@museumwnf/islamicart-crusader-data 1.0.1 → 1.0.2
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{"060dee0a-fee6-55fb-aada-947a4da800d1":{"name":"Chapiteau.","description":"Chapiteau en pierre calcaire à décor en puissant relief sculpté de volutes et de feuillages, reposant sur des colonnes jumelles. Des pommes de pin, ressemblant à des grappes de raisin, sont dispersées au milieu de feuilles d'acanthe stylisées réparties symétriquement et ponctuées de trous forés. Ce motif rappelle certains chapiteaux abbassides inspirés de l'Antiquité gréco-romaine tardive. Néanmoins, au lieu d'une pomme de pin unique et de feuillages naturalistes, ce chapiteau présente une prolifération de pommes de pins et de feuilles de traitement plus abstrait. Ainsi est-il probablement plus tardif ; peut-être a-t-il été sculpté lors des travaux de rénovation entrepris à Jérusalem par Saladin après sa victoire sur les Croisés, à la fin du VIe siècle H (XIIe siècle J.-C.).","short_description":"Des sculptures en haut relief de feuilles alternant avec des pommes de pin décorent ce chapiteau en calcaire. Le motif date de la période abbasside mais s'inspire, plus en amont, de modèles de l'Antiquité tardive. Ce chapiteau fut trouvé dans le Haram al-Charif à Jérusalem.","holder":"The British Museum.","dates":"VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Londres","dimensions":"H. 32 cm, l. 40 cm.","method_for_datation":"Saladin reprit Jérusalem aux Croisés en 1187. Ce chapiteau a pu être réalisé lors des rénovations de la cité qu'il entreprit après sa victoire.","method_for_provenance":"Le chapiteau a été trouvé au Haram al-Charif à Jérusalem.","obtention":"Donné au musée par le Palestine Exploration Fund en 1903.","bibliography":"Wilkinson, J., *Column Capitals in al-Haram al-Sharif*, Jérusalem, 1987.","dynasty":"Ayyoubide","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":["Pierre calcaire."],"keywords":[],"author":"Emily Shovelton","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"09735692-5b84-55c8-9f6f-7ae132533658":{"name":"Chandelier d’al-Nasir Muhammad ibn Qalawun.","description":"Chandelier composé d'une base, d'un corps et d'une tige cylindrique de diamètres décroissants. Séparés l'un de l'autre par des filets, trois bandeaux décoratifs tressés superposés encerclent la base. Le corps entièrement décoré présente une importante inscription en style *naskhi* mamelouk qui occupe pratiquement toute sa surface. Se détachant d'un dense fond de décor végétal, elle se lit : “Possession du sublime, du souverain, de l'omniscient, du juste, du victorieux.” Le corps comporte également deux médaillons, chacun composé de trois cercles concentriques, dont le plus petit est traité en forme d'éventail. Celui du milieu est meublé d'un décor végétal qui pourrait représenter des fleurs de lotus entre des lignes torsadées. Le cercle extérieur contient également un décor à motifs de fleurs et de feuillages entrelacés. Deux bandeaux décoratifs occupent le plateau. Une inscription circulaire en style *naskhi* mamelouk rappelle : “Possession du Sublime, le Seigneur, le Souverain, le Guerrier ; le Moudjahid, le Savant, celui qui aide, le Victorieux.” Deux médaillons interrompent l'inscription, chacun contenant un oiseau (pigeon ou pintade) affronté à l'autre. Le fond est recouvert d'un décor de feuilles et de fleurs. à l'évidence, la tige n'est pas d'origine, et celle qui la remplace témoigne d'un déclin de l'artisanat au cours de la période mamelouke. \nLes voyageurs qui visitaient la mosquée al-Aqsa et le Dôme du Rocher à Jérusalem ainsi que la mosquée Ibrahimi (al-Haram al-Ibrahimi) à Hébron (al-Khalil) mentionnaient dans leurs récits la présence d'un grand nombre de lampes et de chandeliers dont seuls quelques-uns nous sont parvenus. Certains sont exposés au musée.","short_description":"Chandelier cylindrique à deux inscriptions épigraphiques. Aucun espace n’est laissé vide, car il est entièrement travaillé de fines décorations végétales. Sa décoration, sa calligraphie et ses titres semblent l’associer à al-Nasir Muhammad ibn Qalawun. Ce chandelier est typique des exemplaires mamelouks fabriqués au Caire et à Damas. Il se trouvait jadis au Haram al-Ibrahimi à Hébron.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","initial_owner":"Sultan mamelouk al-Nasir Muhammad ibn Qalawun, qui régna à trois reprises : 639-694 H / 1294-1295 J.-C., 698-708 H / 1299-1309 J.-C. et 709-741 H / 1309-1340 J.-C.","dates":"693-741 de l’Hégire / 1294-1340 J.-C.","location":"Jérusalem","dimensions":"H. 43,4 cm, Ø 29 cm, H (tige) 18,5 cm.","method_for_datation":"Les inscriptions présentes sur l'objet mentionnent les titres du sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun. La date est confirmée par l'étude du style et du décor et l'analyse de l'écriture, ainsi que par des comparaisons avec d'autres objets de la période.","method_for_provenance":"Le Caire est un lieu de production plausible si l'on en juge par la technique de fabrication et de décor. Le Musée islamique du Caire détient un certain nombre de chandeliers similaires. Il est probable que le sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun ait fait don de ce chandelier et d'un autre modèle au Haram al-Ibrahimi d'Hébron (al-Khalil).","provenance":"Probablement Le Caire, Égypte.","obtention":"Objet transféré peu après 1967 du Haram al-Ibrahimi à Hébron (al-Khalil) au musée.","bibliography":"Abu Khalaf, M., *Islamic Art Through the Ages: Masterpieces of the Islamic Museum of al-Haram al-Sharif*, Jérusalem, 1998. \nAbu Khalaf, M., “Three Candlesticks from the Islamic Museum of al-Haram al-Sharif”, *Levant*, n° 20, 1988.","dynasty":"Période mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001.","materials":["Cuivre à gravure incrustée d’argent."],"keywords":["Écriture naskhi ; naskhi ; décoration épigraphique ; décoration végétale ; chandeliers ; mamelouk ; gravure ; cuivre"],"author":"Nazmi Al-Ju'beh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"0d0046d9-7674-55cd-8c61-86fb8bdda733":{"name":"Lettre en latin.","description":"Lettre de petit format rédigée en latin sur papier arabe (plus acide que les papiers européens). Bien que jaunie, son état est excellent. Elle comporte un texte en six lignes envoyé de Sour par les chevaliers du Temple (*Fursan al-Haikal*) de cette ville à ceux de Jérusalem. Le sujet porte sur un certain pèlerin, Robier du Sur du Fal. La décision a été prise à al-Fula en Palestine de lui prendre ses effets à Sour et de l'emprisonner en Acre jusqu'à ce qu'il puisse être renvoyé sur le premier bateau partant pour l'Europe. La lettre n'explique pas le motif de cette décision ni la nature du crime commis par cet homme, mais le sujet devait être suffisamment important pour être soumis à l'attention de 100 chevaliers réunis. \nLe texte dit : “Au frère Udun de Wandun, représentant de la Fraternité de Jérusalem, frère Jarar de Ridfor, commandant des soldats de la fraternité du Temple au frère Udun de Wandun, représentant de la fraternité à Jérusalem : Salut ! Vous devez savoir que Du Sur du Fal a accosté à Sour. Et notre agent l'a reçu dans cette région. Après, nous nous sommes réunis à al-Fula et une centaine de chevaliers et même plus se sont assemblés. Nous leur avons demandé leur opinion sur les dispositions à prendre. Ils sont tombés d'accord et ont été unanimes pour envoyer cinq de leurs frères chevaliers dans la ville de Sour pour le dépouiller de ses vêtements et l'emmener en Acre. Là, ils devront rester avec lui dans une pièce désignée jusqu'à l'arrivée du premier bateau de la saison.” \nCe document révèle des traditions et coutumes des ordres croisés comme les chevaliers du Temple dans l'état de Jérusalem. Apparaissent également les liens solides qui lient les différentes branches de ces fraternités en Palestine et au Liban.","short_description":"Lettre de petit format rédigée en latin comportant un texte de six lignes. Le sujet porte sur l’un des membres des chevaliers du Temple, son emprisonnement et la confiscation de ses effets jusqu’à ce qu’il puisse être renvoyé sur le premier bateau pour l’Europe. Cette lettre révèle les traditions et coutumes de ces chevaliers.