":{"title":"Vie religieuse","description":"Toutes les villes de Syrie, de Palestine et d'Égypte connurent un renouveau du sunnisme sous les Atabegs et les Ayyoubides. Les deux dynasties entreprirent la restauration de la Grande Mosquée omeyyade après deux incendies catastrophiques et financèrent des centaines d'institutions religieuses dont des mosquées, des oratoires, des *madrasa*, des *khanqah* et des mausolées. Les historiens contemporains mentionnent un total de 242 mosquées pour la seule Damas.","quote":"“Les historiens contemporains mentionnent un total de 242 mosquées pour la seule Damas.”"},"faf029c1-2130-55ac-8ebd-77f3acfeea29":{"title":"Les routes de pèlerinage et les Lieux saints","description":"À la fin de la période ayyoubide (milieu du VIIe/XIIIe siècle), les pèlerins d'Égypte et d'Afrique du Nord commencèrent à emprunter les voies terrestres. On dit que la sultane Chajarat al-Durr, veuve du denier souverain ayyoubide d'Égypte, décréta en 645/1247 qu'il lui fallait voyager par voie terrestre pour accomplir son devoir de pèlerinage. On considère donc que c'est elle qui a inauguré ce parcours. À partir du règne du sultan mamelouk Baybars, cette voie devint la route officielle après que le souverain y eut envoyé à ses frais une caravane de pèlerins avec une *kiswa* (couverture) pour la Kaaba, en même temps que la clé. La caravane partait de Suez et se dirigeait vers Aqaba où elle retrouvait celles qui arrivaient du Bilad al-Cham.","quote":"“À la fin de la période ayyoubide (milieu du VIIe/XIIIe siècle), les pèlerins d'Égypte et d'Afrique du Nord commencèrent à emprunter les voies terrestres.”"},"75d461b2-226f-594c-ab20-e9b5b2e58ad5":{"title":"L'art turco-islamique de l'Anatolie pré-ottomane","description":"La puissance seldjoukide s'effondre devant les invasions mongoles. Les émirats anatoliens qui naissent de cet éclatement reprennent l'approche artistique des Seldjoukides. L'un de ces émirats, celui des Ottomans, élabore un nouveau style artistique issu de l'art seldjoukide.","quote":"“Les émirats anatoliens développent une nouvelle approche artistique à partir de celle des Seldjoukides.”"},"227f3bb2-60fb-58e2-b42c-bcec823faca6":{"title":"Splendeur de l'habillement : Tiraz et vêtements de l'époque","description":"Lors d'occasions particulières, les califes fatimides sélectionnent les plus beaux tissus de *tiraz* pour les robes d'apparat qui récompensent leurs dignitaires ou courtisans. Le vizir, par exemple, reçoit 30 tenues complètes qu'il est libre de distribuer parmi ses collaborateurs. D'autres cadeaux sont remis aux invités de haut rang de la cour, lors de célébrations ou d'anniversaires, et même à des gens du peuple. Les habits en *tiraz* sont de type et de style variés en fonction du rang de celui qui les porte. Les soies dorées sont réservées aux dignitaires princiers et différents types de soie sont offerts aux membres du gouvernement.","quote":"“Les califes fatimides sélectionnent les tiraz les plus richement ornés pour les robes d'apparat offertes en récompense à leurs dignitaires et courtisans.”"},"119e81e9-24c1-5c11-8732-14582e47e370":{"title":"Les femmes de la dynastie : les petites-filles de Fatima al-Zahra","description":"En Afrique du Nord, les femmes cultivées et sophistiquées de la dynastie ziride (Berbères Sanhaja) s'inspirent de leurs consœurs fatimides d'Égypte. Au Ve/XIe siècle, une princesse ziride adjoint au *ribat* (enceinte fortifiée) de Monastir une mosquée qui sera appelée mosquée al-Sayyida en reconnaissance de son œuvre. Un certain nombre de manuscrits coraniques de la bibliothèque de Kairouan ont été commandités par des princesses zirides pour être offerts à la Grande Mosquée, notamment les corans d'Oumm Milal et de Oumm al-'Ilou, sœur du prince ziride al-Mouiz. Un troisième manuscrit fut offert par Fatima, gouvernante du prince Badis bin al-Mansour.","quote":"“Les femmes cultivées et sophistiquées de la dynastie ziride s'inspirent de leurs consœurs fatimides d'Égypte.”"},"8328accb-dce9-5333-9598-eb8502278b59":{"title":"L'art hors de la capitale","description":"L'empire ne cherche pas à intégrer les tribus turques émigrées dans les territoires nouvellement acquis dont la population est essentiellement arabe, mais une société locale se forme peu à peu dont la classe dominante est d'origine turque. Avec le temps, les fonctionnaires et les soldats se mêlent à la vie locale, se mariant parfois sur place, et donnent naissance à une nouvelle classe, *Kuloğlu*, en particulier au Maghreb. Mais dans ces régions, les plus éloignées de l'empire, l'influence d'al-Andalus est notable.","quote":"“Dans les régions les plus éloignées de l'empire, l'influence d'al-Andalus est notable.”"},"f70d4425-5bc1-5d34-bbc8-8c1e22ee9757":{"title":"Art et architecture royale","description":"L’institution du *Tiraz* au Palais royal, c’est-à-dire d’une manufacture royale d’objets et d’étoffes artistiques et précieuses, constitue un important moyen de diffusion des répertoires figuratifs et des techniques de fabrication de la culture islamique.","quote":"L’institution du *Tiraz* constitue un important moyen de diffusion des répertoires figuratifs."},"7458975b-fc3b-5c26-8fde-fb0c9b93214e":{"title":"L'art turco-islamique de l'Anatolie pré-ottomane"},"c667dbde-a90a-50a0-a246-daedc5e094da":{"title":"Pèlerinage en Terre sainte","description":"Ibn Jubayr (539-613/1145-1217), musulman originaire de Valence en Espagne, rédigea un compte-rendu de ses voyages au Proche-Orient. Il décrit en détail la Grande Mosquée de Damas et d'autres mausolées de la ville et de ses environs. Quittant Damas en septembre 580/1184 avec une caravane de marchands partant pour la vieille cité d'Acre (Akko) en Israël, il écrit : \"L'une des choses le plus étranges du monde est que les caravanes musulmanes s'avancent dans les territoires francs, tandis que des captifs francs partent pour les pays musulmans.\"","quote":"“… Les caravanes musulmanes s'avancent dans les territoires francs, tandis que les captifs francs partent pour les pays musulmans.”"},"ca354990-79c2-5bab-83fc-460c8bcc911e":{"title":"Mosquées et palais","description":"Après la conquête de l'Égypte en 358/969 par le général Jawhar pour le calife al-Mouiz, une nouvelle capitale est construite, al-Qahira (\"la Victorieuse\"). Elle est entourée d'une muraille percée de huit portes. Comme il se doit, l'imposant complexe palatial, connu sous l'appellation de al-Charki ou palais de l'Orient, se dresse au centre même de la nouvelle cité ; sa superficie au sol représente un cinquième de la ville, soit plus de 8 hectares. Plus tard sera édifié juste en face le palais de l'Occident, relié au premier par une place publique. Il ne reste que peu de vestiges de ces édifices et les descriptions en sont rares, mais les sources historiques mentionnent la présence de cimetières pour les membres de la dynastie, ce qui a pu renforcer le sentiment de sacré attaché au califat. Dans de nombreuses villes et jusqu'en Sicile s'élèvent des palais bâtis sur ces modèles, qui continueront à inspirer l'architecture royale jusque bien après la conquête normande.","quote":"“Une nouvelle capitale est construite, al-Qahira, entourée d'une muraille percée de huit portes.”"},"1a1a6170-d33d-5774-bbd8-19cce2b88392":{"title":"Itinéraire d'une chaire islamique","description":"Le transfert du *minbar* à Hébron confère une dimension religieuse particulière à la ville, qui attire maintenant les musulmans, les juifs et les chrétiens. Les visiteurs font des donations et financent généreusement des institutions. Leur générosité s'étend non seulement à la mosquée et au mausolée, mais aussi à la ville. Les lampes de mosquée, les pages du Coran et les chandeliers de cuivre présentés dans cette exposition sont de brillants exemples de ce mécénat.","quote":"*“Les visiteurs font des donations et accordent de généreux financements.”*"},"dfe11212-0dd1-5b88-8c67-bc7d735d4c2c":{"title":"La décoration géométrique dans les récipients en céramique","description":"Une partie importante de la céramique islamique est ornée de motifs géométriques très simples ou de motifs végétaux schématisés qui ressemblent à des figures géométriques. Parfois, les motifs sont sélectionnés et composés au préalable pour s'adapter à la forme du récipient et rehausser ses différents éléments. C'est pourquoi, pour les formes ouvertes, on préfère les schémas organisateurs rayonnants, et les bandeaux horizontaux pour les formes fermées.","quote":"“Les motifs sont sélectionnés et composés au préalable pour s'adapter à la forme du récipient.”"},"134ba250-63fa-595c-a880-46d56bae5a59":{"title":"Itinéraire d'une chaire islamique"},"9d1ba52c-7e9b-5e9d-9ef2-729fa7e30e96":{"title":"Les Aghlabides : le bouclier de la dynastie abbasside","description":"Les Aghlabides sont à l'origine de plusieurs réalisations monumentales à Kairouan, Monastir, Sousse et Tunis. L'Ifriqiya devint un passage essentiel pour le commerce entre l'Orient et l'Occident d'une part, al-Andalus et le Soudan d'autre part. L'architecture et d'autres activités comme le tissage et la céramique prospérèrent. La chute des Aghlabides est principalement due à la frivolité et aux gaspillages financiers de Ziyadat Allah III (r. 290-296/903-909). La dynastie perdit son soutien populaire et l'Ifriqiya tomba sans résistance aux mains des Fatimides.","quote":"“L'Ifriqiya devint un passage essentiel pour le commerce entre l'Orient et l'Occident d'une part, al-Andalus et le Soudan d'autre part.”"},"c891e7d0-4fed-5c58-96cf-57ac94c648f4":{"title":"Commerce et voyages","description":"Les marchands musulmans voyagent fréquemment avec les mêmes caravanes que les pèlerins, s'arrêtant la nuit dans des caravansérails ou *khan* généralement construits en bordure des axes commerciaux ou dans les principales villes. Ils y trouvent un abri, de la nourriture et de l'eau pour eux-mêmes et pour leurs animaux. Une fois en ville, ils trouvent des marchés (souks) qui vendent une diversité impressionnante de produits tels que soieries, parfums, joaillerie, or, épices, verrerie, objets en métal travaillé, récipients en céramique. Le souk d'Alep, par exemple, contient un *khan*, un hammam et une mosquée qui répondent à tous les besoins des voyageurs.","quote":"“Les voyageurs trouvent des marchés (souks) qui proposent une diversité impressionnante de produits.”"},"ecc4b251-5132-548b-b9cd-828061e0469f":{"title":"La vie quotidienne dans le sultanat mamelouk","description":"Si l'islam est la religion principale de l'empire, d'importantes communautés chrétiennes catholiques et orthodoxes, en particulier les coptes, contribuent à la vie spirituelle et culturelle, de même que divers groupes juifs. Ces minorités religieuses sont protégées par le Coran et mènent généralement une coexistence pacifique avec les musulmans. Les coptes égyptiens fournissent de remarquables contributions à la vie économique, culturelle et artistique de la période mamelouke. Leur savoir-faire traditionnel se concentre essentiellement sur l'architecture, les textiles, la poterie et le travail du bois.","quote":"“Les minorités religieuses étaient protégées par des directives données par le Coran.”"},"8ba9ac70-d9d1-566c-a0f5-e8b951a601fd":{"title":"Mosquées et palais","description":"Dans toutes les provinces fatimides, l'intérieur et le mobilier des mosquées sont richement ornés d'élégantes inscriptions religieuses et de compositions d'arabesques. La commandite royale garantit une exécution de très haut niveau – et permet que les convictions religieuses et idéologiques soient illustrées par des moyens artistiques.","quote":"“Grâce à la commandite royale, les convictions religieuses et idéologiques de la dynastie s'expriment par des moyens artistiques.”"},"f4035718-d69a-5c0e-b8cf-7d6e57c6114f":{"title":"La Sicile chrétienne et la culture figurative islamique : préexistences et continuités","description":"Les apports de la culture artistique islamique, repris durant la période normande, demeurent présents dans la production du siècle suivant (XIIIe siècle) et s’expriment dans une série d’objets raffinés, entre autres les fameux coffrets d’ivoire avec décor gravé et peint.","quote":"Les apports de la culture artistique islamique demeurent présents dans la production du siècle suivant (XIIIe siècle)."},"9925ba99-2ee6-5c86-a78c-af21daac6624":{"title":"Turquie"},"8c63340a-4f5b-5eea-b058-3a168de8b461":{"title":"L’art mudéjar populaire et religieux","description":"À côté de l’art mudéjar aristocratique et civil existait un art mudéjar populaire et religieux, que l’on peut voir dans les édifices de culte utilisés par le peuple, comme les églises paroissiales, les couvents et les monastères. Dans le mudéjar religieux se produit une intégration d’éléments constructifs et décoratifs musulmans aux styles roman et gothique. C’est ainsi, par exemple, que la brique a remplacé la pierre comme matériau de construction, et que les plafonds de bois ont remplacé les couvertures voûtées. Par ailleurs, et sans compter d’autres caractéristiques générales, le mudéjar présente des différences régionales qui correspondent aux différents moments auxquels les régions furent conquises par les rois chrétiens.","quote":"Le mudéjar castillano-léonais: un “roman de brique”"},"8fc8d244-2d43-5bf9-99f7-fd9e84dcf3eb":{"title":"Jordanie","description":"L'histoire de la Jordanie à l'époque ottomane se centre autour de trois pôles principaux : l'administration, les forteresses ou citadelles et étapes du *hadjdj*, le chemin de fer du Hedjaz. Le système administratif de Jordanie, surtout pendant la seconde phase du règne ottoman (1864-1918), consiste en deux principales régions géographiques : Ajloun et Irbid au nord, Salt, Kérak, Maan et Tafileh au sud. Toutes sont placées sous la juridiction du gouverneur de Syrie, la plus haute autorité du Bilad al-Cham. En 1878, les Ottomans introduisent dans les régions arabes des migrants circassiens qui établissent en Jordanie de nouveaux villages et de nouvelles villes influencés par différentes cultures.","quote":"“L'histoire de la Jordanie à l'époque ottomane se centre autour de trois pôles principaux : l'administration, les forts et étapes du *hadjdj*, le chemin de fer du Hedjaz.”"},"fc6af4b9-28ef-546f-9551-69c5530a82db":{"title":"Plaisirs et festivités à la cour","description":"Le jeu d'échecs est très pratiqué, bien que al-Hakim bi Amrillah (r. 386-411/996-1021) l'ait banni en 403/1012. L'astronomie et l'astrologie sont des passe-temps populaires. Des cartes astrologiques sont établies et certains califes, dont al-Mouiz, s'intéressent à l'astrologie. \n \nEn dehors de divers passe-temps de nature privée, la cour sait se montrer extraordinairement brillante lors de la célébration des fêtes religieuses et civiles. Les processions sont des manifestations très codifiées qui servent à affirmer la puissance des Fatimides et à propager la théologie ismaélienne. Des banquets et des cérémonies de remise de cadeaux très attendus sont périodiquement organisés pour les fonctionnaires, les généraux, les juges et la hiérarchie religieuse.","quote":"“La cour sait se montrer extraordinairement brillante à l'occasion de la célébration des fêtes religieuses et civiles.”"},"710d70c6-b797-5eef-a871-46a1465067fa":{"title":"Le système mamelouk","description":"Les Mamelouks du sultan ayyoubide Najm al-Din (637-647/1240-1249) étaient entraînés et cantonnés dans des casernes sur l'île de Rawda sur le Nil. Le mot arabe désignant une grande rivière, *al-bahr*, est à l'origine de la dénomination de ce corps d'élite, *al-Bahriyya*, les Bahrides. À la mort du sultan, l'un des plus éminents commandants, Baybars Ier al-Bunduqdari (r. 658-676/1260-1277), profita de la vacance du pouvoir pour imposer les Bahrides ; après avoir chassé les Mongols en 658/1260, il s'affirma comme le premier grand sultan mamelouk d'un empire en pleine expansion. Les Mamelouks bahrides restèrent au pouvoir jusqu'en 784/1382, date à laquelle ils durent le céder à une autre faction mamelouke, *al-Burjiyya*, les Burguides, ainsi nommés d'après la tour (*al-burj*, dans la citadelle du Caire) où ils étaient en garnison.","quote":"“L'un des plus éminents commandants, Baybars, s'imposa comme le premier grand sultan mamelouk.”"},"a4a1d940-8c79-56af-9276-3b8d7e1c6911":{"title":"L'art hors de la capitale","description":"Il est instructif d'étudier l'art ottoman tel qu'il se présente hors de la capitale à partir d'une approche géographique. Si l'Anatolie montre davantage de traits stylistiques d'origine turque, plus au sud se développe une synthèse avec le riche patrimoine artistique local. Les minorités non musulmanes fournissent également des contributions importantes. Le programme architectural et artistique du palais ottoman réalise donc la fusion de l'héritage culturel du Moyen-Orient – l'art des Omeyyades, des Abbassides, des Ayyoubides, des Fatimides et des Mamelouks – et des caractéristiques ottomanes.","quote":"“L'art des Omeyyades, des Abbassides, des Ayyoubides, des Fatimides et des Mamelouks fusionne avec des caractéristiques ottomanes.”"},"df28fd23-6a70-55b8-9302-7d8b3b1968ac":{"title":"La culture de la table","description":"Des fondations caritatives, les *imarethane*, sont créées par les riches Ottomans pour distribuer de la nourriture aux pauvres. Celle-ci est préparée dans de grands chaudrons et servie dans d'importantes coupes appelées *imaret*. Ceux qui ne peuvent se rendre à l'*imaret* reçoivent des aliments apportés dans des boîtes de repas, des nécessaires ou peut-être d'autres types de récipients. \nEn général, les Ottomans consomment du pain plat cuit sur une plaque de métal convexe placée sur un foyer ouvert ou dans des fours *tandoor*. On commence à manger de la main droite, en invoquant le nom de Dieu, et on termine le repas par une prière de grâce. Les aliments sont présentés sur un plateau reposant sur un support en bois placé sur un tissu déroulé sur le sol. La famille mange assise autour du plateau à l'aide de cuillères en bois.","quote":"“Des fondations caritatives, les imarethane, sont créées par les riches Ottomans pour fournir des aliments aux pauvres.”"},"ee5d09b5-f282-551a-ad6c-510a7a1d4b9d":{"title":"L'art dans les lieux de prière"},"80b0b3fa-f2d0-572d-870a-09008ef28789":{"title":"Réformes administratives","description":"Une politique de centralisation administrative et politique se met en place au cours du califat d'Abd al-Malik bin Marwan (r. 65-86/685-705). La frappe de pièces de monnaie arabes se développe pour remplacer les pièces de type arabo-byzantin et arabo-sassanide utilisées jusqu'alors.","quote":"“La frappe de pièces de monnaie arabes se développe pour remplacer les types arabo-byzantins et arabo-sassanides.”"},"41c7e2cf-4070-53bb-8c03-b4f530b8336b":{"title":"Objets","description":"L'art fatimide est en grande partie un art du luxe. Le trésor fatimide regorge d'objets exécutés de la façon la plus exquise dans les matériaux les plus raffinés. De nombreux exemples de virtuosité dans la sculpture du cristal de roche sont parvenus jusqu'à nous. Les bijoux et quelques fragments de textiles évoquent l'opulence de la cour fatimide. Les manuscrits coraniques sont également l'objet d'un traitement artistique sophistiqué, comme en témoigne la rare copie connue sous le nom de “Coran bleu”, rédigée à l'or sur un parchemin teint à l'indigo. \n \nÀ la différence de l'art abbasside, l'art fatimide fait largement appel aux représentations. La technique de la céramique à décor peint au lustre, invention abbasside, est adoptée et perfectionnée par les potiers. Des objets en ivoire représentant des scènes d'activités de loisirs comme la chasse offrent une vision fascinante de la vie des classes supérieures de la société fatimide."},"23c5c103-e3d9-5951-b584-74137065c95f":{"title":"L'art dans les lieux de prière","description":"Lieux sacrés pour l'islam, les mosquées ont conservé leurs caractéristiques au cours des siècles aussi bien en termes d'architecture que d'aménagements intérieurs et de décoration. \nLe “Dieu” de l'islam n'a pas de forme concrète et, selon la tradition, la représentation de figures animées dans une mosquée n'est pas convenable. Le Coran, qui contient la parole de Dieu et ses enseignements, inspire les artistes dans la décoration et le mobilier de l'intérieur de la mosquée.","quote":"“Selon la tradition, la représentation de figures animées dans une mosquée n'est pas convenable.”"},"955c7ce6-0ff9-5519-9478-5130c4e3d1c8":{"title":"Les utilisations de l’eau : boisson et ablutions","description":"Boire et se laver sont des activités essentielles à la plupart des créatures vivantes. La foi musulmane requiert par ailleurs des ablutions rituelles avant la prière. Les mosquées sont donc équipées de bassins dont certains décorés de motifs végétaux et d'inscriptions. De même, pour supporter de longues étapes sans se déshydrater, la plupart des pèlerins emportent, parmi de très rares objets, une petite gourde personnelle en terre cuite.","quote":"“La gourde d'eau était l'une des rares objets que transportaient avec eux de nombreux pèlerins.”"},"252b7a7e-7c1d-559c-8738-0be280a6547c":{"title":"Représentation animale","description":"La présence des animaux est plus fréquente dans l'art et l'architecture de la période omeyyade, en particulier sur les mosaïques et les fresques, que ce soit dans les palais ou dans les églises chrétiennes locales. Plus tard sont exécutés en Espagne (fin Xe-début XIe siècle J.-C.) des coffrets à bijoux en ivoire de diverses formes et dimensions dont le décor de surface sculpté illustre divers aspects des divertissements et de la vie de la cour, dont la chasse. Les panneaux en bois sculpté de la période fatimide en Égypte contiennent un certain nombre de thèmes animaliers. Les façades de certains bâtiments anatoliens et les tours des périodes ayyoubides-mameloukes en Égypte sont souvent décorées de motifs animaliers naturalistes ou héraldiques.","quote":"*“Des coffrets à bijoux en ivoire portent un décor sculpté illustrant divers aspects des divertissements et de la vie de la cour.”*"},"5c573dd8-51de-5a6c-9717-09f9aa851b0e":{"title":"L’eau et la vie quotidienne","description":"Les *sabil* étaient souvent adjacents aux mosquées et financés par des *waqf*, ou dotations caritatives. Au Caire, une fois par an lors de la grande crue du Nil, l'eau était transportée du fleuve aux *sabil* à dos de chameau ou de mule dans des outres de peau. Elle était ensuite versée dans le bassin de pierre du rez-de-chaussée d'où l'employé emplissait des coupes qu'il offrait à tous ceux qui avaient soif. Dans certains *sabil*, l'eau de la citerne alimentait une fontaine qui se déversait dans le bassin.","quote":"“Au Caire, une fois par an lors de la grande crue du Nil, l'eau était transportée jusqu'aux citernes dans des outres de peau à dos de chameau ou de mule.”"},"e402578d-fdef-5abf-8357-26ca4fc3ddd5":{"title":"La calligraphie monumentale","description":"La calligraphie est utilisée sur toutes sortes de surfaces dont la pierre, le plâtre, le bois et les carreaux de céramique. Les inscriptions sculptées ou gravées dans la pierre sont très répandues en Turquie, Syrie, Égypte et Tunisie. Des exemples remarquables d'inscriptions sur bois peuvent êtres admirés dans la Grande Mosquée de Kairouan et au Dôme du Rocher à Jérusalem.","quote":"“La calligraphie est utilisée sur toutes sortes de surfaces dont la pierre, le plâtre, le bois et les carreaux de céramique.”"},"a919029f-a759-5c31-89dc-8db0585bcd4c":{"title":"Représentation humaine","description":"Après les Omeyyades, la figure humaine, si elle est toujours présente, ne se retrouve pas avec la même fréquence. Sous les Abbassides (132-750/923-1517), les Fatimides et dans les périodes qui suivent, la figuration se manifeste essentiellement dans les enluminures et la céramique, qui abordent une large diversité de sujets aussi bien religieux que séculiers. Les thèmes religieux comprennent, par exemple, le voyage mystique du Prophète et son ascension. Les objets séculiers décrivent des scènes de la vie quotidienne et la splendeur de la vie du souverain.","quote":"“La figuration se manifeste essentiellement dans les illustrations de manuscrits et la céramique.”"},"028edd35-2131-5178-a3ea-7b1699bc9592":{"title":"La pierre funéraire, mémoire lapidaire","description":"La fondation d'un cimetière, généralement due à un gouverneur ou à sa famille, était considérée comme un acte pieux, agréable aux yeux de Dieu. Parfois, le cimetière était délimité par une petite clôture, mais dans la très grande majorité des cas, aucune délimitation n'était visible. Les tombes étaient réparties de manière anarchique, et toutes n'étaient pas dotées de stèles permettant l'identification, car la signalisation funéraire dépendait du rang social et de la capacité économique du personnage enterré.","quote":"La stèle : signe de statut social"},"198c176f-a670-5331-b416-a7ecc59e7ceb":{"title":"Les arts décoratifs"},"6cd83239-a26e-5c98-bcfb-6a0737411c89":{"title":"L’exportation du luxe","description":"Les textiles jouent un rôle essentiel dans l'économie ottomane, en particulier parce que les territoires impériaux recouvrent de longues sections de l'ancienne route de la soie. Leur importance s'accroît encore lorsque leur valeur se voit appréciée en Europe et ailleurs. Parmi les productions ottomanes les plus exportées figurent les tapis dont les superbes dessins et la remarquable qualité les font rechercher par les Européens aisés. On peut en trouver la preuve dans des peintures européennes contemporaines de la période ottomane classique. Des artistes comme Hans Holbein et Lorenzo Lotto représentent des souverains (dont Henri VIII d'Angleterre), des nobles ou de riches bourgeois au milieu de symboles de prospérité et de luxe, notamment des tapis à motifs typiquement ottomans. Ils ont d'ailleurs pris le nom de tapis “Holbein”ou “Lotto.”","quote":"“Parmi les productions ottomanes les plus importantes pour l'exportation figurent les tapis.”"},"ab8c2fe1-9836-5c36-9b9a-179e2f8b07fb":{"title":"La décoration géométrique en architecture","description":"Les thèmes géométriques prédominent dans la décoration architecturale, et déterminent le recours aux autres motifs. Pour les artisans, le caractère linéaire et répétitif de l'ornementation géométrique facilite la copie fidèle de schémas directeurs compliqués et, par conséquent, leur continuité et leur parenté formelle dans l'espace et dans le temps. De plus, la grande variété des motifs géométriques et leur possibilité d'adaptation à des matériaux aussi divers que l'azulejo, le stuc, la brique et le bois favorisent leur utilisation sur n'importe quelle partie de l'édifice : sols, plinthes, murs, corniches et plafonds.","quote":"“Pour les artisans, leur caractère linéaire et répétitif facilite la copie fidèle de schémas directeurs complexes.”"},"79a58714-659c-5509-a4f9-b9359b2829ae":{"title":"La décoration géométrique en architecture"},"e3075285-c16a-5607-8854-92c2e7fc9d89":{"title":"L’Égypte abbasside","description":"En 254/868, Ahmad Ibn Touloun (r. 254-270/868-884), militaire turc âgé de 33 ans appartenant à l'armée abbasside stationnée à Samarra en Irak, est envoyé en Égypte comme gouverneur délégué. Il est accompagné d'une troupe de quelque 100 000 hommes. L'Égypte connaît un certain nombre de difficultés économiques et politiques provoquées par l'instabilité institutionnelle et la ponction continue de ses ressources depuis la mort d'Haroun al-Rachid en 193/809. Ibn Touloun réussit à stabiliser la région et à rétablir le niveau de revenus attendu. Une fois promu gouverneur d'Égypte en 256/870, il commence à retenir une partie de ces ressources et à les réinvestir dans des réformes agricoles et dans l'industrie. Il rénove le Nilomètre, édifie le quartier d'al-Qataï – d'après le modèle de Samarra – pour y loger son armée et son gouvernement et élève une mosquée à son nom au centre de la ville.","quote":"“Ibn Touloun commence à retenir une partie des revenus et à les réinvestir dans des réformes agricoles et dans l'industrie.”"},"8fb7d82f-7aa1-51a8-a1b6-61a100dee9f6":{"title":"Le langage visuel du pouvoir"},"9faade38-b220-5c24-8c3c-705dc77ce345":{"title":"Les vêtements et les bijoux des femmes musulmanes","description":"Les vêtements devaient souvent être solidement fermés. Les femmes riches utilisaient des boucles et des attaches en or et en argent à la fois décoratives et fonctionnelles. \n \nLes bijoux étaient abondamment utilisés pour rehausser l'effet de la tenue et, lors de manifestations publiques, les femmes de toutes origines étaient fières de montrer leurs bijoux, non seulement pour leur beauté mais aussi pour la richesse qu'ils exprimaient. Les bijoux faisaient partie du capital familial, qui pouvait être converti en argent en cas de nécessité. Certains modèles de bijoux étaient ornés de versets du Coran, de prières ou de talismans destinés à protéger du “mauvais œil”.","quote":"“Les bijoux étaient abondamment utilisés pour rehausser l'effet de la tenue.”"},"4758f9be-3439-5cc6-9e79-2fab9819236d":{"title":"Monuments","description":"La Sicile fut en partie directement contrôlée par les musulmans (d'abord les Aghlabides puis les Fatimides) pendant deux siècles avant que les Normands ne s'emparent de l'île au milieu du Ve siècle H (XIe siècle J.-C.). Bien qu'un certain nombre de constructions entreprises par les musulmans subsistent encore, elles ont été tellement modifiées par des reconstructions et des transformations normandes qu'elles ont perdu une grande part de leur caractère d'origine. \n \nIl est intéressant de noter qu'une tradition architecturale marquée par de fortes et claires influences islamiques est apparue sous les Normands. L'architecture siculo-normande mélange des traits caractéristiques ottomans, byzantins et musulmans, associant l'austérité romane à de somptueux éléments issus des traditions islamiques et byzantines. Les influences musulmanes sont principalement issues de traditions islamiques locales préexistantes ainsi que de l'Égypte fatimide, mais aussi d'autres régions du monde musulman comme le Maghreb et même la Perse. \n \nLes matériaux utilisés dans l'architecture siculo-normande sont variés. La pierre, la brique et le bois remplissent des fonctions aussi bien structurelles que décoratives Les mosaïques, témoignant d'influences byzantines, sont très courantes. Les inscriptions en arabe se retrouvent également dans un certain nombre de constructions normandes . Les *mouqarnas* sont très répandues ; dans certains cas, elles sont ornées de représentations figuratives."},"7e1dd92e-fca9-5d89-aaaf-7b9903fb14af":{"title":"La vie quotidienne dans le sultanat mamelouk","description":"Dans la hiérarchie sociale du sultanat mamelouk, les Mamelouks forment une élite qui vit relativement isolée des populations rurales et urbaines. La société de l'époque est étonnamment hétérogène sur le plan ethnique, religieux et même linguistique. En dehors des Mamelouks d'origine étrangère, souvent en grande partie turque ou caucasienne, l'Égypte est peuplée de communautés de natifs égyptiens et arabes, d'Arméniens, de Syriens et de Grecs. On ne sait malheureusement que peu de chose de la vie du peuple dans l'empire mamelouk car les sources historiques de la période tendent à se concentrer sur les hauts faits des sultans et de leur entourage.","quote":"“La société est étonnamment hétérogène sur le plan ethnique, religieux et même linguistique.”"},"2fe5e6b3-990f-5e76-b1ab-ce3415d4b7a3":{"title":"Objets","description":"La période ayyoubide, qui connaît une forte instabilité politique, voit cependant la naissance de certaines des plus remarquables créations de l'art islamique médiéval. Les souverains locaux commanditent diverses fondations auxquelles ils offrent des œuvres d'art comme des *minbar* ou des vasques à ablutions. Même les heurtoirs de porte sont exécutés avec le plus grand raffinement. C'est une période de grands progrès techniques. Les artisans maîtrisent des arts délicats comme la verrerie, dont les créations sont souvent décorées d'émail . Les céramistes poursuivent leur recherche de nouveaux styles, dont le décor au lustre et une technique spécifique à la Syrie appelée *laqabi*. . Les potiers ayyoubides imitent même les céramiques *minaï* de l'Iran contemporain. Les créations les plus frappantes sont sans doute des objets en métal incrusté selon une technique d'origine iranienne qui s'était rapidement répandue dans l'ensemble du monde islamique. Le cuivre et le bronze incrustés d'argent, d'or et d'autres métaux sont utilisés dans une grande diversité d'objets qui prennent l'aspect des métaux précieux sans violer les restrictions religieuses contre leur usage. Des objets comme des bassins et des brûleurs d'encens font appel à cette technique. Ces productions incrustées sont souvent décorées d'une imagerie figurative représentant, entre autres, des chasseurs à cheval ou des dames à leur toilette."},"28ed3f37-70c7-5e87-9d40-6eef902eb3ee":{"title":"Les routes de pèlerinage et les Lieux saints"},"0e91bb3e-a45f-5595-9dcf-c2ad2c8547a9":{"title":"L’eau et la vie quotidienne","description":"L'obligation d'alimenter en eau la population urbaine entraîna la mise au point d'un type monumental particulier, la fontaine publique ou *sabil*. Les *sabil* – dont un grand nombre furent construits au Caire et à Jérusalem par les Mamelouks (r. 648-692/1250-1517) – consistaient en une citerne souterraine et, au rez-de-chaussée, une pièce à fenêtres grillagées donnant sur la rue. Assis derrière la grille, un employé distribuait des coupes d'eau aux passants. Le *sabil-kuttab* possédait une fontaine du même type mais était surmonté d'une galerie qui accueillait une école élémentaire (*kuttab*).","quote":"“Un employé assis derrière la grille distribuait l'eau aux passants.”"},"0d399303-e091-5249-87cf-68e9ac89a080":{"title":"Art et architecture royale","description":"Après 1130, Roger II, devenu roi de Sicile, favorise un art de cour dans lequel les composantes islamiques et byzantines se greffent sur des éléments romans et normands déjà combinés avec la culture artistique et architecturale locale. Cette volonté est favorisée par les campagnes victorieuses de Roger II, menées au détriment des territoires côtiers d’Afrique du Nord et de la péninsule balkanique byzantine, avec, pour conséquence, l’acquisition d’une main-d’œuvre forcée. L’on voit ainsi naître un art et une architecture royale à proprement parler, qui laisse sa marque caractéristique sur les œuvres voulues par la couronne, qu’elles soient civiles ou religieuses.","quote":"Roger II favorise un art de cour qui greffe les composantes islamiques et byzantines sur des éléments romans normands."},"60261853-a266-5a82-958e-d10b6269bdca":{"title":"Habitat et vie domestique","description":"L'habitation urbaine répondait, mieux que la maison rurale, au sens de l'intimité musulmane. À l'intérieur, elle était distribuée autour d'une cour ouverte, lieu de réunion et de loisir de la famille, avec un petit bassin, un puits ou une citerne et un portique sur les côtés. Tout autour, on trouvait les chambres avec leurs alcôves, la cuisine et les latrines, érigées au-dessus de fosses d'aisance ou, plus souvent, avec des canaux d'évacuation des eaux résiduelles vers des fosses septiques situées dans les rues.","quote":"La maison urbaine : intimité de la vie privée"},"4c42f69a-1a67-5fc7-9eb0-b5ed2c633802":{"title":"Visions du jardin paradisiaque et de l’arbre de vie"},"66042ec5-c370-5352-acd8-d82b98d67a73":{"title":"La vie de cour","description":"Dans la partie de Topkapı appelée Enderun se trouvent des kiosques et des palais donnant sur le Bosphore. À l'entrée se dresse Arz Odası, la salle d'audiences où le sultan reçoit les ambassadeurs, les vizirs et autres dignitaires de haut rang. \nLe harem est un lieu sacré et privé dont l'entrée n'est autorisée qu'à son personnel. Il est placé sous le contrôle de la mère du sultan, Valide Sultan. Elle y vit avec les enfants du sultan, ses favorites et ses concubines (appelées *ikbal* et odalisques). Toutes profitent d'un grand luxe matériel, mais aucune n'a le droit de s'asseoir à la droite du sultan ou de sortir du palais sans sa permission.","quote":"“Le harem est un lieu sacré et privé dont l'entrée n'est autorisée qu'à son personnel.”"},"4d695d55-b515-5453-b09f-f1d34f603388":{"title":"Les Aghlabides : le bouclier de la dynastie abbasside"},"09bdd05c-c517-5715-b216-1c3b6562ce92":{"title":"Visions du jardin paradisiaque et de l’arbre de vie","description":"Les représentations littérales du Jardin du Paradis sont rares. Un exemple en est fourni par l'étonnant cycle de mosaïques qui décore la cour de la Mosquée omeyyade de Damas (Ier/VIIIe siècle). Il représente un paysage idéalisé parcouru par une rivière sinueuse et parsemé de palais et d'édifices sophistiqués. L'ensemble est inspiré de descriptions coraniques comme l'indique une inscription laissée par un des mosaïstes : “Dans les mosaïques, nous avons représenté ce que nous avons trouvé dans le Coran par rapport aux arbres et palais du Paradis. Et lorsqu'un ouvrier exécutait un arbre d'une manière particulièrement belle, le calife Omar lui donnait 30 dirhams de récompense.”","quote":"“… Nous avons représenté ce que nous avons trouvé dans le Coran quant aux arbres et palais du Paradis.”"},"56bd5cf1-6fad-5681-8cba-49c4ca097bbe":{"title":"Objects","description":"L'art des artisans musulmans à l'œuvre dans l'Espagne catholique est appelé art mudéjar. En dépit des pressions politiques et religieuses de la *Reconquista*, les artisans musulmans restent très appréciés pour leur talent et, en Espagne comme à l'étranger, des clients catholiques se tournent souvent vers eux pour décorer leurs biens séculiers ou religieux. \n \nCet art est célèbre pour ses superbes céramiques à décor lustré, qui comprennent des albarelles et des plats aux armes de leurs clients européens. Le travail du bois mudéjar est également apprécié aussi bien pour les meubles que pour la décoration des églises ."},"6cde84c3-7f28-5ff8-88ec-3cf31d5516fb":{"title":"La quête de la baraka – le pèlerinage à Jérusalem et en Palestine","description":"En dehors de Jérusalem, c'est la Palestine qui compte peut-être le plus grand nombre de sites religieux révérés par les musulmans. Beaucoup sont liés à des prophètes et à des personnalités qui sont honorées non seulement par les musulmans, mais aussi par les juifs et les chrétiens. Le plus connu est le Haram-al-Ibrahim, le sanctuaire d'Abraham, le patriarche des prophètes considéré comme le “premier musulman”. Mais il y a aussi des lieux liés à la vie de Jésus-Christ, prophète hautement respecté dans la religion islamique.","quote":"*“C'est en Palestine que l'on trouve le plus grand nombre de sites révérés par les musulmans.”*"},"1968b4ad-376a-5733-96cc-b0a0f079ea39":{"title":"La Terre sainte des trois religions","description":"La Palestine et Jérusalem en particulier concentrent les pèlerinages religieux depuis des millénaires. Pour les adeptes du judaïsme, Jérusalem est la cité de Dieu et le site révéré de Son temple. Les prières juives sont prononcées en direction de la Ville sainte, qui reste au cœur de la vie religieuse et spirituelle juive. Les chrétiens, encouragés par les Pères de l'Église, ont entrepris le pèlerinage à Jérusalem et en Terre sainte depuis le IVe siècle au moins pour honorer les sites liés à la vie de Jésus. Selon la tradition chrétienne, Jésus a vécu, prêché et soigné les malades à Jérusalem. C'est là que se tint la Cène, c'est là qu'il fut arrêté, jugé et crucifié. Aujourd'hui, l'église du Saint-Sépulcre se dresse à l'endroit où l'on pense que le Christ a été inhumé et d'où il est monté au Ciel.","quote":"*“La Palestine et Jérusalem en particulier concentrent les pèlerinages religieux depuis des millénaires.”*"},"52ba552e-fa0a-5682-9bec-459980b75df8":{"title":"Les routes de pèlerinage et les Lieux saints","description":"Le Coran dit : “Proclame le Pèlerinage parmi les hommes ! Ils viendront à toi à pied ou sur des méharis, ils viendront de toute gorge profonde” (XXII, 27). Chaque année, les pèlerins convergent vers La Mecque de tous les pays musulmans. L'entretien des routes de pèlerinage, les étapes de repos, les réservoirs et les tours de guet relèvent de la responsabilité des gouverneurs et souverains locaux.","quote":"“Chaque année, les pèlerins convergent vers La Mecque de tous les pays musulmans.”"},"d691a9e4-feba-58bc-947e-a2528e1d9adb":{"title":"Sujets chrétiens sous administration omeyyade","description":"Face à la nouvelle situation sociale et religieuse, les traditions des communautés chrétiennes connaissent quelques changements. Sachant que l'islam interdit les représentations figuratives dans un contexte religieux, les chrétiens suppriment alors délibérément les formes humaines et animales existant dans les églises et les remplacent par des croix ou des motifs floraux ou géométriques. Dans certains cas, la composition est détruite et les tesselles sont ré-assemblées différemment. Cette mutilation des représentations figuratives des sols en mosaïque est exécutée avec beaucoup de soin et les églises restent ouvertes, ce qui peut suggérer que l'iconoclasme est le fait de l'église elle-même, ou du moins que les mutilations ont été menées sous sa supervision directe.","quote":"“On attribue à l'islam l'interdiction de représentations figuratives humaines et animales dans un contexte religieux.”"},"d4324e40-dd9c-55ae-bca3-245862dcd559":{"title":"Les femmes de la dynastie : les petites-filles de Fatima al-Zahra"},"a83b5614-7afc-5fae-8115-5fbbcede5144":{"title":"Gérer la prospérité","description":"À peu près à la même époque, le calife abbasside al-Moutawakkil (r. 232-247/847-861) ordonna la construction d'une ingénieuse installation de mesure au milieu du Nil, le nilomètre. Il servait à mesurer le niveau de la crue pour permettre aux autorités de prévoir et de calculer le rendement des moissons attendu et les taxes qu'elles rapporteraient. Il aidait également la population de la vallée du Nil à anticiper les difficultés d'approvisionnement et les rationnements lors des périodes de sécheresse, contribuant ainsi à la santé et à la prospérité de la Nation.","quote":"“Le nilomètre aidait la population de la vallée du Nil à anticiper les difficultés d'approvisionnement et les rationnements lors des périodes de sécheresse.”"},"2402e680-efca-5518-8365-20a53e16a37c":{"title":"Gérer la prospérité","description":"La santé et la richesse d'une population dépendent dans une large mesure d'une bonne gestion de ressources comme la nourriture et l'eau, ainsi que d'une administration efficace. De nombreuses solutions d'ingénierie furent mises au point par les Abbassides pour entretenir et améliorer les cultures et les ressources aquatiques, tandis que des progrès médicaux contribuèrent à améliorer la santé en général. À Kairouan, par exemple, en 248/862, les Aghlabides construisirent une série de réservoirs à eau principalement conçus pour collecter l'eau de pluie des vallées avoisinantes. Ils permettaient de récupérer l'eau, de la purifier et de la stocker, puis de la distribuer gratuitement aux habitants de la ville, aux troupeaux et aux caravanes de passage.","quote":"“Les Aghlabides construisirent une série de réservoirs à eau conçus pour collecter l'eau de pluie des vallées avoisinantes.”"},"11f82e3d-c59a-5f69-a3bc-b5b190e3aaa1":{"title":"La cour","description":"Rivalisant avec le faste et le raffinement des cours orientales – et parfois les surpassant –, les monarques de l'Occident musulman créèrent leurs propres cours avec des personnes de haut rang qu'ils honoraient de leur confiance ; acteurs, comme eux, du cérémonial palatin qui correspondait à leur grandeur, à leur souveraineté, à leur désir d'impressionner le peuple. \nCes élus les accompagnaient dans leurs activités publiques, partageaient avec eux les réceptions et repas officiels et les aidaient dans les tâches de gouvernement. Au cours des déplacements, ils faisaient partie du cortège royal et contribuaient à l'admiration suscitée par ce dernier.","quote":"Le cortège militaire"},"b2dfb887-c592-5972-be84-da52442aac78":{"title":"Itinéraire d'une chaire islamique","description":"Voici l'histoire d'un *minbar* (chaire) sauvé des mains des Croisés. Il avait été fabriqué à l'origine pour le *maqam* (mausolée) du grand martyr musulman al-Hussein, petit-fils du prophète Muhammad, à Achqelon. Comme le *mihrab* (la niche de prière), le *minbar* occupe une fonction essentielle dans une mosquée, mais, à la différence du *mihrab*, il est généralement mobile. À l'exception de copies du Coran, le *minbar* est donc le seul bien meuble de la mosquée qui présente une forte valeur spirituelle et rituelle.","quote":"“Voici l'histoire d'un minbar sauvé des mains des Croisés.”"},"c120081f-2000-5d9f-bbc8-dc8089955a17":{"title":"Madrasa et éducation"},"14f245e5-7d33-5938-9186-f7e967ae327b":{"title":"Les Ottomans"},"6a3348dc-029d-59c2-af77-31ec3a3dfe2f":{"title":"Vie de cour"},"a787ec88-bc49-5171-bf60-265ba0253dd4":{"title":"La calligraphie monumentale"},"7b2c2d23-dc2f-50d9-92cf-f23ca9c8f4ce":{"title":"L’ouverture sur le monde : contacts diplomatiques et commerce international","description":"La verrerie – et en particulier les lampes de mosquées qui forment une part significative de la production – va devenir l'une des plus brillantes réussites de l'art mamelouk. L'Égypte est tout aussi réputée pour la production et l'exportation de textiles, dont des soies tissées et des cotons imprimés. Des ateliers de poterie sort une gamme séduisante d'objets de qualité, certains imitant le céladon et les porcelaines chinoises en bleu et blanc. Par un complexe assemblage de motifs géométriques étoilés incrustés, les menuisiers embellissent les éléments de décoration architecturale, le mobilier et même les cénotaphes.","quote":"“L'Égypte mamelouke est réputée pour ses textiles comme les soies tissées et les cotons imprimés.”"},"343a2d67-cc5d-51cf-b046-7beee7e64193":{"title":"Le Saint Coran","description":"Les copies du Coran étaient réalisées en de multiples formats et pour des utilisations variées. Certaines étaient destinées aux mosquées et *madrasa*, d'autres étaient commandées par des particuliers pour s'assurer bénédiction et protection. Le mécénat et la commandite de transcriptions et d'ornements de manuscrits coraniques étaient un acte de foi éminent, réservé à ceux qui pouvaient se le permettre. Le système de mécénat était très répandu dans le monde islamique et les mécènes offraient des copies du livre saint aux mosquées, mausolées et écoles en certaines occasions particulières. De plus, pour manifester leur fonction d'institutions religieuses ou pédagogiques, la plupart de ces bâtiments étaient décorés d'extraits du Coran sculptés ou gravés dans la pierre, tissés dans des textiles, reproduits sur des carreaux de céramique ou sur le mobilier.","quote":"“Les mécènes offraient des copies du Coran aux mosquées, aux mausolées et aux écoles dans des occasions particulières.”"},"7dc9303d-b5b2-5fef-b408-8178d88f89d2":{"title":"Habitat et vie domestique","description":"Dans la maison musulmane, les femmes s'occupaient de leurs enfants et assumaient les tâches liées à la nourriture. Elles entreposaient l'eau dans de grandes jarres pour l'extraire au fur et à mesure des besoins. Dans ces récipients, elles stockaient également l'huile et le grain, et dans d'autres, plus petits, les conserves de poissons, de viande et de fruits. Elles transformaient le lait en ses dérivés, elles préparaient les aliments selon des recettes traditionnelles et faisaient cuire dans l'âtre, alimenté avec du charbon végétal. Pour la présentation et la consommation des plats, elles utilisaient la vaisselle de table, spécialement pour les fêtes familiales, à l'occasion desquelles elles déployaient tout leur savoir-faire culinaire.","quote":"La vie domestique : activités féminines pour le bien-être familial"},"217482b1-7626-531f-8ca9-51c2f680fe3d":{"title":"Les Mamelouks","description":"“À l'origine esclaves de souverains musulmans, les Mamelouks édifièrent un empire qui fut l'une des plus grandes puissances islamiques pendant près de 300 ans.”","extra":{"credits":"Curators & authors \nMohammad ABBAS, Cairo \nUlrike AL-KHAMIS, Edinburgh \nElsayed HAMAD, Cairo \nYousef NATSHEH, Jerusalem \nSalah SAYAOUR, Cairo \nTarek TORKY, Cairo \n \nCoordination \nEnaam Selim, Cairo \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Pendant près de 300 ans, le sultanat mamelouk fut l'une des grandes puissances islamiques. Le mot arabe *mamlouk*, qui signifie “possédé”, s'applique dans le contexte historique arabe à un esclave étranger, militaire, acquis pour en faire un combattant d'élite relevant de la seule autorité du sultan. La plupart des Mamelouks sont des Turcs et des Circassiens du Caucase convertis à l'Islam et formés pour exceller dans les arts martiaux. En 648 H / 1250 J.-C., une vacance du pouvoir chez les grands seigneurs arabes offre aux Mamelouks l'opportunité d'établir leur propre domination. À partir de ce moment, ils édifient un empire qui s'étendra bientôt à l'Égypte, la Palestine et la Syrie, ainsi qu'aux villes saintes du Hedjaz, sur lesquelles ils régneront en maîtres absolus jusqu'en 922/1517. \nLes premières années de leur règne sont marquées par la menace constante d'ennemis extérieurs, mais les Mamelouks réussissent à chasser à la fois les Mongols, après la bataille décisive d'Ayn Djalout en Palestine, en 658/1260 et les Croisés en 690/1291. \nD'abord et avant tout, les Mamelouks sont les champions de l'Islam. Après la chute de Bagdad prise par les Mongols en 656/1258, ils installent le siège du califat au Caire en 659/1261. Ils lancent dans tout l'empire un programme sans précédent de construction de splendides mosquées et de fondations religieuses (*waqf*), chaque établissement attirant à lui intellectuels, savants et religieux. \nSur le plan international, le sultanat mamelouk noue des liens solides avec d'autres puissances musulmanes dont celles de l'Orient lointain, Byzance, la France, la Castille, la Sicile, Gênes et Venise. Le Caire devient l'une des plates-formes du commerce mondial. Les biens et les produits étrangers affluent d'Occident et d'Orient pour être achetés et vendus dans des marchés spécialisés (les souks) dont le dynamisme stimule les artisans locaux. \n \nLa suprématie mamelouke commence à décliner lorsque les Européens ouvrent de nouvelles routes commerciales par le cap de Bonne-Espérance. L'expansion ottomane mettra fin à la souveraineté mamelouke au début du Xe/XVIe siècle.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/the_mamluks/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/17/portal_image/1.jpg","display_order":5}}},"00c4ec24-eae3-5f50-b012-fca1d0fc4b8b":{"title":"Splendeur de l'habillement : Tiraz et vêtements de l'époque"},"0227731c-df1e-5f3e-8a97-45ca3e10bf2a":{"title":"Découvrir l’art islamique","description":"Découvrir l’art islamique"},"a1627728-24d7-5242-9f95-1b065c869096":{"title":"Plaisirs et festivités à la cour","description":"Les Fatimides aiment la vie au grand air et entretiennent de magnifiques jardins et vergers. Les visiteurs sont invités à s'y promener, à apprécier les fontaines décoratives et le son de l'eau qui court dans les canaux. Certaines résidences royales possèdent des ménageries qui abritent toute une variété d'animaux et d'oiseaux exotiques. Hors du palais, la cour et les classes dirigeantes pratiquent divers sports dont la chasse et l'équitation. Oiseaux, lièvres et gazelles sont chassés à l'aide d'oiseaux de proie, de chiens et de chevaux. Le polo, le combat à la masse et le lancer de javelot font également partie des sports favoris.","quote":"“Les Fatimides aiment la vie au grand air et entretiennent de magnifiques jardins et vergers.”"},"a52fece5-e533-5203-bd90-001ae174dfca":{"title":"Art et architecture royale."},"746b43e3-b5fd-5bfd-8ecf-f3e9560860b0":{"title":"Espaces du pouvoir : les constructions palatiales","description":"À l'intérieur de ces ensembles palatins, les espaces étaient distribués de façon hiérarchique, qu'ils fussent privés ou publics. Parmi les premiers se trouvait la résidence royale, située dans la partie la plus centrale et la plus inaccessible de l'enceinte et destinée à loger la nombreuse famille du souverain. Elle était organisée en unités résidentielles autour de cours à portiques, d'où l'on accédait aux appartements privés. Parmi ces derniers se remarquait toujours une pièce principale à chambres latérales, toutes richement meublées et décorées pour recevoir les alliés les plus proches et célébrer des fêtes à caractère intime.","quote":"**Les espaces privés du palais**"},"e6ad56f0-f7ef-58c5-8cd7-b611edb41a00":{"title":"Vie de cour","description":"Après avoir pris Damas en 547/1154, Nour al-Din Mahmoud bin Zangi unifie la Syrie et un grand nombre de villes se transforment en centres politiques, économiques et culturels possédant chacun une vie de cour florissante. Les Atabegs et les Ayyoubides sont des mécènes très actifs qui favorisent l'architecture, restaurent les remparts des villes et les citadelles, commanditent de nouvelles *madrasa*, des *bimaristan*, des hammams, des souks et des mosquées. Dans les palais se trouvent de somptueux tapis, des récipients en verre et des objets en métal d'un grand raffinement.","quote":"“Dans les palais se trouvent de somptueux tapis, des récipients en verre et des objets en métal d'un grand raffinement.”"},"7f51c07a-1225-5789-b81c-1f76126498a2":{"title":"Espaces du pouvoir : les constructions palatiales","description":"À l'intérieur de l'ensemble, le palais était la zone de représentation proprement dite, scène de l'exercice du pouvoir lorsque, en audience publique, le souverain rendait la justice ou recevait, selon un protocole rigide, le personnel administratif ou les ambassadeurs. Il était constitué d'espaces monumentaux et somptueux, de grands et riches salons autour de patios jardinés qui définissaient les ensembles fonctionnels particuliers. Pour accéder à cette zone, le parcours était long et compliqué, non seulement par mesure de précaution, mais aussi pour symboliser le caractère inaccessible du pouvoir.","quote":"**Le palais, scène du pouvoir royal**"},"e227dc1b-85f9-5719-a57f-69b159c22d02":{"title":"Vie de cour","description":"Il n'existe pas de système de cour centralisé en Syrie et dans le nord de l'Irak du IVe au VIe (Xe-XIIe) siècle, mais plutôt une pléthore de petites cours coexistantes, soumises à un complexe jeu d'alliances politiques. Les souverains commencent souvent leur carrière comme *atabeg*, nommés par les Seldjoukides d'Iran (429-590/1038-1194), mais créent bientôt leurs propres cours. Pour se protéger de la menace constante des Croisés, ils édifient leurs palais dans des citadelles dont le meilleur exemple subsistant est celui de la citadelle d'Alep.","quote":"“Une pléthore de petites cours coexistaient, dans un complexe jeu d'alliances politiques.”"},"18c44ba9-f8fa-5fdd-99a2-a8b6f034044a":{"title":"Visions du jardin paradisiaque et de l’arbre de vie","description":"Les arbres aux fleurs odorantes et surchargés de fruits mûrs jouent un rôle primordial dans les descriptions littéraires du Paradis islamique. Le palmier y occupe une place de choix. Une tradition le décrit comme la tante de l'Homme, créé à partir de l'argile après que Dieu eut donné vie à Adam. Selon une autre tradition, le prophète Muhammad associait souvent le palmier et le Paradis. Une référence est également faite au grenadier et au Tuba mystique, arbre de vie ressemblant à un cyprès qui s'élève au centre du Paradis.","quote":"“Les arbres aux fleurs odorantes et aux abondants fruits mûrs jouent un rôle particulier.”"},"caca8135-e85b-5bcb-8988-35e33bc14f08":{"title":"Monuments","description":"L'architecture des Ayyoubides et des Atabegs zenguides présente un certain nombre d'éléments de transition qui traduisent une continuité entre la fin de la période fatimide et le début de la période mamelouke. \n \nEn termes de matériaux de construction, la pierre est largement utilisée car elle est généralement aisément disponible dans les régions sous souveraineté zenguide et ayyoubide : la Grande Syrie et l'Égypte. Son travail peut se révéler d'un très haut niveau de qualité. La brique et le stuc se trouvent plus fréquemment en Syrie orientale. \n \nLes efforts pour concilier le tissu urbain et la direction de la *qibla* développés pendant la période fatimide sont plus fréquents. Par ailleurs, le plan à axe brisé mis au point dans la mosquée fatimide al-Aqmar pour assurer une transition entre la rue et l'intérieur se fait plus complexe. \n \nDiverses formes de minaret apparaissent au cours de cette période. Certains sont de section carrée, d'autres circulaire ou combinent parfois une section inférieure carrée suivie d'une partie supérieure octogonale ou circulaire. \n \nL'utilisation des *mouqarnas* est très courante, en particulier dans les voûtes, et fournit quelques-uns des exemples les plus anciens de composition de *mouqarnas* en pierre subsistants . La technique *ablaq* pour les façades (alternance de rangs de pierres de couleurs différentes) apparaît vers la fin de la période ayyoubide. Elle sera par la suite largement utilisée sous les Mamelouks. \n \nLes Ayyoubides laissent une impressionnante architecture militaire, édifiée d'abord dans le cadre de la lutte contre les Croisés. Un certain nombre de forteresses construites par ceux-ci seront par la suite occupées par les Ayyoubides qui les rénoveront et les agrandiront. La forteresse ayyoubide est plus vaste que celle des périodes antérieures et possède des murailles plus épaisses. Elle possède des éléments caractéristiques comme des entrées à changement d'axe, des meurtrières qui descendent jusqu'au sol, des mâchicoulis et des portes décorées de motifs talismaniques : serpents, dragons et lions. Autre trait important : les résidences palatiales sont construites à l'intérieur des citadelles. \n \nLa *madrasa* se signale comme un élément majeur de l'héritage architectural des Zenguides et des Ayyoubides. Un des plus anciens exemples de ce type connus dans le monde islamique est un monument zenguide. Le développement de la *madrasa* est étroitement lié à l'enseignement du sunnisme, dans la propagation duquel les Zenguides et les Ayyoubides s'engagent activement. Le plan de la *madrasa* ayyoubide consiste généralement en une cour entourée de deux ou quatre *iwan* (espace sous voûte, muré sur trois côtés et ouvert sur une cour sur le quatrième), ainsi que de cellules plus petites servant de logement aux étudiants et enseignants. Avec le temps, le plan à quatre *iwan* s'impose. Les Ayyoubides introduisent également vers la fin de la période un type architectural combinant *madrasa* et mausolée. Il sera fréquemment repris par les Mamelouks."},"5143a580-5e9d-5338-aa83-89eaf0f30e05":{"title":"L’art mudéjar aristocratique et civil","description":"Là où il n’y avait pas de palais musulman à occuper, les rois chrétiens et les nobles construisirent eux-mêmes de nouveaux palais s’en inspirant. Le roi de Castille Pierre Ier offre le meilleur témoignage du goût de l’aristocratie chrétienne pour les modes de vie islamisés et les endroits où ils se déroulaient. Les palais de Tordesillas et d’Astudillo répondent au désir du roi de les ériger à la manière des édifices nasrides du moment, et il a sans doute reçu à cette fin le concours d’artistes grenadins envoyés par son ami le roi Muhammad V de Grenade.","quote":"Nouveaux plans de palais mudéjars"},"e2c12e55-44f5-5291-ad8b-8fa7958dbad2":{"title":"Introduction artistique","description":"Décrire les caractéristiques visuelles qui différencient une tradition artistique précise est toujours une tâche délicate. Aucune règle générale ne peut s’appliquer à une quelconque tradition puisque ses caractères visuels présentent une diversité considérable due aux évolutions survenues dans le temps comme dans l’espace. Chaque règle avancée connaît ainsi ses exceptions. Les indications proposées ci-dessous devraient cependant aider le lecteur à identifier visuellement les diverses traditions de l’architecture islamique dans le bassin méditerranéen. Nous nous sommes attachés à identifier leurs traits caractéristiques, en particulier ceux qui touchent aux matériaux, aux formes, aux plans, aux types de constructions, aux motifs décoratifs et aux techniques, ainsi qu’aux influences issues d’autres traditions.","extra":{"credits":"Introduction préparée par: \nMohammad Al-Asad (Monuments) \nBarry Wood (Objets)","subtitle":"L'Art Islamique en Méditerranée"}},"664da959-c73e-5c6a-8641-060470f0010e":{"title":"L’art mudéjar","description":"L’art mudéjar est le fruit de circonstances historiques qui ne se sont rencontrées que dans la péninsule Ibérique au Moyen âge.","extra":{"credits":"Curators & authors \nCarmen ALONSO-RODRIGUEZ, Madrid \nMaria da Conceição AMARAL, Silves \nGaspar ARANDA, Madrid \nÁngela FRANCO, Madrid \nÁngela GARCIA-BLANCO, Madrid \nSusana GOMEZ, Mertola \nSantiago MACIAS, Mertola \nMargarita SANCHEZ-LLORENTE, Madrid \nClaudio TORRES, Mertola \n \nCoordination \nMiguel GARCIA, Madrid \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Ce qui frappe tout d’abord dans d’art mudéjar est sa singularité. Il s’agit d’un art qui ne peut se comparer à aucun autre, islamique ou chrétien, car il est le fruit de circonstances historiques qui ne se sont rencontrées que dans la péninsule Ibérique au Moyen âge. \nEn effet, au fur et à mesure que les rois chrétiens progressaient dans la reconquête du territoire d’al-Andalus, et devant la difficulté qu’ils éprouvaient à le repeupler immédiatement, ils autorisèrent la population musulmane à rester dans les contrées récemment conquises et à conserver sa religion, sa langue et son organisation juridique. Les Mudéjars – musulmans en territoire chrétien – s’intégrèrent à la nouvelle société, travaillèrent pour ses élites, et furent les passeurs des coutumes et de l’art musulmans dont les coloris, l’exotisme, le luxe et le raffinement fascinaient les rois et les nobles chrétiens. \nL’œuvre mudéjare se reconnaît facilement à la parfaite intégration des matériaux utilisés – brique, plâtre, bois et céramique — aux techniques spécifiques avec lesquelles ils sont traités et aux motifs décoratifs propres à l’esthétique islamique. D’aucuns considèrent l’art mudéjar comme une persistance de l’art islamique dans la société chrétienne ; mais cette interprétation ne vaut que du point de vue formel, car dans l’art mudéjar, les formules constructives et décoratives expriment la pensée et les valeurs propres à la culture chrétienne, et non à la culture islamique. \nD’autre part, les éléments de l’art islamique ont magistralement fusionné avec ceux de la tradition occidentale pour créer un art nouveau, et différent selon qu’il se combine avec l’art roman, avec le gothique ou avec la Renaissance. C’est pourquoi le mudéjar au sens strict n’appartient ni à l’art islamique, ni à l’art occidental chrétien. Jalon entre les deux cultures, il est devenu l’expression artistique d’une société complexe dans laquelle coexistèrent chrétiens, juifs et musulmans. C’est donc un phénomène tout à fait unique dans l’histoire de l’art. \nLe déclin de l’art mudéjar s’amorce au cours du XVIe siècle, pour être consommé avec l’expulsion des morisques en 1609. Cependant, le mudéjarisme a continué d’alimenter une sorte de goût “baroque” jusqu’à l’avènement du baroque proprement dit.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/mudejar_art/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/26/portal_image/1.jpg","display_order":17}}},"120cbd81-d9a2-540e-a178-dc11c283fc2d":{"title":"La vie privée des femmes musulmanes"},"4a1c6f21-6004-562f-a51b-159ea077a327":{"title":"La pierre funéraire, mémoire lapidaire","description":"Simplicité et absence de pompe sont les normes des musulmans occidentaux lorsqu'ils emportent les morts vers leur dernier séjour. Les cimetières musulmans étaient situés à l'extérieur des villes, mais à proximité, de façon à faciliter la visite aux tombes. Les parents des défunts s'y rendent généralement le vendredi avant la prière et y font lire des versets du Coran. La seule exception se rencontre chez les familles royales, qui enterrent leurs membres à intérieur des enceintes palatiales. Parfois, le corps est inhumé à même la terre, allongé sur le côté droit de façon à faire face à La Mecque.","quote":"Les espaces funéraires : les nécropoles"},"646ebdd8-a486-5d6b-8cd6-0d16de835996":{"title":"La culture dans le royaume croisé de Jérusalem","description":"Un autre historien et voyageur contemporain, al-Hourawy (m. 611/1215), se souvient d'avoir vu la grille de fer posée par les Croisés autour du Rocher : \"Je vis ce rocher à l'époque des Francs ; il se trouvait au nord de cette coupole [de la mosquée al-Aqsa] et était entouré d'une clôture de fer comme une maison. La hauteur de cette clôture autour du rocher est de douze pieds.\"","quote":"“La hauteur de la clôture qui entoure le rocher est de douze pieds.”"},"282bf248-cb40-5b24-9d50-166d75b8a10e":{"title":"L’ouverture sur le monde : contacts diplomatiques et commerce international"},"f9582527-5e66-53ac-b264-520c2d4cf28b":{"title":"Les céramiques abbassides"},"7bb30298-992c-56ba-a331-b96f90384fbb":{"title":"La Sicile chrétienne et la culture figurative islamique : préexistences et continuités","description":"Paradoxalement, c’est bien le règne chrétien des Normands qui a laissé en Sicile certains des plus précieux témoignages d’art islamique (avec des apports d’éléments classiques, byzantins et iraniens) présents dans le bassin méditerranéen. Au lieu d’entrer en conflit avec ses prédécesseurs, la nouvelle dynastie en assimile savamment la culture et les habitudes ; mais, plutôt que de se tourner vers le passé, elle se confronte directement à ce que le monde islamique de l’époque pouvait offrir de cette culture raffinée : le dialogue avec ce monde ne se limite pas à celui avec les musulmans restés sur l’île, mais s’exprime surtout à travers les relations entre la cour normande et le califat fatimide du Caire. En témoignent les relations diplomatiques et commerciales, et même les échanges de cadeaux (par exemple entre le calife al-Hafiz et Roger II). Il est très probable qu’une partie de la main-d’œuvre employée sur les chantiers royaux normands ait été justement d’origine égyptienne.","quote":"Paradoxalement, c’est le règne chrétien des Normands qui a laissé en Sicile certains des plus précieux témoignages d’art islamique présents dans le monde méditerranéen."},"7692a7a1-79fd-59fc-afcb-e772f94cb93c":{"title":"Art des Croisés"},"5ff53527-c223-5816-b616-a7a036304f06":{"title":"La calligraphie monumentale","description":"L'écriture coufique, anguleuse et minimaliste, est la première à apparaître sur des monuments. Elle se développe au Ve/XIe siècle et s'enrichit d'ornements floraux au sommet des lettres – le style coufique fleuri –, comme on peut le voir dans le *maqsoura* (espace réservé au calife ou à l'imam) de la Grande Mosquée de Kairouan. Même si ce style marqué par ses fortes horizontales et verticales est parfaitement adapté à un certain nombre d'éléments architecturaux, en particulier les piliers et les supports, d'autres styles apparaissent au VIe/XIIe siècle, comme le *naskhi*, plus souple, que l'on remarque sur la *khanqah* (hôtellerie) du sultan Baybars au Caire.","quote":"“L'écriture de style coufique – minimaliste et anguleuse – est la première à faire son apparition sur les monuments.”"},"67d05c74-9479-5504-9b95-28708620c776":{"title":"Le Caire, Damas et Jérusalem, centres de la vie intellectuelle mamelouke","description":"En Syrie, Damas est le second plus important centre politique, artistique et intellectuel du sultanat mamelouk, lieu de débats religieux et creuset de progrès scientifiques. Des livres fondamentaux sur la médecine, la géographie et d'autres sciences sont copiés et illustrés dans ses fameuses *madrasa* et institutions d'enseignement supérieur.","quote":"“Damas est le second plus important centre politique, artistique et intellectuel du sultanat mamelouk.”"},"57d4f9c5-7846-5502-a124-d07a4d4ecfee":{"title":"Commerce et voyages","description":"Au Moyen Âge, tout voyage est risqué et la plupart des routes commerciales et de pèlerinage entre la Méditerranée, l'Asie centrale et l'Arabie sont extrêmement dangereuses. La sécurité devint encore plus problématique avec les attaques des Croisés. Des châteaux et des citadelles sont édifiés aux points stratégiques comme Karak et Shawbak en Jordanie. En dépit de leur antagonisme politique, les musulmans et les Francs commercent entre eux, traversent leurs territoires mutuels et s'imposent des taxes de passage.","quote":"*“En dépit de leur antagonisme politique, les musulmans et les Francs commercent entre eux.”*"},"9eda6137-9ad8-5a22-8512-44e4bf96b330":{"title":"Les Omeyyades"},"24dccfe7-0ad7-552e-aa3d-ebae78f613d0":{"title":"La vie de cour","description":"Le palais de Topkapı est le siège du gouvernement et la résidence de la famille impériale. Il est édifié à l'extrémité de la péninsule d'Istanbul, qui commande la vue sur la Corne d'or d'un côté, le détroit du Bosphore et la mer de Marmara de l'autre. Il constitue un important complexe divisé en trois quartiers, *birun*, *endenrun* et *harem*, répartis au milieu de vastes jardins. \nLe *birun* s'étend entre la première porte d'entrée, Bab-i Hümayun (porte Impériale), et la troisième Bäbüssaade (porte de la Félicité). Autour de la première cour sont regroupés des bâtiments de service, la monnaie impériale, des casernes, des ministères et autres administrations gouvernementales. Dans la seconde cour, du nom de Alay Meydanı, se trouve le Divan-ı Hümayun – également appelé “sous la coupole” –, le trésor, les cuisines, les écuries et l'entrée du harem. \nLes cérémonies comme l'accession au trône, les auditions royales en cas d'urgence appelées Alay Divanı (assemblées debout) et certains festins se déroulent devant la porte de la Félicité. Le trône du sultan se trouve non loin et l'Étendard sacré (Sancak-ı Şerif), symbole par excellence du sultan ottoman en tant que calife, y est déployé lorsqu'il est sorti du pavillon du Saint Manteau pour certaines cérémonies.","quote":"“Le palais de Topkapı est le siège du gouvernement et la résidence de la famille impériale.”"},"fb7529af-c345-5f7f-84b9-097ce4ffba20":{"title":"La décoration géométrique dans les textiles"},"e0fad146-3560-5ca0-86d7-06707053fbef":{"title":"Pèlerinage","description":"“Le pèlerinage est sans doute l'un des moments d'émotion les plus profonds de la pratique religieuse aussi bien pour les juifs, les chrétiens que les musulmans. La visite des Lieux saints conduit les croyants à la plénitude spirituelle.”","extra":{"credits":"Curators & authors \nMohammad ABBAS, Cairo \nUlrike AL-KHAMIS, Edinburgh \nElsayed HAMAD, Cairo \nYousef NATSHEH, Jerusalem \nSalah SAYAOUR, Cairo \nTarek TORKY, Cairo \n \nCoordination \nEnaam Selim, Cairo \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Le pèlerinage est un élément fondamental dans la pratique des trois religions monothéistes : le christianisme, le judaïsme et l'islam. \n \nPour les musulmans, le pèlerinage (*al-hadjdj*) est un devoir religieux qui constitue le cinquième et dernier “pilier” de l'islam, les autres étant la profession de foi (*chahada* : “Il n'est d'autre dieu qu'Allah, Muhammad est le messager d'Allah”), les cinq prières quotidiennes, l'aumône ou *zakat* et le jeûne pendant le mois de *ramadan*. Le Coran a décrit le pèlerinage, et précisé : “Allah prescrit le Pèlerinage à la Maison. Qui le peut s'y dirige” (III, 97). Ultérieurement, la *Sunna* (les traditions du Prophète) en a fixé de nombreux détails. En conséquence, chaque musulman physiquement apte et disposant des ressources nécessaires doit accomplir le *hadjdj* au moins une fois dans son existence. Selon la croyance musulmane, le sanctuaire (*haram*, l'enceinte sacrée à La Mecque) fut initialement construit par Abraham et son fils Ismaïl (ou Ismaël, Ishmael), tous deux vénérés avant l'apparition de l'islam. \n \nAvec l'avènement de l'islam, le pèlerinage en vint à obéir aux rituels clairement établis par le Coran et la Sunna. Il se déroule au cours des mois de *dhou al-Qaada* et de *dhou al-Hidjdja*. Il commence par la mise en état de pureté. Chaque pèlerin abandonne ses vêtements ordinaires et revêt l'*ihram*, tenue uniforme faite de deux morceaux de tissu blanc non cousus portés par tous, riches et pauvres. Pour les femmes, les pièces de tissu sont cousues. Le croyant doit conserver cet état de pureté spirituelle et physique pendant toute la durée du *hadjdj*. À l'intérieur du Haram de La Mecque, les pèlerins font sept fois le tour de la Kaaba (*Tawaf* : la circumambulation) avant d'accomplir *al-Sayi*, une marche rituelle entre les deux collines, al-Safaa et al-Marwah, qui s'élèvent dans l'enceinte de la mosquée. Le neuvième jour du *dhou al-Hidjdja*, les pèlerins se rassemblent sur le mont Arafat pour prier et implorer le pardon d'Allah. Le *hadjdj* culmine avec l'*Aïd al-Adha* (fête du sacrifice), la plus importante fête musulmane, qui se déroule le dixième jour du *dhou al-Hidjdja*. Le *hadjdj* est l'expérience la plus intense que puisse connaître un musulman au cours de sa vie religieuse. Il offre aux croyants la possibilité de demander pardon pour leurs péchés, après quoi ils reprennent leur existence, régénérés et purifiés.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/pilgrimage/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/29/portal_image/1.jpg","display_order":8}}},"50e6c016-c07c-59ca-a932-af7736a9bcd6":{"title":"Monuments","description":"L'architecture des Fatimides combine des éléments stylistiques issus de Syrie, d'Irak et d'Iran, en Orient, à d'autres provenant d'Afrique du Nord. Il s'agit essentiellement d'une architecture de pierre. Au Caire, la ville dont les Fatimides font leur capitale en 358 H / 969 J.-C., on réutilise parfois la pierre provenant de monuments de la période des pharaons ou des fûts et chapiteaux de colonnes classiques. La brique peut servir de matériau structurel, mais elle est généralement parée de pierre ou de stuc sculptés. Le bois sculpté est utilisé pour les portes, des lambris et les poutres des plafonds . \n \nLa période fatimide conserve le plan traditionnel de la mosquée hypostyle, mais le minaret, élément devenu standard dans l'architecture religieuse abbasside, n'est que peu présent dans le style fatimide. Apparaît à cette période un des premiers exemples connus dans le monde islamique de façade de mosquée alignée sur la rue. Les orientations divergentes des rues adjacentes et de la *qibla* sont conciliées grâce à un plan triangulaire qui comprend un axe d'entrée en deux sections connectant la rue à la salle de prière. \n \nL'arc brisé devient courant et la coupole présente parfois un profil de forme similaire. La coupole fatimide repose généralement sur des trompes ou sur une série de niches qui assurent la transition entre la base carrée de l'espace couvert et le dôme de section circulaire. \n \nLa calligraphie de style coufique fleuri est abondamment utilisée sur les constructions. Les coupoles et les arcs reçoivent souvent une décoration cannelée. Les fenêtres sont fréquemment disposées dans des renfoncements de façade. Les motifs d'arabesques, végétales et géométriques, exécutés en marbre, stuc, pierre ou bois, sont très courants et leurs premiers exemples fatimides montrent l'influence de modèles abbassides issus d'Irak mais aussi de la Tunisie aghlabide et de l'Égypte toulounide."},"1abd2666-7a05-5c9a-8f4d-991a0fac4643":{"title":"La culture dans le royaume croisé de Jérusalem","description":"Des récits figurant dans les *Voyages* d'Ibn Jubayr et les *Mémoires* d'Oussamah Ibn Mounqidh permettent de dresser un portrait plus précis de la communauté musulmane. L'écrivain, diplomate et politicien Oussamah (487-583/1095-1188), qui vivait au château de Chayzar, était personnellement lié à Nour al-Din et Saladin, ainsi qu'à leurs ennemis francs. Il décrit ainsi une visite à Jérusalem : \"Lorsque j'allais à la mosquée al-Aqsa, occupée par les Templiers qui étaient mes amis, ceux-ci faisaient évacuer une petite mosquée adjacente pour que je puisse y prier.\" Un jour qu'il était debout en prière, un Franc l'interrompit pour le forcer à se tourner vers l'est. Un ami templier écarta cet homme et présenta des excuses à l'écrivain en expliquant : \"C'est un étranger qui vient juste d'arriver du pays des Francs et qui n'a encore jamais vu quelqu'un prier sans se tourner vers l'Orient.\"","quote":"“Les Templiers faisaient évacuer une petite mosquée adjacente pour que je puisse y prier.”"},"fc7c939a-850e-5462-8ba3-c2aa03ed101f":{"title":"La mosquée, espace de prière"},"d0f2de47-bb3f-5401-adda-d70b0bdc2f1c":{"title":"Représentation animale"},"c1e27de3-f47f-5dbf-a939-9b3c100f2f30":{"title":"Mécénat officiel","description":"Pour les Omeyyades, le mécénat architectural est un moyen d'afficher le pouvoir de la nouvelle foi en général et de leur dynastie en particulier. Il s'applique à des édifices religieux majeurs comme le Dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa à Jérusalem ou la Grande Mosquée de Damas. \n \nLa mosquée est un type architectural exclusif de l'islam dont le plan s'inspire de la maison du Prophète à Médine et qui apparaît au cours de la période pré-omeyyade. Les Omeyyades apportent des spécificités qui, avec le temps, s'appliqueront à toutes les mosquées : le minaret (symbole de la présence de l'islam et d'où est lancé l'appel à la prière), le *mihrab* (qui symbolise la présence du prophète) et, juste à côté, le *maqsoura* (espace clos réservé à l'imam, qui dirige la prière, ou au calife).","quote":"“Le mécénat architectural est une démonstration de la puissance de la foi nouvelle.”"},"7ca8b514-16be-5930-b8ed-1c96b7324e76":{"title":"Les femmes musulmanes comme mécènes","description":"Les musulmanes apportèrent un soutien généreux à l'amélioration intérieure des bâtiments religieux, par exemple dans la fourniture de superbes corans et de mobilier de mosquée de grande qualité. L'un des exemples les plus admirables en est la niche de prière en teck incrusté d'un travail très élaboré commanditée par l'épouse du calife fatimide al-Amir bi-Ahkam Allah en 527/1133 pour le mausolée de Sayyida Ruqayya. Un certain nombre de manuscrits coraniques commandités par les princesses zirides étaient destinés à la Grande Mosquée de Kairouan, dont le coran d'Oum Milal et celui d'Oum al-'Ilu, sœur du prince ziride al-Mouiz ibn Badis. Un troisième manuscrit fut offert par Fatima, gouvernante du prince Badis ibn al-Mansour.","quote":"*“Les musulmanes apportèrent un soutien généreux à l'amélioration intérieure des bâtiments religieux.”*"},"2fd1d033-a4f2-567f-b9d5-a05f8479663e":{"title":"Le Saint Coran"},"f049cf8d-e79d-5896-ac15-489e32164b03":{"title":"L’art mudéjar populaire et religieux","description":"Le mudéjar de la ville de Tolède atteste l’influence du mudéjar castillan dans ses arcatures aveugles en brique, et de l’art almohade et de l’art gothique européen, qui définissent aussi le mudéjar d’Estrémadure. Ses caractéristiques spécifiques sont, entre autres : des murs où la maçonnerie alterne avec la brique, des façades ornées de frises d’arcades entrecroisées, des baies à arcs en fer à cheval à *alfiz*, et des clochers de brique sur base cubique en maçonnerie, séparés du corps de l’église comme des minarets.","quote":"Le mudéjar tolédan : la sveltesse du gothique de brique."},"42f06353-5ef7-51e7-934c-e5dc0f69f7b4":{"title":"La capitale ottomane: Istanbul","description":"La ville de Byzance, choisie par l'empereur Constantin pour être la nouvelle capitale de l'empire romain, continua à se développer sous le nom de Constantinople, capitale de l'empire romain d'Orient ou empire byzantin. Jouissant d'une position stratégique, elle possédait de magnifiques monuments, dont Ayasofya (Hagia Sophia, Sainte-Sophie). Elle résista à plusieurs sièges des Arabes musulmans, mais souffrit gravement de la quatrième croisade. Après des siècles de résistance aux invasions, elle tomba finalement aux mains du sultan Mehmed II en 857/1453. Lorsque les Ottomans s'emparèrent des États mamelouks en 923/1517 et prirent le titre de calife, leur capitale devint le centre du monde musulman et s'appela successivement Konstantiniyye, Asitane, Dersaadet et Istanbul, qui resta capitale de l'empire ottoman jusqu'en 1922. Pendant 400 ans, chaque sultan eut à cœur d'enrichir la ville de nouveaux monuments et de moderniser les infrastructures.","quote":"“Pendant 400 ans, chaque sultan eut à cœur d'enrichir la ville de nouveaux monuments et de moderniser les infrastructures.”"},"1b29b6a7-7dc6-567b-aaf0-cbfc9c64fc07":{"title":"Saladin en Terre sainte","description":"La prééminence de Saladin s'affirme pendant la guerre pour le contrôle de l'Égypte, alors que Nour al-Din est encore en vie. Après sa mort en 569/1174, Saladin passe dix années à se battre contre ses ennemis musulmans et à consolider son armée. Après avoir unifié la Syrie et l'Égypte et pris Alep en 579/1183, il se concentre sur l'expulsion des Francs. Sa première grande victoire est la bataille de Hattin en 583/1187, qui lui ouvre la voie vers Jérusalem dont il s'empare l'année suivante.","quote":"*“Après avoir unifié la Syrie et l'Égypte, Saladin se concentre sur l'expulsion des Francs.”*"},"fde9c1e2-a19a-570e-98f7-a4cd5e14c12e":{"title":"Cérémonial et divertissements à la cour","description":"Les sources littéraires font état de deux types d'audiences : les audiences publiques (*majlis al-amm*) et les privées (*khass*), ces dernières réservées aux aides et conseillers les plus proches. Au cours d'une audience, le calife ou son représentant est assis sur un trône surélevé (*sarir*), tandis que le public est assis selon son rang. Certains édifices, comme Qousayr Amra, Khirbat al-Mafjar près de Jéricho et Qasr al-Khayr al-Gharbi en Syrie, sont décorés de programmes iconographiques complets montrant des musiciens, des danseurs, des porteuses de présents. Les divertissements font partie intégrante de la vie de cour.","quote":"“Au cours de l'audience, le calife ou son représentant est assis sur un trône surélevé.”"},"6e7d4f2d-b957-51ff-b7ba-274922d1bffb":{"title":"La céramique mudéjare","description":"L’un des plus séduisants groupes de céramiques mudéjares est celui de plats et braseros dont la surface est entièrement ornée de motifs géométriques et épigraphiques, de godrons et de triangles courbes dont la répétition donne la sensation de mouvement. La nouveauté en matière de composition, d’origine occidentale, réside dans le sens de l’unité que dégage l’ensemble, ordonné autour d’un ombon central très marqué. Ces plats à ombon et godrons en relief étaient confectionnés au moule et avaient un caractère plus somptuaire qu’utilitaire.","quote":"Ces plats à ombon et godrons en relief avaient un caractère somptuaire."},"17b8ce1b-11e8-500c-ba13-dd3af722e3b4":{"title":"Le sultan et sa cour","description":"Le sultan mamelouk est également commandant en chef de ses armées et joue un rôle majeur dans la diplomatie internationale. Son autorité et sa gloire s'expriment au travers de cérémonials élaborés, du splendide cadre de vie de sa cour et de distractions élitistes comme la chasse et la fauconnerie.","quote":"“L'autorité du sultan s'exprime à travers un cérémonial et un cadre de vie grandioses.”"},"527ffe44-a653-52d5-b537-96b6f979648a":{"title":"Syrie","description":"Au cours du XIXe siècle, l'Empire ottoman doit affronter le défi d'une Europe de plus en plus puissante, prospère et industrialisée. Les mosquées et *madrasa* traditionnelles apparaissent désormais insuffisantes en tant qu'institutions pédagogiques pour une société moderne. La *madrasa* Jaqmaqiyya, par exemple, est transformée en école publique préparatoire d'un nouveau genre appelé Maktab Rushdiyya. On y enseigne l'histoire européenne et ottomane, l'écriture littéraire et officielle et nombre de langues étrangères dont le français, l'ottoman et le perse, mais ni l'histoire ni la langue arabes n'y sont proposées. Au début du XXe siècle, ces réformes commencent à se heurter aux minorités chrétiennes et à certaines majorités musulmanes non turques qui appellent à l'individualisation et à la libre expression plutôt qu'à l'uniformité et à la soumission. À Damas, l'école Maktab Anbar devient un nouveau pôle d'enseignement et un point central pour l'éveil politique arabe.","quote":"“Au cours du XIXe siècle, l'Empire ottoman doit affronter le défi d'une Europe de plus en plus puissante, prospère et industrialisée.”"},"071e3e6e-8e36-5c3c-8643-17ee9ac60138":{"title":"Le palais et les arts","description":"L'empire ottoman est un État centralisé géré par des fonctionnaires spécialement formés à la cour. Ce système, qui exerça un profond impact sur l'art ottoman, donne naissance à un style décoratif uniforme dans la totalité des immenses territoires sous sa domination. Les architectes et artisans qui décorent le palais de Topkapı travaillent également à Istanbul et dans le reste de l'empire, sous l'autorité de l'architecte impérial. \nD'abord établis à Edirne, les ateliers d'artistes sont transférés au palais de Topkapı après la prise de Constantinople. L'organisation systématique des professions artisanales commence au début du IXe/XVe siècle. Parfois, des membres des corporations d'Istanbul, ou venus d'une autre région de l'empire, choisissent de travailler sur invitation dans l'un de ces ateliers.","quote":"“Le système centralisé aboutit à un style décoratif uniforme dans la totalité des immenses territoires ottomans.”"},"0e4ca3d5-ad07-5906-884a-7b4b89c83f5c":{"title":"Égypte"},"982c8126-411c-56dc-8e82-defe108e4e2e":{"title":"L’exportation du luxe","description":"La beauté et la qualité d'exécution des productions de l'art islamique sont appréciées en Occident depuis des siècles. Au Moyen Âge par exemple, les textiles et produits des arts décoratifs venus du Moyen-Orient sont recherchés et viennent enrichir les trésors des églises. Avec la montée en puissance de l'empire ottoman et le développement d'un système d'échanges internationaux, la production des florissantes manufactures ottomanes est appréciée dans tout le monde connu. Bon nombre des œuvres subsistantes ont été fabriquées à l'origine pour l'exportation. L'image de l'empire ottoman, pays de richesses et de luxe, vient en grande partie de ces œuvres d'art vendues par le réseau des bazars et des *han.*","quote":"“Les produits des florissantes manufactures ottomanes sont appréciés dans tout le monde connu.”"},"8d1948a8-5d3f-58f4-be9a-e443a4b2078b":{"title":"Science et savoir","description":"Les connaissances scientifiques musulmanes finirent par devenir les plus développées du monde. Après la conquête des empires byzantin et sassanide, l'accès à leurs bibliothèques permit aux musulmans de traduire et de découvrir toute l'érudition de l'Antiquité classique et orientale contenue dans leurs ouvrages, et donc de progresser dans toutes les sciences, sans oublier les études religieuses, fondement de la connaissance scientifique.","quote":"La *madrasa*, centre d'enseignement supérieur"},"19908cb0-74da-580e-b6b3-2b320477903e":{"title":"Les Aghlabides : le bouclier de la dynastie abbasside","description":"L'immensité de leur empire et la présence de plusieurs puissances islamiques rivales sur ses marches expliquent qu'en 184/800, les Abbassides établissent la principauté aghlabide dans le nord de l'Afrique, face aux Omeyyades d'al-Andalus et aux Idrissides du Maroc. Le calife abbasside Haroun al-Rachid (r. 170-193/786-809) confie l'Ifriqiya (la Tunisie) à Ibrahim Ibn al-Aghlab sous forme de principauté héréditaire. Les Aghlabides resteront vassaux des Abbassides de 184/800 à 296/909. Ils reconstruisent plusieurs villes et édifient de nombreuses fortifications le long de la côte tunisienne pour repousser les Byzantins qui avaient conquis la Sicile quelques siècles auparavant. Ils organisent l'administration et développent les voies de communication entre l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient.","quote":"“Le calife Haroun al-Rachid confie l'Ifriqiya (la Tunisie) à Ibrahim Ibn al-Aghlab sous forme de principauté héréditaire.”"},"c6bda72b-5fc2-5242-a86c-73e57fb7f25b":{"title":"Les Aghlabides : le bouclier de la dynastie abbasside","description":"Aux territoires aghlabides d'Afrique du Nord s'ajoutent par la suite Malte, la Sicile et le sud de l'Italie. Les Aghlabides qui, bien que bénéficiant d'une grande autonomie, se considèrent comme vassaux des Abbassides, maintiennent leurs liens avec Bagdad à travers de multiples échanges commerciaux et scientifiques. Les carreaux lustrés du décor du *mihrab* de la Grande Mosquée de Kairouan proviennent par exemple d'Irak. En reconnaissance de la loyauté aghlabide, le calife abbasside al-Moustaïn (r. 248-252/862-866) ordonna la construction de la coupole au-dessus du *mihrab* de la Zitouna, la Grande Mosquée de Tunis.","quote":"*“Les Aghlabides se conduisent à l'image de leurs suzerains, les califes abbassides.”*"},"01b9c0b5-6a02-5be0-aa1a-2dead40ce2ff":{"title":"Le rôle individuel des plantes et des fleurs","description":"Avec la tulipe, l'œillet était utilisé pour rappeler la beauté divine et évoquer la contemplation spirituelle. Il est donc lui aussi très présent dans l'art islamique, en particulier dans l'art ottoman. Toutes les fleurs et plantes ne trouvaient pas forcément leur origine dans la culture et la symbolique islamique. L'image de la vigne surchargée de grappes, associée à la fertilité et à la vie éternelle, constitue une survivance des temps hellénistiques tandis que le lotus, symbole oriental de la pureté spirituelle, fut introduit dans l'art islamique par les Mongols au VIIe/XIIIe siècle.","quote":"“Toutes les fleurs et plantes ne trouvaient pas forcément leur origine dans la culture et la symbolique islamiques.”"},"fc555000-73aa-597e-83a9-aecade079247":{"title":"La défense","description":"Les fortifications de l'Occident musulman répondaient à un double objectif : défendre les frontières et consolider le gouvernement du territoire conquis, sous la menace permanente de luttes intestines. Au début, les constructions défensives étaient disséminées et destinées à soumettre les populations insoumises. Ensuite se développa progressivement un système défensif complexe qui se généralisa, dans tout l'Occident pendant la domination almohade et, plus tard, on adopta les stratégies d'attaque avec catapultes, béliers et tours d'assaut.","quote":"**Le développement d'un système défensif**"},"91a64bcb-07fa-5fe8-a772-1643e67fe98b":{"title":"Les utilisations de l’eau : boisson et ablutions","description":"Comme l'eau est rare, et d'autant plus précieuse, dans les régions désertiques, les installations qui permettent de boire et de se laver sont souvent soigneusement décorées. Dans les maisons propriétés – comme celle du gouverneur mamelouk de Qus en Haute-Égypte –, de l'eau était versée sur les mains des invités à l'aide d'aiguières en métal et de bassins avant et après les repas. Souvent, le fond des bassins en métal incrusté est décoré d'une circonvolution en forme de poisson pour que, une fois le récipient rempli, on ait l'impression qu'il en contenait un. Le motif du poisson se retrouve également dans la poterie mamelouke vernissée verte qui imite le céladon chinois.","quote":"“L'eau est rare, et d'autant plus précieuse, dans les régions désertiques.”"},"196db830-546b-584c-a36c-48974bbb7a0a":{"title":"Le sultan et sa cour","description":"Le califat étant basé au Caire, les souverains musulmans de toutes les parties du monde islamique viennent en Égypte pour faire légitimer leur pouvoir. Dans tout l'empire, des sultans mamelouks dynamiques comme Baybars Ier, Qalawun, Nasr al-Din Muhammad ibn Qalawun, Hassan et Qaytbay commanditent la construction de splendides mosquées et institutions religieuses, ainsi que de magnifiques corans et pièces de mobilier pour orner leur intérieur.","quote":"“Les sultans mamelouks commanditent la construction de splendides mosquées et institutions religieuses.”"},"89e7d33e-fcb7-5aa7-9d7f-b32dc0373d7c":{"title":"Coexistence des trois cultures","description":"Parfois pour leur valeur historique, d'autres fois parce qu'ils pouvaient être réutilisés, ou tout simplement pour leur valeur matérielle, nombre d'objets liés au culte mais appartenant à une autre religion ont été conservés par les institutions religieuses ; ils nous permettent de mieux connaître le patrimoine et les différentes cultures de l'histoire de l'Occident musulman.","quote":"Les institutions religieuses, conservatoire du patrimoine"},"6a1bdb93-67a9-5fa8-b419-7479fb504783":{"title":"L’écriture coufique","description":"Au tout début de l'islam, le coufique s'imposa comme le principal style calligraphique utilisé pour la copie du Coran, les pièces de monnaie ou les inscriptions architecturales. Il connut cependant plusieurs phases de développement, évoluant d'une première forme aplatie et raide – d'où est issu le style *muhaqqaq* – à une phase plus souple qui mena aux styles *thoulouth*, *maghribi* et *riqa*. Les divers types coufiques furent peu à peu standardisés, rendant quasi impossible l'indentification et l'attribution d'une inscription à une région particulière par une analyse purement stylistique.","quote":"“Dans les premières années de l'islam, le coufique s'imposa comme le principal style calligraphique utilisé pour la copie du Coran.”"},"9829971b-8342-5ad0-adce-e00bc28b63c2":{"title":"Le rôle individuel des plantes et des fleurs","description":"La culture musulmane a toujours exprimé un amour profond pour les plantes, les fleurs et les jardins soigneusement cultivés. De nombreuses plantes étaient choisies non seulement pour leur beauté ou pour leurs propriétés médicinales, mais aussi pour leur valeur symbolique religieuse et poétique. Considérées comme des miracles de la nature, elles étaient par ailleurs un signe de la puissance créative et vitale d'Allah. Leur floraison et leur mort chaque année invitaient à réfléchir à la condition humaine et à la promesse de résurrection et de vie éternelle au Paradis pour tous les vrais fidèles.","quote":"*“Plantes et fleurs étaient choisies pour leur valeur symbolique religieuse et poétique.”*"},"c847fdb4-fe99-5430-96ad-f2a1a1bedc31":{"title":"La pierre funéraire, mémoire lapidaire","description":"À l'époque almoravide, d'abord en al-Andalus, puis au Maghreb, apparaît un nouveau type de stèle sculptée à arc outrepassé décoratif sur colonne, représentation symbolique du *mihrab*. À l'intérieur de l'arc se déploie l'inscription funéraire qui, ici comme ailleurs, se résume généralement aux noms, filiations et titulatures des défunts, avec la date de leur mort ; la profession de foi y a également sa place, accompagnée de quelques versets coraniques et invocations religieuses.","quote":"Les stèles décorées"},"22ad153f-423c-5508-a362-937e5100efd8":{"title":"Guerre et cavalerie","description":"Les succès de la cavalerie s'expliquent par une pratique intense et un équipement de bonne qualité. Les soldats s'entraînent sur un hippodrome (*maydan*) où ils suivent une instruction épuisante et participent à des sports de compétition comme le polo et le lancer de javelot ou de masse. Au combat, les soldats turcs utilisent une combinaison de tactiques, les arcs et les flèches à distance et l'épée en combat rapproché. Les Turcs et les Arabes sont habiles au maniement de la lance, capables de frapper un ennemi en se déplaçant à grande vitesse. Les épées, les armes les plus appréciées, sont souvent identifiées par leur lieu de production et la souplesse de leur métal. Les boucliers des soldats musulmans sont généralement ronds, mais les modèles en forme de cerf-volant sont répandus chez les musulmans, les Byzantins et les Francs.","quote":"“Les épées sont identifiées par leur lieu de production et la souplesse du métal employé à leur fabrication.”"},"5374f1d7-28b8-5e64-8bb8-d12ba84fb6a1":{"title":"Les bijoux : richesse, prestige et protection"},"ca03bc94-3139-59a8-a6bb-af5e1368a210":{"title":"La décoration géométrique dans l’art du livre","description":"Étant donné le caractère sacré du Livre, les enlumineurs apportent le plus grand soin à la décoration des première (*fatiha*) et dernière (*jatima*) pages, qu'ils ornent parfois en pleine page. Le début de la sourate est indiqué par un cartouche. Par ailleurs, les pages peuvent être entourées d'un encadrement de motifs géométriques plus ou moins élaborés. Le colophon comporte généralement la date et le lieu de réalisation, et parfois le nom du destinataire.","quote":"“Les enlumineurs apportent le plus grand soin à la décoration des première (*fatiha*) et dernière (*jatima*) pages.”"},"2c60ed37-eb2d-5736-98a0-24252466e0a4":{"title":"Influences occidentales en terres ottomanes","description":"À partir du XIXe siècle, et dans le but de procéder à sa modernisation, l'Empire ottoman commence à opter pour un système de gouvernement centralisé.","extra":{"credits":"Influences occidentales en terres ottomanes \n \nCurators & authors \nMohamed ABBAS, Cairo \nInci KUYULU ERSOY, Izmir \nAida NAGHAWI DODO, Amman \nZena TAKIEDDINE, Damascus \nSaloua ZANGAR, Tunis \n \nCoordination \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"L'Empire ottoman ne comportait pas seulement ce que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de République de Turquie, mai aussi une zone géographique beaucoup plus vaste comprenant des peuples de différentes origines ethniques, parlant différentes langues et pratiquant plusieurs religions. Dans un contexte aussi contrasté, il était inévitable que des influences occidentales fassent leur apparition à différents moments et de différentes manières au cours d'un laps de temps connu aujourd'hui comme la “période d'occidentalisation de l'Empire ottoman”. Jusqu'au XIXe siècle, l'empire est organisé en provinces dirigées par des *beylerbeys* et des *sandjaks* gouvernés par des *sandjakbeys* nommés par les sultans*.* À l'intérieur de ce système, des communautés locales, des groupes religieux et des *waqf* participent à certaines affaires de l'empire, et ceci favorise une première fusion du goût ottoman avec des caractéristiques locales aussi bien dans l'art que dans l'architecture. À partir du XIXe siècle, et dans le but de procéder à sa modernisation, l'Empire ottoman commence à opter pour un système de gouvernement centralisé. Dans le nouveau système centralisé, un contrôle plus étroit s'exerce sur les provinces avec la construction, directement prise en charge par l'empire, d'édifices publics et gouvernementaux. Ainsi, alors que les premiers exemples architecturaux directement influencés par l'Occident avaient déjà été érigés à Istanbul et en Anatolie au XVIIIe siècle, des influences commencent à se faire sentir à partir du XIXe siècle dans d'autres régions. Un autre important facteur d'influence occidentale, qui apporte d'autres changements notables dans l'empire, est le développement des relations directes entre les grandes villes de l'empire et l'Europe. Pendant la période de Kavalalı Mehmed Ali Pacha, le gouverneur ottoman qui installe un temps un État autonome en Égypte, de fortes relations politiques et commerciales se nouent avec l'Europe. Istanbul en porte un témoignage éclatant avec les influences apportées par l'élite égyptienne qui résidait ici pendant l'été. Bien que la partie occidentale de l'Afrique du Nord comprenne trois provinces – Trablusgarb (la Libye actuelle), la Tunisie et l'Algérie –, chacune de ces régions ayant à sa tête un gouverneur envoyé par Istanbul, les véritables autorités de ces régions sont les maîtres locaux appelés les *deys* et qui étaient connus à travers l'Europe grâce à des contacts directs. 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Il rappelle à la fois les grands bouquets de fleurs des arcades de pavillons de jardins islamiques et les délices floraux du Jardin du Paradis.","quote":"“Les images de l'arbre de vie du Paradis évoquent la luxuriance, la profusion de branches feuillues offrant ombre et fertilité.”"},"6780505e-c91f-5e51-8a78-74d186fc4a0b":{"title":"Les communautés islamisées avant et après la conquête normande","description":"L’importation de techniques d’irrigation et de culture fondées sur la connaissance du monde antique, dans des territoires moins fertiles, comme du reste les interventions d’ingénierie hydraulique, parfois d’ascendance iranienne (par exemple le formidable réseau des *qanat*), constituent quelques aspects remarquables de l’organisation du territoire durant la période islamique.","quote":"Les techniques d’irrigation et de culture constituent des aspects remarquables de l’organisation du territoire."},"be3643d7-c50e-574a-9d16-2e5d7e04d722":{"title":"La décoration géométrique dans l’art du livre","description":"L'interdiction de toute représentation animée dans les livres religieux musulmans conduit à limiter le vocabulaire de l'ornementation aux motifs géométriques abstraits, autrement dit aux “enluminures”, notamment géométriques. Ce travail de décoration a attiré des artistes de différentes spécialités –relieurs, calligraphes et enlumineurs –, et a fini par gagner d'autres formes artistiques comme le tissage, le travail du métal, l'ébénisterie, l'épigraphie monumentale ou la décoration architecturale. \nLes corans sont le plus souvent de format rectangulaire vertical, mais on en trouve aussi de carrés et horizontaux.","quote":"“La décoration du Coran a attiré relieurs, calligraphes et enlumineurs.”"},"8c88e6e2-52cb-52db-ae22-4a2afe00294d":{"title":"La décoration géométrique dans les textiles","description":"Les textiles aussi font appel à l'écriture comme motif décoratif, notamment l'écriture coufique, pour sa calligraphie rectiligne et anguleuse, aux traits géométriques. Elle occupe généralement la surface des tissus sous forme de bandeaux, mais elle s'adapte également aux divers motifs géométriques ; à l'inverse, les espaces intérieurs des lettres sont meublés de traits géométriques. Les inscriptions sur les tissus indiquent leur provenance, proclament des éloges à Allah et aux souverains ou reproduisent des sourates coraniques et des poèmes.","quote":"“L'écriture occupe la surface des tissus sous forme de bandes.”"},"da37f448-7c1f-5fc6-ac49-a3a689b3f87a":{"title":"Cérémonial et divertissements à la cour","description":"Selon un chercheur, les thèmes récurrents des danseuses, de la chasse et de la musique ne correspondent pas seulement à des activités frivoles, mais reflètent les plaisirs et les divertissements du prince. Ils se déroulent dans le *majlis al-lahu*, lieu réservé aux cérémonies, mais où la représentation de la vie princière — à travers la chasse, les banquets et les divertissements comme la danse et le chant, pratiques communes aux cours sassanides — sert à glorifier le souverain et à valoriser sa grandeur.","quote":"“La vie du prince est représentée associée à la chasse, aux banquets et aux divertissements.”"},"39c2b16b-ece0-532b-b8a3-a71ce6678645":{"title":"Gardiens des sites sacrés","description":"La protection du sultan sur les lieux saints – qui comprenaient des villes comme Jérusalem – se manifestait par des rénovations, des travaux d'entretien, des restaurations et des donations. Bien que le pouvoir politique fût aux mains des Ottomans en Arabie, les décisions sur les lieux saints relevaient en fait des dirigeants locaux. L'autorisation d'intervenir était donc un privilège qui traduisait aussi la souveraineté ottomane sur ces villes.","quote":"“Par leurs interventions sur les lieux saints, les Ottomans affirmaient aussi leur souveraineté sur ces villes.”"},"01a3e026-0ee5-5a3c-ada4-056b1dbede4c":{"title":"L’art mudéjar aristocratique et civil","description":"Cette attirance pour le confort et le luxe des palais musulmans s’est également étendue au reste de l’aristocratie, qui s’en est inspirée pour construire et décorer ses propres résidences conformément à la nouvelle mode, devenue le signe d’un statut social particulier. L’admiration pour le mode de vie a conduit à copier le modèle d’habitation andalouse, à recouvrir les parois de hautes plinthes d’azulejos, à multiplier les plafonds de bois et à orner les stucs de motifs géométriques, végétaux et épigraphiques musulmans typiques, alliés à des blasons nobiliaires et à des devises en lettres gothiques. Le goût pour ce style s’est étendu à d’autres types d’édifices civils, comme les universités.","quote":"Édifices civils mudéjars"},"6df85d25-d81f-566f-8e8a-02540066a550":{"title":"Turquie","description":"Le processus d'évolution induit par l'occidentalisation dépend aussi de la personnalité des sultans de la période, et peut être interprété comme un autre de leurs nombreux backgrounds culturels. Ainsi, le décret des Tanzimat (1839) officialise une reconnaissance de l'organisation administrative et des principes occidentaux, et accepte d'appliquer ces pratiques au système ottoman.","quote":"“... le décret des Tanzimat (1839) officialise une reconnaissance de l'organisation administrative et des principes occidentaux, et accepte d'appliquer ces pratiques au système ottoman.”"},"72236f27-2ff3-5d56-a623-02606a2fa355":{"title":"Flore et arabesques : visions de l’éternité et de l’unité divine"},"ef4d7209-5b0a-59f3-aef9-3982ae097af6":{"title":"L'art hors de la capitale"},"8d71ce09-ebae-530f-ab2a-0c71746f1822":{"title":"Les communautés islamisées avant et après la conquête normande."},"aaf61a39-17ed-561e-8fc6-7e7f983d5ddd":{"title":"Égypte","description":"La dégradation économique, politique et culturelle qui se manifeste à travers les territoires de l'Empire ottoman pendant cette période peut avoir été la cause sous-jacente de cette vogue de l'occidentalisation visant à la réforme et qui consiste à adapter certains traits et éléments d'art islamique en même temps que les influences européennes dominantes dans tous les registres de l'art. Dans les édifices et les palais, les éléments occidentalisés offrent une magnificence et une opulence particulièrement prisées par les sultans et par les rois ottomans, au point que ce style prend le pas sur des éléments islamiques tels que les *mouqarnas* ou les motifs géométriques, végétaux et épigraphiques.","quote":"“Dans les édifices et les palais, les éléments occidentalisés offrent une magnificence et une opulence particulièrement prisées par les sultans et par les rois ottomans...”"},"6f47a9bf-47af-5ba5-80f4-3405332e6bed":{"title":"Le sultan et sa cour","description":"À la tête des institutions mameloukes se trouve le sultan, lui-même un Mamelouk que ses capacités ont fait distinguer pour prendre la tête de ses pairs. Chaque sultan mamelouk, quelles que soient ses ambitions personnelles, ses activités et ses intérêts, doit exercer un certain nombre de responsabilités inhérentes à sa charge. Il est d'abord défenseur suprême de l'islam sunnite (orthodoxe), protecteur des villes et des lieux saints de l'empire et gardien du califat islamique qui, grâce à l'intervention des Mamelouks, a été rétabli au Caire en 659/1261 après la chute de Bagdad prise par les Mongols trois ans plus tôt.","quote":"“Le sultan mamelouk est le protecteur suprême de l'islam, le commandeur en chef, le chef de l'État et le principal mécène des arts.”"},"a558466d-1411-5f51-bb99-70959fe5d70a":{"title":"La décoration géométrique dans les textiles","description":"La décoration des textiles, tissus et tapis privilégie la géométrie en bandeaux plats, le zigzag ou l'encadrement, même si des représentations figuratives, comme des animaux héraldiques, apparaissent très tôt. Schématiques, plutôt informes, on peut cependant y reconnaître les images antiques qui les ont générées. Dans le coloris abondent les bleus, les jaunes et les rouges de diverses nuances. S'y incorporent aussi des fils d'or et d'argent, formant des combinaisons brillamment contrastées. \nPour les tapis, la principale innovation est la stylisation totale des représentations figuratives, au point de les rendre méconnaissables. Souvent, le champ est divisé en médaillons polygonaux.","quote":"“Des représentations figuratives, comme des animaux héraldiques, font leur apparition.”"},"cd32f260-a216-5142-ba1e-9c46b541a116":{"title":"Mosquées et palais","description":"Après l'accession des Fatimides au pouvoir, le calife al-Mahdi fonde la capitale, al-Mahdiyya (Mahdia), en 308/914, selon un plan qui reflète le centralisme du califat chiite, lui-même inspiré de la conception fatimide de l'organisation de la société et qui affectera désormais la physionomie de toutes les cités fatimides. La mosquée, naguère au cœur même de la vie urbaine, laisse place à l'imposant palais haut de plusieurs étages et splendidement décoré du calife, qui est à la fois le chef politique et la principale autorité spirituelle. C'est donc lui qui doit occuper le centre de la ville. Son palais au centre de la *casbah* (citadelle) domine la principale mosquée près des remparts.","quote":"“Les Fatimides adoptent un nouveau plan de ville qui reflète le centralisme du califat chiite.”"},"cca743b1-59ef-5ca4-9e68-aacc9793e3f9":{"title":"La genèse de l'art islamique","description":"Au début du IIe/VIIIe siècle, les Omeyyades édifient dans le désert syrien de luxueux palais richement décorés. Ce sont eux, plus que les palais urbains, qui permettent d'étudier l'art islamique dans sa phase de formation.","quote":"“De luxueux palais décorés de mosaïques de couleur, de fresques, de stucs sculptés et de placages de marbre.”"},"8b555882-9559-52d8-ae93-cfbbd27f9bfe":{"title":"Plaisirs et festivités à la cour"},"74c72f22-8df4-5152-a841-ae72115354c3":{"title":"Égypte","description":"L'intérêt ottoman pour l'art européen, et plus particulièrement pour le baroque et le rococo, commence à se manifester au XVIIe siècle. Les sultans ottomans souhaitent introduire des éléments européens dans les arts décoratifs et dans les arts mineurs, ainsi que dans les édifices architecturaux comme les mosquées et les palais. Le style occidental se fait plus prégnant en Égypte et ailleurs aux XVIIIe et XIXe siècles car les Ottomans font appel à des architectes, des constructeurs et des décorateurs européens, dont les réalisations – édifices et décors confondus – sont splendidement inspirées du baroque et du rococo, et qui privilégient les spirales et les courbes plutôt que les angles droits. Les corniches en projection formées de feuilles d'acanthe remplacent les *mouqarnas* islamiques dans certaines mosquées, palais et *sabil* (fontaines publiques). Les normes du baroque et du rococo ne tardent pas à s'implanter en Égypte, à l'époque province de l'Empire ottoman. L'expédition française en Égypte en 1798-1801contribue encore à la diffusion des influences occidentales, et c'est dans la capitale, Le Caire, qu'elles sont le plus sensibles.","quote":"“Les normes du baroque et du rococo ne tardent pas à s'implanter en Égypte, à l'époque province de l'Empire ottoman.”"},"27a7074c-9378-500f-b1ed-4b1612e2a219":{"title":"Le rôle individuel des plantes et des fleurs","description":"Certaines fleurs, comme la rose, étaient particulièrement appréciées et représentées avec constance dans l'art musulman. Dans les traditions islamiques populaires, la rose était née d'une goutte de sueur que le prophète Muhammad avait perdue lors de son voyage miraculeux au Paradis. Pour certains, elle symbolise également l'unité de Dieu, et ses pétales l'*oumma* ou communauté musulmane. D'autres voient en elle un symbole du Prophète présent dans le cœur des croyants. Ses épines leur rappellent les difficultés qu'ils doivent surmonter dans leur quête de Dieu. Son parfum annonce ceux qui les attendent dans les jardins du Paradis.","quote":"*“Certaines fleurs, comme la rose, étaient particulièrement populaires.”*"},"5ae1c986-c80f-5678-ba60-13ff1b19d638":{"title":"La quête de la baraka – le pèlerinage à Jérusalem et en Palestine","description":"Selon les souhaits du Prophète, la tradition s'installa parmi les pèlerins de visiter Jérusalem après le *hadjdj* afin de collecter des bénédictions (*baraka*) supplémentaires. La ville sainte bénéficia de la générosité de nombreux bienfaiteurs au cours des siècles. Califes, sultans et émirs contribuèrent à la prospérité de la cité et multiplièrent les fondations charitables dans l'espoir de récompenses et de pardons pour leur vie dans l'au-delà.","quote":"*“Au cours des siècles, Jérusalem bénéficia de la générosité de nombreux bienfaiteurs musulmans.”*"},"7d659fcb-96c1-59dd-8424-245eaf39b9cd":{"title":"L’art hispano-maghrébin","description":"Ce sont deux étapes d’un même art qui trouve son fondement dans le rigorisme religieux, originaire du Maghreb et qui, en s’imposant en al-Andalus, a conféré leur unité aux manifestations artistiques des deux côtés du détroit de Gibraltar. D’abord d’une grande austérité, il évolua vers une plus grande sophistication sous l’influence de l’art andalou préexistant.","quote":"Almoravides et Almohades: un art hispano-maghrébin"},"7b34bf1e-80fc-5383-9afd-d561a9cf1a76":{"title":"Monuments","description":"L'architecture omeyyade correspond à la naissance de la première tradition architecturale islamique. Elle adapte des éléments issus de vocabulaires architecturaux antérieurs, comme ceux des Sassanides et de Byzance, aux besoins et aspirations du jeune État islamique. \n \nLes Omeyyades utilisent beaucoup la pierre, puisque ce matériau abonde en Grande Syrie où sont situés la plupart de leurs bâtiments encore debout. La brique est également très présente, souvent en combinaison avec la pierre. La mosaïque est fréquemment utilisée dans le parement des murs et des sols. Le stuc, matériau d'habillage des surfaces, se répand particulièrement à la fin de la période. Quant au bois, il est surtout présent dans les toitures et les coupoles, mais aussi dans la décoration, par exemple dans les portes et lambris. Des éléments romains et byzantins de remploi, comme des fûts et des chapiteaux de colonnes, sont souvent intégrés dans les constructions de la période omeyyade. \n \nLe plan de la mosquée hypostyle, que l'on fait remonter à celui de la maison et de la mosquée du prophète Muhammad à Médine, a servi de modèle pendant la période des “califes bien guidés”. Ce plan typique des mosquées omeyyades continuera à prédominer dans un certain nombre de traditions architecturales islamiques ultérieures. Il se compose habituellement d'une salle à colonnes réparties sur une trame orthogonale et possède une cour adjacente entourée d'une colonnade. Dans certains cas, il intègre une nef centrale conduisant au *mihrab*, rappel de celui des basiliques byzantines. Le minaret (généralement de section carrée), le *mihrab* et le *minbar* font leur première apparition dans l'architecture religieuse de la période. Une coupole de dimensions relativement modestes apparaît également au-dessus de la zone qui précède le *mihrab* . L'arc omeyyade est essentiellement en forme de berceau, même si l'arc brisé, qui prédominera plus tard, fait une apparition limitée. \n \nLes palais omeyyades sont souvent édifiés autour d'une cour centrale. Les plus vastes présentent une succession d'appartements autour de celle-ci, mais parfois aussi disposés autour de cours plus petites. Un certain nombre de complexes palatiaux incluent une mosquée et un hammam. \n \nLes motifs décoratifs végétaux – naturalistes et stylisés – ou géométriques sont courants et exécutés dans divers matériaux dont la mosaïque, le stuc et la pierre. Des représentations de bâtiments et de scènes pastorales sont à noter dans les bâtiments religieux. Les bâtiments civils s'ornent de peintures ou de sculptures de personnages et d'animaux. Plus importante, cependant, est l'introduction dans les programmes décoratifs de la calligraphie sous forme de versets et de dédicaces, qui deviendra bientôt une caractéristique dominante de la quasi-totalité des traditions architecturales islamiques. \n \nDes éléments comme le plan de la mosquée hypostyle indiquent une continuité avec les traditions islamiques pré-omeyyades. Par ailleurs, l'architecture omeyyade témoigne d'influences de modèles byzantins, notamment au début de la période. C'est particulièrement évident dans l'intégration de décors en pierre et en mosaïque et de motifs d'esprit classique. À la fin de la période omeyyade, certains modèles issus des Sassanides d'Iran se répandent de plus en plus, comme l'utilisation de la brique comme matériau constructif ou décoratif, et les éléments décoratifs en stuc."},"84a22b47-284c-5dd3-8bd8-63874c62d17e":{"title":"La cour","description":"Outre l'ostentation de la richesse, la cour se distinguait aussi par un mode de vie élégant et protocolaire, pratiquant notamment l'échange de somptueux cadeaux avec les proches ou les ambassadeurs et dignitaires étrangers. Devenus expression du pouvoir souverain, certains de ces présents furent un formidable instrument de propagande, comme le prouvent les dédicaces et les symboles de l'iconographie qui les décorent. \nLa demande de produits somptuaires de la part de la cour a entraîné la création d'ateliers royaux et, dans les villes, le développement de manufactures de luxe également consacrées au commerce.","quote":"Les boîtes en ivoire, un cadeau d’une valeur exceptionnelle"},"7fdb8cb0-22ea-566f-a81b-259013b7d4a3":{"title":"Habitat et vie domestique"},"0b479143-91f2-528d-88e6-5a5d5ad84169":{"title":"Splendeur de l'habillement : Tiraz et vêtements de l'époque","description":"À la cour du Caire, la garde-robe du calife, ses *tiraz* et autres textiles sont entretenus par un personnel féminin. Des fleurs coupées dans les jardins du palais parfument les vêtements. Une seconde garde-robe est consacrée aux vêtements de la cour. Peu de tenues complètes ou de vêtements en *tiraz* sont parvenus jusqu'à nous, mais des fragments de tissus en lin ou soie ont survécu, souvent brodés de soie dans toute une variété de couleurs. D'autres indications sur l'aspect des *tiraz* et des vêtements de l'époque en général sont fournies par des sculptures sur bois ou ivoire, ou sur des céramiques ; certaines montrent des figures féminines ou masculines attablées, chassant ou jouant de la musique, portant des habits qui comprennent des turbans, des châles et des tuniques ceinturées, souvent ornés de bandeaux de *tiraz*.","quote":"*“Les vêtements entièrement en* tiraz *sont rares, mais des fragments subsistants montrent qu'ils faisaient appel à une grande diversité de couleurs.”*"},"3dacef6f-9661-56d6-bef1-ed4eac1076a0":{"title":"Gestion de l’eau","description":"La maîtrise des techniques d'irrigation a permis aux Arabes d'étendre leur contrôle sur le monde méditerranéen. L'entretien des citernes dans les caravansérails était essentiel pour les voyageurs, les marchands et les pèlerins. Des canaux étaient creusés dans le désert pour irriguer les terres. Des systèmes mécaniques furent édifiés le long des rivières et des puits furent mis en exploitation pour distribuer l'eau à distance.","quote":"“L'entretien des citernes dans les caravansérails était essentiel pour les voyageurs, les marchands et les pèlerins.”"},"500b667f-8d91-5d1a-9be3-3d41d2538920":{"title":"La civilisation du mot","description":"Parce que la puissance du verbe, qu'il soit prononcé ou transcrit, est respectée dans la culture islamique, la récitation et l'écriture ont toujours suscité un grand intérêt dans les sociétés islamiques arabophones ou non. D'où une valorisation particulière de la calligraphie – littéralement la “belle écriture” – et l'application de cet art à une grande diversité de matériaux pour des usages aussi bien religieux que séculiers. La calligraphie est ainsi présente sur des œuvres architecturales, des livres, des pièces de monnaie, des objets en métal, en bois, en ivoire, en pierre et en verre, des documents officiels, des textiles *tiraz*, des céramiques, pratiquement sur tous les types de supports imaginables.","quote":"“La calligraphie est présente sur pratiquement tous les types de supports imaginables.”"},"647c6643-4c92-5053-a855-7bc6c0f2444a":{"title":"Calligraphie arabe","description":"“Dieu dit au Prophète : Lis, car ton Seigneur est le plus généreux. Il t'a appris l'usage de la plume ; Il a appris à l'homme ce que l'homme ne savait pas” (Coran, XCVI, 2-5).","extra":{"credits":"Curators & authors \nMohammad ABBAS, Cairo \nNoorah AL-GAILANI, Glasgow \nDina BAKKOUR, Damascus \nJamila BINOUS, Tunis \nAicha BENABET, Tunis \nElsayed HAMAD, Cairo \nTaha KHECHINE, Kairouan \nMourad RAMMAH, Kairouan \nSalah SAYAOUR, Cairo \nTarek TORKY, Cairo \n \nCoordination \nSaloua ZANGAR, Tunis \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Si le mot, dit ou écrit, occupe une place centrale dans la civilisation islamique, la calligraphie arabe est au cœur de l'art islamique. L'islam a commencé par la révélation des paroles de Dieu au prophète Muhammad (571-632), paroles qui constituent le Coran, le Livre saint. Dès le début, le Prophète et ses disciples encouragèrent la communauté musulmane à maîtriser la lecture et l'écriture. Le calife Omar ibn al-Khattab, le deuxième calife après la mort du Prophète en l'an 11 de l'Hégire / 632 J.-C., avait coutume de dire : “La meilleure écriture est la plus claire, et l'écriture claire est la meilleure”, tandis que pour l'imam Ali, le quatrième calife : “Une bonne écriture renforce la clarté de la vérité.” Ce souci de perfection scripturale encouragea la recherche de l'excellence dans le domaine calligraphique. \nAprès la mort du prophète Muhammad, les premiers califes s'efforcèrent de réunir et de préserver les révélations coraniques dans un livre qui soit à même d'en fournir une version définitive. Des scribes furent employés à cet effet et, avec l'expansion territoriale de l'islam au-delà de l'Arabie, il devint essentiel de pouvoir disposer partout de copies définitives et agréées du Coran. La précision du texte était essentielle. Une grande attention était portée à la qualité de production de ces recueils pour en assurer la longévité. L'introduction ultérieure des techniques de fabrication du papier au Moyen-Orient conduisit au développement de la réalisation de manuscrits dans l'ensemble du monde islamique. \nL'arabisation des systèmes politiques et administratifs de l'empire islamique sous le règne du calife omeyyade Abd al-Malik Ibn Marwan (r. 65-86/685-707) exerça une forte influence sur le développement de la calligraphie. En dehors de l'univers arabophone, plusieurs régions et peuples islamiques commencèrent à utiliser l'alphabet arabe pour écrire leur propre langue. Le perse, le turc et plus tard l'ourdou adaptèrent les styles calligraphiques arabes à leurs besoins et à leurs goûts artistiques.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/arabic_calligraphy/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/19/portal_image/1.jpg","display_order":11}}},"94a60eaa-c709-51fa-b5cd-f7f16a0f40a8":{"title":"Tunisie"},"4bc22fb3-22f6-5931-bd3d-965aeb5ee21f":{"title":"L’Égypte abbasside","description":"Préoccupés par des révoltes dans le sud de l'Irak et plus à l'est, les Abbassides s'intéressent moins à la situation égyptienne et Ibn Touloun prend de plus en plus d'autonomie, frappant sa propre monnaie et étendant son territoire jusqu'à absorber la Syrie et la Palestine. Lorsque les Abbassides essayent de reprendre le contrôle, il interdit la prière abbasside du Vendredi au calife et supprime le nom du souverain des tissus *tiraz*. Néanmoins, cette période d'indépendance apporte à l'Égypte une certaine stabilité et prospérité. De nombreux poètes, savants et artisans gravitent autour de Fustat. Après la mort d'Ibn Touloun (270/884), son fils, ses deux petits-fils et son frère lui succèdent avant que les Abbassides ne soient en mesure de rétablir leur pouvoir sur l'Égypte en 292/905.","quote":"“Cette période d'indépendance de la région apporte à l'Égypte une certaine stabilité et prospérité.”"},"e5a16576-99a6-59e3-b60e-463525d95dd9":{"title":"La quête de la baraka – le pèlerinage à Jérusalem et en Palestine"},"4a887d81-bba5-56d2-aa88-42a28d04c83a":{"title":"Écoles de calligraphie","description":"La calligraphie arabe s'applique à une grande diversité de supports, dont le parchemin et le papier. Les calligraphes préparaient leur encre et coupaient eux-mêmes leurs calames en roseau. Les inscriptions avaient trait à de nombreux sujets. Bien que cet art soit une profession, de nombreux particuliers le pratiquaient, quelle que fût leur origine sociale. Dans les sociétés islamiques, les œuvres calligraphiques de maîtres célèbres étaient collectionnées et conservées à titre de trésors culturels.","quote":"“Les calligraphes préparaient leur encre et coupaient eux-mêmes leurs calames en roseau.”"},"47d7f8f6-10ef-57a4-b7b8-cfe315a78fb3":{"title":"Saladin en Terre sainte","description":"Les régions occidentales du Levant, qui jouent un rôle clé durant la période des Croisés, sont parsemées de châteaux, dont ceux de Karak et de Shawbak sont d'intéressants exemples. Ils passent à plusieurs reprises de main en main entre les Croisés et les musulmans. À la suite de la bataille qu'elles remportent à Hattin, les troupes de Saladin s'emparent d'un certain nombre de citadelles franques dont les deux mentionnées ci-dessus. Les successeurs ayyoubides de Saladin les agrandissent, de même que les Mamelouks, au cours des VIIe-VIIIe/XIIIe-XIVe siècles. Des équipes de constructeurs aussi bien francs que musulmans participent à ces travaux de fortifications, ce qui rend leur attribution difficile. Il est cependant clair que les Francs apportent au Levant de nouvelles technologies militaires et qu'en retour, ils apprennent certaines techniques islamiques.","quote":"*“Ces châteaux passent à plusieurs reprises de main en main entre les Croisés et les musulmans.”*"},"1964c1f9-3ac7-51b6-9255-f573134a4db0":{"title":"Objets","description":"Les Mamelouks s'appuient sur les réalisations techniques et stylistiques de leurs prédécesseurs ayyoubides pour développer leur propre style, spécifique et identifiable comme tel. Le style mamelouk accorde une grande importance aux motifs géométriques et aux grandes inscriptions calligraphiques. Le premier de ces aspects s'observe par exemple dans le mobilier réalisé pour les nombreuses fondations religieuses commanditées par les très orthodoxes Mamelouks. La décoration géométrique est également un trait spécifique de l'ornementation des manuscrits coraniques. La belle calligraphie est également un élément apprécié dans cet art. Elle apparaît non seulement sur les manuscrits , mais aussi comme ornement principal d'objets réalisés dans toutes sortes de matériaux. L'art du métal mamelouk se distingue notamment par l'importance des inscriptions qui animent toutes sortes d'objets, y compris des chandeliers , des bassins , et des ustensiles plus personnels comme des aspersoirs à parfums. Les inscriptions reprennent généralement des formules de louanges au sultan ou au commanditaire (souvent anonyme). \n \nEn dehors du travail du métal, l'un des domaines les plus marquants de l'art mamelouk est la verrerie émaillée. Une forme particulièrement célèbre pendant cette période est la lampe à panse importante et ouverture évasée , souvent appelée “lampe de mosquée” bien qu'elle ait été utilisée dans d'autres contextes. Les lampes de mosquée, comme d'autres formes d'art mamelouk, comportent fréquemment le blason de leur commanditaire, symbole du rang d'un officier mamelouk : ainsi l'échanson du sultan utilise-t-il une coupe pour blason , tandis que le dignitaire chargé des armes utilisera une épée."},"f8ba8b16-3482-51fa-a0f4-ba6003540b9d":{"title":"Page 251","description":"Une fois rompu le lien avec le califat oriental, la concentration du pouvoir politique et religieux entre les mains des nouveaux souverains les incita à rivaliser avec leurs homologues orientaux par la construction de luxueux ensembles palatins. Presque tous les souverains usèrent de cette attribution exclusive et bâtirent des espaces pour le siège du pouvoir, pour eux-mêmes ou pour leurs gouverneurs. \nLes ensembles palatins étaient généralement érigés à l'extérieur de la ville, sous forme de splendides “villes palatines” entourées de murailles, ou dans la ville elle-même, dans sa partie la plus haute, mais avec une muraille de séparation. Ces “casbahs palatiales” servaient à dominer la population urbaine et à défendre les organes vitaux du pouvoir.","quote":"**L'ensemble palatin, une enceinte fortifiée**"},"3ef8c668-699a-5cd8-80dc-b34b51eb0c56":{"title":"Raqqa : la capitale syrienne du calife Haroun al-Rachid","description":"Les cités-jumelles de Raqqa et Rafiqa s'étendent sur les rives de l'Euphrate, étape sur la route stratégique de la poste et du pèlerinage entre l'est et l'ouest de l'empire abbasside. Bien que l'histoire de Raqqa remonte aux temps préhistoriques, elle acquiert son importance au début de la période abbasside lorsqu'en 154/771 le calife Abou Djafar al-Mansour (r. 136-158/754-775) la traverse et s'éprend de son site et de son air vivifiant. Il décide d'y édifier une ville-palais fortifiée qu'il nomme Rafiqa. Dès lors, Rafiqa (Raqqa) sert de lieu de villégiature privilégié pour la cour abbasside de Bagdad ainsi que de refuge pendant les périodes d'instabilité politique.","quote":"“ Rafiqa (Raqqa) devient le lieu de villégiature privilégié de la cour abbasside de Bagdad.”"},"d3c09fd8-614a-5317-a73b-07bb96f5d57c":{"title":"Saladin en Terre sainte"},"38f5d49f-e4cd-5dbc-9056-b930d8d46019":{"title":"Itinéraire d'une chaire islamique","description":"Le *minbar* fut installé dans le prestigieux cadre de la mosquée al-Ibrahimi (d'Abraham) à Hébron, où reposaient déjà plusieurs prophètes bibliques dont Abraham, Isaac et Jacob. Par ce lien avec Abraham, la mosquée est également un lieu sacré pour les musulmans puisque, selon la foi islamique, Abraham est le père de tous les prophètes dont Muhammad suivit les pas.","quote":"*“Le minbar arriva enfin dans son prestigieux nouveau cadre, celui de la mosquée al-Ibrahimi à Hébron. ”*"},"5d8d84b8-9df4-5581-af50-feecdace83f5":{"title":"Les communautés islamisées avant et après la conquête normande","description":"La période arabe en Sicile se prolonge longtemps, en ce qui concerne la persistance de certains usages (dans la culture de l’habitat et des relations sociales) et l’utilisation de lieux liés aux habitudes et aux rituels de l’époque où l’île était sous domination islamique. L’existence, surtout dans de petits centres, de lambeaux de tissu urbain dont la morphologie (compte tenu du changement de configuration du patrimoine architectural) s’apparente à celle des villes du Maghreb atteste l’apport de la présence islamique dans l’île en matière d’urbanisme.","quote":"La période arabe, en Sicile, se prolonge longtemps en ce qui concerne la persistance de certains usages et la réutilisation de certains lieux à l’époque normande."},"9da4357e-97c6-5bd4-aadd-f2077c7eccf0":{"title":"Commerce et voyages","description":"Sous le gouvernement atabeg et ayyoubide, des villes de Syrie et du Djazira deviennent d'importants centres politiques, économiques et culturels. Soldats, érudits, commerçants et artisans, tous sont attirés vers cette région qui devient un centre d'échange pour les Arabes, les Perses, les Turcs et les Kurdes, créant une société multiethnique et multilingue.","quote":"“Soldats, érudits, commerçants et artisans, tous sont attirés vers cette région.”"},"343819d8-e720-529d-a3f2-a9d6277501c0":{"title":"Représentation animale","description":"Les représentations animales sont présentes sur tous les supports : mosaïques, peinture, sculpture, architecture. Les motifs animaliers apparaissent sur un large éventail de matériaux, mais plus particulièrement sur la pierre, la poterie, le métal,le bois et l'ivoire. On trouve aussi bien des animaux domestiques que sauvages : taureaux, chevaux, chameaux au trot, gazelles, onagres, cerfs, colombes, aigles, cigognes, serpents, lapins, singes, chats et lions… Les animaux mythiques comme les harpies, les licornes, les pégases et griffons sont issus de thèmes traditionnels gréco-romains.","quote":"“Les animaux mythiques comme les harpies, les licornes, les pégases et griffons sont issus de thèmes traditionnels gréco-romains.”"},"dfd16be7-b25b-5454-8dba-80cf0cda47b8":{"title":"Gestion de l’eau","description":"Pour lutter contre l'aridité naturelle de la région, il était crucial de pouvoir canaliser les sources naturelles et de collecter l'eau de pluie. C'était particulièrement important pour les *khan*, les caravansérails et les *wikala* qui s'égrenaient le long des routes de pèlerinage. Le gouverneur musulman avait pour devoir d'assurer un approvisionnement en eau ainsi que la sécurité des voies conduisant aux lieux saints.","quote":"“Il était crucial de trouver des moyens de canaliser les sources naturelles et de collecter l'eau de pluie.”"},"94130d65-0910-5b0b-a913-78dfa23191b4":{"title":"La Terre sainte des trois religions"},"61bd4ed5-85c4-5ab9-88e8-0e600ef3d9cd":{"title":"Métiers mudéjars","description":"La population mudéjare intégrée à la société chrétienne a apporté à cette dernière ses connaissances techniques, dont la plupart étaient transmises depuis l’Antiquité. L’importance des métiers exercés par les mudéjars fit de ceux-ci un facteur important du développement économique des nouveaux royaumes péninsulaires, et leur influence s’est fait sentir également dans la régulation des métiers et des confréries qui datent de cette période. Les mudéjars se sont illustrés dans les métiers liés à la construction, notamment dans la maçonnerie et le travail du plâtre. Les maçons assuraient le gros-œuvre de brique jusqu’aux fondations et avant le revêtement et l’enduit des murs, dont se chargeaient les plâtriers. Ils furent aussi d’habiles charpentiers, métallurgistes, potiers et tisserands.","quote":"Les artisans mudéjars furent très appréciés pour leurs talents dans de très nombreux métiers."},"79e2b8e9-7cfa-5332-82b0-542b14234df5":{"title":"Cérémonial et divertissements à la cour"},"eddac8a0-9c6b-5866-bceb-4f157fa5a04a":{"title":"Guerre et cavalerie"},"81a769fe-d87f-5009-a3e9-568e47eae420":{"title":"Mosquées et palais"},"e26df9ee-c3ec-50ad-8f99-5e7f98714dba":{"title":"La capitale ottomane: Istanbul","description":"Le sultan Mehmed II qui doit son titre de “Conquérant” (*Fatih)* à la prise de Konstantinopolis joua un rôle important dans le développement de la cité. Il lança de grands travaux, favorisa la croissance démographique et encouragea le commerce. Le palais de Topkapı, les bazars (*han*) et le système d'adduction d'eau furent agrandis par ses successeurs. Les Ottomans couronnèrent la “cité aux sept collines” de complexes architecturaux et ornèrent les rues de fontaines. De nombreux bâtiments commerciaux, municipaux et militaires furent construits pour répondre aux besoins d'une population croissante.","quote":"*“Les Ottomans couronnèrent la 'cité aux sept collines' de complexes architecturaux et agrémentèrent les rues de fontaines.”*"},"3a33eeec-8d4a-5425-b4d3-875f171e5011":{"title":"Les utilisations de l’eau : boisson et ablutions","description":"L'eau était bouillie pour la préparation des aliments ou d'autres usages dans de grands chaudrons tripodes en métal ou dans de petits récipients à pied, également en métal. Le ragoût ou la soupe préparés dans un chaudron étaient transférés pour le service dans des coupes en métal ou en terre cuite vernie. L'eau de boisson était consommée dans des gobelets en verre à décor gravé, moulé, émaillé ou doré. Des jarres en poterie non vernie munies d'un filtre ajouré fixé sur le col permettaient de disposer d'une eau fraîche et propre ; le matériau poreux filtrait l'eau et permettait une circulation de l'air assurant sa fraîcheur.","quote":"“Des jarres en poterie non vernie munies d'un filtre ajouré fixé sur le col permettaient de disposer d'une eau fraîche et propre.”"},"25920ee3-8f72-5764-8504-8c11dfeff2db":{"title":"Le Saint Coran","description":"La mise en page du coran s'accompagne d'un système de marquage qui indique les titres des sourates et le numéro des versets. Si, dans les copies les plus élaborées, ces marques sont dessinées avec raffinement, elles sont dénuées d'ornements dans les versions plus simples et moins coûteuses. La dorure et d'autres types de pigments étaient généreusement utilisés dans les pages de titre, les titres de sourates et les marqueurs de versets. Les manuscrits coraniques étaient copiés dans toutes sortes de styles calligraphiques arabes dont le coufique, le *naskhi* et le *thoulouth*. Les corans en plusieurs volumes étaient divisés en deux, quatre ou trente parties, selon une convention établie. Elles étaient reliées dans de somptueuses couvertures et conservées dans de superbes coffrets ou petits meubles. Des lutrins spécialement fabriqués permettaient de maintenir le livre en position ouverte lors de la récitation ou pour son exposition.","quote":"“Les corans en plusieurs volumes étaient divisés en deux, quatre ou trente parties, selon une convention établie.”"},"bc7fb8be-cdce-5445-b548-ff8fbfd12324":{"title":"Science et savoir","description":"L'Occident musulman a profondément encouragé la recherche et la connaissance des sciences théoriques et appliquées. Parmi ces dernières, la médecine, la chirurgie, la pharmacopée et l'art vétérinaire furent particulièrement en pointe à l'époque du califat de Cordoue, avec notamment les figures éminentes d'Aboulcassis ou de Ibn Baytar, auteurs de deux encyclopédies.","quote":"Sciences appliquées"},"aa67e1af-35cc-5e7a-99e2-d1870c0b4ca7":{"title":"Deux sultans mamelouks face aux Francs","description":"Malgré les succès de plus en plus nombreux de la dynastie ayyoubide (564-658/1169-1260) contre les Francs, elle ne réussit pas à les chasser entièrement. Un demi-siècle de combats sera nécessaire pour que les Mamelouks d'Égypte réussissent à expulser les Croisés de la Terre sainte et de la côte syrienne.","quote":"“Ce sont les Mamelouks d'Égypte qui réussissent, enfin, à chasser les Francs de Terre sainte.”"},"00b6ace6-eff0-5009-bd24-4fff9d4b4807":{"title":"Objets","description":"L'art ottoman se caractérise par le fort accent mis sur les motifs floraux qui remplacent presque complètement la vénérable tradition islamique des jeux géométriques. Ce changement se constate particulièrement dans l'activité artistique probablement la plus réputée de l'art ottoman, la céramique. À partir d'une palette restreinte de bleus et de blancs et de motifs inspirés de l'art chinois, les potiers de la ville d'Iznik développent leur propre esthétique florale dont les éléments (essentiellement tulipes, roses, hyacinthes et œillets) se répartissent naturellement sur la surface de l'objet. Dans la manière typiquement islamique, cette esthétique s'applique à tous les supports. Elle est particulièrement dominante dans les textiles par exemple, aussi bien sur des caftans de soie destinés aux princes que dans les broderies d'usage quotidien. \n \nUne grande partie de l'art ottoman trouve son origine à la cour. Des objets de grand luxe sont fabriqués pour conférer un air de luxe suprême à l'existence des habitants du palais, depuis les dignitaires du palais jusqu'au sultan lui-même. Les ateliers impériaux s'intéressent aussi à l'art du livre, réalisant des corans et des manuscrits illustrés qui portent aussi bien sur des sujets séculiers que religieux ; La calligraphie jouit d'un prestige particulièrement élevé. \n \nL'art ottoman ne se limite cependant ni à la production pour la cour ni à Istanbul. Damas est un important centre de production de céramiques qui utilise une palette assez différente de celle d'Iznik. De même, la ville anatolienne de Kütahya crée sa propre tradition de céramique après le déclin de celle d'Iznik. Loin de la capitale impériale, des vocabulaires locaux apparaissent dans les provinces ottomanes."},"b1e5cc51-1bae-53e9-9ca7-b41d062600ac":{"title":"L'art turco-islamique de l'Anatolie pré-ottomane","description":"La décoration architecturale seldjoukide utilise principalement les carreaux de céramique, la pierre, le bois et le plâtre. L'influence de l'islam explique la préférence pour les motifs floraux et géométriques et les inscriptions dans le décor des édifices religieux, mais on recourt également beaucoup à la figure animée, notamment dans les palais. Ce monde de créatures humaines, animales, talismaniques ou mythologiques est le fruit d'une bonne observation et d'une imagination fertile. Sa présence remet en cause la croyance selon laquelle la représentation de figures était interdite dans l'art islamique.","quote":"“Ce monde de créatures humaines, animales, talismaniques ou mythologiques est le fruit d'une bonne observation et d'une imagination fertile.”"},"906067fa-11f7-54b0-a094-74a0bbde97ff":{"title":"Le Caire, Damas et Jérusalem, centres de la vie intellectuelle mamelouke","description":"Siège du califat, c'est au Caire que culminent les efforts en faveur de l'enseignement et de la vie intellectuelle islamiques. Ses institutions religieuses, comme l'université al-Azhar et le complexe du sultan Hassan, reçoivent de généreux *waqf* du sultan et de ses hauts dignitaires pour contribuer à la fois aux études sunnites et à celle des sciences, en particulier de la médecine. Ainsi le *bimaristan* (hôpital) modèle du sultan Qalawun au Caire, édifié en 683/1284, dispense des enseignements dans divers domaines comme la chirurgie et l'ophtalmologie, tout en disposant de 100 lits pour les malades, d'une bibliothèque générale et d'une pharmacie.","quote":"*“Le* bimaristan *du sultan Qalawun dispense des enseignements dans divers domaines comme la chirurgie et l'ophtalmologie.”*"},"ecdac084-8c2d-5ed0-b7b0-f96e5e40a7a1":{"title":"Espaces du pouvoir : les constructions palatiales","description":"Dans l'atelier de frappe du palais, ou dans les ateliers de frappe des villes qui détenaient ce privilège royal, on frappait la monnaie qui conférait au souverain le contrôle de la production de l'argent nécessaire à la paye régulière de l'armée et des fonctionnaires qui garantissaient le fonctionnement de l'État. \nLa monnaie était l'un des symboles les plus évidents du pouvoir du souverain, parce que la qualité et la pureté du métal noble étaient un signe de la force économique et politique de l'autorité royale.","quote":"**L'atelier de frappe de monnaie, contrôle économique et symbole du pouvoir**"},"ab61d1b6-fc37-59e8-a3b2-262f917d2f6e":{"title":"Coexistence des trois cultures","description":"De la Tunisie à l'Algarve portugais, nombreuses sont les preuves de la présence chrétienne en terres musulmanes. Favorisée par l'activité commerciale, cette coexistence était plus manifeste dans les villes que dans la campagne. Parfois, les communautés chrétiennes jouissaient d'un certain pouvoir, et d'une capacité économique suffisante pour financer des œuvres artistiques sophistiquées. \nLes communautés juives présentes en Occident musulman avant l'arrivée de l'islam ont cohabité avec les musulmans sous les différentes dynasties dans des quartiers qui leur étaient propres, s'adonnant à des métiers administratifs ou artisanaux et participant à la vie sociale et économique.","quote":"Chrétiens et juifs en terres musulmanes"},"502462bc-e227-5ed9-b9ed-e3c4625d085e":{"title":"Les arts décoratifs","description":"La période fatimide voit les arts mineurs atteindre de nouveaux sommets tant en termes de qualité que de volume de production. Des artisans talentueux réalisent des objets sophistiqués sur de multiples supports pour répondre aux attentes d'une clientèle variée, issue aussi bien de la cour que de la ville. \nLes objets les plus raffinés sont réservés à la cour. Princes et courtisans se disputent la possession de récipients sculptés dans un cristal de roche importé et particulièrement onéreux. Le verre est également très apprécié et le mécénat fatimide permet à l'industrie verrière de Fustat d'accéder à des standards de haute qualité dans le soufflage, le moulage, la taille et l'estampage.","quote":"“La période fatimide voit les arts mineurs atteindre de nouveaux sommets tant en termes de qualité que de volume de production.”"},"7200b864-706c-5b6f-b1a4-7bcfad4e72c5":{"title":"La calligraphie monumentale","description":"En architecture, les inscriptions calligraphiques jouent deux rôles principaux : dans un contexte religieux, elles affirment l'autorité de l'islam et dans celui de la politique, elles contribuent à l'instauration d'un État nouveau selon l'éthique religieuse. À partir du IIIe/IXe siècle, ces inscriptions se répandent dans le monde islamique où elles parachèvent et expliquent la fondation des bâtiments. Des versets coraniques, des prières et des louanges à Dieu ainsi que les dates de construction et l'indication du nom du mécène apparaissent sur les mosquées et autres établissements religieux à destination de la postérité, et peut-être pour des raisons pieuses ou politiques. Sur les bâtiments civils, la date de la construction et d'autres informations sur l'architecte et les artisans ayant participé au chantier peuvent également être présentes, mais les inscriptions qui évoquent un calife, un souverain ou un riche bienfaiteur prennent une importance particulière car elles ont aussi pour but de souligner le pouvoir et la bienveillance du mécène. Toute une variété de styles calligraphiques se développe pour des raisons parfois purement esthétiques. La lisibilité de ces inscriptions reste cependant un critère aussi important que leur beauté.","quote":"“Toute une variété de styles calligraphiques se développe aussi pour des raisons purement esthétiques.”"},"00a9f1ac-ad56-56fb-b46c-95f05a196c8c":{"title":"L’art mudéjar populaire et religieux"},"8b2c362e-437e-54a1-8dd6-250b89aa0eb5":{"title":"Explore Islamic Art Collections"},"e89dae11-6238-53a2-838c-8433b2388478":{"title":"La céramique mudéjare"},"f78b948c-3d4a-57bd-8aa5-5da02d955c9a":{"title":"Les arts décoratifs","description":"La sculpture sur bois de l'époque fatimide se caractérise par une technique d'entrelacs en haut relief et des scènes animées, souvent figuratives, exécutées à partir de divers bois locaux ou importés. Les panneaux peuvent être peints, vernis et traités pour les ignifuger. Des portes en bois sont plaquées de feuilles de cuivre décorées. L'ivoire et d'autres types d'os sont également sculptés ou utilisés en incrustations ou marqueterie sur divers supports. \n \nLa richesse de la période fatimide s'illustre également dans ses monnaies. Les dinars en or, les dirhams en argent et les *fils* en cuivre sont échangés à grande échelle. L'exactitude de leur poids est contrôlée à l'aide de poids en verre marqués de la valeur de la pièce et du nom du souverain.","quote":"*“La richesse de la période fatimide s'illustre également dans ses monnaies.”*"},"07659934-a88a-585a-8ef8-22be0a77afbe":{"title":"Syrie","description":"Les influences occidentales marquent aussi l'apparence physique de la ville. Les villes islamiques ont toujours distingué espace privé et espace public, l'espace privé étant réservé à la résidence et l'espace public au travail – le souk – ou à la prière – la mosquée. Mais désormais, les résidences ont des fenêtres plus grandes, même sur les murs extérieurs, et parfois une terrasse, comme à Mashfa al-Ghuraba. L'option de la place publique, créée pour afficher les emblèmes de l'État, comme en Europe, est évident place Marjeh, située à l'extérieur des vieux remparts de Damas, et qui est devenu le centre de la ville moderne, marqué par une grande colonne centrale. La gare de chemin de fer du Hedjaz est aujourd'hui l'un des plus beaux bâtiments de Damas. Elle fut financée par un riche Damascène, et dessinée par un architecte espagnol qui appréciait l'art andalou. Ce sont sans doute des ouvriers allemands, qui à l'origine avaient apporté le chemin de fer aux Ottomans au titre de leur alliance politique, qui construisirent le système ferroviaire.","quote":"“Les influences occidentales marquent aussi l'apparence physique de la ville.”"},"1ec4779d-2e05-51bf-b099-64943deec02c":{"title":"L’écriture coufique","description":"Les calligraphes entreprirent d'embellir les caractères coufiques d'ornements qui constituèrent peu à peu une véritable gamme de motifs. Avec le temps, cette ornementation devint de plus en plus sophistiquée et, au début du IVe/Xe siècle, les caractères coufiques étaient parés de feuillages et de tiges qui s'en échappaient pour créer un savant réseau végétal. Ce style fut appelé “coufique fleuri”.","quote":"“Les caractères coufiques étaient ornés de tiges et de feuilles créant un savant réseau végétal.”"},"ce66627b-ff4a-54f2-8878-1023a2f1743f":{"title":"La genèse de l'art islamique","description":"On ne peut vraiment parler au cours de cette période de genèse d'un art islamique en soi puisque ce qui est pratiqué juxtapose et combine des styles et motifs décoratifs inspirés de traditions artistiques diverses qui, cependant, aboutissent à des résultats surprenants et donnent naissance à une spécificité. L'art éclectique de cette époque est différent de celui qui va se développer au cours des siècles suivants. Il lui manque la prédilection pour les dessins abstraits et la répétitivité, deux traits caractéristiques de l'art islamique à venir. Cette première phase peut être considérée comme une continuation de l'art classique antique des IVe-VIe siècle J.-C.","quote":"“La juxtaposition et la combinaison de divers styles et motifs décoratifs inspirés de traditions artistiques diverses.”"},"32488c74-a58c-5fa9-b361-a3daf955e17a":{"title":"La genèse de l'art islamique","description":"Remarquablement rapide, la conquête arabo-musulmane abolit les barrières politiques entre l'Iran et la Mésopotamie d'une part, et le monde méditerranéen d'autre part. Deux civilisations différentes peuvent ainsi mêler leurs ressources. L'établissement de la dynastie omeyyade en Syrie, province profondément hellénisée au cours du millénaire précédent, entraîne cependant une prédominance des influences artistiques classiques ou, plus précisément, d'un style classique transformé sous l'influence d'une tradition provinciale orientalisée.","quote":"“Deux civilisations différentes trouvent ainsi l'opportunité de mêler leurs ressources.”"},"b47b44b8-f4c5-57ff-b813-46c5b0f3fb22":{"title":"La mosquée, espace de prière","description":"La cour qui précède la salle de prière est un espace découvert et entouré de portiques auquel on accède depuis la rue. C'est là que le croyant se prépare à la prière en se purifiant le corps au moyen des ablutions rituelles, tout comme, plus tard, il se purifiera l'âme au moyen de la prière. C'est aussi, comme la salle de prière, un lieu de rencontre de la communauté.","quote":"La cour"},"607ac3c1-0180-5845-a8cc-ed6170965418":{"title":"Commerce et voyages","description":"C'est par les marchands et les voyageurs que se pratique la diffusion des idées artistiques et des produits, facilitant ainsi, d'un centre urbain à un autre, la transmission des motifs ornementaux et des techniques de travail du métal, de la céramique, du verre et des textiles. Le lustre est adopté en Syrie au VIe/XIIe siècle, probablement apporté par des potiers émigrés de l'Égypte fatimide, bien qu'en fait la technique soit issue d'Irak (IIIe/IXe siècle). De même, les artisans perses du Khorassan, fuyant les invasions mongoles du VIIe/XIIIe siècle, apportent à Mossoul, dans le nord de l'Irak, leur expertise de l'incrustation du métal. Les routes commerciales facilitent également la diffusion des motifs, des techniques et des styles d'origine chinoise.","quote":"“Marchands et voyageurs transportent avec eux des modèles artistiques et des produits.”"},"ca0dc59b-60b3-560e-8e70-93208a08246a":{"title":"Les bijoux : richesse, prestige et protection","description":"Dans l'Occident islamique médiéval, le fiancé avait l'habitude d'offrir à la future épouse un cadeau nuptial consistant en bijoux, vêtements et cosmétiques pour qu'elle puisse se préparer conformément aux exigences des célébrations du mariage, qui duraient plusieurs jours. Le père de la mariée lui prêtait aussi des bijoux, qui devaient lui être rendus après la noce, pour qu'elle soit dignement parée lorsqu'elle apparaîtrait en public. \nLa noce commençait par la visite des femmes de la famille à la fiancée qui, spécialement peignée et vêtue pour l'occasion, et aussi parée de bijoux que le permettait la position économique du fiancé et de la famille, recevait les félicitations, aussi impassible qu'une statue sur le trône ou le siège d'honneur.","quote":"Présent nuptial"},"aaa18cdd-a5f0-52cf-9e64-9676401e300e":{"title":"Madrasa et éducation","description":"Les hôpitaux (*bimaristan*) sont d'importants centres d'enseignement scientifique. Venu d'Andalousie, le voyageur Ibn Jubayr est très impressionné par le *bimaristan* Nour al-Din qui vient d'être construit et note qu'il est à la fois un centre de soins et une école médicale équipée d'une riche bibliothèque. Il décrit également le “tic-tac de l'horloge à eau” vue à la mosquée omeyyade. Abou al-Fadl Muhammad bin 'Abd al-Karim al-Harithi, connu sous le nom d'al-Muhandis ou “le Géomètre”, homme aux multiples talents et centres d'intérêt, est médecin-résident à l'hôpital. Il dessine le décor de bois sculpté de la porte du *bimaristan* et répare l'horloge de la mosquée omeyyade.","quote":"“Le bimaristan Nour al-Din était à la fois un centre de soins et une école médicale équipé d'une riche bibliothèque.”"},"75215c23-1bf5-590c-8e80-8ff32da4e273":{"title":"Guerre et cavalerie","description":"Le cheval est le moyen de transport essentiel pendant cette période, mais il est tout aussi indispensable sur le champ de bataille. La plupart des chevaux des armées viennent d'Asie centrale, amenés par des guerriers turcs dont les talents de cavaliers jouèrent un rôle essentiel dans les succès des armées de Nour al-Din et de Saladin. Une célèbre technique de combat des Turcs consiste à charger l'ennemi et à se détourner au dernier moment en tirant leurs flèches. Cette tactique, appuyée sur leur rapidité et leur comportement équestre, leur assurera un énorme avantage contre les Croisés.","quote":"“La plupart des chevaux prisés par les armées viennent d'Asie centrale, amenés par des guerriers turcs.”"},"d0420e12-6207-5772-b8f0-9c22f7f604c4":{"title":"L’ouverture sur le monde : contacts diplomatiques et commerce international","description":"Les artisans reçoivent directement les multiples influences venues d'Orient et d'Occident. L'évolution la plus remarquable concerne la production de corans. La collaboration entre les calligraphes, les enlumineurs et les relieurs conduit à la réalisation de remarquables manuscrits dignes des aspirations religieuses du sultanat mamelouk. De spectaculaires objets en métal, souvent incrusté, sont destinés au marché aussi bien domestique que d'exportation, certains articles étant spécialement commandés pour des clients privés étrangers.","quote":"“Les artisans reçoivent directement les multiples influences venues de l'Orient et de l'Occident.”"},"1935df49-d16b-562f-8737-07f9354ede4c":{"title":"Le palais et les arts"},"9bff6ece-d3d2-5f2a-b7cc-fb1f33c3e113":{"title":"Mécénat officiel"},"968db63b-b20a-5f2d-94c5-02edf7fd6fea":{"title":"La culture de la table"},"5739384e-e163-5d92-a390-a28d4233a917":{"title":"Le Haram de La Mecque et la Kaaba","description":"La Kaaba est la *qibla* (direction de la prière) de l'islam. Elle représente également le cœur du *hadjdj* et, selon le rituel, chaque pèlerin se rendant au Haram de La Mecque doit en faire sept fois le tour. Dans la tradition islamique, la Kaaba porte de nombreux noms, dont ceux de *al-Masjid al-Haram* (la mosquée sacrée, par référence à la mosquée qui se trouve dans l'enceinte de la Kaaba), et *al-Bayt al-Atiq* (l'ancienne maison). Elle consiste en une construction de forme presque carrée : 9,29 m au nord, 12,15 m à l'ouest, 10,25 m au sud et 11,88 m à l'est. Elle mesure 15 m de haut et ne possède qu'une seule porte d'accès sur sa façade est, à 2 m au-dessus du niveau du sol.","quote":"*“La Kaaba* *est la* qibla *de l'islam.”*"},"12656ec4-68b3-5425-9a1d-71e4735a5c19":{"title":"La décoration géométrique en architecture","description":"Les plafonds eux aussi sont ornés de motifs géométriques, polychromés et dorés que l'on a pu interpréter comme la représentation de la voûte céleste. Les voûtes à *mouqarnas* notamment, dont l'entrelacs s'élabore à partir d'une étoile centrale jusqu'à occuper la totalité de l'espace, en sont le parfait exemple.","quote":"“Les plafonds ont été interprétés comme la représentation de la voûte céleste.”"},"12faaae8-0400-53bd-ba84-f5e66e0027ef":{"title":"Échos du Paradis : le jardin et la flore dans l’art islamique","description":"Dans la civilisation islamique, le jardin et la végétation qu'il contient ont toujours revêtu un sens particulier. Ce sont des rappels de la beauté de la création divine et d'*al-Djanna*, le Paradis islamique.","extra":{"credits":"Curators & authors \nSule AKSOY, Istanbul \nSevinç GÖK, Izmir \nAlev ÖZAY, Istanbul \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \nSevgi KUTLUAY, Istanbul \nInci KUYULU ERSOY, Izmir \nSeracettin SAHIN, Istanbul \nCihat SOYHAN, Istanbul \nGönül TEKELI, Istanbul \nInci TURKOGLU, Istanbul \nFriederike VOIGT, Stockholm/Berlin \nBarry WOOD, London \n \nCoordination \nInci KUYULU ERSOY, Izmir \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Tout au long de l'histoire de la civilisation islamique, le concept de jardin et de végétation a revêtu une signification particulière pour la pensée musulmane. Ceci tient en partie à l'aridité des contrées dans lesquelles vivent la plupart des musulmans. Entourés de déserts hostiles et soumis à un climat brûlant, ils ont toujours apprécié l'effet régénérateur de l'eau qui court, de la verdure des oasis isolées ou de la végétation colorée des jardins artificiels entourés de murs et entretenus avec une maîtrise consommée des techniques de l'irrigation. Mais si les jardins de plaisir réservés aux souverains et à une élite fortunée étaient convoités pour leur luxe, ils avaient aussi une dimension spirituelle car ils étaient souvent conçus pour évoquer la fraîche luxuriance d'*al-Djanna*, le Paradis islamique. De nombreuses descriptions du Coran et de la littérature islamique illustrent d'ailleurs le plan, les fleurs, les plantes et les arbres d'*al-Djanna*. Cet intérêt pour les visions paradisiaques explique que le concept de jardin, avec sa flore abondante, ait constitué un thème central pour toutes les cultures musulmanes, notamment dans le domaine artistique. De l'Espagne à l'Inde, les souverains et l'élite investirent dans de fastueux jardins dont ils firent le cœur de leurs complexes palatiaux comme partie intégrante de leur style de vie. La manière dont ces jardins royaux étaient utilisés rappelle souvent les images paradisiaques décrites par le Coran. Nombre d'entre eux possédaient même des noms soulignant ce symbolisme. L'architecture et les arts décoratifs abordent souvent le thème de la végétation miraculeuse du Paradis. Les mosquées, les *madrasa* et les mausolées royaux étaient souvent implantés dans un jardin rappelant le Paradis et leur décor s'inspirait des fleurs des jardins. Dans les arts décoratifs, les références sont faites aussi bien au jardin en tant que tel qu'aux plantes et aux fleurs, ces dernières étant souvent choisies, en dehors leur beauté intrinsèque ou de leur usage, pour leur signification religieuse ou poétique. Lorsque les fleurs ne sont pas représentées sous une forme naturaliste, de savantes arabesques formées de motifs symétriques de tiges ondulées, de feuilles ou de demi-palmettes invitent à la réflexion sur le processus cosmique, la création et l'unité divines, et soulignent l'infinie diversité du monde.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/floral/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/28/portal_image/1.jpg","display_order":13}}},"0be6d6e8-2fed-5e4f-b410-0a54ef0ed999":{"title":"Madrasa et éducation","description":"Les sciences sont enseignées parallèlement aux matières religieuses et linguistiques. La fine décoration sur métal des instruments scientifiques témoigne du développement des disciplines scientifiques. Les astrolabes et les sphères célestes sont nécessaires à l'observation précise des constellations. La pratique de la géomancie fait appel à des instruments spécifiques. Le brillant ingénieur mécanicien Abou al-'Izz Ismaïl al-Djazari fut requis par la cour ayyoubide de Diyarbakir en 603/1206 pour rédiger un livre illustré sur l'ingénierie hydraulique et mécanique.","quote":"“La fine décoration sur métal des instruments scientifiques témoigne du développement des disciplines scientifiques.”"},"68eb0582-4a1d-5233-92af-cfac47f86d57":{"title":"La pierre funéraire, mémoire lapidaire"},"cc1b1d0f-11e9-5198-addd-247752f7c5b8":{"title":"L'art dans les lieux de prière","description":"Les mosquées ottomanes conçues par les architectes impériaux présentent deux caractéristiques liées à une philosophie architecturale : un espace unique sous une coupole unique, où chacun vient prier en toute égalité. La coupole symbolise l'univers éternel et le *mihrab* la présence du Prophète, ordonnateur de la prière. Pour rendre ces deux concepts plus clairs et faire mieux comprendre l'esthétique islamique, des versets du Coran figurent sur la coupole et son tambour, tandis que le *mihrab* est richement décoré. Les murs sont embellis de carreaux de céramique ou peints de motifs géométriques symbolisant l'éternité de Dieu et/ou de motifs floraux évoquant les jardins du Paradis.","quote":"“La coupole symbolise l'univers éternel et le mihrab la présence du Prophète comme maître de prières.”"},"4525acaf-2e58-57ae-aa47-33e20171397d":{"title":"Les utilisations de l’eau : boisson et ablutions"},"ea3faf2c-86c3-553a-b331-7ddd3ee15aec":{"title":"Habitat et vie domestique","description":"Dans l'Occident musulman, l'habitat s'organisait en hameaux ruraux et en villes. Ces deux catégories partageaient des caractéristiques spécifiques issues d'une sage adaptation des matériaux et des techniques constructives à un environnement sec et chaud. \nLa ville répondait à une structure complexe, qui comprenait : \na) Un noyau urbain organisé autour de la Grande Mosquée ; l'alcazar ou résidence du gouverneur ; le souk ou marché, étalé le long de la rue principale et ramifié dans les rues adjacentes ; le bain public ; les auberges et les ateliers artisanaux. \nb) La zone résidentielle, à l'intérieur de la muraille. \nc) Les faubourgs ou quartiers extra-muros, où se tenaient les marchés agricoles et les marchés au bétail, ainsi que certaines activités artisanales.","quote":"La ville musulmane : un labyrinthe de rues"},"bedfc26e-1599-5d90-867d-794002406ce7":{"title":"Raqqa : la capitale syrienne du calife Haroun al-Rachid"},"b1f3d679-a18b-5258-af5f-524e8530cb84":{"title":"Le sultan et sa cour"},"a0cc97a9-d2a3-5089-88c2-b997f283e950":{"title":"La culture de la table","description":"La culture de la table revêt un statut exceptionnel au palais ottoman. Chaque plat ou presque est préparé par un cuisinier différent : le chef de la soupe (*çorbacıbaşı*)), le chef du *helva* (*helvacıbaşı*), etc. Lors des banquets et des dîners de ramadan (*iftar*), des coussins sont disposés sur des tissus recouvrant le sol. Au centre des coussins est placé un plateau d'argent ou de métal doré sur lequel sont disposées des cuillères en écaille de tortue, corail, ivoire ou os. Les plats se suivent selon un ordre traditionnel : d'abord la soupe, servie dans des coupes individuelles, un plat principal à base de viande rouge ou de poulet servi dans de vastes récipients en métal à couvercle pour conserver la chaleur (*kuşhane*). Ce plat est accompagné de boissons. Les douceurs comme les *zerde*, les *baklava* et le *helva* sont servies en dernier.","quote":"“Presque chaque plat est préparé par un cuisinier différent : le chef de la soupe, le chef du helva, etc.”"},"fa309a83-49c5-5883-9ee9-a69be57780e6":{"title":"Coexistence des trois cultures","description":"L'expansion de l'islam en Méditerranée occidentale n'a pas entraîné la formation d'une société uniforme en termes religieux, ni l'expulsion des habitants de ce territoire. Moyennant le paiement d'un impôt, ces derniers purent maintenir leurs croyances – chrétiennes ou juives. \nL'activité économique, notamment commerciale, et les échanges culturels ont favorisé les rapprochements entre personnes et communautés différentes. \nAinsi, dans les villes et villages de l'Occident musulman, les populations des trois religions du Livre ont coexisté, selon un processus de mutuel enrichissement matériel et intellectuel.","quote":"Les trois religions"},"9d1c91d5-e536-5351-9c97-8a1d1755f2dd":{"title":"Écoles de calligraphie","description":"Les calligraphes étaient formés par des maîtres reconnus. Beaucoup d'entre eux étaient au service de la cour et des bureaux de l'administration. Certains hauts fonctionnaires devinrent des calligraphes célèbres comme, par exemple, le vizir abbasside Ibn Muqlah. Il définit des règles d'écriture dans un manuel qui resta le principal ouvrage de référence pour des générations de calligraphes.","quote":"“Certains hauts fonctionnaires devinrent des calligraphes célèbres comme, par exemple, le vizir abbasside Ibn Muqlah.”"