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","dates":"575-579 de l’Hégire / 1180-1188 J.-C.","location":"Jérusalem","dimensions":"L. 4 cm, l. 17 cm.","method_for_datation":"La lettre est datée.","method_for_provenance":"D'après le texte, Sour est probablement la ville où cette lettre a été rédigée.","provenance":"Sour, Liban.","obtention":"La lettre a été découverte parmi des papiers et des documents dans une pièce proche du Dôme du Rocher à Jérusalem.","dynasty":"Croisés","materials":["Encre sur papier."],"keywords":["Ordre des chevaliers du Temple ; lettres ; croisés ; Francs"],"author":"Khader Salameh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"1557e889-e4c0-511e-92f2-cf332ab357cf":{"name":"Brûleur d’encens.","description":"Brûleur d'encens de forme circulaire fermé d'un couvercle en dôme à charnière, posé sur trois pieds incurvés en fer à cheval stylisé. Le couvercle est percé pour permettre à la fumée de s'échapper. Des personnages chrétiens auréolés, certains portant des objets liturgiques chrétiens comme une croix et un encensoir, occupent des sortes de niches sous arcs brisés répartis sur le corps et le couvercle. Tous sauf un regardent vers la droite. Hommes ou femmes, ils portent des robes à longues manches qui touchent presque leurs chevilles et un châle drapé sur l'épaule droite. Tous sont nue-tête, excepté celui qui porte une croix, coiffé d'un turban. Le médaillon sans personnage entre deux arc vides était probablement réservé à la fixation d'une poignée. Une bénédiction du propriétaire anonyme est inscrite en coufique autour du sommet du couvercle. \nCette cassolette fait partie d'un groupe d'objets en métal à figures chrétiennes fabriqués au cours de la période ayyoubide et destinés à des clients musulmans ou chrétiens. Sa qualité raffinée montre à l'évidence qu'il ne s'agissait pas d'un objet produit en série,mais qu'elle a sans doute été spécialement créée pour un riche client. La forme des pieds vient d'une tradition byzantine qui demeura populaire aussi bien en Égypte qu'en Syrie aux VIIe et XIIIe XIIIe et XIVe siècles J.-C.","short_description":"Ce brûleur d'encens fait partie d'un groupe d'objets en métal incrusté à figures chrétiennes fabriqués dans des ateliers syriens ou mésopotamiens. Il pourrait avoir été commandité pour un mécène musulman aussi bien que chrétien.","holder":"The British Museum.","dates":"596-647 de l’Hégire / 1200-1250 J.-C.","location":"Londres","dimensions":"H. 20 cm, l. 12,5 cm, P. 12,5 cm.","method_for_datation":"La technique comme la décoration évoquent plusieurs objets en métal produits à Mossoul et en Syrie au VIIe siècle H (XIIIe J.-C.), y compris des objets comme l'aiguière Blacas faite à Mossoul en 1232 (aujourd'hui au British Museum), ou un chandelier fabriqué en Syrie en 1248-1249 (aujourd'hui au Musée des arts décoratifs de Paris).","method_for_provenance":"La technique et le décor sont comparables à ceux d'autres objets en métal produits à Mossoul et dans des villes syriennes au VIIe siècle H (XIIIe J.-C.). La similarité de technique et de style du travail du métal du nord de la Mésopotamie et de la Syrie est due à la migration de Mossoul vers la Syrie, sous les sultans abbassides, d'artisans à la recherche de travail. Par exemple, une aiguière exposée au Louvre à Paris (datée 657 H / 1258 J.-C.) a été fabriquée par Hussein ibn Muhammad de Mossoul pour le sultan ayyoubide Saladin Youssouf qui régnait de Damas.","provenance":"Syrie ou nord de la Mésopotamie.","obtention":"Legs de John Henderson en 1878.","bibliography":"Baer, E., *Ayyubid Metalwork with Christian Images*, Leyde, 1989, fig.1, p. 15-20. \n*L'Orient de Saladin au temps des Ayyoubides* (catalogue de l'exposition présentée à l'Institut du monde arabe, Paris, 22 octobre 2001-10 mars 2002), Paris, 2001, cat. n° 96, p. 113.","dynasty":"Ayyoubide","materials":["Cuivre jaune moulé gravé et incrusté d’or et d’argent."],"keywords":["Décoration figurative ; thèmes chrétiens ; byzantine; coufique; croix"],"author":"Emily Shovelton","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"16512ef6-b198-5c9c-9905-fe8825a14887":{"name":"Qal’at Salah al-Din (Saladin).","alternate_name":"Château de Saladin.","description":"Le château de Saladin, l'un des plus remarquables du Bilad al-Cham, présente les principales caractéristiques des styles architecturaux byzantins, francs, ayyoubides et mamelouks, appliquées aussi bien aux bâtiments de type militaire que civil, religieux ou palatial. Il se dresse sur les contreforts nord-est du Djebel Ansariyya (également appelée Djebel Bahra), dominant une petite route qui franchit la montagne entre la ville de Latakia et la plaine du Ghab au nord. Pour l'essentiel de son histoire, il fut une résidence seigneuriale pour les Croisés, les Ayyoubides et les Mamelouks. \nAu XIe siècle, le site fut occupé par les Byzantins qui lancèrent une ambitieuse campagne de fortifications pour accompagner leur expansion. Ils furent brièvement ralentis sous les Seldjoukides, après quoi le château fut conquis et occupé par les Croisés de 508 H / 1114 J.-C. à 513 H / 1119 J.-C. Accordé en fief à l'un des Chevaliers hospitaliers, Robert, fils de Foulques d'Anjou et à ses successeurs, il fut significativement transformé, sans doute avec l'aide des ordres militaires. La place forte fut finalement reprise par l'Ayyoubide Salah al-Din al-Ayyoubi (Saladin) en 584 H / 1188 après un siège de trois jours et confié en *iqta'* (donation en propriété) à un prince ayyoubide, Nasir al-Din Mengüverish. Menacé par les Mongols au milieu du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.), il fut repris pacifiquement par le sultan mamelouk al-Dahir Baybars en 671 H / 1272 J.-C.) et confié à un gouverneur. À l'arrivée sur le trône du sultan al-Mansour Sayf al-Din Qalawun en 679 H / 1280 J.-C., l'anti-sultan Sunqur al-Achqar en fit son quartier général dont s'empara Qalawun en 686 H / 1287 J.