},"754c7cda-4d25-5730-9b40-d05583d87eb1":{"title":"Science et savoir","description":"L'enseignement commençait par l'apprentissage de la lecture, de l'écriture, la récitation du Coran et l'étude des hadiths ou paroles du Prophète. Dans la mesure où les livres étaient rares, la transmission du savoir était basée sur la mémorisation de la parole. C'est pourquoi la maîtrise de l'écriture fut considérée comme l'art le plus nécessaire et le plus fondamental, étant donné qu'il permettait de transmettre les connaissances et la religion aux générations suivantes.","quote":"L’enseignement religieux : les copistes du Coran"},"4ac9ddb5-21d0-552f-aabe-4b88c6672977":{"title":"La défense"},"83fcd46d-b7fd-5e22-8abd-08f76c9613a8":{"title":"L’eau et la vie quotidienne","description":"À partir du VIe/XIIe siècle, la ville marocaine de Fès est alimentée en eau par des fontaines publiques, les *seqqaya*. Leur forme est restée identique au cours des siècles. Dans une niche sous arc brisé aménagée dans l'épaisseur d'un mur et ornée de zelliges (petits carreaux de faïence vernissée), l'eau tombe de robinets dans une vasque.","quote":"*“La ville marocaine de Fès était alimentée en eau par des fontaines publiques appelées* seqqaya*.”*"},"39f632d5-77b2-5774-9593-b679b7db8455":{"title":"L’exportation du luxe","description":"Tout comme les textiles, les céramiques ottomanes étaient très recherchées sur les marchés de l'exportation. L'essor de l'industrie de la céramique à Iznik, si importante pour l'histoire de l'art en Turquie, trouva également un très grand écho en Europe. Ces céramiques devinrent en fait si populaires sur le marché européen qu'à un certain moment, le sultan publia un édit reprochant aux potiers d'Iznik de travailler pour les clients étrangers et non pour le palais impérial…","quote":"“Tout comme les textiles, les céramiques ottomanes étaient très recherchées sur le marché de l'exportation.”"},"9f0c366a-10e7-53d5-91e8-2d8a35ffc22a":{"title":"La décoration géométrique","description":"Les artistes musulmans n'ont pas été les créateurs de la décoration géométrique, puisqu'ils se sont basés sur l'art romain, byzantin, perse et berbère, mais ils l'ont considérablement développée et l'ont conduite à sa plénitude.","extra":{"credits":"Curators & authors \nCarmen ALONSO-RODRIGUEZ, Madrid \nMaria da Conceição AMARAL, Silves \nGaspar ARANDA, Madrid \nHouria CHERID, Algiers \nLakhdar DRIAS, Argel \nNaima ELKHATIB-BOUJIBAR, Casablanca \nÁngela FRANCO, Madrid \nÁngela GARCIA-BLANCO, Madrid \nSusana GOMEZ, Mertola \nKamal LAKHDAR, Rabat \nSantiago MACIAS, Mertola \nMohamed MEZZINE, Fez \nMargarita SANCHEZ-LLORENTE, Madrid \nClaudio TORRES, Mertola \n \nCoordination \nMiguel GARCIA, Madrid \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"La géométrie est le thème décoratif prédominant dans l'art musulman, c'est celui auquel on subordonne généralement les autres motifs ornementaux. La décoration géométrique apparaît aussi bien dans l'architecture que dans les arts appliqués, dans la céramique aussi bien que dans les textiles ou dans l'art du livre. Indépendamment du matériau, de l'échelle ou de la technique, les motifs sont pratiquement les mêmes. \nLes artistes musulmans n'ont pas été les créateurs de la décoration géométrique, puisqu'ils se sont basés sur l'art romain, byzantin, perse et berbère, mais ils l'ont considérablement développée et l'ont conduite à sa plénitude. \nLes niveaux atteints par les musulmans dans l'ornementation géométrique ont été rendus possibles, entre autres, par l'intérêt suscité dans l'Islam par les études mathématiques, par exemple par la mathématique pythagoricienne. \nCeci est évident dans le cas de l'entrelacs géométrique. Héritier de l'ornementation préislamique, il s'est sophistiqué jusqu'à atteindre de complexes combinaisons de galons entrecroisés ou *lacería* : à partir du centre se développent des figures d'une extraordinaire variété (carrés, losanges, hexagones, octogones, étoiles à six, huit, dix, douze branches ou plus), selon les principes de la répétition symétrique, de la multiplication ou de la subdivision appliqués à n'importe quel matériau ou format. La richesse chromatique et l'habileté avec laquelle se conjuguent les tonalités font ressortir les compositions et l'on arrive à créer l'illusion de l'existence de plusieurs plans. Pour donner une impression de richesse, on atteint aussi des effets tridimensionnels, que ce soit par la répétition des motifs (comme le réseau losangé ou *sebka*), par le contraste entre textures ou par l'utilisation généralisée des *mouqarnas* ou *mouqarbas*. \nLes motifs géométriques, parfois issus de l'abstraction de motifs naturalistes, ne sont pas exempts d'une symbologie adaptée à la fonction de l'objet ou de l'édifice.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/geometric/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/21/portal_image/1.jpg","display_order":14}}},"362960e9-cc01-5941-9e3e-f9dfc311b3b5":{"title":"La défense","description":"La muraille était un système défensif seulement vulnérable à l'assaut et à l'affaissement de ses fondations. Ses solides murs étaient percés de petites ouvertures pour projeter des armes, mais plus tard il fallut les élargir pour pouvoir tirer au canon. De hautes tours flanquaient les pans de mur pour empêcher l'assaut, tandis qu'une série de dispositifs rendait difficile la progression des assaillants : les *tours albarranas*, isolées, situées à l'avant de la muraille et reliées à cette dernière par un mur ; la *barbacane* ou mur parallèle à la muraille, mais moins large et moins haut ; et le fossé creusé entre les deux ; enfin la *porte*, protégée par des tours, présentait depuis le XIe siècle une entrée en forme de coude, qui obligeait à faire un écart à angle droit.","quote":"La muraille, un système défensif en soi"},"3b822b91-75f5-5142-bd3c-29b08ccd26ec":{"title":"Le langage visuel du pouvoir","description":"Le pouvoir du sultan ou des souverains locaux était souvent proclamé visuellement de façon explicite. L'architecture s'y prêtait particulièrement. Un bâtiment grandiose dominant le voisinage ou (mieux encore) le panorama urbain était une affirmation de puissance. Dans une moindre mesure, le détenteur du pouvoir pouvait utiliser la forme écrite en incluant son nom ou son titre dans la décoration d'un bâtiment ou même d'un manuscrit. Le *tughra* impérial est sans doute l'exemple le plus mémorable de cet aspect du langage visuel du pouvoir.","quote":"“Le pouvoir du sultan ou des souverains régionaux était souvent ouvertement proclamé sous forme visuelle.”"},"6f2f66f9-0684-5348-a89e-04c0ea5914a2":{"title":"Le langage visuel du pouvoir","description":"Le langage visuel du pouvoir pouvait être plus discret et l'art fut parfois utilisé de manière ingénieuse et subtile pour communiquer cette volonté de pouvoir. Une élégante décoration architecturale, par exemple, en entourant le spectateur d'un séduisant ensemble d'ornements délicats, crée un environnement esthétique évocateur de la puissance du mécène. Ce type de décor n'est pas cantonné aux grands édifices, une simple tente peut, elle aussi, exprimer la grandeur de l'empire. La démonstration spectaculaire des talents des artisans peut également relever de ce langage visuel. Lorsque le sultan ou ses dignitaires portent de précieux vêtements recouverts d'ornements sophistiqués – que ce soit des symboles de leur rang, comme l'aigrette, ou simplement des éléments utiles comme les anneaux d'une ceinture –, l'affichage de la richesse et du talent dont disposent ces hauts personnages proclame implicitement leur pouvoir.","quote":"“Ce type de décor n'est pas cantonné aux grands édifices, une simple tente peut, elle aussi, exprimer la grandeur de l'empire.”"},"27407462-38d1-5483-a239-bfa506cb4830":{"title":"Gérer la prospérité","description":"Les Abbassides soutenaient et parrainaient la recherche médicale, mais aussi les praticiens. De grands progrès furent accomplis dans le domaine de la médecine : des livres sur des sujets variés furent rédigés et traduits, des expériences menées et documentées et divers instruments médicaux furent conçus pour faciliter les traitements ou les opérations.","quote":"“Les Abbassides soutenaient et parrainaient la recherche médicale, mais aussi les praticiens.”"},"74e405d2-4d5c-563a-85b7-bcbf5812982e":{"title":"Les céramiques abbassides","description":"Avec l'expansion de l'empire abbasside de l'Afghanistan à l'Algérie, les productions régionales de céramique sont influencées par des techniques, des dessins et des motifs venus de divers horizons du monde musulman et qui enrichissent la variété des modèles, décors et styles déjà existants. Si les céramiques de luxe de l'orient de l'empire présentent des polychromies ou monochromies voyantes, la production nord-africaine, en particulier ifriqiyenne, est plus sobre. À côté de la céramique lustrée, on trouve beaucoup de pièces monochromes ou polychromes vernissées à inscriptions. De façon générale, les pièces utilitaires ne sont pas vernies et sont moins décorées. Néanmoins, toutes partagent des qualités typiquement islamiques.","quote":"*“Les productions régionales de céramique sont influencées par des techniques, des dessins et des motifs venus de divers horizons du monde musulman.”*"},"1dabd926-5ac6-53c1-b262-d5570beba088":{"title":"La décoration géométrique en architecture","description":"Dans tout le monde musulman, les façades des édifices importants sont recouvertes de compositions de *mouqarnas* ou de reliefs géométriques sculptés dans la pierre. On cherche à ne laisser aucun espace libre de décor (*horror vacui*). \nDe même, à partir de l'époque almohade, les façades des minarets du Maghreb et d'al-Andalus sont d'abord ornées d'arcs lobés, indépendants ou entrecroisés, dont la répétition et la superposition génèrent, à une moindre échelle, une trame losangée connue sous le nom de *sebka* et qui ressemble à une tapisserie ajourée.","quote":"“On cherche à ne laisser aucun espace libre de décor (*horror vacui*).”"},"2446085b-ecb4-555b-8c7a-83f7c0b63dda":{"title":"Monuments","description":"L'architecture des régions musulmanes occidentales est marquée par une très forte continuité qui s'étend à la fois sur une vaste étendue géographique (péninsule Ibérique, Maroc, Algérie et Tunisie) et sur une longue durée, de la fondation de l'émirat omeyyade en Espagne dans le second quart du IIe siècle H (VIIIe siècle J.-C.) aux diverses dynasties dont les Idrissides, les Abdalwadides, les Almoravides, les Almohades, les Mérinides, les Hafsides, les Saadiens et les Alaouites. \n \nOn note dans l'architecture de ces régions la diversité des matériaux. La brique prédomine aussi bien dans la construction structurelle que dans la décoration. La pierre est surtout utilisée en habillage, souvent en association avec la brique. La décoration en stuc est abondamment présente. Le bois sert à fabriquer des éléments comme les poutres de plafonds, les toitures à pignon, les portes et les panneaux décoratifs. Les carreaux vernis à motifs géométriques sont un matériau de surface très courant pour les sols et les murs, bien que les murs chaulés, d'aspect plus austère, soient également très répandus. \n \nLa mosquée hypostyle reste le type principal dans cette vaste zone, les nefs étant généralement disposées perpendiculairement au mur de la *qibla*. L'arc en fer à cheval, qui s'est imposé comme un élément courant de l'architecture aghlabide, prédomine. Comme chez les Aghlabides, les minarets sont de section carrée, ce qui contraste avec ceux plus fins et de section circulaire ou octogonale qui se développent en Orient. Les minarets de l'Occident musulman sont souvent décorés d'un complexe habillage de briques ou de motifs décoratifs en stuc ainsi que de frises de *mouqarnas*. \n \nLes constructions possèdent généralement des coupoles protégées sous des toits à deux versants recouverts de tuiles vernissées de couleur bleu-vert. Elles présentent fréquemment des nervures qui, en dehors de leur rôle structurel, créent des motifs décoratifs repris en articulation de la face intérieure. Certains intérieurs de coupoles sont entièrement couverts de *mouqarnas*. \n \nIl est largement fait recours aux *mouqarnas*, généralement en bois ou en plâtre, non seulement dans les zones d'articulation des voûtes, mais aussi comme élément décoratif d'ensemble. On trouve de nombreuses surfaces à décors d'entrelacs en gypse ou en brique ainsi que des paires d'arcs séparées par une colonne ou des arcs polylobés et entrelacés. L'usage de la calligraphie et des motifs végétaux est toujours très présent. Dans les premières réalisations de l'Occident musulman, comme dans les autres traditions architecturales islamiques, le remploi d'éléments de construction comme des fûts et des chapiteaux de périodes antérieures est très répandu."},"4abfb8e7-e61b-559d-9eb7-684a9ac667bc":{"title":"La vie de cour","description":"Au milieu du XIXe siècle, les sultans ottomans, sensibles aux influences occidentales, s'installent au palais de Dolmabahçe puis au palais de Yıldız et séjournent en été au palais de Beylerbeyi. Tous sont construits au bord du Bosphore dans un style occidental. Les palais du Bosphore deviennent les nouvelles résidences de la dynastie ; ils servent aussi aux réceptions et cérémonies officielles.","quote":"“Les palais du Bosphore deviennent les nouvelles résidences de la dynastie.”"},"b57ef26f-345f-5d0d-8e89-3f02ef5a1f29":{"title":"Jordanie","description":"Les caractéristiques artistiques occidentales de la période ottomane en Jordanie se perçoivent surtout dans des scènes naturelles inconnues en terres ottomanes. Ces scènes sont peintes par des artistes européens (elles sont signées) qui apportaient avec eux de nouveaux éléments artistiques et les inscrivaient dans leurs entreprises artistiques. Durant cette période, on peut aussi noter que les monnaies à effigie humaine sont plus souvent utilisées que les pièces ottomanes. Les gens préfèrent les articles occidentaux, notamment les pièces, qu'ils accrochent comme ornement de colliers, de jugulaires ou de voile. Ils décorent aussi les maisons, les églises et les bâtiments de fresques peintes réalisées par des artistes occidentaux. Certains de ces édifices ont été transformés en musées du patrimoine, d'autres continuent à être habités par leurs propriétaires, qui en assurent l'entretien et la conservation, tandis que les églises sont toujours en fonction. Même après le déclin des Ottomans, les Jordaniens apprécient toujours les monnaies occidentales et ottomanes, les femmes continuent à porter des pendants d'oreille en or et des bracelets ornés de pièces à l'effigie du roi George V et du sultan Muhammad al-Rachid V qu'elles avaient reçus en dot. Ce patrimoine existe toujours au Musée folklorique et certaines de ces pièces appartiennent toujours aux descendants de ces familles.","quote":"“Les caractéristiques artistiques occidentales de la période ottomane en Jordanie se perçoivent surtout dans des scènes naturelles inconnues en terres ottomanes.”"},"a09c8ed7-01f3-5c9b-bd21-96a1d81c4678":{"title":"Les Femmes","description":"“L'islam assigne aux femmes une place pleine et entière dans la société. Les femmes musulmanes ont toujours contribué activement aux cultures dans lesquelles elles vivaient, que ce soit au foyer, professionnellement, comme mécènes d'œuvres de bienfaisance ou dans le domaine des arts.”","extra":{"credits":"Curators & authors \nMohammad ABBAS, Cairo \nNoorah AL-GAILANI, Glasgow \nUlrike AL-KHAMIS, Edinburgh \nJamila BINOUS, Tunis \nAicha BENABET, Tunis \nHouria CHERID, Algiers \nElsayed HAMAD, Cairo \nMourad RAMMAH, Kairouan \nSalah SAYAOUR, Cairo \nTarek TORKY, Cairo \n \nCoordination \nEnaam Selim, Cairo \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"L'islam assigne aux femmes une place pleine et entière dans la société. Leurs droits, leurs devoirs et leur statut sont détaillés dans le Coran et objets d'une législation dans la *Charia*, la loi islamique. Pendant toute la période islamique, les femmes ont embrassé et pratiqué activement leur foi. Il n'a cependant jamais existé, ni jadis ni aujourd'hui, d'approche uniforme permettant d'interpréter et d'appliquer le système islamique dans tout le monde musulman et ses diverses civilisations. Au sein de l'islam, chaque société a adapté son propre système à son propre patrimoine culturel. Il n'existe donc pas de prototype pour la civilisation islamique ; il n'existe pas non plus de prototype unique pour la condition des femmes au sein de la société islamique. La complexité des divers héritages culturels et patriarcaux auxquels les femmes ont été confrontées – certains d'origine préislamique – et la multitude de leurs tâches dans les sociétés où elles vivaient les a conduites à une lutte permanente pour une vie meilleure dans une société équitable. \n \nAu cours des âges, de nombreuses femmes sont devenues des modèles pour leur genre, en particulier Sayyida Khadidja bint Muhammad al-Khourasani, première épouse du prophète Muhammad, riche commerçante indépendante et soutien essentiel du Prophète dans sa mission. Parmi les autres figurent Sayyida al-Manoubiya, auteure mystique acclamée dans la Tunisie médiévale ; Maryam bint Abd al-Rahman, importante juge dans la Palestine du VIIIe siècle H (XIVe siècle J.-C.), qui rédigea son propre dictionnaire d'interprétation de *Hadith* (“les Dits du prophète”). Une figure clé du XIXe siècle est Houda Chaarawi, pionnière et défenseure des droits des femmes dans la société arabe et musulmane. \n \nLes historiens ont retenu les réalisations publiques liées aux femmes de la haute société et leurs liens avec les classes dirigeantes, tandis que les bâtiments et objets de luxe parvenus jusqu'à nous témoignent de leur mécénat et de leur influence. Mais les approches orientées de ces textes historiques et le faible nombre d'objets quotidiens subsistants ne nous donnent qu'une faible connaissance de la femme musulmane ordinaire. On peut en avoir cependant quelques aperçus à travers les activités qu'elle pratiquait – tissage, broderie, poterie – et par l'étude des archives officielles relatives à la cour, aux mariages, divorces ou héritages chez les femmes.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/women/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/23/portal_image/1.jpg","display_order":9}}},"adc7d88a-073e-571d-ad07-7d7f35682e7e":{"title":"Commerce et voyages"},"5f7953a9-49d7-5d9f-be1c-93cbec183abd":{"title":"L’art hispano-maghrébin","description":"L’art des Hammadides, contemporain de l’art taïfa andalou, partage avec celui-ci certains motifs décoratifs, mais réalisés avec une technique différente. À côté de l’influence andalouse, l’apparition précoce de certains éléments clairement orientaux atteste le rôle de pont joué par le Maghreb.","quote":"Zirides et Hammadides : un pont entre l’Orient et l’Occident"},"feb15667-99f8-5b55-8c0b-bcda36247b11":{"title":"Vie religieuse","description":"Parallèlement au renouveau des institutions islamiques, les églises et monastères chrétiens connaissent également une renaissance. De nouveaux cycles de peintures murales sont commandés, dont on n'avait plus vu d'exemples en Syrie depuis les fresques de la période omeyyade. Deir Mar Yakoub (monastère de saint Jacob) et Deir Mar Moussa al-Habachi (monastère de saint Moïse l'Éthiopien) sont d'excellents exemples de l'art chrétien et de la vie monastique en Syrie médiévale.","quote":"“Les églises et monastères chrétiens connaissent à leur tour une renaissance.”"},"1dc8b986-92dc-5a75-b544-000419ab6111":{"title":"La pierre funéraire, mémoire lapidaire","description":"Il existe une grande variété de stèles funéraires, qui sont le reflet de différentes époques et de différentes traditions régionales : le *cippe*, apparu au IXe siècle en Ifriqiya (Tunisie), mais dont on a aussi trouvé des spécimens dans la région andalouse de Tolède ; la *maqabriya*, utilisée dans les cimetières d'al-Andalus et du Maghreb depuis l'époque almoravide ; les *stèles discoïdales*, très courantes depuis le XIVe siècle dans les villes de forte industrie potière comme Málaga, Grenade et Murcie.","quote":"Les stèles : différences locales et sociales"},"9246e5d1-d625-54a9-a9cb-348e8099b248":{"title":"La décoration géométrique dans les récipients en céramique","description":"Les compositions géométriques s'allient parfois à des motifs végétaux qui, bien que secondaires dans la composition générale, servent à enrichir la décoration géométrique, à mettre en valeur certains points clés du dessin ou tout simplement à meubler le fond ou les espaces ménagés par le motif géométrique.","quote":"“Les motifs végétaux enrichissent la décoration géométrique.”"},"0aeb920c-d823-5de4-81b9-061257cef978":{"title":"Deux sultans mamelouks face aux Francs","description":"Des deux sultans évoqués ici, Qalawun est probablement le plus prolifique promoteur de projets architecturaux. L'échelle du complexe qu'il fait édifier au Caire et qui marque une nouvelle phase de l'architecture mamelouke est imposante. L'ensemble comprend une *madrasa*, un mausolée (*koubba*) et un hôpital (*bimaristan*) inspiré du *bimaristan* Nour al-Din, à Damas. Il avait été tellement impressionné par les soins qu'il avait reçus dans cet établissement qu'il avait fait vœu, s'il recouvrait la santé, de construire un établissement similaire au Caire. Peu après le début de son règne en 682-1283, il en lance le chantier. De manière tout à fait inhabituelle pour l'époque, ce *bimaristan* est ouvert aux musulmans des deux sexes et de n'importe quelle position sociale.","quote":"“Qalawun est probablement le plus prolifique promoteur de projets architecturaux.”"},"01b4539f-223c-58e3-970b-86b098e2e493":{"title":"Le langage visuel du pouvoir","description":"Dès qu'ils sont au pouvoir, les hommes cherchent à afficher leur puissance aussi bien à l'adresse de leurs sujets qu'à celle les étrangers. L'art et l'architecture en particulier ont souvent été utilisés pour créer un vocabulaire visuel d'affirmation du pouvoir. Cette proclamation visuelle a pu prendre de multiples formes au cours des siècles, parfois de manière extravertie et dénuée de toute ambiguïté, parfois de façon plus subtile et implicite. L'art et l'architecture de la période ottomane fournissent une intéressante gamme d'exemples de cette affirmation du pouvoir par le sultan ou par l'État ottoman.","quote":"*“Dès qu'ils sont au pouvoir, les hommes cherchent à faire la démonstration de leur puissance.”*"},"b82e552a-e3da-5171-bbda-751d4602d53f":{"title":"Deux sultans mamelouks face aux Francs","description":"Les sultans Baybars et Qalawun commanditent tous deux la fabrication d'objets de luxe et de bâtiments qu'ils font édifier non seulement dans leur capitale du Caire mais aussi en Syrie et en Terre sainte. Baybars, par exemple, restaure des forteresses palestiniennes et syriennes, mais s'intéresse aussi à l'architecture religieuse. Il fait construire une vaste mosquée de congrégation au Caire, la plus ancienne des mosquées mameloukes encore debout dans la ville. Il meurt dans la citadelle de Damas en 676/1277 et est inhumé dans un mausolée (*koubba*) au nord de la mosquée omeyyade, intégré à une école qui lui était déjà dédiée, la *madrasa* al-Dahiriyya.","quote":"“Les sultans Baybars et Qalawun sont tous deux d'actifs commanditaires d'objets de luxe, mais aussi de bâtiments.”"},"6428106b-9d8e-590a-bc5c-8be1ac54d645":{"title":"La vie privée des femmes musulmanes","description":"Le kohl, composé de divers ingrédients dont un encens brûlé, des coquilles d'amande ou des plants de carthame, était un important élément du maquillage des yeux. On lui attribuait des vertus diverses ; on pensait également qu'il protégeait du “mauvais œil”. Il était conservé dans de petits récipients décoratifs contenant un bâton applicateur.","quote":"*“Le kohl était composé de divers ingrédients dont de l'encens brûlé, des coquilles d'amandes ou des plants de carthame.”*"},"28a4f0eb-efb2-5cc2-9dd7-f885f3220f85":{"title":"Objets","description":"L'éloignement géographique par rapport au cœur de l'Islam explique que l'art de l'Occident musulman ait connu sa propre évolution. Le premier style défini fait son apparition sous les califes omeyyades d'Espagne, qui commanditent la fabrication d'objets de luxe faisant appel à des matériaux précieux. L'héritage de l'Antiquité classique, encore présent dans cette tradition, fait place sous le règne puritain des Almoravides et de leurs successeurs les Almohades à une esthétique d'une austère et grande beauté dans laquelle la décoration peut aller du minimalisme à des compositions géométriques sophistiquées. Les dynasties suivantes, comme les Mérinides au Maroc, sont davantage attirées par les effets de richesses obtenus par des matériaux coûteux comme le bois de cèdre. L'art islamique d'al-Andalus connaît ses derniers feux à Grenade sous la dynastie nasride, qui poursuit ses commandes d'objets précieux et fonde une tradition de céramiques à décor lustré qui se perpétuera dans l'art mudéjar. Après la chute des Nasrides, l'art islamique occidental se perpétue au Maghreb, où des traditions comme l'écriture de style *maghribi* et l'ornementation géométrique inspireront les artistes et les artisans pendant des siècles."},"95694260-7655-5184-a4d8-7c24d7fd8562":{"title":"Réformes administratives","description":"Pendant les 70 premières années de leur règne, les musulmans n'entreprennent aucune démarche particulière pour introduire un système administratif arabophone sur l'ensemble de leurs possessions. Chaque province continue à appliquer les règles du précédent régime. En Syrie, la langue officielle du Trésor public est le grec, tandis que l'administration reste aux mains des chrétiens. Les Arabes introduisent cependant un nouveau système fiscal selon lequel tous les membres adultes de la nouvelle administration ont droit à un traitement régulier *('ata*), financé par des impôts payés par les populations locales. Les principales taxes consistent en un impôt sur le sol (*kharadj*), à taux fixe, payé en nature ou en argent, et une capitation (*djizya*) payée par chaque non-musulman adulte selon ses moyens – les prêtres, les moines et les handicapés en étant exemptés.","quote":"*“Chaque province continue à appliquer les règles du précédent régime.”*"},"66a1b849-44f7-56db-b90b-8414c7492a80":{"title":"Deux sultans mamelouks face aux Francs."},"390eb15a-b775-5e38-b060-b98bf5313187":{"title":"L’art mudéjar populaire et religieux","description":"Le mudéjar religieux aragonais se distingue par la profusion décorative extérieure des édifices et des tours, grâce aux multiples combinaisons géométriques réalisées avec la brique d’ornement (petites arcatures mixtilignes entrecroisées, réseaux de rhombes et bandeaux en épi ou arêtes de poisson) et l’application d’azulejos polychromes. À l’intérieur des édifices, les toitures de bois donnent l’impression que les salles sont particulièrement spacieuses, tout en apportant confort et chaleur. Parmi toutes les toitures mudéjares, l’énorme charpente *à par y nudillo* (faux-entrait) de la cathédrale de Teruel mérite une mention particulière.","quote":"Le mudéjar aragonais : la profusion décorative"},"e69dcd7a-5d1d-5edb-ae45-6bb6e2a8c847":{"title":"Le système mamelouk"},"0c57154a-3d32-5f59-919a-c9bcab6d8ac5":{"title":"Jordanie","description":"Les Ottomans ont abandonné la route du *hadjdj* (Darb al-Hadjdj al-Chami) qui suit les montagnes à l'est de la Route royale, pour une nouvelle route longeant les confins du désert, connue comme Darb al-Bint, d'après le nom de la fille du sultan Sélim Ier, qui s'était plainte de la présence de bandits sur la Route royale. Une série de forts et d'étapes de pèlerinage ponctuent cette nouvelle route pour protéger les pèlerins et leur fournir eau, nourriture et marchandises. Le chemin de fer du Hedjaz est l'une des réalisations majeures de la période ottomane ; il est achevé en 1908 sous le règne du sultan Abdoul Hamid II. Son objectif principal était de transporter les pèlerins de Damas à Médine en Arabie saoudite via la Jordanie. Il fut plusieurs fois endommagé durant la Première Guerre mondiale, mais certaines sections fonctionnent encore (par exemple Damas-Amman, Amman-Qatraneh).","quote":"“Le chemin de fer du Hedjaz est l'une des réalisations majeures de la période ottomane...”"},"dc1ba8a3-fd25-52de-bd11-66f5e8ee0fdc":{"title":"Les femmes musulmanes comme professionnelles, artisanes et artistes-interprètes"},"30f650c4-28b8-51fa-9fb7-44613c3096bf":{"title":"Les utilisations de l’eau : boisson et ablutions","description":"Le Coran mettant l'accent sur l'importance de l'hygiène personnelle, les bains publics ou hammams jouent traditionnellement un rôle-clé dans la vie sociale et religieuse des musulmans. Bien que ces installations soient en partie redevables aux Romains et aux bains de l'Antiquité tardive, à partir des Omeyyades, leur plan laisse plus de place aux salles chaudes qu'au *frigidarium* apprécié des Romains. Le hammam contient habituellement un vestiaire, non chauffé, une salle tiède et une salle de vapeur.","quote":"“Le hammam jouait un rôle-clé dans la vie sociale et religieuse des musulmans.”"},"a68e0dec-446e-5c8a-bf2e-1f05f0f0e7fb":{"title":"L’art hispano-maghrébin","description":"À l’intérêt, dans l’art islamique en général, pour la décoration des espaces intérieurs et les façades des édifices, l’art hispano-maghrébin ajoutera l’utilisation systématique de l’arc et du chapiteau comme motif décoratif. \nSi l’arc en fer à cheval (ou arc outrepassé) est le plus caractéristique, les artisans créent de nouveaux types d’arc, ou les agencent différemment. Il en va de même des chapiteaux : la transformation des proportions et l’enrichissement des rinceaux romano-byzantins aboutissent à des chapiteaux avec leur propre style. \nLe point de départ de cette architecture est la mosquée de Cordoue.","quote":"De l’art émiral à la taïfa : formation et plénitude baroque"},"f79e2e2d-2bd9-536c-96fc-75712b9b3f2b":{"title":"La défense","description":"La défense du territoire s'opérait au moyen de châteaux et de *ribat*, enceintes fortifiées avec à l'intérieur une tour aux murs épais. Ils occupaient des lieux stratégiques d'où l'on pouvait dominer visuellement les environs. Ils servaient aussi bien au casernement des troupes qui assuraient la surveillance et la protection des frontières, chemins, vallées et ports maritimes ou de montagnes, qu'à accueillir la population en cas de danger.","quote":"Les châteaux : la défense du territoire"},"87981465-ac17-588c-98d9-d4f2d4298bdc":{"title":"Les Normands en Sicile","description":"Le royaume normand de Sicile hérite des Arabes un patrimoine culturel et une civilisation qui, s’intégrant au maillage de la culture gréco-latine et byzantine, permettront l’éclosion de la Renaissance italienne.","extra":{"credits":"Curators & authors \nRita BERNINI, Rome \nPier Paolo RACIOPPI, Rome \nEttore SESSA, Palermo \nPaola TORRE, Rome \n \nCoordination \nIrene SALERNO, Rome \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Occupée à partir de 827 par les armées de l’émir de Kairouan, la Sicile sera, jusqu’en 1061, l’un des territoires du Dar al-Islam. Néanmoins, dans la partie orientale de l’île, où existe une solide culture gréco-byzantine, il reste, jusqu’en 965, d’irréductibles poches de résistance. \n \nMalgré l’immigration limitée de populations venues de l’espace maghrébin, de la péninsule Ibérique, d’Égypte et du Moyen-Orient, l’organisation de la société islamique s’affirme et se diffuse rapidement. Durant ces deux siècles de présence arabe, la loi coranique garantit, non sans discriminations, la pratique de la religion chrétienne. \n \nEn 1061, guidés par la famille des Hauteville, les Normands débarquent dans l’île à partir de leurs bases du sud de l’Italie. En 1094, Roger Ier institue le comté de Sicile, dont hérite son fils Roger II qui, en 1130, fonde le Royaume de Sicile. Ses successeurs, Guillaume Ier et Guillaume II, poursuivent sa politique et s’opposent aux musulmans, à Byzance et au Saint Empire romain avant d’être supplantés, en 1194, par la dynastie souabe. \n \nComme durant la période de domination arabe, les communautés chrétienne et musulmane cohabitent, garantissant ainsi la persistance d’usages et de rituels sociaux de la période islamique ; celle-ci, par ailleurs, reste présente à travers la réutilisation, par la nouvelle communauté chrétienne, de lieux et d’édifices instaurés par les dynasties précédentes. \n \nCes formes de continuité culturelle sont renforcées par les relations politiques entre les Normands et le monde islamique de l’époque. \n \nL’une des formes les plus emblématiques de la permanence de ces relations est justement, une fois instituée la couronne de Sicile, la volonté affirmée de la dynastie normande de refonder la culture artistique sicilienne, en utilisant largement des modèles issus de la culture islamique : ceux-ci sont savamment greffés sur les modèles préexistants, modestes formes artistiques et architecturales arabo-sicules et de dérivation byzantine. \n \nLe résultat de cette opération est un syncrétisme actif et dynamique, qui fait de la production siculo-normande l’une des plus originales parmi les cultures artistiques de la Méditerranée et de l’Europe médiévale.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/siculo_norman/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/25/portal_image/1.jpg","display_order":16}}},"e8deea6c-fc86-5de4-91d5-28b3549d5260":{"title":"Les femmes musulmanes comme professionnelles, artisanes et artistes-interprètes","description":"De multiples preuves existent, au cours des âges, de la participation de femmes musulmanes à la vie professionnelle ; un bon exemple nous en est donné par Zayn al-Khuzan, qui gérait la garde-robe du calife fatimide à la tête d'une équipe de 30 femmes. Certaines devinrent des écrivaines ou des poétesses, d'autres des médecins ou des experts en droit religieux, enseignant et interprétant les doctrines. Plusieurs ont été de grandes calligraphes dont Hafsa, épouse du prophète Muhammad et fille du calife Omar Bin al-Khattab. Le style calligraphique de Fatima al-Baghdadia était d'un niveau si élevé qu'il a été comparé à celui du fameux Ibn Hilal. Certains travaux subsistants de Sayyida al-Khadidja, première épouse du Prophète, témoignent de son grand talent.","quote":"“Certaines devinrent des écrivaines ou des poétesses, d'autres des médecins ou des experts en droit religieux.”"},"cb0785ef-fb33-5e76-b51b-81652da4bdfc":{"title":"Saladin en Terre sainte","description":"Avec la prise de Jérusalem, Salah-al-Din al-Ayyoubi (Saladin, r. 531-589/1137-1193), héros des héros de l'islam, inversa le cours des défaites arabes devant les Croisés. Son règne est considéré comme l'un des plus brillants moments de l'histoire arabe, à une époque où le califat abbasside en déclin connaît un bref renouveau sous l'impulsion des gouverneurs ayyoubides.","quote":"“Le règne de Saladin est considéré comme l'un des plus brillants moments de l'histoire arabe.”"},"46837ac7-e216-535c-9487-5198e7fe98f9":{"title":"Syrie","description":"La cérémonie annuelle du *hajdj* implique une intense préparation pour les caravanes de pèlerins, le voyage à travers le désert à dos de chameau étant long et potentiellement dangereux. Le départ de la procession de Damas est donc une excellente occasion pour l'autorité de se porter garante de la sécurité et d'afficher ainsi sa bonne gouvernance. Portant les emblèmes du calife ottoman en tête de la procession, le décor du *malmal* du *hadjdj* laisse filtrer un langage décoratif occidentalisé dans le répertoire décoratif local. De telles innovations culturelles et artistiques sont très répandues au début du XIXe/XXe siècle. Des manuscrits coraniques peints à l'or et à l'émail attestent un nouveau goût des ombres et de la couleur. Toutefois, l'identité de Damas comme ville sainte demeure prééminente, quels que soient les changements politiques et stylistiques.","quote":"“Toutefois, l'identité de Damas comme ville sainte demeure prééminente, quels que soient les changements politiques et stylistiques.”"},"4bed6c71-af16-5a48-8fbf-46d35ab606ed":{"title":"Le Saint Coran","description":"L'importance donnée à la lecture et la récitation correctes du Coran nécessitait des explications supplémentaires fournies, entre autres, par des notes explicatives sur le sens de certains versets et par des instructions aux récitants. Ces notes étaient écrites dans la marge extérieure ou ajoutées en annexe à la fin du volume. Des extraits appropriés du Coran, associés à des prières choisies et à des citations du Prophète extraites des Hadiths (les “dits du Prophète”), étaient publiés en volumes et brochures séparés pour servir aux prières et supplications, mais on trouvait aussi d'autres citations des prophètes de l'Ancien Testament dans des livres de récits richement décorés et illustrés consacrés à chacun d'entre eux.","quote":"“On trouvait des versets évoquant les prophètes de l'Ancien Testament dans des ouvrages consacrés à chacun d'entre eux.”"},"ceab8d7c-6e1d-5d61-81c7-078ad66f0bd3":{"title":"Vie de cour","description":"Un autre exemple d'objet de luxe utilisé pour faciliter les relations diplomatiques se trouve à la cour de Badr al-Din Lu'lu'. Cet Arménien converti à l'islam, vizir zenguide puis souverain indépendant de Mossoul en Irak du Nord en 615-657/1218-1259, s'intéressait beaucoup au travail du métal. Un certain nombre de récipients en cuivre incrusté d'or et d'argent à son nom nous sont parvenus. Ces objets de valeur remplaçaient probablement l'or, et le fait que Lu'lu' y ait fait inscrire son nom suggère qu'il s'agissait probablement de cadeaux diplomatiques.","quote":"*“Badr al-Din Lu'lu' s'intéressait beaucoup au travail du métal. ”*"},"6f026780-ce1b-55d2-b48b-2d177c9ca628":{"title":"La calligraphie monumentale","description":"Des inscriptions calligraphiques apparurent très tôt sur les constructions architecturales aussi bien religieuses ou militaires que civiles et privées. La présence de la calligraphie arabe est l'une des principales caractéristiques permettant de distinguer l'architecture de la période islamique. Le plus ancien bâtiment subsistant qui illustre ce type de décor est le Dôme du Rocher à Jérusalem, qui date du Ier/VIIe siècle.","quote":"“La présence de la calligraphie arabe est l'une des principales caractéristiques qui distinguent l'architecture de la période islamique.”"},"007e0513-1d25-5486-a970-7a75408f9d61":{"title":"La céramique mudéjare","description":"Initialement, les blasons n’étaient pas l’apanage exclusif de la noblesse, mais finalement liés à sa symbolique, ils sont à leur apogée aux XVe et XVIe siècles, comme l’atteste la profusion de leur utilisation et de leur application à tout type d’objet, et notamment aux pièces de céramique de commande. En rapport avec l’héraldique, la banderole à inscriptions religieuses chrétiennes fait son apparition sur les céramiques mudéjares.","quote":"La nécessaire adaptation au goût des nouveaux clients a obligé les potiers mudéjars à renouveler leur répertoire."},"7b8e8ebb-749c-5252-9649-7f18a8830f7b":{"title":"La céramique mudéjare","description":"La première céramique mudéjare est une imitation directe de la céramique nasride, au point qu’il est parfois difficile de différencier certains exemplaires. Les parentés portent aussi bien sur la technique (céramique dorée et bleu de cobalt) et le décor (palmes, tiges, palmettes, bourgeons) que sur les formes des pièces nasrides, même si nombre d’entre elles étaient de luxueuses pièces uniques, alors que les pièces mudéjares étaient réalisées pour satisfaire une clientèle plus nombreuse et plus large. Plus tard, contraints de s’adapter au goût de leurs nouveaux clients, les potiers mudéjars durent renouveler leur répertoire de formes, y incorporer des éléments gothiques et renaissants et adopter l’iconographie chrétienne.","quote":"On imite aussi bien la technique et le décor que les formes des pièces nasrides."},"073b795d-65c6-5d5e-9265-134b960cca53":{"title":"La cour","description":"Sous l'influence de Bagdad, le cérémonial du repas et les mœurs des convives se raffinèrent. Le repas partagé dans un récipient commun fut remplacé par de multiples plats servis selon un protocole rigoureux. Le menu s'enrichit de nombreuses recettes nouvelles, et leur dégustation était un plaisir pour le palais et pour l'odorat, subjugué par les arômes ; les plaisirs de la table étaient encore rehaussés par les plaisirs de l'ouïe, charmée par la musique, et de la vue, séduite par la contemplation des danseuses et du décorum du palais.","quote":"Le cérémonial du repas"},"06c733a5-e1b4-5be1-ae58-c5968680a73a":{"title":"Raqqa : la capitale syrienne du calife Haroun al-Rachid","description":"Le calife Haroun al-Rachid, petit-fils d'al-Mansour, tient sa cour à Raqqa de 180 à 192/796-809 alors que Bagdad et le sud de l'Irak connaissent une période d'instabilité politique. Al-Rachid agrandit les fortifications et crée au nord de la ville un nouveau quartier de palais. C'est là qu'il prendra demeure, ainsi qu'un certain nombre de dignitaires qui résident auprès de lui. Les liens avec Bagdad et les territoires orientaux sont maintenus grâce à un système de poste sophistiqué. Les fils d'al-Rachid et futurs califes passent tous une grande partie de leur jeunesse à Raqqa.","quote":"“Parmi ces palais se comptent la demeure du calife Haroun al-Rachid et celles d'un certain nombre de dignitaires qui vinrent résider auprès de lui.”"},"e1608033-ab95-5c07-ac56-54849a33a39b":{"title":"La Terre sainte des trois religions","description":"Au Ier siècle de l'Hégire (VIIe siècle H), Jérusalem et la Terre sainte tombent sous la souveraineté musulmane. Les deux endroits étaient également sacrés pour l'islam. Aussi, au cours des siècles suivants et malgré des périodes de troubles politiques, les fidèles des trois grandes religions continuaient à s'y rendre en pèlerinage. Ensuite, les souverains musulmans, dont les plus célèbres sont le calife Omar ibn al-Khattab (r. 13-23/634-644) et Salah al-Din al-Ayyoubi (Saladin, r. 564-589/1169-1193), s'attachèrent personnellement à la protection des routes de pèlerinage, assurant avec générosité la conservation des sites et facilitant leur accès à tous, qu'ils soient ou non musulmans – le Coran prescrit comme un devoir sacré de respecter les juifs et les chrétiens, “les gens du Livre” (*ahl al-Kitab*).","quote":"*“Le Coran respecte les juifs et les chrétiens, 'les gens du Livre' (*ahl al-kitab*).”*"},"adc2c82c-8dbe-5321-9ab3-9fea14b4167f":{"title":"Turquie","description":"Bien que des relations vieilles de plusieurs siècles, certaines remontant au Moyen Âge, aient existé entre les Ottomans et l'Occident à travers les guerres ou le commerce, l'occidentalisation du goût ottoman n'arrive dans l'empire que bien plus tard. L'apogée de l'Empire ottoman, qui se produit au XVIe siècle, n'est que de courte durée. Des lacunes dans le système administratif, en même temps que l'érosion des corps militaires et financiers, aboutissent pour l'empire à la perte de territoires dès la fin du XVIIe siècle. On tente de regagner la puissance révolue de l'empire en important certaines mesures de l'infrastructure administrative et technique de l'Occident, emprunt qui se reflète aussi dans la société et dans l'art ottomans. Renforcées par la perception de l'Empire ottoman comme marché, des relations culturelles et diplomatiques plus étroites se nouent avec l'Occident, qui conduisent à de nouveaux développements tant dans la structure sociale de la société que dans ses expressions artistiques. Ainsi, l'introduction d'éléments occidentaux dans le répertoire artistique ottoman aux XVIIIe et XIXe siècles est connue comme “période de l'occidentalisation”.","quote":"“Bien que des relations vieilles de plusieurs siècles, certaines remontant au Moyen Âge, aient existé entre les Ottomans et l'Occident à travers les guerres ou le commerce, l'occidentalisation du goût ottoman n'arrive dans l'empire que bien plus tard.”"},"a5133a30-c9e7-5c30-b1d4-bf5b16ad8f8d":{"title":"Objets","description":"L'art abbasside marque les débuts d'un style de décoration clairement islamique. Le vocabulaire adapté de l'art antique tardif fait place à des influences plus variées et à un nouvel esprit d'expérimentation. La porcelaine chinoise importée, par exemple, stimule le développement de la céramique abbasside. Certains objets copient ouvertement les pièces Tang à décor jaspé, alors que d'autres optent pour d'austères formes géométriques. L'apparition de la technique du décor au lustre, probablement issue de celle du verre et d'une importance essentielle pour la céramique islamique, aboutit à la création de poteries qui brillent comme un métal précieux. Des textiles de luxe – activité industrielle majeure de la période –, peu d'exemples sont parvenus jusqu'à nous . La période abbasside voit également la première mise en forme des styles d'écriture et par extension le développement de manuscrits coraniques superbement copiés et ornementés . \n \nSi le terme “abbasside” se réfère au vaste empire du califat, certaines régions étaient gouvernées par des vassaux sous le patronage desquels furent produites d'importantes œuvres d'art comme les corans du Maghreb. Les Toulounides d'Égypte étaient amateurs d'œuvres en bois délicatement sculpté ou incrusté , le bois restant un matériau de luxe dans un climat désertique."},"ca738840-bcc5-5148-8748-e3bb31ec2983":{"title":"L’art mudéjar aristocratique et civil"},"6ff61f8d-0983-5aa2-8637-2151608072f9":{"title":"L’art mudéjar populaire et religieux","description":"Une caractéristique du mudéjar populaire et religieux portugais : certains éléments décoratifs comme les merlons et les pinacles sont intégrés aux structures du gothique, qui ont coexisté avec les toitures à faux-entraits, *apeinazadas* et ornées d’entrelacs en étoiles ou de petites croix à forte polychromie, ou avec des plafonds plats de type *alfarje*, utilisés dans les chœurs et également ornées d’entrelacs en étoiles à huit et seize branches.","quote":"Le mudéjar portugais"},"35beb34a-375b-5bd2-98d3-523a97e96b21":{"title":"Les Fatimides","description":"“Ils rêvaient de constituer un califat chiite au cœur de l'univers islamique. Les Fatimides ont régné sur un empire resté célèbre pour la qualité de son administration autant que pour la splendeur de ses réalisations artistiques.”","extra":{"credits":"Curators & authors \nMohammad ABBAS, Cairo \nNoorah AL-GAILANI, Glasgow \nUlrike AL-KHAMIS, Edinburgh \nJamila BINOUS, Tunis \nAicha BENABET, Tunis \nHouria CHERID, Algiers \nElsayed HAMAD, Cairo \nMourad RAMMAH, Kairouan \nSalah SAYAOUR, Cairo \nTarek TORKY, Cairo \n \nCoordination \nEnaam Selim, Cairo \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"L'assassinat du calife Ali dans la ville irakienne de Koufa et celui de l'imam Hussein, petit-fils du Prophète, à Karbala donnent naissance au chiisme. S'appuyant sur le fait que ses chefs descendent du prophète Muhammad, le mouvement revendique son droit au califat. Férocement réprimé par les Omeyyades et les Abbassides, il n'en continue pas moins à se répandre dans le monde musulman et atteint bientôt l'Afrique du Nord où les chiites, conduits par Abou Abdallah al-Chii, décident de s'établir en attendant de pouvoir conquérir le califat. \n \nLe califat fatimide est né à Raqqada en Ifriqiya (Tunisie actuelle) ; de là, il va réussir à renverser la dynastie locale des Aghlabides en 297 de l'Hégire / 909 J.-C. La première capitale fatimide est al-Mahdiyya, dont le plan d'urbanisme et l'architecture portent déjà la marque de la nouvelle dynastie. Sous le règne éclairé du calife al-Mouiz li-Din Allah (r. 341-363/953-975), le royaume est remarquablement prospère et ces excellentes conditions économiques créent un climat favorable à la tentative de conquête du califat. C'est ainsi que le calife envoie le général Jawhar conquérir l'Égypte, en difficulté sous le gouvernement toulounide. En 357/969, al-Mouiz entre victorieux en Égypte et délègue le gouvernement de l'Afrique du Nord à ses vassaux zirides. Ceux-ci saisissent l'opportunité de devenir indépendants et renoncent au chiisme en faveur du sunnisme, reniement puni par les Fatimides qui envoient en représailles les tribus bédouines barbares des Banu Hilal. \nLe pouvoir fatimide est désormais installé en Égypte et, en 357/969, al-Mouiz fonde une nouvelle capitale, Le Caire. Une brillante civilisation se développe dans cet empire en constante expansion, qui rivalise avec les Abbassides de Bagdad et les Omeyyades d'Espagne. L'urbanisme, les sciences, les arts et la littérature atteignent de nouveaux sommets. Mais cette réussite spectaculaire ne durera pas : l'arrivée des Croisés, le déclin économique et de grandes épidémies contribueront à la chute de cette brillante dynastie qui disparaît sous les coups de Salah al-Din Ayyoubi (Saladin) en 567/1171.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/fatimids/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/16/portal_image/1.jpg","display_order":3}}},"bb6637ac-a866-515d-b9a2-3869310f0ad7":{"title":"La civilisation du mot","description":"Le sujet des inscriptions est variable, de même que leur style. Elles peuvent se référer aux mécènes, aux commanditaires, à leurs réalisations, ou citer des versets du Coran, des prières de protection, des bénédictions, des versets poétiques ou des proverbes. Par exemple, elles peuvent insister sur la fonction de l'objet qu'elles décorent, comme le verset “Dieu, lumière du monde” (XXIV, 35) sur les lampes de mosquée, ou choisir des versets poétiques louant le travail du calame, sur des écritoires ou des nécessaires à écriture. Prières, suppliques et autres appels à bénédictions sont censés contribuer activement à la fonction du récipient. Des mots comme *baraka* invoquent la générosité divine et la chance de son propriétaire. En citant l'un des quatre-vingt-dix-neuf noms de Dieu sur un objet, on espère prémunir l'objet et son contenu de toute perte ou dommage.","quote":"“Les inscriptions sont généralement choisies pour perfectionner la fonction de l'objet.”"},"d03f0704-42d3-54b3-8b3b-d1ee5a970a2c":{"title":"L’Égypte abbasside"},"06f8adf1-80a7-5ad3-930e-d74a24929bf9":{"title":"La culture de la table","description":"En dehors des assiettes en céramique d'Iznik, on se sert aussi de modèles en cuivre doré. Les porcelaines importées de Chine sont utilisées à table, mais le changement apporté par l'adoption d'un style de vie occidentalisé au XIXe siècle met fin à la culture de table traditionnelle du palais de Topkapı. On introduit des tables, des sièges, des porcelaines et des couverts en argent à l'européenne.","quote":"“En dehors des assiettes en céramique d'Iznik, on se servait aussi de modèles en cuivre doré.”"},"8aaef163-92d1-584e-b208-20da9b7fd02e":{"title":"Écoles de calligraphie","description":"Divers styles calligraphiques apparaissent à différentes périodes, influencés par le contexte social régional. Dans les provinces occidentales – le Maghreb et al-Andalus –, un style d'écriture dit *maghribi* est mis au point, influencé par l'héritage berbère de la région. Dans la Sicile multiculturelle, les Normands font réaliser des inscriptions multilingues, y compris en arabe, pour commémorer divers événements et en conserver une trace.","quote":"“Dans les provinces occidentales – le Maghreb et al-Andalus –, un style d'écriture dit maghribi est mis au point.”"},"0619d09f-5563-54e4-a733-b1fda9508dda":{"title":"Itinéraire d'une chaire islamique","description":"Ce *minbar* est d'une importance particulière car il est lié au martyr chiite l'imam al-Hussein, petit-fils du prophète Muhammad. Lorsque les Croisés marchent sur Achqelon (à 50 km environ au sud de Jaffa) en 548/1143, des dévots musulmans réussissent à emporter la tête coupée d'al-Hussein et le *minbar*, qu'ils font subrepticement passer à Hébron et déposent à la mosquée al-Ibrahimi. La tradition veut que la tête du martyr ait ensuite été emportée au Caire.","quote":"“Ils firent subrepticement passer le minbar à Hébron et le déposèrent dans la mosquée d'Abraham.”"},"d1cd70ed-eba3-5102-ad3f-35f48ba86542":{"title":"L'art turco-islamique de l'Anatolie pré-ottomane","description":"Une fois l'unification politique de l'Anatolie accomplie, les sultans seldjoukides développent le commerce, sécurisent les voies de communication et multiplient les programmes de construction. Ils vivent dans de luxueux palais conçus comme des paradis sur terre. État turco-islamique, les Seldjoukides anatoliens élaborent peu à peu un style qui s'inspire du patrimoine de nombreuses civilisations d'Asie et d'Anatolie, ainsi que de cultures contemporaines comme celle de Byzance. Sous leur règne, de la seconde moitié du Ve/XIe siècle au début du VIIIe/XIVe siècle, ils édifient des monuments à la gloire de leur religion mais qui correspondent également à leurs projets sociaux : mosquées, *turbé* (tombeaux), *madrasa* (écoles religieuses), hammams, *han* (caravansérails) et ponts.","quote":"“Ils élaborent peu à peu un style qui s'inspire du patrimoine de nombreuses civilisations d'Asie et d'Anatolie.”"},"29034c7a-8823-5847-9fb2-ed236e6ef371":{"title":"Les arts décoratifs","description":"L'application du lustre métallique à la décoration de récipients est une technique caractéristique de l'art islamique. D'abord apparue en verrerie, elle sera ensuite transposée à la poterie avec un succès considérable. En Égypte, la technique utilisée pour le verre est une innovation connue depuis au moins le IIe/VIIIe siècle. \n \nLa poterie à décor lustré – grâce au soutien apporté par les Fatimides aux potiers immigrés – marque bientôt le sommet de la production de céramique en Égypte, qui comprend cependant d'autres types de poterie vernissée. Les ateliers de certains maîtres-potiers nous sont connus, comme ceux de l'école de Muslim et de l'école de Saad. \n \nLe travail du métal donne lui aussi naissance à une industrie florissante. Des artisans se spécialisent dans la production d'animaux et d'oiseaux, de récipients en métal battu ou en fonte, d'instruments scientifiques comme les astrolabes et les ustensiles de chirurgie.","quote":"“L'application du lustre métallique à la décoration de récipients est une technique caractéristique de l'art islamique.”"},"cbc12111-8c44-55d6-b676-b86eda25e6a1":{"title":"Tunisie","description":"L'ameublement européen est adopté plus rapidement encore, et on commence à trouver couramment des lits à baldaquin à décor de plâtre, des miroirs et des consoles lourdement dorés, des lampes de Venise, des soies et velours italiens ou français qui côtoient les meubles hispano-maghrébins traditionnels, même si cette nouvelle tendance n'a jamais supplanté l'ancien style. Parmi les articles nouvellement importés se comptent aussi des tapis (*zarbia*) d'Anatolie, des coffres de mariage sculptés, des tables bases et des boîtes aux riches incrustations provenant de Turquie. Ameublement, habilement féminin, joaillerie, etc., connaissent tous la même évolution. Les revêtements muraux, les tentures, les parures de lits et de divan tout comme le vêtement d'une manière générale sont richement rehaussés de broderies levantines.","quote":"“Ameublement, habilement féminin, joaillerie, etc., connaissent tous la même évolution.”"},"54f705a7-f6cc-5d60-88a2-8e1edc57ef20":{"title":"Madrasa et éducation","description":"Le niveau d'alphabétisation est élevé et une compétition existe entre les mécènes pour financer les établissements d'enseignement. Les érudits – oulémas – d'Irak, d'Iran, d'Asie centrale, d'al-Andalus, du Maghreb et d'Égypte affluent vers ces nouvelles *madrasa*, trouvant à Damas un refuge et un terrain ouvert à leur enseignement. Grâce aux chartes *waqf*, les érudits perçoivent des bourses, des salaires et parfois un logement. Les bons étudiants reçoivent de leurs tuteurs un *idjaza* (certificat). L'apprentissage est un thème souvent illustré au frontispice des manuscrits scientifiques et philosophiques.","quote":"“L'apprentissage est un thème souvent illustré au frontispice des manuscrits scientifiques et philosophiques.”"},"ebe1e957-e9a6-5900-a103-902e5fee4e8f":{"title":"Gestion de l’eau"},"699bcf48-10b7-5156-85dc-0aff994af0da":{"title":"L'art hors de la capitale","description":"Comme d'autres empires, les Ottomans imposent leurs goûts artistiques aux pays conquis, en même temps que leur système politique et administratif. Grâce aux ateliers établis dans le palais de Topkapı, ils dominent et contrôlent l'activité artistique des provinces d'une immense aire géographique. Néanmoins, plus on s'éloigne de la capitale, plus les influences locales se font sentir, en dépit de la domination des ateliers impériaux. \nLes Ottomans des provinces imitent avec art le goût raffiné de la capitale, qui se reflète ainsi dans les œuvres commanditées directement par le palais ou par les gouverneurs administrant les provinces au nom du sultan. La compétition entre les bienfaiteurs locaux et ceux de la capitale est certes inégale, mais des créations artistiques remarquables voient tout de même le jour.","quote":"“Plus on s'éloigne de la capitale, plus les influences locales se font sentir en dépit de la domination des ateliers impériaux.”"},"b554b571-d0e5-5750-8458-758d1d2857a2":{"title":"Le sultan et sa cour","description":"À la cour, le sultan vit entouré d'un cercle rapproché de hauts dignitaires, chacun en charge d'une responsabilité spécifique, telle qu'échanson, trésorier ou majordome. Ils doivent apporter leur soutien loyal au sultan dans ses activités religieuses, politiques et militaires, mais sont souvent impliqués dans des luttes de factions et de pouvoir contre leur souverain. \nPlus positivement, ils tendent à imiter le sultan, mécène des arts et de l'architecture. Comme les enfants des Mamelouks ne peuvent hériter du rang et des privilèges de leur père, la mise en place de fondations religieuses (*waqf*) est un moyen répandu d'assurer la sécurité et les revenus de leur famille.","quote":"“Les dignitaires mamelouks cherchent à imiter le sultan dans ses activités de mécène des arts et de l'architecture.”"},"dc90a515-7d31-50e6-bb8f-6de8b231efd4":{"title":"L’Égypte abbasside","description":"L'Égypte reste sous souveraineté abbasside de 132/750 à 358/969. Son agriculture et son commerce procurent d'importants revenus et sa situation ouvre les portes de l'Afrique du Nord. Le pays est confié à un gouverneur disposant d'une armée d'élite et d'une administration. Fustat, sur la rive gauche du Nil et au sud du Caire, en est la capitale économique. La ville conserve encore aujourd'hui une population en majorité chrétienne copte. La mosquée d'Amr Ibn al-'As y est le principal lieu de culte musulman. Le gouverneur et ses troupes occupent le quartier d'Asakir adjacent à Fustat.","quote":"“Fustat, sur la rive gauche du Nil, au sud du Caire, est la capitale économique.”"},"396874d9-40a1-5d19-9b40-a8c4225d8397":{"title":"Les routes de pèlerinage et les Lieux saints","description":"L'Égypte était le point de rassemblement pour les pèlerins venant du nord et du centre de l'Afrique. Arrivés à Alexandrie, ils se dirigeaient vers le Caire où ils embarquaient sur le Nil à Fustat, puis ils remontaient le fleuve sur 640 km pour atteindre Qus, dans le Sud. Les chameaux les conduisaient ensuite vers Ayla, l'un des ports les plus importants de la mer Rouge. De là des bateaux les emportaient vers l'Arabie. La traversée était périlleuse, de nombreux bateaux coulaient et des pèlerins périssaient dans ces naufrages.","quote":"“L'Égypte était le point de rassemblement pour les pèlerins venant du nord et du centre de l'Afrique.”"},"31839947-b81e-578b-b011-e2319540abf1":{"title":"Jordanie"},"9e30bc38-26f6-5892-9b38-6c81101cb0d5":{"title":"Les vêtements et les bijoux des femmes musulmanes","description":"L'islam demande aux hommes comme aux femmes de se vêtir avec modestie. Les femmes sont censées se couvrir la tête, porter des vêtements à manches longues, qui les protègent du cou aux chevilles. Par-delà ces conventions observées par toutes, le costume féminin musulman a toujours beaucoup varié selon les cultures et les périodes, aussi bien en termes de textiles que de formes, de superpositions de vêtements, de styles de coiffure et d'accessoires. La différenciation des classes sociales et des origines ethniques a aussi joué un rôle dans l'apparence des femmes.","quote":"“L'islam demande aux hommes comme aux femmes de se vêtir avec modestie ; les femmes doivent se couvrir la tête.”"},"98c2e587-fe2e-561f-800d-0429b0889c72":{"title":"La décoration géométrique en architecture","description":"Les murs sont revêtus de panneaux et de frises à thèmes géométriques en relief, initialement colorés, à l'image de tissus précieux. \nL'ornementation tridimensionnelle apparaît avec ce qu'on appelle les *mouqarbas* en Occident et *mouqarnas* en Orient, employées sur les arcs et corniches des fenêtres. Ce type d'ornement est constitué d'éléments prismatiques de différentes formes assemblés entre eux. \nEnfin, la décoration calligraphique à tracé géométrique, dans la variante de la lettre coufique, meuble les frises des édifices religieux et civils.","quote":"“Les murs sont revêtus de panneaux et de frises, à l'image de tissus précieux.”"},"ceba53e2-8d26-5b58-86d1-788c47e11fd6":{"title":"Coexistence des trois cultures"},"1fe29955-194b-5f40-833a-ae7bf2b5e383":{"title":"Le Caire, Damas et Jérusalem, centres de la vie intellectuelle mamelouke","description":"Sous le règne des Mamelouks, l'Égypte, la Palestine et la Syrie connaissent une extraordinaire renaissance économique et culturelle, essentiellement centrée sur les villes du Caire, de Damas et de Jérusalem. Le Caire, la capitale mamelouke, est célébrée comme la “Métropole de l'univers” et le “Jardin du monde”. C'est la plus grande métropole de l'époque et l'une des plus riches cités du Proche-Orient, lieu d'attraction pour les intellectuels, les étudiants, les savants, les artisans et les commerçants.","quote":"“Le Caire, la capitale mamelouke, est célébrée comme la 'Métropole de l'univers'.”"},"5a338511-2ac0-5415-a85c-90120546219d":{"title":"Tunisie","description":"En fait, c'est dès la fin du XVIIe siècle que les édifices privés et publics commencent à introduire des innovations dans leur architecture, leur décoration et leur ornementation. Les premiers éléments du style baroque font leur apparition, et les traditions locales en matière de faïence, de stuc et de bois sculpté sont abandonnées en faveur de la décoration italienne ou rococo exécutée par des artisans étrangers. De somptueuses demeures sont construites dans les plus beaux quartiers de la médina en même temps que des maisons de campagne dans les jardins environnants. L'ornementation diffère d'un palais à l'autre, mais la fascination pour le marbre de Carrare et les céramiques importées est largement partagée aux XVIIIe et XIXe siècles : grands escaliers de marbre, plafonds de bois peints italiens, carreaux napolitains, stucs et peintures florales husseinites. Les portes et volets intérieurs sont réalisés avec des panneaux de bois sculpté italiens.","quote":"“De somptueuses demeures sont construites dans les plus beaux quartiers de la médina en même temps que des maisons de campagne dans les jardins environnants.”"},"e7b309d4-f6ec-5a3c-85a4-64bb13cff1d3":{"title":"Les communautés islamisées avant et après la conquête normande","description":"Il existe, en Sicile, peu de témoignages matériels relatifs à la période de domination islamique, qu’il s’agisse de l’époque où l’île était entièrement gouvernée par les émirs kalbides, vassaux des Fatimides, ou de l’époque de la conquête normande, quand seules quelques zones restèrent, un certain temps, aux mains des musulmans. Dans le domaine architectural, il s’agit souvent de restes de maçonneries appartenant aux mosquées ou à des fortins, le plus souvent englobés dans des constructions postérieures.","quote":"Rares sont les témoignages de la période de domination islamique en Sicile. Il s’agit, le plus souvent, de vestiges de maçonneries appartenant à des mosquées ou des fortins."},"8319f75e-c88b-5e0d-87d1-baa20d291ec5":{"title":"Le Haram de La Mecque et la Kaaba"},"a1f710c0-f3ac-5a24-a8f4-4bfadf1b55e4":{"title":"La décoration géométrique dans les récipients en céramique"},"7e85c07a-48f2-5fc5-b04e-c0bb4eaed801":{"title":"Pèlerinage en Terre sainte"},"6a6bebaa-7157-585a-a0a4-10139e43213c":{"title":"Flore et arabesques : visions de l’éternité et de l’unité divine","description":"L'arabesque est certainement l'alternative la plus répandue aux décors floraux naturalistes. Composées d'une combinaison de rafles, rinceaux, feuilles et palmettes imbriquées qui se développent dans des compositions infinies et souvent symétriques, les arabesques se répandent dans l'art islamique à partir du Ve/XIe siècle. Leur souplesse d'adaptation et leur variété, qui se prêtent aussi bien au décor d'objets que de structures architecturales, invitent à la contemplation des interconnexions et des interdépendances insondables de Dieu.","quote":"“L'arabesque est certainement l'alternative la plus répandue aux compositions florales naturalistes.”"},"cffb5dbb-cdd6-5c87-9301-6dc14bb279d8":{"title":"Vie religieuse","description":"Le rôle de Damas comme point de départ du pèlerinage annuel, ou *hadjdj*, renforce le caractère religieux de la ville. Au cours de la période ayyoubide, le faubourg d'al-Maydan se développe en bordure de la route du *hadjdj* et devient un important centre de production d'art religieux. L'art islamique religieux des périodes atabeg et ayyoubide s'exprime de manière particulièrement éloquente dans l'architecture des mosquées et les enluminures coraniques. La maçonnerie et le travail du bois des minarets, les *mihrab*, les *maqsura* et les *minbar* en sont autant d'exemples.","quote":"“L'art islamique religieux s'exprime de manière particulièrement éloquente dans l'architecture des mosquées.”"},"21173928-d7cb-5f28-9f20-0a8f069336e7":{"title":"Les routes de pèlerinage et les Lieux saints","description":"Au nord, une seconde route de pèlerinage partait de Turquie, de Syrie, d'Irak et d'Iran. Les pèlerins se retrouvaient tous dans les environs de l'ancien Aylat (aujourd'hui village d'er-Rumeil) et de là poursuivaient vers Djeddah et Médine. Nombre de hauts personnages musulmans participèrent à l'entretien de la route, dont Sayyida Zoubayda, épouse du calife Haroun al-Rachid. La section dont elle s'était chargée offrait d'excellents aménagements et était appelée “la route de Zoubayda.”","quote":"“Au nord, il y avait une autre route de pèlerinage pour ceux qui regagnaient La Mecque à partir de la Turquie.”"},"e80da55d-a24c-5ad5-8bdc-c203bda24973":{"title":"Le Haram de La Mecque et la Kaaba","description":"La tradition de recouvrir la Kaaba d'une *kiswa* (couverture) de couleur sombre richement décorée remonte à un roi d'Himyar en Arabie du Sud, deux siècles avant l'Hégire. Par la suite, la *kiswa* fut offerte par le prophète Muhammad et les califes ; plus tard, c'est à l'Égypte qu'il revint d'expédier chaque année une nouvelle *kiswa*, décorée de panneaux en fil d'or reproduisant des extraits du Coran et des prières liées au *hadjdj* et à sa solennité. En même temps était offerte une paire de luxueux rideaux destinés à recouvrir les portes de la Kaaba, ainsi qu'un sac contenant les clés de l'édifice, en cuivre incrusté d'argent et rehaussées de citations religieuses. Au Caire, la cérémonie de l'expédition donnait lieu à de grandes festivités. La *kiswa* entamait son voyage en partant de l'avant-cour de la citadelle, accompagnée de chevaliers et de dignitaires, de joueurs de tambour et de fanfares. Une foule immense se pressait autour du cortège.","quote":"“Traditionnellement, la Kaaba est recouverte d'une kiswa de couleur sombre, richement ornementée.”"},"573c3733-80fc-5e4c-b0cc-4de48d4bc466":{"title":"Zenguides et Ayyoubides"},"5f07058e-e943-529b-9aad-26510494cbe8":{"title":"La céramique mudéjare","description":"La meilleure période des carreaux de céramique dorée de Manisès coïncide avec la suprématie des thèmes zoomorphes : cerfs, échassiers, taureaux et petits oiseaux occupent le centre de la composition, nouveauté décorative qui se détourne de la tradition hispano-musulmane. Avec la décadence des fours de Manisès, la couleur passe de l’or pâle au cuivré ou au chocolaté, et la variété de décors se restreint : le plus populaire est désormais un oiseau fantastique (le *pardalot*) au corps sillonné de rayures qui imitent le plumage.","quote":"Avec la décadence des fours de Manisès, la couleur passe de l’or pâle au cuivré."},"a33e8d0d-78bb-5e1f-bf96-8cdd1b65b6f8":{"title":"L’ouverture sur le monde : contacts diplomatiques et commerce international","description":"Tout au long de leur règne, les Mamelouks entretiennent des liens diplomatiques étroits avec toutes les principales puissances européennes : Castille, Sicile, républiques italiennes et Byzance entre autres, ainsi qu'avec les Mongols et l'Extrême-Orient. Pratiqués au plus haut niveau, les échanges de luxueux cadeaux diplomatiques produits en Égypte et en Syrie concrétisent et consolident les liens politiques. Au même moment, les relations internationales bénéficient aussi de l'essor du commerce à grande échelle.","quote":"“Des cadeaux diplomatiques produits en Égypte et en Syrie concrétisent et consolident les liens politiques.”"},"48a86896-7c77-5f66-a1d9-8df0111a6e0c":{"title":"Le système mamelouk","description":"Le Mamelouk reste avant tout un soldat d'élite, formé à la guerre, au tir à l'arc et à l'équitation. À de nombreux égards, son entraînement peut être comparé à celui des chevaliers européens de la même époque. Des tournois sont régulièrement organisés autour de jeux de compétition comme le polo (*jawkan*), conçu pour le perfectionnement des talents équestres. Une fois sa formation terminée, le Mamelouk est émancipé et reçoit un jeu de flèches, ainsi qu'un cheval. Il peut alors entamer une carrière militaire qui permet aux plus habiles d'entre eux de s'élever dans la hiérarchie et de devenir commandants, gouverneurs de province, délégués du sultan ou même sultans.","quote":"“À de nombreux égards, l'entraînement des Mamelouks peut être comparé à celui des chevaliers européens de la même époque.”"},"9f7848ae-c4b1-5425-8491-708ef71e028d":{"title":"Gestion de l’eau","description":"Si les systèmes édifiés par les Romains furent habilement réutilisés au cours des âges, la contribution de la civilisation islamique à la gestion de l'eau est tout aussi importante. La forte immigration arabe et l'augmentation de la population permirent l'expansion d'une nouvelle classe de propriétaires terriens qui investirent dans l'agriculture. L'héritage des techniques romaines de gestion de l'eau fut développé par les dynasties islamiques, comme le montre la construction de nombreux systèmes d'adduction d'eau, parmi lesquels des canaux souterrains, des canaux à l'air libre, des aqueducs, des citernes, des barrages, des réservoirs et des roues à aubes ou norias.","quote":"“L'héritage des techniques romaines de gestion de l'eau est développé par les dynasties islamiques.”"},"17ddd4ae-d694-5a72-955a-060b61ef530c":{"title":"Les femmes de la dynastie : les petites-filles de Fatima al-Zahra","description":"Par respect pour leur ancêtre Fatima al-Zahra, fille du prophète et épouse de l'imam Ali bin Abi Talib, les Fatimides accordent aux princesses royales un statut particulier et un rôle important dans la vie publique. Cette attitude n'est pas sans conséquences sur le traitement réservé aux femmes dans la société de l'époque. De nombreuses femmes de la cour détiennent des postes politiques importants et la sœur du calife al-Hakim bi Amrillah, Sitt al-Moulk, gouvernera même l'Égypte pendant quatre ans à la place de son frère encore enfant. De nombreuses femmes fatimides bien nées gèrent leur propre fortune et exercent des activités commerciales, possédant même des navires de transport. Un style de vie luxueux témoigne de cette richesse personnelle : une princesse du nom de Abda laisse à ses héritiers tant de coffres remplis de gemmes, de bijoux et autres trésors qu'il faudra 14 kilogrammes de cire pour les sceller et 30 rames de papier pour en établir la liste.","quote":"“Les Fatimides accordent aux princesses royales un statut privilégié.”"},"119ab24b-479f-5ff2-b732-0ff4c64e08e5":{"title":"Les communautés islamisées avant et après la conquête normande","description":"Des objets d’usage quotidien et funéraire, tels que des jarres en terre cuite et des inscriptions funéraires, parfois très proches, par leur typologie, de certains exemplaires nord-africains, tantôt produits par des artisans travaillant sur l’île, tantôt importés d’Afrique du Nord ou de zones encore musulmanes de la péninsule Ibérique, témoignent de relations durables entre les différentes régions méditerranéennes. Pendant une bonne partie du XVIe siècle, les clivages entre deux mondes opposés ont ainsi été transcendés.","quote":"Certains objets d’usage quotidien, semblables, dans leur typologie, à ceux provenant d’Afrique du Nord ou de la péninsule Ibérique, témoignent de relations durables entre les différentes régions méditerranéennes."},"544d24b1-a4c5-568d-8a3b-dd38d938afe5":{"title":"L’écriture coufique","description":"L'écriture coufique apparaît à Koufa, en Irak, dans les premières décennies du Ier/VIIe siècle. Elle est issue de l'écriture *hidjazi* (de Hedjaz), elle-même influencée par le style syriaque, et naît de la rencontre de deux cultures lors de l'installation d'un certain nombre de lettrés chrétiens d'Irak à Koufa dans la première moitié du Ier/VIIe siècle. L'importance politique et militaire de la ville contribua à la propagation du style coufique et lui valut son nom. La présence d'un grand nombre de lettrés musulmans et de récitants du Coran et des Hadiths contribua à cette diffusion hors de la cité et à son développement stylistique et esthétique.","quote":"“L'importance politique et militaire de Koufa contribua à la propagation du style coufique et lui valut son nom.”"},"97f0d7d4-686c-530b-b13e-3459e7fb2772":{"title":"Splendeur de l'habillement : Tiraz et vêtements de l'époque","description":"L'Égypte fatimide est réputée pour le luxe de sa production textile et en particulier pour celle des ateliers dits *dar al-tiraz* de Damiette, Dabiq, Tanis, Alexandrie et Shata. Le mot perse *tiraz* s'applique à un bandeau décoratif brodé cousu en bordure d'un tissu ou d'un vêtement. Il peut comporter des bénédictions et, à la période fatimide, le nom du calife régnant ou d'un mécène de haut rang. Chaque atelier de *tiraz* est dirigé par un gérant qui contrôle la fabrication, l'emballage et le transport de la production, dont une partie particulière est réservée au calife lui-même. Le statut de ce personnage est très envié. Il reçoit un important salaire et est honoré par une procession et une réception de bienvenue chaque fois qu'il se rend au Caire.","quote":"*“L'Égypte fatimide est réputée pour ses ateliers de textiles dits* dar al-tiraz*.”*"},"9275ed46-c379-591c-b8f5-c59e0879225f":{"title":"La civilisation du mot","description":"La coutume d'inscrire le nom et les titres du commanditaire d'un objet et d'appeler sur lui des bénédictions est une façon de le personnaliser et de commémorer le patronage, en particulier lorsqu'il s'agit d'un présent fait à une institution publique religieuse comme une mosquée ou une *madrasa*. Les objets sont parfois transportés sur de longues distances avant d'atteindre leur destination et ont pu inspirer les artisans locaux. Certains d'entre eux utilisent la calligraphie pour des raisons purement décoratives et créent à cet effet des inscriptions illisibles.","quote":"“Certains artisans utilisent une calligraphie purement décorative et créent des inscriptions illisibles.”"},"c3c3c6a9-356a-5b3d-b18a-805d7175e3fa":{"title":"Réformes administratives"},"ab86e7ab-a2af-55b0-bd1d-acb09915baa1":{"title":"Mosquées et palais","description":"La dynastie fatimide consacre de grands efforts à construire, meubler et entretenir des mosquées afin de diffuser son credo chiite. Que ce soit à Mahdia ou dans sa splendide capitale du Caire – aux imposants complexes religieux comme les mosquées d'al-Azhar et d'al-Aqmar – ou dans des régions lointaines comme la Sicile, les mosquées fatimides sont les phares de la propagation de la foi chiite. Architecturalement, elles se distinguent par une entrée en projection rappelant les \"arcs de la victoire\" romains, une coupole en pierre sculptée et une façade à inscriptions (de contenu chiite) rédigées en style coufique. Mais ce qui est particulièrement notable, c'est l'absence de minaret.","quote":"“Les mosquées fatimides sont les phares de la propagation de la foi chiite.”"},"ee7a2a3a-731e-564b-b6f7-1f7eb1934418":{"title":"Le Caire, Damas et Jérusalem, centres de la vie intellectuelle mamelouke","description":"Jérusalem est une ville sainte pour l'islam, le christianisme et le judaïsme. Elle se développe sous les Mamelouks qui confirment son statut d'étape essentielle pour les pèlerins, les étudiants en religion et les savants en lançant de grandioses projets architecturaux. Elle est si respectée pour la qualité des échanges intellectuels, l'introspection mystique et les débats entre les religions que le nombre de ses *madrasa* et autres centres d'études généreusement financés et animés par certaines des plus grands intellectuels de l'époque s'accrut jusqu'à dépasser la centaine.","quote":"“Les Mamelouks firent de Jérusalem une destination essentielle pour les pèlerins, les étudiants en religion et les savants.”"},"6ca7f36b-6ff1-5be2-b8a1-162095f62272":{"title":"Art et architecture royale","description":"L’architecture religieuse liée à la cour normande est représentée par certaines églises dont la construction exploite des sites et des structures de la précédente période islamique.","quote":"Quelques églises royales normandes s’élèvent sur des vestiges de sites islamiques."},"94fec78e-a38a-50eb-964d-7cb6963f9585":{"title":"Turquie","description":"L'admiration des Ottomans pour l'art, l'architecture et l'urbanisme de l'Occident conduit à la naissance d'un goût nouveau pendant la période des Tulipes (1718-1730). De plus en plus présents dans les décennies qui vont suivre, des traits baroques et rococo sont introduits dans le style ottoman, faisant des styles Empire, classique et néo-éclectique des styles presque courants au XIXe siècle.","quote":"“L'admiration des Ottomans pour l'art, l'architecture et l'urbanisme de l'Occident conduit à la naissance d'un goût nouveau pendant la période des Tulipes (1718-1730).”"},"46dc88ff-bfef-555f-911d-3ced9ca58efa":{"title":"Gardiens des sites sacrés","description":"Après la conquête de l'Égypte par les Ottomans en 923/1517, les souverains de La Mecque remettent le pouvoir suprême sur l'Arabie entre les mains du sultan Sélim Ier, pour des raisons politiques et économiques. Ainsi, les deux plus importantes cités musulmanes, La Mecque et Médine, les lieux les plus sacrés de l'islam, font désormais partie de l'empire. Les sultans ottomans prennent le titre de calife. Pendant les 400 années qui vont suivre, ils vont généreusement contribuer à l'entretien et au développement des lieux saints.","quote":"“Pendant près de 400 ans, les sultans vont généreusement contribuer à l'entretien des lieux saints.”"},"93c54687-ed57-54c6-8dc9-82032411c77b":{"title":"La décoration géométrique dans l’art du livre"},"622bc6c4-0521-53bd-80a6-0fa7a314fc9b":{"title":"Le Saint Coran","description":"Le Coran, le livre saint de l'islam, reproduit la parole de Dieu révélée oralement en arabe au prophète Muhammad entre 610 et 632. Il fut assemblé en un seul volume par les compagnons du Prophète et les premiers califes, en particulier le troisième, Othman ibn Affan (23-35/644-656), à l'époque duquel le texte fut organisé tel que nous le connaissons aujourd'hui. Le Coran compte 114 chapitres ou sourates et 6 236 versets ou *ayaf*.","quote":"“Le Coran, le livre saint de l'islam, reproduit la parole de Dieu révélée oralement en arabe au prophète Muhammad.”"},"11b19208-0f2c-5176-9948-5d121532b39a":{"title":"Les femmes musulmanes comme mécènes","description":"Les femmes soutiennent également la construction de *ribat* (fortifications religieuses) et de *khanqah* (couvents pour derviches), d'abord comme refuge pour les combattants de la foi puis utilisés plus tard comme lieux de prière et logements d'accueil pour les pauvres. \n \nL'éducation est une des sphères dans lesquelles les femmes se montrent d'actives mécènes, comme en témoigne cet important complexe éducatif du Caire, la *madrasa* d'Oum Sultan Chaaban, édifiée par la mère du sultan mamelouk Chaaban. D'autres financent des écoles (*kuttab*, *madrasa*) pour l'éducation des filles. Elles interviennent également dans des œuvres charitables comme le mécénat d'hôpitaux (*bimaristan*) dont celui adjacent à la Grande Mosquée de Divriği, commandité par Turan Melik (VIIe/XIIe siècle), et celui que fit construire Aziza Othmana au XIe/XVIIe siècle.","quote":"“Les femmes soutiennent également la construction de ribat, de khanqah, de madrasa et de bimaristan.”"