-C. Le château de Saladin fut alors transformé en centre administratif de la province dans le cadre de l'empire mamelouk. \nL'ensemble de forme triangulaire prend appui sur un promontoire rocheux isolé de la montagne par une douve artificielle de 30 m environ de profondeur. Mesurant d'est en ouest pratiquement 700 m de longueur sur 120 m de largeur maximale le long de la douve orientale, le promontoire se divise en deux zones qui ont dicté le plan des défenses. La cour haute à l'est, cœur du château byzantin, a été transformée en résidence seigneuriale par les Croisés qui y construisirent un énorme donjon carré, deux grandes citernes, de nombreuses tours semi-circulaires, et creusèrent en partie la douve orientale. Plus tard, profitant des fortifications préexistantes des Byzantins et des Croisés, les Ayyoubides améliorèrent les défenses et construisirent un vaste complexe palatial combinant des salles de réception et des bains sur deux niveaux, d'après le modèle du palais ayyoubide de la citadelle d'Alep. Deux hammams et une mosquée furent également édifiés à proximité de ce complexe pendant la période mamelouke ainsi qu'une tour d'entrée contre le mur occidental de la cour haute. La cour basse, à l'ouest, fut également fortifiée par les Croisés et les troupes islamiques qui édifièrent deux tours d'entrée et un mur de clôture.","short_description":"Après la bataille de Hattin qui lui livra Jérusalem, Saladin poursuivit sa campagne militaire pendant l'été 584 H / 1188 J.-C. et reprit une douzaine de places fortes croisées le long des côtes de la Méditerranée et dans le Djebel Ansariyya. Ce château, anciennement appelé château de Saône, situé au nord de Latakia, tomba après un court siège de trois jours. Sa construction est raffinée, et sa forme triangulaire étrange s'explique par le terrain rocheux sur lequel il s'élève.","dates":"IVe-VIIe siècle de l'Hégire (Xe-XIIIe siècle J.-C.)","location":"Région de Latakia","method_for_datation":"De nombreuses études historiques et architecturales ont permis de retracer l'histoire monumentale du site. Les fouilles franco-syriennes de 2001 et 2002 ont confirmé sa construction au cours de la première moitié du XIIIe siècle. Des inscriptions mameloukes figurent sur le linteau de la porte de la mosquée, le mur et le rempart de la façade nord et les voûtes du hammam au nord du palais ayyoubide.","bibliography":"Beddek, K., “Le complexe ayyoubide de la citadelle de Salah al-Din : bain ou palais?”, *Archéologie islamique*, 11, 2001, pp. 75-90. \nDeschamps, P., “Le château de Saône et ses premiers seigneurs”, *Syria*, XVI, 1935, pp. 71-88. \nDeschamps, P., *Les châteaux des Croisés en Terre Sainte*. Tome III – *La défense du comté de Tripoli et de la principauté d'Antioche*, 2 vol., Bibliothèque archéologique et historique, IFAPO, 105, Paris, 1973, pp. 217-247. \nKennedy, H., *Crusader Castles*, Cambridge, 1994, pp. 84-97. \nMesqui, J., *Sahyun / Saône / Qal'at Salah al-Din, Rapport préliminaire de la mission*, 2002 \\[www.castellorient.com\\]. \nMichaudel, B., *Saone / Sahyun / Qal'at Salah al-Din. Étude historique de la forteresse de Saône*, 2005 \\[www. castellorient.com\\]. \nMüller-Wiener, W., *Castles of the Crusaders*, Londres, 1966, pp. 44-45. \nRey, E-G., *Étude sur les monuments de l'architecture militaire des Croisés en Syrie et dans l'île de Chypre*, Paris, 1871, pp. 105-113. \nSaadé, G., “Histoire du château de Saladin”, *Studii Medievali*, vol. IX, 2e partie, 1968, pp. 980-1016. \nBerchem van, M. et Fatio, E., “Voyage en Syrie”, vol. I, *Mémoires de l'Institut français d'archéologie orientale du Caire,* Le Caire, 1914-1915, pp. 267-283.","patrons":"Seigneurs de Saône (508-584 H / 1114-1188 J.-C.) ; émirs ayyoubides Mengüverich (584-671 H / 1188-1272), émir rebelle Sunqur al-Ashqar (678-686 H / 1279-87 J.-C.): sultans mamelouks: Qalawun (678-689 H / 1279-1290 J.-C.), al-Achraf Khalil (689-693 H / 1290-1293 J.-C.) et al-Nasir Muhammad ibn Qalawun (qui régna à trois reprises: 693-694 H / 1293-1294 J.-C. ; 698-708 H / 1299-1309 J.-C. ; 709-741 H / 1310-1341 J.-C.).","dynasty":"Périodes hamdanide ; byzantine ; seldjoukide ; Croisés ; ayyoubide ; mamelouke.","materials":[],"keywords":["Architecture militaire ; architecture palatiale ; Salah al-Din ; Baybars ; Qalawun"],"author":"Benjamin Michaudel","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"18c15448-b023-55e4-944b-b20b8f98eb2e":{"name":"Citadelle de Damas.","description":"La citadelle était une ville dans la ville. Elle fut fondée par les Seldjoukides en 469 H / 1076 J.-C. sur le site d'un ancien *castrum* ou camp militaire romain. Des vestiges des forteresses des Romains et des Seldjoukides subsistent encore aujourd'hui, de même que certaines fortifications de Nour al-Din Mahmoud bin Zangi (m. 569 H / 1174 J.-C.). Elle a été entièrement reconstruite par al-Malik al-'Adil Sayf al-Din Abou Bakr au cours des années 599-610 H / 1201-1214 J.-C. En dépit de nombreuses modifications et d'une utilisation permanente au cours des périodes mamelouke, ottomane et moderne, la masse de la citadelle d'al-'Adil est restée intacte. \nDe forme quasi rectangulaire, le complexe mesure 220 x 150 m. L'angle nord du rempart s'incurve pour s'adapter au cours du fleuve Barada. L'immensité de la construction ne se discerne pas de l'extérieur car elle est imbriquée dans le quartier du souk al-Hamidiyya. Les murs nord et ouest donnaient jadis sur la campagne, les murs sud et est sur la ville. Les différentes phases des travaux s'identifient à la qualité de la maçonnerie. La partie la plus aisément datable correspond aux renforts des fortifications entrepris par al-Malik al-'Adil. Il fit entièrement redresser les vieux murs seldjoukides au moyen de lourds blocs de pierre romains, probablement prélevés sur l'ancien temple de Jupiter voisin. Les nouvelles tours ayyoubides (*burg*) ont été élevées hors du périmètre des Seldjoukides, une galerie étant aménagée entre les anciennes et les nouvelles pour la communication. Cette extension ayyoubide par-dessus les fortifications seldjoukides s'observe dans de nombreuses citadelles syriennes dont celles de Bosra et d'Alep. \nLe complexe damascène est réputé pour ses nombreuses tours dont 12 subsistent sur les 16 ou 17 d'origine. Elle possède quatre portes, une sur chaque côté, chacune précédée d'une petite poterne. Le point le plus stratégique était la porte nord. Ses trois *burg*, son portail à barres d'acier, son passage d'entrée contourné et son pont-levis au-dessus d'une douve soulignent son caractère défensif. La porte orientale est néanmoins la plus intéressante sur le plan artistique car elle était l'entrée officielle. Elle présente les premiers porches à *mouqarnas* édifiés à Damas, abondamment inscrits et superbement peints. Les restaurateurs ont pu réhabiliter tout un répertoire de motifs décoratifs sur les *mouqarnas*, dont des traces de peintures des époques ayyoubide, mamelouke et ottomane. \nLe porche à *mouqarnas* de pierre conduit à un hall à neuf voûtes souvent interprété comme une salle du trône. Il s'agit d'un volume carré à coupole centrale soutenu par de lourds piliers à chapiteaux romains. Les importantes fouilles en cours n'ont pas encore pu établir s'il s'agissait d'une résidence palatiale ayyoubide. \nComme d'autres citadelles de la période, celle de Damas fut une résidence princière et l'objet de durs combats avec les Croisés, dont le siège de Damas en 542 H/1148 J.