},"1dbcce8a-f15c-5124-8ef3-103e38fe1b4e":{"title":"Science et savoir","description":"Les mandataires musulmans se sont toujours préoccupés de l'approvisionnement en eau de la population, et ont appliqué les connaissances scientifiques disponibles à la recherche des solutions les plus performantes. Celles des installations d'acheminement de l'eau qui sont parvenues jusqu'à nous sont bien sûr les plus solides : digues, aqueducs et norias.","quote":"Science et technologie hydrauliques"},"d0091937-ae75-5b53-b750-fd43ae2c25e5":{"title":"Les vêtements et les bijoux des femmes musulmanes"},"30947cee-0ac0-51a6-a6b7-4918f5ceb559":{"title":"Monuments","description":"L'architecture abbasside représente ce que l'on pourrait qualifier de première époque “classique” dans l'évolution de l'architecture islamique, centrée sur la capitale politique et culturelle abbasside, Bagdad (et par extension le faubourg royal adjacent de Samarra). L'architecture abbasside de Bagdad est marquée par l'utilisation massive de la brique dans la construction. Le stuc est également très répandu pour la décoration. La pierre est présente dans les régions où elle est aisément disponible, ou du moins un matériau de construction courant, comme dans l'Égypte toulounide ou dans la Tunisie aghlabide, les deux principales traditions de l'ère abbasside représentées ici. Le bois également est utilisé, bien qu'avec une certaine économie, pour fabriquer des éléments comme les *minbar*, les portes et les charpentes. \n \nLe plan de la mosquée hypostyle prédomine toujours. Le minaret, le *minbar* et le *mihrab* deviennent des éléments caractéristiques de ce type d'édifice. La coupole de dimensions relativement modestes placée au-dessus de la zone précédant le *mihrab*, qui était apparue sous les Omeyyades, se répand de plus en plus. Chez les Aghlabides, une seconde coupole est parfois édifiée, à l'opposé de la précédente, au-dessus de l'entrée menant de la cour à la salle de prière. Une autre nouveauté de la période abbasside est la *ziyada*, l'espace ouvert qui entoure la mosquée et la sépare du tissu urbain environnant . \n \nCaractéristique exclusive de l'architecture islamique, les *mouqarnas* font leur apparition pendant la période abbasside, probablement à Bagdad. Les premiers exemples ont été datés de la fin du IIIe siècle H (fin IXe-début Xe siècle J.-C.), puis ils se sont largement répandus au Ve siècle H (XIe siècle J.-C.). L'arc brisé devient prédominant dans l'architecture abbasside et l'arc en fer à cheval commence à se banaliser dans l'architecture aghlabide. En termes de types de construction, l'apparition d'une architecture funéraire dans les traditions architecturales islamiques remonte à la période abbasside. À l'origine, ces édifices consistent en un simple volume couvert d'une coupole. \n \nLes principaux motifs décoratifs de la période, souvent exécutés en stuc, sont d'inspiration végétale et géométrique. L'arabesque ou les motifs végétaux entrelacés et répétés apparaissent également pendant cette période. Les inscriptions continuent à jouer un rôle important dans les articulations architecturales. \n \nLes premiers exemples d'architecture abbasside montrent des influences évidentes des Sassanides d'Iran. Cependant, celle de la Tunisie aghlabide témoigne d'un degré plus élevé de continuité avec les traditions omeyyades. On y retrouve les minarets de section carrée et le remploi d'éléments de construction romains et byzantins, comme des fûts et chapiteaux de colonnes. Au début du IIIe siècle H (milieu du Xe siècle J.-C.), en particulier avec l'émergence de ce qu'on appelle le “style de Samarra”, l'architecture abbasside ne se réfère plus qu'à elle-même, évoluant dans le cadre d'un processus interne qui s'appuie d'abord sur des prototypes musulmans plutôt que sur des styles importés d'autres traditions."},"ee2aaf47-9aaa-5955-b4b2-c1f9cacab9fc":{"title":"Plaisirs et festivités à la cour","description":"Malgré la piété ambiante, la vie à la cour fatimide et dans celles de leurs vassaux – les Zirides en Afrique du Nord et les Kalbides en Sicile – ne manque pas de distractions, offertes par des poètes, des chanteurs et des danseurs. En Afrique du Nord, les Fatimides protègent des poètes locaux comme les Tunisiens (Ifriqiyens) Ibn Hani et al-Ladi. Plus tard, une fois au Caire, la cour accueille des poètes de toutes les régions de l'islam. La musique s'inspire de traditions orientales et emprunte également au répertoire andalou. Elle est jouée par des musiciens et des musiciennes sur des instruments comme la flûte de roseau, le luth et le tympanon. Les chanteurs, dont beaucoup maîtrisent aussi la pratique d'un instrument, chantent des poèmes composés sur des thèmes d'amour et de chevalerie. Danseurs et danseuses sont appréciés, comme le montre la représentation de la danse du mouchoir sur de nombreuses sculptures en bas-relief.","quote":"“Malgré la piété ambiante, la vie à la cour fatimide ne manque pas de distractions.”"},"4d22c9f5-70ed-5031-b70e-7aa555a8fa7a":{"title":"Représentation humaine","description":"L'art islamique adapte et stylise sans hésitation les représentations préislamiques de la figure humaine. Des motifs figuratifs apparaissent ainsi dans la décoration de surface d'objets et de monuments (à l'exception généralisée des mosquées) sous forme de motifs tissés ou appliqués, dans des formes sculpturales, sur des pièces de monnaie ou en enluminures de manuscrits. Les figures religieuses de prophètes ou d'anges sont inspirées de la tradition byzantine, les thèmes mythiques comme ceux des harpies (oiseaux à tête féminine) viennent de l'Antiquité et d'autres formes figuratives sont créées par adaptation de formes visuelles familières au plan culturel, établies de longue date.","quote":"“L'art islamique adapte et stylise sans hésitation les représentations préislamiques de la figure humaine.”"},"93d8ebf1-31d8-5e89-966d-89b3cb0abebd":{"title":"Sujets chrétiens sous administration omeyyade"},"473cc292-7a45-5f73-b92a-f3b7db5501f4":{"title":"L’arte mudéjar"},"0f9828f8-dd3a-5969-ba97-2fc083ca3fe9":{"title":"Les femmes musulmanes comme professionnelles, artisanes et artistes-interprètes","description":"De nombreuses musulmanes ont laissé leur nom dans l'Histoire comme musiciennes ou danseuses d'exception. Plusieurs furent engagées pour jouer à la cour et généreusement récompensées. Nous connaissons ainsi Nasab, dont le talent au tambourin était tel que le calife fatimide al-Moustansir bi Allah lui offrit au Caire un terrain qui donna par la suite son nom au quartier al-Tabalah (la joueuse de tambour). Une luthiste, Itifaq, réussit même à épouser le souverain mamelouk al-Malik al-Mudhaffar Haji bin Qalawun. Lorsqu'elle venait jouer, il faisait recouvrir le sol de soie et après sa prestation, il lui donnait quatre joyaux et six perles d'une valeur de 4 000 dinars.","quote":"“De nombreuses musulmanes se sont fait connaître comme musiciennes et danseuses du plus haut niveau.”"},"5cef1f76-07da-5ce0-a8f7-d678e155d371":{"title":"Sujets chrétiens sous administration omeyyade","description":"La conquête de la région du Moyen-Orient qui comprend la partie nord du désert de Syrie qui s'étend aux vallées du Tigre et de l'Euphrate ainsi qu'à la vallée du Nil – autrement dit le “Croissant fertile” actuel – est entreprise au nom de l'islam. La période omeyyade qui suit entraîne moins de changements pour les populations chrétiennes qu'on ne le pense généralement car les communautés musulmanes restent concentrées dans les villes et les cités nouvelles et constituent essentiellement une élite militaire. Les chrétiens, eux, continuent à vivre dans de petites villes et à la campagne et ne sont pas exclus des postes administratifs. \n \nLes communautés chrétiennes restent prospères et les artisans continuent à produire de multiples objets comme des lampes, d'usage aussi bien religieux que séculier. L'imagerie chrétienne reste présente sur nombre d'entre eux. \n \nPeu d'églises sont désaffectées. La basilique à trois nefs est le plan le plus fréquent et les églises urbaines sont généralement plus luxueuses que celles des zones rurales. De nombreuses églises de cette période sont réputées pour la beauté de leurs sols en mosaïque.","quote":"*“Les communautés chrétiennes restent prospères et les artisans continuent à produire de multiples objets.”*"},"1d025879-0f4e-58f5-9d96-55b7af6f72a3":{"title":"La civilisation du mot"},"543aaa57-6637-5f92-ac7d-d3ff9c19f682":{"title":"L’art hispano-maghrébin","description":"L’art nasride en al-Andalus et l’art mérinide, zianide et hafside au Maghreb représentent le point culminant de la profusion décorative dans l’art musulman occidental. Leurs relations engendrent un art très similaire – avec des résultats aussi importants que l’Alhambra de Grenade ou la *madrasa* Attarine de Fès, qui finira par devenir le paradigme de l’art islamique occidental.","quote":"Mérinides et Nasrides: paradigme de l’art islamique occidental"},"39470669-f271-52b5-9ea9-ee88e042362a":{"title":"La vie privée des femmes musulmanes","description":"Dans la culture islamique, les maisons et les palais étaient conçus pour assurer aux femmes leur intimité, les protéger de toute intrusion et de tout risque dû à la présence d'étrangers. Dans cette sphère exclusivement privée, les femmes pouvaient vaquer aux tâches domestiques, assurer leurs engagements familiaux, rencontrer d'autres membres féminins de la famille au sens large, leurs parentes et amies, et mener une vie personnelle. Elles avaient le droit à la propriété et leur dot, y compris les bijoux reçus de leur mari au moment du mariage, leur restait acquise même en cas de divorce. À la cour royale, les femmes vivaient dans le luxe, bénéficiaient de tous les conforts imaginables dans les parties du palais qui leur étaient strictement réservées.","quote":"“Dans la culture islamique, les maisons et les palais étaient conçus pour assurer aux femmes leur intimité.”"},"9a19b122-d3e1-53c0-ac5f-37070f41c095":{"title":"Objets","description":"Comme dans le cas de leur architecture, l'art des Omeyyades peut être considéré comme une continuation de traditions héritées de la fin du monde antique, que remplace peu à peu une identité islamique spécifique. Ce processus est illustré, par exemple, dans les pièces de monnaie omeyyades : les premières frappées pour les califes omeyyades se contentent de copier les modèles byzantins ou sassanides , mais laissent bientôt place à des compositions strictement aniconiques, purement textuelles. \n \nUn aspect remarquable de cet art est l'adoption de thèmes figuratifs hérités de l'Antiquité tardive. Ainsi trouve-t-on une représentation de lion dans le palais de Mchatta, et, à al-Foudayn, un brasero reproduisant des scènes érotiques empruntées au mythe de Dionysos. . Certains objets sont assez éclectiques, qui combinent de manières nouvelles et ingénieuses différents motifs issus de l'art romain tardif, de l'art byzantin et de l'art sassanide. \n \nDe plus en plus populaire à la fin du monde antique, l'esthétique des végétaux stylisés revêt une importance particulière dans la formation de l'art islamique de la période omeyyade. Les compositions à enroulements infinis de tiges, de feuillages et de fleurs offrent à la nouvelle civilisation un programme décoratif idéal qui échappe aux objections théologiques potentielles sur la représentation figurative par l'évocation d'un paradis verdoyant. Sa souplesse lui permet également de s'appliquer à toutes sortes de formes et de dimensions, des grands panneaux de bois aux petites boîtes en ivoire."},"68239d8d-9472-53ee-9876-51e1be828f05":{"title":"Métiers mudéjars","description":"Les potiers mudéjars ont transmis à l’Europe médiévale les technologies les plus innovantes en matière de glaçure, qui, simplement plombifère ou transparente, stannifère ou blanc opaque et enfin à reflets métalliques, donnait à la céramique l’imperméabilité nécessaire et la beauté souhaitée. La production s’étendit à toute la Péninsule, mais les plus appréciées, et exportées en plus grand nombre, furent les céramiques à glaçure et décor peint des potiers de Paterna et de Teruel, ainsi que les carreaux dorés de Manisès.","quote":"Les potiers mudéjars ont maîtrisé les techniques de la glaçure et les ont transmises à l’Europe médiévale."},"9d838b06-c754-52b5-b005-6c418fbd4fdc":{"title":"Les bijoux : richesse, prestige et protection","description":"Les bijoux ont toujours été très appréciés chez les musulmans. Les hommes les utilisaient comme ornement de costume et de turban ; parfois même, ils imitaient les coutumes féminines comme le port de boucles d'oreille. Toutefois, les principales utilisatrices des bijoux étaient les femmes qui, quelle que fût leur condition sociale, affectionnaient la parure personnelle. Selon le chroniqueur nasride Ibn al-Khatib, les femmes de Grenade rivalisaient dans l'art de se parer de bijoux et de vêtements, au point que “[...] malheureusement, elles sont arrivées de nos jours à une telle extrémité dans l'ornement, les cosmétiques et l'ostentation, dans la frénésie pour les riches tissus et bijoux, que c'en est devenu une perversion”.","quote":"Signe de prestige et position sociale"},"24e11f60-92ed-5fc9-959e-e0aa49482ffe":{"title":"Représentation humaine"},"4c126e80-2567-5abd-9191-3d40f380e81f":{"title":"Al-Franj : les Croisés au Levant","description":"“Le Proche-Orient ne devait pas connaître une période d'échanges aussi développés avant le XXe siècle.”","extra":{"credits":"Curators & authors (British Museum should be added) \nMona AL-MUADIN, Damascus \nSheila CANBY, London \nVerena DAIBER, Damascus \nAbdel-Razzaq MOAZ, Damascus \nKhader SALAMEH, Jerusalem \nEmily SHOVELTON, London \nZena TAKIEDDINE, Damascus \n \nCoordination \nSamer ABDEL-GHAFOUR, Damascus \nZena TAKIEDDINE, Damascus \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Entre 487 de l'Hégire/1095 J.-C. et 538/1144, quatorze croisades visent plusieurs régions de la côte méditerranéenne islamique : neuf d'entre elles sont lancées sur la Terre sainte, deux sur Byzance, deux sur l'Égypte et une sur la Tunisie. Baudouin de Boulogne conquiert Édesse et y fonde le premier État croisé à al-Raha en 491/1098. Au cours des deux siècles suivants, de nombreux États latins sont fondés puis perdus dans la région. \n \nLes croisés européens sont appelés *al-Franj* (les Francs). Si l'histoire des Croisades commence par un terrible massacre à Jérusalem en 492/1099, deux siècle plus tard les Francs qui s'y sont installés ont évolué et se sont adaptés à la vie parmi les musulmans. \n \nAvant les Croisades, les contacts entre les Arabes et les Européens en Méditerranée orientale sont réduits au minimum. Les informations circulent rarement entre les deux groupes et véhiculent des perceptions religieuses négatives. La période des Croisés, bien que violente, instaure néanmoins un certain degré de tolérance religieuse et favorise dans une certaine mesure les échanges culturels. Le Proche-Orient ne devait pas connaître de période d'échanges aussi développés avant le XXe siècle. La splendeur du Dôme du Rocher séduit les envahisseurs et donne aux Croisés une impression plus favorable de l'Orient islamique, comme le reflète la littérature de la période. \n \nLes bâtiments religieux islamiques sont convertis en églises et en institutions chrétiennes. À Jérusalem, le Dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa sont transformés en églises, la seconde servant également de base aux chevaliers croisés. À Hébron, le plafond d'origine de la mosquée al-Ibrahimi (d'Abraham) est remplacé par un nouveau, de style roman. Les influences ne se limitent pas à l'architecture et s'étendent à la mode et à la cuisine, ainsi qu'aux coutumes religieuses et à la culture populaire. À la fin du VIIe/XIIe siècle, les Ayyoubides et les Mamelouks chassent les Croisés et de nombreux bâtiments, dont des églises, sont transformés ou réaménagés en mosquées. 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Sans exclure des affrontements sporadiques, ces traditions fournirent le terreau de la coexistence entre Arabes et populations autochtones, et entre communautés religieuses (musulmans, chrétiens et juifs) – une coexistence largement favorisée par l’activité commerçante et la tolérance religieuse. \nD’abord subordonnés au califat, les émirats prirent peu à peu leur indépendance. Se succédèrent alors des dynasties locales (Idrissides, Omeyyades d’al-Andalus, Zirides, Hammadides, Almohades, etc.) qui, pour s’affirmer, entreprirent de rivaliser avec les califes orientaux dans tous les domaines : construction de leurs propres édifices palatiaux, armée, ostentation des attributs et signes du pouvoir, défense et contrôle absolu du territoire sous leur domination. \nBien que fortement intégré à l’ensemble de la civilisation musulmane, l’Occident islamique, de l’Atlantique au détroit de Sicile, a toujours conservé une indéniable spécificité, reflétée notamment dans les nouveautés architecturales et décoratives d’origine orientale, qui évoluèrent en al-Andalus et au Maghreb jusqu’à engendrer un art nettement caractéristique de cette région de l’Islam. Mais au-delà des monuments, un autre patrimoine a marqué de façon indélébile l’Occident musulman jusqu’à nos jours : les modes de vie, les saveurs, les gestes, les sons, les formes d’expression, le savoir...","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/muslim_west/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/27/portal_image/1.jpg","display_order":7}}},"55222856-3011-566b-aae5-57b726cf2d41":{"title":"La décoration géométrique dans les textiles","description":"Dans les textiles, la technique décorative elle-même – ici la broderie – favorise l'utilisation de motifs géométriques et la géométrisation d'autres motifs. Étoiles, losanges, carrés ou simples bandes ornent tissus, vêtements et coiffures sur des modèles très épurés.","quote":"“Étoiles, losanges, carrés ou simples bandes ornent tissus, vêtements et coiffures.”"},"d3086523-5bfd-58be-92ce-ac1f8ca548d7":{"title":"Représentation humaine","description":"La représentation humaine dans l'art islamique s'adapte à différents supports : mosaïques, peintures et sculpture. En dehors du portrait, le spectateur découvre des représentations picturales de thèmes divers comme la chasse, les scènes de bataille, la danse, l'interprétation de musique, la lecture de poésie, les femmes nues ou mi-vêtues, des jeux et des acrobates, l'offrande de cadeaux et le travail. La “signification” précise de cette imagerie peut se comprendre de façons variées et parfois conflictuelles, la motivation du choix du sujet manquant souvent de clarté. Bien que la plupart des images puissent généralement s'interpréter comme la description d'une vie de luxe et de raffinement, des plaisirs de la cour et de la symbolique de la richesse et du pouvoir, certains visuels peuvent également être considérés comme des références à des événements sociaux ou historiques précis. Par ailleurs, les détails de certaines scènes de chasse décrivent des pratiques de nature spécifiquement locale.","quote":"“Les détails de certaines scènes de chasse décrivent des pratiques de nature spécifiquement locale.”"},"506ae4e4-634a-525e-8b8e-dc798aafe087":{"title":"Turquie","description":"Ces nouveaux traits n'affectent pas directement les plans de monuments, mais apportent des changements considérables dans leur décoration. Les éléments décoratifs occidentaux s'appliquent aussi à de nombreux registres artisanaux, modifiant le répertoire décoratif traditionnel qui avait prévalu dans l'art ottoman. Le nouveau goût, qui se fait jour à Istanbul sous l'impulsion des ateliers du palais, gagne l'Anatolie presque concomitamment.","quote":"“Le nouveau goût, qui se fait jour à Istanbul sous l'impulsion des ateliers du palais, gagne l'Anatolie presque concomitamment.”"},"b5239e1f-1ae6-5f79-9b09-016f7be99ee0":{"title":"Pèlerinage en Terre sainte","description":"Le pèlerinage vers La Mecque suit deux axe principaux : la route égyptienne, qui intéresse les musulmans venus d'Afrique du Nord et des régions sub-sahariennes, et la route syrienne utilisée par les pèlerins venant des provinces orientales. Les caravanes syriennes durent souvent changer de route et passer par l'est pour éviter la Terre sainte lors des conflits provoqués par les Croisés.","quote":"*“Le pèlerinage à La Mecque suit deux routes principales.”*"},"1b7b04e6-d4cb-5a10-a0bf-8f61b4de570f":{"title":"La genèse de l'art islamique"},"036e868a-be9f-5e20-a301-fbf277420082":{"title":"Le système mamelouk","description":"La remarquable réussite du sultanat mamelouk s'appuie sur une structure hiérarchique complexe d'esclaves-soldats ayant à leur tête le sultan. Les Mamelouks peuvent avoir été achetés ou reçus en présents ; parfois encore, ce sont des prisonniers de guerre. Initialement, la plupart d'entre eux sont des Turcs, des Kurdes ou des Mongols rejoints par des Circassiens et des Géorgiens à partir du VIIIe/XIVe siècle. Chaque nouvelle recrue subit un examen médical complet destiné à contrôler son aptitude au service. Une fois accepté, on lui enseigne l'islam et des rudiments d'arabe. Il doit faire preuve d'une loyauté indiscutable envers le sultan.","quote":"“Les Mamelouks peuvent avoir été achetés ou reçus en présents ; parfois, ce sont des prisonniers de guerre.”"},"bea69b13-6fa2-574b-aa7f-147e96a211c7":{"title":"Réformes administratives","description":"À partir de la réforme monétaire, toutes les pièces omeyyades sont du même poids et du même type purement épigraphique, une inscription indiquant la date de frappe et reprenant une formule religieuse. Ces mesures contribuent à une unification jusque-là déficiente.","quote":"*“À partir de la réforme monétaire, toutes les pièces omeyyades sont du même poids et du même type.”*"},"635d4cb2-5c7e-5d27-bd41-43032dd5262b":{"title":"Tunisie","description":"Depuis l'Antiquité, la Tunisie, petit pays au carrefour des civilisations méditerranéennes, a été un point de rencontre entre la Méditerranée orientale et occidentale, l'Afrique et l'Europe. À l'aube de l'ère moderne, l'ancienne Ifriqiya hafside, à l'époque province ottomane, s'ouvre à l'Orient ottoman et à l'Occident européen. \n \n**Échanges et interférences** \n \nDans la Tunisie des deys puis des beys, les nouveaux maîtres turcs du pays entreprennent de construire des mosquées, des *madrasa*, des *zaouïa*, des palais, des casernes, des fontaines publiques, des aqueducs et des remparts, particulièrement dans la capitale, garantissant ainsi la postérité de leur nom. Des maisons de commerce affluent à Tunis, la capitale de la Régence étant une ville sûre, et s'établissent sous la protection des traités de paix signés par le sultan d'Istanbul. Cette période voit l'émergence d'un fort penchant pour tout ce qui est européen, d'abord chez les princes, dignitaires de la cour et autres notables proches des milieux officiels. En plus d'établir des contacts avec les Européens basés à Tunis, certains d'entre eux voyagent à travers l'Europe ; le bey Ahmed par exemple est reçu par Louis-Philippe de France avec le cérémonial d'une visite royale en 1846. Les missions à Istanbul permettent de découvrir des objets d'un raffinement exquis. Autant de nouveautés qui auront un profond impact sur l'art et l'architecture en Tunisie aux XVIIIe et XIXe siècles.","quote":"“À l'aube de l'ère moderne, l'ancienne Ifriqiya hafside, à l'époque province ottomane, s'ouvre à l'Orient ottoman et à l'Occident européen.”"},"0f404f1e-3645-5bfa-870f-1b45825073f7":{"title":"Les Omeyyades","description":"“L'art omeyyade est une combinaison de styles décoratifs et de motifs inspirés de diverses traditions artistiques.”","extra":{"credits":"Manal BASYOUNI, Aqaba \nGhazi BISHEH Amman \nJens KRÖGER, Berlin \nAida NAGHAWI DODO, Amman \nMohammad NAJJAR, Amman \nSamarah WOROUD, Irbid \n \nCoordination \nGhada AL-YOUSEF, Amman \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"La dynastie omeyyade fondée par le calife Mouawiya Ier bin Abi Soufyan en 41 de l'Hégire / 661 J.-C. reste au pouvoir jusqu'au moment où elle est renversée par les Abbassides en 132/750. À son arrivée sur le trône, Mouawiya fait de Damas la capitale de l'empire musulman. Cette décision entraîne des conséquences importantes pour l'art omeyyade, puisque l'influence artistique qui prédomine alors en Syrie est le style classique hérité des Romains. Des éléments issus de l'art sassanide, byzantin mais également copte jouent aussi un rôle dans l'évolution de l'art islamique sous les Omeyyades. Celui-ci est donc une combinaison créative de styles et de motifs décoratifs variés, qui s'inspire de différentes traditions artistiques pour apporter des solutions à des objectifs multiples et nouveaux. \nL'architecture omeyyade, dont nombre de constructions sont parvenues jusqu'à nous, constitue le témoignage majeur de l'action de la dynastie. En dehors des bâtiments érigés sur ordre de la famille royale, de vastes programmes de développement urbain sont entrepris. Le Dôme du Rocher à Jérusalem et la Mosquée omeyyade à Damas ont sans doute été édifiés pour symboliser la puissance et les victoires des Omeyyades, et ces réalisations reflètent en effet la grandeur de l'architecture de cette dynastie. Par ailleurs, les remarquables constructions palatiales, jadis appelées \"châteaux du désert\", nous fascinent encore par l'éclairage qu'ils nous offrent sur la vie de la cour et sur les cérémonies de cette période. \n \nCes constructions omeyyades, comme beaucoup d'autres, sont abondamment et luxueusement décorées. Les palais et les bains sont ornés de sols et de fresques murales en mosaïque. On trouve également, sculptés dans la pierre et le stuc, d'autres motifs d'animaux et de monstres, ou des motifs floraux stylisés ou abstraits. Les arts mineurs connaissent un vif essor, et de nombreux vestiges montrent que le travail du métal et celui du bois atteignent un haut niveau de qualité. \n \nL'art omeyyade, dans son surprenant et vibrant éclectisme, peut être considéré comme la continuation de l'art de l'Antiquité tardive, et ce n'est que lorsque la dynastie abbasside accède au pouvoir que l'art islamique s'ouvre à une nouvelle phase de développement.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/the_umayyads/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/10/portal_image/1.jpg","display_order":1}}},"3e98d267-1ed6-58c4-84e5-e601b73d8d09":{"title":"Le rôle individuel des plantes et des fleurs","description":"Autre fleur populaire, en particulier dans la Turquie ottomane, la tulipe, appelée *lale* par les Turcs et les Perses, fut cultivée avec enthousiasme pendant la période ottomane. Au XIIe/XVIIIe siècle, sous le sultan Ahmed III, l'amour des tulipes tourna à la frénésie : des fêtes extraordinairement coûteuses furent organisées, qui poussèrent pratiquement l'empire à la ruine. La beauté de la tulipe était également célébrée dans la poésie religieuse où elle symbolisait le martyr de la foi et l'amant mystique prêt au renoncement à soi-même.","quote":"*“La tulipe était également une fleur populaire, en particulier dans la Turquie ottomane.”*"},"985ee9aa-03b0-5c47-b575-bf5cdd263b4b":{"title":"Gérer la prospérité","description":"Face à l'accroissement de la population et conscients de l'importance de l'urbanisme, les Abbassides fondèrent un certain nombre de villes et furent particulièrement attentifs aux voies de communication. À 8 km environ de Kairouan, les souverains aghlabides d'Ifriqiya édifièrent Raqqada, qui réunissait des palais, des parcs et des jardins. Plus à l'est dans la Syrie abbasside, des constructions de logements furent entreprises à Kharab Sayyar, ville fortifiée sur la route principale entre Raqqa et Mossoul, en Irak.","quote":"“Ils fondèrent des villes et portèrent une attention particulière aux voies de communication.”"},"ed29c746-606e-5ae8-95a5-8870ae170839":{"title":"Égypte","description":"Lorsque Muhammad Ali devient *wali* d'Égypte en 1805, il introduit les bases de la nouvelle Renaissance égyptienne, une modernisation dont quelques traits sont clairement perceptibles dans l'occidentalisation des beaux-arts et des arts décoratifs, de l'artisanat et de l'architecture. Cette période de modernisation culmine sous le règne des fils de Muhammad Ali, qui lui succèdent au pouvoir en Égypte, et qui invitent nombre d'architectes et d'artisans à construire et décorer de nombreux palais en Égypte dans le style européen, les incitant à puiser des éléments dans le répertoire en vogue des styles baroque et rococo. On peut en voir des exemples avec le palais d'Abdine, les *sabil* de Muhammad Ali à Nahasine et de Oumm Abbas dans la rue Saliba, ainsi qu'avec différents bâtiments disséminés dans les villes égyptiennes, mais surtout au Caire. Le Musée d'art islamique du Caire conserve bon nombre de céramiques, de pièces de marbre et de manuscrits affichant nettement des éléments décoratifs occidentaux caractérisés par les lignes courbes, les feuilles d'acanthe et les couronnes en haut relief.","quote":"“Lorsque Muhammad Ali devient *wali* d'Égypte en 1805, il introduit les bases de la nouvelle Renaissance égyptienne...”"},"aa042c08-6f7c-5f9d-b7df-e0e92304f71d":{"title":"L’exportation du luxe"},"07323655-399a-5f20-bd33-36fbfca525bd":{"title":"L’art mudéjar aristocratique et civil","description":"L’art mudéjar aristocratique a été une création des rois et des nobles de leur entourage, poussés par le désir d’imiter les palais musulmans, dont ils connaissaient le faste par le biais des ambassades. Au fur et à mesure que les rois chrétiens conquéraient des villes d’al-Andalus, les riches salons, jardins et alcôves des palais andalous furent transformés en résidences royales et théatre de la vie aristocratique, comme manifestation explicite de suprématie sur l’ennemi et d’admiration pour leur art. En même temps, dans les nouveaux palais, on copiait l’usage du plâtre et de la brique, l’ornementation sophistiquée des intérieurs et l’harmonie des patios et des jardins. La Aljafería, l’Alcázar royal et le palais de Sintra sont des exemples emblématiques de la réutilisation des palais andalous par les rois chrétiens.","quote":"Des palais andalous pour les rois chrétiens"},"221eaf00-cefe-5da4-b4e5-b0ff24d5d9a0":{"title":"Flore et arabesques : visions de l’éternité et de l’unité divine","description":"Lorsque les fleurs ne sont pas représentées de manière réaliste, elles sont souvent utilisées dans des compositions plus ou moins fantaisistes destinées à orner les murs d'une construction ou un objet. Ces compositions sont souvent si complexes qu'elles distraient le regard des caractéristiques physiques de l'objet qu'elles ornent, jusqu'à les masquer dans certains cas. Les bâtiments et les objets peuvent être décorés de compositions florales sculptées, peintes ou appliquées. Essentiellement décoratifs, ces éléments floraux offrent aux esprits prédisposés l'opportunité d'une méditation sur la complexité de l'univers, qui émane de son Créateur, Allah, et en qui elle culmine.","quote":"“Lorsque les fleurs ne sont pas représentées de manière réaliste, elles sont souvent utilisées pour des compositions de fantaisie…”"},"929519b4-bcdf-5831-adb9-06ef4ef80b6b":{"title":"L’ouverture sur le monde : contacts diplomatiques et commerce international","description":"Les villes mameloukes du Caire, de Damas et de Jérusalem possédaient de nombreux marchés ou centres commerciaux (caravansérails appelés aussi souks, *khan* et *wikala*). Leur fonction était d'accueillir les caravanes commerciales et de stocker en sécurité les biens apportés par des marchands souvent venus de loin. La diversité des produits disponibles dans ces *wikala* – poteries et textiles entre autres – inspirait les artisans locaux. Stimulés par le mécénat mamelouk et pratiqués dans les ateliers royaux aussi bien que dans les bazars urbains d'Égypte et de Syrie, les arts décoratifs atteignirent de nouveaux sommets dans la conception et la qualité de réalisation.","quote":"“Stimulés par le mécénat mamelouk, les arts décoratifs atteignirent de nouveaux sommets dans la conception et la qualité de réalisation.”"},"d08a7344-9af5-5da5-ae9d-7b8557412652":{"title":"Les Normands en Sicile"},"2a50f5ca-9045-5344-9508-e2af5f610c4c":{"title":"La capitale ottomane: Istanbul","description":"Istanbul, dont la population se densifie à l'intérieur de ses murailles pendant les trois premiers siècles de la souveraineté ottomane, prend un nouveau visage à partir du début du XVIIIe siècle. Les constructions le long de la Corne d'or et sur les rives du Bosphore expriment le désir d'imiter l'Occident. La ville est envahie lors de la Première Guerre mondiale à la suite de la défaite ottomane et, pendant la guerre d'indépendance nationale menée par la Turquie, Ankara devient la nouvelle capitale. Istanbul reste cependant la plus grande et la plus belle des villes de la République turque.","quote":"“Istanbul reste la plus grande et la plus belle des villes de la République turque.”"},"23700a6e-8a42-57ca-8d10-fa47337ec6cc":{"title":"La décoration géométrique dans les récipients en céramique","description":"Le décor géométrique s'allie remarquablement bien avec l'écriture dite coufique, d'une incontestable valeur esthétique avec sa calligraphie rectiligne, anguleuse, aux traits verticaux et horizontaux d'une grande netteté. Ces caractéristiques la rendent particulièrement appropriée pour l'ornementation du corps des récipients en céramique, soit en bandes horizontales, soit en compositions rayonnantes.","quote":"“Le décor géométrique s'allie remarquablement bien avec l'écriture dite coufique, d'une incontestable valeur esthétique.”"},"2d7ae23a-a5ce-5e8f-8d9b-d2c05d03e0a9":{"title":"L’art hispano-maghrébin"},"edcbed04-061f-5f7b-b80d-402678ff5d1e":{"title":"La culture dans le royaume croisé de Jérusalem","description":"Lorsque les Croisés s'emparent de Jérusalem et de sa région en 492/1099, ils fondent le royaume de Jérusalem, troisième et plus vaste État franc du Proche-Orient. Son premier souverain est Godefroy de Bouillon, qui se donne le titre de \"défenseur du Saint Sépulcre\". Les souverains croisés protègent les sites sacrés aussi bien chrétiens qu'islamiques, et financent aussi généreusement la mosquée al-Aqsa et le Dôme du Rocher que les monuments chrétiens de Jérusalem ou de Bethléem.","quote":"“Les souverains croisés protègent les sites sacrés aussi bien chrétiens qu'islamiques.”"},"d81c8cbb-bdf6-53de-8363-0663b937e7d4":{"title":"Guerre et cavalerie","description":"La Syrie est l'un des principaux champs de bataille de la période des Croisés. Elle voit l'érection de nombreuses citadelles musulmanes et châteaux francs. Saladin (m. 589/1193), le plus célèbre héros musulman de cette période, est inhumé à Damas. Ses campagnes aboutissent à la conquête de plusieurs positions tenues par les Croisés, dont le château de Saône qu'il assiégea en 584/1188. Aujourd'hui appelé Qal'at Salah al-Din, ou château de Saladin, c'est l'un de plus remarquables exemples subsistants de châteaux de cette époque.","quote":"“Saladin, le plus célèbre héros musulman de cette période, est inhumé à Damas.”"},"e50ffc2b-cdda-5f5f-8dc2-131a6e74a0c9":{"title":"La cour","description":"Au fur et à mesure que la mode vestimentaire et la décoration des espaces auliques évoluaient sous l'influence des marchands et artistes orientaux, la soie devint le tissu attitré et préféré de la cour, dont elle rehaussait la parure avec l'éclat et la richesse de ses couleurs chatoyantes. Sa production fut d'abord l'apanage exclusif du *tiraz* royal, et elle parvint à un tel niveau de qualité et de beauté qu'elle put bientôt soutenir la comparaison avec la soie produite dans les fabriques orientales. Hautement appréciée, elle était souvent utilisée par les souverains comme cadeau diplomatique.","quote":"La soie, tissu royal"},"a9ff8542-78ea-5d01-b60a-684f30ac221a":{"title":"Artintro Page 15","description":"L’art des Croisés recouvre des œuvres de style européen contemporain réalisées pour leur usage en Terre sainte, mais aussi d’autres qui reflètent plus clairement l’influence des normes locales."},"d88bfba8-7354-548e-ac28-2c053b370b71":{"title":"Les Abbasides et de leurs vassaux"},"3cf62f2a-9021-5aef-ac0a-0cc131185bcf":{"title":"Science et savoir"},"4eb28cf3-17bc-505f-8083-bec0c0308552":{"title":"Madrasa et éducation","description":"La construction de 100 nouvelles *madrasa* à Damas reflète le souhait des dynasties atabeg et ayyoubide de transformer et d'éduquer la société. Des membres aussi bien masculins que féminins de l'élite turque et kurde financent les *madrasa* et participent à une atmosphère favorisant l'éducation. Dans son *Histoire de Damas*, l'historien Ibn 'Asakir (m. 571/1176) exprime sa gratitude pour ses professeurs, parmi lesquels figuraient 80 femmes.","quote":"“Des membres aussi bien masculins que féminins de l'élite turque et kurde financent des madrasa.”"},"b16c75fd-58ed-5aaa-b553-978b13694e35":{"title":"Le palais et les arts","description":"L'art de la calligraphie est confié aux calligraphes du palais (*hattat*), qui jouissent d'un statut social particulier. Ils sont très respectés par le sultan et peuvent consulter, lire et étudier les plus précieux manuscrits conservés dans la bibliothèque du palais. L'intérêt et le respect pour cet art ne faiblirent jamais au cours des siècles et malgré la décadence constatée dans d'autres branches des beaux-arts ou des arts décoratifs, la calligraphie poursuivit son développement et s'adapta au goût des différentes époques. \nAu XIXe siècle, les sultans ottomans, préférant un style de vie plus occidental, s'installent dans les palais de Dolmabahçe et de Yıldız. Le départ du palais de Topkapı précipite la fin des ateliers de la cour, ce qui a pour effet de relâcher les liens entre le palais et la pratique esthétique.","quote":"“Les calligraphes de la cour, qui jouissent d'un statut social particulier, étaient hautement respectés par les sultans.”"},"378d3dd4-999d-5a88-a676-e838eaee7c35":{"title":"L’Occident musulman"},"a2d6b201-caf9-5fdf-9be7-286d4b763f71":{"title":"Mécénat officiel","description":"De vastes programmes de construction sont entrepris aussi bien pour l'élite au pouvoir que pour le peuple. Des villes comme Amman possèdent un complexe palatial, une mosquée, un marché et un réservoir d'eau. Leur organisation répond désormais aux besoins de la population et aux nécessités de l'administration. Des infrastructures essentielles comme des barrages, des citernes ou réservoirs d'eau et des ponts sont construits. \n \nLe mécénat architectural se développe et des cités entières sont édifiées, par exemple celles des complexes palatiaux et administratifs de Jérusalem et d'Amman (Jordanie), où le palais et la mosquée de congrégation occupent côte à côte une position centrale.","quote":"“De vastes programmes de construction sont entrepris aussi bien pour l'élite au pouvoir que pour le peuple.”"},"1f253e35-617d-59f9-b7ff-8a13540d58a7":{"title":"Monuments","description":"L'architecture mudéjare, tradition créée dans la péninsule Ibérique par des artisans musulmans travaillant pour des clients chrétiens ou juifs, partage de très nombreux traits formels avec l'architecture de l'Occident musulman. La brique y est utilisée aussi bien comme matériau structurel que décoratif. On y trouve des éléments comme l'arc en fer à cheval, des inscriptions en arabe, des *mouqarnas*, des motifs décoratifs entrelacés combinés à des éléments de style européen roman, gothique et renaissance."},"4acd54d9-a442-5bb9-94bb-ebb55cc7040c":{"title":"L’eau et la vie quotidienne","description":"En dehors des *sabil* et des *seqqaya*, les puits et les fontaines étaient également l'objet de multiples embellissements. Des exemples de margelles de puits datant du début du Moyen Âge subsistent au Maroc et en Algérie. Elles sont en céramique à décor végétal en relief. Si les grands bassins de pierre sont souvent réservés à la fourniture d'eau pour les personnes, les chartes *waqf* montrent que certains étaient destinés aux animaux. Les fontaines de palais installées dans des jardins publics ou privés, comme on en trouve entre autres dans la partie occidentale du monde islamique, possèdent des gueuloirs décoratifs en forme de lion, de daim ou de dragon. L'eau jaillit de la gueule de ces créatures et retombe dans des bassins d'où elle irrigue le jardin au moyen d'un réseau de canaux.","quote":"“Les puits et les fontaines domestiques ou de palais firent aussi l'objet d'embellissements décoratifs.”"},"67215e86-8b87-5410-a941-05738096eb5a":{"title":"Vie religieuse"},"ec1aa1aa-3f58-55b4-93d0-bac5583dd403":{"title":"La défense","description":"La casbah, avec les murailles, faisait partie du système défensif des villes. Cette enceinte fortifiée, située à l'intérieur de la ville, généralement dans sa partie la plus haute, pouvait accueillir et défendre aussi bien la classe dirigeante, si la menace venait de la cité elle-même, que la population urbaine, si le danger venait de l'extérieur. Les casbahs furent un point d'appui du pouvoir central pour lutter contre les rebelles, préparer des campagnes et défendre les frontières.","quote":"La casbah : dernier réduit urbain"},"8677fa0d-83e5-5593-b69a-342224da5957":{"title":"Science et savoir","description":"L'objectif fondamental de l'astronomie était de prédire la position des planètes à partir des données de l'observation. Les astronomes musulmans mirent au point un instrument spécifique pour observer les hauteurs, le mouvement et la position des astres par rapport à la Terre : l'astrolabe. \nCet instrument était aussi utilisé pour la navigation et s'avéra très utile pour s'orienter et calculer la latitude si l'on connaissait l'heure – ou, à l'inverse, pour connaître l'heure si l'on connaissait la latitude.","quote":"Technologie scientifique : l’astrolabe"},"618dce7d-8482-5ccb-b334-54c0c96e6db0":{"title":"Les Ottomans","description":"Issus d'un petit émirat du nord-ouest de l'Anatolie, les Ottomans constituèrent peu à peu l'un des plus grands empires islamiques de l'Histoire.","extra":{"credits":"Curators & authors \nSule AKSOY, Istanbul \nSevinç GÖK, Izmir \nAlev ÖZAY, Istanbul \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \nSevgi KUTLUAY, Istanbul \nInci KUYULU ERSOY, Izmir \nSeracettin SAHIN, Istanbul \nCihat SOYHAN, Istanbul \nGönül TEKELI, Istanbul \nInci TURKOGLU, Istanbul \nFriederike VOIGT, Stockholm/Berlin \nBarry WOOD, London \n \nCoordination \nInci KUYULU ERSOY, Izmir \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Issus d'un petit émirat du nord-ouest de l'Anatolie, les Ottomans constituèrent peu à peu l'un des plus grands empires islamiques de l'histoire. Pendant des siècles, ils ont été une grande puissance mondiale, le centre du monde islamique et un sérieux adversaire pour l'Occident. \nLa dynastie ottomane débute à la fin du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.) sous la forme d'un de ces *beyliks*, ou émirats, anatoliens. Avec le temps, ils soumettent leurs voisins et deviennent la plus grande puissance musulmane de la région. Par la prise de Constantinople en 857/1453, ils mettent fin à l'empire byzantin et confirment ainsi leur statut de puissance internationale. De nouvelles conquêtes aux IXe-Xe /XVe-XVIe siècles leur assurent le contrôle d'un empire s'étendant sur une vaste partie du bassin Méditerranéen, l'Europe du Sud, la péninsule Arabique et, bien sûr, l'Anatolie. \nCet immense ensemble est gouverné grâce à un système hautement centralisé dont la tête se trouve à Istanbul. L'autorité suprême repose entre les mains du sultan, lui-même étant cependant soumis à la loi islamique. Un vaste réseau de gouverneurs locaux assure le respect de la volonté impériale sur tout le territoire. \nL'art ottoman est profondément influencé par cette centralisation. Bien que ses racines soient anatoliennes, et qu'il tire son inspiration de sources aussi disparates que les cultures rassemblées par l'empire, il est en grande partie conçu et diffusé dans les ateliers de la cour impériale à Istanbul. C'est pourquoi le style ottoman présente une cohérence étonnante malgré la diversité des aires géographiques qu'il recouvre. \nQue ce soit pour décorer un palais ou une mosquée, aménager leurs maisons ou créer des produits qui seront exportés vers le marché européen, les Ottomans adhèrent à une esthétique qui part du sommet. Elle est profondément imprégnée par la piété, comme le montre l'accent mis sur les éléments floraux évocateurs du Paradis. \nL'empire ottoman prend fin au cours de la Première Guerre mondiale, mais son art nous fascine toujours autant.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/the_ottomans/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/18/portal_image/1.jpg","display_order":6}}},"df4ffea5-fc6b-5044-8eed-f3f4baa7147e":{"title":"Gardiens des sites sacrés","description":"C'est dans la direction du site le plus saint de l'islam, la *Kaaba*, que les fidèles doivent se tourner pour prononcer les prières canoniques. Centre du monde musulman, la *Kaaba* est également la destination finale du pèlerinage que chaque musulman est censé accomplir au moins une fois dans sa vie. Les sultans ottomans devaient faire en sorte que les fidèles puissent accomplir leurs devoirs religieux, dont ce pèlerinage. Le prestige du sultanat dépendait ainsi beaucoup de la sécurité des routes empruntées par les pèlerins, qu'il assurait principalement en payant les Bédouins dont les caravanes traversaient les territoires. Les sultans prirent également des mesures pour protéger les étapes des pèlerins dans le désert en construisant des forts. Au début du XXe siècle, le transport fut amélioré par la construction du chemin de fer du Hedjaz.","quote":"“Les sultans ottomans devaient faire en sorte que les fidèles pussent accomplir leurs devoirs religieux, dont le pèlerinage.”"},"28d9a4d3-c0f4-52e4-b504-b865ba01f483":{"title":"Atabegs et Ayyoubides","description":"Saladin, auquel la dynastie doit son nom, accède au pouvoir à la fin du VIe/XIIe siècle.","extra":{"credits":"Curators & authors \nMona AL-MUADIN, Damascus \nDina BAKKOUR, Damascus \nSheila CANBY, London \nVerena DAIBER, Damascus \nAbdel-Razzaq MOAZ, Damascus \nEmily SHOVELTON, London \nZena TAKIEDDINE, Damascus \n \nCoordination \nSamer ABDEL-GHAFOUR, Damascus \nZena TAKIEDDINE, Damascus \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Au Ve siècle de l'Hégire (XIe siècle J.-C.), l'histoire de la région du Levant (Liban, Palestine, Syrie et Jordanie) est marquée par un phénomène de division et d'instabilité, tandis que le califat fatimide d'Égypte défie le califat abbasside de Bagdad. Des peuples guerriers seldjoukides et turcs venus d'Asie centrale consolident leur mainmise sur le territoire et ouvrent une ère nouvelle à l'art et à l'architecture islamiques tout en reconnaissant l'autorité religieuse du califat abbasside. \n \nLe pouvoir est exercé par les Atabegs, précepteurs militaires des princes nommés par les Seldjoukides, qui prennent peu à peu leur indépendance. Un de ces Atabegs, Nour al-Din Mahmoud bin Zangi (m. 569/1174), réussit à expulser les Croisés d'Édesse en 541/1146 et, en conquérant Damas en 549/1154, à unifier la Syrie. \n \nAl-Malik al-Nasir Salah al-Din Youssouf bin Ayyoub (Saladin, r. 564-589/1169-1193), auquel la dynastie doit son nom, était l'un des lieutenants de Nour al-Din. Il accède au pouvoir à la fin du VIe/XIIe siècle, renverse les Fatimides en 566/1171 et met fin à l'occupation chrétienne de Jérusalem en 583/1187. \n \nLes Atabegs et les Ayyoubides introduisent des changements décisifs dans leur aire de pouvoir. Ils s'efforcent d'éduquer leurs sujets en fondant des écoles religieuses sunnites, les *madrasa*. Ils reconstruisent la Grande Mosquée omeyyade et renforcent les fortifications des citadelles et des remparts de Damas, Alep et diverses autres villes dont Le Caire. \n \nLe développement urbain connaît également une période très active avec la construction de hammams, de *bimaristan* (hôpitaux), de caravansérails, de systèmes hydrauliques de l'eau et bâtiments à vocation religieuse comme des mosquées, des mausolées et des *khanqah* (hôtels). Les deux dynasties importent d'Orient le principe des *madrasa* et des *bimaristan*, institutions éducatives qui introduisent de nouvelles formes architecturales et de nouveaux répertoires décoratifs. \n \nLa culture seldjoukide domine l'art islamique du Ve/XIe au VIIe/XIIIe siècle. Des innovations artistiques se produisent en art et en architecture comme en poterie, joaillerie, travail du métal, ainsi que dans les enluminures de manuscrits. \n \nContemporain des débuts du style gothique en Occident et de la dynastie Song en Chine, le style des Ayyoubides fut repris et développé par les Mamelouks qui leur succédèrent.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/the_ayyubids/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/15/portal_image/1.jpg","display_order":4}}},"ad8cb308-f2d0-51c1-8a74-24b337e0c430":{"title":"Le Haram de La Mecque et la Kaaba","description":"Les califes successifs et, plus tard, les sultans mamelouks étaient les principaux protecteurs des villes saintes du Hedjaz. Ils étaient donc chargés de l'entretien et des rénovations du Haram de La Mecque ainsi que de la mosquée et de la tombe du Prophète à Médine. Pour financer ces obligations, le sultan mamelouk Qaytbay (r. 872-901/1468-1496) fonda une *wikala* au Caire, dont le revenu était réservé à la distribution de céréales et de dons divers aux nécessiteux vivant dans le voisinage des sites sacrés de La Mecque et de Médine.","quote":"“Les califes successifs et les sultans mamelouks étaient les principaux protecteurs des villes saintes du Hedjaz.”"},"1438dcdb-5040-5d2a-b082-cda3a58a1031":{"title":"La vie de cour"},"7eda07a3-0574-54d9-a9c2-bbccf25adcc1":{"title":"Gestion de l’eau","description":"La connaissance approfondie des sciences et de l'ingénierie était très demandée mais peu répandue, alors qu'elle était essentielle pour jauger, estimer, améliorer et entretenir les systèmes de distribution de l'eau. Le devoir de tout bon gouverneur musulman était de faire une sorte qu'un expert fût trouvé et que le candidat choisi connût les mathématiques, la physique, la géométrie, l'astronomie (pour la prévision du temps et les calendriers), ainsi que l'art du paysage.","quote":"“Le devoir de tout bon gouverneur musulman était de s'assurer qu'un expert compétent était employé à ce poste.”"},"2401b31f-6c0d-5b66-a16b-0fa24ce30cfa":{"title":"La décoration géométrique dans les textiles","description":"Le décor de certains textiles évoque celui des revêtements d'azulejos et des plâtres sculptés qui recouvrent les murs des édifices. Parfois, ils parviennent même à se rejoindre, dans le compartimentage de l'espace décoratif : les bandes épigraphiques sur les bords du tissu correspondent à la frise épigraphique qui couronne les plinthes à décor géométrique. \nCe type de décor est issu du développement de l'entrelacs, qui génère des motifs étoilés, polygonaux, lobés, etc.","quote":"“Le décor de certains textiles évoque celui des revêtements d'azulejos et des plâtres sculptés.”"},"80c86561-0d18-5f9a-a5fe-bce7f608b2e2":{"title":"Les vêtements et les bijoux des femmes musulmanes","description":"En Égypte, l'habillement féminin pouvait comprendre l'*izar*, un morceau de tissu drapé autour du torse et du ventre, et le *mi'zar*, porté autour de la taille au-dessus du vêtement. Le *jubah* se portait en superposition, fermé sur la poitrine et ouvert au niveau de la jupe. Les chemises de différentes longueurs étaient en lin ou en coton, la largeur de leurs manches étant un signe de richesse. Enfin, le *chimla* recouvrait la totalité du corps. D'autres pays avaient adopté des conventions différentes qui offraient un vaste choix, aussi bien pour le corps que pour la tête. On portait le turban mais aussi d'autres styles de coiffure et divers types de foulards ou de mouchoirs.","quote":"“D'autres pays avaient adopté des conventions différentes qui offraient un vaste choix aussi bien pour le corps que pour la tête.”"},"1de88509-41c2-5db1-91f2-cf64dc633e29":{"title":"La Sicile chrétienne et la culture figurative islamique : préexistences et continuités."},"82eec7f2-6d4c-57c6-b028-8d6d584a67ec":{"title":"La cour"},"17e93a55-d0d0-51b2-8c52-ae90b63b4709":{"title":"Espaces du pouvoir : les constructions palatiales"},"3f965ac2-093e-5fc3-93f1-16f293577988":{"title":"La décoration géométrique dans l’art du livre","description":"Le premier support des manuscrits religieux est le parchemin (comme sur le premier exemple), qui, pour des raisons pratiques et économiques, sera progressivement abandonné au profit du papier. \nDe même, la décoration géométrique sera peu à peu remplacée par la décoration florale, tenue pour plus fastueuse et plus raffinée. Les motifs géométriques, comme ceux des encadrements, n'interviendront plus que comme éléments de deuxième plan. \nLa calligraphie est utilisée en soi à titre de décoration, notamment ce qu'on appelle le “coufique carré”, écrit dans tous les sens possibles.","quote":"“La décoration géométrique est peu à peu remplacée par la décoration florale, tenue pour plus fastueuse et plus raffinée.”"},"cc5c14f6-ee31-580d-97ca-0fb352da0379":{"title":"La vie quotidienne dans le sultanat mamelouk","description":"Du berceau à la tombe, riche ou pauvre, presque toute la population de l'empire vit selon les préceptes de l'islam. Dans leur quête du Paradis, les musulmans observent le rite des cinq prières quotidiennes précédées d'ablutions, font la charité, jeûnent pendant le mois de ramadan et s'efforcent de se rendre à la ville sainte de La Mecque au moins une fois au cours de leur vie. Les problèmes juridiques sont réglés sur la base de la loi religieuse ou *charia*, issue du Coran, et des traditions instituées par le prophète Muhammad. Chaque activité, y compris la nourriture et l'hygiène personnelle, est exercée “au nom d'Allah” dans la seule intention d'accomplir ses souhaits et de lui être agréable.","quote":"“Toute activité, y compris la nourriture et l'hygiène personnelle, est accomplie 'au nom d'Allah'.”"},"8b0e746f-e8de-560d-b25c-4bf6ebf52fe3":{"title":"Les femmes musulmanes comme mécènes"},"9c9e8f3b-cfdb-5fd7-91cf-35e554bb6c78":{"title":"Monuments","description":"À son apogée, l'Empire ottoman, qui aura duré plus de 700 ans, couvre un vaste territoire qui comprend la plupart des régions de la Méditerranée orientale et méridionale. Son architecture aura donc connu de nombreuses évolutions au cours de cette longue présence. Le patrimoine architectural des Ottomans peut être divisé en trois périodes. Une première phase constitutive, qui dure jusqu'au milieu du IXe siècle H (XVe siècle J.-C.), est suivie par une période classique, qui s'étend jusqu'au XIe siècle H (XVIIe siècle J.-C.) et à laquelle appartiennent la plupart des monuments les plus célèbres, dont un certain nombre ont été conçus par le grand architecte Sinan. Vient enfin la dernière période, caractérisée par un style plus décoratif et par l'influence grandissante de l'Occident. En termes de géographie, le caractère de l'architecture ottomane se dilue au fur et à mesure que l'on s'éloigne du cœur de l'empire – l'Anatolie occidentale et la Thrace – et que des concessions sont consenties aux traditions des provinces. \n \nL'architecture ottomane, en particulier après sa période de formation, est essentiellement en pierre. Sa haute qualité de maçonnerie est d'ailleurs réputée. Des combinaisons de brique et de pierre sont cependant très courantes et la brique reste utilisée pour les arcs, les coupoles et les voûtes. Le plomb recouvre les coupoles et la toiture des minarets, en particulier à partir du Xe siècle H (XVIe siècle J.-C.). Les carreaux de céramique polychromes vernis, comme les fameux carreaux d'Iznik où prédominent le blanc et le bleu, sont généreusement utilisés pour les revêtements muraux ; au Xe siècle H (XVIe siècle J.-C.), ils remplacent souvent le marbre comme matériau d'habillage . Le bois sert aussi bien pour les structures que pour la décoration et constitue le matériau dominant des maisons de la capitale, Istanbul. \n \nUne caractéristique majeure des mosquées ottomanes dès la toute première période est la présence d'une coupole centrale qui recouvre une partie significative de la salle de prière. Avec l'avènement du style ottoman classique, cette coupole prend des proportions spectaculaires et se combine souvent à une succession de demi-coupoles et de petites coupoles qui se déploient à partir de l'élément central dans une disposition pouvant évoquer une pyramide. Bon nombre de mosquées possèdent une, deux ou quatre demi-coupoles soutenant la coupole centrale. Les coupoles ottomanes présentent un profil semi-circulaire aplati. Une cour entourée d'une arcade entoure généralement la salle de prière le long de la façade opposée au mur de la *qibla*. \n \nDans l'Empire ottoman, les grands complexes religieux remplissent généralement de multiples fonctions en dehors de celle de mosquée : mausolée pour le commanditaire, cuisine populaire, *madrasa*, hammam, hôpital et commerces. \n \nLa mosquée ottomane se caractérise par son minaret simple et élégant en forme de crayon, souvent cannelé, qui se termine par une toiture conique pointue recouverte de plomb. Il signale les bâtiments commandités par des Ottomans dans tout l'Empire. Ils peuvent posséder de un à trois balcons, reposant généralement sur des voûtes de *mouqarnas* en encorbellement. Les mosquées royales possèdent plus d'un minaret, leur nombre pouvant s'élever jusqu'à six. \n \nLes *mouqarnas* sont utilisées de manière sélective dans certaines parties comme l'intrados des balcons de minarets ou au-dessus des fenêtres et des portails. La calligraphie, généralement de style *naskhi* et *thoulouth*, fait partie intégrante du programme décoratif de nombreux bâtiments. Le décor de surface de l'architecture classique est plus limité que celui de la période des Seldjoukides anatoliens et de la première et dernière période. \n \nL'architecture témoigne d'influences de nombreuses traditions, parmi lesquelles celles des Seldjoukides d'Anatolie et celles de Byzance, toutes deux préexistantes à la montée en puissance du pouvoir ottoman. Plus spécifiquement, les mosquées impériales de la période classique montrent une nette influence de l'église byzantine du milieu du VIe siècle, Sainte-Sophie."},"d56f34dd-618b-52fd-941d-524f966fe3d5":{"title":"Art et architecture royale","description":"La capacité d’emprunter, au monde islamique et byzantin, des éléments figuratifs et typologiques (avec une certaine perméabilité par rapport à des éléments bien plus éloignés, entre autres ceux d’origine sassanide) assure, aux formes artistiques encouragées par la “politique de l’image” des rois normands, un syncrétisme dynamique des plus originaux.","quote":"La “politique de l’image” des rois normands utilise abondamment des modèles artistiques islamiques."},"775f0070-0222-53d3-a4ee-8bfa38c6cb2f":{"title":"La mosquée, espace de prière","description":"La mosquée n'est pas un temple ou “maison de Dieu”, et aucun acte liturgique ne s'y déroule. C'est un espace dévolu à la prière et à la méditation, et c'est aussi un lieu de réunion. La mosquée est le lieu où les fidèles se rassemblent pour accomplir en commun les prières rituelles et obligatoires, même si l'on peut également prier en privé. Le croyant prie tourné en direction de la *qibla*, en faisant les révérences prescrites et en récitant les textes du Coran. \nLa mosquée est aussi un centre d'orientation et d'enseignement. Au cours de la prière du vendredi, pendant le prêche hebdomadaire, l'imam développe depuis le *minbar* un thème religieux spécifique ; ensuite, en dehors des heures de prière, les érudits peuvent donner des conférences théologiques et scientifiques.","quote":"La salle de prière"},"5ab4b2a1-83ba-5bc3-b503-f27314da8748":{"title":"Les Mamelouks"},"70023ae2-4372-56e7-b249-dd9a30a1f9db":{"title":"Les céramiques abbassides","description":"Au début de la période abbasside, les souverains et la cour, épris de luxe, mènent une vie raffinée. Ils soutiennent les innovations dans le domaine de la céramique, en particulier la mise au point et la fabrication d'objets décorés au lustre. Lorsqu'un tremblement de terre endommage la Grande Mosquée de Kairouan en 247/862, le calife al-Moustaïn envoie 139 carreaux carrés peints au lustre pour la rénovation du *mihrab*, accompagnés par un artisan carreleur de Bagdad pour en fabriquer sur place. Il fait également don d'argent, de panneaux de marbre et de teck pour un nouveau *minbar*. En 338/950, le géographe arabe Ibn Hawqal, visitant la Tunisie, loua la beauté des céramiques lustrées de fabrication locale, qu'il jugeait comparable à celles faites en Irak.","quote":"*“Le calife al-Moustaïn envoya 139 carreaux carrés peints au lustre pour la rénovation du* mihrab*.”*"},"e0d404ea-dbc1-591a-86a5-75265066d6f0":{"title":"Eau","description":"“… et de l'eau Nous avons fait toute chose vivante.”","extra":{"credits":"Curators & authors \nMona AL-MUADIN, Damascus \nDina BAKKOUR, Damascus \nSheila CANBY, London \nVerena DAIBER, Damascus \nAbdel-Razzaq MOAZ, Damascus \nEmily SHOVELTON, London \nZena TAKIEDDINE, Damascus \n \nCoordination \nSamer ABDEL-GHAFOUR, Damascus \nZena TAKIEDDINE, Damascus \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Pour les musulmans, l'eau est le secret de la vie et une bénédiction divine. Dans le Coran, Dieu dit “… *et de l'eau Nous avons fait toute chose vivante”* (XXI, 30). \nSelon la loi islamique, il est interdit de refuser l'eau à celui qui a soif, même si la source est une propriété privée. Selon les Hadiths (“Dits du prophète”), les musulmans sont associés dans la propriété commune de l'eau, du feu et de la végétation, productions de la nature. Des règles furent néanmoins édictées sur l'irrigation des terres. Par exemple, celui qui creuse un puits est le premier à pouvoir irriguer sa terre, après quoi l'eau restante peut être utilisée par d'autres si elle est en quantité suffisante. Cette zone réservée appelée *haram* couvre généralement un rayon de 40 coudées. Le même terme désigne un espace sacré, dont la mosquée. *Harim*, variante du premier terme, passé en français sous la forme de *harem,* désigne la partie de la maison dont l'accès est interdit, en particulier le quartier des femmes. \n \nTout au long de l'histoire, les sociétés musulmanes ont travaillé à développer pour l'eau des techniques d'approvisionnement suffisant et régulier. Leurs besoins étaient variés : boire, laver, ablutions rituelles (*woudou,* *ghusl*), irrigation de sols, alimentation des fontaines publiques et privées, des maisons de bain et des jardins. L'eau, qui joue un rôle central dans la vie de chacun, quelle que soit sa position sociale, a constitué une source d'inspiration pour les architectes, les ingénieurs et les artisans. \n \nDans la civilisation musulmane, qui s'étendait jusqu'aux frontières de la Chine à l'est et aux plateaux ibériques à l'ouest et concernait de nombreux peuples et cultures, il revenait au gouverneur musulman d'assurer une alimentation en eau correcte pour chacun. Des machines hydrauliques furent construites et entretenues, dont beaucoup continuèrent à servir même après l'apparition des technologies modernes. \n \nAvec l'accroissement de la population et l'expansion des villes, assurer une alimentation efficace devint de plus en plus difficile, en particulier sous le climat aride que connaissent beaucoup de pays islamiques. Les problèmes posés par le climat et les sols furent résolus par la mise au point d'ingénieux systèmes de stockage et de transport de l'eau.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/water/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/22/portal_image/1.jpg","display_order":10}}},"24c86664-167e-5ddd-abf8-40323dcb94a5":{"title":"Les Fatimides"},"0051fc3a-c40c-5aa8-b485-9b66344bf6e7":{"title":"La mosquée, espace de prière","description":"L'appel à la prière, que le muezzin lance cinq fois par jour du haut du minaret, s'entend dans toute la ville, qu'il imprègne de son rythme immuable Le premier appel se fait à l'aube, les suivants à midi, au milieu de l'après-midi, au coucher du soleil et à la tombée de la nuit. Chaque appel répète les louanges à Dieu et à son prophète Mahomet, et invite à se rendre à la prière.","quote":"Le minaret"},"ca4d15b3-1f58-5e52-8573-10d6bfc02842":{"title":"La quête de la baraka – le pèlerinage à Jérusalem et en Palestine","description":"Selon la foi musulmane, le Dôme du Rocher, édifié à Jérusalem sous les Omeyyades à la fin du Ier/VIIe siècle, est le site choisi par le prophète Muhammad pour la résurrection des fidèles au Jour du Jugement. Le Prophète a sacralisé ce lieu car c'est de là qu'il est monté au ciel (*Miraj*) la nuit de son voyage de La Mecque à Jérusalem (*Isra).* Il encouragea à de nombreuses reprises les fidèles musulmans à révérer et voir ce site en se rendant à Médine et à La Mecque.","quote":"*“Le Jour du Jugement, le Dôme du Rocher servira de site pour de la Résurrection des fidèles.”*"},"b4a8eac2-4a9d-514f-8bcf-a4339448fd19":{"title":"Objets","description":"L'art de la Sicile normande témoigne d'un étonnant mélange d'éléments byzantins, fatimides et autres, à l'image de la société siculo-normande elle-même. L'influence islamique s'observe, par exemple, dans des objets faisant appel à une “calligraphie” décorative pseudo-arabe à titre de motif décoratif. Une grande partie de cet art subsiste dans des objets en ivoire, matériau apprécié pour la fabrication de coffrets ou de boîtes souvent munies d'un couvercle caractéristique en pyramide tronquée. Certaines de ces boîtes présentent une décoration assez austère, tandis que d'autres sont peintes d'un décor animé à base d'inscriptions calligraphiques et de représentations humaines et animales."}}
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+ {"0051fc3a-c40c-5aa8-b485-9b66344bf6e7":{"title":"La mosquée, espace de prière","description":"L'appel à la prière, que le muezzin lance cinq fois par jour du haut du minaret, s'entend dans toute la ville, qu'il imprègne de son rythme immuable Le premier appel se fait à l'aube, les suivants à midi, au milieu de l'après-midi, au coucher du soleil et à la tombée de la nuit. Chaque appel répète les louanges à Dieu et à son prophète Mahomet, et invite à se rendre à la prière.","quote":"Le minaret"},"007e0513-1d25-5486-a970-7a75408f9d61":{"title":"La céramique mudéjare","description":"Initialement, les blasons n’étaient pas l’apanage exclusif de la noblesse, mais finalement liés à sa symbolique, ils sont à leur apogée aux XVe et XVIe siècles, comme l’atteste la profusion de leur utilisation et de leur application à tout type d’objet, et notamment aux pièces de céramique de commande. En rapport avec l’héraldique, la banderole à inscriptions religieuses chrétiennes fait son apparition sur les céramiques mudéjares.","quote":"La nécessaire adaptation au goût des nouveaux clients a obligé les potiers mudéjars à renouveler leur répertoire."},"00a9f1ac-ad56-56fb-b46c-95f05a196c8c":{"title":"L’art mudéjar populaire et religieux"},"00b6ace6-eff0-5009-bd24-4fff9d4b4807":{"title":"Objets","description":"L'art ottoman se caractérise par le fort accent mis sur les motifs floraux qui remplacent presque complètement la vénérable tradition islamique des jeux géométriques. Ce changement se constate particulièrement dans l'activité artistique probablement la plus réputée de l'art ottoman, la céramique. À partir d'une palette restreinte de bleus et de blancs et de motifs inspirés de l'art chinois, les potiers de la ville d'Iznik développent leur propre esthétique florale dont les éléments (essentiellement tulipes, roses, hyacinthes et œillets) se répartissent naturellement sur la surface de l'objet. Dans la manière typiquement islamique, cette esthétique s'applique à tous les supports. Elle est particulièrement dominante dans les textiles par exemple, aussi bien sur des caftans de soie destinés aux princes que dans les broderies d'usage quotidien. \n \nUne grande partie de l'art ottoman trouve son origine à la cour. Des objets de grand luxe sont fabriqués pour conférer un air de luxe suprême à l'existence des habitants du palais, depuis les dignitaires du palais jusqu'au sultan lui-même. Les ateliers impériaux s'intéressent aussi à l'art du livre, réalisant des corans et des manuscrits illustrés qui portent aussi bien sur des sujets séculiers que religieux ; La calligraphie jouit d'un prestige particulièrement élevé. \n \nL'art ottoman ne se limite cependant ni à la production pour la cour ni à Istanbul. Damas est un important centre de production de céramiques qui utilise une palette assez différente de celle d'Iznik. De même, la ville anatolienne de Kütahya crée sa propre tradition de céramique après le déclin de celle d'Iznik. Loin de la capitale impériale, des vocabulaires locaux apparaissent dans les provinces ottomanes."},"00c4ec24-eae3-5f50-b012-fca1d0fc4b8b":{"title":"Splendeur de l'habillement : Tiraz et vêtements de l'époque"},"017e4b3b-5dc4-5b40-a034-7dbccb14bb54":{"title":"L'art turco-islamique de l'Anatolie pré-ottomane","description":"À la suite de la bataille de Manzikert en 463/1071, l'Anatolie assiste à la montée en puissance d'une nouvelle entité politique, sociale et religieuse aux portes du vieil empire byzantin, celle des Turcs qui, venus des steppes d'Asie, avaient fondé le grand empire seldjoukide d'Iran avant de s'installer en Anatolie.","quote":"“À la suite de la bataille de Manzikert en 463/1071, l'Anatolie assiste à la montée en puissance d'une nouvelle entité politique, sociale et religieuse.”"},"01a3e026-0ee5-5a3c-ada4-056b1dbede4c":{"title":"L’art mudéjar aristocratique et civil","description":"Cette attirance pour le confort et le luxe des palais musulmans s’est également étendue au reste de l’aristocratie, qui s’en est inspirée pour construire et décorer ses propres résidences conformément à la nouvelle mode, devenue le signe d’un statut social particulier. L’admiration pour le mode de vie a conduit à copier le modèle d’habitation andalouse, à recouvrir les parois de hautes plinthes d’azulejos, à multiplier les plafonds de bois et à orner les stucs de motifs géométriques, végétaux et épigraphiques musulmans typiques, alliés à des blasons nobiliaires et à des devises en lettres gothiques. Le goût pour ce style s’est étendu à d’autres types d’édifices civils, comme les universités.","quote":"Édifices civils mudéjars"},"01b4539f-223c-58e3-970b-86b098e2e493":{"title":"Le langage visuel du pouvoir","description":"Dès qu'ils sont au pouvoir, les hommes cherchent à afficher leur puissance aussi bien à l'adresse de leurs sujets qu'à celle les étrangers. L'art et l'architecture en particulier ont souvent été utilisés pour créer un vocabulaire visuel d'affirmation du pouvoir. Cette proclamation visuelle a pu prendre de multiples formes au cours des siècles, parfois de manière extravertie et dénuée de toute ambiguïté, parfois de façon plus subtile et implicite. L'art et l'architecture de la période ottomane fournissent une intéressante gamme d'exemples de cette affirmation du pouvoir par le sultan ou par l'État ottoman.","quote":"*“Dès qu'ils sont au pouvoir, les hommes cherchent à faire la démonstration de leur puissance.”*"},"01b9c0b5-6a02-5be0-aa1a-2dead40ce2ff":{"title":"Le rôle individuel des plantes et des fleurs","description":"Avec la tulipe, l'œillet était utilisé pour rappeler la beauté divine et évoquer la contemplation spirituelle. Il est donc lui aussi très présent dans l'art islamique, en particulier dans l'art ottoman. Toutes les fleurs et plantes ne trouvaient pas forcément leur origine dans la culture et la symbolique islamique. L'image de la vigne surchargée de grappes, associée à la fertilité et à la vie éternelle, constitue une survivance des temps hellénistiques tandis que le lotus, symbole oriental de la pureté spirituelle, fut introduit dans l'art islamique par les Mongols au VIIe/XIIIe siècle.","quote":"“Toutes les fleurs et plantes ne trouvaient pas forcément leur origine dans la culture et la symbolique islamiques.”"},"0227731c-df1e-5f3e-8a97-45ca3e10bf2a":{"title":"Découvrir l’art islamique","description":"Découvrir l’art islamique"},"028edd35-2131-5178-a3ea-7b1699bc9592":{"title":"La pierre funéraire, mémoire lapidaire","description":"La fondation d'un cimetière, généralement due à un gouverneur ou à sa famille, était considérée comme un acte pieux, agréable aux yeux de Dieu. Parfois, le cimetière était délimité par une petite clôture, mais dans la très grande majorité des cas, aucune délimitation n'était visible. Les tombes étaient réparties de manière anarchique, et toutes n'étaient pas dotées de stèles permettant l'identification, car la signalisation funéraire dépendait du rang social et de la capacité économique du personnage enterré.","quote":"La stèle : signe de statut social"},"036e868a-be9f-5e20-a301-fbf277420082":{"title":"Le système mamelouk","description":"La remarquable réussite du sultanat mamelouk s'appuie sur une structure hiérarchique complexe d'esclaves-soldats ayant à leur tête le sultan. Les Mamelouks peuvent avoir été achetés ou reçus en présents ; parfois encore, ce sont des prisonniers de guerre. Initialement, la plupart d'entre eux sont des Turcs, des Kurdes ou des Mongols rejoints par des Circassiens et des Géorgiens à partir du VIIIe/XIVe siècle. Chaque nouvelle recrue subit un examen médical complet destiné à contrôler son aptitude au service. Une fois accepté, on lui enseigne l'islam et des rudiments d'arabe. Il doit faire preuve d'une loyauté indiscutable envers le sultan.","quote":"“Les Mamelouks peuvent avoir été achetés ou reçus en présents ; parfois, ce sont des prisonniers de guerre.”"},"0619d09f-5563-54e4-a733-b1fda9508dda":{"title":"Itinéraire d'une chaire islamique","description":"Ce *minbar* est d'une importance particulière car il est lié au martyr chiite l'imam al-Hussein, petit-fils du prophète Muhammad. Lorsque les Croisés marchent sur Achqelon (à 50 km environ au sud de Jaffa) en 548/1143, des dévots musulmans réussissent à emporter la tête coupée d'al-Hussein et le *minbar*, qu'ils font subrepticement passer à Hébron et déposent à la mosquée al-Ibrahimi. La tradition veut que la tête du martyr ait ensuite été emportée au Caire.","quote":"“Ils firent subrepticement passer le minbar à Hébron et le déposèrent dans la mosquée d'Abraham.”"},"06c733a5-e1b4-5be1-ae58-c5968680a73a":{"title":"Raqqa : la capitale syrienne du calife Haroun al-Rachid","description":"Le calife Haroun al-Rachid, petit-fils d'al-Mansour, tient sa cour à Raqqa de 180 à 192/796-809 alors que Bagdad et le sud de l'Irak connaissent une période d'instabilité politique. Al-Rachid agrandit les fortifications et crée au nord de la ville un nouveau quartier de palais. C'est là qu'il prendra demeure, ainsi qu'un certain nombre de dignitaires qui résident auprès de lui. Les liens avec Bagdad et les territoires orientaux sont maintenus grâce à un système de poste sophistiqué. Les fils d'al-Rachid et futurs califes passent tous une grande partie de leur jeunesse à Raqqa.","quote":"“Parmi ces palais se comptent la demeure du calife Haroun al-Rachid et celles d'un certain nombre de dignitaires qui vinrent résider auprès de lui.”"},"06f8adf1-80a7-5ad3-930e-d74a24929bf9":{"title":"La culture de la table","description":"En dehors des assiettes en céramique d'Iznik, on se sert aussi de modèles en cuivre doré. Les porcelaines importées de Chine sont utilisées à table, mais le changement apporté par l'adoption d'un style de vie occidentalisé au XIXe siècle met fin à la culture de table traditionnelle du palais de Topkapı. On introduit des tables, des sièges, des porcelaines et des couverts en argent à l'européenne.","quote":"“En dehors des assiettes en céramique d'Iznik, on se servait aussi de modèles en cuivre doré.”"},"071e3e6e-8e36-5c3c-8643-17ee9ac60138":{"title":"Le palais et les arts","description":"L'empire ottoman est un État centralisé géré par des fonctionnaires spécialement formés à la cour. Ce système, qui exerça un profond impact sur l'art ottoman, donne naissance à un style décoratif uniforme dans la totalité des immenses territoires sous sa domination. Les architectes et artisans qui décorent le palais de Topkapı travaillent également à Istanbul et dans le reste de l'empire, sous l'autorité de l'architecte impérial. \nD'abord établis à Edirne, les ateliers d'artistes sont transférés au palais de Topkapı après la prise de Constantinople. L'organisation systématique des professions artisanales commence au début du IXe/XVe siècle. Parfois, des membres des corporations d'Istanbul, ou venus d'une autre région de l'empire, choisissent de travailler sur invitation dans l'un de ces ateliers.","quote":"“Le système centralisé aboutit à un style décoratif uniforme dans la totalité des immenses territoires ottomans.”"},"07323655-399a-5f20-bd33-36fbfca525bd":{"title":"L’art mudéjar aristocratique et civil","description":"L’art mudéjar aristocratique a été une création des rois et des nobles de leur entourage, poussés par le désir d’imiter les palais musulmans, dont ils connaissaient le faste par le biais des ambassades. Au fur et à mesure que les rois chrétiens conquéraient des villes d’al-Andalus, les riches salons, jardins et alcôves des palais andalous furent transformés en résidences royales et théatre de la vie aristocratique, comme manifestation explicite de suprématie sur l’ennemi et d’admiration pour leur art. En même temps, dans les nouveaux palais, on copiait l’usage du plâtre et de la brique, l’ornementation sophistiquée des intérieurs et l’harmonie des patios et des jardins. La Aljafería, l’Alcázar royal et le palais de Sintra sont des exemples emblématiques de la réutilisation des palais andalous par les rois chrétiens.","quote":"Des palais andalous pour les rois chrétiens"},"073b795d-65c6-5d5e-9265-134b960cca53":{"title":"La cour","description":"Sous l'influence de Bagdad, le cérémonial du repas et les mœurs des convives se raffinèrent. Le repas partagé dans un récipient commun fut remplacé par de multiples plats servis selon un protocole rigoureux. Le menu s'enrichit de nombreuses recettes nouvelles, et leur dégustation était un plaisir pour le palais et pour l'odorat, subjugué par les arômes ; les plaisirs de la table étaient encore rehaussés par les plaisirs de l'ouïe, charmée par la musique, et de la vue, séduite par la contemplation des danseuses et du décorum du palais.","quote":"Le cérémonial du repas"},"07659934-a88a-585a-8ef8-22be0a77afbe":{"title":"Syrie","description":"Les influences occidentales marquent aussi l'apparence physique de la ville. Les villes islamiques ont toujours distingué espace privé et espace public, l'espace privé étant réservé à la résidence et l'espace public au travail – le souk – ou à la prière – la mosquée. Mais désormais, les résidences ont des fenêtres plus grandes, même sur les murs extérieurs, et parfois une terrasse, comme à Mashfa al-Ghuraba. L'option de la place publique, créée pour afficher les emblèmes de l'État, comme en Europe, est évident place Marjeh, située à l'extérieur des vieux remparts de Damas, et qui est devenu le centre de la ville moderne, marqué par une grande colonne centrale. La gare de chemin de fer du Hedjaz est aujourd'hui l'un des plus beaux bâtiments de Damas. Elle fut financée par un riche Damascène, et dessinée par un architecte espagnol qui appréciait l'art andalou. Ce sont sans doute des ouvriers allemands, qui à l'origine avaient apporté le chemin de fer aux Ottomans au titre de leur alliance politique, qui construisirent le système ferroviaire.","quote":"“Les influences occidentales marquent aussi l'apparence physique de la ville.”"},"093d3b04-a322-5303-baa3-da0aa80dad8f":{"title":"La capitale ottomane: Istanbul"},"09bdd05c-c517-5715-b216-1c3b6562ce92":{"title":"Visions du jardin paradisiaque et de l’arbre de vie","description":"Les représentations littérales du Jardin du Paradis sont rares. Un exemple en est fourni par l'étonnant cycle de mosaïques qui décore la cour de la Mosquée omeyyade de Damas (Ier/VIIIe siècle). Il représente un paysage idéalisé parcouru par une rivière sinueuse et parsemé de palais et d'édifices sophistiqués. L'ensemble est inspiré de descriptions coraniques comme l'indique une inscription laissée par un des mosaïstes : “Dans les mosaïques, nous avons représenté ce que nous avons trouvé dans le Coran par rapport aux arbres et palais du Paradis. Et lorsqu'un ouvrier exécutait un arbre d'une manière particulièrement belle, le calife Omar lui donnait 30 dirhams de récompense.”","quote":"“… Nous avons représenté ce que nous avons trouvé dans le Coran quant aux arbres et palais du Paradis.”"},"0aeb920c-d823-5de4-81b9-061257cef978":{"title":"Deux sultans mamelouks face aux Francs","description":"Des deux sultans évoqués ici, Qalawun est probablement le plus prolifique promoteur de projets architecturaux. L'échelle du complexe qu'il fait édifier au Caire et qui marque une nouvelle phase de l'architecture mamelouke est imposante. L'ensemble comprend une *madrasa*, un mausolée (*koubba*) et un hôpital (*bimaristan*) inspiré du *bimaristan* Nour al-Din, à Damas. Il avait été tellement impressionné par les soins qu'il avait reçus dans cet établissement qu'il avait fait vœu, s'il recouvrait la santé, de construire un établissement similaire au Caire. Peu après le début de son règne en 682-1283, il en lance le chantier. De manière tout à fait inhabituelle pour l'époque, ce *bimaristan* est ouvert aux musulmans des deux sexes et de n'importe quelle position sociale.","quote":"“Qalawun est probablement le plus prolifique promoteur de projets architecturaux.”"},"0b479143-91f2-528d-88e6-5a5d5ad84169":{"title":"Splendeur de l'habillement : Tiraz et vêtements de l'époque","description":"À la cour du Caire, la garde-robe du calife, ses *tiraz* et autres textiles sont entretenus par un personnel féminin. Des fleurs coupées dans les jardins du palais parfument les vêtements. Une seconde garde-robe est consacrée aux vêtements de la cour. Peu de tenues complètes ou de vêtements en *tiraz* sont parvenus jusqu'à nous, mais des fragments de tissus en lin ou soie ont survécu, souvent brodés de soie dans toute une variété de couleurs. D'autres indications sur l'aspect des *tiraz* et des vêtements de l'époque en général sont fournies par des sculptures sur bois ou ivoire, ou sur des céramiques ; certaines montrent des figures féminines ou masculines attablées, chassant ou jouant de la musique, portant des habits qui comprennent des turbans, des châles et des tuniques ceinturées, souvent ornés de bandeaux de *tiraz*.","quote":"*“Les vêtements entièrement en* tiraz *sont rares, mais des fragments subsistants montrent qu'ils faisaient appel à une grande diversité de couleurs.”*"},"0be5386c-7187-5f14-a5c9-e9d7972aaa20":{"title":"La culture dans le royaume croisé de Jérusalem","description":"Les artisans locaux profitent aussi largement des ateliers créés par les Croisés pour leurs programmes de rénovation et de restauration que de l'afflux d'objets européens au Levant. Les échanges culturels entre les nouveaux habitants des royaumes francs et les communautés rurales musulmanes se poursuivent malgré un état de guerre permanent.","quote":"“Les artisans locaux profitent largement des ateliers créés par les Croisés.”"},"0be6d6e8-2fed-5e4f-b410-0a54ef0ed999":{"title":"Madrasa et éducation","description":"Les sciences sont enseignées parallèlement aux matières religieuses et linguistiques. La fine décoration sur métal des instruments scientifiques témoigne du développement des disciplines scientifiques. Les astrolabes et les sphères célestes sont nécessaires à l'observation précise des constellations. La pratique de la géomancie fait appel à des instruments spécifiques. Le brillant ingénieur mécanicien Abou al-'Izz Ismaïl al-Djazari fut requis par la cour ayyoubide de Diyarbakir en 603/1206 pour rédiger un livre illustré sur l'ingénierie hydraulique et mécanique.","quote":"“La fine décoration sur métal des instruments scientifiques témoigne du développement des disciplines scientifiques.”"},"0c57154a-3d32-5f59-919a-c9bcab6d8ac5":{"title":"Jordanie","description":"Les Ottomans ont abandonné la route du *hadjdj* (Darb al-Hadjdj al-Chami) qui suit les montagnes à l'est de la Route royale, pour une nouvelle route longeant les confins du désert, connue comme Darb al-Bint, d'après le nom de la fille du sultan Sélim Ier, qui s'était plainte de la présence de bandits sur la Route royale. Une série de forts et d'étapes de pèlerinage ponctuent cette nouvelle route pour protéger les pèlerins et leur fournir eau, nourriture et marchandises. Le chemin de fer du Hedjaz est l'une des réalisations majeures de la période ottomane ; il est achevé en 1908 sous le règne du sultan Abdoul Hamid II. Son objectif principal était de transporter les pèlerins de Damas à Médine en Arabie saoudite via la Jordanie. Il fut plusieurs fois endommagé durant la Première Guerre mondiale, mais certaines sections fonctionnent encore (par exemple Damas-Amman, Amman-Qatraneh).","quote":"“Le chemin de fer du Hedjaz est l'une des réalisations majeures de la période ottomane...”"},"0d399303-e091-5249-87cf-68e9ac89a080":{"title":"Art et architecture royale","description":"Après 1130, Roger II, devenu roi de Sicile, favorise un art de cour dans lequel les composantes islamiques et byzantines se greffent sur des éléments romans et normands déjà combinés avec la culture artistique et architecturale locale. Cette volonté est favorisée par les campagnes victorieuses de Roger II, menées au détriment des territoires côtiers d’Afrique du Nord et de la péninsule balkanique byzantine, avec, pour conséquence, l’acquisition d’une main-d’œuvre forcée. L’on voit ainsi naître un art et une architecture royale à proprement parler, qui laisse sa marque caractéristique sur les œuvres voulues par la couronne, qu’elles soient civiles ou religieuses.","quote":"Roger II favorise un art de cour qui greffe les composantes islamiques et byzantines sur des éléments romans normands."},"0d96fdda-709f-55ff-974d-36ce25e67b8e":{"title":"La vie quotidienne dans le sultanat mamelouk"},"0e4ca3d5-ad07-5906-884a-7b4b89c83f5c":{"title":"Égypte"},"0e91bb3e-a45f-5595-9dcf-c2ad2c8547a9":{"title":"L’eau et la vie quotidienne","description":"L'obligation d'alimenter en eau la population urbaine entraîna la mise au point d'un type monumental particulier, la fontaine publique ou *sabil*. Les *sabil* – dont un grand nombre furent construits au Caire et à Jérusalem par les Mamelouks (r. 648-692/1250-1517) – consistaient en une citerne souterraine et, au rez-de-chaussée, une pièce à fenêtres grillagées donnant sur la rue. Assis derrière la grille, un employé distribuait des coupes d'eau aux passants. Le *sabil-kuttab* possédait une fontaine du même type mais était surmonté d'une galerie qui accueillait une école élémentaire (*kuttab*).","quote":"“Un employé assis derrière la grille distribuait l'eau aux passants.”"},"0f404f1e-3645-5bfa-870f-1b45825073f7":{"title":"Les Omeyyades","description":"“L'art omeyyade est une combinaison de styles décoratifs et de motifs inspirés de diverses traditions artistiques.”","extra":{"credits":"Manal BASYOUNI, Aqaba \nGhazi BISHEH Amman \nJens KRÖGER, Berlin \nAida NAGHAWI DODO, Amman \nMohammad NAJJAR, Amman \nSamarah WOROUD, Irbid \n \nCoordination \nGhada AL-YOUSEF, Amman \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"La dynastie omeyyade fondée par le calife Mouawiya Ier bin Abi Soufyan en 41 de l'Hégire / 661 J.-C. reste au pouvoir jusqu'au moment où elle est renversée par les Abbassides en 132/750. À son arrivée sur le trône, Mouawiya fait de Damas la capitale de l'empire musulman. Cette décision entraîne des conséquences importantes pour l'art omeyyade, puisque l'influence artistique qui prédomine alors en Syrie est le style classique hérité des Romains. Des éléments issus de l'art sassanide, byzantin mais également copte jouent aussi un rôle dans l'évolution de l'art islamique sous les Omeyyades. Celui-ci est donc une combinaison créative de styles et de motifs décoratifs variés, qui s'inspire de différentes traditions artistiques pour apporter des solutions à des objectifs multiples et nouveaux. \nL'architecture omeyyade, dont nombre de constructions sont parvenues jusqu'à nous, constitue le témoignage majeur de l'action de la dynastie. En dehors des bâtiments érigés sur ordre de la famille royale, de vastes programmes de développement urbain sont entrepris. Le Dôme du Rocher à Jérusalem et la Mosquée omeyyade à Damas ont sans doute été édifiés pour symboliser la puissance et les victoires des Omeyyades, et ces réalisations reflètent en effet la grandeur de l'architecture de cette dynastie. Par ailleurs, les remarquables constructions palatiales, jadis appelées \"châteaux du désert\", nous fascinent encore par l'éclairage qu'ils nous offrent sur la vie de la cour et sur les cérémonies de cette période. \n \nCes constructions omeyyades, comme beaucoup d'autres, sont abondamment et luxueusement décorées. Les palais et les bains sont ornés de sols et de fresques murales en mosaïque. On trouve également, sculptés dans la pierre et le stuc, d'autres motifs d'animaux et de monstres, ou des motifs floraux stylisés ou abstraits. Les arts mineurs connaissent un vif essor, et de nombreux vestiges montrent que le travail du métal et celui du bois atteignent un haut niveau de qualité. \n \nL'art omeyyade, dans son surprenant et vibrant éclectisme, peut être considéré comme la continuation de l'art de l'Antiquité tardive, et ce n'est que lorsque la dynastie abbasside accède au pouvoir que l'art islamique s'ouvre à une nouvelle phase de développement.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/the_umayyads/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/10/portal_image/1.jpg","display_order":1}}},"0f9828f8-dd3a-5969-ba97-2fc083ca3fe9":{"title":"Les femmes musulmanes comme professionnelles, artisanes et artistes-interprètes","description":"De nombreuses musulmanes ont laissé leur nom dans l'Histoire comme musiciennes ou danseuses d'exception. Plusieurs furent engagées pour jouer à la cour et généreusement récompensées. Nous connaissons ainsi Nasab, dont le talent au tambourin était tel que le calife fatimide al-Moustansir bi Allah lui offrit au Caire un terrain qui donna par la suite son nom au quartier al-Tabalah (la joueuse de tambour). Une luthiste, Itifaq, réussit même à épouser le souverain mamelouk al-Malik al-Mudhaffar Haji bin Qalawun. Lorsqu'elle venait jouer, il faisait recouvrir le sol de soie et après sa prestation, il lui donnait quatre joyaux et six perles d'une valeur de 4 000 dinars.","quote":"“De nombreuses musulmanes se sont fait connaître comme musiciennes et danseuses du plus haut niveau.”"},"119ab24b-479f-5ff2-b732-0ff4c64e08e5":{"title":"Les communautés islamisées avant et après la conquête normande","description":"Des objets d’usage quotidien et funéraire, tels que des jarres en terre cuite et des inscriptions funéraires, parfois très proches, par leur typologie, de certains exemplaires nord-africains, tantôt produits par des artisans travaillant sur l’île, tantôt importés d’Afrique du Nord ou de zones encore musulmanes de la péninsule Ibérique, témoignent de relations durables entre les différentes régions méditerranéennes. Pendant une bonne partie du XVIe siècle, les clivages entre deux mondes opposés ont ainsi été transcendés.","quote":"Certains objets d’usage quotidien, semblables, dans leur typologie, à ceux provenant d’Afrique du Nord ou de la péninsule Ibérique, témoignent de relations durables entre les différentes régions méditerranéennes."},"119e81e9-24c1-5c11-8732-14582e47e370":{"title":"Les femmes de la dynastie : les petites-filles de Fatima al-Zahra","description":"En Afrique du Nord, les femmes cultivées et sophistiquées de la dynastie ziride (Berbères Sanhaja) s'inspirent de leurs consœurs fatimides d'Égypte. Au Ve/XIe siècle, une princesse ziride adjoint au *ribat* (enceinte fortifiée) de Monastir une mosquée qui sera appelée mosquée al-Sayyida en reconnaissance de son œuvre. Un certain nombre de manuscrits coraniques de la bibliothèque de Kairouan ont été commandités par des princesses zirides pour être offerts à la Grande Mosquée, notamment les corans d'Oumm Milal et de Oumm al-'Ilou, sœur du prince ziride al-Mouiz. Un troisième manuscrit fut offert par Fatima, gouvernante du prince Badis bin al-Mansour.","quote":"“Les femmes cultivées et sophistiquées de la dynastie ziride s'inspirent de leurs consœurs fatimides d'Égypte.”"},"11b19208-0f2c-5176-9948-5d121532b39a":{"title":"Les femmes musulmanes comme mécènes","description":"Les femmes soutiennent également la construction de *ribat* (fortifications religieuses) et de *khanqah* (couvents pour derviches), d'abord comme refuge pour les combattants de la foi puis utilisés plus tard comme lieux de prière et logements d'accueil pour les pauvres. \n \nL'éducation est une des sphères dans lesquelles les femmes se montrent d'actives mécènes, comme en témoigne cet important complexe éducatif du Caire, la *madrasa* d'Oum Sultan Chaaban, édifiée par la mère du sultan mamelouk Chaaban. D'autres financent des écoles (*kuttab*, *madrasa*) pour l'éducation des filles. Elles interviennent également dans des œuvres charitables comme le mécénat d'hôpitaux (*bimaristan*) dont celui adjacent à la Grande Mosquée de Divriği, commandité par Turan Melik (VIIe/XIIe siècle), et celui que fit construire Aziza Othmana au XIe/XVIIe siècle.","quote":"“Les femmes soutiennent également la construction de ribat, de khanqah, de madrasa et de bimaristan.”"},"11f82e3d-c59a-5f69-a3bc-b5b190e3aaa1":{"title":"La cour","description":"Rivalisant avec le faste et le raffinement des cours orientales – et parfois les surpassant –, les monarques de l'Occident musulman créèrent leurs propres cours avec des personnes de haut rang qu'ils honoraient de leur confiance ; acteurs, comme eux, du cérémonial palatin qui correspondait à leur grandeur, à leur souveraineté, à leur désir d'impressionner le peuple. \nCes élus les accompagnaient dans leurs activités publiques, partageaient avec eux les réceptions et repas officiels et les aidaient dans les tâches de gouvernement. Au cours des déplacements, ils faisaient partie du cortège royal et contribuaient à l'admiration suscitée par ce dernier.","quote":"Le cortège militaire"},"120cbd81-d9a2-540e-a178-dc11c283fc2d":{"title":"La vie privée des femmes musulmanes"},"12656ec4-68b3-5425-9a1d-71e4735a5c19":{"title":"La décoration géométrique en architecture","description":"Les plafonds eux aussi sont ornés de motifs géométriques, polychromés et dorés que l'on a pu interpréter comme la représentation de la voûte céleste. Les voûtes à *mouqarnas* notamment, dont l'entrelacs s'élabore à partir d'une étoile centrale jusqu'à occuper la totalité de l'espace, en sont le parfait exemple.","quote":"“Les plafonds ont été interprétés comme la représentation de la voûte céleste.”"},"12faaae8-0400-53bd-ba84-f5e66e0027ef":{"title":"Échos du Paradis : le jardin et la flore dans l’art islamique","description":"Dans la civilisation islamique, le jardin et la végétation qu'il contient ont toujours revêtu un sens particulier. Ce sont des rappels de la beauté de la création divine et d'*al-Djanna*, le Paradis islamique.","extra":{"credits":"Curators & authors \nSule AKSOY, Istanbul \nSevinç GÖK, Izmir \nAlev ÖZAY, Istanbul \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \nSevgi KUTLUAY, Istanbul \nInci KUYULU ERSOY, Izmir \nSeracettin SAHIN, Istanbul \nCihat SOYHAN, Istanbul \nGönül TEKELI, Istanbul \nInci TURKOGLU, Istanbul \nFriederike VOIGT, Stockholm/Berlin \nBarry WOOD, London \n \nCoordination \nInci KUYULU ERSOY, Izmir \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Tout au long de l'histoire de la civilisation islamique, le concept de jardin et de végétation a revêtu une signification particulière pour la pensée musulmane. Ceci tient en partie à l'aridité des contrées dans lesquelles vivent la plupart des musulmans. Entourés de déserts hostiles et soumis à un climat brûlant, ils ont toujours apprécié l'effet régénérateur de l'eau qui court, de la verdure des oasis isolées ou de la végétation colorée des jardins artificiels entourés de murs et entretenus avec une maîtrise consommée des techniques de l'irrigation. Mais si les jardins de plaisir réservés aux souverains et à une élite fortunée étaient convoités pour leur luxe, ils avaient aussi une dimension spirituelle car ils étaient souvent conçus pour évoquer la fraîche luxuriance d'*al-Djanna*, le Paradis islamique. De nombreuses descriptions du Coran et de la littérature islamique illustrent d'ailleurs le plan, les fleurs, les plantes et les arbres d'*al-Djanna*. Cet intérêt pour les visions paradisiaques explique que le concept de jardin, avec sa flore abondante, ait constitué un thème central pour toutes les cultures musulmanes, notamment dans le domaine artistique. De l'Espagne à l'Inde, les souverains et l'élite investirent dans de fastueux jardins dont ils firent le cœur de leurs complexes palatiaux comme partie intégrante de leur style de vie. La manière dont ces jardins royaux étaient utilisés rappelle souvent les images paradisiaques décrites par le Coran. Nombre d'entre eux possédaient même des noms soulignant ce symbolisme. L'architecture et les arts décoratifs abordent souvent le thème de la végétation miraculeuse du Paradis. Les mosquées, les *madrasa* et les mausolées royaux étaient souvent implantés dans un jardin rappelant le Paradis et leur décor s'inspirait des fleurs des jardins. Dans les arts décoratifs, les références sont faites aussi bien au jardin en tant que tel qu'aux plantes et aux fleurs, ces dernières étant souvent choisies, en dehors leur beauté intrinsèque ou de leur usage, pour leur signification religieuse ou poétique. Lorsque les fleurs ne sont pas représentées sous une forme naturaliste, de savantes arabesques formées de motifs symétriques de tiges ondulées, de feuilles ou de demi-palmettes invitent à la réflexion sur le processus cosmique, la création et l'unité divines, et soulignent l'infinie diversité du monde.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/floral/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/28/portal_image/1.jpg","display_order":13}}},"134ba250-63fa-595c-a880-46d56bae5a59":{"title":"Itinéraire d'une chaire islamique"},"1438dcdb-5040-5d2a-b082-cda3a58a1031":{"title":"La vie de cour"},"144150df-f28d-5d4f-8acc-353e17527739":{"title":"Pèlerinage en Terre sainte","description":"Au cours de la période des Croisés, le Levant reste divisé en un certain nombre de cités-États rivales. Certaines sont des principautés franques, d'autres sont toujours gouvernées par des souverains locaux. Cette situation entraîne une grande insécurité pour les voyageurs et les pèlerins en Terre sainte, même pendant les périodes de paix, mais surtout lors des phases de croisades. Malgré ces difficultés, de nombreux voyageurs restent déterminés à traverser la Terre sainte.","quote":"*“Les voyages et les pèlerinages en Terre sainte sont soumis à une grande insécurité même pendant les périodes de paix. ”*"},"14f245e5-7d33-5938-9186-f7e967ae327b":{"title":"Les Ottomans"},"1621eaac-22de-5ea2-a831-558356a3e6df":{"title":"Le rôle individuel des plantes et des fleurs"},"17b8ce1b-11e8-500c-ba13-dd3af722e3b4":{"title":"Le sultan et sa cour","description":"Le sultan mamelouk est également commandant en chef de ses armées et joue un rôle majeur dans la diplomatie internationale. Son autorité et sa gloire s'expriment au travers de cérémonials élaborés, du splendide cadre de vie de sa cour et de distractions élitistes comme la chasse et la fauconnerie.","quote":"“L'autorité du sultan s'exprime à travers un cérémonial et un cadre de vie grandioses.”"},"17ddd4ae-d694-5a72-955a-060b61ef530c":{"title":"Les femmes de la dynastie : les petites-filles de Fatima al-Zahra","description":"Par respect pour leur ancêtre Fatima al-Zahra, fille du prophète et épouse de l'imam Ali bin Abi Talib, les Fatimides accordent aux princesses royales un statut particulier et un rôle important dans la vie publique. Cette attitude n'est pas sans conséquences sur le traitement réservé aux femmes dans la société de l'époque. De nombreuses femmes de la cour détiennent des postes politiques importants et la sœur du calife al-Hakim bi Amrillah, Sitt al-Moulk, gouvernera même l'Égypte pendant quatre ans à la place de son frère encore enfant. De nombreuses femmes fatimides bien nées gèrent leur propre fortune et exercent des activités commerciales, possédant même des navires de transport. Un style de vie luxueux témoigne de cette richesse personnelle : une princesse du nom de Abda laisse à ses héritiers tant de coffres remplis de gemmes, de bijoux et autres trésors qu'il faudra 14 kilogrammes de cire pour les sceller et 30 rames de papier pour en établir la liste.","quote":"“Les Fatimides accordent aux princesses royales un statut privilégié.”"},"17e93a55-d0d0-51b2-8c52-ae90b63b4709":{"title":"Espaces du pouvoir : les constructions palatiales"},"18c44ba9-f8fa-5fdd-99a2-a8b6f034044a":{"title":"Visions du jardin paradisiaque et de l’arbre de vie","description":"Les arbres aux fleurs odorantes et surchargés de fruits mûrs jouent un rôle primordial dans les descriptions littéraires du Paradis islamique. Le palmier y occupe une place de choix. Une tradition le décrit comme la tante de l'Homme, créé à partir de l'argile après que Dieu eut donné vie à Adam. Selon une autre tradition, le prophète Muhammad associait souvent le palmier et le Paradis. Une référence est également faite au grenadier et au Tuba mystique, arbre de vie ressemblant à un cyprès qui s'élève au centre du Paradis.","quote":"“Les arbres aux fleurs odorantes et aux abondants fruits mûrs jouent un rôle particulier.”"},"1935df49-d16b-562f-8737-07f9354ede4c":{"title":"Le palais et les arts"},"1964c1f9-3ac7-51b6-9255-f573134a4db0":{"title":"Objets","description":"Les Mamelouks s'appuient sur les réalisations techniques et stylistiques de leurs prédécesseurs ayyoubides pour développer leur propre style, spécifique et identifiable comme tel. Le style mamelouk accorde une grande importance aux motifs géométriques et aux grandes inscriptions calligraphiques. Le premier de ces aspects s'observe par exemple dans le mobilier réalisé pour les nombreuses fondations religieuses commanditées par les très orthodoxes Mamelouks. La décoration géométrique est également un trait spécifique de l'ornementation des manuscrits coraniques. La belle calligraphie est également un élément apprécié dans cet art. Elle apparaît non seulement sur les manuscrits , mais aussi comme ornement principal d'objets réalisés dans toutes sortes de matériaux. L'art du métal mamelouk se distingue notamment par l'importance des inscriptions qui animent toutes sortes d'objets, y compris des chandeliers , des bassins , et des ustensiles plus personnels comme des aspersoirs à parfums. Les inscriptions reprennent généralement des formules de louanges au sultan ou au commanditaire (souvent anonyme). \n \nEn dehors du travail du métal, l'un des domaines les plus marquants de l'art mamelouk est la verrerie émaillée. Une forme particulièrement célèbre pendant cette période est la lampe à panse importante et ouverture évasée , souvent appelée “lampe de mosquée” bien qu'elle ait été utilisée dans d'autres contextes. Les lampes de mosquée, comme d'autres formes d'art mamelouk, comportent fréquemment le blason de leur commanditaire, symbole du rang d'un officier mamelouk : ainsi l'échanson du sultan utilise-t-il une coupe pour blason , tandis que le dignitaire chargé des armes utilisera une épée."},"1968b4ad-376a-5733-96cc-b0a0f079ea39":{"title":"La Terre sainte des trois religions","description":"La Palestine et Jérusalem en particulier concentrent les pèlerinages religieux depuis des millénaires. Pour les adeptes du judaïsme, Jérusalem est la cité de Dieu et le site révéré de Son temple. Les prières juives sont prononcées en direction de la Ville sainte, qui reste au cœur de la vie religieuse et spirituelle juive. Les chrétiens, encouragés par les Pères de l'Église, ont entrepris le pèlerinage à Jérusalem et en Terre sainte depuis le IVe siècle au moins pour honorer les sites liés à la vie de Jésus. Selon la tradition chrétienne, Jésus a vécu, prêché et soigné les malades à Jérusalem. C'est là que se tint la Cène, c'est là qu'il fut arrêté, jugé et crucifié. Aujourd'hui, l'église du Saint-Sépulcre se dresse à l'endroit où l'on pense que le Christ a été inhumé et d'où il est monté au Ciel.","quote":"*“La Palestine et Jérusalem en particulier concentrent les pèlerinages religieux depuis des millénaires.”*"},"196db830-546b-584c-a36c-48974bbb7a0a":{"title":"Le sultan et sa cour","description":"Le califat étant basé au Caire, les souverains musulmans de toutes les parties du monde islamique viennent en Égypte pour faire légitimer leur pouvoir. Dans tout l'empire, des sultans mamelouks dynamiques comme Baybars Ier, Qalawun, Nasr al-Din Muhammad ibn Qalawun, Hassan et Qaytbay commanditent la construction de splendides mosquées et institutions religieuses, ainsi que de magnifiques corans et pièces de mobilier pour orner leur intérieur.","quote":"“Les sultans mamelouks commanditent la construction de splendides mosquées et institutions religieuses.”"},"198c176f-a670-5331-b416-a7ecc59e7ceb":{"title":"Les arts décoratifs"},"19908cb0-74da-580e-b6b3-2b320477903e":{"title":"Les Aghlabides : le bouclier de la dynastie abbasside","description":"L'immensité de leur empire et la présence de plusieurs puissances islamiques rivales sur ses marches expliquent qu'en 184/800, les Abbassides établissent la principauté aghlabide dans le nord de l'Afrique, face aux Omeyyades d'al-Andalus et aux Idrissides du Maroc. Le calife abbasside Haroun al-Rachid (r. 170-193/786-809) confie l'Ifriqiya (la Tunisie) à Ibrahim Ibn al-Aghlab sous forme de principauté héréditaire. Les Aghlabides resteront vassaux des Abbassides de 184/800 à 296/909. Ils reconstruisent plusieurs villes et édifient de nombreuses fortifications le long de la côte tunisienne pour repousser les Byzantins qui avaient conquis la Sicile quelques siècles auparavant. Ils organisent l'administration et développent les voies de communication entre l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient.","quote":"“Le calife Haroun al-Rachid confie l'Ifriqiya (la Tunisie) à Ibrahim Ibn al-Aghlab sous forme de principauté héréditaire.”"},"1a1a6170-d33d-5774-bbd8-19cce2b88392":{"title":"Itinéraire d'une chaire islamique","description":"Le transfert du *minbar* à Hébron confère une dimension religieuse particulière à la ville, qui attire maintenant les musulmans, les juifs et les chrétiens. Les visiteurs font des donations et financent généreusement des institutions. Leur générosité s'étend non seulement à la mosquée et au mausolée, mais aussi à la ville. Les lampes de mosquée, les pages du Coran et les chandeliers de cuivre présentés dans cette exposition sont de brillants exemples de ce mécénat.","quote":"*“Les visiteurs font des donations et accordent de généreux financements.”*"},"1aa59d36-2ef4-55a4-9987-3abbfd0f309c":{"title":"Syrie"},"1abd2666-7a05-5c9a-8f4d-991a0fac4643":{"title":"La culture dans le royaume croisé de Jérusalem","description":"Des récits figurant dans les *Voyages* d'Ibn Jubayr et les *Mémoires* d'Oussamah Ibn Mounqidh permettent de dresser un portrait plus précis de la communauté musulmane. L'écrivain, diplomate et politicien Oussamah (487-583/1095-1188), qui vivait au château de Chayzar, était personnellement lié à Nour al-Din et Saladin, ainsi qu'à leurs ennemis francs. Il décrit ainsi une visite à Jérusalem : \"Lorsque j'allais à la mosquée al-Aqsa, occupée par les Templiers qui étaient mes amis, ceux-ci faisaient évacuer une petite mosquée adjacente pour que je puisse y prier.\" Un jour qu'il était debout en prière, un Franc l'interrompit pour le forcer à se tourner vers l'est. Un ami templier écarta cet homme et présenta des excuses à l'écrivain en expliquant : \"C'est un étranger qui vient juste d'arriver du pays des Francs et qui n'a encore jamais vu quelqu'un prier sans se tourner vers l'Orient.\"","quote":"“Les Templiers faisaient évacuer une petite mosquée adjacente pour que je puisse y prier.”"},"1b29b6a7-7dc6-567b-aaf0-cbfc9c64fc07":{"title":"Saladin en Terre sainte","description":"La prééminence de Saladin s'affirme pendant la guerre pour le contrôle de l'Égypte, alors que Nour al-Din est encore en vie. Après sa mort en 569/1174, Saladin passe dix années à se battre contre ses ennemis musulmans et à consolider son armée. Après avoir unifié la Syrie et l'Égypte et pris Alep en 579/1183, il se concentre sur l'expulsion des Francs. Sa première grande victoire est la bataille de Hattin en 583/1187, qui lui ouvre la voie vers Jérusalem dont il s'empare l'année suivante.","quote":"*“Après avoir unifié la Syrie et l'Égypte, Saladin se concentre sur l'expulsion des Francs.”*"},"1b7b04e6-d4cb-5a10-a0bf-8f61b4de570f":{"title":"La genèse de l'art islamique"},"1d025879-0f4e-58f5-9d96-55b7af6f72a3":{"title":"La civilisation du mot"},"1dabd926-5ac6-53c1-b262-d5570beba088":{"title":"La décoration géométrique en architecture","description":"Dans tout le monde musulman, les façades des édifices importants sont recouvertes de compositions de *mouqarnas* ou de reliefs géométriques sculptés dans la pierre. On cherche à ne laisser aucun espace libre de décor (*horror vacui*). \nDe même, à partir de l'époque almohade, les façades des minarets du Maghreb et d'al-Andalus sont d'abord ornées d'arcs lobés, indépendants ou entrecroisés, dont la répétition et la superposition génèrent, à une moindre échelle, une trame losangée connue sous le nom de *sebka* et qui ressemble à une tapisserie ajourée.","quote":"“On cherche à ne laisser aucun espace libre de décor (*horror vacui*).”"},"1dbcce8a-f15c-5124-8ef3-103e38fe1b4e":{"title":"Science et savoir","description":"Les mandataires musulmans se sont toujours préoccupés de l'approvisionnement en eau de la population, et ont appliqué les connaissances scientifiques disponibles à la recherche des solutions les plus performantes. Celles des installations d'acheminement de l'eau qui sont parvenues jusqu'à nous sont bien sûr les plus solides : digues, aqueducs et norias.","quote":"Science et technologie hydrauliques"},"1dc8b986-92dc-5a75-b544-000419ab6111":{"title":"La pierre funéraire, mémoire lapidaire","description":"Il existe une grande variété de stèles funéraires, qui sont le reflet de différentes époques et de différentes traditions régionales : le *cippe*, apparu au IXe siècle en Ifriqiya (Tunisie), mais dont on a aussi trouvé des spécimens dans la région andalouse de Tolède ; la *maqabriya*, utilisée dans les cimetières d'al-Andalus et du Maghreb depuis l'époque almoravide ; les *stèles discoïdales*, très courantes depuis le XIVe siècle dans les villes de forte industrie potière comme Málaga, Grenade et Murcie.","quote":"Les stèles : différences locales et sociales"},"1de88509-41c2-5db1-91f2-cf64dc633e29":{"title":"La Sicile chrétienne et la culture figurative islamique : préexistences et continuités."},"1ec4779d-2e05-51bf-b099-64943deec02c":{"title":"L’écriture coufique","description":"Les calligraphes entreprirent d'embellir les caractères coufiques d'ornements qui constituèrent peu à peu une véritable gamme de motifs. Avec le temps, cette ornementation devint de plus en plus sophistiquée et, au début du IVe/Xe siècle, les caractères coufiques étaient parés de feuillages et de tiges qui s'en échappaient pour créer un savant réseau végétal. Ce style fut appelé “coufique fleuri”.","quote":"“Les caractères coufiques étaient ornés de tiges et de feuilles créant un savant réseau végétal.”"},"1f253e35-617d-59f9-b7ff-8a13540d58a7":{"title":"Monuments","description":"L'architecture mudéjare, tradition créée dans la péninsule Ibérique par des artisans musulmans travaillant pour des clients chrétiens ou juifs, partage de très nombreux traits formels avec l'architecture de l'Occident musulman. La brique y est utilisée aussi bien comme matériau structurel que décoratif. On y trouve des éléments comme l'arc en fer à cheval, des inscriptions en arabe, des *mouqarnas*, des motifs décoratifs entrelacés combinés à des éléments de style européen roman, gothique et renaissance."},"1fe29955-194b-5f40-833a-ae7bf2b5e383":{"title":"Le Caire, Damas et Jérusalem, centres de la vie intellectuelle mamelouke","description":"Sous le règne des Mamelouks, l'Égypte, la Palestine et la Syrie connaissent une extraordinaire renaissance économique et culturelle, essentiellement centrée sur les villes du Caire, de Damas et de Jérusalem. Le Caire, la capitale mamelouke, est célébrée comme la “Métropole de l'univers” et le “Jardin du monde”. C'est la plus grande métropole de l'époque et l'une des plus riches cités du Proche-Orient, lieu d'attraction pour les intellectuels, les étudiants, les savants, les artisans et les commerçants.","quote":"“Le Caire, la capitale mamelouke, est célébrée comme la 'Métropole de l'univers'.”"},"21173928-d7cb-5f28-9f20-0a8f069336e7":{"title":"Les routes de pèlerinage et les Lieux saints","description":"Au nord, une seconde route de pèlerinage partait de Turquie, de Syrie, d'Irak et d'Iran. Les pèlerins se retrouvaient tous dans les environs de l'ancien Aylat (aujourd'hui village d'er-Rumeil) et de là poursuivaient vers Djeddah et Médine. Nombre de hauts personnages musulmans participèrent à l'entretien de la route, dont Sayyida Zoubayda, épouse du calife Haroun al-Rachid. La section dont elle s'était chargée offrait d'excellents aménagements et était appelée “la route de Zoubayda.”","quote":"“Au nord, il y avait une autre route de pèlerinage pour ceux qui regagnaient La Mecque à partir de la Turquie.”"},"217482b1-7626-531f-8ca9-51c2f680fe3d":{"title":"Les Mamelouks","description":"“À l'origine esclaves de souverains musulmans, les Mamelouks édifièrent un empire qui fut l'une des plus grandes puissances islamiques pendant près de 300 ans.”","extra":{"credits":"Curators & authors \nMohammad ABBAS, Cairo \nUlrike AL-KHAMIS, Edinburgh \nElsayed HAMAD, Cairo \nYousef NATSHEH, Jerusalem \nSalah SAYAOUR, Cairo \nTarek TORKY, Cairo \n \nCoordination \nEnaam Selim, Cairo \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Pendant près de 300 ans, le sultanat mamelouk fut l'une des grandes puissances islamiques. Le mot arabe *mamlouk*, qui signifie “possédé”, s'applique dans le contexte historique arabe à un esclave étranger, militaire, acquis pour en faire un combattant d'élite relevant de la seule autorité du sultan. La plupart des Mamelouks sont des Turcs et des Circassiens du Caucase convertis à l'Islam et formés pour exceller dans les arts martiaux. En 648 H / 1250 J.-C., une vacance du pouvoir chez les grands seigneurs arabes offre aux Mamelouks l'opportunité d'établir leur propre domination. À partir de ce moment, ils édifient un empire qui s'étendra bientôt à l'Égypte, la Palestine et la Syrie, ainsi qu'aux villes saintes du Hedjaz, sur lesquelles ils régneront en maîtres absolus jusqu'en 922/1517. \nLes premières années de leur règne sont marquées par la menace constante d'ennemis extérieurs, mais les Mamelouks réussissent à chasser à la fois les Mongols, après la bataille décisive d'Ayn Djalout en Palestine, en 658/1260 et les Croisés en 690/1291. \nD'abord et avant tout, les Mamelouks sont les champions de l'Islam. Après la chute de Bagdad prise par les Mongols en 656/1258, ils installent le siège du califat au Caire en 659/1261. Ils lancent dans tout l'empire un programme sans précédent de construction de splendides mosquées et de fondations religieuses (*waqf*), chaque établissement attirant à lui intellectuels, savants et religieux. \nSur le plan international, le sultanat mamelouk noue des liens solides avec d'autres puissances musulmanes dont celles de l'Orient lointain, Byzance, la France, la Castille, la Sicile, Gênes et Venise. Le Caire devient l'une des plates-formes du commerce mondial. Les biens et les produits étrangers affluent d'Occident et d'Orient pour être achetés et vendus dans des marchés spécialisés (les souks) dont le dynamisme stimule les artisans locaux. \n \nLa suprématie mamelouke commence à décliner lorsque les Européens ouvrent de nouvelles routes commerciales par le cap de Bonne-Espérance. L'expansion ottomane mettra fin à la souveraineté mamelouke au début du Xe/XVIe siècle.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/the_mamluks/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/17/portal_image/1.jpg","display_order":5}}},"221eaf00-cefe-5da4-b4e5-b0ff24d5d9a0":{"title":"Flore et arabesques : visions de l’éternité et de l’unité divine","description":"Lorsque les fleurs ne sont pas représentées de manière réaliste, elles sont souvent utilisées dans des compositions plus ou moins fantaisistes destinées à orner les murs d'une construction ou un objet. Ces compositions sont souvent si complexes qu'elles distraient le regard des caractéristiques physiques de l'objet qu'elles ornent, jusqu'à les masquer dans certains cas. Les bâtiments et les objets peuvent être décorés de compositions florales sculptées, peintes ou appliquées. Essentiellement décoratifs, ces éléments floraux offrent aux esprits prédisposés l'opportunité d'une méditation sur la complexité de l'univers, qui émane de son Créateur, Allah, et en qui elle culmine.","quote":"“Lorsque les fleurs ne sont pas représentées de manière réaliste, elles sont souvent utilisées pour des compositions de fantaisie…”"},"227f3bb2-60fb-58e2-b42c-bcec823faca6":{"title":"Splendeur de l'habillement : Tiraz et vêtements de l'époque","description":"Lors d'occasions particulières, les califes fatimides sélectionnent les plus beaux tissus de *tiraz* pour les robes d'apparat qui récompensent leurs dignitaires ou courtisans. Le vizir, par exemple, reçoit 30 tenues complètes qu'il est libre de distribuer parmi ses collaborateurs. D'autres cadeaux sont remis aux invités de haut rang de la cour, lors de célébrations ou d'anniversaires, et même à des gens du peuple. Les habits en *tiraz* sont de type et de style variés en fonction du rang de celui qui les porte. Les soies dorées sont réservées aux dignitaires princiers et différents types de soie sont offerts aux membres du gouvernement.","quote":"“Les califes fatimides sélectionnent les tiraz les plus richement ornés pour les robes d'apparat offertes en récompense à leurs dignitaires et courtisans.”"},"22ad153f-423c-5508-a362-937e5100efd8":{"title":"Guerre et cavalerie","description":"Les succès de la cavalerie s'expliquent par une pratique intense et un équipement de bonne qualité. Les soldats s'entraînent sur un hippodrome (*maydan*) où ils suivent une instruction épuisante et participent à des sports de compétition comme le polo et le lancer de javelot ou de masse. Au combat, les soldats turcs utilisent une combinaison de tactiques, les arcs et les flèches à distance et l'épée en combat rapproché. Les Turcs et les Arabes sont habiles au maniement de la lance, capables de frapper un ennemi en se déplaçant à grande vitesse. Les épées, les armes les plus appréciées, sont souvent identifiées par leur lieu de production et la souplesse de leur métal. Les boucliers des soldats musulmans sont généralement ronds, mais les modèles en forme de cerf-volant sont répandus chez les musulmans, les Byzantins et les Francs.","quote":"“Les épées sont identifiées par leur lieu de production et la souplesse du métal employé à leur fabrication.”"},"23700a6e-8a42-57ca-8d10-fa47337ec6cc":{"title":"La décoration géométrique dans les récipients en céramique","description":"Le décor géométrique s'allie remarquablement bien avec l'écriture dite coufique, d'une incontestable valeur esthétique avec sa calligraphie rectiligne, anguleuse, aux traits verticaux et horizontaux d'une grande netteté. Ces caractéristiques la rendent particulièrement appropriée pour l'ornementation du corps des récipients en céramique, soit en bandes horizontales, soit en compositions rayonnantes.","quote":"“Le décor géométrique s'allie remarquablement bien avec l'écriture dite coufique, d'une incontestable valeur esthétique.”"},"23c5c103-e3d9-5951-b584-74137065c95f":{"title":"L'art dans les lieux de prière","description":"Lieux sacrés pour l'islam, les mosquées ont conservé leurs caractéristiques au cours des siècles aussi bien en termes d'architecture que d'aménagements intérieurs et de décoration. \nLe “Dieu” de l'islam n'a pas de forme concrète et, selon la tradition, la représentation de figures animées dans une mosquée n'est pas convenable. Le Coran, qui contient la parole de Dieu et ses enseignements, inspire les artistes dans la décoration et le mobilier de l'intérieur de la mosquée.","quote":"“Selon la tradition, la représentation de figures animées dans une mosquée n'est pas convenable.”"},"2401b31f-6c0d-5b66-a16b-0fa24ce30cfa":{"title":"La décoration géométrique dans les textiles","description":"Le décor de certains textiles évoque celui des revêtements d'azulejos et des plâtres sculptés qui recouvrent les murs des édifices. Parfois, ils parviennent même à se rejoindre, dans le compartimentage de l'espace décoratif : les bandes épigraphiques sur les bords du tissu correspondent à la frise épigraphique qui couronne les plinthes à décor géométrique. \nCe type de décor est issu du développement de l'entrelacs, qui génère des motifs étoilés, polygonaux, lobés, etc.","quote":"“Le décor de certains textiles évoque celui des revêtements d'azulejos et des plâtres sculptés.”"},"2402e680-efca-5518-8365-20a53e16a37c":{"title":"Gérer la prospérité","description":"La santé et la richesse d'une population dépendent dans une large mesure d'une bonne gestion de ressources comme la nourriture et l'eau, ainsi que d'une administration efficace. De nombreuses solutions d'ingénierie furent mises au point par les Abbassides pour entretenir et améliorer les cultures et les ressources aquatiques, tandis que des progrès médicaux contribuèrent à améliorer la santé en général. À Kairouan, par exemple, en 248/862, les Aghlabides construisirent une série de réservoirs à eau principalement conçus pour collecter l'eau de pluie des vallées avoisinantes. Ils permettaient de récupérer l'eau, de la purifier et de la stocker, puis de la distribuer gratuitement aux habitants de la ville, aux troupeaux et aux caravanes de passage.","quote":"“Les Aghlabides construisirent une série de réservoirs à eau conçus pour collecter l'eau de pluie des vallées avoisinantes.”"},"2446085b-ecb4-555b-8c7a-83f7c0b63dda":{"title":"Monuments","description":"L'architecture des régions musulmanes occidentales est marquée par une très forte continuité qui s'étend à la fois sur une vaste étendue géographique (péninsule Ibérique, Maroc, Algérie et Tunisie) et sur une longue durée, de la fondation de l'émirat omeyyade en Espagne dans le second quart du IIe siècle H (VIIIe siècle J.-C.) aux diverses dynasties dont les Idrissides, les Abdalwadides, les Almoravides, les Almohades, les Mérinides, les Hafsides, les Saadiens et les Alaouites. \n \nOn note dans l'architecture de ces régions la diversité des matériaux. La brique prédomine aussi bien dans la construction structurelle que dans la décoration. La pierre est surtout utilisée en habillage, souvent en association avec la brique. La décoration en stuc est abondamment présente. Le bois sert à fabriquer des éléments comme les poutres de plafonds, les toitures à pignon, les portes et les panneaux décoratifs. Les carreaux vernis à motifs géométriques sont un matériau de surface très courant pour les sols et les murs, bien que les murs chaulés, d'aspect plus austère, soient également très répandus. \n \nLa mosquée hypostyle reste le type principal dans cette vaste zone, les nefs étant généralement disposées perpendiculairement au mur de la *qibla*. L'arc en fer à cheval, qui s'est imposé comme un élément courant de l'architecture aghlabide, prédomine. Comme chez les Aghlabides, les minarets sont de section carrée, ce qui contraste avec ceux plus fins et de section circulaire ou octogonale qui se développent en Orient. Les minarets de l'Occident musulman sont souvent décorés d'un complexe habillage de briques ou de motifs décoratifs en stuc ainsi que de frises de *mouqarnas*. \n \nLes constructions possèdent généralement des coupoles protégées sous des toits à deux versants recouverts de tuiles vernissées de couleur bleu-vert. Elles présentent fréquemment des nervures qui, en dehors de leur rôle structurel, créent des motifs décoratifs repris en articulation de la face intérieure. Certains intérieurs de coupoles sont entièrement couverts de *mouqarnas*. \n \nIl est largement fait recours aux *mouqarnas*, généralement en bois ou en plâtre, non seulement dans les zones d'articulation des voûtes, mais aussi comme élément décoratif d'ensemble. On trouve de nombreuses surfaces à décors d'entrelacs en gypse ou en brique ainsi que des paires d'arcs séparées par une colonne ou des arcs polylobés et entrelacés. L'usage de la calligraphie et des motifs végétaux est toujours très présent. Dans les premières réalisations de l'Occident musulman, comme dans les autres traditions architecturales islamiques, le remploi d'éléments de construction comme des fûts et des chapiteaux de périodes antérieures est très répandu."},"24c86664-167e-5ddd-abf8-40323dcb94a5":{"title":"Les Fatimides"},"24dccfe7-0ad7-552e-aa3d-ebae78f613d0":{"title":"La vie de cour","description":"Le palais de Topkapı est le siège du gouvernement et la résidence de la famille impériale. Il est édifié à l'extrémité de la péninsule d'Istanbul, qui commande la vue sur la Corne d'or d'un côté, le détroit du Bosphore et la mer de Marmara de l'autre. Il constitue un important complexe divisé en trois quartiers, *birun*, *endenrun* et *harem*, répartis au milieu de vastes jardins. \nLe *birun* s'étend entre la première porte d'entrée, Bab-i Hümayun (porte Impériale), et la troisième Bäbüssaade (porte de la Félicité). Autour de la première cour sont regroupés des bâtiments de service, la monnaie impériale, des casernes, des ministères et autres administrations gouvernementales. Dans la seconde cour, du nom de Alay Meydanı, se trouve le Divan-ı Hümayun – également appelé “sous la coupole” –, le trésor, les cuisines, les écuries et l'entrée du harem. \nLes cérémonies comme l'accession au trône, les auditions royales en cas d'urgence appelées Alay Divanı (assemblées debout) et certains festins se déroulent devant la porte de la Félicité. Le trône du sultan se trouve non loin et l'Étendard sacré (Sancak-ı Şerif), symbole par excellence du sultan ottoman en tant que calife, y est déployé lorsqu'il est sorti du pavillon du Saint Manteau pour certaines cérémonies.","quote":"“Le palais de Topkapı est le siège du gouvernement et la résidence de la famille impériale.”"},"24e11f60-92ed-5fc9-959e-e0aa49482ffe":{"title":"Représentation humaine"},"252b7a7e-7c1d-559c-8738-0be280a6547c":{"title":"Représentation animale","description":"La présence des animaux est plus fréquente dans l'art et l'architecture de la période omeyyade, en particulier sur les mosaïques et les fresques, que ce soit dans les palais ou dans les églises chrétiennes locales. Plus tard sont exécutés en Espagne (fin Xe-début XIe siècle J.-C.) des coffrets à bijoux en ivoire de diverses formes et dimensions dont le décor de surface sculpté illustre divers aspects des divertissements et de la vie de la cour, dont la chasse. Les panneaux en bois sculpté de la période fatimide en Égypte contiennent un certain nombre de thèmes animaliers. Les façades de certains bâtiments anatoliens et les tours des périodes ayyoubides-mameloukes en Égypte sont souvent décorées de motifs animaliers naturalistes ou héraldiques.","quote":"*“Des coffrets à bijoux en ivoire portent un décor sculpté illustrant divers aspects des divertissements et de la vie de la cour.”*"},"25920ee3-8f72-5764-8504-8c11dfeff2db":{"title":"Le Saint Coran","description":"La mise en page du coran s'accompagne d'un système de marquage qui indique les titres des sourates et le numéro des versets. Si, dans les copies les plus élaborées, ces marques sont dessinées avec raffinement, elles sont dénuées d'ornements dans les versions plus simples et moins coûteuses. La dorure et d'autres types de pigments étaient généreusement utilisés dans les pages de titre, les titres de sourates et les marqueurs de versets. Les manuscrits coraniques étaient copiés dans toutes sortes de styles calligraphiques arabes dont le coufique, le *naskhi* et le *thoulouth*. Les corans en plusieurs volumes étaient divisés en deux, quatre ou trente parties, selon une convention établie. Elles étaient reliées dans de somptueuses couvertures et conservées dans de superbes coffrets ou petits meubles. Des lutrins spécialement fabriqués permettaient de maintenir le livre en position ouverte lors de la récitation ou pour son exposition.","quote":"“Les corans en plusieurs volumes étaient divisés en deux, quatre ou trente parties, selon une convention établie.”"},"27407462-38d1-5483-a239-bfa506cb4830":{"title":"Gérer la prospérité","description":"Les Abbassides soutenaient et parrainaient la recherche médicale, mais aussi les praticiens. De grands progrès furent accomplis dans le domaine de la médecine : des livres sur des sujets variés furent rédigés et traduits, des expériences menées et documentées et divers instruments médicaux furent conçus pour faciliter les traitements ou les opérations.","quote":"“Les Abbassides soutenaient et parrainaient la recherche médicale, mais aussi les praticiens.”"},"27a7074c-9378-500f-b1ed-4b1612e2a219":{"title":"Le rôle individuel des plantes et des fleurs","description":"Certaines fleurs, comme la rose, étaient particulièrement appréciées et représentées avec constance dans l'art musulman. Dans les traditions islamiques populaires, la rose était née d'une goutte de sueur que le prophète Muhammad avait perdue lors de son voyage miraculeux au Paradis. Pour certains, elle symbolise également l'unité de Dieu, et ses pétales l'*oumma* ou communauté musulmane. D'autres voient en elle un symbole du Prophète présent dans le cœur des croyants. Ses épines leur rappellent les difficultés qu'ils doivent surmonter dans leur quête de Dieu. Son parfum annonce ceux qui les attendent dans les jardins du Paradis.","quote":"*“Certaines fleurs, comme la rose, étaient particulièrement populaires.”*"},"282bf248-cb40-5b24-9d50-166d75b8a10e":{"title":"L’ouverture sur le monde : contacts diplomatiques et commerce international"},"28a4f0eb-efb2-5cc2-9dd7-f885f3220f85":{"title":"Objets","description":"L'éloignement géographique par rapport au cœur de l'Islam explique que l'art de l'Occident musulman ait connu sa propre évolution. Le premier style défini fait son apparition sous les califes omeyyades d'Espagne, qui commanditent la fabrication d'objets de luxe faisant appel à des matériaux précieux. L'héritage de l'Antiquité classique, encore présent dans cette tradition, fait place sous le règne puritain des Almoravides et de leurs successeurs les Almohades à une esthétique d'une austère et grande beauté dans laquelle la décoration peut aller du minimalisme à des compositions géométriques sophistiquées. Les dynasties suivantes, comme les Mérinides au Maroc, sont davantage attirées par les effets de richesses obtenus par des matériaux coûteux comme le bois de cèdre. L'art islamique d'al-Andalus connaît ses derniers feux à Grenade sous la dynastie nasride, qui poursuit ses commandes d'objets précieux et fonde une tradition de céramiques à décor lustré qui se perpétuera dans l'art mudéjar. Après la chute des Nasrides, l'art islamique occidental se perpétue au Maghreb, où des traditions comme l'écriture de style *maghribi* et l'ornementation géométrique inspireront les artistes et les artisans pendant des siècles."},"28d9a4d3-c0f4-52e4-b504-b865ba01f483":{"title":"Atabegs et Ayyoubides","description":"Saladin, auquel la dynastie doit son nom, accède au pouvoir à la fin du VIe/XIIe siècle.","extra":{"credits":"Curators & authors \nMona AL-MUADIN, Damascus \nDina BAKKOUR, Damascus \nSheila CANBY, London \nVerena DAIBER, Damascus \nAbdel-Razzaq MOAZ, Damascus \nEmily SHOVELTON, London \nZena TAKIEDDINE, Damascus \n \nCoordination \nSamer ABDEL-GHAFOUR, Damascus \nZena TAKIEDDINE, Damascus \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Au Ve siècle de l'Hégire (XIe siècle J.-C.), l'histoire de la région du Levant (Liban, Palestine, Syrie et Jordanie) est marquée par un phénomène de division et d'instabilité, tandis que le califat fatimide d'Égypte défie le califat abbasside de Bagdad. Des peuples guerriers seldjoukides et turcs venus d'Asie centrale consolident leur mainmise sur le territoire et ouvrent une ère nouvelle à l'art et à l'architecture islamiques tout en reconnaissant l'autorité religieuse du califat abbasside. \n \nLe pouvoir est exercé par les Atabegs, précepteurs militaires des princes nommés par les Seldjoukides, qui prennent peu à peu leur indépendance. Un de ces Atabegs, Nour al-Din Mahmoud bin Zangi (m. 569/1174), réussit à expulser les Croisés d'Édesse en 541/1146 et, en conquérant Damas en 549/1154, à unifier la Syrie. \n \nAl-Malik al-Nasir Salah al-Din Youssouf bin Ayyoub (Saladin, r. 564-589/1169-1193), auquel la dynastie doit son nom, était l'un des lieutenants de Nour al-Din. Il accède au pouvoir à la fin du VIe/XIIe siècle, renverse les Fatimides en 566/1171 et met fin à l'occupation chrétienne de Jérusalem en 583/1187. \n \nLes Atabegs et les Ayyoubides introduisent des changements décisifs dans leur aire de pouvoir. Ils s'efforcent d'éduquer leurs sujets en fondant des écoles religieuses sunnites, les *madrasa*. Ils reconstruisent la Grande Mosquée omeyyade et renforcent les fortifications des citadelles et des remparts de Damas, Alep et diverses autres villes dont Le Caire. \n \nLe développement urbain connaît également une période très active avec la construction de hammams, de *bimaristan* (hôpitaux), de caravansérails, de systèmes hydrauliques de l'eau et bâtiments à vocation religieuse comme des mosquées, des mausolées et des *khanqah* (hôtels). Les deux dynasties importent d'Orient le principe des *madrasa* et des *bimaristan*, institutions éducatives qui introduisent de nouvelles formes architecturales et de nouveaux répertoires décoratifs. \n \nLa culture seldjoukide domine l'art islamique du Ve/XIe au VIIe/XIIIe siècle. Des innovations artistiques se produisent en art et en architecture comme en poterie, joaillerie, travail du métal, ainsi que dans les enluminures de manuscrits. \n \nContemporain des débuts du style gothique en Occident et de la dynastie Song en Chine, le style des Ayyoubides fut repris et développé par les Mamelouks qui leur succédèrent.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/the_ayyubids/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/15/portal_image/1.jpg","display_order":4}}},"28ed3f37-70c7-5e87-9d40-6eef902eb3ee":{"title":"Les routes de pèlerinage et les Lieux saints"},"29034c7a-8823-5847-9fb2-ed236e6ef371":{"title":"Les arts décoratifs","description":"L'application du lustre métallique à la décoration de récipients est une technique caractéristique de l'art islamique. D'abord apparue en verrerie, elle sera ensuite transposée à la poterie avec un succès considérable. En Égypte, la technique utilisée pour le verre est une innovation connue depuis au moins le IIe/VIIIe siècle. \n \nLa poterie à décor lustré – grâce au soutien apporté par les Fatimides aux potiers immigrés – marque bientôt le sommet de la production de céramique en Égypte, qui comprend cependant d'autres types de poterie vernissée. Les ateliers de certains maîtres-potiers nous sont connus, comme ceux de l'école de Muslim et de l'école de Saad. \n \nLe travail du métal donne lui aussi naissance à une industrie florissante. Des artisans se spécialisent dans la production d'animaux et d'oiseaux, de récipients en métal battu ou en fonte, d'instruments scientifiques comme les astrolabes et les ustensiles de chirurgie.","quote":"“L'application du lustre métallique à la décoration de récipients est une technique caractéristique de l'art islamique.”"},"2a50f5ca-9045-5344-9508-e2af5f610c4c":{"title":"La capitale ottomane: Istanbul","description":"Istanbul, dont la population se densifie à l'intérieur de ses murailles pendant les trois premiers siècles de la souveraineté ottomane, prend un nouveau visage à partir du début du XVIIIe siècle. Les constructions le long de la Corne d'or et sur les rives du Bosphore expriment le désir d'imiter l'Occident. La ville est envahie lors de la Première Guerre mondiale à la suite de la défaite ottomane et, pendant la guerre d'indépendance nationale menée par la Turquie, Ankara devient la nouvelle capitale. Istanbul reste cependant la plus grande et la plus belle des villes de la République turque.","quote":"“Istanbul reste la plus grande et la plus belle des villes de la République turque.”"},"2aca10e0-7f13-5d99-b5ac-513f7ea5b271":{"title":"Vie religieuse","description":"De nombreux immigrants musulmans en quête de connaissances religieuses et d'un approfondissement de leur foi, pour ne pas mentionner le *djihad* (guerre sainte), furent attirés par la Syrie, en particulier par Alep et Damas. Le quartier Salihiyya à Damas, par exemple, était un centre de propagande contre les Croisés et la résidence des Banu Qudama, érudits religieux d'origine palestinienne qui jouèrent un rôle crucial dans la victoire de Saladin sur les Croisés lors de la bataille décisive de Hattin (583/1187).","quote":"“Le quartier Salihiyya à Damas fut un centre de propagande contre les Croisés.”"},"2c60ed37-eb2d-5736-98a0-24252466e0a4":{"title":"Influences occidentales en terres ottomanes","description":"À partir du XIXe siècle, et dans le but de procéder à sa modernisation, l'Empire ottoman commence à opter pour un système de gouvernement centralisé.","extra":{"credits":"Influences occidentales en terres ottomanes \n \nCurators & authors \nMohamed ABBAS, Cairo \nInci KUYULU ERSOY, Izmir \nAida NAGHAWI DODO, Amman \nZena TAKIEDDINE, Damascus \nSaloua ZANGAR, Tunis \n \nCoordination \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"L'Empire ottoman ne comportait pas seulement ce que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de République de Turquie, mai aussi une zone géographique beaucoup plus vaste comprenant des peuples de différentes origines ethniques, parlant différentes langues et pratiquant plusieurs religions. Dans un contexte aussi contrasté, il était inévitable que des influences occidentales fassent leur apparition à différents moments et de différentes manières au cours d'un laps de temps connu aujourd'hui comme la “période d'occidentalisation de l'Empire ottoman”. Jusqu'au XIXe siècle, l'empire est organisé en provinces dirigées par des *beylerbeys* et des *sandjaks* gouvernés par des *sandjakbeys* nommés par les sultans*.* À l'intérieur de ce système, des communautés locales, des groupes religieux et des *waqf* participent à certaines affaires de l'empire, et ceci favorise une première fusion du goût ottoman avec des caractéristiques locales aussi bien dans l'art que dans l'architecture. À partir du XIXe siècle, et dans le but de procéder à sa modernisation, l'Empire ottoman commence à opter pour un système de gouvernement centralisé. Dans le nouveau système centralisé, un contrôle plus étroit s'exerce sur les provinces avec la construction, directement prise en charge par l'empire, d'édifices publics et gouvernementaux. Ainsi, alors que les premiers exemples architecturaux directement influencés par l'Occident avaient déjà été érigés à Istanbul et en Anatolie au XVIIIe siècle, des influences commencent à se faire sentir à partir du XIXe siècle dans d'autres régions. Un autre important facteur d'influence occidentale, qui apporte d'autres changements notables dans l'empire, est le développement des relations directes entre les grandes villes de l'empire et l'Europe. Pendant la période de Kavalalı Mehmed Ali Pacha, le gouverneur ottoman qui installe un temps un État autonome en Égypte, de fortes relations politiques et commerciales se nouent avec l'Europe. Istanbul en porte un témoignage éclatant avec les influences apportées par l'élite égyptienne qui résidait ici pendant l'été. Bien que la partie occidentale de l'Afrique du Nord comprenne trois provinces – Trablusgarb (la Libye actuelle), la Tunisie et l'Algérie –, chacune de ces régions ayant à sa tête un gouverneur envoyé par Istanbul, les véritables autorités de ces régions sont les maîtres locaux appelés les *deys* et qui étaient connus à travers l'Europe grâce à des contacts directs. Les mutations dans le système administratif et social de la région contribuent à établir et à accélérer la diffusion de la culture occidentale dans l'Empire ottoman.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/western_influence/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/42/portal_image/1.jpg","display_order":18}}},"2d7ae23a-a5ce-5e8f-8d9b-d2c05d03e0a9":{"title":"L’art hispano-maghrébin"},"2fa2a75e-bc46-5e82-b436-df6b6e337b65":{"title":"Les céramiques abbassides","description":"Ce n'est pas avant la période abbasside qu'apparaissent un type et un style de céramiques qui peuvent être techniquement qualifiés de “islamiques”. Une première différenciation des modèles préislamiques se manifeste clairement vers le milieu du IIIe/IXe siècle dans la vaisselle copiant des porcelaines chinoises. De nouvelles méthodes de fabrication et des techniques novatrices de décoration et de vernissage, combinées à une nouvelle gamme de formes et de motifs décoratifs jusqu'alors inconnus, donnent naissance à une production de céramique qui répond aux attentes locales et satisfont le goût pour un style inspiré de la Chine. Les motifs de cette période comprennent des palmettes et des motifs de feuillages stylisés ainsi que des inscriptions calligraphiques.","quote":"“Une gamme complète de céramique répond désormais au goût local et satisfait l'intérêt pour le style chinois.”"},"2fd1d033-a4f2-567f-b9d5-a05f8479663e":{"title":"Le Saint Coran"},"2fe5e6b3-990f-5e76-b1ab-ce3415d4b7a3":{"title":"Objets","description":"La période ayyoubide, qui connaît une forte instabilité politique, voit cependant la naissance de certaines des plus remarquables créations de l'art islamique médiéval. Les souverains locaux commanditent diverses fondations auxquelles ils offrent des œuvres d'art comme des *minbar* ou des vasques à ablutions. Même les heurtoirs de porte sont exécutés avec le plus grand raffinement. C'est une période de grands progrès techniques. Les artisans maîtrisent des arts délicats comme la verrerie, dont les créations sont souvent décorées d'émail . Les céramistes poursuivent leur recherche de nouveaux styles, dont le décor au lustre et une technique spécifique à la Syrie appelée *laqabi*. . Les potiers ayyoubides imitent même les céramiques *minaï* de l'Iran contemporain. Les créations les plus frappantes sont sans doute des objets en métal incrusté selon une technique d'origine iranienne qui s'était rapidement répandue dans l'ensemble du monde islamique. Le cuivre et le bronze incrustés d'argent, d'or et d'autres métaux sont utilisés dans une grande diversité d'objets qui prennent l'aspect des métaux précieux sans violer les restrictions religieuses contre leur usage. Des objets comme des bassins et des brûleurs d'encens font appel à cette technique. Ces productions incrustées sont souvent décorées d'une imagerie figurative représentant, entre autres, des chasseurs à cheval ou des dames à leur toilette."},"30947cee-0ac0-51a6-a6b7-4918f5ceb559":{"title":"Monuments","description":"L'architecture abbasside représente ce que l'on pourrait qualifier de première époque “classique” dans l'évolution de l'architecture islamique, centrée sur la capitale politique et culturelle abbasside, Bagdad (et par extension le faubourg royal adjacent de Samarra). L'architecture abbasside de Bagdad est marquée par l'utilisation massive de la brique dans la construction. Le stuc est également très répandu pour la décoration. La pierre est présente dans les régions où elle est aisément disponible, ou du moins un matériau de construction courant, comme dans l'Égypte toulounide ou dans la Tunisie aghlabide, les deux principales traditions de l'ère abbasside représentées ici. Le bois également est utilisé, bien qu'avec une certaine économie, pour fabriquer des éléments comme les *minbar*, les portes et les charpentes. \n \nLe plan de la mosquée hypostyle prédomine toujours. Le minaret, le *minbar* et le *mihrab* deviennent des éléments caractéristiques de ce type d'édifice. La coupole de dimensions relativement modestes placée au-dessus de la zone précédant le *mihrab*, qui était apparue sous les Omeyyades, se répand de plus en plus. Chez les Aghlabides, une seconde coupole est parfois édifiée, à l'opposé de la précédente, au-dessus de l'entrée menant de la cour à la salle de prière. Une autre nouveauté de la période abbasside est la *ziyada*, l'espace ouvert qui entoure la mosquée et la sépare du tissu urbain environnant . \n \nCaractéristique exclusive de l'architecture islamique, les *mouqarnas* font leur apparition pendant la période abbasside, probablement à Bagdad. Les premiers exemples ont été datés de la fin du IIIe siècle H (fin IXe-début Xe siècle J.-C.), puis ils se sont largement répandus au Ve siècle H (XIe siècle J.-C.). L'arc brisé devient prédominant dans l'architecture abbasside et l'arc en fer à cheval commence à se banaliser dans l'architecture aghlabide. En termes de types de construction, l'apparition d'une architecture funéraire dans les traditions architecturales islamiques remonte à la période abbasside. À l'origine, ces édifices consistent en un simple volume couvert d'une coupole. \n \nLes principaux motifs décoratifs de la période, souvent exécutés en stuc, sont d'inspiration végétale et géométrique. L'arabesque ou les motifs végétaux entrelacés et répétés apparaissent également pendant cette période. Les inscriptions continuent à jouer un rôle important dans les articulations architecturales. \n \nLes premiers exemples d'architecture abbasside montrent des influences évidentes des Sassanides d'Iran. Cependant, celle de la Tunisie aghlabide témoigne d'un degré plus élevé de continuité avec les traditions omeyyades. On y retrouve les minarets de section carrée et le remploi d'éléments de construction romains et byzantins, comme des fûts et chapiteaux de colonnes. Au début du IIIe siècle H (milieu du Xe siècle J.-C.), en particulier avec l'émergence de ce qu'on appelle le “style de Samarra”, l'architecture abbasside ne se réfère plus qu'à elle-même, évoluant dans le cadre d'un processus interne qui s'appuie d'abord sur des prototypes musulmans plutôt que sur des styles importés d'autres traditions."},"30f650c4-28b8-51fa-9fb7-44613c3096bf":{"title":"Les utilisations de l’eau : boisson et ablutions","description":"Le Coran mettant l'accent sur l'importance de l'hygiène personnelle, les bains publics ou hammams jouent traditionnellement un rôle-clé dans la vie sociale et religieuse des musulmans. Bien que ces installations soient en partie redevables aux Romains et aux bains de l'Antiquité tardive, à partir des Omeyyades, leur plan laisse plus de place aux salles chaudes qu'au *frigidarium* apprécié des Romains. Le hammam contient habituellement un vestiaire, non chauffé, une salle tiède et une salle de vapeur.","quote":"“Le hammam jouait un rôle-clé dans la vie sociale et religieuse des musulmans.”"},"31839947-b81e-578b-b011-e2319540abf1":{"title":"Jordanie"},"32488c74-a58c-5fa9-b361-a3daf955e17a":{"title":"La genèse de l'art islamique","description":"Remarquablement rapide, la conquête arabo-musulmane abolit les barrières politiques entre l'Iran et la Mésopotamie d'une part, et le monde méditerranéen d'autre part. Deux civilisations différentes peuvent ainsi mêler leurs ressources. L'établissement de la dynastie omeyyade en Syrie, province profondément hellénisée au cours du millénaire précédent, entraîne cependant une prédominance des influences artistiques classiques ou, plus précisément, d'un style classique transformé sous l'influence d'une tradition provinciale orientalisée.","quote":"“Deux civilisations différentes trouvent ainsi l'opportunité de mêler leurs ressources.”"},"343819d8-e720-529d-a3f2-a9d6277501c0":{"title":"Représentation animale","description":"Les représentations animales sont présentes sur tous les supports : mosaïques, peinture, sculpture, architecture. Les motifs animaliers apparaissent sur un large éventail de matériaux, mais plus particulièrement sur la pierre, la poterie, le métal,le bois et l'ivoire. On trouve aussi bien des animaux domestiques que sauvages : taureaux, chevaux, chameaux au trot, gazelles, onagres, cerfs, colombes, aigles, cigognes, serpents, lapins, singes, chats et lions… Les animaux mythiques comme les harpies, les licornes, les pégases et griffons sont issus de thèmes traditionnels gréco-romains.","quote":"“Les animaux mythiques comme les harpies, les licornes, les pégases et griffons sont issus de thèmes traditionnels gréco-romains.”"},"343a2d67-cc5d-51cf-b046-7beee7e64193":{"title":"Le Saint Coran","description":"Les copies du Coran étaient réalisées en de multiples formats et pour des utilisations variées. Certaines étaient destinées aux mosquées et *madrasa*, d'autres étaient commandées par des particuliers pour s'assurer bénédiction et protection. Le mécénat et la commandite de transcriptions et d'ornements de manuscrits coraniques étaient un acte de foi éminent, réservé à ceux qui pouvaient se le permettre. Le système de mécénat était très répandu dans le monde islamique et les mécènes offraient des copies du livre saint aux mosquées, mausolées et écoles en certaines occasions particulières. De plus, pour manifester leur fonction d'institutions religieuses ou pédagogiques, la plupart de ces bâtiments étaient décorés d'extraits du Coran sculptés ou gravés dans la pierre, tissés dans des textiles, reproduits sur des carreaux de céramique ou sur le mobilier.","quote":"“Les mécènes offraient des copies du Coran aux mosquées, aux mausolées et aux écoles dans des occasions particulières.”"},"35beb34a-375b-5bd2-98d3-523a97e96b21":{"title":"Les Fatimides","description":"“Ils rêvaient de constituer un califat chiite au cœur de l'univers islamique. Les Fatimides ont régné sur un empire resté célèbre pour la qualité de son administration autant que pour la splendeur de ses réalisations artistiques.”","extra":{"credits":"Curators & authors \nMohammad ABBAS, Cairo \nNoorah AL-GAILANI, Glasgow \nUlrike AL-KHAMIS, Edinburgh \nJamila BINOUS, Tunis \nAicha BENABET, Tunis \nHouria CHERID, Algiers \nElsayed HAMAD, Cairo \nMourad RAMMAH, Kairouan \nSalah SAYAOUR, Cairo \nTarek TORKY, Cairo \n \nCoordination \nEnaam Selim, Cairo \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"L'assassinat du calife Ali dans la ville irakienne de Koufa et celui de l'imam Hussein, petit-fils du Prophète, à Karbala donnent naissance au chiisme. S'appuyant sur le fait que ses chefs descendent du prophète Muhammad, le mouvement revendique son droit au califat. Férocement réprimé par les Omeyyades et les Abbassides, il n'en continue pas moins à se répandre dans le monde musulman et atteint bientôt l'Afrique du Nord où les chiites, conduits par Abou Abdallah al-Chii, décident de s'établir en attendant de pouvoir conquérir le califat. \n \nLe califat fatimide est né à Raqqada en Ifriqiya (Tunisie actuelle) ; de là, il va réussir à renverser la dynastie locale des Aghlabides en 297 de l'Hégire / 909 J.-C. La première capitale fatimide est al-Mahdiyya, dont le plan d'urbanisme et l'architecture portent déjà la marque de la nouvelle dynastie. Sous le règne éclairé du calife al-Mouiz li-Din Allah (r. 341-363/953-975), le royaume est remarquablement prospère et ces excellentes conditions économiques créent un climat favorable à la tentative de conquête du califat. C'est ainsi que le calife envoie le général Jawhar conquérir l'Égypte, en difficulté sous le gouvernement toulounide. En 357/969, al-Mouiz entre victorieux en Égypte et délègue le gouvernement de l'Afrique du Nord à ses vassaux zirides. Ceux-ci saisissent l'opportunité de devenir indépendants et renoncent au chiisme en faveur du sunnisme, reniement puni par les Fatimides qui envoient en représailles les tribus bédouines barbares des Banu Hilal. \nLe pouvoir fatimide est désormais installé en Égypte et, en 357/969, al-Mouiz fonde une nouvelle capitale, Le Caire. Une brillante civilisation se développe dans cet empire en constante expansion, qui rivalise avec les Abbassides de Bagdad et les Omeyyades d'Espagne. L'urbanisme, les sciences, les arts et la littérature atteignent de nouveaux sommets. Mais cette réussite spectaculaire ne durera pas : l'arrivée des Croisés, le déclin économique et de grandes épidémies contribueront à la chute de cette brillante dynastie qui disparaît sous les coups de Salah al-Din Ayyoubi (Saladin) en 567/1171.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/fatimids/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/16/portal_image/1.jpg","display_order":3}}},"362960e9-cc01-5941-9e3e-f9dfc311b3b5":{"title":"La défense","description":"La muraille était un système défensif seulement vulnérable à l'assaut et à l'affaissement de ses fondations. Ses solides murs étaient percés de petites ouvertures pour projeter des armes, mais plus tard il fallut les élargir pour pouvoir tirer au canon. De hautes tours flanquaient les pans de mur pour empêcher l'assaut, tandis qu'une série de dispositifs rendait difficile la progression des assaillants : les *tours albarranas*, isolées, situées à l'avant de la muraille et reliées à cette dernière par un mur ; la *barbacane* ou mur parallèle à la muraille, mais moins large et moins haut ; et le fossé creusé entre les deux ; enfin la *porte*, protégée par des tours, présentait depuis le XIe siècle une entrée en forme de coude, qui obligeait à faire un écart à angle droit.","quote":"La muraille, un système défensif en soi"},"378d3dd4-999d-5a88-a676-e838eaee7c35":{"title":"L’Occident musulman"},"37af7457-871b-5f72-898f-77f35e43c973":{"title":"Vie religieuse","description":"Toutes les villes de Syrie, de Palestine et d'Égypte connurent un renouveau du sunnisme sous les Atabegs et les Ayyoubides. Les deux dynasties entreprirent la restauration de la Grande Mosquée omeyyade après deux incendies catastrophiques et financèrent des centaines d'institutions religieuses dont des mosquées, des oratoires, des *madrasa*, des *khanqah* et des mausolées. Les historiens contemporains mentionnent un total de 242 mosquées pour la seule Damas.","quote":"“Les historiens contemporains mentionnent un total de 242 mosquées pour la seule Damas.”"},"38f5d49f-e4cd-5dbc-9056-b930d8d46019":{"title":"Itinéraire d'une chaire islamique","description":"Le *minbar* fut installé dans le prestigieux cadre de la mosquée al-Ibrahimi (d'Abraham) à Hébron, où reposaient déjà plusieurs prophètes bibliques dont Abraham, Isaac et Jacob. Par ce lien avec Abraham, la mosquée est également un lieu sacré pour les musulmans puisque, selon la foi islamique, Abraham est le père de tous les prophètes dont Muhammad suivit les pas.","quote":"*“Le minbar arriva enfin dans son prestigieux nouveau cadre, celui de la mosquée al-Ibrahimi à Hébron. ”*"},"390eb15a-b775-5e38-b060-b98bf5313187":{"title":"L’art mudéjar populaire et religieux","description":"Le mudéjar religieux aragonais se distingue par la profusion décorative extérieure des édifices et des tours, grâce aux multiples combinaisons géométriques réalisées avec la brique d’ornement (petites arcatures mixtilignes entrecroisées, réseaux de rhombes et bandeaux en épi ou arêtes de poisson) et l’application d’azulejos polychromes. À l’intérieur des édifices, les toitures de bois donnent l’impression que les salles sont particulièrement spacieuses, tout en apportant confort et chaleur. Parmi toutes les toitures mudéjares, l’énorme charpente *à par y nudillo* (faux-entrait) de la cathédrale de Teruel mérite une mention particulière.","quote":"Le mudéjar aragonais : la profusion décorative"},"39470669-f271-52b5-9ea9-ee88e042362a":{"title":"La vie privée des femmes musulmanes","description":"Dans la culture islamique, les maisons et les palais étaient conçus pour assurer aux femmes leur intimité, les protéger de toute intrusion et de tout risque dû à la présence d'étrangers. Dans cette sphère exclusivement privée, les femmes pouvaient vaquer aux tâches domestiques, assurer leurs engagements familiaux, rencontrer d'autres membres féminins de la famille au sens large, leurs parentes et amies, et mener une vie personnelle. Elles avaient le droit à la propriété et leur dot, y compris les bijoux reçus de leur mari au moment du mariage, leur restait acquise même en cas de divorce. À la cour royale, les femmes vivaient dans le luxe, bénéficiaient de tous les conforts imaginables dans les parties du palais qui leur étaient strictement réservées.","quote":"“Dans la culture islamique, les maisons et les palais étaient conçus pour assurer aux femmes leur intimité.”"},"396874d9-40a1-5d19-9b40-a8c4225d8397":{"title":"Les routes de pèlerinage et les Lieux saints","description":"L'Égypte était le point de rassemblement pour les pèlerins venant du nord et du centre de l'Afrique. Arrivés à Alexandrie, ils se dirigeaient vers le Caire où ils embarquaient sur le Nil à Fustat, puis ils remontaient le fleuve sur 640 km pour atteindre Qus, dans le Sud. Les chameaux les conduisaient ensuite vers Ayla, l'un des ports les plus importants de la mer Rouge. De là des bateaux les emportaient vers l'Arabie. La traversée était périlleuse, de nombreux bateaux coulaient et des pèlerins périssaient dans ces naufrages.","quote":"“L'Égypte était le point de rassemblement pour les pèlerins venant du nord et du centre de l'Afrique.”"},"39c2b16b-ece0-532b-b8a3-a71ce6678645":{"title":"Gardiens des sites sacrés","description":"La protection du sultan sur les lieux saints – qui comprenaient des villes comme Jérusalem – se manifestait par des rénovations, des travaux d'entretien, des restaurations et des donations. Bien que le pouvoir politique fût aux mains des Ottomans en Arabie, les décisions sur les lieux saints relevaient en fait des dirigeants locaux. L'autorisation d'intervenir était donc un privilège qui traduisait aussi la souveraineté ottomane sur ces villes.","quote":"“Par leurs interventions sur les lieux saints, les Ottomans affirmaient aussi leur souveraineté sur ces villes.”"},"39f632d5-77b2-5774-9593-b679b7db8455":{"title":"L’exportation du luxe","description":"Tout comme les textiles, les céramiques ottomanes étaient très recherchées sur les marchés de l'exportation. L'essor de l'industrie de la céramique à Iznik, si importante pour l'histoire de l'art en Turquie, trouva également un très grand écho en Europe. Ces céramiques devinrent en fait si populaires sur le marché européen qu'à un certain moment, le sultan publia un édit reprochant aux potiers d'Iznik de travailler pour les clients étrangers et non pour le palais impérial…","quote":"“Tout comme les textiles, les céramiques ottomanes étaient très recherchées sur le marché de l'exportation.”"},"3a33eeec-8d4a-5425-b4d3-875f171e5011":{"title":"Les utilisations de l’eau : boisson et ablutions","description":"L'eau était bouillie pour la préparation des aliments ou d'autres usages dans de grands chaudrons tripodes en métal ou dans de petits récipients à pied, également en métal. Le ragoût ou la soupe préparés dans un chaudron étaient transférés pour le service dans des coupes en métal ou en terre cuite vernie. L'eau de boisson était consommée dans des gobelets en verre à décor gravé, moulé, émaillé ou doré. Des jarres en poterie non vernie munies d'un filtre ajouré fixé sur le col permettaient de disposer d'une eau fraîche et propre ; le matériau poreux filtrait l'eau et permettait une circulation de l'air assurant sa fraîcheur.","quote":"“Des jarres en poterie non vernie munies d'un filtre ajouré fixé sur le col permettaient de disposer d'une eau fraîche et propre.”"},"3b822b91-75f5-5142-bd3c-29b08ccd26ec":{"title":"Le langage visuel du pouvoir","description":"Le pouvoir du sultan ou des souverains locaux était souvent proclamé visuellement de façon explicite. L'architecture s'y prêtait particulièrement. Un bâtiment grandiose dominant le voisinage ou (mieux encore) le panorama urbain était une affirmation de puissance. Dans une moindre mesure, le détenteur du pouvoir pouvait utiliser la forme écrite en incluant son nom ou son titre dans la décoration d'un bâtiment ou même d'un manuscrit. Le *tughra* impérial est sans doute l'exemple le plus mémorable de cet aspect du langage visuel du pouvoir.","quote":"“Le pouvoir du sultan ou des souverains régionaux était souvent ouvertement proclamé sous forme visuelle.”"},"3cf62f2a-9021-5aef-ac0a-0cc131185bcf":{"title":"Science et savoir"},"3dacef6f-9661-56d6-bef1-ed4eac1076a0":{"title":"Gestion de l’eau","description":"La maîtrise des techniques d'irrigation a permis aux Arabes d'étendre leur contrôle sur le monde méditerranéen. L'entretien des citernes dans les caravansérails était essentiel pour les voyageurs, les marchands et les pèlerins. Des canaux étaient creusés dans le désert pour irriguer les terres. Des systèmes mécaniques furent édifiés le long des rivières et des puits furent mis en exploitation pour distribuer l'eau à distance.","quote":"“L'entretien des citernes dans les caravansérails était essentiel pour les voyageurs, les marchands et les pèlerins.”"},"3e98d267-1ed6-58c4-84e5-e601b73d8d09":{"title":"Le rôle individuel des plantes et des fleurs","description":"Autre fleur populaire, en particulier dans la Turquie ottomane, la tulipe, appelée *lale* par les Turcs et les Perses, fut cultivée avec enthousiasme pendant la période ottomane. Au XIIe/XVIIIe siècle, sous le sultan Ahmed III, l'amour des tulipes tourna à la frénésie : des fêtes extraordinairement coûteuses furent organisées, qui poussèrent pratiquement l'empire à la ruine. La beauté de la tulipe était également célébrée dans la poésie religieuse où elle symbolisait le martyr de la foi et l'amant mystique prêt au renoncement à soi-même.","quote":"*“La tulipe était également une fleur populaire, en particulier dans la Turquie ottomane.”*"},"3ef8c668-699a-5cd8-80dc-b34b51eb0c56":{"title":"Raqqa : la capitale syrienne du calife Haroun al-Rachid","description":"Les cités-jumelles de Raqqa et Rafiqa s'étendent sur les rives de l'Euphrate, étape sur la route stratégique de la poste et du pèlerinage entre l'est et l'ouest de l'empire abbasside. Bien que l'histoire de Raqqa remonte aux temps préhistoriques, elle acquiert son importance au début de la période abbasside lorsqu'en 154/771 le calife Abou Djafar al-Mansour (r. 136-158/754-775) la traverse et s'éprend de son site et de son air vivifiant. Il décide d'y édifier une ville-palais fortifiée qu'il nomme Rafiqa. Dès lors, Rafiqa (Raqqa) sert de lieu de villégiature privilégié pour la cour abbasside de Bagdad ainsi que de refuge pendant les périodes d'instabilité politique.","quote":"“ Rafiqa (Raqqa) devient le lieu de villégiature privilégié de la cour abbasside de Bagdad.”"},"3f965ac2-093e-5fc3-93f1-16f293577988":{"title":"La décoration géométrique dans l’art du livre","description":"Le premier support des manuscrits religieux est le parchemin (comme sur le premier exemple), qui, pour des raisons pratiques et économiques, sera progressivement abandonné au profit du papier. \nDe même, la décoration géométrique sera peu à peu remplacée par la décoration florale, tenue pour plus fastueuse et plus raffinée. Les motifs géométriques, comme ceux des encadrements, n'interviendront plus que comme éléments de deuxième plan. \nLa calligraphie est utilisée en soi à titre de décoration, notamment ce qu'on appelle le “coufique carré”, écrit dans tous les sens possibles.","quote":"“La décoration géométrique est peu à peu remplacée par la décoration florale, tenue pour plus fastueuse et plus raffinée.”"},"40ddc7cc-dac9-5a21-9c8d-53bd6111238c":{"title":"Vie de cour","description":"Beaucoup des objets que l'on trouve dans les palais sont des présents reçus d'autres souverains ou de nobles. L'échange de présents renforce les relations entre territoires voisins et souverains rivaux. Les Artukides – Turcomans d'Asie mineure – s'établissent à Diyar Bakr dans le nord du Djazira à la fin du Ve/XIe siècle. Au cours du VIe/XIIe siècle, ils affirment de plus en plus leur indépendance, frappant leur propre monnaie et tissant des liens avec des souverains voisins en leur faisant parvenir des cadeaux.","quote":"*“L'échange de présents renforce les relations entre territoires voisins et souverains rivaux.”