-C. En général, ce style architectural et ces techniques de maçonnerie très élaborées reflètent une forte influence alépine.","short_description":"La citadelle s'élève à l'angle nord-ouest de la vieille ville. De vastes dimensions (220 x 150 m), ses fortifications ont été renforcées par le souverain ayyoubide Al-Malik al-Adil en 599-610 H / 1202-1214 J.-C. La défense essentielle est la porte septentrionale, appelée “porte d'Acier”, protégée par un pont-levis, trois tours et un passage d'entrée contourné. La porte la plus ornementale est celle de l'est. Elle présente des inscriptions et même des peintures sur un bel appareil de pierre. Des fouilles récentes ont mis au jour des forges d'armurerie dans le quartier sud-ouest de la citadelle.","dates":"599-610 de l'Hégire / 1202-1214 J.-C.","location":"Damas","method_for_datation":"Présence d'une inscription sur la tour nord, datée de 610 / 1214.","bibliography":"Allen, T., “Ayyubid Architecture”, Occidental (publication électronique, 7e édition), 2003. \nGardiol, J.-Bl., \"Le Palais ayyoubide de la citadelle de Damas : Premières données archéologiques et nouvelles observations\", *Bulletin d'études orientales*, Supplément *Citadelle de Damas*, vol. 53-54, Damas, 2002, pp. 47-58. \nHanisch, H., *Die ayyubidischen Toranlagen der Zitadelle von Damascus*, Wiesbaden, 1996. \nSauvaget, J., \"La citadelle de Damas\", *Syria*, 1930, pp. 59-90, pp. 215-241.","patrons":"Al-Malik al-‘Adil Sayf al-Din Abou Bakr, souverain de Damas et du Caire en 592-615 H / 1196-1218 J.-C.","architects":"Les chercheurs ont établi la participation d'architectes alépins. On a également trouvé sur un décor en stuc la signature d'un artisan inconnu, Abou al-Wajd.","dynasty":"Période ayyoubide.","materials":[],"keywords":["Citadelle ; architecture militaire ; portes ; tours ; mouqarnas"],"author":"Abd al-Razzaq Moaz, Zena Takieddine","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"19003bf4-70f4-5b4f-9cbc-901f2ae697ef":{"name":"Haram al-Ibrahimi.","alternate_name":"Sanctuaire d'Abraham.","description":"Ce *haram* lié à Abraham est considéré comme le quatrième plus important site de l'Islam, après La Mecque, Médine et Jérusalem, et le deuxième lieu saint de Palestine après la mosquée al-Aqsa. Il consiste en un vaste bâtiment de plan rectangulaire d'environ 60 x 34 m entouré d'une haute muraille faite de grands blocs de pierre taillée. Il possède deux minarets datant de la période mamelouke, chacun dépassant de 15 m environ le sommet du bâtiment. \nL'intérieur comprend une mosquée et une cour ouverte, des arcades, des salles, des corridors, des coupoles et une grotte (appelée “al-Ghar”) ainsi qu'un certain nombre de tombes qui abritent les restes des prophètes Abraham, Isaac, Jacob et de leurs épouses. \nLa principale salle de prière, rectangulaire, mesure 28 x 21 m. Elle comprend une nef centrale, la plus large et la plus haute, flanquée de deux nefs latérales. Elle était à l'origine une église de style roman construite par les Croisés à la place de la mosquée qui se trouvait jadis sur le même site et qu'ils avaient détruite en 492 H / 1099 J.-C. Lorsque Saladin reprit la ville d'Hébron en 583 H / 1187 J.-C., l'édifice fut transformé en mosquée et reçut son *mihrab* actuel. \nLe *minbar* en bois qui se trouve aujourd'hui à la droite du *mihrab* date de la période fatimide et fut commandité par Badr al-Din Jamali en 484 H / 1092 J.-C. Il fut transféré à Hébron d'Ashqelon (à 50 km environ au sud de Jaffa) par Saladin et serait le plus ancien *minbar* en bois encore utilisé. En bon état, il est considéré comme un chef-d'œuvre de dessin et de fabrication. \nLes murs de la salle de prière sont recouverts de lambris de marbre polychrome qui datent des travaux commandités par l'émir Tankaz en 733 H / 1332 J.-C. Un podium (*dikkat al-muballigh*) reposant sur des piliers à chapiteaux en marbre, d'où les prières sont récitées, a été implanté le long du mur nord à côté de l'ouverture de la grotte souterraine “al-Ghar”. Il date de 732 H / 1331 J.-C. \nAu nord de la mosquée s'étend une cour ouverte entourée de portiques et de diverses pièces. Dans l'ange nord-ouest de la cour s'ouvre la salle de prière Malikiyya, composée d'un *iwan* de plan rectangulaire. Contre le mur sud de la cour s'élève un superbe *mihrab* commandité par le sultan Barquq. Un portique part du mur ouest de la mosquée appelée aujourd'hui *jami' al-Nisa* (mosquée des femmes) ; cette adjonction a été commanditée par l'émir Chihab al-Din al-Yaghmuri en 796 H / 1393-1394 J.-C.). \nLe *masjid* al-Jawali fait partie intégrante du *haram*, bien qu'il ne soit pas possible de le voir de l'extérieur. Le mur ouest du *masjid* est en fait le mur oriental du mur de clôture du *haram*, tandis que ses murs est, nord et sud sont taillés dans le roc. Cette mosquée a été édifiée en 720 H / 1320 J.-C. sur ordre de l'émir 'Alam al-Din Sanjar al-Jawali. Elle possède trois arcades à voûtes entrecroisées reposant sur d'importants piliers de pierre. Au centre s'élève une coupole de pierre élancée ornée à sa base de *mouqarnas*. Dans le mur de *qibla* se dresse un *mihrab* taillé dans le rocher et plaqué de panneaux de marbre polychrome. Il est recouvert d'une superbe structure à demi-coupole également décorée de marbres de couleur.","short_description":"Vieux de plus de 2000 ans, le Haram al-Ibrahimi peut être considéré comme l’un des plus vieux monuments sacrés du monde. Il fut construit sur le lieu présumé contenir la dépouille du prophète Ibrahim (Abraham), de ses fils Isaac et Jacob et de leurs épouses. La grande construction rectangulaire date de la première période romaine ; elle est entourée d’une muraille constituée de blocs de pierre taillée. L’intérieur relève de plusieurs périodes islamiques. La principale salle de prière fut construite par les Croisés dans le style roman. Le bâtiment est couronné par deux minarets mamelouks. Il contient les chambres mortuaires décorées des tombeaux. La mosquée abrite le plus vieux *minbar* islamique de bois encore en usage qui date de la période fatimide.","dates":"Ier siècle av. J.-C. ; 492 de l'Hégire / 1099 J.-C.","location":"Hébron (al-Khalil)","method_for_datation":"Présence d'inscriptions confirmées par des documents historiques.","bibliography":"'Amru, Y., *Khalil al-Rahman al-Arabiya* \\[Al-Khalil, la ville arabe\\], Hébron, 1985. \nAl-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973. \nVincent, L. H. et Mackay E. J. H., *Hébron. Le Haram El-Khalîl, Sépulture des Patriarches,* Paris, 1923. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004.","history":"Présence d'inscriptions confirmées par des documents historiques.","patrons":"Un certain nombre de souverains, princes et sultans ont participé à la construction, aux rénovations et aux restaurations du Haram al-Ibrahimi. Parmi eux : Hérode (r. 37-34 av. J.-C.), qui a sans doute édifié le mur de clôture ; Badr al-Din Jamali, émir des armées fatimides ; les rois croisés de Jérusalem ; Salah al-Din (Saladin, r. 564-589 H / 1169-1193 J.-C.), qui rendit au site son identité islamique et le rénova entièrement ; l'émir Tankaz al-Nasiri, représentant du sultan en Bilad al-Cham (Grande Syrie) en 712-740 H / 1312-1340 J.-C.) ; le sultan al-Dahir Barquq (qui régna deux fois : 784-791 H / 1382-1389 J.-C., puis 792-801 H / 1390-1399 J.-C.) ; l'émir ‘Alam al-Din Sanjar al-Jawali, commanditaire de deux *haram* (al-Haram al-Charif à Jérusalem et celui-ci).","dynasty":"Des Romains aux Ottomans.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":[],"keywords":["Abraham ; haram ; architecture religieuse ; tombeaux des prophètes"],"author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"23643565-2f67-5fbb-a44a-abd9cfd3771f":{"name":"Château de Karak.","description":"Karak se dresse à l'est de la mer Morte, au sommet d'une éminence dans le pays biblique de Moab, à quelque 120 km au sud d'Amman. Ce château franc présente un plan à peu près trapézoïdal qui suivait le contour du bord d'une falaise à l'est et à l'ouest (respectivement sur 240 et 220 m de long) et était protégé au nord et au sud (respectivement sur 130 et 85 m) par de profondes douves sèches. Sous le rempart sud-est, un important glacis pavé fortement incliné assurait la sécurité dans cette direction. L'accès se faisait à l'origine par un pont jeté au-dessus d'une douve sèche. Il conduisait à une entrée coudée au flanc ouest de l'avancée est du mur nord. \nLe château fut construit sur ordre de Payen le Bouteiller en 534 H / 1139 J.-C. et achevé en 537 H / 1142 J.-C. Il était appelé Krak de Moab ou plus simplement le Krak par les Francs. Le plan se composait de deux enceintes. L'enceinte supérieure comprenait la plus grande partie des installations dont l'église, des pressoir à olives et à raisin, des fours à pain et un palais mamelouk. L'enceinte inférieure qui occupe le côté ouest de la crête contenait deux grandes salles au nord et deux salles souterraines reliées par une chambre centrale orientée nord-sud. Aujourd'hui, ces salles parallèles abritent le musée archéologique. \nDeux types de pierre ont été utilisés, qui correspondent à deux phases archéologiques distinctes : un silex rouge foncé et un calcaire fin jaunâtre. Le premier correspond au chantier franc, le second à la période ayyoubide-mamelouke vers le VIIe-VIIe siècle H (XIIIe-XIVe siècle J.-C.). \nLes châteaux de Karak et de Shawbak furent pris par les troupes du fameux chef ayyoubide Salah al-Din (Saladin) peu après la victoire décisive de Hattin (583 H / 1187 J.-C.) et modifiés à plusieurs reprises au cours des siècles suivants, à la fois par les Ayyoubides (570-648 H / 1174-1250 J.-C.) et les Mamelouks (548-923 / 1250-1517 J.-C.).","short_description":"Le château franc de Karak fut construit sur ordre de Payen le Bouteiller en 534 H /1139 J.-C. et terminé en 537/1142. Il fut édifié sur une falaise dont il épouse les contours. Protégé par de profondes douves sèches, un important glacis pavé fortement incliné assurait sa sécurité dans la direction sud-est. Deux types de pierre ont été utilisés dans la construction : un silex rouge foncé correspondant à l'étape des Croisés, et un fin calcaire jaunâtre appartenant à la période ayyoubide-mamelouke. Le château fut pris par les forces de Salah al-Din (Saladin) peu après 583/1187 et fut modifié à plusieurs reprises au cours des siècles suivants.","dates":"VIe-VIIIe siècle de l’Hégire (XIIe-XIVe siècle J.-C.).","location":"Karak.","method_for_datation":"Fouilles archéologiques, inscriptions arabes et sources historiques. Karak a été assez peu étudié. Son histoire complexe a été retracée à partir de sources croisées et arabes, dont Guillaume de Tyr, Fulcher de Chartres, Ibn al-Athir, Ibn Chaddad, Ibn Wasil, Abou-Chama et al-Maqrizi parmi d'autres. Plus récemment, il a été étudié par P. Deschamps (1939), R. C. Samil (1956, pp. 218-222), W. M. Muller-Weiner (1966, pp. 47-48). S. Momani a rédigé une histoire de Kerak et de son château (voir bibliographie).","bibliography":"المومني،سعد محمد، “ القلاع الإسلامية في الأردن : الفترة الأيوبية و المملوكية”، عمان، 1988، ص. 156–242. \nBrown, R. M., “Excavations in the 14th Century Mamluk Palace at Kerak”, *Annual of the Department of Antiquities of Jordan*, XXXIII, 1989, pp. 287-304. \nDeschamp, P. (éd.), “Kerak et les châteaux de la Terre outre le Jourdain”, in *Les Châteaux des Croisés en Terre Sainte : Le Crac des Chevaliers*, vol. 2, Paris, 1939, pp. 35–98. \nKennedy, H., *Crusader Castles*, Cambridge, 1994, pp. 45-52.","patrons":"Payen le Bouteiller, travaux commencé en 534 H / 1139 J.-C. et achevés en 537 H / 1142 J.-C.","dynasty":"Périodes des Croisés ; des Ayyoubides ; des Mamelouks.","materials":[],"keywords":["châteaux ; krak de Moab ; croisés ; douve sèche ; enceinte ; glacis"],"author":"Ghazi Bisheh","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"23e8db58-0148-5dc3-98b4-98cb5313ba16":{"name":"Rouleau de pèlerinage.","description":"Rouleau de pèlerinage manuscrit, peint et dessiné sur un coûteux papier couché appelé *abadi*. D'état fragmentaire, son titre ainsi que la partie contenant la *basmala* ont disparu. Le premier des deux fragments subsistants comprend une partie d'étendard au nom du calife abbasside contemporain al-Nasir (r. 575-622 H / 1180-1225 J.-C.). Sous cet emblème figure une représentation en couleurs du mont Arafat flanquée de chandeliers. En dessous sont reproduits la *Magam-i Ibrahim*, pierre associée au prophète Abraham, ainsi que des puits. Plus bas se trouve une image de al-Muzdalifa, lieu où les pèlerins passent la nuit au cours de leur séjour à La Mecque. Les espaces entre ces dessins sont remplis d'inscriptions précisant les obligations du pèlerinage. \nLa représentation de la Kaaba a malheureusement disparu. Le second fragment comporte des représentations de al-Safa et de al-Marwa, deux lieux de La Mecque visités par les pèlerins, de Médine où ils visitent le tombeau du prophète Mahomet, de Jérusalem où ils se rendent habituellement après La Mecque et Médine, et de la mosquée d'al-Aqsa à Jérusalem. Ce certificat a été rédigé en 602 H / 1206 J.-C pour une certaine Umm Abbas, épouse de Ghalib. La personne accomplissant le pèlerinage pour elle est Ahmad ibn Fadl al-Andalusi. \nAu Moyen âge, il était difficile pour beaucoup de gens, en particulier pour les femmes, d'accomplir le pèlerinage. Ainsi, ceux qui partaient ou ceux qui envoyaient un représentant à leur place désiraient un certificat prouvant qu'ils avaient visité les lieux saints et rempli toutes les obligations du voyage (peut-être pour le laisser en témoignage aux générations suivantes). Ces pèlerinages et ces certificats sont des documents inestimables pour la description du rituel et des sites sacrés et offrent une riche information sur la vie sociale de la période.","short_description":"Les certificats de pèlerinage documentent le *hadjdj* en Terre Sainte, qui culmine avec la circumambulation autour de la Kaaba. Les certificats ou certificats par procuration (pour ceux qui étaient dans l’incapacité d’accomplir eux-mêmes ce voyage périlleux) authentifient, avec des images, le nom du pèlerin et de son représentant, les lieux visités et le rite célébré.","holder":"Musée des arts turcs et islamiques.","dates":"602 de l’Hégire / 1206 J.-C.","location":"Sultanahmet","province":"Istanbul","dimensions":"(4737) H. 55 cm, l. 26, 5 cm; (4746) H. 51 cm, l. 26,5 cm.","method_for_datation":"L'inscription du document spécifie la date de 602 H/1206 J.