*"},"41c7e2cf-4070-53bb-8c03-b4f530b8336b":{"title":"Objets","description":"L'art fatimide est en grande partie un art du luxe. Le trésor fatimide regorge d'objets exécutés de la façon la plus exquise dans les matériaux les plus raffinés. De nombreux exemples de virtuosité dans la sculpture du cristal de roche sont parvenus jusqu'à nous. Les bijoux et quelques fragments de textiles évoquent l'opulence de la cour fatimide. Les manuscrits coraniques sont également l'objet d'un traitement artistique sophistiqué, comme en témoigne la rare copie connue sous le nom de “Coran bleu”, rédigée à l'or sur un parchemin teint à l'indigo. \n \nÀ la différence de l'art abbasside, l'art fatimide fait largement appel aux représentations. La technique de la céramique à décor peint au lustre, invention abbasside, est adoptée et perfectionnée par les potiers. Des objets en ivoire représentant des scènes d'activités de loisirs comme la chasse offrent une vision fascinante de la vie des classes supérieures de la société fatimide."},"42f06353-5ef7-51e7-934c-e5dc0f69f7b4":{"title":"La capitale ottomane: Istanbul","description":"La ville de Byzance, choisie par l'empereur Constantin pour être la nouvelle capitale de l'empire romain, continua à se développer sous le nom de Constantinople, capitale de l'empire romain d'Orient ou empire byzantin. Jouissant d'une position stratégique, elle possédait de magnifiques monuments, dont Ayasofya (Hagia Sophia, Sainte-Sophie). Elle résista à plusieurs sièges des Arabes musulmans, mais souffrit gravement de la quatrième croisade. Après des siècles de résistance aux invasions, elle tomba finalement aux mains du sultan Mehmed II en 857/1453. Lorsque les Ottomans s'emparèrent des États mamelouks en 923/1517 et prirent le titre de calife, leur capitale devint le centre du monde musulman et s'appela successivement Konstantiniyye, Asitane, Dersaadet et Istanbul, qui resta capitale de l'empire ottoman jusqu'en 1922. Pendant 400 ans, chaque sultan eut à cœur d'enrichir la ville de nouveaux monuments et de moderniser les infrastructures.","quote":"“Pendant 400 ans, chaque sultan eut à cœur d'enrichir la ville de nouveaux monuments et de moderniser les infrastructures.”"},"43615e87-18d1-5224-8dc6-625f716cafe7":{"title":"L’écriture coufique","description":"L'écriture coufique est le style calligraphique le plus utilisé dans le monde musulman. Il est pratiqué de l'Espagne à l'Ouzbékistan. Plus ancien style d'écriture arabe, il a dominé la calligraphie au cours des deux premiers siècles de l'islam, mais a fini par être remplacé par d'autres, dont le *naskhi* et le *maghribi*, bien qu'aucun de ces nouveaux styles n'ait jamais atteint un même niveau de diffusion.","quote":"“On considère que l'écriture coufique est l'un des styles de calligraphie arabe les plus répandus dans le monde islamique.”"},"4525acaf-2e58-57ae-aa47-33e20171397d":{"title":"Les utilisations de l’eau : boisson et ablutions"},"46837ac7-e216-535c-9487-5198e7fe98f9":{"title":"Syrie","description":"La cérémonie annuelle du *hajdj* implique une intense préparation pour les caravanes de pèlerins, le voyage à travers le désert à dos de chameau étant long et potentiellement dangereux. Le départ de la procession de Damas est donc une excellente occasion pour l'autorité de se porter garante de la sécurité et d'afficher ainsi sa bonne gouvernance. Portant les emblèmes du calife ottoman en tête de la procession, le décor du *malmal* du *hadjdj* laisse filtrer un langage décoratif occidentalisé dans le répertoire décoratif local. De telles innovations culturelles et artistiques sont très répandues au début du XIXe/XXe siècle. Des manuscrits coraniques peints à l'or et à l'émail attestent un nouveau goût des ombres et de la couleur. Toutefois, l'identité de Damas comme ville sainte demeure prééminente, quels que soient les changements politiques et stylistiques.","quote":"“Toutefois, l'identité de Damas comme ville sainte demeure prééminente, quels que soient les changements politiques et stylistiques.”"},"46dc88ff-bfef-555f-911d-3ced9ca58efa":{"title":"Gardiens des sites sacrés","description":"Après la conquête de l'Égypte par les Ottomans en 923/1517, les souverains de La Mecque remettent le pouvoir suprême sur l'Arabie entre les mains du sultan Sélim Ier, pour des raisons politiques et économiques. Ainsi, les deux plus importantes cités musulmanes, La Mecque et Médine, les lieux les plus sacrés de l'islam, font désormais partie de l'empire. Les sultans ottomans prennent le titre de calife. Pendant les 400 années qui vont suivre, ils vont généreusement contribuer à l'entretien et au développement des lieux saints.","quote":"“Pendant près de 400 ans, les sultans vont généreusement contribuer à l'entretien des lieux saints.”"},"473cc292-7a45-5f73-b92a-f3b7db5501f4":{"title":"L’arte mudéjar"},"4758f9be-3439-5cc6-9e79-2fab9819236d":{"title":"Monuments","description":"La Sicile fut en partie directement contrôlée par les musulmans (d'abord les Aghlabides puis les Fatimides) pendant deux siècles avant que les Normands ne s'emparent de l'île au milieu du Ve siècle H (XIe siècle J.-C.). Bien qu'un certain nombre de constructions entreprises par les musulmans subsistent encore, elles ont été tellement modifiées par des reconstructions et des transformations normandes qu'elles ont perdu une grande part de leur caractère d'origine. \n \nIl est intéressant de noter qu'une tradition architecturale marquée par de fortes et claires influences islamiques est apparue sous les Normands. L'architecture siculo-normande mélange des traits caractéristiques ottomans, byzantins et musulmans, associant l'austérité romane à de somptueux éléments issus des traditions islamiques et byzantines. Les influences musulmanes sont principalement issues de traditions islamiques locales préexistantes ainsi que de l'Égypte fatimide, mais aussi d'autres régions du monde musulman comme le Maghreb et même la Perse. \n \nLes matériaux utilisés dans l'architecture siculo-normande sont variés. La pierre, la brique et le bois remplissent des fonctions aussi bien structurelles que décoratives Les mosaïques, témoignant d'influences byzantines, sont très courantes. Les inscriptions en arabe se retrouvent également dans un certain nombre de constructions normandes . Les *mouqarnas* sont très répandues ; dans certains cas, elles sont ornées de représentations figuratives."},"47d7f8f6-10ef-57a4-b7b8-cfe315a78fb3":{"title":"Saladin en Terre sainte","description":"Les régions occidentales du Levant, qui jouent un rôle clé durant la période des Croisés, sont parsemées de châteaux, dont ceux de Karak et de Shawbak sont d'intéressants exemples. Ils passent à plusieurs reprises de main en main entre les Croisés et les musulmans. À la suite de la bataille qu'elles remportent à Hattin, les troupes de Saladin s'emparent d'un certain nombre de citadelles franques dont les deux mentionnées ci-dessus. Les successeurs ayyoubides de Saladin les agrandissent, de même que les Mamelouks, au cours des VIIe-VIIIe/XIIIe-XIVe siècles. Des équipes de constructeurs aussi bien francs que musulmans participent à ces travaux de fortifications, ce qui rend leur attribution difficile. Il est cependant clair que les Francs apportent au Levant de nouvelles technologies militaires et qu'en retour, ils apprennent certaines techniques islamiques.","quote":"*“Ces châteaux passent à plusieurs reprises de main en main entre les Croisés et les musulmans.”*"},"48a86896-7c77-5f66-a1d9-8df0111a6e0c":{"title":"Le système mamelouk","description":"Le Mamelouk reste avant tout un soldat d'élite, formé à la guerre, au tir à l'arc et à l'équitation. À de nombreux égards, son entraînement peut être comparé à celui des chevaliers européens de la même époque. Des tournois sont régulièrement organisés autour de jeux de compétition comme le polo (*jawkan*), conçu pour le perfectionnement des talents équestres. Une fois sa formation terminée, le Mamelouk est émancipé et reçoit un jeu de flèches, ainsi qu'un cheval. Il peut alors entamer une carrière militaire qui permet aux plus habiles d'entre eux de s'élever dans la hiérarchie et de devenir commandants, gouverneurs de province, délégués du sultan ou même sultans.","quote":"“À de nombreux égards, l'entraînement des Mamelouks peut être comparé à celui des chevaliers européens de la même époque.”"},"4a1c6f21-6004-562f-a51b-159ea077a327":{"title":"La pierre funéraire, mémoire lapidaire","description":"Simplicité et absence de pompe sont les normes des musulmans occidentaux lorsqu'ils emportent les morts vers leur dernier séjour. Les cimetières musulmans étaient situés à l'extérieur des villes, mais à proximité, de façon à faciliter la visite aux tombes. Les parents des défunts s'y rendent généralement le vendredi avant la prière et y font lire des versets du Coran. La seule exception se rencontre chez les familles royales, qui enterrent leurs membres à intérieur des enceintes palatiales. Parfois, le corps est inhumé à même la terre, allongé sur le côté droit de façon à faire face à La Mecque.","quote":"Les espaces funéraires : les nécropoles"},"4a887d81-bba5-56d2-aa88-42a28d04c83a":{"title":"Écoles de calligraphie","description":"La calligraphie arabe s'applique à une grande diversité de supports, dont le parchemin et le papier. Les calligraphes préparaient leur encre et coupaient eux-mêmes leurs calames en roseau. Les inscriptions avaient trait à de nombreux sujets. Bien que cet art soit une profession, de nombreux particuliers le pratiquaient, quelle que fût leur origine sociale. Dans les sociétés islamiques, les œuvres calligraphiques de maîtres célèbres étaient collectionnées et conservées à titre de trésors culturels.","quote":"“Les calligraphes préparaient leur encre et coupaient eux-mêmes leurs calames en roseau.”"},"4abfb8e7-e61b-559d-9eb7-684a9ac667bc":{"title":"La vie de cour","description":"Au milieu du XIXe siècle, les sultans ottomans, sensibles aux influences occidentales, s'installent au palais de Dolmabahçe puis au palais de Yıldız et séjournent en été au palais de Beylerbeyi. Tous sont construits au bord du Bosphore dans un style occidental. Les palais du Bosphore deviennent les nouvelles résidences de la dynastie ; ils servent aussi aux réceptions et cérémonies officielles.","quote":"“Les palais du Bosphore deviennent les nouvelles résidences de la dynastie.”"},"4ac9ddb5-21d0-552f-aabe-4b88c6672977":{"title":"La défense"},"4acd54d9-a442-5bb9-94bb-ebb55cc7040c":{"title":"L’eau et la vie quotidienne","description":"En dehors des *sabil* et des *seqqaya*, les puits et les fontaines étaient également l'objet de multiples embellissements. Des exemples de margelles de puits datant du début du Moyen Âge subsistent au Maroc et en Algérie. Elles sont en céramique à décor végétal en relief. Si les grands bassins de pierre sont souvent réservés à la fourniture d'eau pour les personnes, les chartes *waqf* montrent que certains étaient destinés aux animaux. Les fontaines de palais installées dans des jardins publics ou privés, comme on en trouve entre autres dans la partie occidentale du monde islamique, possèdent des gueuloirs décoratifs en forme de lion, de daim ou de dragon. L'eau jaillit de la gueule de ces créatures et retombe dans des bassins d'où elle irrigue le jardin au moyen d'un réseau de canaux.","quote":"“Les puits et les fontaines domestiques ou de palais firent aussi l'objet d'embellissements décoratifs.”"},"4bc22fb3-22f6-5931-bd3d-965aeb5ee21f":{"title":"L’Égypte abbasside","description":"Préoccupés par des révoltes dans le sud de l'Irak et plus à l'est, les Abbassides s'intéressent moins à la situation égyptienne et Ibn Touloun prend de plus en plus d'autonomie, frappant sa propre monnaie et étendant son territoire jusqu'à absorber la Syrie et la Palestine. Lorsque les Abbassides essayent de reprendre le contrôle, il interdit la prière abbasside du Vendredi au calife et supprime le nom du souverain des tissus *tiraz*. Néanmoins, cette période d'indépendance apporte à l'Égypte une certaine stabilité et prospérité. De nombreux poètes, savants et artisans gravitent autour de Fustat. Après la mort d'Ibn Touloun (270/884), son fils, ses deux petits-fils et son frère lui succèdent avant que les Abbassides ne soient en mesure de rétablir leur pouvoir sur l'Égypte en 292/905.","quote":"“Cette période d'indépendance de la région apporte à l'Égypte une certaine stabilité et prospérité.”"},"4bed6c71-af16-5a48-8fbf-46d35ab606ed":{"title":"Le Saint Coran","description":"L'importance donnée à la lecture et la récitation correctes du Coran nécessitait des explications supplémentaires fournies, entre autres, par des notes explicatives sur le sens de certains versets et par des instructions aux récitants. Ces notes étaient écrites dans la marge extérieure ou ajoutées en annexe à la fin du volume. Des extraits appropriés du Coran, associés à des prières choisies et à des citations du Prophète extraites des Hadiths (les “dits du Prophète”), étaient publiés en volumes et brochures séparés pour servir aux prières et supplications, mais on trouvait aussi d'autres citations des prophètes de l'Ancien Testament dans des livres de récits richement décorés et illustrés consacrés à chacun d'entre eux.","quote":"“On trouvait des versets évoquant les prophètes de l'Ancien Testament dans des ouvrages consacrés à chacun d'entre eux.”"},"4c126e80-2567-5abd-9191-3d40f380e81f":{"title":"Al-Franj : les Croisés au Levant","description":"“Le Proche-Orient ne devait pas connaître une période d'échanges aussi développés avant le XXe siècle.”","extra":{"credits":"Curators & authors (British Museum should be added) \nMona AL-MUADIN, Damascus \nSheila CANBY, London \nVerena DAIBER, Damascus \nAbdel-Razzaq MOAZ, Damascus \nKhader SALAMEH, Jerusalem \nEmily SHOVELTON, London \nZena TAKIEDDINE, Damascus \n \nCoordination \nSamer ABDEL-GHAFOUR, Damascus \nZena TAKIEDDINE, Damascus \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Entre 487 de l'Hégire/1095 J.-C. et 538/1144, quatorze croisades visent plusieurs régions de la côte méditerranéenne islamique : neuf d'entre elles sont lancées sur la Terre sainte, deux sur Byzance, deux sur l'Égypte et une sur la Tunisie. Baudouin de Boulogne conquiert Édesse et y fonde le premier État croisé à al-Raha en 491/1098. Au cours des deux siècles suivants, de nombreux États latins sont fondés puis perdus dans la région. \n \nLes croisés européens sont appelés *al-Franj* (les Francs). Si l'histoire des Croisades commence par un terrible massacre à Jérusalem en 492/1099, deux siècle plus tard les Francs qui s'y sont installés ont évolué et se sont adaptés à la vie parmi les musulmans. \n \nAvant les Croisades, les contacts entre les Arabes et les Européens en Méditerranée orientale sont réduits au minimum. Les informations circulent rarement entre les deux groupes et véhiculent des perceptions religieuses négatives. La période des Croisés, bien que violente, instaure néanmoins un certain degré de tolérance religieuse et favorise dans une certaine mesure les échanges culturels. Le Proche-Orient ne devait pas connaître de période d'échanges aussi développés avant le XXe siècle. La splendeur du Dôme du Rocher séduit les envahisseurs et donne aux Croisés une impression plus favorable de l'Orient islamique, comme le reflète la littérature de la période. \n \nLes bâtiments religieux islamiques sont convertis en églises et en institutions chrétiennes. À Jérusalem, le Dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa sont transformés en églises, la seconde servant également de base aux chevaliers croisés. À Hébron, le plafond d'origine de la mosquée al-Ibrahimi (d'Abraham) est remplacé par un nouveau, de style roman. Les influences ne se limitent pas à l'architecture et s'étendent à la mode et à la cuisine, ainsi qu'aux coutumes religieuses et à la culture populaire. À la fin du VIIe/XIIe siècle, les Ayyoubides et les Mamelouks chassent les Croisés et de nombreux bâtiments, dont des églises, sont transformés ou réaménagés en mosquées. Ce processus enrichit les valeurs esthétiques locales et aboutit à une combinaison harmonieuse de styles européens et islamiques.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/crusader/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/24/portal_image/1.jpg","display_order":15}}},"4c42f69a-1a67-5fc7-9eb0-b5ed2c633802":{"title":"Visions du jardin paradisiaque et de l’arbre de vie"},"4d22c9f5-70ed-5031-b70e-7aa555a8fa7a":{"title":"Représentation humaine","description":"L'art islamique adapte et stylise sans hésitation les représentations préislamiques de la figure humaine. Des motifs figuratifs apparaissent ainsi dans la décoration de surface d'objets et de monuments (à l'exception généralisée des mosquées) sous forme de motifs tissés ou appliqués, dans des formes sculpturales, sur des pièces de monnaie ou en enluminures de manuscrits. Les figures religieuses de prophètes ou d'anges sont inspirées de la tradition byzantine, les thèmes mythiques comme ceux des harpies (oiseaux à tête féminine) viennent de l'Antiquité et d'autres formes figuratives sont créées par adaptation de formes visuelles familières au plan culturel, établies de longue date.","quote":"“L'art islamique adapte et stylise sans hésitation les représentations préislamiques de la figure humaine.”"},"4d695d55-b515-5453-b09f-f1d34f603388":{"title":"Les Aghlabides : le bouclier de la dynastie abbasside"},"4eb28cf3-17bc-505f-8083-bec0c0308552":{"title":"Madrasa et éducation","description":"La construction de 100 nouvelles *madrasa* à Damas reflète le souhait des dynasties atabeg et ayyoubide de transformer et d'éduquer la société. Des membres aussi bien masculins que féminins de l'élite turque et kurde financent les *madrasa* et participent à une atmosphère favorisant l'éducation. Dans son *Histoire de Damas*, l'historien Ibn 'Asakir (m. 571/1176) exprime sa gratitude pour ses professeurs, parmi lesquels figuraient 80 femmes.","quote":"“Des membres aussi bien masculins que féminins de l'élite turque et kurde financent des madrasa.”"},"500b667f-8d91-5d1a-9be3-3d41d2538920":{"title":"La civilisation du mot","description":"Parce que la puissance du verbe, qu'il soit prononcé ou transcrit, est respectée dans la culture islamique, la récitation et l'écriture ont toujours suscité un grand intérêt dans les sociétés islamiques arabophones ou non. D'où une valorisation particulière de la calligraphie – littéralement la “belle écriture” – et l'application de cet art à une grande diversité de matériaux pour des usages aussi bien religieux que séculiers. La calligraphie est ainsi présente sur des œuvres architecturales, des livres, des pièces de monnaie, des objets en métal, en bois, en ivoire, en pierre et en verre, des documents officiels, des textiles *tiraz*, des céramiques, pratiquement sur tous les types de supports imaginables.","quote":"“La calligraphie est présente sur pratiquement tous les types de supports imaginables.”"},"502462bc-e227-5ed9-b9ed-e3c4625d085e":{"title":"Les arts décoratifs","description":"La période fatimide voit les arts mineurs atteindre de nouveaux sommets tant en termes de qualité que de volume de production. Des artisans talentueux réalisent des objets sophistiqués sur de multiples supports pour répondre aux attentes d'une clientèle variée, issue aussi bien de la cour que de la ville. \nLes objets les plus raffinés sont réservés à la cour. Princes et courtisans se disputent la possession de récipients sculptés dans un cristal de roche importé et particulièrement onéreux. Le verre est également très apprécié et le mécénat fatimide permet à l'industrie verrière de Fustat d'accéder à des standards de haute qualité dans le soufflage, le moulage, la taille et l'estampage.","quote":"“La période fatimide voit les arts mineurs atteindre de nouveaux sommets tant en termes de qualité que de volume de production.”"},"506ae4e4-634a-525e-8b8e-dc798aafe087":{"title":"Turquie","description":"Ces nouveaux traits n'affectent pas directement les plans de monuments, mais apportent des changements considérables dans leur décoration. Les éléments décoratifs occidentaux s'appliquent aussi à de nombreux registres artisanaux, modifiant le répertoire décoratif traditionnel qui avait prévalu dans l'art ottoman. Le nouveau goût, qui se fait jour à Istanbul sous l'impulsion des ateliers du palais, gagne l'Anatolie presque concomitamment.","quote":"“Le nouveau goût, qui se fait jour à Istanbul sous l'impulsion des ateliers du palais, gagne l'Anatolie presque concomitamment.”"},"50e6c016-c07c-59ca-a932-af7736a9bcd6":{"title":"Monuments","description":"L'architecture des Fatimides combine des éléments stylistiques issus de Syrie, d'Irak et d'Iran, en Orient, à d'autres provenant d'Afrique du Nord. Il s'agit essentiellement d'une architecture de pierre. Au Caire, la ville dont les Fatimides font leur capitale en 358 H / 969 J.-C., on réutilise parfois la pierre provenant de monuments de la période des pharaons ou des fûts et chapiteaux de colonnes classiques. La brique peut servir de matériau structurel, mais elle est généralement parée de pierre ou de stuc sculptés. Le bois sculpté est utilisé pour les portes, des lambris et les poutres des plafonds . \n \nLa période fatimide conserve le plan traditionnel de la mosquée hypostyle, mais le minaret, élément devenu standard dans l'architecture religieuse abbasside, n'est que peu présent dans le style fatimide. Apparaît à cette période un des premiers exemples connus dans le monde islamique de façade de mosquée alignée sur la rue. Les orientations divergentes des rues adjacentes et de la *qibla* sont conciliées grâce à un plan triangulaire qui comprend un axe d'entrée en deux sections connectant la rue à la salle de prière. \n \nL'arc brisé devient courant et la coupole présente parfois un profil de forme similaire. La coupole fatimide repose généralement sur des trompes ou sur une série de niches qui assurent la transition entre la base carrée de l'espace couvert et le dôme de section circulaire. \n \nLa calligraphie de style coufique fleuri est abondamment utilisée sur les constructions. Les coupoles et les arcs reçoivent souvent une décoration cannelée. Les fenêtres sont fréquemment disposées dans des renfoncements de façade. Les motifs d'arabesques, végétales et géométriques, exécutés en marbre, stuc, pierre ou bois, sont très courants et leurs premiers exemples fatimides montrent l'influence de modèles abbassides issus d'Irak mais aussi de la Tunisie aghlabide et de l'Égypte toulounide."},"5143a580-5e9d-5338-aa83-89eaf0f30e05":{"title":"L’art mudéjar aristocratique et civil","description":"Là où il n’y avait pas de palais musulman à occuper, les rois chrétiens et les nobles construisirent eux-mêmes de nouveaux palais s’en inspirant. Le roi de Castille Pierre Ier offre le meilleur témoignage du goût de l’aristocratie chrétienne pour les modes de vie islamisés et les endroits où ils se déroulaient. Les palais de Tordesillas et d’Astudillo répondent au désir du roi de les ériger à la manière des édifices nasrides du moment, et il a sans doute reçu à cette fin le concours d’artistes grenadins envoyés par son ami le roi Muhammad V de Grenade.","quote":"Nouveaux plans de palais mudéjars"},"51fbd90e-6be2-5b7d-985d-95a359d424a3":{"title":"Deux sultans mamelouks face aux Francs","description":"Les deux sultans mamelouks qui mènent le plus grand nombre de campagnes victorieuses contre les États des Croisés sont al-Dahir Baybars (658-676/1260-1277) et al-Mansour Sayf al-Din Qalawun (678-689/1279-1290). Sur cette lancée, le sultan mamelouk al-Achraf Khalil (r. 689-693/1290-1293) dirige la campagne victorieuse contre Acre en 690/1291, qui marque la fin de la présence des Croisés.","quote":"*“Al-Achraf mène la campagne victorieuse contre Acre en 690/1291, qui marque la fin de la période des Croisés.”*"},"527ffe44-a653-52d5-b537-96b6f979648a":{"title":"Syrie","description":"Au cours du XIXe siècle, l'Empire ottoman doit affronter le défi d'une Europe de plus en plus puissante, prospère et industrialisée. Les mosquées et *madrasa* traditionnelles apparaissent désormais insuffisantes en tant qu'institutions pédagogiques pour une société moderne. La *madrasa* Jaqmaqiyya, par exemple, est transformée en école publique préparatoire d'un nouveau genre appelé Maktab Rushdiyya. On y enseigne l'histoire européenne et ottomane, l'écriture littéraire et officielle et nombre de langues étrangères dont le français, l'ottoman et le perse, mais ni l'histoire ni la langue arabes n'y sont proposées. Au début du XXe siècle, ces réformes commencent à se heurter aux minorités chrétiennes et à certaines majorités musulmanes non turques qui appellent à l'individualisation et à la libre expression plutôt qu'à l'uniformité et à la soumission. À Damas, l'école Maktab Anbar devient un nouveau pôle d'enseignement et un point central pour l'éveil politique arabe.","quote":"“Au cours du XIXe siècle, l'Empire ottoman doit affronter le défi d'une Europe de plus en plus puissante, prospère et industrialisée.”"},"52ba552e-fa0a-5682-9bec-459980b75df8":{"title":"Les routes de pèlerinage et les Lieux saints","description":"Le Coran dit : “Proclame le Pèlerinage parmi les hommes ! Ils viendront à toi à pied ou sur des méharis, ils viendront de toute gorge profonde” (XXII, 27). Chaque année, les pèlerins convergent vers La Mecque de tous les pays musulmans. L'entretien des routes de pèlerinage, les étapes de repos, les réservoirs et les tours de guet relèvent de la responsabilité des gouverneurs et souverains locaux.","quote":"“Chaque année, les pèlerins convergent vers La Mecque de tous les pays musulmans.”"},"5374f1d7-28b8-5e64-8bb8-d12ba84fb6a1":{"title":"Les bijoux : richesse, prestige et protection"},"543aaa57-6637-5f92-ac7d-d3ff9c19f682":{"title":"L’art hispano-maghrébin","description":"L’art nasride en al-Andalus et l’art mérinide, zianide et hafside au Maghreb représentent le point culminant de la profusion décorative dans l’art musulman occidental. Leurs relations engendrent un art très similaire – avec des résultats aussi importants que l’Alhambra de Grenade ou la *madrasa* Attarine de Fès, qui finira par devenir le paradigme de l’art islamique occidental.","quote":"Mérinides et Nasrides: paradigme de l’art islamique occidental"},"544d24b1-a4c5-568d-8a3b-dd38d938afe5":{"title":"L’écriture coufique","description":"L'écriture coufique apparaît à Koufa, en Irak, dans les premières décennies du Ier/VIIe siècle. Elle est issue de l'écriture *hidjazi* (de Hedjaz), elle-même influencée par le style syriaque, et naît de la rencontre de deux cultures lors de l'installation d'un certain nombre de lettrés chrétiens d'Irak à Koufa dans la première moitié du Ier/VIIe siècle. L'importance politique et militaire de la ville contribua à la propagation du style coufique et lui valut son nom. La présence d'un grand nombre de lettrés musulmans et de récitants du Coran et des Hadiths contribua à cette diffusion hors de la cité et à son développement stylistique et esthétique.","quote":"“L'importance politique et militaire de Koufa contribua à la propagation du style coufique et lui valut son nom.”"},"5462090c-84a2-599b-95ad-c52278086f8c":{"title":"La vie privée des femmes musulmanes","description":"Les femmes pouvaient passer une journée entière au hammam, à jouir des bienfaits d'un massage ou d'un bain de vapeur chaude. Elles échangeaient leurs connaissances sur les cosmétiques, le maquillage et la concoction de crèmes hydratantes parfumées mélangées à des sels minéraux ou à de l'alun. Elles se communiquaient des formules ou des adresses de fournisseurs d'essences aromatiques et de parfums, composés à partir de plantes et de fleurs, et aussi de sources animales comme l'ambre. Le voyageur perse Nassir Khusraw note lors d'une visite en Égypte au temps des Fatimides que les marchands de violettes, de narcisses, d'iris et de lys vendaient leurs produits à des parfumeurs. Les soins du cheveu étaient très développés et d'élégants peignes ont été découverts qui portent des inscriptions amusantes comme “Je ne peignerai d'autres cheveux que ceux d'une belle”.","quote":"“Les femmes pouvaient passer une journée entière au hammam, pour un massage ou un bain de vapeur chaude.”"},"54f705a7-f6cc-5d60-88a2-8e1edc57ef20":{"title":"Madrasa et éducation","description":"Le niveau d'alphabétisation est élevé et une compétition existe entre les mécènes pour financer les établissements d'enseignement. Les érudits – oulémas – d'Irak, d'Iran, d'Asie centrale, d'al-Andalus, du Maghreb et d'Égypte affluent vers ces nouvelles *madrasa*, trouvant à Damas un refuge et un terrain ouvert à leur enseignement. Grâce aux chartes *waqf*, les érudits perçoivent des bourses, des salaires et parfois un logement. Les bons étudiants reçoivent de leurs tuteurs un *idjaza* (certificat). L'apprentissage est un thème souvent illustré au frontispice des manuscrits scientifiques et philosophiques.","quote":"“L'apprentissage est un thème souvent illustré au frontispice des manuscrits scientifiques et philosophiques.”"},"55222856-3011-566b-aae5-57b726cf2d41":{"title":"La décoration géométrique dans les textiles","description":"Dans les textiles, la technique décorative elle-même – ici la broderie – favorise l'utilisation de motifs géométriques et la géométrisation d'autres motifs. Étoiles, losanges, carrés ou simples bandes ornent tissus, vêtements et coiffures sur des modèles très épurés.","quote":"“Étoiles, losanges, carrés ou simples bandes ornent tissus, vêtements et coiffures.”"},"55b7928a-e3bd-5865-b4c6-975a8167121f":{"title":"Visions du jardin paradisiaque et de l’arbre de vie","description":"La notion d'arbre de vie du Paradis est souvent présente dans l'art islamique sans correspondre pour autant à un arbre précis. Ses images stylisées évoquent cependant la luxuriance, la profusion de branches feuillues offrant leur ombre et la fertilité. Parfois, son image est remplacée par un somptueux vase contenant un exubérant bouquet de fleurs colorées. Ce motif remonte au symbole préislamique et hellénistique de la fontaine de vie. Il rappelle à la fois les grands bouquets de fleurs des arcades de pavillons de jardins islamiques et les délices floraux du Jardin du Paradis.","quote":"“Les images de l'arbre de vie du Paradis évoquent la luxuriance, la profusion de branches feuillues offrant ombre et fertilité.”"},"566203f6-e2ac-5a67-8b5e-89d63a01d16e":{"title":"Les femmes musulmanes comme mécènes","description":"Les femmes musulmanes d'influence pratiquent la charité et soutiennent des causes généreuses. Comme le stipule clairement la loi islamique sur le régime des revenus et de l'héritage, beaucoup d'entre elles le font grâce aux revenus qu'elles perçoivent pour leur usage personnel. Elles jouent un rôle essentiel dans la consolidation de la société islamique en encourageant la solidarité entre les différentes classes sociales. Certaines commanditent pour la postérité des mosquées et autres bâtiments publics. Ainsi, à Fès au Maroc, les sœurs Fihri font édifier la mosquée Qaraouiyine et la Mosquée andalouse au cours du IIIe/IXe siècle. En Turquie, Nilüfer Hatoun, mère de Mourad Ier, fait construire un établissement religieux à Iznik en 789/1388, tandis que la mère du sultan Abdülaziz élève le complexe de la mosquée Pertevniyal à Istanbul en 1288/1871, qui réunit un mausolée, une fontaine, une école et une bibliothèque.","quote":"“Les musulmanes d'influence pratiquent la charité et soutiennent des causes généreuses.”"},"56bd5cf1-6fad-5681-8cba-49c4ca097bbe":{"title":"Objects","description":"L'art des artisans musulmans à l'œuvre dans l'Espagne catholique est appelé art mudéjar. En dépit des pressions politiques et religieuses de la *Reconquista*, les artisans musulmans restent très appréciés pour leur talent et, en Espagne comme à l'étranger, des clients catholiques se tournent souvent vers eux pour décorer leurs biens séculiers ou religieux. \n \nCet art est célèbre pour ses superbes céramiques à décor lustré, qui comprennent des albarelles et des plats aux armes de leurs clients européens. Le travail du bois mudéjar est également apprécié aussi bien pour les meubles que pour la décoration des églises ."},"5739384e-e163-5d92-a390-a28d4233a917":{"title":"Le Haram de La Mecque et la Kaaba","description":"La Kaaba est la *qibla* (direction de la prière) de l'islam. Elle représente également le cœur du *hadjdj* et, selon le rituel, chaque pèlerin se rendant au Haram de La Mecque doit en faire sept fois le tour. Dans la tradition islamique, la Kaaba porte de nombreux noms, dont ceux de *al-Masjid al-Haram* (la mosquée sacrée, par référence à la mosquée qui se trouve dans l'enceinte de la Kaaba), et *al-Bayt al-Atiq* (l'ancienne maison). Elle consiste en une construction de forme presque carrée : 9,29 m au nord, 12,15 m à l'ouest, 10,25 m au sud et 11,88 m à l'est. Elle mesure 15 m de haut et ne possède qu'une seule porte d'accès sur sa façade est, à 2 m au-dessus du niveau du sol.","quote":"*“La Kaaba* *est la* qibla *de l'islam.”*"},"573c3733-80fc-5e4c-b0cc-4de48d4bc466":{"title":"Zenguides et Ayyoubides"},"57abcad0-a4a6-59e5-ab3f-6bbbc8cfa027":{"title":"La mosquée, espace de prière","description":"La mosquée est le principal édifice religieux. De plan carré ou rectangulaire, elle est essentiellement composée de trois pièces : la salle de prière, la cour et le minaret. \nLa salle de prière est divisée en nefs, qui peuvent être parallèles ou, plus souvent, perpendiculaires à la *qibla,* le mur orienté en direction de La Mecque et que l'on identifie grâce à la niche du *mihrab*, encadré d'une arc en fer à cheval et qui peut être très décoré. \nDe telles caractéristiques apparaissent très tôt dans la mosquée de Cordoue et se voient définitivement consacrées dans les mosquées almohades.","quote":"La mosquée *aljama* (mosquée du vendredi) et la mosquée de quartier"},"57d4f9c5-7846-5502-a124-d07a4d4ecfee":{"title":"Commerce et voyages","description":"Au Moyen Âge, tout voyage est risqué et la plupart des routes commerciales et de pèlerinage entre la Méditerranée, l'Asie centrale et l'Arabie sont extrêmement dangereuses. La sécurité devint encore plus problématique avec les attaques des Croisés. Des châteaux et des citadelles sont édifiés aux points stratégiques comme Karak et Shawbak en Jordanie. En dépit de leur antagonisme politique, les musulmans et les Francs commercent entre eux, traversent leurs territoires mutuels et s'imposent des taxes de passage.","quote":"*“En dépit de leur antagonisme politique, les musulmans et les Francs commercent entre eux.”*"},"5838d42d-f446-52f1-8928-5f1d6b6140a6":{"title":"Métiers mudéjars"},"5a338511-2ac0-5415-a85c-90120546219d":{"title":"Tunisie","description":"En fait, c'est dès la fin du XVIIe siècle que les édifices privés et publics commencent à introduire des innovations dans leur architecture, leur décoration et leur ornementation. Les premiers éléments du style baroque font leur apparition, et les traditions locales en matière de faïence, de stuc et de bois sculpté sont abandonnées en faveur de la décoration italienne ou rococo exécutée par des artisans étrangers. De somptueuses demeures sont construites dans les plus beaux quartiers de la médina en même temps que des maisons de campagne dans les jardins environnants. L'ornementation diffère d'un palais à l'autre, mais la fascination pour le marbre de Carrare et les céramiques importées est largement partagée aux XVIIIe et XIXe siècles : grands escaliers de marbre, plafonds de bois peints italiens, carreaux napolitains, stucs et peintures florales husseinites. Les portes et volets intérieurs sont réalisés avec des panneaux de bois sculpté italiens.","quote":"“De somptueuses demeures sont construites dans les plus beaux quartiers de la médina en même temps que des maisons de campagne dans les jardins environnants.”"},"5ab4b2a1-83ba-5bc3-b503-f27314da8748":{"title":"Les Mamelouks"},"5ae1c986-c80f-5678-ba60-13ff1b19d638":{"title":"La quête de la baraka – le pèlerinage à Jérusalem et en Palestine","description":"Selon les souhaits du Prophète, la tradition s'installa parmi les pèlerins de visiter Jérusalem après le *hadjdj* afin de collecter des bénédictions (*baraka*) supplémentaires. La ville sainte bénéficia de la générosité de nombreux bienfaiteurs au cours des siècles. Califes, sultans et émirs contribuèrent à la prospérité de la cité et multiplièrent les fondations charitables dans l'espoir de récompenses et de pardons pour leur vie dans l'au-delà.","quote":"*“Au cours des siècles, Jérusalem bénéficia de la générosité de nombreux bienfaiteurs musulmans.”*"},"5c573dd8-51de-5a6c-9717-09f9aa851b0e":{"title":"L’eau et la vie quotidienne","description":"Les *sabil* étaient souvent adjacents aux mosquées et financés par des *waqf*, ou dotations caritatives. Au Caire, une fois par an lors de la grande crue du Nil, l'eau était transportée du fleuve aux *sabil* à dos de chameau ou de mule dans des outres de peau. Elle était ensuite versée dans le bassin de pierre du rez-de-chaussée d'où l'employé emplissait des coupes qu'il offrait à tous ceux qui avaient soif. Dans certains *sabil*, l'eau de la citerne alimentait une fontaine qui se déversait dans le bassin.","quote":"“Au Caire, une fois par an lors de la grande crue du Nil, l'eau était transportée jusqu'aux citernes dans des outres de peau à dos de chameau ou de mule.”"},"5cef1f76-07da-5ce0-a8f7-d678e155d371":{"title":"Sujets chrétiens sous administration omeyyade","description":"La conquête de la région du Moyen-Orient qui comprend la partie nord du désert de Syrie qui s'étend aux vallées du Tigre et de l'Euphrate ainsi qu'à la vallée du Nil – autrement dit le “Croissant fertile” actuel – est entreprise au nom de l'islam. La période omeyyade qui suit entraîne moins de changements pour les populations chrétiennes qu'on ne le pense généralement car les communautés musulmanes restent concentrées dans les villes et les cités nouvelles et constituent essentiellement une élite militaire. Les chrétiens, eux, continuent à vivre dans de petites villes et à la campagne et ne sont pas exclus des postes administratifs. \n \nLes communautés chrétiennes restent prospères et les artisans continuent à produire de multiples objets comme des lampes, d'usage aussi bien religieux que séculier. L'imagerie chrétienne reste présente sur nombre d'entre eux. \n \nPeu d'églises sont désaffectées. La basilique à trois nefs est le plan le plus fréquent et les églises urbaines sont généralement plus luxueuses que celles des zones rurales. De nombreuses églises de cette période sont réputées pour la beauté de leurs sols en mosaïque.","quote":"*“Les communautés chrétiennes restent prospères et les artisans continuent à produire de multiples objets.”*"},"5d8d84b8-9df4-5581-af50-feecdace83f5":{"title":"Les communautés islamisées avant et après la conquête normande","description":"La période arabe en Sicile se prolonge longtemps, en ce qui concerne la persistance de certains usages (dans la culture de l’habitat et des relations sociales) et l’utilisation de lieux liés aux habitudes et aux rituels de l’époque où l’île était sous domination islamique. L’existence, surtout dans de petits centres, de lambeaux de tissu urbain dont la morphologie (compte tenu du changement de configuration du patrimoine architectural) s’apparente à celle des villes du Maghreb atteste l’apport de la présence islamique dans l’île en matière d’urbanisme.","quote":"La période arabe, en Sicile, se prolonge longtemps en ce qui concerne la persistance de certains usages et la réutilisation de certains lieux à l’époque normande."},"5f07058e-e943-529b-9aad-26510494cbe8":{"title":"La céramique mudéjare","description":"La meilleure période des carreaux de céramique dorée de Manisès coïncide avec la suprématie des thèmes zoomorphes : cerfs, échassiers, taureaux et petits oiseaux occupent le centre de la composition, nouveauté décorative qui se détourne de la tradition hispano-musulmane. Avec la décadence des fours de Manisès, la couleur passe de l’or pâle au cuivré ou au chocolaté, et la variété de décors se restreint : le plus populaire est désormais un oiseau fantastique (le *pardalot*) au corps sillonné de rayures qui imitent le plumage.","quote":"Avec la décadence des fours de Manisès, la couleur passe de l’or pâle au cuivré."},"5f7953a9-49d7-5d9f-be1c-93cbec183abd":{"title":"L’art hispano-maghrébin","description":"L’art des Hammadides, contemporain de l’art taïfa andalou, partage avec celui-ci certains motifs décoratifs, mais réalisés avec une technique différente. À côté de l’influence andalouse, l’apparition précoce de certains éléments clairement orientaux atteste le rôle de pont joué par le Maghreb.","quote":"Zirides et Hammadides : un pont entre l’Orient et l’Occident"},"5fece024-c74e-561d-b95d-491951907de9":{"title":"Le Caire, Damas et Jérusalem, centres de la vie intellectuelle mamelouke"},"5ff53527-c223-5816-b616-a7a036304f06":{"title":"La calligraphie monumentale","description":"L'écriture coufique, anguleuse et minimaliste, est la première à apparaître sur des monuments. Elle se développe au Ve/XIe siècle et s'enrichit d'ornements floraux au sommet des lettres – le style coufique fleuri –, comme on peut le voir dans le *maqsoura* (espace réservé au calife ou à l'imam) de la Grande Mosquée de Kairouan. Même si ce style marqué par ses fortes horizontales et verticales est parfaitement adapté à un certain nombre d'éléments architecturaux, en particulier les piliers et les supports, d'autres styles apparaissent au VIe/XIIe siècle, comme le *naskhi*, plus souple, que l'on remarque sur la *khanqah* (hôtellerie) du sultan Baybars au Caire.","quote":"“L'écriture de style coufique – minimaliste et anguleuse – est la première à faire son apparition sur les monuments.”"},"60261853-a266-5a82-958e-d10b6269bdca":{"title":"Habitat et vie domestique","description":"L'habitation urbaine répondait, mieux que la maison rurale, au sens de l'intimité musulmane. À l'intérieur, elle était distribuée autour d'une cour ouverte, lieu de réunion et de loisir de la famille, avec un petit bassin, un puits ou une citerne et un portique sur les côtés. Tout autour, on trouvait les chambres avec leurs alcôves, la cuisine et les latrines, érigées au-dessus de fosses d'aisance ou, plus souvent, avec des canaux d'évacuation des eaux résiduelles vers des fosses septiques situées dans les rues.","quote":"La maison urbaine : intimité de la vie privée"},"607ac3c1-0180-5845-a8cc-ed6170965418":{"title":"Commerce et voyages","description":"C'est par les marchands et les voyageurs que se pratique la diffusion des idées artistiques et des produits, facilitant ainsi, d'un centre urbain à un autre, la transmission des motifs ornementaux et des techniques de travail du métal, de la céramique, du verre et des textiles. Le lustre est adopté en Syrie au VIe/XIIe siècle, probablement apporté par des potiers émigrés de l'Égypte fatimide, bien qu'en fait la technique soit issue d'Irak (IIIe/IXe siècle). De même, les artisans perses du Khorassan, fuyant les invasions mongoles du VIIe/XIIIe siècle, apportent à Mossoul, dans le nord de l'Irak, leur expertise de l'incrustation du métal. Les routes commerciales facilitent également la diffusion des motifs, des techniques et des styles d'origine chinoise.","quote":"“Marchands et voyageurs transportent avec eux des modèles artistiques et des produits.”"},"618dce7d-8482-5ccb-b334-54c0c96e6db0":{"title":"Les Ottomans","description":"Issus d'un petit émirat du nord-ouest de l'Anatolie, les Ottomans constituèrent peu à peu l'un des plus grands empires islamiques de l'Histoire.","extra":{"credits":"Curators & authors \nSule AKSOY, Istanbul \nSevinç GÖK, Izmir \nAlev ÖZAY, Istanbul \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \nSevgi KUTLUAY, Istanbul \nInci KUYULU ERSOY, Izmir \nSeracettin SAHIN, Istanbul \nCihat SOYHAN, Istanbul \nGönül TEKELI, Istanbul \nInci TURKOGLU, Istanbul \nFriederike VOIGT, Stockholm/Berlin \nBarry WOOD, London \n \nCoordination \nInci KUYULU ERSOY, Izmir \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Issus d'un petit émirat du nord-ouest de l'Anatolie, les Ottomans constituèrent peu à peu l'un des plus grands empires islamiques de l'histoire. Pendant des siècles, ils ont été une grande puissance mondiale, le centre du monde islamique et un sérieux adversaire pour l'Occident. \nLa dynastie ottomane débute à la fin du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.) sous la forme d'un de ces *beyliks*, ou émirats, anatoliens. Avec le temps, ils soumettent leurs voisins et deviennent la plus grande puissance musulmane de la région. Par la prise de Constantinople en 857/1453, ils mettent fin à l'empire byzantin et confirment ainsi leur statut de puissance internationale. De nouvelles conquêtes aux IXe-Xe /XVe-XVIe siècles leur assurent le contrôle d'un empire s'étendant sur une vaste partie du bassin Méditerranéen, l'Europe du Sud, la péninsule Arabique et, bien sûr, l'Anatolie. \nCet immense ensemble est gouverné grâce à un système hautement centralisé dont la tête se trouve à Istanbul. L'autorité suprême repose entre les mains du sultan, lui-même étant cependant soumis à la loi islamique. Un vaste réseau de gouverneurs locaux assure le respect de la volonté impériale sur tout le territoire. \nL'art ottoman est profondément influencé par cette centralisation. Bien que ses racines soient anatoliennes, et qu'il tire son inspiration de sources aussi disparates que les cultures rassemblées par l'empire, il est en grande partie conçu et diffusé dans les ateliers de la cour impériale à Istanbul. C'est pourquoi le style ottoman présente une cohérence étonnante malgré la diversité des aires géographiques qu'il recouvre. \nQue ce soit pour décorer un palais ou une mosquée, aménager leurs maisons ou créer des produits qui seront exportés vers le marché européen, les Ottomans adhèrent à une esthétique qui part du sommet. Elle est profondément imprégnée par la piété, comme le montre l'accent mis sur les éléments floraux évocateurs du Paradis. \nL'empire ottoman prend fin au cours de la Première Guerre mondiale, mais son art nous fascine toujours autant.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/the_ottomans/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/18/portal_image/1.jpg","display_order":6}}},"61bd4ed5-85c4-5ab9-88e8-0e600ef3d9cd":{"title":"Métiers mudéjars","description":"La population mudéjare intégrée à la société chrétienne a apporté à cette dernière ses connaissances techniques, dont la plupart étaient transmises depuis l’Antiquité. L’importance des métiers exercés par les mudéjars fit de ceux-ci un facteur important du développement économique des nouveaux royaumes péninsulaires, et leur influence s’est fait sentir également dans la régulation des métiers et des confréries qui datent de cette période. Les mudéjars se sont illustrés dans les métiers liés à la construction, notamment dans la maçonnerie et le travail du plâtre. Les maçons assuraient le gros-œuvre de brique jusqu’aux fondations et avant le revêtement et l’enduit des murs, dont se chargeaient les plâtriers. Ils furent aussi d’habiles charpentiers, métallurgistes, potiers et tisserands.","quote":"Les artisans mudéjars furent très appréciés pour leurs talents dans de très nombreux métiers."},"622bc6c4-0521-53bd-80a6-0fa7a314fc9b":{"title":"Le Saint Coran","description":"Le Coran, le livre saint de l'islam, reproduit la parole de Dieu révélée oralement en arabe au prophète Muhammad entre 610 et 632. Il fut assemblé en un seul volume par les compagnons du Prophète et les premiers califes, en particulier le troisième, Othman ibn Affan (23-35/644-656), à l'époque duquel le texte fut organisé tel que nous le connaissons aujourd'hui. Le Coran compte 114 chapitres ou sourates et 6 236 versets ou *ayaf*.","quote":"“Le Coran, le livre saint de l'islam, reproduit la parole de Dieu révélée oralement en arabe au prophète Muhammad.”"},"635d4cb2-5c7e-5d27-bd41-43032dd5262b":{"title":"Tunisie","description":"Depuis l'Antiquité, la Tunisie, petit pays au carrefour des civilisations méditerranéennes, a été un point de rencontre entre la Méditerranée orientale et occidentale, l'Afrique et l'Europe. À l'aube de l'ère moderne, l'ancienne Ifriqiya hafside, à l'époque province ottomane, s'ouvre à l'Orient ottoman et à l'Occident européen. \n \n**Échanges et interférences** \n \nDans la Tunisie des deys puis des beys, les nouveaux maîtres turcs du pays entreprennent de construire des mosquées, des *madrasa*, des *zaouïa*, des palais, des casernes, des fontaines publiques, des aqueducs et des remparts, particulièrement dans la capitale, garantissant ainsi la postérité de leur nom. Des maisons de commerce affluent à Tunis, la capitale de la Régence étant une ville sûre, et s'établissent sous la protection des traités de paix signés par le sultan d'Istanbul. Cette période voit l'émergence d'un fort penchant pour tout ce qui est européen, d'abord chez les princes, dignitaires de la cour et autres notables proches des milieux officiels. En plus d'établir des contacts avec les Européens basés à Tunis, certains d'entre eux voyagent à travers l'Europe ; le bey Ahmed par exemple est reçu par Louis-Philippe de France avec le cérémonial d'une visite royale en 1846. Les missions à Istanbul permettent de découvrir des objets d'un raffinement exquis. Autant de nouveautés qui auront un profond impact sur l'art et l'architecture en Tunisie aux XVIIIe et XIXe siècles.","quote":"“À l'aube de l'ère moderne, l'ancienne Ifriqiya hafside, à l'époque province ottomane, s'ouvre à l'Orient ottoman et à l'Occident européen.”"},"6428106b-9d8e-590a-bc5c-8be1ac54d645":{"title":"La vie privée des femmes musulmanes","description":"Le kohl, composé de divers ingrédients dont un encens brûlé, des coquilles d'amande ou des plants de carthame, était un important élément du maquillage des yeux. On lui attribuait des vertus diverses ; on pensait également qu'il protégeait du “mauvais œil”. Il était conservé dans de petits récipients décoratifs contenant un bâton applicateur.","quote":"*“Le kohl était composé de divers ingrédients dont de l'encens brûlé, des coquilles d'amandes ou des plants de carthame.”*"},"646ebdd8-a486-5d6b-8cd6-0d16de835996":{"title":"La culture dans le royaume croisé de Jérusalem","description":"Un autre historien et voyageur contemporain, al-Hourawy (m. 611/1215), se souvient d'avoir vu la grille de fer posée par les Croisés autour du Rocher : \"Je vis ce rocher à l'époque des Francs ; il se trouvait au nord de cette coupole [de la mosquée al-Aqsa] et était entouré d'une clôture de fer comme une maison. La hauteur de cette clôture autour du rocher est de douze pieds.\"","quote":"“La hauteur de la clôture qui entoure le rocher est de douze pieds.”"},"647c6643-4c92-5053-a855-7bc6c0f2444a":{"title":"Calligraphie arabe","description":"“Dieu dit au Prophète : Lis, car ton Seigneur est le plus généreux. Il t'a appris l'usage de la plume ; Il a appris à l'homme ce que l'homme ne savait pas” (Coran, XCVI, 2-5).","extra":{"credits":"Curators & authors \nMohammad ABBAS, Cairo \nNoorah AL-GAILANI, Glasgow \nDina BAKKOUR, Damascus \nJamila BINOUS, Tunis \nAicha BENABET, Tunis \nElsayed HAMAD, Cairo \nTaha KHECHINE, Kairouan \nMourad RAMMAH, Kairouan \nSalah SAYAOUR, Cairo \nTarek TORKY, Cairo \n \nCoordination \nSaloua ZANGAR, Tunis \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Si le mot, dit ou écrit, occupe une place centrale dans la civilisation islamique, la calligraphie arabe est au cœur de l'art islamique. L'islam a commencé par la révélation des paroles de Dieu au prophète Muhammad (571-632), paroles qui constituent le Coran, le Livre saint. Dès le début, le Prophète et ses disciples encouragèrent la communauté musulmane à maîtriser la lecture et l'écriture. Le calife Omar ibn al-Khattab, le deuxième calife après la mort du Prophète en l'an 11 de l'Hégire / 632 J.-C., avait coutume de dire : “La meilleure écriture est la plus claire, et l'écriture claire est la meilleure”, tandis que pour l'imam Ali, le quatrième calife : “Une bonne écriture renforce la clarté de la vérité.” Ce souci de perfection scripturale encouragea la recherche de l'excellence dans le domaine calligraphique. \nAprès la mort du prophète Muhammad, les premiers califes s'efforcèrent de réunir et de préserver les révélations coraniques dans un livre qui soit à même d'en fournir une version définitive. Des scribes furent employés à cet effet et, avec l'expansion territoriale de l'islam au-delà de l'Arabie, il devint essentiel de pouvoir disposer partout de copies définitives et agréées du Coran. La précision du texte était essentielle. Une grande attention était portée à la qualité de production de ces recueils pour en assurer la longévité. L'introduction ultérieure des techniques de fabrication du papier au Moyen-Orient conduisit au développement de la réalisation de manuscrits dans l'ensemble du monde islamique. \nL'arabisation des systèmes politiques et administratifs de l'empire islamique sous le règne du calife omeyyade Abd al-Malik Ibn Marwan (r. 65-86/685-707) exerça une forte influence sur le développement de la calligraphie. En dehors de l'univers arabophone, plusieurs régions et peuples islamiques commencèrent à utiliser l'alphabet arabe pour écrire leur propre langue. Le perse, le turc et plus tard l'ourdou adaptèrent les styles calligraphiques arabes à leurs besoins et à leurs goûts artistiques.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/arabic_calligraphy/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/19/portal_image/1.jpg","display_order":11}}},"66042ec5-c370-5352-acd8-d82b98d67a73":{"title":"La vie de cour","description":"Dans la partie de Topkapı appelée Enderun se trouvent des kiosques et des palais donnant sur le Bosphore. À l'entrée se dresse Arz Odası, la salle d'audiences où le sultan reçoit les ambassadeurs, les vizirs et autres dignitaires de haut rang. \nLe harem est un lieu sacré et privé dont l'entrée n'est autorisée qu'à son personnel. Il est placé sous le contrôle de la mère du sultan, Valide Sultan. Elle y vit avec les enfants du sultan, ses favorites et ses concubines (appelées *ikbal* et odalisques). Toutes profitent d'un grand luxe matériel, mais aucune n'a le droit de s'asseoir à la droite du sultan ou de sortir du palais sans sa permission.","quote":"“Le harem est un lieu sacré et privé dont l'entrée n'est autorisée qu'à son personnel.”"},"664da959-c73e-5c6a-8641-060470f0010e":{"title":"L’art mudéjar","description":"L’art mudéjar est le fruit de circonstances historiques qui ne se sont rencontrées que dans la péninsule Ibérique au Moyen âge.","extra":{"credits":"Curators & authors \nCarmen ALONSO-RODRIGUEZ, Madrid \nMaria da Conceição AMARAL, Silves \nGaspar ARANDA, Madrid \nÁngela FRANCO, Madrid \nÁngela GARCIA-BLANCO, Madrid \nSusana GOMEZ, Mertola \nSantiago MACIAS, Mertola \nMargarita SANCHEZ-LLORENTE, Madrid \nClaudio TORRES, Mertola \n \nCoordination \nMiguel GARCIA, Madrid \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Ce qui frappe tout d’abord dans d’art mudéjar est sa singularité. Il s’agit d’un art qui ne peut se comparer à aucun autre, islamique ou chrétien, car il est le fruit de circonstances historiques qui ne se sont rencontrées que dans la péninsule Ibérique au Moyen âge. \nEn effet, au fur et à mesure que les rois chrétiens progressaient dans la reconquête du territoire d’al-Andalus, et devant la difficulté qu’ils éprouvaient à le repeupler immédiatement, ils autorisèrent la population musulmane à rester dans les contrées récemment conquises et à conserver sa religion, sa langue et son organisation juridique. Les Mudéjars – musulmans en territoire chrétien – s’intégrèrent à la nouvelle société, travaillèrent pour ses élites, et furent les passeurs des coutumes et de l’art musulmans dont les coloris, l’exotisme, le luxe et le raffinement fascinaient les rois et les nobles chrétiens. \nL’œuvre mudéjare se reconnaît facilement à la parfaite intégration des matériaux utilisés – brique, plâtre, bois et céramique — aux techniques spécifiques avec lesquelles ils sont traités et aux motifs décoratifs propres à l’esthétique islamique. D’aucuns considèrent l’art mudéjar comme une persistance de l’art islamique dans la société chrétienne ; mais cette interprétation ne vaut que du point de vue formel, car dans l’art mudéjar, les formules constructives et décoratives expriment la pensée et les valeurs propres à la culture chrétienne, et non à la culture islamique. \nD’autre part, les éléments de l’art islamique ont magistralement fusionné avec ceux de la tradition occidentale pour créer un art nouveau, et différent selon qu’il se combine avec l’art roman, avec le gothique ou avec la Renaissance. C’est pourquoi le mudéjar au sens strict n’appartient ni à l’art islamique, ni à l’art occidental chrétien. Jalon entre les deux cultures, il est devenu l’expression artistique d’une société complexe dans laquelle coexistèrent chrétiens, juifs et musulmans. C’est donc un phénomène tout à fait unique dans l’histoire de l’art. \nLe déclin de l’art mudéjar s’amorce au cours du XVIe siècle, pour être consommé avec l’expulsion des morisques en 1609. Cependant, le mudéjarisme a continué d’alimenter une sorte de goût “baroque” jusqu’à l’avènement du baroque proprement dit.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/mudejar_art/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/26/portal_image/1.jpg","display_order":17}}},"66a1b849-44f7-56db-b90b-8414c7492a80":{"title":"Deux sultans mamelouks face aux Francs."},"67215e86-8b87-5410-a941-05738096eb5a":{"title":"Vie religieuse"},"6780505e-c91f-5e51-8a78-74d186fc4a0b":{"title":"Les communautés islamisées avant et après la conquête normande","description":"L’importation de techniques d’irrigation et de culture fondées sur la connaissance du monde antique, dans des territoires moins fertiles, comme du reste les interventions d’ingénierie hydraulique, parfois d’ascendance iranienne (par exemple le formidable réseau des *qanat*), constituent quelques aspects remarquables de l’organisation du territoire durant la période islamique.","quote":"Les techniques d’irrigation et de culture constituent des aspects remarquables de l’organisation du territoire."},"67d05c74-9479-5504-9b95-28708620c776":{"title":"Le Caire, Damas et Jérusalem, centres de la vie intellectuelle mamelouke","description":"En Syrie, Damas est le second plus important centre politique, artistique et intellectuel du sultanat mamelouk, lieu de débats religieux et creuset de progrès scientifiques. Des livres fondamentaux sur la médecine, la géographie et d'autres sciences sont copiés et illustrés dans ses fameuses *madrasa* et institutions d'enseignement supérieur.","quote":"“Damas est le second plus important centre politique, artistique et intellectuel du sultanat mamelouk.”"},"68239d8d-9472-53ee-9876-51e1be828f05":{"title":"Métiers mudéjars","description":"Les potiers mudéjars ont transmis à l’Europe médiévale les technologies les plus innovantes en matière de glaçure, qui, simplement plombifère ou transparente, stannifère ou blanc opaque et enfin à reflets métalliques, donnait à la céramique l’imperméabilité nécessaire et la beauté souhaitée. La production s’étendit à toute la Péninsule, mais les plus appréciées, et exportées en plus grand nombre, furent les céramiques à glaçure et décor peint des potiers de Paterna et de Teruel, ainsi que les carreaux dorés de Manisès.","quote":"Les potiers mudéjars ont maîtrisé les techniques de la glaçure et les ont transmises à l’Europe médiévale."},"68eb0582-4a1d-5233-92af-cfac47f86d57":{"title":"La pierre funéraire, mémoire lapidaire"},"699bcf48-10b7-5156-85dc-0aff994af0da":{"title":"L'art hors de la capitale","description":"Comme d'autres empires, les Ottomans imposent leurs goûts artistiques aux pays conquis, en même temps que leur système politique et administratif. Grâce aux ateliers établis dans le palais de Topkapı, ils dominent et contrôlent l'activité artistique des provinces d'une immense aire géographique. Néanmoins, plus on s'éloigne de la capitale, plus les influences locales se font sentir, en dépit de la domination des ateliers impériaux. \nLes Ottomans des provinces imitent avec art le goût raffiné de la capitale, qui se reflète ainsi dans les œuvres commanditées directement par le palais ou par les gouverneurs administrant les provinces au nom du sultan. La compétition entre les bienfaiteurs locaux et ceux de la capitale est certes inégale, mais des créations artistiques remarquables voient tout de même le jour.","quote":"“Plus on s'éloigne de la capitale, plus les influences locales se font sentir en dépit de la domination des ateliers impériaux.”"},"6a1bdb93-67a9-5fa8-b419-7479fb504783":{"title":"L’écriture coufique","description":"Au tout début de l'islam, le coufique s'imposa comme le principal style calligraphique utilisé pour la copie du Coran, les pièces de monnaie ou les inscriptions architecturales. Il connut cependant plusieurs phases de développement, évoluant d'une première forme aplatie et raide – d'où est issu le style *muhaqqaq* – à une phase plus souple qui mena aux styles *thoulouth*, *maghribi* et *riqa*. Les divers types coufiques furent peu à peu standardisés, rendant quasi impossible l'indentification et l'attribution d'une inscription à une région particulière par une analyse purement stylistique.","quote":"“Dans les premières années de l'islam, le coufique s'imposa comme le principal style calligraphique utilisé pour la copie du Coran.”"},"6a3348dc-029d-59c2-af77-31ec3a3dfe2f":{"title":"Vie de cour"},"6a6bebaa-7157-585a-a0a4-10139e43213c":{"title":"Flore et arabesques : visions de l’éternité et de l’unité divine","description":"L'arabesque est certainement l'alternative la plus répandue aux décors floraux naturalistes. Composées d'une combinaison de rafles, rinceaux, feuilles et palmettes imbriquées qui se développent dans des compositions infinies et souvent symétriques, les arabesques se répandent dans l'art islamique à partir du Ve/XIe siècle. Leur souplesse d'adaptation et leur variété, qui se prêtent aussi bien au décor d'objets que de structures architecturales, invitent à la contemplation des interconnexions et des interdépendances insondables de Dieu.","quote":"“L'arabesque est certainement l'alternative la plus répandue aux compositions florales naturalistes.”"},"6ca7f36b-6ff1-5be2-b8a1-162095f62272":{"title":"Art et architecture royale","description":"L’architecture religieuse liée à la cour normande est représentée par certaines églises dont la construction exploite des sites et des structures de la précédente période islamique.","quote":"Quelques églises royales normandes s’élèvent sur des vestiges de sites islamiques."},"6cd83239-a26e-5c98-bcfb-6a0737411c89":{"title":"L’exportation du luxe","description":"Les textiles jouent un rôle essentiel dans l'économie ottomane, en particulier parce que les territoires impériaux recouvrent de longues sections de l'ancienne route de la soie. Leur importance s'accroît encore lorsque leur valeur se voit appréciée en Europe et ailleurs. Parmi les productions ottomanes les plus exportées figurent les tapis dont les superbes dessins et la remarquable qualité les font rechercher par les Européens aisés. On peut en trouver la preuve dans des peintures européennes contemporaines de la période ottomane classique. Des artistes comme Hans Holbein et Lorenzo Lotto représentent des souverains (dont Henri VIII d'Angleterre), des nobles ou de riches bourgeois au milieu de symboles de prospérité et de luxe, notamment des tapis à motifs typiquement ottomans. Ils ont d'ailleurs pris le nom de tapis “Holbein”ou “Lotto.”","quote":"“Parmi les productions ottomanes les plus importantes pour l'exportation figurent les tapis.”"},"6cde84c3-7f28-5ff8-88ec-3cf31d5516fb":{"title":"La quête de la baraka – le pèlerinage à Jérusalem et en Palestine","description":"En dehors de Jérusalem, c'est la Palestine qui compte peut-être le plus grand nombre de sites religieux révérés par les musulmans. Beaucoup sont liés à des prophètes et à des personnalités qui sont honorées non seulement par les musulmans, mais aussi par les juifs et les chrétiens. Le plus connu est le Haram-al-Ibrahim, le sanctuaire d'Abraham, le patriarche des prophètes considéré comme le “premier musulman”. Mais il y a aussi des lieux liés à la vie de Jésus-Christ, prophète hautement respecté dans la religion islamique.","quote":"*“C'est en Palestine que l'on trouve le plus grand nombre de sites révérés par les musulmans.”*"},"6df85d25-d81f-566f-8e8a-02540066a550":{"title":"Turquie","description":"Le processus d'évolution induit par l'occidentalisation dépend aussi de la personnalité des sultans de la période, et peut être interprété comme un autre de leurs nombreux backgrounds culturels. Ainsi, le décret des Tanzimat (1839) officialise une reconnaissance de l'organisation administrative et des principes occidentaux, et accepte d'appliquer ces pratiques au système ottoman.","quote":"“... le décret des Tanzimat (1839) officialise une reconnaissance de l'organisation administrative et des principes occidentaux, et accepte d'appliquer ces pratiques au système ottoman.”"},"6e7d4f2d-b957-51ff-b7ba-274922d1bffb":{"title":"La céramique mudéjare","description":"L’un des plus séduisants groupes de céramiques mudéjares est celui de plats et braseros dont la surface est entièrement ornée de motifs géométriques et épigraphiques, de godrons et de triangles courbes dont la répétition donne la sensation de mouvement. La nouveauté en matière de composition, d’origine occidentale, réside dans le sens de l’unité que dégage l’ensemble, ordonné autour d’un ombon central très marqué. Ces plats à ombon et godrons en relief étaient confectionnés au moule et avaient un caractère plus somptuaire qu’utilitaire.","quote":"Ces plats à ombon et godrons en relief avaient un caractère somptuaire."},"6f026780-ce1b-55d2-b48b-2d177c9ca628":{"title":"La calligraphie monumentale","description":"Des inscriptions calligraphiques apparurent très tôt sur les constructions architecturales aussi bien religieuses ou militaires que civiles et privées. La présence de la calligraphie arabe est l'une des principales caractéristiques permettant de distinguer l'architecture de la période islamique. Le plus ancien bâtiment subsistant qui illustre ce type de décor est le Dôme du Rocher à Jérusalem, qui date du Ier/VIIe siècle.","quote":"“La présence de la calligraphie arabe est l'une des principales caractéristiques qui distinguent l'architecture de la période islamique.”"},"6f2f66f9-0684-5348-a89e-04c0ea5914a2":{"title":"Le langage visuel du pouvoir","description":"Le langage visuel du pouvoir pouvait être plus discret et l'art fut parfois utilisé de manière ingénieuse et subtile pour communiquer cette volonté de pouvoir. Une élégante décoration architecturale, par exemple, en entourant le spectateur d'un séduisant ensemble d'ornements délicats, crée un environnement esthétique évocateur de la puissance du mécène. Ce type de décor n'est pas cantonné aux grands édifices, une simple tente peut, elle aussi, exprimer la grandeur de l'empire. La démonstration spectaculaire des talents des artisans peut également relever de ce langage visuel. Lorsque le sultan ou ses dignitaires portent de précieux vêtements recouverts d'ornements sophistiqués – que ce soit des symboles de leur rang, comme l'aigrette, ou simplement des éléments utiles comme les anneaux d'une ceinture –, l'affichage de la richesse et du talent dont disposent ces hauts personnages proclame implicitement leur pouvoir.","quote":"“Ce type de décor n'est pas cantonné aux grands édifices, une simple tente peut, elle aussi, exprimer la grandeur de l'empire.”"},"6f47a9bf-47af-5ba5-80f4-3405332e6bed":{"title":"Le sultan et sa cour","description":"À la tête des institutions mameloukes se trouve le sultan, lui-même un Mamelouk que ses capacités ont fait distinguer pour prendre la tête de ses pairs. Chaque sultan mamelouk, quelles que soient ses ambitions personnelles, ses activités et ses intérêts, doit exercer un certain nombre de responsabilités inhérentes à sa charge. Il est d'abord défenseur suprême de l'islam sunnite (orthodoxe), protecteur des villes et des lieux saints de l'empire et gardien du califat islamique qui, grâce à l'intervention des Mamelouks, a été rétabli au Caire en 659/1261 après la chute de Bagdad prise par les Mongols trois ans plus tôt.","quote":"“Le sultan mamelouk est le protecteur suprême de l'islam, le commandeur en chef, le chef de l'État et le principal mécène des arts.”"},"6ff61f8d-0983-5aa2-8637-2151608072f9":{"title":"L’art mudéjar populaire et religieux","description":"Une caractéristique du mudéjar populaire et religieux portugais : certains éléments décoratifs comme les merlons et les pinacles sont intégrés aux structures du gothique, qui ont coexisté avec les toitures à faux-entraits, *apeinazadas* et ornées d’entrelacs en étoiles ou de petites croix à forte polychromie, ou avec des plafonds plats de type *alfarje*, utilisés dans les chœurs et également ornées d’entrelacs en étoiles à huit et seize branches.","quote":"Le mudéjar portugais"},"70023ae2-4372-56e7-b249-dd9a30a1f9db":{"title":"Les céramiques abbassides","description":"Au début de la période abbasside, les souverains et la cour, épris de luxe, mènent une vie raffinée. Ils soutiennent les innovations dans le domaine de la céramique, en particulier la mise au point et la fabrication d'objets décorés au lustre. Lorsqu'un tremblement de terre endommage la Grande Mosquée de Kairouan en 247/862, le calife al-Moustaïn envoie 139 carreaux carrés peints au lustre pour la rénovation du *mihrab*, accompagnés par un artisan carreleur de Bagdad pour en fabriquer sur place. Il fait également don d'argent, de panneaux de marbre et de teck pour un nouveau *minbar*. En 338/950, le géographe arabe Ibn Hawqal, visitant la Tunisie, loua la beauté des céramiques lustrées de fabrication locale, qu'il jugeait comparable à celles faites en Irak.","quote":"*“Le calife al-Moustaïn envoya 139 carreaux carrés peints au lustre pour la rénovation du* mihrab*.”*"},"710d70c6-b797-5eef-a871-46a1465067fa":{"title":"Le système mamelouk","description":"Les Mamelouks du sultan ayyoubide Najm al-Din (637-647/1240-1249) étaient entraînés et cantonnés dans des casernes sur l'île de Rawda sur le Nil. Le mot arabe désignant une grande rivière, *al-bahr*, est à l'origine de la dénomination de ce corps d'élite, *al-Bahriyya*, les Bahrides. À la mort du sultan, l'un des plus éminents commandants, Baybars Ier al-Bunduqdari (r. 658-676/1260-1277), profita de la vacance du pouvoir pour imposer les Bahrides ; après avoir chassé les Mongols en 658/1260, il s'affirma comme le premier grand sultan mamelouk d'un empire en pleine expansion. Les Mamelouks bahrides restèrent au pouvoir jusqu'en 784/1382, date à laquelle ils durent le céder à une autre faction mamelouke, *al-Burjiyya*, les Burguides, ainsi nommés d'après la tour (*al-burj*, dans la citadelle du Caire) où ils étaient en garnison.","quote":"“L'un des plus éminents commandants, Baybars, s'imposa comme le premier grand sultan mamelouk.”"},"7200b864-706c-5b6f-b1a4-7bcfad4e72c5":{"title":"La calligraphie monumentale","description":"En architecture, les inscriptions calligraphiques jouent deux rôles principaux : dans un contexte religieux, elles affirment l'autorité de l'islam et dans celui de la politique, elles contribuent à l'instauration d'un État nouveau selon l'éthique religieuse. À partir du IIIe/IXe siècle, ces inscriptions se répandent dans le monde islamique où elles parachèvent et expliquent la fondation des bâtiments. Des versets coraniques, des prières et des louanges à Dieu ainsi que les dates de construction et l'indication du nom du mécène apparaissent sur les mosquées et autres établissements religieux à destination de la postérité, et peut-être pour des raisons pieuses ou politiques. Sur les bâtiments civils, la date de la construction et d'autres informations sur l'architecte et les artisans ayant participé au chantier peuvent également être présentes, mais les inscriptions qui évoquent un calife, un souverain ou un riche bienfaiteur prennent une importance particulière car elles ont aussi pour but de souligner le pouvoir et la bienveillance du mécène. Toute une variété de styles calligraphiques se développe pour des raisons parfois purement esthétiques. La lisibilité de ces inscriptions reste cependant un critère aussi important que leur beauté.","quote":"“Toute une variété de styles calligraphiques se développe aussi pour des raisons purement esthétiques.”"},"72236f27-2ff3-5d56-a623-02606a2fa355":{"title":"Flore et arabesques : visions de l’éternité et de l’unité divine"},"7458975b-fc3b-5c26-8fde-fb0c9b93214e":{"title":"L'art turco-islamique de l'Anatolie pré-ottomane"},"746b43e3-b5fd-5bfd-8ecf-f3e9560860b0":{"title":"Espaces du pouvoir : les constructions palatiales","description":"À l'intérieur de ces ensembles palatins, les espaces étaient distribués de façon hiérarchique, qu'ils fussent privés ou publics. Parmi les premiers se trouvait la résidence royale, située dans la partie la plus centrale et la plus inaccessible de l'enceinte et destinée à loger la nombreuse famille du souverain. Elle était organisée en unités résidentielles autour de cours à portiques, d'où l'on accédait aux appartements privés. Parmi ces derniers se remarquait toujours une pièce principale à chambres latérales, toutes richement meublées et décorées pour recevoir les alliés les plus proches et célébrer des fêtes à caractère intime.","quote":"**Les espaces privés du palais**"},"74c72f22-8df4-5152-a841-ae72115354c3":{"title":"Égypte","description":"L'intérêt ottoman pour l'art européen, et plus particulièrement pour le baroque et le rococo, commence à se manifester au XVIIe siècle. Les sultans ottomans souhaitent introduire des éléments européens dans les arts décoratifs et dans les arts mineurs, ainsi que dans les édifices architecturaux comme les mosquées et les palais. Le style occidental se fait plus prégnant en Égypte et ailleurs aux XVIIIe et XIXe siècles car les Ottomans font appel à des architectes, des constructeurs et des décorateurs européens, dont les réalisations – édifices et décors confondus – sont splendidement inspirées du baroque et du rococo, et qui privilégient les spirales et les courbes plutôt que les angles droits. Les corniches en projection formées de feuilles d'acanthe remplacent les *mouqarnas* islamiques dans certaines mosquées, palais et *sabil* (fontaines publiques). Les normes du baroque et du rococo ne tardent pas à s'implanter en Égypte, à l'époque province de l'Empire ottoman. L'expédition française en Égypte en 1798-1801contribue encore à la diffusion des influences occidentales, et c'est dans la capitale, Le Caire, qu'elles sont le plus sensibles.","quote":"“Les normes du baroque et du rococo ne tardent pas à s'implanter en Égypte, à l'époque province de l'Empire ottoman.”"},"74e405d2-4d5c-563a-85b7-bcbf5812982e":{"title":"Les céramiques abbassides","description":"Avec l'expansion de l'empire abbasside de l'Afghanistan à l'Algérie, les productions régionales de céramique sont influencées par des techniques, des dessins et des motifs venus de divers horizons du monde musulman et qui enrichissent la variété des modèles, décors et styles déjà existants. Si les céramiques de luxe de l'orient de l'empire présentent des polychromies ou monochromies voyantes, la production nord-africaine, en particulier ifriqiyenne, est plus sobre. À côté de la céramique lustrée, on trouve beaucoup de pièces monochromes ou polychromes vernissées à inscriptions. De façon générale, les pièces utilitaires ne sont pas vernies et sont moins décorées. Néanmoins, toutes partagent des qualités typiquement islamiques.","quote":"*“Les productions régionales de céramique sont influencées par des techniques, des dessins et des motifs venus de divers horizons du monde musulman.”*"},"75215c23-1bf5-590c-8e80-8ff32da4e273":{"title":"Guerre et cavalerie","description":"Le cheval est le moyen de transport essentiel pendant cette période, mais il est tout aussi indispensable sur le champ de bataille. La plupart des chevaux des armées viennent d'Asie centrale, amenés par des guerriers turcs dont les talents de cavaliers jouèrent un rôle essentiel dans les succès des armées de Nour al-Din et de Saladin. Une célèbre technique de combat des Turcs consiste à charger l'ennemi et à se détourner au dernier moment en tirant leurs flèches. Cette tactique, appuyée sur leur rapidité et leur comportement équestre, leur assurera un énorme avantage contre les Croisés.","quote":"“La plupart des chevaux prisés par les armées viennent d'Asie centrale, amenés par des guerriers turcs.”"},"754c7cda-4d25-5730-9b40-d05583d87eb1":{"title":"Science et savoir","description":"L'enseignement commençait par l'apprentissage de la lecture, de l'écriture, la récitation du Coran et l'étude des hadiths ou paroles du Prophète. Dans la mesure où les livres étaient rares, la transmission du savoir était basée sur la mémorisation de la parole. C'est pourquoi la maîtrise de l'écriture fut considérée comme l'art le plus nécessaire et le plus fondamental, étant donné qu'il permettait de transmettre les connaissances et la religion aux générations suivantes.","quote":"L’enseignement religieux : les copistes du Coran"},"75d461b2-226f-594c-ab20-e9b5b2e58ad5":{"title":"L'art turco-islamique de l'Anatolie pré-ottomane","description":"La puissance seldjoukide s'effondre devant les invasions mongoles. Les émirats anatoliens qui naissent de cet éclatement reprennent l'approche artistique des Seldjoukides. L'un de ces émirats, celui des Ottomans, élabore un nouveau style artistique issu de l'art seldjoukide.","quote":"“Les émirats anatoliens développent une nouvelle approche artistique à partir de celle des Seldjoukides.”"},"7692a7a1-79fd-59fc-afcb-e772f94cb93c":{"title":"Art des Croisés"},"775f0070-0222-53d3-a4ee-8bfa38c6cb2f":{"title":"La mosquée, espace de prière","description":"La mosquée n'est pas un temple ou “maison de Dieu”, et aucun acte liturgique ne s'y déroule. C'est un espace dévolu à la prière et à la méditation, et c'est aussi un lieu de réunion. La mosquée est le lieu où les fidèles se rassemblent pour accomplir en commun les prières rituelles et obligatoires, même si l'on peut également prier en privé. Le croyant prie tourné en direction de la *qibla*, en faisant les révérences prescrites et en récitant les textes du Coran. \nLa mosquée est aussi un centre d'orientation et d'enseignement. Au cours de la prière du vendredi, pendant le prêche hebdomadaire, l'imam développe depuis le *minbar* un thème religieux spécifique ; ensuite, en dehors des heures de prière, les érudits peuvent donner des conférences théologiques et scientifiques.","quote":"La salle de prière"},"79a58714-659c-5509-a4f9-b9359b2829ae":{"title":"La décoration géométrique en architecture"},"79e2b8e9-7cfa-5332-82b0-542b14234df5":{"title":"Cérémonial et divertissements à la cour"},"7b2c2d23-dc2f-50d9-92cf-f23ca9c8f4ce":{"title":"L’ouverture sur le monde : contacts diplomatiques et commerce international","description":"La verrerie – et en particulier les lampes de mosquées qui forment une part significative de la production – va devenir l'une des plus brillantes réussites de l'art mamelouk. L'Égypte est tout aussi réputée pour la production et l'exportation de textiles, dont des soies tissées et des cotons imprimés. Des ateliers de poterie sort une gamme séduisante d'objets de qualité, certains imitant le céladon et les porcelaines chinoises en bleu et blanc. Par un complexe assemblage de motifs géométriques étoilés incrustés, les menuisiers embellissent les éléments de décoration architecturale, le mobilier et même les cénotaphes.","quote":"“L'Égypte mamelouke est réputée pour ses textiles comme les soies tissées et les cotons imprimés.”"},"7b34bf1e-80fc-5383-9afd-d561a9cf1a76":{"title":"Monuments","description":"L'architecture omeyyade correspond à la naissance de la première tradition architecturale islamique. Elle adapte des éléments issus de vocabulaires architecturaux antérieurs, comme ceux des Sassanides et de Byzance, aux besoins et aspirations du jeune État islamique. \n \nLes Omeyyades utilisent beaucoup la pierre, puisque ce matériau abonde en Grande Syrie où sont situés la plupart de leurs bâtiments encore debout. La brique est également très présente, souvent en combinaison avec la pierre. La mosaïque est fréquemment utilisée dans le parement des murs et des sols. Le stuc, matériau d'habillage des surfaces, se répand particulièrement à la fin de la période. Quant au bois, il est surtout présent dans les toitures et les coupoles, mais aussi dans la décoration, par exemple dans les portes et lambris. Des éléments romains et byzantins de remploi, comme des fûts et des chapiteaux de colonnes, sont souvent intégrés dans les constructions de la période omeyyade. \n \nLe plan de la mosquée hypostyle, que l'on fait remonter à celui de la maison et de la mosquée du prophète Muhammad à Médine, a servi de modèle pendant la période des “califes bien guidés”. Ce plan typique des mosquées omeyyades continuera à prédominer dans un certain nombre de traditions architecturales islamiques ultérieures. Il se compose habituellement d'une salle à colonnes réparties sur une trame orthogonale et possède une cour adjacente entourée d'une colonnade. Dans certains cas, il intègre une nef centrale conduisant au *mihrab*, rappel de celui des basiliques byzantines. Le minaret (généralement de section carrée), le *mihrab* et le *minbar* font leur première apparition dans l'architecture religieuse de la période. Une coupole de dimensions relativement modestes apparaît également au-dessus de la zone qui précède le *mihrab* . L'arc omeyyade est essentiellement en forme de berceau, même si l'arc brisé, qui prédominera plus tard, fait une apparition limitée. \n \nLes palais omeyyades sont souvent édifiés autour d'une cour centrale. Les plus vastes présentent une succession d'appartements autour de celle-ci, mais parfois aussi disposés autour de cours plus petites. Un certain nombre de complexes palatiaux incluent une mosquée et un hammam. \n \nLes motifs décoratifs végétaux – naturalistes et stylisés – ou géométriques sont courants et exécutés dans divers matériaux dont la mosaïque, le stuc et la pierre. Des représentations de bâtiments et de scènes pastorales sont à noter dans les bâtiments religieux. Les bâtiments civils s'ornent de peintures ou de sculptures de personnages et d'animaux. Plus importante, cependant, est l'introduction dans les programmes décoratifs de la calligraphie sous forme de versets et de dédicaces, qui deviendra bientôt une caractéristique dominante de la quasi-totalité des traditions architecturales islamiques. \n \nDes éléments comme le plan de la mosquée hypostyle indiquent une continuité avec les traditions islamiques pré-omeyyades. Par ailleurs, l'architecture omeyyade témoigne d'influences de modèles byzantins, notamment au début de la période. C'est particulièrement évident dans l'intégration de décors en pierre et en mosaïque et de motifs d'esprit classique. À la fin de la période omeyyade, certains modèles issus des Sassanides d'Iran se répandent de plus en plus, comme l'utilisation de la brique comme matériau constructif ou décoratif, et les éléments décoratifs en stuc."