-C. Le style d'écriture et le nom du calife confirment cette date.","obtention":"Ismet Bey, maire d'Istanbul et membre du conseil d'administration du Musée des fondations islamiques (ancien nom du Musée des arts turcs et islamiques) avait visité la mosquée des Omeyyades à Damas et son *qubbat al-Hazine* (trésor) d'où il fit transférer au musée d'Istanbul divers objets, dont des corans et ce document de pèlerinage en 1914.","bibliography":"Aksoy, Ş. et Milstein, R., “A Collection of Thirteenth Century Illustrated Hajj Certificates”, *M. Uğur Derman 65th Birthday Festschrift*, Istanbul, 2000, pp. 73-134. \nölçer, N. *et al, Museum of Turkish and Islamic Art*, Istanbul, 2002, pp. 80-81.","dynasty":"Ayyoubide","materials":["Papier manuscrit et peint à la main à l’encre et à l’aquarelle."],"keywords":["pèlerinage"],"author":"Şule Aksoy","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"34df1c16-bb7b-5506-b850-656c4bb0f8aa":{"name":"Complexe du sultan al-Mansour Qalawun (mausolée, *madrasa* et hôpital).","description":"Cet ensemble marque les débuts d'un type architectural nouveau, le “complexe”, qui remplissait plusieurs fonctions. Celui-ci se compose d'un mausolée, d'une *madrasa* et d'un hôpital (*maristan*). \nLa façade principale donnant sur la rue mesure 67 m de long et 20 m de haut. Construite en pierre, elle est rythmée par une importante arcature soutenue par des piliers de marbre, percée de baies à décor d'entrelacs géométriques. Un bandeau épigraphique qui court sur toute la longueur donne le nom du commanditaire, ses titres et la date de la construction. \nLe mausolée est un édifice de plan carré (35 m environ de côté) au milieu duquel s'élèvent quatre colonnes en granit à chapiteaux dorés et quatre piliers en brique habillés de marbre fin incrusté de nacre. Ensemble, ils définissent un espace octogonal au centre duquel se trouve la tombe d'al-Mansour Qalawun et de son fils, al-Nasir Muhammad, qui régna à trois reprises (693-694 H / 1294-4295 J.-C. ; 698-708 H / 1299-1309 J.-C. ; 709-741 H / 1309-1340 J.-C.). Piliers et colonnes soutiennent des arcs dont l'intrados est orné d'un décor en stuc. Au-dessus s'élève une grande coupole à tambour octogonal. Cette disposition rappelle à certains égards le Dôme du Rocher à Jérusalem (72 H / 692 J.-C.). Les murs sont revêtus de marbre incrusté de nacre, un des exemples les plus raffinés de ce type de travail du marbre dans l'architecture islamique d'égypte. Le mausolée possède un *mihrab* également décoré de marbre et de nacre, qui est l'un des plus grands d'égypte. \nLa *madrasa* consiste en une cour ouverte centrale entourée de quatre *iwan* : les deux plus grands sont l'*iwan* de *qibla* (sud-est) et celui qui lui fait face. Les deux plus petits se trouvent sur les côtés. Rien ne reste de la *madrasa*,à l'exception de l'*iwan* de *qibla,* dont la façade est unique en égypte. Elle donne sur la cour par trois arches dont l'élément central est le plus élevé. On y dispensait l'enseignement des quatre écoles sunnites de jurisprudence religieuse (*fiqh*), ainsi que de la médecine. La pratique de la médecine, elle, était enseignée au *maristan*. \nC'est ce dernier qui était à l'origine de la construction du complexe. Alors qu'il se trouvait dans le Cham (Bilad al-Cham, nom arabe traditionnel pour la région recouvrant Syrie, Jordanie, Liban, Israël et Palestine), Qalawun était tombé malade. Il fut traité avec des médecins venus du *maristan* de Nour al-Din à Damas qui le sauvèrent. Il visita ensuite cet hôpital, qui l'impressionna, et fit alors le vœu de construire un établissement similaire au Caire. Il décida de construire son *maristan* sur le site d'un bâtiment appartenant à l'origine à Sitt al-Moulk, fille du calife fatimide al-Aziz bi Allah, puis à Mou'anisa Khatoun, fille d'al-Malik al-'Adil al-Ayyoubi. Ce bâtiment comportait déjà quatre *iwan*. \nLe *maristan* formait des médecins dans toutes les spécialités, ainsi que des infirmiers ; il produisait des médicaments, des ustensiles et des éléments de mobilier nécessaires à la pratique de la médecine d'alors. Il ne reste aujourd'hui que quelques vestiges en ruine de l'*iwan* oriental, dont une fontaine de marbre et une fontaine murale (*chadirwan*) qui présentaient jadis un décor de marbre raffiné similaire à celui du palais d'al-Aziz à Palerme en Sicile, qui fut achevé entre 561 et 670 H / 1166-1175 J.-C. \nLe complexe comprend également un minaret restauré en 703 H / 1303 J.-C. par le sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun à la suite du tremblement de terre de 702 H / 1302 J.-C. qui avait provoqué son effondrement. Il porte une inscription donnant la date de sa restauration. Il compte trois niveaux. Le premier et le deuxième sont de section carrée, le troisième est circulaire, avec un décor d'arcs entrelacés. Certaines sources historiques contemporaines mentionnent une grande ressemblance entre ce type de décor et ceux de l'architecture andalouse, dont celui de la Giralda à Séville (578 H / 1184 J.-C.), qui était un minaret à l'origine, mais qui fut profondément modifié par la suite.","short_description":"Cet édifice est considéré comme le premier exemple de complexe architectural mamelouk incluant un certain nombre d'édifices différents. Le complexe comprend un mausolée, une *madrasa*, une mosquée et un *maristan* (hôpital). Il a été érigé sur le site d'une partie du palais oriental fatimide. La *madrasa* enseignait les quatre doctrines sunnites de *fiqh* (jurisprudence) et la médecine ; la pratique de la médecine était enseignée dans le *maristan*. Le *maristan* fut établi sur le modèle du *bimaristan* Nour al-Din à Damas, où Qalawun fut traité et guéri avant son accession au pouvoir.","dates":"684 de l’Hégire / 1285 J.-C.","location":"Le Caire","method_for_datation":"Un bandeau épigraphique sur toute la longueur de la façade fournit le nom du commanditaire et la date de la construction. Par ailleurs, un texte de fondation sculpté sur le linteau de l'entrée principale donne le nom du constructeur ainsi que la date de début des travaux (683 H / 1284 J.-C.) et de leur achèvement 684 H / 1285 J.-C.).","bibliography":"Al-Pasha, H., *Mawsou'at al-'Emara wa al-Athar wa al-Founoun al-Islamiya* \\[Encyclopédie d'architecture, d'archéologie et d'arts islamiques\\], Le Caire, 1999. \nCreswell, K. A. C., *The Origins of the Cruciform Plan of the Cairene Madrasas*, Le Caire, 1922. \nHerzfeld, E., “Studies in Architecture”, *Ars Islamica*, 1942. \nSalem, al-Sayyed Mahmoud Abd al-Aziz, *Al-Ma'adin al-Masriya* – *Nazrah a'mma 'an aslaha wa tatawouriha moundou al-Fath al-'Arabi hatta al-Fath al-Othmani* \\[Les minarets égyptiens : présentation générale de leurs origines et de leur développement de la conquête arabe à la conquête ottomane\\], Le Caire, 1991. \nShafi, F., *Al-'Emara al-Arabiya fi Masr al-Islamiya* \\[Architecture arabe en égypte islamique\\], Le Caire, 1853. \n*L'art mamelouk, splendeur et magie des sultans*, Aix-en-Provence, 2001.","patrons":"Sultan al-Mansour Qalawun (r. 678-689 H / 1280-1290 J.-C.).","architects":"C’est l’émir Alam al-Din al-Shuja’i, expert en architecture et en construction, qui supervisa le projet et le chantier. Il mobilisa tous les artisans disponibles et leur interdit de travailler sur tout autre chantier afin d’accélérer l’achèvement de celui-ci.","dynasty":"Période mamelouke.","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","materials":[],"keywords":["maristan (hôpital) ; dorures ; marbre ; marbre incrusté de nacre ; chadirwan (fontaine murale) ; mausolées ; médecine ; architecture funéraire ; architecture religieuses ; architecture civile ; madrasa"],"author":"Tarek Torky","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"3a8f4926-8bbd-5e0d-af9c-239cc5185d26":{"name":"Panneau épigraphié en marbre.","description":"Grand panneau épigraphié en marbre réalisé pour célébrer le creusement d'un fossé autour du mur de fortification de la vieille ville de Jérusalem au cours de la période ayyoubide. Creusé quatre ans après la bataille de Hattin, sous la supervision d'al-Asfahsalar Ali bin Ahmad al-Hikkari (mort en 588 H / 1192 J.-C.), ce fossé était censé protéger la ville des incursions des croisés. \nIl est probable que le panneau a été transféré au Haram al-Charif lorsque les murailles ont été restaurées sous le règne du sultan ottoman Sulayman al-Qanuni (Soliman le Magnifique, r. 926-974 H / 1520-1566 J.-C.). L'inscription, sculptée en haut relief, comprend six lignes de style *naskhi* ayyoubide. Le texte éclaire sur la période de Saladin, fondateur de la dynastie ayyoubide, et sur les techniques de défense utilisées pour protéger la ville, parmi lesquelles ce fossé creusé après la libération de Jérusalem. Le texte de l'inscription est le suivant : \n“Au nom de Dieu, le plus Bienfaisant, le plus Miséricordieux, \nQue soient bénis Muhammad, le Prophète, et sa descendance. \nL'ordre d'édifier ceci et de creuser le fossé a été donné par notre maître, le Victorieux Souverain, le Salut de ce monde et de la religion, Sultan de l'Islam et des Musulmans, \nServiteur des deux sanctuaires sacrés et de ce lieu saint, Abou al-Mudaffar Youssouf bin Ayyoub, \nRestaurateur de l'état, Commandeur des Fidèles, que Dieu allonge ses jours et soutienne son étoile au temps du grand émir al-Asfahsalar Saif al-Din Ali bin Ahmad, que Dieu lui donne la force en 587 \\[1191\\].”","short_description":"Lorsque Salah al-Din Ayyoubi (Saladin) eut repris Jérusalem aux Croisés, il rénova la citadelle et fit creuser un fossé pour protéger la ville de nouvelles attaques des Croisés. Cette inscription authentifie ces travaux et mentionne le sultan et le commandant de ses troupes. Ce panneau se trouve aujourd’hui sur la place du Dôme du Rocher.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","initial_owner":"Sultan Salah al-Din Ayyoubi (r. 564-589 H / 1169-1193 J.-C.).","dates":"587 de l’Hégire / 1191 J.-C.","location":"Jérusalem","dimensions":"L. 190 cm, l. 100 cm, ép. 6 cm.","method_for_datation":"La date figurant sur le panneau est plausible.","method_for_provenance":"Provenance mentionnée dans l'inscription.","provenance":"Jérusalem.","obtention":"Panneau trouvé dans le Dôme de Youssouf Agha sur le côté sud de la place du Dôme du Rocher, puis transféré au Musée islamique.","bibliography":"Abu Shama, Abd al-Rahman bin Ismail (m. 665/1267), *Ar-Rowdatain fi Akhbar al-Dawlatain* \\[Deux jardins dans l'histoire de deux états\\], Le Caire, 1870. \nAl-Isfahani, ' Imad al-Din Muhammad bin Muhammad (m. 597/1201), *Al-Fath al-Qasi fi al-Fath al-Qodsi* \\[La conquête de Jérusalem\\], Le Caire, 1903. \nAl-Zarkali, Khayr al-Din, *Al-A'lam* \\[Personnalités célèbres\\], vol. 4, Beyrouth, 1980. \nBerchem, M., van, *Corpus Inscriptionum Arabicarum*, vol. 3, 40,Le Caire, 1925.","dynasty":"Ayyoubide","materials":["Marbre blanc gravé d’une inscription."],"keywords":["Panneaux ; marbre ; inscriptions"],"author":"Khader Salameh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"3d83888a-750e-5a9e-9d4f-9db7b89ce318":{"name":"Krak des Chevaliers.","alternate_name":"Qalaat al-Hisn / Hisn al-Akrâd.","description":"Le château se dresse entre le port de Tartous et la ville de Homs, à une altitude de 650 m sur les contreforts méridionaux du Djebel Ansariyya, d'où il surveille le col de Homs, principale voie de passage entre l'arrière-pays du Bilad al-Cham, qu'avaient conservé les musulmans, et la région côtière détenue par les Croisés. \nLe site avait été occupé en 422 H / 1031 J.-C. par les Kilabites, qui y avaient implanté une colonie kurde, d'où son nom de Hisn al-Akrâd (“château des Kurdes”). Les principales fortifications furent néanmoins érigées après l'arrivée des Croisés en 504 H / 1110 J.-C., et plus particulièrement après qu'il eut été confié à l'ordre militaire des Chevaliers hospitaliers en 537 H / 1142 J.-C. Il fut tenu par les Croisés pendant plus de 120 ans avant de finir par tomber aux mains du sultan mamelouk al-Dahir Baybars. Il fut alors restauré, ses fortifications renforcées, et il devint le symbole du pouvoir mamelouk dans la région ainsi que la résidence des gouverneurs. Il conserva sa fonction militaire jusqu'à la fin de la période ottomane puis fut habité par des villageois jusqu'à la période du mandat français. Restauré et vidé de ses habitants au cours du XXe siècle, il prit le nom de Qalaat al-Hisn dans les années 1950. \nÉdifié sur un éperon basaltique de forme trapézoïdale séparé de la montagne au sud par un fossé artificiel, le château est divisé en deux zones défensives complémentaires. Le château haut, construit sur un affleurement rocheux au centre du site, s'organise autour d'une cour centrale et d'une double enceinte en trapèze. Il comprend les constructions les plus impressionnantes de la période franque : un complexe religieux composé d'une chapelle, d'une salle capitulaire et d'un cloître, et du donjon en façade sud, composé de trois énormes tours. C'était le quartier général et la résidence principale de l'élite des Chevaliers hospitaliers. Tout autour, la cour basse contient également quelques vestiges architecturaux de l'occupation croisée, comme les remparts est et ouest, l'écurie, le bassin au sud et la barbacane sur la façade nord-est. \nLa contribution architecturale mamelouke au Krak des Chevaliers est substantielle. Les travaux les plus importants – améliorations majeures apportées aux fortifications des Chevaliers – furent accomplis pendant le dernier tiers du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.). De nouveaux remparts et plusieurs tours furent érigés sur les côtés sud et est de la cour basse, réunis par des galeries continues de mâchicoulis et des bretèches. L'utilisation du Krak comme centre administratif de la région conduisit au développement des constructions résidentielles et palatiales, dont la résidence du gouverneur au sommet du donjon, les salles décorées du château et le hammam dans la cour basse.","short_description":"Également appelé Hisn al-Akrâd à la suite de l'installation de Kurdes au Ve s. H (XIe J.