},"7b8e8ebb-749c-5252-9649-7f18a8830f7b":{"title":"La céramique mudéjare","description":"La première céramique mudéjare est une imitation directe de la céramique nasride, au point qu’il est parfois difficile de différencier certains exemplaires. Les parentés portent aussi bien sur la technique (céramique dorée et bleu de cobalt) et le décor (palmes, tiges, palmettes, bourgeons) que sur les formes des pièces nasrides, même si nombre d’entre elles étaient de luxueuses pièces uniques, alors que les pièces mudéjares étaient réalisées pour satisfaire une clientèle plus nombreuse et plus large. Plus tard, contraints de s’adapter au goût de leurs nouveaux clients, les potiers mudéjars durent renouveler leur répertoire de formes, y incorporer des éléments gothiques et renaissants et adopter l’iconographie chrétienne.","quote":"On imite aussi bien la technique et le décor que les formes des pièces nasrides."},"7bb30298-992c-56ba-a331-b96f90384fbb":{"title":"La Sicile chrétienne et la culture figurative islamique : préexistences et continuités","description":"Paradoxalement, c’est bien le règne chrétien des Normands qui a laissé en Sicile certains des plus précieux témoignages d’art islamique (avec des apports d’éléments classiques, byzantins et iraniens) présents dans le bassin méditerranéen. Au lieu d’entrer en conflit avec ses prédécesseurs, la nouvelle dynastie en assimile savamment la culture et les habitudes ; mais, plutôt que de se tourner vers le passé, elle se confronte directement à ce que le monde islamique de l’époque pouvait offrir de cette culture raffinée : le dialogue avec ce monde ne se limite pas à celui avec les musulmans restés sur l’île, mais s’exprime surtout à travers les relations entre la cour normande et le califat fatimide du Caire. En témoignent les relations diplomatiques et commerciales, et même les échanges de cadeaux (par exemple entre le calife al-Hafiz et Roger II). Il est très probable qu’une partie de la main-d’œuvre employée sur les chantiers royaux normands ait été justement d’origine égyptienne.","quote":"Paradoxalement, c’est le règne chrétien des Normands qui a laissé en Sicile certains des plus précieux témoignages d’art islamique présents dans le monde méditerranéen."},"7ca8b514-16be-5930-b8ed-1c96b7324e76":{"title":"Les femmes musulmanes comme mécènes","description":"Les musulmanes apportèrent un soutien généreux à l'amélioration intérieure des bâtiments religieux, par exemple dans la fourniture de superbes corans et de mobilier de mosquée de grande qualité. L'un des exemples les plus admirables en est la niche de prière en teck incrusté d'un travail très élaboré commanditée par l'épouse du calife fatimide al-Amir bi-Ahkam Allah en 527/1133 pour le mausolée de Sayyida Ruqayya. Un certain nombre de manuscrits coraniques commandités par les princesses zirides étaient destinés à la Grande Mosquée de Kairouan, dont le coran d'Oum Milal et celui d'Oum al-'Ilu, sœur du prince ziride al-Mouiz ibn Badis. Un troisième manuscrit fut offert par Fatima, gouvernante du prince Badis ibn al-Mansour.","quote":"*“Les musulmanes apportèrent un soutien généreux à l'amélioration intérieure des bâtiments religieux.”*"},"7d659fcb-96c1-59dd-8424-245eaf39b9cd":{"title":"L’art hispano-maghrébin","description":"Ce sont deux étapes d’un même art qui trouve son fondement dans le rigorisme religieux, originaire du Maghreb et qui, en s’imposant en al-Andalus, a conféré leur unité aux manifestations artistiques des deux côtés du détroit de Gibraltar. D’abord d’une grande austérité, il évolua vers une plus grande sophistication sous l’influence de l’art andalou préexistant.","quote":"Almoravides et Almohades: un art hispano-maghrébin"},"7dc9303d-b5b2-5fef-b408-8178d88f89d2":{"title":"Habitat et vie domestique","description":"Dans la maison musulmane, les femmes s'occupaient de leurs enfants et assumaient les tâches liées à la nourriture. Elles entreposaient l'eau dans de grandes jarres pour l'extraire au fur et à mesure des besoins. Dans ces récipients, elles stockaient également l'huile et le grain, et dans d'autres, plus petits, les conserves de poissons, de viande et de fruits. Elles transformaient le lait en ses dérivés, elles préparaient les aliments selon des recettes traditionnelles et faisaient cuire dans l'âtre, alimenté avec du charbon végétal. Pour la présentation et la consommation des plats, elles utilisaient la vaisselle de table, spécialement pour les fêtes familiales, à l'occasion desquelles elles déployaient tout leur savoir-faire culinaire.","quote":"La vie domestique : activités féminines pour le bien-être familial"},"7e1dd92e-fca9-5d89-aaaf-7b9903fb14af":{"title":"La vie quotidienne dans le sultanat mamelouk","description":"Dans la hiérarchie sociale du sultanat mamelouk, les Mamelouks forment une élite qui vit relativement isolée des populations rurales et urbaines. La société de l'époque est étonnamment hétérogène sur le plan ethnique, religieux et même linguistique. En dehors des Mamelouks d'origine étrangère, souvent en grande partie turque ou caucasienne, l'Égypte est peuplée de communautés de natifs égyptiens et arabes, d'Arméniens, de Syriens et de Grecs. On ne sait malheureusement que peu de chose de la vie du peuple dans l'empire mamelouk car les sources historiques de la période tendent à se concentrer sur les hauts faits des sultans et de leur entourage.","quote":"“La société est étonnamment hétérogène sur le plan ethnique, religieux et même linguistique.”"},"7e85c07a-48f2-5fc5-b04e-c0bb4eaed801":{"title":"Pèlerinage en Terre sainte"},"7eda07a3-0574-54d9-a9c2-bbccf25adcc1":{"title":"Gestion de l’eau","description":"La connaissance approfondie des sciences et de l'ingénierie était très demandée mais peu répandue, alors qu'elle était essentielle pour jauger, estimer, améliorer et entretenir les systèmes de distribution de l'eau. Le devoir de tout bon gouverneur musulman était de faire une sorte qu'un expert fût trouvé et que le candidat choisi connût les mathématiques, la physique, la géométrie, l'astronomie (pour la prévision du temps et les calendriers), ainsi que l'art du paysage.","quote":"“Le devoir de tout bon gouverneur musulman était de s'assurer qu'un expert compétent était employé à ce poste.”"},"7f42af49-7560-50da-88eb-23e32df201f3":{"title":"La quête de la baraka – le pèlerinage à Jérusalem et en Palestine","description":"Bien que le pèlerinage islamique soit centré sur les villes saintes de La Mecque et de Médine en Arabie saoudite, la Palestine et Jérusalem en particulier ont toujours représenté une destination essentielle pour les pèlerins musulmans. Jérusalem (al-Qods) est la troisième ville sainte de l'islam. Allah lui-même accorda sa bénédiction à la cité et la nomma première *qibla* de l'islam, signifiant par là que c'était Jérusalem, et non La Mecque, qui était le centre géographique et spirituel des musulmans. C'est donc tourné vers Jérusalem que l'on prononçait les prières pendant les premières années de l'Hégire.","quote":"“La Palestine, et Jérusalem en particulier, ont toujours représenté une destination essentielle pour les pèlerins musulmans.”"},"7f51c07a-1225-5789-b81c-1f76126498a2":{"title":"Espaces du pouvoir : les constructions palatiales","description":"À l'intérieur de l'ensemble, le palais était la zone de représentation proprement dite, scène de l'exercice du pouvoir lorsque, en audience publique, le souverain rendait la justice ou recevait, selon un protocole rigide, le personnel administratif ou les ambassadeurs. Il était constitué d'espaces monumentaux et somptueux, de grands et riches salons autour de patios jardinés qui définissaient les ensembles fonctionnels particuliers. Pour accéder à cette zone, le parcours était long et compliqué, non seulement par mesure de précaution, mais aussi pour symboliser le caractère inaccessible du pouvoir.","quote":"**Le palais, scène du pouvoir royal**"},"7fc6e76a-c529-5929-9940-9de5218a34cb":{"title":"Représentation animale","description":"Si l'exclusion virtuelle des représentations humaines et animales dans un contexte religieux est systématique et délibérée, dans toutes les autres sphères, des animaux réels ou mythiques occupent un rôle important. Les oiseaux et animaux à cornes, dragons et griffons dominent, mais les animaux de trait ou de labour apparaissent occasionnellement, évocation de la culture populaire.","quote":"“Les animaux réels ou mythiques tiennent une place importante dans l'art islamique.”"},"7fdb8cb0-22ea-566f-a81b-259013b7d4a3":{"title":"Habitat et vie domestique"},"804d4535-4e46-51c6-8a4c-6dcc2261f2d1":{"title":"L’eau et la vie quotidienne"},"80b0b3fa-f2d0-572d-870a-09008ef28789":{"title":"Réformes administratives","description":"Une politique de centralisation administrative et politique se met en place au cours du califat d'Abd al-Malik bin Marwan (r. 65-86/685-705). La frappe de pièces de monnaie arabes se développe pour remplacer les pièces de type arabo-byzantin et arabo-sassanide utilisées jusqu'alors.","quote":"“La frappe de pièces de monnaie arabes se développe pour remplacer les types arabo-byzantins et arabo-sassanides.”"},"80c86561-0d18-5f9a-a5fe-bce7f608b2e2":{"title":"Les vêtements et les bijoux des femmes musulmanes","description":"En Égypte, l'habillement féminin pouvait comprendre l'*izar*, un morceau de tissu drapé autour du torse et du ventre, et le *mi'zar*, porté autour de la taille au-dessus du vêtement. Le *jubah* se portait en superposition, fermé sur la poitrine et ouvert au niveau de la jupe. Les chemises de différentes longueurs étaient en lin ou en coton, la largeur de leurs manches étant un signe de richesse. Enfin, le *chimla* recouvrait la totalité du corps. D'autres pays avaient adopté des conventions différentes qui offraient un vaste choix, aussi bien pour le corps que pour la tête. On portait le turban mais aussi d'autres styles de coiffure et divers types de foulards ou de mouchoirs.","quote":"“D'autres pays avaient adopté des conventions différentes qui offraient un vaste choix aussi bien pour le corps que pour la tête.”"},"81a769fe-d87f-5009-a3e9-568e47eae420":{"title":"Mosquées et palais"},"82d1ab69-c61e-55a9-920a-bf67ddfb6bda":{"title":"L’Occident musulman","description":"Bien que fortement intégré à l’ensemble de la civilisation musulmane, l’Occident islamique, de l’Atlantique au détroit de Sicile, a toujours conservé une indéniable spécificité.","extra":{"credits":"Curators & authors \nCarmen ALONSO-RODRIGUEZ, Madrid \nMaria da Conceição AMARAL, Silves \nGaspar ARANDA, Madrid \nHouria CHERID, Algiers \nLakhdar DRIAS, Argel \nNaima ELKHATIB-BOUJIBAR, Casablanca \nÁngela FRANCO, Madrid \nÁngela GARCIA-BLANCO, Madrid \nSusana GOMEZ, Mertola \nTaha KHECHINE, Kairouan \nKamal LAKHDAR, Rabat \nSantiago MACIAS, Mertola \nMohamed MEZZINE, Fez \nMargarita SANCHEZ-LLORENTE, Madrid \nClaudio TORRES, Mertola \n \nCoordination \nMiguel GARCIA, Madrid \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Au cours de leur expansion vers l’ouest depuis de Moyen-Orient, les musulmans ont envahi les territoires qui constituent aujourd’hui la Tunisie, l’Algérie et le Maroc (qu’ils appelèrent Maghreb), l’Espagne et le Portugal (al-Andalus) ; dans toutes ces régions, l’islamisation fut un processus complexe, qui se greffa et se développa sur des traditions urbaines existantes, impulsant ce faisant un nouvel essor aux villes du IXe siècle. Sans exclure des affrontements sporadiques, ces traditions fournirent le terreau de la coexistence entre Arabes et populations autochtones, et entre communautés religieuses (musulmans, chrétiens et juifs) – une coexistence largement favorisée par l’activité commerçante et la tolérance religieuse. \nD’abord subordonnés au califat, les émirats prirent peu à peu leur indépendance. Se succédèrent alors des dynasties locales (Idrissides, Omeyyades d’al-Andalus, Zirides, Hammadides, Almohades, etc.) qui, pour s’affirmer, entreprirent de rivaliser avec les califes orientaux dans tous les domaines : construction de leurs propres édifices palatiaux, armée, ostentation des attributs et signes du pouvoir, défense et contrôle absolu du territoire sous leur domination. \nBien que fortement intégré à l’ensemble de la civilisation musulmane, l’Occident islamique, de l’Atlantique au détroit de Sicile, a toujours conservé une indéniable spécificité, reflétée notamment dans les nouveautés architecturales et décoratives d’origine orientale, qui évoluèrent en al-Andalus et au Maghreb jusqu’à engendrer un art nettement caractéristique de cette région de l’Islam. 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Avec le temps, les fonctionnaires et les soldats se mêlent à la vie locale, se mariant parfois sur place, et donnent naissance à une nouvelle classe, *Kuloğlu*, en particulier au Maghreb. Mais dans ces régions, les plus éloignées de l'empire, l'influence d'al-Andalus est notable.","quote":"“Dans les régions les plus éloignées de l'empire, l'influence d'al-Andalus est notable.”"},"83fcd46d-b7fd-5e22-8abd-08f76c9613a8":{"title":"L’eau et la vie quotidienne","description":"À partir du VIe/XIIe siècle, la ville marocaine de Fès est alimentée en eau par des fontaines publiques, les *seqqaya*. Leur forme est restée identique au cours des siècles. Dans une niche sous arc brisé aménagée dans l'épaisseur d'un mur et ornée de zelliges (petits carreaux de faïence vernissée), l'eau tombe de robinets dans une vasque.","quote":"*“La ville marocaine de Fès était alimentée en eau par des fontaines publiques appelées* seqqaya*.”*"},"84a22b47-284c-5dd3-8bd8-63874c62d17e":{"title":"La cour","description":"Outre l'ostentation de la richesse, la cour se distinguait aussi par un mode de vie élégant et protocolaire, pratiquant notamment l'échange de somptueux cadeaux avec les proches ou les ambassadeurs et dignitaires étrangers. Devenus expression du pouvoir souverain, certains de ces présents furent un formidable instrument de propagande, comme le prouvent les dédicaces et les symboles de l'iconographie qui les décorent. \nLa demande de produits somptuaires de la part de la cour a entraîné la création d'ateliers royaux et, dans les villes, le développement de manufactures de luxe également consacrées au commerce.","quote":"Les boîtes en ivoire, un cadeau d’une valeur exceptionnelle"},"8677fa0d-83e5-5593-b69a-342224da5957":{"title":"Science et savoir","description":"L'objectif fondamental de l'astronomie était de prédire la position des planètes à partir des données de l'observation. Les astronomes musulmans mirent au point un instrument spécifique pour observer les hauteurs, le mouvement et la position des astres par rapport à la Terre : l'astrolabe. \nCet instrument était aussi utilisé pour la navigation et s'avéra très utile pour s'orienter et calculer la latitude si l'on connaissait l'heure – ou, à l'inverse, pour connaître l'heure si l'on connaissait la latitude.","quote":"Technologie scientifique : l’astrolabe"},"87981465-ac17-588c-98d9-d4f2d4298bdc":{"title":"Les Normands en Sicile","description":"Le royaume normand de Sicile hérite des Arabes un patrimoine culturel et une civilisation qui, s’intégrant au maillage de la culture gréco-latine et byzantine, permettront l’éclosion de la Renaissance italienne.","extra":{"credits":"Curators & authors \nRita BERNINI, Rome \nPier Paolo RACIOPPI, Rome \nEttore SESSA, Palermo \nPaola TORRE, Rome \n \nCoordination \nIrene SALERNO, Rome \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Occupée à partir de 827 par les armées de l’émir de Kairouan, la Sicile sera, jusqu’en 1061, l’un des territoires du Dar al-Islam. Néanmoins, dans la partie orientale de l’île, où existe une solide culture gréco-byzantine, il reste, jusqu’en 965, d’irréductibles poches de résistance. \n \nMalgré l’immigration limitée de populations venues de l’espace maghrébin, de la péninsule Ibérique, d’Égypte et du Moyen-Orient, l’organisation de la société islamique s’affirme et se diffuse rapidement. Durant ces deux siècles de présence arabe, la loi coranique garantit, non sans discriminations, la pratique de la religion chrétienne. \n \nEn 1061, guidés par la famille des Hauteville, les Normands débarquent dans l’île à partir de leurs bases du sud de l’Italie. En 1094, Roger Ier institue le comté de Sicile, dont hérite son fils Roger II qui, en 1130, fonde le Royaume de Sicile. Ses successeurs, Guillaume Ier et Guillaume II, poursuivent sa politique et s’opposent aux musulmans, à Byzance et au Saint Empire romain avant d’être supplantés, en 1194, par la dynastie souabe. \n \nComme durant la période de domination arabe, les communautés chrétienne et musulmane cohabitent, garantissant ainsi la persistance d’usages et de rituels sociaux de la période islamique ; celle-ci, par ailleurs, reste présente à travers la réutilisation, par la nouvelle communauté chrétienne, de lieux et d’édifices instaurés par les dynasties précédentes. \n \nCes formes de continuité culturelle sont renforcées par les relations politiques entre les Normands et le monde islamique de l’époque. \n \nL’une des formes les plus emblématiques de la permanence de ces relations est justement, une fois instituée la couronne de Sicile, la volonté affirmée de la dynastie normande de refonder la culture artistique sicilienne, en utilisant largement des modèles issus de la culture islamique : ceux-ci sont savamment greffés sur les modèles préexistants, modestes formes artistiques et architecturales arabo-sicules et de dérivation byzantine. \n \nLe résultat de cette opération est un syncrétisme actif et dynamique, qui fait de la production siculo-normande l’une des plus originales parmi les cultures artistiques de la Méditerranée et de l’Europe médiévale.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/siculo_norman/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/25/portal_image/1.jpg","display_order":16}}},"89e7d33e-fcb7-5aa7-9d7f-b32dc0373d7c":{"title":"Coexistence des trois cultures","description":"Parfois pour leur valeur historique, d'autres fois parce qu'ils pouvaient être réutilisés, ou tout simplement pour leur valeur matérielle, nombre d'objets liés au culte mais appartenant à une autre religion ont été conservés par les institutions religieuses ; ils nous permettent de mieux connaître le patrimoine et les différentes cultures de l'histoire de l'Occident musulman.","quote":"Les institutions religieuses, conservatoire du patrimoine"},"8aaef163-92d1-584e-b208-20da9b7fd02e":{"title":"Écoles de calligraphie","description":"Divers styles calligraphiques apparaissent à différentes périodes, influencés par le contexte social régional. Dans les provinces occidentales – le Maghreb et al-Andalus –, un style d'écriture dit *maghribi* est mis au point, influencé par l'héritage berbère de la région. Dans la Sicile multiculturelle, les Normands font réaliser des inscriptions multilingues, y compris en arabe, pour commémorer divers événements et en conserver une trace.","quote":"“Dans les provinces occidentales – le Maghreb et al-Andalus –, un style d'écriture dit maghribi est mis au point.”"},"8b0e746f-e8de-560d-b25c-4bf6ebf52fe3":{"title":"Les femmes musulmanes comme mécènes"},"8b2c362e-437e-54a1-8dd6-250b89aa0eb5":{"title":"Explore Islamic Art Collections"},"8b555882-9559-52d8-ae93-cfbbd27f9bfe":{"title":"Plaisirs et festivités à la cour"},"8ba9ac70-d9d1-566c-a0f5-e8b951a601fd":{"title":"Mosquées et palais","description":"Dans toutes les provinces fatimides, l'intérieur et le mobilier des mosquées sont richement ornés d'élégantes inscriptions religieuses et de compositions d'arabesques. La commandite royale garantit une exécution de très haut niveau – et permet que les convictions religieuses et idéologiques soient illustrées par des moyens artistiques.","quote":"“Grâce à la commandite royale, les convictions religieuses et idéologiques de la dynastie s'expriment par des moyens artistiques.”"},"8c63340a-4f5b-5eea-b058-3a168de8b461":{"title":"L’art mudéjar populaire et religieux","description":"À côté de l’art mudéjar aristocratique et civil existait un art mudéjar populaire et religieux, que l’on peut voir dans les édifices de culte utilisés par le peuple, comme les églises paroissiales, les couvents et les monastères. Dans le mudéjar religieux se produit une intégration d’éléments constructifs et décoratifs musulmans aux styles roman et gothique. C’est ainsi, par exemple, que la brique a remplacé la pierre comme matériau de construction, et que les plafonds de bois ont remplacé les couvertures voûtées. Par ailleurs, et sans compter d’autres caractéristiques générales, le mudéjar présente des différences régionales qui correspondent aux différents moments auxquels les régions furent conquises par les rois chrétiens.","quote":"Le mudéjar castillano-léonais: un “roman de brique”"},"8c88e6e2-52cb-52db-ae22-4a2afe00294d":{"title":"La décoration géométrique dans les textiles","description":"Les textiles aussi font appel à l'écriture comme motif décoratif, notamment l'écriture coufique, pour sa calligraphie rectiligne et anguleuse, aux traits géométriques. Elle occupe généralement la surface des tissus sous forme de bandeaux, mais elle s'adapte également aux divers motifs géométriques ; à l'inverse, les espaces intérieurs des lettres sont meublés de traits géométriques. Les inscriptions sur les tissus indiquent leur provenance, proclament des éloges à Allah et aux souverains ou reproduisent des sourates coraniques et des poèmes.","quote":"“L'écriture occupe la surface des tissus sous forme de bandes.”"},"8d1948a8-5d3f-58f4-be9a-e443a4b2078b":{"title":"Science et savoir","description":"Les connaissances scientifiques musulmanes finirent par devenir les plus développées du monde. Après la conquête des empires byzantin et sassanide, l'accès à leurs bibliothèques permit aux musulmans de traduire et de découvrir toute l'érudition de l'Antiquité classique et orientale contenue dans leurs ouvrages, et donc de progresser dans toutes les sciences, sans oublier les études religieuses, fondement de la connaissance scientifique.","quote":"La *madrasa*, centre d'enseignement supérieur"},"8d71ce09-ebae-530f-ab2a-0c71746f1822":{"title":"Les communautés islamisées avant et après la conquête normande."},"8fb7d82f-7aa1-51a8-a1b6-61a100dee9f6":{"title":"Le langage visuel du pouvoir"},"8fc8d244-2d43-5bf9-99f7-fd9e84dcf3eb":{"title":"Jordanie","description":"L'histoire de la Jordanie à l'époque ottomane se centre autour de trois pôles principaux : l'administration, les forteresses ou citadelles et étapes du *hadjdj*, le chemin de fer du Hedjaz. Le système administratif de Jordanie, surtout pendant la seconde phase du règne ottoman (1864-1918), consiste en deux principales régions géographiques : Ajloun et Irbid au nord, Salt, Kérak, Maan et Tafileh au sud. Toutes sont placées sous la juridiction du gouverneur de Syrie, la plus haute autorité du Bilad al-Cham. En 1878, les Ottomans introduisent dans les régions arabes des migrants circassiens qui établissent en Jordanie de nouveaux villages et de nouvelles villes influencés par différentes cultures.","quote":"“L'histoire de la Jordanie à l'époque ottomane se centre autour de trois pôles principaux : l'administration, les forts et étapes du *hadjdj*, le chemin de fer du Hedjaz.”"},"906067fa-11f7-54b0-a094-74a0bbde97ff":{"title":"Le Caire, Damas et Jérusalem, centres de la vie intellectuelle mamelouke","description":"Siège du califat, c'est au Caire que culminent les efforts en faveur de l'enseignement et de la vie intellectuelle islamiques. Ses institutions religieuses, comme l'université al-Azhar et le complexe du sultan Hassan, reçoivent de généreux *waqf* du sultan et de ses hauts dignitaires pour contribuer à la fois aux études sunnites et à celle des sciences, en particulier de la médecine. Ainsi le *bimaristan* (hôpital) modèle du sultan Qalawun au Caire, édifié en 683/1284, dispense des enseignements dans divers domaines comme la chirurgie et l'ophtalmologie, tout en disposant de 100 lits pour les malades, d'une bibliothèque générale et d'une pharmacie.","quote":"*“Le* bimaristan *du sultan Qalawun dispense des enseignements dans divers domaines comme la chirurgie et l'ophtalmologie.”*"},"91a64bcb-07fa-5fe8-a772-1643e67fe98b":{"title":"Les utilisations de l’eau : boisson et ablutions","description":"Comme l'eau est rare, et d'autant plus précieuse, dans les régions désertiques, les installations qui permettent de boire et de se laver sont souvent soigneusement décorées. Dans les maisons propriétés – comme celle du gouverneur mamelouk de Qus en Haute-Égypte –, de l'eau était versée sur les mains des invités à l'aide d'aiguières en métal et de bassins avant et après les repas. Souvent, le fond des bassins en métal incrusté est décoré d'une circonvolution en forme de poisson pour que, une fois le récipient rempli, on ait l'impression qu'il en contenait un. Le motif du poisson se retrouve également dans la poterie mamelouke vernissée verte qui imite le céladon chinois.","quote":"“L'eau est rare, et d'autant plus précieuse, dans les régions désertiques.”"},"9246e5d1-d625-54a9-a9cb-348e8099b248":{"title":"La décoration géométrique dans les récipients en céramique","description":"Les compositions géométriques s'allient parfois à des motifs végétaux qui, bien que secondaires dans la composition générale, servent à enrichir la décoration géométrique, à mettre en valeur certains points clés du dessin ou tout simplement à meubler le fond ou les espaces ménagés par le motif géométrique.","quote":"“Les motifs végétaux enrichissent la décoration géométrique.”"},"9275ed46-c379-591c-b8f5-c59e0879225f":{"title":"La civilisation du mot","description":"La coutume d'inscrire le nom et les titres du commanditaire d'un objet et d'appeler sur lui des bénédictions est une façon de le personnaliser et de commémorer le patronage, en particulier lorsqu'il s'agit d'un présent fait à une institution publique religieuse comme une mosquée ou une *madrasa*. Les objets sont parfois transportés sur de longues distances avant d'atteindre leur destination et ont pu inspirer les artisans locaux. Certains d'entre eux utilisent la calligraphie pour des raisons purement décoratives et créent à cet effet des inscriptions illisibles.","quote":"“Certains artisans utilisent une calligraphie purement décorative et créent des inscriptions illisibles.”"},"929519b4-bcdf-5831-adb9-06ef4ef80b6b":{"title":"L’ouverture sur le monde : contacts diplomatiques et commerce international","description":"Les villes mameloukes du Caire, de Damas et de Jérusalem possédaient de nombreux marchés ou centres commerciaux (caravansérails appelés aussi souks, *khan* et *wikala*). Leur fonction était d'accueillir les caravanes commerciales et de stocker en sécurité les biens apportés par des marchands souvent venus de loin. La diversité des produits disponibles dans ces *wikala* – poteries et textiles entre autres – inspirait les artisans locaux. Stimulés par le mécénat mamelouk et pratiqués dans les ateliers royaux aussi bien que dans les bazars urbains d'Égypte et de Syrie, les arts décoratifs atteignirent de nouveaux sommets dans la conception et la qualité de réalisation.","quote":"“Stimulés par le mécénat mamelouk, les arts décoratifs atteignirent de nouveaux sommets dans la conception et la qualité de réalisation.”"},"93c54687-ed57-54c6-8dc9-82032411c77b":{"title":"La décoration géométrique dans l’art du livre"},"93d8ebf1-31d8-5e89-966d-89b3cb0abebd":{"title":"Sujets chrétiens sous administration omeyyade"},"94130d65-0910-5b0b-a913-78dfa23191b4":{"title":"La Terre sainte des trois religions"},"94a60eaa-c709-51fa-b5cd-f7f16a0f40a8":{"title":"Tunisie"},"94fec78e-a38a-50eb-964d-7cb6963f9585":{"title":"Turquie","description":"L'admiration des Ottomans pour l'art, l'architecture et l'urbanisme de l'Occident conduit à la naissance d'un goût nouveau pendant la période des Tulipes (1718-1730). De plus en plus présents dans les décennies qui vont suivre, des traits baroques et rococo sont introduits dans le style ottoman, faisant des styles Empire, classique et néo-éclectique des styles presque courants au XIXe siècle.","quote":"“L'admiration des Ottomans pour l'art, l'architecture et l'urbanisme de l'Occident conduit à la naissance d'un goût nouveau pendant la période des Tulipes (1718-1730).”"},"955c7ce6-0ff9-5519-9478-5130c4e3d1c8":{"title":"Les utilisations de l’eau : boisson et ablutions","description":"Boire et se laver sont des activités essentielles à la plupart des créatures vivantes. La foi musulmane requiert par ailleurs des ablutions rituelles avant la prière. Les mosquées sont donc équipées de bassins dont certains décorés de motifs végétaux et d'inscriptions. De même, pour supporter de longues étapes sans se déshydrater, la plupart des pèlerins emportent, parmi de très rares objets, une petite gourde personnelle en terre cuite.","quote":"“La gourde d'eau était l'une des rares objets que transportaient avec eux de nombreux pèlerins.”"},"95694260-7655-5184-a4d8-7c24d7fd8562":{"title":"Réformes administratives","description":"Pendant les 70 premières années de leur règne, les musulmans n'entreprennent aucune démarche particulière pour introduire un système administratif arabophone sur l'ensemble de leurs possessions. Chaque province continue à appliquer les règles du précédent régime. En Syrie, la langue officielle du Trésor public est le grec, tandis que l'administration reste aux mains des chrétiens. Les Arabes introduisent cependant un nouveau système fiscal selon lequel tous les membres adultes de la nouvelle administration ont droit à un traitement régulier *('ata*), financé par des impôts payés par les populations locales. Les principales taxes consistent en un impôt sur le sol (*kharadj*), à taux fixe, payé en nature ou en argent, et une capitation (*djizya*) payée par chaque non-musulman adulte selon ses moyens – les prêtres, les moines et les handicapés en étant exemptés.","quote":"*“Chaque province continue à appliquer les règles du précédent régime.”*"},"968db63b-b20a-5f2d-94c5-02edf7fd6fea":{"title":"La culture de la table"},"96e50aab-a868-5824-b376-8cdd7e37d384":{"title":"Art figuratif","description":"“La représentation de figures humaines, d'animaux et d'oiseaux existe dans l'art et l'architecture islamiques depuis leur origine et se retrouve avec constance sur tous les supports, quelles que soient les périodes ou les régions.”","extra":{"credits":"Curators & authors \nManal BASYOUNI, Aqaba \nGhazi BISHEH Amman \nJens KRÖGER, Berlin \nAida NAGHAWI DODO, Amman \nMohammad NAJJAR, Amman \nSamarah WOROUD, Irbid \n \nCoordination \nGhada AL-YOUSEF, Amman \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"La représentation de figures humaines, d'animaux et d'oiseaux existe dans l'art et l'architecture islamiques depuis leur origine et se retrouve avec constance sur tous les supports, quelles que soient les périodes ou les régions. Bien que, par contraste avec la situation de la fin de l'Antiquité qui précède, la figuration ne prédomine pas, elle emprunte une grande variété de formes (peinture, sculpture aussi bien en bas relief qu'en ronde-bosse) et de supports comme la pierre, la mosaïque, le stuc, l'ivoire, le verre, la céramique, le bois, les textiles, le cuir et le papier. \n \nLa figuration, dans l'art islamique, aborde une vaste gamme de sujets allant de représentations religieuses (le voyage mystique du Prophète de La Mecque à Jérusalem – \\[*Isra'*\\] et son ascension au ciel \\[*Mi'raj*\\]) à des illustrations de la vie séculière (scènes de la vie à la cour, musique, chasse, banquets). À la différence de l'art chrétien, l'art figuratif islamique n'a pas pour but de servir des objectifs religieux. S'il semble avoir minimisé la signification des symboles visuels figuratifs, il n'existe pas pour autant d'interdictions spécifiques du Coran, contrairement à une croyance répandue. Les représentations d'humains et d'animaux n'étaient prohibées que dans les bâtiments religieux dont, bien sûr, les mosquées. \n \nDans sa période de formation, l'art figuratif islamique brasse divers prototypes et influences comme les styles de l'Antiquité classique et tardive, ou de Byzance et des Sassanides. Plus tard, d'autres traditions artistiques seront reprises, comme celles d'Asie centrale, d'Inde, de Chine et d'Europe. Cette ouverture aboutit à une riche synthèse de traditions diverses qui, avec la pratique, prend un caractère spécifiquement islamique en dépit de ses origines variées.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/figural/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/20/portal_image/1.jpg","display_order":12}}},"97f0d7d4-686c-530b-b13e-3459e7fb2772":{"title":"Splendeur de l'habillement : Tiraz et vêtements de l'époque","description":"L'Égypte fatimide est réputée pour le luxe de sa production textile et en particulier pour celle des ateliers dits *dar al-tiraz* de Damiette, Dabiq, Tanis, Alexandrie et Shata. Le mot perse *tiraz* s'applique à un bandeau décoratif brodé cousu en bordure d'un tissu ou d'un vêtement. Il peut comporter des bénédictions et, à la période fatimide, le nom du calife régnant ou d'un mécène de haut rang. Chaque atelier de *tiraz* est dirigé par un gérant qui contrôle la fabrication, l'emballage et le transport de la production, dont une partie particulière est réservée au calife lui-même. Le statut de ce personnage est très envié. Il reçoit un important salaire et est honoré par une procession et une réception de bienvenue chaque fois qu'il se rend au Caire.","quote":"*“L'Égypte fatimide est réputée pour ses ateliers de textiles dits* dar al-tiraz*.”*"},"9829971b-8342-5ad0-adce-e00bc28b63c2":{"title":"Le rôle individuel des plantes et des fleurs","description":"La culture musulmane a toujours exprimé un amour profond pour les plantes, les fleurs et les jardins soigneusement cultivés. De nombreuses plantes étaient choisies non seulement pour leur beauté ou pour leurs propriétés médicinales, mais aussi pour leur valeur symbolique religieuse et poétique. Considérées comme des miracles de la nature, elles étaient par ailleurs un signe de la puissance créative et vitale d'Allah. Leur floraison et leur mort chaque année invitaient à réfléchir à la condition humaine et à la promesse de résurrection et de vie éternelle au Paradis pour tous les vrais fidèles.","quote":"*“Plantes et fleurs étaient choisies pour leur valeur symbolique religieuse et poétique.”*"},"982c8126-411c-56dc-8e82-defe108e4e2e":{"title":"L’exportation du luxe","description":"La beauté et la qualité d'exécution des productions de l'art islamique sont appréciées en Occident depuis des siècles. Au Moyen Âge par exemple, les textiles et produits des arts décoratifs venus du Moyen-Orient sont recherchés et viennent enrichir les trésors des églises. Avec la montée en puissance de l'empire ottoman et le développement d'un système d'échanges internationaux, la production des florissantes manufactures ottomanes est appréciée dans tout le monde connu. Bon nombre des œuvres subsistantes ont été fabriquées à l'origine pour l'exportation. L'image de l'empire ottoman, pays de richesses et de luxe, vient en grande partie de ces œuvres d'art vendues par le réseau des bazars et des *han.*","quote":"“Les produits des florissantes manufactures ottomanes sont appréciés dans tout le monde connu.”"},"985ee9aa-03b0-5c47-b575-bf5cdd263b4b":{"title":"Gérer la prospérité","description":"Face à l'accroissement de la population et conscients de l'importance de l'urbanisme, les Abbassides fondèrent un certain nombre de villes et furent particulièrement attentifs aux voies de communication. À 8 km environ de Kairouan, les souverains aghlabides d'Ifriqiya édifièrent Raqqada, qui réunissait des palais, des parcs et des jardins. Plus à l'est dans la Syrie abbasside, des constructions de logements furent entreprises à Kharab Sayyar, ville fortifiée sur la route principale entre Raqqa et Mossoul, en Irak.","quote":"“Ils fondèrent des villes et portèrent une attention particulière aux voies de communication.”"},"98c2e587-fe2e-561f-800d-0429b0889c72":{"title":"La décoration géométrique en architecture","description":"Les murs sont revêtus de panneaux et de frises à thèmes géométriques en relief, initialement colorés, à l'image de tissus précieux. \nL'ornementation tridimensionnelle apparaît avec ce qu'on appelle les *mouqarbas* en Occident et *mouqarnas* en Orient, employées sur les arcs et corniches des fenêtres. Ce type d'ornement est constitué d'éléments prismatiques de différentes formes assemblés entre eux. \nEnfin, la décoration calligraphique à tracé géométrique, dans la variante de la lettre coufique, meuble les frises des édifices religieux et civils.","quote":"“Les murs sont revêtus de panneaux et de frises, à l'image de tissus précieux.”"},"9925ba99-2ee6-5c86-a78c-af21daac6624":{"title":"Turquie"},"9a19b122-d3e1-53c0-ac5f-37070f41c095":{"title":"Objets","description":"Comme dans le cas de leur architecture, l'art des Omeyyades peut être considéré comme une continuation de traditions héritées de la fin du monde antique, que remplace peu à peu une identité islamique spécifique. Ce processus est illustré, par exemple, dans les pièces de monnaie omeyyades : les premières frappées pour les califes omeyyades se contentent de copier les modèles byzantins ou sassanides , mais laissent bientôt place à des compositions strictement aniconiques, purement textuelles. \n \nUn aspect remarquable de cet art est l'adoption de thèmes figuratifs hérités de l'Antiquité tardive. Ainsi trouve-t-on une représentation de lion dans le palais de Mchatta, et, à al-Foudayn, un brasero reproduisant des scènes érotiques empruntées au mythe de Dionysos. . Certains objets sont assez éclectiques, qui combinent de manières nouvelles et ingénieuses différents motifs issus de l'art romain tardif, de l'art byzantin et de l'art sassanide. \n \nDe plus en plus populaire à la fin du monde antique, l'esthétique des végétaux stylisés revêt une importance particulière dans la formation de l'art islamique de la période omeyyade. Les compositions à enroulements infinis de tiges, de feuillages et de fleurs offrent à la nouvelle civilisation un programme décoratif idéal qui échappe aux objections théologiques potentielles sur la représentation figurative par l'évocation d'un paradis verdoyant. Sa souplesse lui permet également de s'appliquer à toutes sortes de formes et de dimensions, des grands panneaux de bois aux petites boîtes en ivoire."},"9b603cf4-3d1b-5d98-b644-0c415a7c2a10":{"title":"Gardiens des sites sacrés"},"9bff6ece-d3d2-5f2a-b7cc-fb1f33c3e113":{"title":"Mécénat officiel"},"9c9e8f3b-cfdb-5fd7-91cf-35e554bb6c78":{"title":"Monuments","description":"À son apogée, l'Empire ottoman, qui aura duré plus de 700 ans, couvre un vaste territoire qui comprend la plupart des régions de la Méditerranée orientale et méridionale. Son architecture aura donc connu de nombreuses évolutions au cours de cette longue présence. Le patrimoine architectural des Ottomans peut être divisé en trois périodes. Une première phase constitutive, qui dure jusqu'au milieu du IXe siècle H (XVe siècle J.-C.), est suivie par une période classique, qui s'étend jusqu'au XIe siècle H (XVIIe siècle J.-C.) et à laquelle appartiennent la plupart des monuments les plus célèbres, dont un certain nombre ont été conçus par le grand architecte Sinan. Vient enfin la dernière période, caractérisée par un style plus décoratif et par l'influence grandissante de l'Occident. En termes de géographie, le caractère de l'architecture ottomane se dilue au fur et à mesure que l'on s'éloigne du cœur de l'empire – l'Anatolie occidentale et la Thrace – et que des concessions sont consenties aux traditions des provinces. \n \nL'architecture ottomane, en particulier après sa période de formation, est essentiellement en pierre. Sa haute qualité de maçonnerie est d'ailleurs réputée. Des combinaisons de brique et de pierre sont cependant très courantes et la brique reste utilisée pour les arcs, les coupoles et les voûtes. Le plomb recouvre les coupoles et la toiture des minarets, en particulier à partir du Xe siècle H (XVIe siècle J.-C.). Les carreaux de céramique polychromes vernis, comme les fameux carreaux d'Iznik où prédominent le blanc et le bleu, sont généreusement utilisés pour les revêtements muraux ; au Xe siècle H (XVIe siècle J.-C.), ils remplacent souvent le marbre comme matériau d'habillage . Le bois sert aussi bien pour les structures que pour la décoration et constitue le matériau dominant des maisons de la capitale, Istanbul. \n \nUne caractéristique majeure des mosquées ottomanes dès la toute première période est la présence d'une coupole centrale qui recouvre une partie significative de la salle de prière. Avec l'avènement du style ottoman classique, cette coupole prend des proportions spectaculaires et se combine souvent à une succession de demi-coupoles et de petites coupoles qui se déploient à partir de l'élément central dans une disposition pouvant évoquer une pyramide. Bon nombre de mosquées possèdent une, deux ou quatre demi-coupoles soutenant la coupole centrale. Les coupoles ottomanes présentent un profil semi-circulaire aplati. Une cour entourée d'une arcade entoure généralement la salle de prière le long de la façade opposée au mur de la *qibla*. \n \nDans l'Empire ottoman, les grands complexes religieux remplissent généralement de multiples fonctions en dehors de celle de mosquée : mausolée pour le commanditaire, cuisine populaire, *madrasa*, hammam, hôpital et commerces. \n \nLa mosquée ottomane se caractérise par son minaret simple et élégant en forme de crayon, souvent cannelé, qui se termine par une toiture conique pointue recouverte de plomb. Il signale les bâtiments commandités par des Ottomans dans tout l'Empire. Ils peuvent posséder de un à trois balcons, reposant généralement sur des voûtes de *mouqarnas* en encorbellement. Les mosquées royales possèdent plus d'un minaret, leur nombre pouvant s'élever jusqu'à six. \n \nLes *mouqarnas* sont utilisées de manière sélective dans certaines parties comme l'intrados des balcons de minarets ou au-dessus des fenêtres et des portails. La calligraphie, généralement de style *naskhi* et *thoulouth*, fait partie intégrante du programme décoratif de nombreux bâtiments. Le décor de surface de l'architecture classique est plus limité que celui de la période des Seldjoukides anatoliens et de la première et dernière période. \n \nL'architecture témoigne d'influences de nombreuses traditions, parmi lesquelles celles des Seldjoukides d'Anatolie et celles de Byzance, toutes deux préexistantes à la montée en puissance du pouvoir ottoman. Plus spécifiquement, les mosquées impériales de la période classique montrent une nette influence de l'église byzantine du milieu du VIe siècle, Sainte-Sophie."},"9d1ba52c-7e9b-5e9d-9ef2-729fa7e30e96":{"title":"Les Aghlabides : le bouclier de la dynastie abbasside","description":"Les Aghlabides sont à l'origine de plusieurs réalisations monumentales à Kairouan, Monastir, Sousse et Tunis. L'Ifriqiya devint un passage essentiel pour le commerce entre l'Orient et l'Occident d'une part, al-Andalus et le Soudan d'autre part. L'architecture et d'autres activités comme le tissage et la céramique prospérèrent. La chute des Aghlabides est principalement due à la frivolité et aux gaspillages financiers de Ziyadat Allah III (r. 290-296/903-909). La dynastie perdit son soutien populaire et l'Ifriqiya tomba sans résistance aux mains des Fatimides.","quote":"“L'Ifriqiya devint un passage essentiel pour le commerce entre l'Orient et l'Occident d'une part, al-Andalus et le Soudan d'autre part.”"},"9d1c91d5-e536-5351-9c97-8a1d1755f2dd":{"title":"Écoles de calligraphie","description":"Les calligraphes étaient formés par des maîtres reconnus. Beaucoup d'entre eux étaient au service de la cour et des bureaux de l'administration. Certains hauts fonctionnaires devinrent des calligraphes célèbres comme, par exemple, le vizir abbasside Ibn Muqlah. Il définit des règles d'écriture dans un manuel qui resta le principal ouvrage de référence pour des générations de calligraphes.","quote":"“Certains hauts fonctionnaires devinrent des calligraphes célèbres comme, par exemple, le vizir abbasside Ibn Muqlah.”"},"9d838b06-c754-52b5-b005-6c418fbd4fdc":{"title":"Les bijoux : richesse, prestige et protection","description":"Les bijoux ont toujours été très appréciés chez les musulmans. Les hommes les utilisaient comme ornement de costume et de turban ; parfois même, ils imitaient les coutumes féminines comme le port de boucles d'oreille. Toutefois, les principales utilisatrices des bijoux étaient les femmes qui, quelle que fût leur condition sociale, affectionnaient la parure personnelle. Selon le chroniqueur nasride Ibn al-Khatib, les femmes de Grenade rivalisaient dans l'art de se parer de bijoux et de vêtements, au point que “[...] malheureusement, elles sont arrivées de nos jours à une telle extrémité dans l'ornement, les cosmétiques et l'ostentation, dans la frénésie pour les riches tissus et bijoux, que c'en est devenu une perversion”.","quote":"Signe de prestige et position sociale"},"9da4357e-97c6-5bd4-aadd-f2077c7eccf0":{"title":"Commerce et voyages","description":"Sous le gouvernement atabeg et ayyoubide, des villes de Syrie et du Djazira deviennent d'importants centres politiques, économiques et culturels. Soldats, érudits, commerçants et artisans, tous sont attirés vers cette région qui devient un centre d'échange pour les Arabes, les Perses, les Turcs et les Kurdes, créant une société multiethnique et multilingue.","quote":"“Soldats, érudits, commerçants et artisans, tous sont attirés vers cette région.”"},"9e30bc38-26f6-5892-9b38-6c81101cb0d5":{"title":"Les vêtements et les bijoux des femmes musulmanes","description":"L'islam demande aux hommes comme aux femmes de se vêtir avec modestie. Les femmes sont censées se couvrir la tête, porter des vêtements à manches longues, qui les protègent du cou aux chevilles. Par-delà ces conventions observées par toutes, le costume féminin musulman a toujours beaucoup varié selon les cultures et les périodes, aussi bien en termes de textiles que de formes, de superpositions de vêtements, de styles de coiffure et d'accessoires. La différenciation des classes sociales et des origines ethniques a aussi joué un rôle dans l'apparence des femmes.","quote":"“L'islam demande aux hommes comme aux femmes de se vêtir avec modestie ; les femmes doivent se couvrir la tête.”"},"9eda6137-9ad8-5a22-8512-44e4bf96b330":{"title":"Les Omeyyades"},"9f0c366a-10e7-53d5-91e8-2d8a35ffc22a":{"title":"La décoration géométrique","description":"Les artistes musulmans n'ont pas été les créateurs de la décoration géométrique, puisqu'ils se sont basés sur l'art romain, byzantin, perse et berbère, mais ils l'ont considérablement développée et l'ont conduite à sa plénitude.","extra":{"credits":"Curators & authors \nCarmen ALONSO-RODRIGUEZ, Madrid \nMaria da Conceição AMARAL, Silves \nGaspar ARANDA, Madrid \nHouria CHERID, Algiers \nLakhdar DRIAS, Argel \nNaima ELKHATIB-BOUJIBAR, Casablanca \nÁngela FRANCO, Madrid \nÁngela GARCIA-BLANCO, Madrid \nSusana GOMEZ, Mertola \nKamal LAKHDAR, Rabat \nSantiago MACIAS, Mertola \nMohamed MEZZINE, Fez \nMargarita SANCHEZ-LLORENTE, Madrid \nClaudio TORRES, Mertola \n \nCoordination \nMiguel GARCIA, Madrid \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"La géométrie est le thème décoratif prédominant dans l'art musulman, c'est celui auquel on subordonne généralement les autres motifs ornementaux. La décoration géométrique apparaît aussi bien dans l'architecture que dans les arts appliqués, dans la céramique aussi bien que dans les textiles ou dans l'art du livre. Indépendamment du matériau, de l'échelle ou de la technique, les motifs sont pratiquement les mêmes. \nLes artistes musulmans n'ont pas été les créateurs de la décoration géométrique, puisqu'ils se sont basés sur l'art romain, byzantin, perse et berbère, mais ils l'ont considérablement développée et l'ont conduite à sa plénitude. \nLes niveaux atteints par les musulmans dans l'ornementation géométrique ont été rendus possibles, entre autres, par l'intérêt suscité dans l'Islam par les études mathématiques, par exemple par la mathématique pythagoricienne. \nCeci est évident dans le cas de l'entrelacs géométrique. Héritier de l'ornementation préislamique, il s'est sophistiqué jusqu'à atteindre de complexes combinaisons de galons entrecroisés ou *lacería* : à partir du centre se développent des figures d'une extraordinaire variété (carrés, losanges, hexagones, octogones, étoiles à six, huit, dix, douze branches ou plus), selon les principes de la répétition symétrique, de la multiplication ou de la subdivision appliqués à n'importe quel matériau ou format. La richesse chromatique et l'habileté avec laquelle se conjuguent les tonalités font ressortir les compositions et l'on arrive à créer l'illusion de l'existence de plusieurs plans. Pour donner une impression de richesse, on atteint aussi des effets tridimensionnels, que ce soit par la répétition des motifs (comme le réseau losangé ou *sebka*), par le contraste entre textures ou par l'utilisation généralisée des *mouqarnas* ou *mouqarbas*. \nLes motifs géométriques, parfois issus de l'abstraction de motifs naturalistes, ne sont pas exempts d'une symbologie adaptée à la fonction de l'objet ou de l'édifice.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/geometric/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/21/portal_image/1.jpg","display_order":14}}},"9f7848ae-c4b1-5425-8491-708ef71e028d":{"title":"Gestion de l’eau","description":"Si les systèmes édifiés par les Romains furent habilement réutilisés au cours des âges, la contribution de la civilisation islamique à la gestion de l'eau est tout aussi importante. La forte immigration arabe et l'augmentation de la population permirent l'expansion d'une nouvelle classe de propriétaires terriens qui investirent dans l'agriculture. L'héritage des techniques romaines de gestion de l'eau fut développé par les dynasties islamiques, comme le montre la construction de nombreux systèmes d'adduction d'eau, parmi lesquels des canaux souterrains, des canaux à l'air libre, des aqueducs, des citernes, des barrages, des réservoirs et des roues à aubes ou norias.","quote":"“L'héritage des techniques romaines de gestion de l'eau est développé par les dynasties islamiques.”"},"9faade38-b220-5c24-8c3c-705dc77ce345":{"title":"Les vêtements et les bijoux des femmes musulmanes","description":"Les vêtements devaient souvent être solidement fermés. Les femmes riches utilisaient des boucles et des attaches en or et en argent à la fois décoratives et fonctionnelles. \n \nLes bijoux étaient abondamment utilisés pour rehausser l'effet de la tenue et, lors de manifestations publiques, les femmes de toutes origines étaient fières de montrer leurs bijoux, non seulement pour leur beauté mais aussi pour la richesse qu'ils exprimaient. Les bijoux faisaient partie du capital familial, qui pouvait être converti en argent en cas de nécessité. Certains modèles de bijoux étaient ornés de versets du Coran, de prières ou de talismans destinés à protéger du “mauvais œil”.","quote":"“Les bijoux étaient abondamment utilisés pour rehausser l'effet de la tenue.”"},"a04edab2-8889-509d-8f02-71d9be653c47":{"title":"Les femmes de la dynastie : les petites-filles de Fatima al-Zahra","description":"Les princesses fatimides font construire des palais et des établissements religieux dans tout le royaume. Au Caire, nous savons qu'une salle du palais d'Occident est réservée à Sitt al-Moulk, sœur du calife al-Hakim. Elle était lambrissée de panneaux de bois sculpté représentant des scènes de la vie de cour et de chasse. Sayyida Oulam al-Ameriyya, épouse du calife al-Amir bi-Ahkam Allah (r. 495-524/1101-1130), construit un riche mausolée pour la très vénérée Sayyida Rouqayya, fille de l'imam Ali ibn Abi Talib, quatrième des “Califes bien guidés” (*Rachidoun*). Il est décoré d'inscriptions en style coufique commémorant son action. Le tombeau est meublé d'une superbe chaire de bois (tek indien notamment).","quote":"“Les princesses fatimides font construire des palais et des établissements religieux dans tout le royaume.”"},"a09c8ed7-01f3-5c9b-bd21-96a1d81c4678":{"title":"Les Femmes","description":"“L'islam assigne aux femmes une place pleine et entière dans la société. Les femmes musulmanes ont toujours contribué activement aux cultures dans lesquelles elles vivaient, que ce soit au foyer, professionnellement, comme mécènes d'œuvres de bienfaisance ou dans le domaine des arts.”","extra":{"credits":"Curators & authors \nMohammad ABBAS, Cairo \nNoorah AL-GAILANI, Glasgow \nUlrike AL-KHAMIS, Edinburgh \nJamila BINOUS, Tunis \nAicha BENABET, Tunis \nHouria CHERID, Algiers \nElsayed HAMAD, Cairo \nMourad RAMMAH, Kairouan \nSalah SAYAOUR, Cairo \nTarek TORKY, Cairo \n \nCoordination \nEnaam Selim, Cairo \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"L'islam assigne aux femmes une place pleine et entière dans la société. Leurs droits, leurs devoirs et leur statut sont détaillés dans le Coran et objets d'une législation dans la *Charia*, la loi islamique. Pendant toute la période islamique, les femmes ont embrassé et pratiqué activement leur foi. Il n'a cependant jamais existé, ni jadis ni aujourd'hui, d'approche uniforme permettant d'interpréter et d'appliquer le système islamique dans tout le monde musulman et ses diverses civilisations. Au sein de l'islam, chaque société a adapté son propre système à son propre patrimoine culturel. Il n'existe donc pas de prototype pour la civilisation islamique ; il n'existe pas non plus de prototype unique pour la condition des femmes au sein de la société islamique. La complexité des divers héritages culturels et patriarcaux auxquels les femmes ont été confrontées – certains d'origine préislamique – et la multitude de leurs tâches dans les sociétés où elles vivaient les a conduites à une lutte permanente pour une vie meilleure dans une société équitable. \n \nAu cours des âges, de nombreuses femmes sont devenues des modèles pour leur genre, en particulier Sayyida Khadidja bint Muhammad al-Khourasani, première épouse du prophète Muhammad, riche commerçante indépendante et soutien essentiel du Prophète dans sa mission. Parmi les autres figurent Sayyida al-Manoubiya, auteure mystique acclamée dans la Tunisie médiévale ; Maryam bint Abd al-Rahman, importante juge dans la Palestine du VIIIe siècle H (XIVe siècle J.-C.), qui rédigea son propre dictionnaire d'interprétation de *Hadith* (“les Dits du prophète”). Une figure clé du XIXe siècle est Houda Chaarawi, pionnière et défenseure des droits des femmes dans la société arabe et musulmane. \n \nLes historiens ont retenu les réalisations publiques liées aux femmes de la haute société et leurs liens avec les classes dirigeantes, tandis que les bâtiments et objets de luxe parvenus jusqu'à nous témoignent de leur mécénat et de leur influence. Mais les approches orientées de ces textes historiques et le faible nombre d'objets quotidiens subsistants ne nous donnent qu'une faible connaissance de la femme musulmane ordinaire. On peut en avoir cependant quelques aperçus à travers les activités qu'elle pratiquait – tissage, broderie, poterie – et par l'étude des archives officielles relatives à la cour, aux mariages, divorces ou héritages chez les femmes.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/women/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/23/portal_image/1.jpg","display_order":9}}},"a0cc97a9-d2a3-5089-88c2-b997f283e950":{"title":"La culture de la table","description":"La culture de la table revêt un statut exceptionnel au palais ottoman. Chaque plat ou presque est préparé par un cuisinier différent : le chef de la soupe (*çorbacıbaşı*)), le chef du *helva* (*helvacıbaşı*), etc. Lors des banquets et des dîners de ramadan (*iftar*), des coussins sont disposés sur des tissus recouvrant le sol. Au centre des coussins est placé un plateau d'argent ou de métal doré sur lequel sont disposées des cuillères en écaille de tortue, corail, ivoire ou os. Les plats se suivent selon un ordre traditionnel : d'abord la soupe, servie dans des coupes individuelles, un plat principal à base de viande rouge ou de poulet servi dans de vastes récipients en métal à couvercle pour conserver la chaleur (*kuşhane*). Ce plat est accompagné de boissons. Les douceurs comme les *zerde*, les *baklava* et le *helva* sont servies en dernier.","quote":"“Presque chaque plat est préparé par un cuisinier différent : le chef de la soupe, le chef du helva, etc.”"},"a1627728-24d7-5242-9f95-1b065c869096":{"title":"Plaisirs et festivités à la cour","description":"Les Fatimides aiment la vie au grand air et entretiennent de magnifiques jardins et vergers. Les visiteurs sont invités à s'y promener, à apprécier les fontaines décoratives et le son de l'eau qui court dans les canaux. Certaines résidences royales possèdent des ménageries qui abritent toute une variété d'animaux et d'oiseaux exotiques. Hors du palais, la cour et les classes dirigeantes pratiquent divers sports dont la chasse et l'équitation. Oiseaux, lièvres et gazelles sont chassés à l'aide d'oiseaux de proie, de chiens et de chevaux. Le polo, le combat à la masse et le lancer de javelot font également partie des sports favoris.","quote":"“Les Fatimides aiment la vie au grand air et entretiennent de magnifiques jardins et vergers.”"},"a1f710c0-f3ac-5a24-a8f4-4bfadf1b55e4":{"title":"La décoration géométrique dans les récipients en céramique"},"a2d6b201-caf9-5fdf-9be7-286d4b763f71":{"title":"Mécénat officiel","description":"De vastes programmes de construction sont entrepris aussi bien pour l'élite au pouvoir que pour le peuple. Des villes comme Amman possèdent un complexe palatial, une mosquée, un marché et un réservoir d'eau. Leur organisation répond désormais aux besoins de la population et aux nécessités de l'administration. Des infrastructures essentielles comme des barrages, des citernes ou réservoirs d'eau et des ponts sont construits. \n \nLe mécénat architectural se développe et des cités entières sont édifiées, par exemple celles des complexes palatiaux et administratifs de Jérusalem et d'Amman (Jordanie), où le palais et la mosquée de congrégation occupent côte à côte une position centrale.","quote":"“De vastes programmes de construction sont entrepris aussi bien pour l'élite au pouvoir que pour le peuple.”"},"a33e8d0d-78bb-5e1f-bf96-8cdd1b65b6f8":{"title":"L’ouverture sur le monde : contacts diplomatiques et commerce international","description":"Tout au long de leur règne, les Mamelouks entretiennent des liens diplomatiques étroits avec toutes les principales puissances européennes : Castille, Sicile, républiques italiennes et Byzance entre autres, ainsi qu'avec les Mongols et l'Extrême-Orient. Pratiqués au plus haut niveau, les échanges de luxueux cadeaux diplomatiques produits en Égypte et en Syrie concrétisent et consolident les liens politiques. Au même moment, les relations internationales bénéficient aussi de l'essor du commerce à grande échelle.","quote":"“Des cadeaux diplomatiques produits en Égypte et en Syrie concrétisent et consolident les liens politiques.”"},"a4a1d940-8c79-56af-9276-3b8d7e1c6911":{"title":"L'art hors de la capitale","description":"Il est instructif d'étudier l'art ottoman tel qu'il se présente hors de la capitale à partir d'une approche géographique. Si l'Anatolie montre davantage de traits stylistiques d'origine turque, plus au sud se développe une synthèse avec le riche patrimoine artistique local. Les minorités non musulmanes fournissent également des contributions importantes. Le programme architectural et artistique du palais ottoman réalise donc la fusion de l'héritage culturel du Moyen-Orient – l'art des Omeyyades, des Abbassides, des Ayyoubides, des Fatimides et des Mamelouks – et des caractéristiques ottomanes.","quote":"“L'art des Omeyyades, des Abbassides, des Ayyoubides, des Fatimides et des Mamelouks fusionne avec des caractéristiques ottomanes.”"},"a5133a30-c9e7-5c30-b1d4-bf5b16ad8f8d":{"title":"Objets","description":"L'art abbasside marque les débuts d'un style de décoration clairement islamique. Le vocabulaire adapté de l'art antique tardif fait place à des influences plus variées et à un nouvel esprit d'expérimentation. La porcelaine chinoise importée, par exemple, stimule le développement de la céramique abbasside. Certains objets copient ouvertement les pièces Tang à décor jaspé, alors que d'autres optent pour d'austères formes géométriques. L'apparition de la technique du décor au lustre, probablement issue de celle du verre et d'une importance essentielle pour la céramique islamique, aboutit à la création de poteries qui brillent comme un métal précieux. Des textiles de luxe – activité industrielle majeure de la période –, peu d'exemples sont parvenus jusqu'à nous . La période abbasside voit également la première mise en forme des styles d'écriture et par extension le développement de manuscrits coraniques superbement copiés et ornementés . \n \nSi le terme “abbasside” se réfère au vaste empire du califat, certaines régions étaient gouvernées par des vassaux sous le patronage desquels furent produites d'importantes œuvres d'art comme les corans du Maghreb. Les Toulounides d'Égypte étaient amateurs d'œuvres en bois délicatement sculpté ou incrusté , le bois restant un matériau de luxe dans un climat désertique."},"a52fece5-e533-5203-bd90-001ae174dfca":{"title":"Art et architecture royale."},"a54056db-53e8-5044-b4c1-ab40a258ab5b":{"title":"L'art dans les lieux de prière","description":"L'effet du soleil traversant les vitraux composés de douzaines de fleurs multicolores illuminant l'intérieur de la mosquée s'ajoute à celui des lampes à huile suspendues décorées de symboles impériaux et de versets du Coran. Les motifs des tapis de prière provenant de l'atelier du palais sont remarquables par leur similarité avec ceux des carreaux de céramiques décorant les murs. Les lutrins pour le coran, les coffrets de bois utilisés pour le ranger et les *minbar* sont magnifiés par une convergence de l'esprit de prière et de création artistique.","quote":"“Les lutrins pour le coran, les coffrets de bois utilisés pour le ranger et les minbar sont magnifiés par une convergence de l'esprit de prière et de création artistique.”"},"a558466d-1411-5f51-bb99-70959fe5d70a":{"title":"La décoration géométrique dans les textiles","description":"La décoration des textiles, tissus et tapis privilégie la géométrie en bandeaux plats, le zigzag ou l'encadrement, même si des représentations figuratives, comme des animaux héraldiques, apparaissent très tôt. Schématiques, plutôt informes, on peut cependant y reconnaître les images antiques qui les ont générées. Dans le coloris abondent les bleus, les jaunes et les rouges de diverses nuances. S'y incorporent aussi des fils d'or et d'argent, formant des combinaisons brillamment contrastées. \nPour les tapis, la principale innovation est la stylisation totale des représentations figuratives, au point de les rendre méconnaissables. Souvent, le champ est divisé en médaillons polygonaux.","quote":"“Des représentations figuratives, comme des animaux héraldiques, font leur apparition.”"},"a63d73d1-ce20-5a6f-9699-40bef46f5a8e":{"title":"Les bijoux : richesse, prestige et protection","description":"Les bijoux étaient présents tout au long de la vie de la femme. Fillette, elle portait des bijoux prophylactiques qui la protégeaient contre le mauvais œil. Au moment de ses fiançailles, ses parents lui remettaient, outre la dot, un certain nombre de bijoux de famille. De son côté, le fiancé lui offrait des bijoux et des parures, si bien qu'au jour de la noce, elle apparaissait sur le siège d'honneur parée de ses plus beaux atours. \nCes bijoux, ainsi que d'autres acquis ultérieurement, constituaient le patrimoine inaliénable de la femme.","quote":"Patrimoine inaliénable de la femme"},"a68e0dec-446e-5c8a-bf2e-1f05f0f0e7fb":{"title":"L’art hispano-maghrébin","description":"À l’intérêt, dans l’art islamique en général, pour la décoration des espaces intérieurs et les façades des édifices, l’art hispano-maghrébin ajoutera l’utilisation systématique de l’arc et du chapiteau comme motif décoratif. \nSi l’arc en fer à cheval (ou arc outrepassé) est le plus caractéristique, les artisans créent de nouveaux types d’arc, ou les agencent différemment. Il en va de même des chapiteaux : la transformation des proportions et l’enrichissement des rinceaux romano-byzantins aboutissent à des chapiteaux avec leur propre style. \nLe point de départ de cette architecture est la mosquée de Cordoue.","quote":"De l’art émiral à la taïfa : formation et plénitude baroque"},"a787ec88-bc49-5171-bf60-265ba0253dd4":{"title":"La calligraphie monumentale"},"a83b5614-7afc-5fae-8115-5fbbcede5144":{"title":"Gérer la prospérité","description":"À peu près à la même époque, le calife abbasside al-Moutawakkil (r. 232-247/847-861) ordonna la construction d'une ingénieuse installation de mesure au milieu du Nil, le nilomètre. Il servait à mesurer le niveau de la crue pour permettre aux autorités de prévoir et de calculer le rendement des moissons attendu et les taxes qu'elles rapporteraient. Il aidait également la population de la vallée du Nil à anticiper les difficultés d'approvisionnement et les rationnements lors des périodes de sécheresse, contribuant ainsi à la santé et à la prospérité de la Nation.","quote":"“Le nilomètre aidait la population de la vallée du Nil à anticiper les difficultés d'approvisionnement et les rationnements lors des périodes de sécheresse.”"},"a919029f-a759-5c31-89dc-8db0585bcd4c":{"title":"Représentation humaine","description":"Après les Omeyyades, la figure humaine, si elle est toujours présente, ne se retrouve pas avec la même fréquence. Sous les Abbassides (132-750/923-1517), les Fatimides et dans les périodes qui suivent, la figuration se manifeste essentiellement dans les enluminures et la céramique, qui abordent une large diversité de sujets aussi bien religieux que séculiers. Les thèmes religieux comprennent, par exemple, le voyage mystique du Prophète et son ascension. Les objets séculiers décrivent des scènes de la vie quotidienne et la splendeur de la vie du souverain.","quote":"“La figuration se manifeste essentiellement dans les illustrations de manuscrits et la céramique.”"},"a9ff8542-78ea-5d01-b60a-684f30ac221a":{"title":"Artintro Page 15","description":"L’art des Croisés recouvre des œuvres de style européen contemporain réalisées pour leur usage en Terre sainte, mais aussi d’autres qui reflètent plus clairement l’influence des normes locales."},"aa042c08-6f7c-5f9d-b7df-e0e92304f71d":{"title":"L’exportation du luxe"},"aa67e1af-35cc-5e7a-99e2-d1870c0b4ca7":{"title":"Deux sultans mamelouks face aux Francs","description":"Malgré les succès de plus en plus nombreux de la dynastie ayyoubide (564-658/1169-1260) contre les Francs, elle ne réussit pas à les chasser entièrement. Un demi-siècle de combats sera nécessaire pour que les Mamelouks d'Égypte réussissent à expulser les Croisés de la Terre sainte et de la côte syrienne.","quote":"“Ce sont les Mamelouks d'Égypte qui réussissent, enfin, à chasser les Francs de Terre sainte.”"},"aa7dbfdb-56bd-59fa-98ce-c5b08de806c5":{"title":"L’écriture coufique"},"aaa18cdd-a5f0-52cf-9e64-9676401e300e":{"title":"Madrasa et éducation","description":"Les hôpitaux (*bimaristan*) sont d'importants centres d'enseignement scientifique. Venu d'Andalousie, le voyageur Ibn Jubayr est très impressionné par le *bimaristan* Nour al-Din qui vient d'être construit et note qu'il est à la fois un centre de soins et une école médicale équipée d'une riche bibliothèque. Il décrit également le “tic-tac de l'horloge à eau” vue à la mosquée omeyyade. Abou al-Fadl Muhammad bin 'Abd al-Karim al-Harithi, connu sous le nom d'al-Muhandis ou “le Géomètre”, homme aux multiples talents et centres d'intérêt, est médecin-résident à l'hôpital. Il dessine le décor de bois sculpté de la porte du *bimaristan* et répare l'horloge de la mosquée omeyyade.","quote":"“Le bimaristan Nour al-Din était à la fois un centre de soins et une école médicale équipé d'une riche bibliothèque.”"},"aaf61a39-17ed-561e-8fc6-7e7f983d5ddd":{"title":"Égypte","description":"La dégradation économique, politique et culturelle qui se manifeste à travers les territoires de l'Empire ottoman pendant cette période peut avoir été la cause sous-jacente de cette vogue de l'occidentalisation visant à la réforme et qui consiste à adapter certains traits et éléments d'art islamique en même temps que les influences européennes dominantes dans tous les registres de l'art. Dans les édifices et les palais, les éléments occidentalisés offrent une magnificence et une opulence particulièrement prisées par les sultans et par les rois ottomans, au point que ce style prend le pas sur des éléments islamiques tels que les *mouqarnas* ou les motifs géométriques, végétaux et épigraphiques.","quote":"“Dans les édifices et les palais, les éléments occidentalisés offrent une magnificence et une opulence particulièrement prisées par les sultans et par les rois ottomans...”"},"ab61d1b6-fc37-59e8-a3b2-262f917d2f6e":{"title":"Coexistence des trois cultures","description":"De la Tunisie à l'Algarve portugais, nombreuses sont les preuves de la présence chrétienne en terres musulmanes. Favorisée par l'activité commerciale, cette coexistence était plus manifeste dans les villes que dans la campagne. Parfois, les communautés chrétiennes jouissaient d'un certain pouvoir, et d'une capacité économique suffisante pour financer des œuvres artistiques sophistiquées. \nLes communautés juives présentes en Occident musulman avant l'arrivée de l'islam ont cohabité avec les musulmans sous les différentes dynasties dans des quartiers qui leur étaient propres, s'adonnant à des métiers administratifs ou artisanaux et participant à la vie sociale et économique.","quote":"Chrétiens et juifs en terres musulmanes"},"ab86e7ab-a2af-55b0-bd1d-acb09915baa1":{"title":"Mosquées et palais","description":"La dynastie fatimide consacre de grands efforts à construire, meubler et entretenir des mosquées afin de diffuser son credo chiite. Que ce soit à Mahdia ou dans sa splendide capitale du Caire – aux imposants complexes religieux comme les mosquées d'al-Azhar et d'al-Aqmar – ou dans des régions lointaines comme la Sicile, les mosquées fatimides sont les phares de la propagation de la foi chiite. Architecturalement, elles se distinguent par une entrée en projection rappelant les \"arcs de la victoire\" romains, une coupole en pierre sculptée et une façade à inscriptions (de contenu chiite) rédigées en style coufique. Mais ce qui est particulièrement notable, c'est l'absence de minaret.","quote":"“Les mosquées fatimides sont les phares de la propagation de la foi chiite.”"},"ab8c2fe1-9836-5c36-9b9a-179e2f8b07fb":{"title":"La décoration géométrique en architecture","description":"Les thèmes géométriques prédominent dans la décoration architecturale, et déterminent le recours aux autres motifs. Pour les artisans, le caractère linéaire et répétitif de l'ornementation géométrique facilite la copie fidèle de schémas directeurs compliqués et, par conséquent, leur continuité et leur parenté formelle dans l'espace et dans le temps. De plus, la grande variété des motifs géométriques et leur possibilité d'adaptation à des matériaux aussi divers que l'azulejo, le stuc, la brique et le bois favorisent leur utilisation sur n'importe quelle partie de l'édifice : sols, plinthes, murs, corniches et plafonds.","quote":"“Pour les artisans, leur caractère linéaire et répétitif facilite la copie fidèle de schémas directeurs complexes.”"},"ad8cb308-f2d0-51c1-8a74-24b337e0c430":{"title":"Le Haram de La Mecque et la Kaaba","description":"Les califes successifs et, plus tard, les sultans mamelouks étaient les principaux protecteurs des villes saintes du Hedjaz. Ils étaient donc chargés de l'entretien et des rénovations du Haram de La Mecque ainsi que de la mosquée et de la tombe du Prophète à Médine. Pour financer ces obligations, le sultan mamelouk Qaytbay (r. 872-901/1468-1496) fonda une *wikala* au Caire, dont le revenu était réservé à la distribution de céréales et de dons divers aux nécessiteux vivant dans le voisinage des sites sacrés de La Mecque et de Médine.","quote":"“Les califes successifs et les sultans mamelouks étaient les principaux protecteurs des villes saintes du Hedjaz.”"},"adc2c82c-8dbe-5321-9ab3-9fea14b4167f":{"title":"Turquie","description":"Bien que des relations vieilles de plusieurs siècles, certaines remontant au Moyen Âge, aient existé entre les Ottomans et l'Occident à travers les guerres ou le commerce, l'occidentalisation du goût ottoman n'arrive dans l'empire que bien plus tard. L'apogée de l'Empire ottoman, qui se produit au XVIe siècle, n'est que de courte durée. Des lacunes dans le système administratif, en même temps que l'érosion des corps militaires et financiers, aboutissent pour l'empire à la perte de territoires dès la fin du XVIIe siècle. On tente de regagner la puissance révolue de l'empire en important certaines mesures de l'infrastructure administrative et technique de l'Occident, emprunt qui se reflète aussi dans la société et dans l'art ottomans. Renforcées par la perception de l'Empire ottoman comme marché, des relations culturelles et diplomatiques plus étroites se nouent avec l'Occident, qui conduisent à de nouveaux développements tant dans la structure sociale de la société que dans ses expressions artistiques. Ainsi, l'introduction d'éléments occidentaux dans le répertoire artistique ottoman aux XVIIIe et XIXe siècles est connue comme “période de l'occidentalisation”.","quote":"“Bien que des relations vieilles de plusieurs siècles, certaines remontant au Moyen Âge, aient existé entre les Ottomans et l'Occident à travers les guerres ou le commerce, l'occidentalisation du goût ottoman n'arrive dans l'empire que bien plus tard.”"},"adc7d88a-073e-571d-ad07-7d7f35682e7e":{"title":"Commerce et voyages"},"afba56c6-390e-5231-9951-6321bf20581e":{"title":"Écoles de calligraphie"},"b16c75fd-58ed-5aaa-b553-978b13694e35":{"title":"Le palais et les arts","description":"L'art de la calligraphie est confié aux calligraphes du palais (*hattat*), qui jouissent d'un statut social particulier. Ils sont très respectés par le sultan et peuvent consulter, lire et étudier les plus précieux manuscrits conservés dans la bibliothèque du palais. L'intérêt et le respect pour cet art ne faiblirent jamais au cours des siècles et malgré la décadence constatée dans d'autres branches des beaux-arts ou des arts décoratifs, la calligraphie poursuivit son développement et s'adapta au goût des différentes époques. \nAu XIXe siècle, les sultans ottomans, préférant un style de vie plus occidental, s'installent dans les palais de Dolmabahçe et de Yıldız. Le départ du palais de Topkapı précipite la fin des ateliers de la cour, ce qui a pour effet de relâcher les liens entre le palais et la pratique esthétique.","quote":"“Les calligraphes de la cour, qui jouissent d'un statut social particulier, étaient hautement respectés par les sultans.”"},"b1e5cc51-1bae-53e9-9ca7-b41d062600ac":{"title":"L'art turco-islamique de l'Anatolie pré-ottomane","description":"La décoration architecturale seldjoukide utilise principalement les carreaux de céramique, la pierre, le bois et le plâtre. L'influence de l'islam explique la préférence pour les motifs floraux et géométriques et les inscriptions dans le décor des édifices religieux, mais on recourt également beaucoup à la figure animée, notamment dans les palais. Ce monde de créatures humaines, animales, talismaniques ou mythologiques est le fruit d'une bonne observation et d'une imagination fertile. Sa présence remet en cause la croyance selon laquelle la représentation de figures était interdite dans l'art islamique.","quote":"“Ce monde de créatures humaines, animales, talismaniques ou mythologiques est le fruit d'une bonne observation et d'une imagination fertile.”"},"b1f3d679-a18b-5258-af5f-524e8530cb84":{"title":"Le sultan et sa cour"},"b2dfb887-c592-5972-be84-da52442aac78":{"title":"Itinéraire d'une chaire islamique","description":"Voici l'histoire d'un *minbar* (chaire) sauvé des mains des Croisés. Il avait été fabriqué à l'origine pour le *maqam* (mausolée) du grand martyr musulman al-Hussein, petit-fils du prophète Muhammad, à Achqelon. Comme le *mihrab* (la niche de prière), le *minbar* occupe une fonction essentielle dans une mosquée, mais, à la différence du *mihrab*, il est généralement mobile. À l'exception de copies du Coran, le *minbar* est donc le seul bien meuble de la mosquée qui présente une forte valeur spirituelle et rituelle.","quote":"“Voici l'histoire d'un minbar sauvé des mains des Croisés.”"},"b3513528-5861-5dfd-a473-0f15c92c8f94":{"title":"La décoration géométrique dans les récipients en céramique","description":"Dans la céramique, les motifs géométriques dérivent souvent de la simplification de motifs végétaux naturalistes qui se sont progressivement schématisés et géométrisés avec le temps. Ce processus d'abstraction se perçoit très bien sur certaines coupes et assiettes portant une décoration géométrico-végétale rayonnante : à partir de motifs initialement naturalistes, comme le fleuron à pétales arrondis, les formes évoluent jusqu'à atteindre la simplicité absolue de lignes radiales délimitant des portions triangulaires .","quote":"“Les motifs naturalistes se sont schématisés jusqu'à atteindre la simplicité absolue.”"},"b4082e27-2852-5968-8ae5-6d5eb32f370a":{"title":"Gérer la prospérité"},"b47b44b8-f4c5-57ff-b813-46c5b0f3fb22":{"title":"La mosquée, espace de prière","description":"La cour qui précède la salle de prière est un espace découvert et entouré de portiques auquel on accède depuis la rue. C'est là que le croyant se prépare à la prière en se purifiant le corps au moyen des ablutions rituelles, tout comme, plus tard, il se purifiera l'âme au moyen de la prière. C'est aussi, comme la salle de prière, un lieu de rencontre de la communauté.","quote":"La cour"},"b4a8eac2-4a9d-514f-8bcf-a4339448fd19":{"title":"Objets","description":"L'art de la Sicile normande témoigne d'un étonnant mélange d'éléments byzantins, fatimides et autres, à l'image de la société siculo-normande elle-même. L'influence islamique s'observe, par exemple, dans des objets faisant appel à une “calligraphie” décorative pseudo-arabe à titre de motif décoratif. Une grande partie de cet art subsiste dans des objets en ivoire, matériau apprécié pour la fabrication de coffrets ou de boîtes souvent munies d'un couvercle caractéristique en pyramide tronquée. Certaines de ces boîtes présentent une décoration assez austère, tandis que d'autres sont peintes d'un décor animé à base d'inscriptions calligraphiques et de représentations humaines et animales."},"b5239e1f-1ae6-5f79-9b09-016f7be99ee0":{"title":"Pèlerinage en Terre sainte","description":"Le pèlerinage vers La Mecque suit deux axe principaux : la route égyptienne, qui intéresse les musulmans venus d'Afrique du Nord et des régions sub-sahariennes, et la route syrienne utilisée par les pèlerins venant des provinces orientales. Les caravanes syriennes durent souvent changer de route et passer par l'est pour éviter la Terre sainte lors des conflits provoqués par les Croisés.","quote":"*“Le pèlerinage à La Mecque suit deux routes principales.”*"},"b554b571-d0e5-5750-8458-758d1d2857a2":{"title":"Le sultan et sa cour","description":"À la cour, le sultan vit entouré d'un cercle rapproché de hauts dignitaires, chacun en charge d'une responsabilité spécifique, telle qu'échanson, trésorier ou majordome. Ils doivent apporter leur soutien loyal au sultan dans ses activités religieuses, politiques et militaires, mais sont souvent impliqués dans des luttes de factions et de pouvoir contre leur souverain. \nPlus positivement, ils tendent à imiter le sultan, mécène des arts et de l'architecture. Comme les enfants des Mamelouks ne peuvent hériter du rang et des privilèges de leur père, la mise en place de fondations religieuses (*waqf*) est un moyen répandu d'assurer la sécurité et les revenus de leur famille.","quote":"“Les dignitaires mamelouks cherchent à imiter le sultan dans ses activités de mécène des arts et de l'architecture.”"},"b57ef26f-345f-5d0d-8e89-3f02ef5a1f29":{"title":"Jordanie","description":"Les caractéristiques artistiques occidentales de la période ottomane en Jordanie se perçoivent surtout dans des scènes naturelles inconnues en terres ottomanes. Ces scènes sont peintes par des artistes européens (elles sont signées) qui apportaient avec eux de nouveaux éléments artistiques et les inscrivaient dans leurs entreprises artistiques. Durant cette période, on peut aussi noter que les monnaies à effigie humaine sont plus souvent utilisées que les pièces ottomanes. Les gens préfèrent les articles occidentaux, notamment les pièces, qu'ils accrochent comme ornement de colliers, de jugulaires ou de voile. Ils décorent aussi les maisons, les églises et les bâtiments de fresques peintes réalisées par des artistes occidentaux. Certains de ces édifices ont été transformés en musées du patrimoine, d'autres continuent à être habités par leurs propriétaires, qui en assurent l'entretien et la conservation, tandis que les églises sont toujours en fonction. Même après le déclin des Ottomans, les Jordaniens apprécient toujours les monnaies occidentales et ottomanes, les femmes continuent à porter des pendants d'oreille en or et des bracelets ornés de pièces à l'effigie du roi George V et du sultan Muhammad al-Rachid V qu'elles avaient reçus en dot. Ce patrimoine existe toujours au Musée folklorique et certaines de ces pièces appartiennent toujours aux descendants de ces familles.","quote":"“Les caractéristiques artistiques occidentales de la période ottomane en Jordanie se perçoivent surtout dans des scènes naturelles inconnues en terres ottomanes.”"},"b6146a5e-8a97-5fec-bf52-891c57ea0891":{"title":"Écoles de calligraphie","description":"Après les débuts de l'islam et tout au long des siècles suivants, la calligraphie arabe a généré de nombreuses écoles aux expressions variées. Parmi les styles les plus importants figurent le coufique, le *naskhi* et le *thoulouth*. Si le coufique, le plus ancien, est bien adapté à la calligraphie, il ne convenait pas à des utilisations plus quotidiennes, ce qui entraîna l'apparition du style *naskhi*, largement utilisé dans les actes courants de la vie civile.","quote":"*“Parmi les styles les plus importants et les plus répandus figurent le coufique, le* naskhi *et le* thoulouth*.”*"},"b82e552a-e3da-5171-bbda-751d4602d53f":{"title":"Deux sultans mamelouks face aux Francs","description":"Les sultans Baybars et Qalawun commanditent tous deux la fabrication d'objets de luxe et de bâtiments qu'ils font édifier non seulement dans leur capitale du Caire mais aussi en Syrie et en Terre sainte. Baybars, par exemple, restaure des forteresses palestiniennes et syriennes, mais s'intéresse aussi à l'architecture religieuse. Il fait construire une vaste mosquée de congrégation au Caire, la plus ancienne des mosquées mameloukes encore debout dans la ville. Il meurt dans la citadelle de Damas en 676/1277 et est inhumé dans un mausolée (*koubba*) au nord de la mosquée omeyyade, intégré à une école qui lui était déjà dédiée, la *madrasa* al-Dahiriyya.","quote":"“Les sultans Baybars et Qalawun sont tous deux d'actifs commanditaires d'objets de luxe, mais aussi de bâtiments.”"},"ba6e5443-d6c5-5620-916d-366e3adb48bc":{"title":"Raqqa : la capitale syrienne du calife Haroun al-Rachid","description":"Après la mort d'Haroun al-Rachid en 192/809, le gouvernement se réinstalle à Bagdad, mais la ville de Raqqa conserve son importance grâce à sa position stratégique aux portes de l'empire byzantin. Elle devient le siège du gouverneur de la région d'al-Djazira, entre l'Euphrate et le Tigre, c'est-à-dire la Syrie du nord-est et l'Irak du nord-ouest. Sous le règne du calife al-Mou'tasim, fondateur de la ville de Samarra en Irak, Raqqa bénéficie d'une nouvelle campagne de restaurations et de constructions dont l'architecture et la thématique décorative sont très influencées par Samarra. Les industries du verre et de la céramique inspirées des céramiques contemporaines damascènes ou de centres irakiens fleurissent pendant cette période.","quote":"“Les industries du verre et de la céramique propres à Raqqa fleurissent pendant cette période.”"},"bb6637ac-a866-515d-b9a2-3869310f0ad7":{"title":"La civilisation du mot","description":"Le sujet des inscriptions est variable, de même que leur style. Elles peuvent se référer aux mécènes, aux commanditaires, à leurs réalisations, ou citer des versets du Coran, des prières de protection, des bénédictions, des versets poétiques ou des proverbes. Par exemple, elles peuvent insister sur la fonction de l'objet qu'elles décorent, comme le verset “Dieu, lumière du monde” (XXIV, 35) sur les lampes de mosquée, ou choisir des versets poétiques louant le travail du calame, sur des écritoires ou des nécessaires à écriture. Prières, suppliques et autres appels à bénédictions sont censés contribuer activement à la fonction du récipient. Des mots comme *baraka* invoquent la générosité divine et la chance de son propriétaire. En citant l'un des quatre-vingt-dix-neuf noms de Dieu sur un objet, on espère prémunir l'objet et son contenu de toute perte ou dommage.","quote":"“Les inscriptions sont généralement choisies pour perfectionner la fonction de l'objet.”"},"bc3059aa-db7e-5ab4-ae05-77999d031552":{"title":"Cérémonial et divertissements à la cour","description":"À partir du IIe/VIIIe siècle, le califat omeyyade se tourne de plus en plus vers l'Orient à la suite de ses tentatives infructueuses de conquérir Constantinople. Cette évolution conduit à un rapprochement avec le monde iranien ; l'art et l'architecture, mais par-dessus tout le cérémonial de cour, en portent le témoignage. \n \nUn cérémonial très sophistiqué de réceptions et d'audiences se met en place, qui accentue la séparation entre le souverain et ses sujets. Les palais omeyyades au riche décor appliqué à des supports variés, mais aussi les sources littéraires de l'époque, permettent de se faire une idée du cérémonial de la cour et des divertissements de l'élite régnante.","quote":"“Un cérémonial très sophistiqué de réceptions et d'audiences se met en place.”"},"bc7fb8be-cdce-5445-b548-ff8fbfd12324":{"title":"Science et savoir","description":"L'Occident musulman a profondément encouragé la recherche et la connaissance des sciences théoriques et appliquées. Parmi ces dernières, la médecine, la chirurgie, la pharmacopée et l'art vétérinaire furent particulièrement en pointe à l'époque du califat de Cordoue, avec notamment les figures éminentes d'Aboulcassis ou de Ibn Baytar, auteurs de deux encyclopédies.","quote":"Sciences appliquées"},"be3643d7-c50e-574a-9d16-2e5d7e04d722":{"title":"La décoration géométrique dans l’art du livre","description":"L'interdiction de toute représentation animée dans les livres religieux musulmans conduit à limiter le vocabulaire de l'ornementation aux motifs géométriques abstraits, autrement dit aux “enluminures”, notamment géométriques. Ce travail de décoration a attiré des artistes de différentes spécialités –relieurs, calligraphes et enlumineurs –, et a fini par gagner d'autres formes artistiques comme le tissage, le travail du métal, l'ébénisterie, l'épigraphie monumentale ou la décoration architecturale. \nLes corans sont le plus souvent de format rectangulaire vertical, mais on en trouve aussi de carrés et horizontaux.","quote":"“La décoration du Coran a attiré relieurs, calligraphes et enlumineurs.”"},"bea69b13-6fa2-574b-aa7f-147e96a211c7":{"title":"Réformes administratives","description":"À partir de la réforme monétaire, toutes les pièces omeyyades sont du même poids et du même type purement épigraphique, une inscription indiquant la date de frappe et reprenant une formule religieuse. Ces mesures contribuent à une unification jusque-là déficiente.","quote":"*“À partir de la réforme monétaire, toutes les pièces omeyyades sont du même poids et du même type.”*"},"beaed359-49db-5b82-b5ab-00d242347b19":{"title":"La vie privée des femmes musulmanes","description":"Une fois par semaine, la visite au hammam offrait aux femmes d'une maison ou d'un quartier l'opportunité de se retrouver pour prendre soin de leur corps et échanger les dernières nouvelles. C'est là qu'on organisait les mariages et qu'on estimait les dots. Les hammams étaient conçus de telle façon que l'on se déplaçait peu à peu d'une salle chaude à un salle fraîche. De nombreuses installations de ce type sont ornées, à l'intérieur, de fresques illustrant des scènes de la vie quotidienne et d'autres thèmes contribuant au sentiment de bien-être ainsi qu'à la stimulation intellectuelle des utilisateurs.","quote":"“Même les arrangements de mariage et les discussions sur la dot se déroulaient au hammam.”"},"bedfc26e-1599-5d90-867d-794002406ce7":{"title":"Raqqa : la capitale syrienne du calife Haroun al-Rachid"},"c120081f-2000-5d9f-bbc8-dc8089955a17":{"title":"Madrasa et éducation"},"c1e27de3-f47f-5dbf-a939-9b3c100f2f30":{"title":"Mécénat officiel","description":"Pour les Omeyyades, le mécénat architectural est un moyen d'afficher le pouvoir de la nouvelle foi en général et de leur dynastie en particulier. Il s'applique à des édifices religieux majeurs comme le Dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa à Jérusalem ou la Grande Mosquée de Damas. \n \nLa mosquée est un type architectural exclusif de l'islam dont le plan s'inspire de la maison du Prophète à Médine et qui apparaît au cours de la période pré-omeyyade. Les Omeyyades apportent des spécificités qui, avec le temps, s'appliqueront à toutes les mosquées : le minaret (symbole de la présence de l'islam et d'où est lancé l'appel à la prière), le *mihrab* (qui symbolise la présence du prophète) et, juste à côté, le *maqsoura* (espace clos réservé à l'imam, qui dirige la prière, ou au calife).","quote":"“Le mécénat architectural est une démonstration de la puissance de la foi nouvelle.”"},"c2dbf4ef-9ab1-5dca-9ef4-37ca6225e91e":{"title":"Mécénat officiel","description":"Les palais omeyyades, également appelés \"châteaux du désert\", comme celui de Minya, intéressent les chercheurs depuis longtemps. La localisation de certains d'entre eux sur des terres bien irriguées suggère qu'ils étaient également le centre d'une exploitation agricole. Certains ont avancé qu'ils avaient été édifiés pour maintenir le contact avec les tribus arabes, solides soutiens de la dynastie omeyyade.","quote":"“Les palais omeyyades, également appelés 'châteaux du désert', comme celui de Minya intéressent depuis longtemps les chercheurs.”"},"c3c3c6a9-356a-5b3d-b18a-805d7175e3fa":{"title":"Réformes administratives"},"c5fe097b-ce23-566c-9ba9-78fa3ca5eb00":{"title":"Syrie","description":"Les riches familles de Damas, inspirées par le prestige de la capitale ottomane, s'inspirant elle-même de l'Europe, rénovent leurs demeures à la mode européenne. Par exemple, les intérieurs et les miroirs lourdement dorés de Beit Nizam reflètent le goût pour le baroque européen, tandis que les grandes peintures murales de Beit Baroudi représentent ces paysages universels que sont La Mecque et Médine, Istanbul sur le Bosphore, la place de la Concorde à Paris ou la lagune de Venise. Paquebots et locomotives font leur apparition dans les tableaux avec les mots “Cham Sheriff” (“Honorable Syrie”) désignant la destination finale du train. Le terme “Honorable Syrie” renvoie au rôle de la Syrie comme lieu de rassemblement pour les pèlerins, symbolisant par conséquent la belle rencontre de l'Occident et de l'Orient, tout à la fois intégration et préservation de l'héritage culturel.","quote":"“Les riches familles de Damas, inspirées par le prestige de la capitale ottomane, s’inspirant elle-même de l’Europe, rénovent leurs demeures à la mode européenne.”"},"c667dbde-a90a-50a0-a246-daedc5e094da":{"title":"Pèlerinage en Terre sainte","description":"Ibn Jubayr (539-613/1145-1217), musulman originaire de Valence en Espagne, rédigea un compte-rendu de ses voyages au Proche-Orient. Il décrit en détail la Grande Mosquée de Damas et d'autres mausolées de la ville et de ses environs. Quittant Damas en septembre 580/1184 avec une caravane de marchands partant pour la vieille cité d'Acre (Akko) en Israël, il écrit : \"L'une des choses le plus étranges du monde est que les caravanes musulmanes s'avancent dans les territoires francs, tandis que des captifs francs partent pour les pays musulmans.\"","quote":"“… Les caravanes musulmanes s'avancent dans les territoires francs, tandis que les captifs francs partent pour les pays musulmans.”"},"c6bda72b-5fc2-5242-a86c-73e57fb7f25b":{"title":"Les Aghlabides : le bouclier de la dynastie abbasside","description":"Aux territoires aghlabides d'Afrique du Nord s'ajoutent par la suite Malte, la Sicile et le sud de l'Italie. Les Aghlabides qui, bien que bénéficiant d'une grande autonomie, se considèrent comme vassaux des Abbassides, maintiennent leurs liens avec Bagdad à travers de multiples échanges commerciaux et scientifiques. Les carreaux lustrés du décor du *mihrab* de la Grande Mosquée de Kairouan proviennent par exemple d'Irak. En reconnaissance de la loyauté aghlabide, le calife abbasside al-Moustaïn (r. 248-252/862-866) ordonna la construction de la coupole au-dessus du *mihrab* de la Zitouna, la Grande Mosquée de Tunis.","quote":"*“Les Aghlabides se conduisent à l'image de leurs suzerains, les califes abbassides.”*"},"c7857f3a-7319-5558-b576-1a12a5980546":{"title":"Monuments","description":"Peu de dynasties ont autant construit que celle des Mamelouks. Les sultans et les princes furent de très actifs commanditaires d'architecture et peu de sites dans le monde peuvent rivaliser avec la richesse architecturale historique de la capitale mamelouke, Le Caire. \n \nL'architecture des Mamelouks, essentiellement en pierre, est représentée dans les deux principales régions sous leur contrôle, l'Égypte et la Grande Syrie. Le bois est utilisé pour fabriquer des portes, des panneaux d'habillage, des *mihrab* ainsi que des écrans en treillis de bois appelés moucharabiehs. Les coupoles sont habituellement en pierre. Le stuc est employé pour les éléments décoratifs. \n \nLe plan à quatre *iwan*, introduit antérieurement par les Zenguides et les Ayyoubides dans l'architecture égyptienne et syrienne, devient la disposition la plus fréquente des bâtiments religieux comme les mosquées et les *madrasa,* ainsi que de nombreux ensembles qui combinent ces deux types. *Madrasa* et mosquées incluent souvent un mausolée à coupole pour leur commanditaire. \n \nDans la tradition mamelouke, le minaret présente souvent des sections de fût différentes, selon un plan dit de minaret à trois niveaux. Il s'élève sur un socle carré, suivi par un fût octogonal se poursuivant lui-même par une partie circulaire parfois garnie d'une colonnade. Des balcons soutenus par des encorbellements à *mouqarnas* peuvent séparer ces sections. D'autres sections de minaret, par exemple entièrement octogonales, sont également courantes. \n \nLes bâtiments mamelouks privilégient l'équilibre de leur composition d'ensemble plutôt que la symétrie. C'est l'alignement avec les différentes orientations de rue et de la *qibla* qui est privilégié, ce qui génère une abondante variété de séquences d'entrée qui soulignent les changements d'axes. Les bâtiments sont d'échelle monumentale, en particulier au Caire. \n \nLes coupoles à profil en arc brisé reposent souvent sur un tambour cylindrique. Initialement les trompes, ultérieurement les pendentifs, consistent souvent en rangées de *mouqarnas* assurant la transition avec la coupole. Au début de la période, c'est le bois qui est utilisé pour le traitement de cette zone, mais il sera supplanté plus tard par la pierre. Si les arcs peuvent être aussi bien en berceau que brisés, cette dernière forme prévaut, en particulier à la fin de la période. \n \nLes Mamelouks utilisent abondamment la calligraphie. La technique *ablaq*, introduite à la fin de la période ayyoubide, se répand et devient même une caractéristique de la tradition mamelouke. Les *mouqarnas* en pierre sont omniprésentes. Leurs exemples les plus élaborés servent à l'articulation de demi-coupoles placées au-dessus des portails d'entrée. Même les chapiteaux de colonnes sont parfois ornés de *mouqarnas*. La face extérieure des coupoles est souvent en pierre sculptée à complexes motifs de cannelures, de zigzag, d'étoiles et d'arabesques. Les retraits pratiqués dans les façades, dans lesquels ouvrent les fenêtres, sont habituellement couronnés de rangées de *mouqarnas.* Les fenêtres sont couramment obturées par des grilles en stuc à verres de couleur, et les incrustations de marbre sont fréquentes dans les décors de surface. \n \nLes Mamelouks sont de grands constructeurs de bâtiments militaires. Ils entreprennent de nombreuses rénovations et agrandissements d'anciennes forteresses croisées ou ayyoubides. Régnant sur un empire qui tire une considérable richesse du transit des marchandises sur son territoire, ils édifient de nombreuses constructions destinées au commerce. \n \nL'architecture des Mamelouks est de nature très cosmopolite. Le Caire, centre politique et commercial d'importance internationale, attire les artisans de diverses régions. L'architecture intègre ainsi des influences venues d'al-Andalus, du Maghreb, des royaumes croisés, d'Asie centrale et de Perse."},"c847fdb4-fe99-5430-96ad-f2a1a1bedc31":{"title":"La pierre funéraire, mémoire lapidaire","description":"À l'époque almoravide, d'abord en al-Andalus, puis au Maghreb, apparaît un nouveau type de stèle sculptée à arc outrepassé décoratif sur colonne, représentation symbolique du *mihrab*. À l'intérieur de l'arc se déploie l'inscription funéraire qui, ici comme ailleurs, se résume généralement aux noms, filiations et titulatures des défunts, avec la date de leur mort ; la profession de foi y a également sa place, accompagnée de quelques versets coraniques et invocations religieuses.","quote":"Les stèles décorées"},"c8537387-383b-5275-8627-e7e6711be5ec":{"title":"Saladin en Terre sainte","description":"Sous l'influence de Saladin, le mécénat architectural et artistique se développe. Lui-même soutient personnellement de nombreux projets de construction, y compris la rénovation de grands sites religieux comme la mosquée al-Aqsa et le Dôme du Rocher à Jérusalem ou la mosquée d'Abraham à Hébron.","quote":"“Sous l'influence de Saladin, le mécénat architectural et artistique se développe.”"},"c891e7d0-4fed-5c58-96cf-57ac94c648f4":{"title":"Commerce et voyages","description":"Les marchands musulmans voyagent fréquemment avec les mêmes caravanes que les pèlerins, s'arrêtant la nuit dans des caravansérails ou *khan* généralement construits en bordure des axes commerciaux ou dans les principales villes. Ils y trouvent un abri, de la nourriture et de l'eau pour eux-mêmes et pour leurs animaux. Une fois en ville, ils trouvent des marchés (souks) qui vendent une diversité impressionnante de produits tels que soieries, parfums, joaillerie, or, épices, verrerie, objets en métal travaillé, récipients en céramique. Le souk d'Alep, par exemple, contient un *khan*, un hammam et une mosquée qui répondent à tous les besoins des voyageurs.","quote":"“Les voyageurs trouvent des marchés (souks) qui proposent une diversité impressionnante de produits.”"},"ca03bc94-3139-59a8-a6bb-af5e1368a210":{"title":"La décoration géométrique dans l’art du livre","description":"Étant donné le caractère sacré du Livre, les enlumineurs apportent le plus grand soin à la décoration des première (*fatiha*) et dernière (*jatima*) pages, qu'ils ornent parfois en pleine page. Le début de la sourate est indiqué par un cartouche. Par ailleurs, les pages peuvent être entourées d'un encadrement de motifs géométriques plus ou moins élaborés. Le colophon comporte généralement la date et le lieu de réalisation, et parfois le nom du destinataire.","quote":"“Les enlumineurs apportent le plus grand soin à la décoration des première (*fatiha*) et dernière (*jatima*) pages.”"},"ca0dc59b-60b3-560e-8e70-93208a08246a":{"title":"Les bijoux : richesse, prestige et protection","description":"Dans l'Occident islamique médiéval, le fiancé avait l'habitude d'offrir à la future épouse un cadeau nuptial consistant en bijoux, vêtements et cosmétiques pour qu'elle puisse se préparer conformément aux exigences des célébrations du mariage, qui duraient plusieurs jours. Le père de la mariée lui prêtait aussi des bijoux, qui devaient lui être rendus après la noce, pour qu'elle soit dignement parée lorsqu'elle apparaîtrait en public. \nLa noce commençait par la visite des femmes de la famille à la fiancée qui, spécialement peignée et vêtue pour l'occasion, et aussi parée de bijoux que le permettait la position économique du fiancé et de la famille, recevait les félicitations, aussi impassible qu'une statue sur le trône ou le siège d'honneur.","quote":"Présent nuptial"},"ca354990-79c2-5bab-83fc-460c8bcc911e":{"title":"Mosquées et palais","description":"Après la conquête de l'Égypte en 358/969 par le général Jawhar pour le calife al-Mouiz, une nouvelle capitale est construite, al-Qahira (\"la Victorieuse\"). Elle est entourée d'une muraille percée de huit portes. Comme il se doit, l'imposant complexe palatial, connu sous l'appellation de al-Charki ou palais de l'Orient, se dresse au centre même de la nouvelle cité ; sa superficie au sol représente un cinquième de la ville, soit plus de 8 hectares. Plus tard sera édifié juste en face le palais de l'Occident, relié au premier par une place publique. Il ne reste que peu de vestiges de ces édifices et les descriptions en sont rares, mais les sources historiques mentionnent la présence de cimetières pour les membres de la dynastie, ce qui a pu renforcer le sentiment de sacré attaché au califat. Dans de nombreuses villes et jusqu'en Sicile s'élèvent des palais bâtis sur ces modèles, qui continueront à inspirer l'architecture royale jusque bien après la conquête normande.","quote":"“Une nouvelle capitale est construite, al-Qahira, entourée d'une muraille percée de huit portes.”"},"ca4d15b3-1f58-5e52-8573-10d6bfc02842":{"title":"La quête de la baraka – le pèlerinage à Jérusalem et en Palestine","description":"Selon la foi musulmane, le Dôme du Rocher, édifié à Jérusalem sous les Omeyyades à la fin du Ier/VIIe siècle, est le site choisi par le prophète Muhammad pour la résurrection des fidèles au Jour du Jugement. Le Prophète a sacralisé ce lieu car c'est de là qu'il est monté au ciel (*Miraj*) la nuit de son voyage de La Mecque à Jérusalem (*Isra).* Il encouragea à de nombreuses reprises les fidèles musulmans à révérer et voir ce site en se rendant à Médine et à La Mecque.","quote":"*“Le Jour du Jugement, le Dôme du Rocher servira de site pour de la Résurrection des fidèles.”*"},"ca4e1fb9-a323-523f-bcbb-6c6de8cefb05":{"title":"Le palais et les arts","description":"Beaucoup d'artistes travaillant dans les ateliers du palais étaient appelés *nakkaş* *(*dessinateurs, concepteurs). Les dessins servaient à de nombreuses applications artistiques : livres, calligraphie, tapis, carreaux, céramiques, travail du bois et travail de la pierre. Ainsi, les mêmes plans et motifs se retrouvaient sur des matériaux aussi différents que le bois, le métal et la pierre. \nLes dessins étaient également utilisés hors du palais, par exemple dans les ateliers de céramique d'Iznik ou de tissage de tapis d'Ouchak. Les produits réalisés étaient ensuite vendus dans l'empire ou exportés.","quote":"“Les dessins servaient à de nombreuses applications dans tous les arts, depuis le livre jusqu'au travail de la pierre.”"},"ca738840-bcc5-5148-8748-e3bb31ec2983":{"title":"L’art mudéjar aristocratique et civil"},"caca8135-e85b-5bcb-8988-35e33bc14f08":{"title":"Monuments","description":"L'architecture des Ayyoubides et des Atabegs zenguides présente un certain nombre d'éléments de transition qui traduisent une continuité entre la fin de la période fatimide et le début de la période mamelouke. \n \nEn termes de matériaux de construction, la pierre est largement utilisée car elle est généralement aisément disponible dans les régions sous souveraineté zenguide et ayyoubide : la Grande Syrie et l'Égypte. Son travail peut se révéler d'un très haut niveau de qualité. La brique et le stuc se trouvent plus fréquemment en Syrie orientale. \n \nLes efforts pour concilier le tissu urbain et la direction de la *qibla* développés pendant la période fatimide sont plus fréquents. Par ailleurs, le plan à axe brisé mis au point dans la mosquée fatimide al-Aqmar pour assurer une transition entre la rue et l'intérieur se fait plus complexe. \n \nDiverses formes de minaret apparaissent au cours de cette période. Certains sont de section carrée, d'autres circulaire ou combinent parfois une section inférieure carrée suivie d'une partie supérieure octogonale ou circulaire. \n \nL'utilisation des *mouqarnas* est très courante, en particulier dans les voûtes, et fournit quelques-uns des exemples les plus anciens de composition de *mouqarnas* en pierre subsistants . La technique *ablaq* pour les façades (alternance de rangs de pierres de couleurs différentes) apparaît vers la fin de la période ayyoubide. Elle sera par la suite largement utilisée sous les Mamelouks. \n \nLes Ayyoubides laissent une impressionnante architecture militaire, édifiée d'abord dans le cadre de la lutte contre les Croisés. Un certain nombre de forteresses construites par ceux-ci seront par la suite occupées par les Ayyoubides qui les rénoveront et les agrandiront. La forteresse ayyoubide est plus vaste que celle des périodes antérieures et possède des murailles plus épaisses. Elle possède des éléments caractéristiques comme des entrées à changement d'axe, des meurtrières qui descendent jusqu'au sol, des mâchicoulis et des portes décorées de motifs talismaniques : serpents, dragons et lions. Autre trait important : les résidences palatiales sont construites à l'intérieur des citadelles. \n \nLa *madrasa* se signale comme un élément majeur de l'héritage architectural des Zenguides et des Ayyoubides. Un des plus anciens exemples de ce type connus dans le monde islamique est un monument zenguide. Le développement de la *madrasa* est étroitement lié à l'enseignement du sunnisme, dans la propagation duquel les Zenguides et les Ayyoubides s'engagent activement. Le plan de la *madrasa* ayyoubide consiste généralement en une cour entourée de deux ou quatre *iwan* (espace sous voûte, muré sur trois côtés et ouvert sur une cour sur le quatrième), ainsi que de cellules plus petites servant de logement aux étudiants et enseignants. Avec le temps, le plan à quatre *iwan* s'impose. Les Ayyoubides introduisent également vers la fin de la période un type architectural combinant *madrasa* et mausolée. Il sera fréquemment repris par les Mamelouks."},"cb0785ef-fb33-5e76-b51b-81652da4bdfc":{"title":"Saladin en Terre sainte","description":"Avec la prise de Jérusalem, Salah-al-Din al-Ayyoubi (Saladin, r. 531-589/1137-1193), héros des héros de l'islam, inversa le cours des défaites arabes devant les Croisés. Son règne est considéré comme l'un des plus brillants moments de l'histoire arabe, à une époque où le califat abbasside en déclin connaît un bref renouveau sous l'impulsion des gouverneurs ayyoubides.","quote":"“Le règne de Saladin est considéré comme l'un des plus brillants moments de l'histoire arabe.”"},"cbc12111-8c44-55d6-b676-b86eda25e6a1":{"title":"Tunisie","description":"L'ameublement européen est adopté plus rapidement encore, et on commence à trouver couramment des lits à baldaquin à décor de plâtre, des miroirs et des consoles lourdement dorés, des lampes de Venise, des soies et velours italiens ou français qui côtoient les meubles hispano-maghrébins traditionnels, même si cette nouvelle tendance n'a jamais supplanté l'ancien style. Parmi les articles nouvellement importés se comptent aussi des tapis (*zarbia*) d'Anatolie, des coffres de mariage sculptés, des tables bases et des boîtes aux riches incrustations provenant de Turquie. Ameublement, habilement féminin, joaillerie, etc., connaissent tous la même évolution. Les revêtements muraux, les tentures, les parures de lits et de divan tout comme le vêtement d'une manière générale sont richement rehaussés de broderies levantines.","quote":"“Ameublement, habilement féminin, joaillerie, etc., connaissent tous la même évolution.”"},"cc1b1d0f-11e9-5198-addd-247752f7c5b8":{"title":"L'art dans les lieux de prière","description":"Les mosquées ottomanes conçues par les architectes impériaux présentent deux caractéristiques liées à une philosophie architecturale : un espace unique sous une coupole unique, où chacun vient prier en toute égalité. La coupole symbolise l'univers éternel et le *mihrab* la présence du Prophète, ordonnateur de la prière. Pour rendre ces deux concepts plus clairs et faire mieux comprendre l'esthétique islamique, des versets du Coran figurent sur la coupole et son tambour, tandis que le *mihrab* est richement décoré. Les murs sont embellis de carreaux de céramique ou peints de motifs géométriques symbolisant l'éternité de Dieu et/ou de motifs floraux évoquant les jardins du Paradis.","quote":"“La coupole symbolise l'univers éternel et le mihrab la présence du Prophète comme maître de prières.”"},"cc5c14f6-ee31-580d-97ca-0fb352da0379":{"title":"La vie quotidienne dans le sultanat mamelouk","description":"Du berceau à la tombe, riche ou pauvre, presque toute la population de l'empire vit selon les préceptes de l'islam. Dans leur quête du Paradis, les musulmans observent le rite des cinq prières quotidiennes précédées d'ablutions, font la charité, jeûnent pendant le mois de ramadan et s'efforcent de se rendre à la ville sainte de La Mecque au moins une fois au cours de leur vie. Les problèmes juridiques sont réglés sur la base de la loi religieuse ou *charia*, issue du Coran, et des traditions instituées par le prophète Muhammad. Chaque activité, y compris la nourriture et l'hygiène personnelle, est exercée “au nom d'Allah” dans la seule intention d'accomplir ses souhaits et de lui être agréable.","quote":"“Toute activité, y compris la nourriture et l'hygiène personnelle, est accomplie 'au nom d'Allah'.”"},"cca743b1-59ef-5ca4-9e68-aacc9793e3f9":{"title":"La genèse de l'art islamique","description":"Au début du IIe/VIIIe siècle, les Omeyyades édifient dans le désert syrien de luxueux palais richement décorés. Ce sont eux, plus que les palais urbains, qui permettent d'étudier l'art islamique dans sa phase de formation.","quote":"“De luxueux palais décorés de mosaïques de couleur, de fresques, de stucs sculptés et de placages de marbre.”"},"cd32f260-a216-5142-ba1e-9c46b541a116":{"title":"Mosquées et palais","description":"Après l'accession des Fatimides au pouvoir, le calife al-Mahdi fonde la capitale, al-Mahdiyya (Mahdia), en 308/914, selon un plan qui reflète le centralisme du califat chiite, lui-même inspiré de la conception fatimide de l'organisation de la société et qui affectera désormais la physionomie de toutes les cités fatimides. La mosquée, naguère au cœur même de la vie urbaine, laisse place à l'imposant palais haut de plusieurs étages et splendidement décoré du calife, qui est à la fois le chef politique et la principale autorité spirituelle. C'est donc lui qui doit occuper le centre de la ville. Son palais au centre de la *casbah* (citadelle) domine la principale mosquée près des remparts.","quote":"“Les Fatimides adoptent un nouveau plan de ville qui reflète le centralisme du califat chiite.”"},"ce66627b-ff4a-54f2-8878-1023a2f1743f":{"title":"La genèse de l'art islamique","description":"On ne peut vraiment parler au cours de cette période de genèse d'un art islamique en soi puisque ce qui est pratiqué juxtapose et combine des styles et motifs décoratifs inspirés de traditions artistiques diverses qui, cependant, aboutissent à des résultats surprenants et donnent naissance à une spécificité. L'art éclectique de cette époque est différent de celui qui va se développer au cours des siècles suivants. Il lui manque la prédilection pour les dessins abstraits et la répétitivité, deux traits caractéristiques de l'art islamique à venir. Cette première phase peut être considérée comme une continuation de l'art classique antique des IVe-VIe siècle J.-C.","quote":"“La juxtaposition et la combinaison de divers styles et motifs décoratifs inspirés de traditions artistiques diverses.”"},"ceab8d7c-6e1d-5d61-81c7-078ad66f0bd3":{"title":"Vie de cour","description":"Un autre exemple d'objet de luxe utilisé pour faciliter les relations diplomatiques se trouve à la cour de Badr al-Din Lu'lu'. Cet Arménien converti à l'islam, vizir zenguide puis souverain indépendant de Mossoul en Irak du Nord en 615-657/1218-1259, s'intéressait beaucoup au travail du métal. Un certain nombre de récipients en cuivre incrusté d'or et d'argent à son nom nous sont parvenus. Ces objets de valeur remplaçaient probablement l'or, et le fait que Lu'lu' y ait fait inscrire son nom suggère qu'il s'agissait probablement de cadeaux diplomatiques.","quote":"*“Badr al-Din Lu'lu' s'intéressait beaucoup au travail du métal. ”*"},"ceba53e2-8d26-5b58-86d1-788c47e11fd6":{"title":"Coexistence des trois cultures"},"cffb5dbb-cdd6-5c87-9301-6dc14bb279d8":{"title":"Vie religieuse","description":"Le rôle de Damas comme point de départ du pèlerinage annuel, ou *hadjdj*, renforce le caractère religieux de la ville. Au cours de la période ayyoubide, le faubourg d'al-Maydan se développe en bordure de la route du *hadjdj* et devient un important centre de production d'art religieux. L'art islamique religieux des périodes atabeg et ayyoubide s'exprime de manière particulièrement éloquente dans l'architecture des mosquées et les enluminures coraniques. La maçonnerie et le travail du bois des minarets, les *mihrab*, les *maqsura* et les *minbar* en sont autant d'exemples.","quote":"“L'art islamique religieux s'exprime de manière particulièrement éloquente dans l'architecture des mosquées.”"},"d0091937-ae75-5b53-b750-fd43ae2c25e5":{"title":"Les vêtements et les bijoux des femmes musulmanes"},"d03f0704-42d3-54b3-8b3b-d1ee5a970a2c":{"title":"L’Égypte abbasside"},"d0420e12-6207-5772-b8f0-9c22f7f604c4":{"title":"L’ouverture sur le monde : contacts diplomatiques et commerce international","description":"Les artisans reçoivent directement les multiples influences venues d'Orient et d'Occident. L'évolution la plus remarquable concerne la production de corans. La collaboration entre les calligraphes, les enlumineurs et les relieurs conduit à la réalisation de remarquables manuscrits dignes des aspirations religieuses du sultanat mamelouk. De spectaculaires objets en métal, souvent incrusté, sont destinés au marché aussi bien domestique que d'exportation, certains articles étant spécialement commandés pour des clients privés étrangers.","quote":"“Les artisans reçoivent directement les multiples influences venues de l'Orient et de l'Occident.”"},"d08a7344-9af5-5da5-ae9d-7b8557412652":{"title":"Les Normands en Sicile"},"d0f2de47-bb3f-5401-adda-d70b0bdc2f1c":{"title":"Représentation animale"},"d1cd70ed-eba3-5102-ad3f-35f48ba86542":{"title":"L'art turco-islamique de l'Anatolie pré-ottomane","description":"Une fois l'unification politique de l'Anatolie accomplie, les sultans seldjoukides développent le commerce, sécurisent les voies de communication et multiplient les programmes de construction. Ils vivent dans de luxueux palais conçus comme des paradis sur terre. État turco-islamique, les Seldjoukides anatoliens élaborent peu à peu un style qui s'inspire du patrimoine de nombreuses civilisations d'Asie et d'Anatolie, ainsi que de cultures contemporaines comme celle de Byzance. Sous leur règne, de la seconde moitié du Ve/XIe siècle au début du VIIIe/XIVe siècle, ils édifient des monuments à la gloire de leur religion mais qui correspondent également à leurs projets sociaux : mosquées, *turbé* (tombeaux), *madrasa* (écoles religieuses), hammams, *han* (caravansérails) et ponts.","quote":"“Ils élaborent peu à peu un style qui s'inspire du patrimoine de nombreuses civilisations d'Asie et d'Anatolie.”"},"d3086523-5bfd-58be-92ce-ac1f8ca548d7":{"title":"Représentation humaine","description":"La représentation humaine dans l'art islamique s'adapte à différents supports : mosaïques, peintures et sculpture. En dehors du portrait, le spectateur découvre des représentations picturales de thèmes divers comme la chasse, les scènes de bataille, la danse, l'interprétation de musique, la lecture de poésie, les femmes nues ou mi-vêtues, des jeux et des acrobates, l'offrande de cadeaux et le travail. La “signification” précise de cette imagerie peut se comprendre de façons variées et parfois conflictuelles, la motivation du choix du sujet manquant souvent de clarté. Bien que la plupart des images puissent généralement s'interpréter comme la description d'une vie de luxe et de raffinement, des plaisirs de la cour et de la symbolique de la richesse et du pouvoir, certains visuels peuvent également être considérés comme des références à des événements sociaux ou historiques précis. Par ailleurs, les détails de certaines scènes de chasse décrivent des pratiques de nature spécifiquement locale.","quote":"“Les détails de certaines scènes de chasse décrivent des pratiques de nature spécifiquement locale.”"},"d3c09fd8-614a-5317-a73b-07bb96f5d57c":{"title":"Saladin en Terre sainte"},"d4324e40-dd9c-55ae-bca3-245862dcd559":{"title":"Les femmes de la dynastie : les petites-filles de Fatima al-Zahra"},"d56f34dd-618b-52fd-941d-524f966fe3d5":{"title":"Art et architecture royale","description":"La capacité d’emprunter, au monde islamique et byzantin, des éléments figuratifs et typologiques (avec une certaine perméabilité par rapport à des éléments bien plus éloignés, entre autres ceux d’origine sassanide) assure, aux formes artistiques encouragées par la “politique de l’image” des rois normands, un syncrétisme dynamique des plus originaux.","quote":"La “politique de l’image” des rois normands utilise abondamment des modèles artistiques islamiques."},"d691a9e4-feba-58bc-947e-a2528e1d9adb":{"title":"Sujets chrétiens sous administration omeyyade","description":"Face à la nouvelle situation sociale et religieuse, les traditions des communautés chrétiennes connaissent quelques changements. Sachant que l'islam interdit les représentations figuratives dans un contexte religieux, les chrétiens suppriment alors délibérément les formes humaines et animales existant dans les églises et les remplacent par des croix ou des motifs floraux ou géométriques. Dans certains cas, la composition est détruite et les tesselles sont ré-assemblées différemment. Cette mutilation des représentations figuratives des sols en mosaïque est exécutée avec beaucoup de soin et les églises restent ouvertes, ce qui peut suggérer que l'iconoclasme est le fait de l'église elle-même, ou du moins que les mutilations ont été menées sous sa supervision directe.","quote":"“On attribue à l'islam l'interdiction de représentations figuratives humaines et animales dans un contexte religieux.”"},"d7c23444-3d3f-5267-ac39-29110a7751ab":{"title":"La culture dans le royaume croisé de Jérusalem"},"d81c8cbb-bdf6-53de-8363-0663b937e7d4":{"title":"Guerre et cavalerie","description":"La Syrie est l'un des principaux champs de bataille de la période des Croisés. Elle voit l'érection de nombreuses citadelles musulmanes et châteaux francs. Saladin (m. 589/1193), le plus célèbre héros musulman de cette période, est inhumé à Damas. Ses campagnes aboutissent à la conquête de plusieurs positions tenues par les Croisés, dont le château de Saône qu'il assiégea en 584/1188. Aujourd'hui appelé Qal'at Salah al-Din, ou château de Saladin, c'est l'un de plus remarquables exemples subsistants de châteaux de cette époque.","quote":"“Saladin, le plus célèbre héros musulman de cette période, est inhumé à Damas.”"},"d88bfba8-7354-548e-ac28-2c053b370b71":{"title":"Les Abbasides et de leurs vassaux"},"da37f448-7c1f-5fc6-ac49-a3a689b3f87a":{"title":"Cérémonial et divertissements à la cour","description":"Selon un chercheur, les thèmes récurrents des danseuses, de la chasse et de la musique ne correspondent pas seulement à des activités frivoles, mais reflètent les plaisirs et les divertissements du prince. Ils se déroulent dans le *majlis al-lahu*, lieu réservé aux cérémonies, mais où la représentation de la vie princière — à travers la chasse, les banquets et les divertissements comme la danse et le chant, pratiques communes aux cours sassanides — sert à glorifier le souverain et à valoriser sa grandeur.","quote":"“La vie du prince est représentée associée à la chasse, aux banquets et aux divertissements.”"},"da493358-92ba-5a20-8866-fa30fb03bfb2":{"title":"Les Abbassides","description":"“L'art et l'architecture islamiques ont largement bénéficié de la diversité culturelle régionale abbasside, caractérisée par la présence de groupes sociaux et ethniques diversifiés.”","extra":{"credits":"Curators & authors \nMohammad ABBAS, Cairo \nNoorah AL-GAILANI, Glasgow \nDina BAKKOUR, Damascus \nJamila BINOUS, Tunis \nAicha BENABET, Tunis \nElsayed HAMAD, Cairo \nTaha KHECHINE, Kairouan \nMourad RAMMAH, Kairouan \nSalah SAYAOUR, Cairo \nTarek TORKY, Cairo \n \nCoordination \nSaloua ZANGAR, Tunis \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"La dynastie abbasside qui accède au pouvoir en 132 de l'Hégire / 750 J.-C. installe sa cour à Bagdad. Son pouvoir s'étend de l'Asie centrale à la Tunisie et durera 508 ans. Son règne se distingue par la promotion de l'égalité entre les différents groupes ethniques et sociaux qui composent la société. Pour assurer l'ordre et la stabilité de cet immense empire, les Abbassides créent des gouvernorats régionaux. Dans le bassin méditerranéen, les Aghlabides gouvernent la Tunisie, et les Toulounides l'Égypte, au nom des Abbassides. \n \nL'âge d'or de la dynastie couvre les IIIe et IVe siècles de l'Hégire (IXe-Xe siècles J.-C.), époque à laquelle le Moyen-Orient et le nord de l'Afrique connaissent une évolution majeure : le passage d'une économie essentiellement agricole à un système dominé par le commerce. Cette transformation engendre un afflux de richesses qui réduit les différences sociales entre les communautés arabes et non arabes et suscite des changements dans de nombreuses activités artisanales ; c'est notamment le cas de la verrerie, de la poterie et du tissage. Leurs productions sont exportées jusqu'en Chine et en Afrique subsaharienne. \n \nLa recherche de la connaissance est encouragée par l'État. De nombreuses écoles sont fondées à Bagdad et dans les provinces. La traduction de livres est une activité florissante qui permet la préservation de nombreuses œuvres essentielles d'origine grecque, perse ou indienne traduites en arabe. Des contributions significatives sont apportées dans les domaines des sciences, des mathématiques, de la médecine et de la philosophie. \n \nLe déclin débute au Ve/XIe siècle, lorsque que certaines parties de l'empire commencent à se détacher ou deviennent autonomes. Les Fatimides (297-567/909-1171) fondent une dynastie rivale en Égypte et Tughrul Beg, officier turc abbasside, prend le contrôle de Bagdad, siège de la dynastie, en 447/1055. Plusieurs tentatives de rétablissement de la souveraineté des Abbassides ont lieu, mais le coup final leur est porté lorsque les Mongols envahissent le Moyen-Orient et prennent Bagdad en 656/1258.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/the_abbasids/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/13/portal_image/1.jpg","display_order":2}}},"dc1ba8a3-fd25-52de-bd11-66f5e8ee0fdc":{"title":"Les femmes musulmanes comme professionnelles, artisanes et artistes-interprètes"},"dc90a515-7d31-50e6-bb8f-6de8b231efd4":{"title":"L’Égypte abbasside","description":"L'Égypte reste sous souveraineté abbasside de 132/750 à 358/969. Son agriculture et son commerce procurent d'importants revenus et sa situation ouvre les portes de l'Afrique du Nord. Le pays est confié à un gouverneur disposant d'une armée d'élite et d'une administration. Fustat, sur la rive gauche du Nil et au sud du Caire, en est la capitale économique. La ville conserve encore aujourd'hui une population en majorité chrétienne copte. La mosquée d'Amr Ibn al-'As y est le principal lieu de culte musulman. Le gouverneur et ses troupes occupent le quartier d'Asakir adjacent à Fustat.","quote":"“Fustat, sur la rive gauche du Nil, au sud du Caire, est la capitale économique.”"},"df28fd23-6a70-55b8-9302-7d8b3b1968ac":{"title":"La culture de la table","description":"Des fondations caritatives, les *imarethane*, sont créées par les riches Ottomans pour distribuer de la nourriture aux pauvres. Celle-ci est préparée dans de grands chaudrons et servie dans d'importantes coupes appelées *imaret*. Ceux qui ne peuvent se rendre à l'*imaret* reçoivent des aliments apportés dans des boîtes de repas, des nécessaires ou peut-être d'autres types de récipients. \nEn général, les Ottomans consomment du pain plat cuit sur une plaque de métal convexe placée sur un foyer ouvert ou dans des fours *tandoor*. On commence à manger de la main droite, en invoquant le nom de Dieu, et on termine le repas par une prière de grâce. Les aliments sont présentés sur un plateau reposant sur un support en bois placé sur un tissu déroulé sur le sol. La famille mange assise autour du plateau à l'aide de cuillères en bois.","quote":"“Des fondations caritatives, les imarethane, sont créées par les riches Ottomans pour fournir des aliments aux pauvres.”"},"df4ffea5-fc6b-5044-8eed-f3f4baa7147e":{"title":"Gardiens des sites sacrés","description":"C'est dans la direction du site le plus saint de l'islam, la *Kaaba*, que les fidèles doivent se tourner pour prononcer les prières canoniques. Centre du monde musulman, la *Kaaba* est également la destination finale du pèlerinage que chaque musulman est censé accomplir au moins une fois dans sa vie. Les sultans ottomans devaient faire en sorte que les fidèles puissent accomplir leurs devoirs religieux, dont ce pèlerinage. Le prestige du sultanat dépendait ainsi beaucoup de la sécurité des routes empruntées par les pèlerins, qu'il assurait principalement en payant les Bédouins dont les caravanes traversaient les territoires. Les sultans prirent également des mesures pour protéger les étapes des pèlerins dans le désert en construisant des forts. Au début du XXe siècle, le transport fut amélioré par la construction du chemin de fer du Hedjaz.","quote":"“Les sultans ottomans devaient faire en sorte que les fidèles pussent accomplir leurs devoirs religieux, dont le pèlerinage.”"},"dfd16be7-b25b-5454-8dba-80cf0cda47b8":{"title":"Gestion de l’eau","description":"Pour lutter contre l'aridité naturelle de la région, il était crucial de pouvoir canaliser les sources naturelles et de collecter l'eau de pluie. C'était particulièrement important pour les *khan*, les caravansérails et les *wikala* qui s'égrenaient le long des routes de pèlerinage. Le gouverneur musulman avait pour devoir d'assurer un approvisionnement en eau ainsi que la sécurité des voies conduisant aux lieux saints.","quote":"“Il était crucial de trouver des moyens de canaliser les sources naturelles et de collecter l'eau de pluie.”"},"dfe11212-0dd1-5b88-8c67-bc7d735d4c2c":{"title":"La décoration géométrique dans les récipients en céramique","description":"Une partie importante de la céramique islamique est ornée de motifs géométriques très simples ou de motifs végétaux schématisés qui ressemblent à des figures géométriques. Parfois, les motifs sont sélectionnés et composés au préalable pour s'adapter à la forme du récipient et rehausser ses différents éléments. C'est pourquoi, pour les formes ouvertes, on préfère les schémas organisateurs rayonnants, et les bandeaux horizontaux pour les formes fermées.","quote":"“Les motifs sont sélectionnés et composés au préalable pour s'adapter à la forme du récipient.”"},"e0d404ea-dbc1-591a-86a5-75265066d6f0":{"title":"Eau","description":"“… et de l'eau Nous avons fait toute chose vivante.”","extra":{"credits":"Curators & authors \nMona AL-MUADIN, Damascus \nDina BAKKOUR, Damascus \nSheila CANBY, London \nVerena DAIBER, Damascus \nAbdel-Razzaq MOAZ, Damascus \nEmily SHOVELTON, London \nZena TAKIEDDINE, Damascus \n \nCoordination \nSamer ABDEL-GHAFOUR, Damascus \nZena TAKIEDDINE, Damascus \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Pour les musulmans, l'eau est le secret de la vie et une bénédiction divine. Dans le Coran, Dieu dit “… *et de l'eau Nous avons fait toute chose vivante”* (XXI, 30). \nSelon la loi islamique, il est interdit de refuser l'eau à celui qui a soif, même si la source est une propriété privée. Selon les Hadiths (“Dits du prophète”), les musulmans sont associés dans la propriété commune de l'eau, du feu et de la végétation, productions de la nature. Des règles furent néanmoins édictées sur l'irrigation des terres. Par exemple, celui qui creuse un puits est le premier à pouvoir irriguer sa terre, après quoi l'eau restante peut être utilisée par d'autres si elle est en quantité suffisante. Cette zone réservée appelée *haram* couvre généralement un rayon de 40 coudées. Le même terme désigne un espace sacré, dont la mosquée. *Harim*, variante du premier terme, passé en français sous la forme de *harem,* désigne la partie de la maison dont l'accès est interdit, en particulier le quartier des femmes. \n \nTout au long de l'histoire, les sociétés musulmanes ont travaillé à développer pour l'eau des techniques d'approvisionnement suffisant et régulier. Leurs besoins étaient variés : boire, laver, ablutions rituelles (*woudou,* *ghusl*), irrigation de sols, alimentation des fontaines publiques et privées, des maisons de bain et des jardins. L'eau, qui joue un rôle central dans la vie de chacun, quelle que soit sa position sociale, a constitué une source d'inspiration pour les architectes, les ingénieurs et les artisans. \n \nDans la civilisation musulmane, qui s'étendait jusqu'aux frontières de la Chine à l'est et aux plateaux ibériques à l'ouest et concernait de nombreux peuples et cultures, il revenait au gouverneur musulman d'assurer une alimentation en eau correcte pour chacun. Des machines hydrauliques furent construites et entretenues, dont beaucoup continuèrent à servir même après l'apparition des technologies modernes. \n \nAvec l'accroissement de la population et l'expansion des villes, assurer une alimentation efficace devint de plus en plus difficile, en particulier sous le climat aride que connaissent beaucoup de pays islamiques. Les problèmes posés par le climat et les sols furent résolus par la mise au point d'ingénieux systèmes de stockage et de transport de l'eau.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/water/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/22/portal_image/1.jpg","display_order":10}}},"e0fad146-3560-5ca0-86d7-06707053fbef":{"title":"Pèlerinage","description":"“Le pèlerinage est sans doute l'un des moments d'émotion les plus profonds de la pratique religieuse aussi bien pour les juifs, les chrétiens que les musulmans. La visite des Lieux saints conduit les croyants à la plénitude spirituelle.”","extra":{"credits":"Curators & authors \nMohammad ABBAS, Cairo \nUlrike AL-KHAMIS, Edinburgh \nElsayed HAMAD, Cairo \nYousef NATSHEH, Jerusalem \nSalah SAYAOUR, Cairo \nTarek TORKY, Cairo \n \nCoordination \nEnaam Selim, Cairo \nMehmet KAHYAOGLU, Brussels \n \nWebdesign \nTENTWELVE, Brussels \n \nPhotographers \nPlease refer to the Database \n \nTranslators and copyeditors \nPlease refer to General Credits","intro_text":"Le pèlerinage est un élément fondamental dans la pratique des trois religions monothéistes : le christianisme, le judaïsme et l'islam. \n \nPour les musulmans, le pèlerinage (*al-hadjdj*) est un devoir religieux qui constitue le cinquième et dernier “pilier” de l'islam, les autres étant la profession de foi (*chahada* : “Il n'est d'autre dieu qu'Allah, Muhammad est le messager d'Allah”), les cinq prières quotidiennes, l'aumône ou *zakat* et le jeûne pendant le mois de *ramadan*. Le Coran a décrit le pèlerinage, et précisé : “Allah prescrit le Pèlerinage à la Maison. Qui le peut s'y dirige” (III, 97). Ultérieurement, la *Sunna* (les traditions du Prophète) en a fixé de nombreux détails. En conséquence, chaque musulman physiquement apte et disposant des ressources nécessaires doit accomplir le *hadjdj* au moins une fois dans son existence. Selon la croyance musulmane, le sanctuaire (*haram*, l'enceinte sacrée à La Mecque) fut initialement construit par Abraham et son fils Ismaïl (ou Ismaël, Ishmael), tous deux vénérés avant l'apparition de l'islam. \n \nAvec l'avènement de l'islam, le pèlerinage en vint à obéir aux rituels clairement établis par le Coran et la Sunna. Il se déroule au cours des mois de *dhou al-Qaada* et de *dhou al-Hidjdja*. Il commence par la mise en état de pureté. Chaque pèlerin abandonne ses vêtements ordinaires et revêt l'*ihram*, tenue uniforme faite de deux morceaux de tissu blanc non cousus portés par tous, riches et pauvres. Pour les femmes, les pièces de tissu sont cousues. Le croyant doit conserver cet état de pureté spirituelle et physique pendant toute la durée du *hadjdj*. À l'intérieur du Haram de La Mecque, les pèlerins font sept fois le tour de la Kaaba (*Tawaf* : la circumambulation) avant d'accomplir *al-Sayi*, une marche rituelle entre les deux collines, al-Safaa et al-Marwah, qui s'élèvent dans l'enceinte de la mosquée. Le neuvième jour du *dhou al-Hidjdja*, les pèlerins se rassemblent sur le mont Arafat pour prier et implorer le pardon d'Allah. Le *hadjdj* culmine avec l'*Aïd al-Adha* (fête du sacrifice), la plus importante fête musulmane, qui se déroule le dixième jour du *dhou al-Hidjdja*. Le *hadjdj* est l'expérience la plus intense que puisse connaître un musulman au cours de sa vie religieuse. Il offre aux croyants la possibilité de demander pardon pour leurs péchés, après quoi ils reprennent leur existence, régénérés et purifiés.","legacy_exhibition":{"show":"y","exh_link":"https://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/pilgrimage/","new_status":"N","project_id":"ISL","portal_image":"database/exhibitions/29/portal_image/1.jpg","display_order":8}}},"e1608033-ab95-5c07-ac56-54849a33a39b":{"title":"La Terre sainte des trois religions","description":"Au Ier siècle de l'Hégire (VIIe siècle H), Jérusalem et la Terre sainte tombent sous la souveraineté musulmane. Les deux endroits étaient également sacrés pour l'islam. Aussi, au cours des siècles suivants et malgré des périodes de troubles politiques, les fidèles des trois grandes religions continuaient à s'y rendre en pèlerinage. Ensuite, les souverains musulmans, dont les plus célèbres sont le calife Omar ibn al-Khattab (r. 13-23/634-644) et Salah al-Din al-Ayyoubi (Saladin, r. 564-589/1169-1193), s'attachèrent personnellement à la protection des routes de pèlerinage, assurant avec générosité la conservation des sites et facilitant leur accès à tous, qu'ils soient ou non musulmans – le Coran prescrit comme un devoir sacré de respecter les juifs et les chrétiens, “les gens du Livre” (*ahl al-Kitab*).","quote":"*“Le Coran respecte les juifs et les chrétiens, 'les gens du Livre' (*ahl al-kitab*).”*"},"e2009245-e11e-522b-9c3a-48771cd25259":{"title":"Pèlerinage en Terre sainte","description":"La Terre sainte est un lieu de pèlerinage aussi bien pour les musulmans que pour les chrétiens. Les musulmans y font étape en route vers La Mecque lors du pèlerinage du *hadjdj*. Ils visitent le Dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa à Jérusalem avant de reprendre leur chemin vers le sud. Pour les chrétiens, la Terre sainte est le but final, Jérusalem, Bethléem et Hébron étant leurs plus importantes étapes.","quote":"*“La Terre sainte est un lieu de pèlerinage aussi bien pour les musulmans que pour les chrétiens.”*"},"e227dc1b-85f9-5719-a57f-69b159c22d02":{"title":"Vie de cour","description":"Il n'existe pas de système de cour centralisé en Syrie et dans le nord de l'Irak du IVe au VIe (Xe-XIIe) siècle, mais plutôt une pléthore de petites cours coexistantes, soumises à un complexe jeu d'alliances politiques. Les souverains commencent souvent leur carrière comme *atabeg*, nommés par les Seldjoukides d'Iran (429-590/1038-1194), mais créent bientôt leurs propres cours. Pour se protéger de la menace constante des Croisés, ils édifient leurs palais dans des citadelles dont le meilleur exemple subsistant est celui de la citadelle d'Alep.","quote":"“Une pléthore de petites cours coexistaient, dans un complexe jeu d'alliances politiques.”"},"e26df9ee-c3ec-50ad-8f99-5e7f98714dba":{"title":"La capitale ottomane: Istanbul","description":"Le sultan Mehmed II qui doit son titre de “Conquérant” (*Fatih)* à la prise de Konstantinopolis joua un rôle important dans le développement de la cité. Il lança de grands travaux, favorisa la croissance démographique et encouragea le commerce. Le palais de Topkapı, les bazars (*han*) et le système d'adduction d'eau furent agrandis par ses successeurs. Les Ottomans couronnèrent la “cité aux sept collines” de complexes architecturaux et ornèrent les rues de fontaines. De nombreux bâtiments commerciaux, municipaux et militaires furent construits pour répondre aux besoins d'une population croissante.","quote":"*“Les Ottomans couronnèrent la 'cité aux sept collines' de complexes architecturaux et agrémentèrent les rues de fontaines.”*"},"e2c12e55-44f5-5291-ad8b-8fa7958dbad2":{"title":"Introduction artistique","description":"Décrire les caractéristiques visuelles qui différencient une tradition artistique précise est toujours une tâche délicate. Aucune règle générale ne peut s’appliquer à une quelconque tradition puisque ses caractères visuels présentent une diversité considérable due aux évolutions survenues dans le temps comme dans l’espace. Chaque règle avancée connaît ainsi ses exceptions. Les indications proposées ci-dessous devraient cependant aider le lecteur à identifier visuellement les diverses traditions de l’architecture islamique dans le bassin méditerranéen. Nous nous sommes attachés à identifier leurs traits caractéristiques, en particulier ceux qui touchent aux matériaux, aux formes, aux plans, aux types de constructions, aux motifs décoratifs et aux techniques, ainsi qu’aux influences issues d’autres traditions.","extra":{"credits":"Introduction préparée par: \nMohammad Al-Asad (Monuments) \nBarry Wood (Objets)","subtitle":"L'Art Islamique en Méditerranée"}},"e3075285-c16a-5607-8854-92c2e7fc9d89":{"title":"L’Égypte abbasside","description":"En 254/868, Ahmad Ibn Touloun (r. 254-270/868-884), militaire turc âgé de 33 ans appartenant à l'armée abbasside stationnée à Samarra en Irak, est envoyé en Égypte comme gouverneur délégué. Il est accompagné d'une troupe de quelque 100 000 hommes. L'Égypte connaît un certain nombre de difficultés économiques et politiques provoquées par l'instabilité institutionnelle et la ponction continue de ses ressources depuis la mort d'Haroun al-Rachid en 193/809. Ibn Touloun réussit à stabiliser la région et à rétablir le niveau de revenus attendu. Une fois promu gouverneur d'Égypte en 256/870, il commence à retenir une partie de ces ressources et à les réinvestir dans des réformes agricoles et dans l'industrie. Il rénove le Nilomètre, édifie le quartier d'al-Qataï – d'après le modèle de Samarra – pour y loger son armée et son gouvernement et élève une mosquée à son nom au centre de la ville.","quote":"“Ibn Touloun commence à retenir une partie des revenus et à les réinvestir dans des réformes agricoles et dans l'industrie.”"},"e402578d-fdef-5abf-8357-26ca4fc3ddd5":{"title":"La calligraphie monumentale","description":"La calligraphie est utilisée sur toutes sortes de surfaces dont la pierre, le plâtre, le bois et les carreaux de céramique. Les inscriptions sculptées ou gravées dans la pierre sont très répandues en Turquie, Syrie, Égypte et Tunisie. Des exemples remarquables d'inscriptions sur bois peuvent êtres admirés dans la Grande Mosquée de Kairouan et au Dôme du Rocher à Jérusalem.","quote":"“La calligraphie est utilisée sur toutes sortes de surfaces dont la pierre, le plâtre, le bois et les carreaux de céramique.”"},"e50ffc2b-cdda-5f5f-8dc2-131a6e74a0c9":{"title":"La cour","description":"Au fur et à mesure que la mode vestimentaire et la décoration des espaces auliques évoluaient sous l'influence des marchands et artistes orientaux, la soie devint le tissu attitré et préféré de la cour, dont elle rehaussait la parure avec l'éclat et la richesse de ses couleurs chatoyantes. Sa production fut d'abord l'apanage exclusif du *tiraz* royal, et elle parvint à un tel niveau de qualité et de beauté qu'elle put bientôt soutenir la comparaison avec la soie produite dans les fabriques orientales. Hautement appréciée, elle était souvent utilisée par les souverains comme cadeau diplomatique.","quote":"La soie, tissu royal"},"e5a16576-99a6-59e3-b60e-463525d95dd9":{"title":"La quête de la baraka – le pèlerinage à Jérusalem et en Palestine"},"e69dcd7a-5d1d-5edb-ae45-6bb6e2a8c847":{"title":"Le système mamelouk"},"e6ad56f0-f7ef-58c5-8cd7-b611edb41a00":{"title":"Vie de cour","description":"Après avoir pris Damas en 547/1154, Nour al-Din Mahmoud bin Zangi unifie la Syrie et un grand nombre de villes se transforment en centres politiques, économiques et culturels possédant chacun une vie de cour florissante. Les Atabegs et les Ayyoubides sont des mécènes très actifs qui favorisent l'architecture, restaurent les remparts des villes et les citadelles, commanditent de nouvelles *madrasa*, des *bimaristan*, des hammams, des souks et des mosquées. Dans les palais se trouvent de somptueux tapis, des récipients en verre et des objets en métal d'un grand raffinement.","quote":"“Dans les palais se trouvent de somptueux tapis, des récipients en verre et des objets en métal d'un grand raffinement.”"},"e7b309d4-f6ec-5a3c-85a4-64bb13cff1d3":{"title":"Les communautés islamisées avant et après la conquête normande","description":"Il existe, en Sicile, peu de témoignages matériels relatifs à la période de domination islamique, qu’il s’agisse de l’époque où l’île était entièrement gouvernée par les émirs kalbides, vassaux des Fatimides, ou de l’époque de la conquête normande, quand seules quelques zones restèrent, un certain temps, aux mains des musulmans. Dans le domaine architectural, il s’agit souvent de restes de maçonneries appartenant aux mosquées ou à des fortins, le plus souvent englobés dans des constructions postérieures.","quote":"Rares sont les témoignages de la période de domination islamique en Sicile. Il s’agit, le plus souvent, de vestiges de maçonneries appartenant à des mosquées ou des fortins."},"e80da55d-a24c-5ad5-8bdc-c203bda24973":{"title":"Le Haram de La Mecque et la Kaaba","description":"La tradition de recouvrir la Kaaba d'une *kiswa* (couverture) de couleur sombre richement décorée remonte à un roi d'Himyar en Arabie du Sud, deux siècles avant l'Hégire. Par la suite, la *kiswa* fut offerte par le prophète Muhammad et les califes ; plus tard, c'est à l'Égypte qu'il revint d'expédier chaque année une nouvelle *kiswa*, décorée de panneaux en fil d'or reproduisant des extraits du Coran et des prières liées au *hadjdj* et à sa solennité. En même temps était offerte une paire de luxueux rideaux destinés à recouvrir les portes de la Kaaba, ainsi qu'un sac contenant les clés de l'édifice, en cuivre incrusté d'argent et rehaussées de citations religieuses. Au Caire, la cérémonie de l'expédition donnait lieu à de grandes festivités. La *kiswa* entamait son voyage en partant de l'avant-cour de la citadelle, accompagnée de chevaliers et de dignitaires, de joueurs de tambour et de fanfares. Une foule immense se pressait autour du cortège.","quote":"“Traditionnellement, la Kaaba est recouverte d'une kiswa de couleur sombre, richement ornementée.”"},"e89dae11-6238-53a2-838c-8433b2388478":{"title":"La céramique mudéjare"},"e8deea6c-fc86-5de4-91d5-28b3549d5260":{"title":"Les femmes musulmanes comme professionnelles, artisanes et artistes-interprètes","description":"De multiples preuves existent, au cours des âges, de la participation de femmes musulmanes à la vie professionnelle ; un bon exemple nous en est donné par Zayn al-Khuzan, qui gérait la garde-robe du calife fatimide à la tête d'une équipe de 30 femmes. Certaines devinrent des écrivaines ou des poétesses, d'autres des médecins ou des experts en droit religieux, enseignant et interprétant les doctrines. Plusieurs ont été de grandes calligraphes dont Hafsa, épouse du prophète Muhammad et fille du calife Omar Bin al-Khattab. Le style calligraphique de Fatima al-Baghdadia était d'un niveau si élevé qu'il a été comparé à celui du fameux Ibn Hilal. Certains travaux subsistants de Sayyida al-Khadidja, première épouse du Prophète, témoignent de son grand talent.","quote":"“Certaines devinrent des écrivaines ou des poétesses, d'autres des médecins ou des experts en droit religieux.”"},"ea3faf2c-86c3-553a-b331-7ddd3ee15aec":{"title":"Habitat et vie domestique","description":"Dans l'Occident musulman, l'habitat s'organisait en hameaux ruraux et en villes. Ces deux catégories partageaient des caractéristiques spécifiques issues d'une sage adaptation des matériaux et des techniques constructives à un environnement sec et chaud. \nLa ville répondait à une structure complexe, qui comprenait : \na) Un noyau urbain organisé autour de la Grande Mosquée ; l'alcazar ou résidence du gouverneur ; le souk ou marché, étalé le long de la rue principale et ramifié dans les rues adjacentes ; le bain public ; les auberges et les ateliers artisanaux. \nb) La zone résidentielle, à l'intérieur de la muraille. \nc) Les faubourgs ou quartiers extra-muros, où se tenaient les marchés agricoles et les marchés au bétail, ainsi que certaines activités artisanales.","quote":"La ville musulmane : un labyrinthe de rues"},"ebe1e957-e9a6-5900-a103-902e5fee4e8f":{"title":"Gestion de l’eau"},"ec1aa1aa-3f58-55b4-93d0-bac5583dd403":{"title":"La défense","description":"La casbah, avec les murailles, faisait partie du système défensif des villes. Cette enceinte fortifiée, située à l'intérieur de la ville, généralement dans sa partie la plus haute, pouvait accueillir et défendre aussi bien la classe dirigeante, si la menace venait de la cité elle-même, que la population urbaine, si le danger venait de l'extérieur. Les casbahs furent un point d'appui du pouvoir central pour lutter contre les rebelles, préparer des campagnes et défendre les frontières.","quote":"La casbah : dernier réduit urbain"},"ecc4b251-5132-548b-b9cd-828061e0469f":{"title":"La vie quotidienne dans le sultanat mamelouk","description":"Si l'islam est la religion principale de l'empire, d'importantes communautés chrétiennes catholiques et orthodoxes, en particulier les coptes, contribuent à la vie spirituelle et culturelle, de même que divers groupes juifs. Ces minorités religieuses sont protégées par le Coran et mènent généralement une coexistence pacifique avec les musulmans. Les coptes égyptiens fournissent de remarquables contributions à la vie économique, culturelle et artistique de la période mamelouke. Leur savoir-faire traditionnel se concentre essentiellement sur l'architecture, les textiles, la poterie et le travail du bois.","quote":"“Les minorités religieuses étaient protégées par des directives données par le Coran.”"},"ecdac084-8c2d-5ed0-b7b0-f96e5e40a7a1":{"title":"Espaces du pouvoir : les constructions palatiales","description":"Dans l'atelier de frappe du palais, ou dans les ateliers de frappe des villes qui détenaient ce privilège royal, on frappait la monnaie qui conférait au souverain le contrôle de la production de l'argent nécessaire à la paye régulière de l'armée et des fonctionnaires qui garantissaient le fonctionnement de l'État. \nLa monnaie était l'un des symboles les plus évidents du pouvoir du souverain, parce que la qualité et la pureté du métal noble étaient un signe de la force économique et politique de l'autorité royale.","quote":"**L'atelier de frappe de monnaie, contrôle économique et symbole du pouvoir**"},"ed29c746-606e-5ae8-95a5-8870ae170839":{"title":"Égypte","description":"Lorsque Muhammad Ali devient *wali* d'Égypte en 1805, il introduit les bases de la nouvelle Renaissance égyptienne, une modernisation dont quelques traits sont clairement perceptibles dans l'occidentalisation des beaux-arts et des arts décoratifs, de l'artisanat et de l'architecture. Cette période de modernisation culmine sous le règne des fils de Muhammad Ali, qui lui succèdent au pouvoir en Égypte, et qui invitent nombre d'architectes et d'artisans à construire et décorer de nombreux palais en Égypte dans le style européen, les incitant à puiser des éléments dans le répertoire en vogue des styles baroque et rococo. On peut en voir des exemples avec le palais d'Abdine, les *sabil* de Muhammad Ali à Nahasine et de Oumm Abbas dans la rue Saliba, ainsi qu'avec différents bâtiments disséminés dans les villes égyptiennes, mais surtout au Caire. Le Musée d'art islamique du Caire conserve bon nombre de céramiques, de pièces de marbre et de manuscrits affichant nettement des éléments décoratifs occidentaux caractérisés par les lignes courbes, les feuilles d'acanthe et les couronnes en haut relief.","quote":"“Lorsque Muhammad Ali devient *wali* d'Égypte en 1805, il introduit les bases de la nouvelle Renaissance égyptienne...”"},"ed71c8d2-a286-5d34-ad28-4352240ff03d":{"title":"Métiers mudéjars","description":"Les menuisiers ou charpentiers mudéjars maîtrisaient tous les travaux du bois, des toitures au mobilier. Comme artisans de la *carpintería de lo blanco*, ils nous ont légué une des plus pures créations de l’art espagnol : des portes et des plafonds de bois qui, réalisés avec des morceaux découpés à l’équerre et somptueusement décorés, avaient la géométrie comme point de départ tant du bâti que de l’ornemental. Leur savoir-faire est attesté dans la parfaite concordance entre les décors et les structures.","quote":"Leur savoir-faire est attesté dans la parfaite concordance entre les décors et les structures."},"edcbed04-061f-5f7b-b80d-402678ff5d1e":{"title":"La culture dans le royaume croisé de Jérusalem","description":"Lorsque les Croisés s'emparent de Jérusalem et de sa région en 492/1099, ils fondent le royaume de Jérusalem, troisième et plus vaste État franc du Proche-Orient. Son premier souverain est Godefroy de Bouillon, qui se donne le titre de \"défenseur du Saint Sépulcre\". Les souverains croisés protègent les sites sacrés aussi bien chrétiens qu'islamiques, et financent aussi généreusement la mosquée al-Aqsa et le Dôme du Rocher que les monuments chrétiens de Jérusalem ou de Bethléem.","quote":"“Les souverains croisés protègent les sites sacrés aussi bien chrétiens qu'islamiques.”"},"eddac8a0-9c6b-5866-bceb-4f157fa5a04a":{"title":"Guerre et cavalerie"},"ee2aaf47-9aaa-5955-b4b2-c1f9cacab9fc":{"title":"Plaisirs et festivités à la cour","description":"Malgré la piété ambiante, la vie à la cour fatimide et dans celles de leurs vassaux – les Zirides en Afrique du Nord et les Kalbides en Sicile – ne manque pas de distractions, offertes par des poètes, des chanteurs et des danseurs. En Afrique du Nord, les Fatimides protègent des poètes locaux comme les Tunisiens (Ifriqiyens) Ibn Hani et al-Ladi. Plus tard, une fois au Caire, la cour accueille des poètes de toutes les régions de l'islam. La musique s'inspire de traditions orientales et emprunte également au répertoire andalou. Elle est jouée par des musiciens et des musiciennes sur des instruments comme la flûte de roseau, le luth et le tympanon. Les chanteurs, dont beaucoup maîtrisent aussi la pratique d'un instrument, chantent des poèmes composés sur des thèmes d'amour et de chevalerie. Danseurs et danseuses sont appréciés, comme le montre la représentation de la danse du mouchoir sur de nombreuses sculptures en bas-relief.","quote":"“Malgré la piété ambiante, la vie à la cour fatimide ne manque pas de distractions.”"},"ee5d09b5-f282-551a-ad6c-510a7a1d4b9d":{"title":"L'art dans les lieux de prière"},"ee7a2a3a-731e-564b-b6f7-1f7eb1934418":{"title":"Le Caire, Damas et Jérusalem, centres de la vie intellectuelle mamelouke","description":"Jérusalem est une ville sainte pour l'islam, le christianisme et le judaïsme. Elle se développe sous les Mamelouks qui confirment son statut d'étape essentielle pour les pèlerins, les étudiants en religion et les savants en lançant de grandioses projets architecturaux. Elle est si respectée pour la qualité des échanges intellectuels, l'introspection mystique et les débats entre les religions que le nombre de ses *madrasa* et autres centres d'études généreusement financés et animés par certaines des plus grands intellectuels de l'époque s'accrut jusqu'à dépasser la centaine.","quote":"“Les Mamelouks firent de Jérusalem une destination essentielle pour les pèlerins, les étudiants en religion et les savants.”"},"ef4d7209-5b0a-59f3-aef9-3982ae097af6":{"title":"L'art hors de la capitale"},"f049cf8d-e79d-5896-ac15-489e32164b03":{"title":"L’art mudéjar populaire et religieux","description":"Le mudéjar de la ville de Tolède atteste l’influence du mudéjar castillan dans ses arcatures aveugles en brique, et de l’art almohade et de l’art gothique européen, qui définissent aussi le mudéjar d’Estrémadure. Ses caractéristiques spécifiques sont, entre autres : des murs où la maçonnerie alterne avec la brique, des façades ornées de frises d’arcades entrecroisées, des baies à arcs en fer à cheval à *alfiz*, et des clochers de brique sur base cubique en maçonnerie, séparés du corps de l’église comme des minarets.","quote":"Le mudéjar tolédan : la sveltesse du gothique de brique."},"f4035718-d69a-5c0e-b8cf-7d6e57c6114f":{"title":"La Sicile chrétienne et la culture figurative islamique : préexistences et continuités","description":"Les apports de la culture artistique islamique, repris durant la période normande, demeurent présents dans la production du siècle suivant (XIIIe siècle) et s’expriment dans une série d’objets raffinés, entre autres les fameux coffrets d’ivoire avec décor gravé et peint.","quote":"Les apports de la culture artistique islamique demeurent présents dans la production du siècle suivant (XIIIe siècle)."},"f70d4425-5bc1-5d34-bbc8-8c1e22ee9757":{"title":"Art et architecture royale","description":"L’institution du *Tiraz* au Palais royal, c’est-à-dire d’une manufacture royale d’objets et d’étoffes artistiques et précieuses, constitue un important moyen de diffusion des répertoires figuratifs et des techniques de fabrication de la culture islamique.","quote":"L’institution du *Tiraz* constitue un important moyen de diffusion des répertoires figuratifs."},"f78b948c-3d4a-57bd-8aa5-5da02d955c9a":{"title":"Les arts décoratifs","description":"La sculpture sur bois de l'époque fatimide se caractérise par une technique d'entrelacs en haut relief et des scènes animées, souvent figuratives, exécutées à partir de divers bois locaux ou importés. Les panneaux peuvent être peints, vernis et traités pour les ignifuger. Des portes en bois sont plaquées de feuilles de cuivre décorées. L'ivoire et d'autres types d'os sont également sculptés ou utilisés en incrustations ou marqueterie sur divers supports. \n \nLa richesse de la période fatimide s'illustre également dans ses monnaies. Les dinars en or, les dirhams en argent et les *fils* en cuivre sont échangés à grande échelle. L'exactitude de leur poids est contrôlée à l'aide de poids en verre marqués de la valeur de la pièce et du nom du souverain.","quote":"*“La richesse de la période fatimide s'illustre également dans ses monnaies.”*"},"f79e2e2d-2bd9-536c-96fc-75712b9b3f2b":{"title":"La défense","description":"La défense du territoire s'opérait au moyen de châteaux et de *ribat*, enceintes fortifiées avec à l'intérieur une tour aux murs épais. Ils occupaient des lieux stratégiques d'où l'on pouvait dominer visuellement les environs. Ils servaient aussi bien au casernement des troupes qui assuraient la surveillance et la protection des frontières, chemins, vallées et ports maritimes ou de montagnes, qu'à accueillir la population en cas de danger.","quote":"Les châteaux : la défense du territoire"},"f8ba8b16-3482-51fa-a0f4-ba6003540b9d":{"title":"Page 251","description":"Une fois rompu le lien avec le califat oriental, la concentration du pouvoir politique et religieux entre les mains des nouveaux souverains les incita à rivaliser avec leurs homologues orientaux par la construction de luxueux ensembles palatins. Presque tous les souverains usèrent de cette attribution exclusive et bâtirent des espaces pour le siège du pouvoir, pour eux-mêmes ou pour leurs gouverneurs. \nLes ensembles palatins étaient généralement érigés à l'extérieur de la ville, sous forme de splendides “villes palatines” entourées de murailles, ou dans la ville elle-même, dans sa partie la plus haute, mais avec une muraille de séparation. Ces “casbahs palatiales” servaient à dominer la population urbaine et à défendre les organes vitaux du pouvoir.","quote":"**L'ensemble palatin, une enceinte fortifiée**"},"f9582527-5e66-53ac-b264-520c2d4cf28b":{"title":"Les céramiques abbassides"},"fa309a83-49c5-5883-9ee9-a69be57780e6":{"title":"Coexistence des trois cultures","description":"L'expansion de l'islam en Méditerranée occidentale n'a pas entraîné la formation d'une société uniforme en termes religieux, ni l'expulsion des habitants de ce territoire. Moyennant le paiement d'un impôt, ces derniers purent maintenir leurs croyances – chrétiennes ou juives. \nL'activité économique, notamment commerciale, et les échanges culturels ont favorisé les rapprochements entre personnes et communautés différentes. \nAinsi, dans les villes et villages de l'Occident musulman, les populations des trois religions du Livre ont coexisté, selon un processus de mutuel enrichissement matériel et intellectuel.","quote":"Les trois religions"},"fad5c96e-5e8e-5b67-81cc-5c34e034bb09":{"title":"Les femmes musulmanes comme professionnelles, artisanes et artistes-interprètes","description":"Plus prosaïquement, les femmes musulmanes se consacraient à de nombreuses activités artisanales. Une des plus importantes était la production de poterie à usage domestique quotidien. La base d'un plat mamelouk en céramique de Fustat (Égypte) porte l'inscription “*amal Khadidja*” (fait par Khadidja). Le tissage de tapis et de couvertures était également une activité féminine traditionnelle. Les connaissances et l'expertise se transmettaient de génération en génération. La broderie jouait un rôle notable. De nombreuses heures étaient consacrées par les femmes de la famille à embellir des tissus pour la maison et, dans de nombreux cas, pour assurer un revenu supplémentaire.","quote":"“Les femmes musulmanes se consacraient à de nombreuses tâches artisanales comme la poterie ou le tissage de couvertures et de tapis.”"},"faf029c1-2130-55ac-8ebd-77f3acfeea29":{"title":"Les routes de pèlerinage et les Lieux saints","description":"À la fin de la période ayyoubide (milieu du VIIe/XIIIe siècle), les pèlerins d'Égypte et d'Afrique du Nord commencèrent à emprunter les voies terrestres. On dit que la sultane Chajarat al-Durr, veuve du denier souverain ayyoubide d'Égypte, décréta en 645/1247 qu'il lui fallait voyager par voie terrestre pour accomplir son devoir de pèlerinage. On considère donc que c'est elle qui a inauguré ce parcours. À partir du règne du sultan mamelouk Baybars, cette voie devint la route officielle après que le souverain y eut envoyé à ses frais une caravane de pèlerins avec une *kiswa* (couverture) pour la Kaaba, en même temps que la clé. La caravane partait de Suez et se dirigeait vers Aqaba où elle retrouvait celles qui arrivaient du Bilad al-Cham.","quote":"“À la fin de la période ayyoubide (milieu du VIIe/XIIIe siècle), les pèlerins d'Égypte et d'Afrique du Nord commencèrent à emprunter les voies terrestres.”"},"fb7529af-c345-5f7f-84b9-097ce4ffba20":{"title":"La décoration géométrique dans les textiles"},"fc555000-73aa-597e-83a9-aecade079247":{"title":"La défense","description":"Les fortifications de l'Occident musulman répondaient à un double objectif : défendre les frontières et consolider le gouvernement du territoire conquis, sous la menace permanente de luttes intestines. Au début, les constructions défensives étaient disséminées et destinées à soumettre les populations insoumises. Ensuite se développa progressivement un système défensif complexe qui se généralisa, dans tout l'Occident pendant la domination almohade et, plus tard, on adopta les stratégies d'attaque avec catapultes, béliers et tours d'assaut.","quote":"**Le développement d'un système défensif**"},"fc6af4b9-28ef-546f-9551-69c5530a82db":{"title":"Plaisirs et festivités à la cour","description":"Le jeu d'échecs est très pratiqué, bien que al-Hakim bi Amrillah (r. 386-411/996-1021) l'ait banni en 403/1012. L'astronomie et l'astrologie sont des passe-temps populaires. Des cartes astrologiques sont établies et certains califes, dont al-Mouiz, s'intéressent à l'astrologie. \n \nEn dehors de divers passe-temps de nature privée, la cour sait se montrer extraordinairement brillante lors de la célébration des fêtes religieuses et civiles. Les processions sont des manifestations très codifiées qui servent à affirmer la puissance des Fatimides et à propager la théologie ismaélienne. Des banquets et des cérémonies de remise de cadeaux très attendus sont périodiquement organisés pour les fonctionnaires, les généraux, les juges et la hiérarchie religieuse.","quote":"“La cour sait se montrer extraordinairement brillante à l'occasion de la célébration des fêtes religieuses et civiles.”"},"fc7c939a-850e-5462-8ba3-c2aa03ed101f":{"title":"La mosquée, espace de prière"},"fde9c1e2-a19a-570e-98f7-a4cd5e14c12e":{"title":"Cérémonial et divertissements à la cour","description":"Les sources littéraires font état de deux types d'audiences : les audiences publiques (*majlis al-amm*) et les privées (*khass*), ces dernières réservées aux aides et conseillers les plus proches. Au cours d'une audience, le calife ou son représentant est assis sur un trône surélevé (*sarir*), tandis que le public est assis selon son rang. Certains édifices, comme Qousayr Amra, Khirbat al-Mafjar près de Jéricho et Qasr al-Khayr al-Gharbi en Syrie, sont décorés de programmes iconographiques complets montrant des musiciens, des danseurs, des porteuses de présents. Les divertissements font partie intégrante de la vie de cour.","quote":"“Au cours de l'audience, le calife ou son représentant est assis sur un trône surélevé.”"},"feb15667-99f8-5b55-8c0b-bcda36247b11":{"title":"Vie religieuse","description":"Parallèlement au renouveau des institutions islamiques, les églises et monastères chrétiens connaissent également une renaissance. De nouveaux cycles de peintures murales sont commandés, dont on n'avait plus vu d'exemples en Syrie depuis les fresques de la période omeyyade. Deir Mar Yakoub (monastère de saint Jacob) et Deir Mar Moussa al-Habachi (monastère de saint Moïse l'Éthiopien) sont d'excellents exemples de l'art chrétien et de la vie monastique en Syrie médiévale.","quote":"“Les églises et monastères chrétiens connaissent à leur tour une renaissance.”"}}