-C.), le château connut des transformations majeures au plan défensif sous l'occupation croisée, en particulier celle de l'ordre militaire des Chevaliers hospitaliers. Les Croisés conservèrent 120 ans cette importante place stratégique, remarquable témoignage de la plus éminente architecture militaire. Elle comprend également une chapelle du VIe/XIIe s., aux caractéristiques romanes, et une arcade du VIIe/XIIIe s. de style proche du gothique français.","dates":"V - Xe s. de l'Hégire / XI - XVIe s. J.C.","location":"Région de Homs","method_for_datation":"Les nombreuses inscriptions en arabe figurant sur la façade sud de la cour basse donnent une chronologie des travaux réalisés par les Mamelouks à la fin du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.). Plusieurs études historiques et architecturales ont contribué à éclairer l'histoire monumentale de ce château.","bibliography":"Cathcart-King, D. J., “The Taking of Le Krak des Chevaliers in 1271”, *Antiquity*, XXIII, 1949, pp. 83-92. \nDeschamps, P., “Les châteaux des Croisés en Terre Sainte”, vol. 1, *Le Crac des Chevaliers*, Paris, 1934. \nKennedy, H., *Crusader Castles*, Cambridge, 1994, pp. 145-163. \nMesqui, J., “Le Crac des Chevaliers”, *Quatre châteaux des Hospitaliers,* 2003 \\[www.castellorient.com\\]. \nMüller-Wiener, W., *Castles of the Crusaders*, Londres, 1966, pp. 59-62. \nRey, E.-G., *Étude sur les monuments de l'architecture militaire des Croisés en Syrie et dans l'île de Chypre*, Paris, 1871, pp. 39-67. \nSobernheim, M., “Matériaux pour un Corpus Inscriptionum Arabicarum”, vol. 2, *Syrie du Nord*, Mémoires de l'École du Caire XXV, Le Caire, 1909, pp. 19-36. \nBerchem van, M. et Fatio, E., “Voyage en Syrie”, vol. I, *Mémoires de l'Institut français d'archéologie orientale du Caire,* Le Caire, 1914-1915, pp. 135-163.","patrons":"Chevaliers hospitaliers et sultans mamelouks Baybars (658-676 H / 1260-1277 J.-C.), Barakat Khan (676-678 H / 1277-1279 J.-C.), al-Mansour Qalawun (678-689 H / 1279-1290 J.-C.) et al-Nasir Muhammad ibn Qalawun (qui régna à trois reprises: 693-694 H / 1293-1294 J.-C. ; 698-708 H / 1299-1309 J.-C. ; 709-741 H / 1310-1341 J.-C.)","dynasty":"Kilabite-seldjoukide (422-504 H / 1031-1110 J.-C.) ; comtes de Tripoli (504-537 H / 1110-1142 J.-C.) ; Chevaliers hospitaliers (537-669 H / 1142-1271 J.-C.) ; mamelouke (669 H / 1271-XVIe siècle J.-C.).","materials":[],"keywords":["Architecture militaire ; Jabal Ansariyya ; châteaux ; Kilabites ; Kurdes ; Croisés ; Chevaliers hospitaliers ; sultan Baybars ; inscriptions ; mâchicoulis"],"author":"Benjamin Michaudel","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"4150a4e5-e339-5229-a33a-a26b868c4c5e":{"name":"Château d’Ajloun.","description":"Ajloun est situé à 76 km environ au nord-ouest d'Amman. Contrairement aux autres châteaux jordaniens comme Chawbak et Karak, il a été entièrement édifié par les forces musulmanes en 579 H / 1184 J.-C. face au château croisé de Belvoir (Kawkab al-Hawa), à l'ouest, et devait assurer les communications entre la Syrie et l'égypte. Il devait aussi probablement protéger les importantes mines de fer de la région d'Ajloun. à travers ses modifications et agrandissements constants, il est un bon exemple de l'architecture militaire des VIe et VIIe siècles H (XIIe et XIIIe siècle J.-C.). \nà l'origine, il était de plan pratiquement carré, conforté à chaque angle par une tour également carrée. Les tours et les murs nord-est et sud-ouest étaient percés d'un bandeau d'étroites meurtrières. L'entrée principale se faisait alors par l'est. En 610 H / 1214 J.-C., l'ensemble fut agrandi par un mur de connexion massif entre les tours nord et est, et l'entrée déplacée au point de jonction du nouveau mur nord-est de la tour est. \nEn 658 H / 1260 J.-C., de nouvelles modifications furent entreprises : deux tours vinrent compléter le dispositif ainsi qu'un nouveau mur élevé pour les connecter, la nouvelle tour nord étant reliée par un mur massif à la nouvelle tour est. Au cours de cette période, les façades sud-est et sud furent remodelées par l'adjonction de deux autres tours au sud et à l'est par un mur massif. L'entrée fut alors transférée à l'angle de la nouvelle tour est. Au début de la période ottomane, le château servit au logement de soldats. Au début du XIe siècle H (XVIIesiècle J.-C.), il fut la base principale du puissant émir libanais Fakhr al-Din al-Ma'ni.","short_description":"Le château d’Ajloun, situé à 76 km environ au nord-ouest d’Amman, fut édifié par les forces musulmanes en 579 H /1184 J.-C. face au château croisé de Belvoir (Kawkab al-Hawa) à l’ouest, pour assurer les communications entre la Syrie et l’Egypte et protéger les importantes mines de fer de la région. Le château, à travers ses modifications et ses agrandissements constants, est un bon exemple du développement de l’architecture militaire des VIe/XIIe et VIIe/XIIIe siècles. Deux inscriptions en arabe ont été découvertes : la première, datée de 647-658/1250-1260, mentionne les travaux de rénovation exécutés sur l’ordre du sultan Salah al-Din (Saladin), la seconde l’édification d’une construction effectuée en 659/1261.","dates":"579-658 de l’Hégire / 1184-1260 J.-C.","location":"Ajloun.","method_for_datation":"Inscriptions et sources historiques. Deux inscriptions arabes ont été découvertes par le Département des antiquités de Jordanie en 1963, la première, datée du règne de Saladin (567-589/1171-1193), mentionne des travaux de rénovation exécutés sur l'ordre du sultan, la seconde l'édification d'un mur ou d'une tour et donne la date du 20 juillet 1261 (659 H).","bibliography":"Burckhardt, J. L., Travels in Syria and the Holy Land, Londres, 1882, pp. 266-267. \nJones, C. N., “Medieval Ajlun I: The Castle”, Quarterly of the Department of Antiquities in Palestine, vol. 1, 1931, pp. 21-33. \nالكردي، حنان، القلاع الاثرية في الاردن، عمان، 1984، ص 22-27. \nالمومني، سعد، القلاع الاسلامية في الاردن، عمان، 1988، ص 114-155.","patrons":"Salah al-Din (Saladin, 532-588 H / 1138-1193 J.-C.) ; al-Dahir Baybars (658-676 H / 1260-1277 J.-C.).","dynasty":"Ayyoubide ; mamelouke.","materials":[],"keywords":[],"author":"Mohammad Najjar","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"4e4e72ee-c59e-5dac-bbc4-668eefd07742":{"name":"Madrasa al-Zahiriyya.","description":"Le sultan al-Saïd Baraka Khan, fils du sultan mamelouk al-Dahir Baybars, construisit ce mausolée (*koubba*) pour son père, au nord de la Mosquée Omeyyade et presque en face d'un autre remarquable monument ayyoubide, la *madrasa* al-Adiliyya. Bien que Baybars ait exprimé le souhait d'être enterré dans le village de Daraya près de Damas, son fils préféra le voisinage de la Mosquée Omeyyade, où plusieurs anciens souverains avaient été inhumés, dont l'Ayyoubide al-Kamil Muhammad (r. 635 H / 1238 J.-C.) et son frère al-Achraf Moussa (r. 626 H / 1229 J.-C.). \nLa *koubba* est reliée à une *madrasa* adjointe ultérieurement. De plan carré de 13,2 m de côté, elle est surmontée de deux tambours octogonaux. Une paire de fenêtres en arc brisé s'ouvre de chaque côté du tambour supérieur et des fenêtres de style similaire alternent sur le tambour inférieur. Cette construction à coupole fait une référence évidente au bâtiment devant lequel elle s'élève, la *madrasa* al-Adiliyya, achevée par le sultan ayyoubide al-Adil Sayf al-Din (r. à Damas 592-615 H / 1196-1218 J.-C.). \nLa partie supérieure du mur extérieur est décorée d'une fenêtre circulaire entourée d'un motif d'entrelacs sculpté en creux et de deux cartouches quadrilobés. Ce détail nouveau dans l'ornementation architecturale damascène est issu des décors ayyoubides tardifs, en marbre, exécutés à Alep (voir par exemple la *madrasa* al-Sultaniyya (620 H / 1223 J.-C.) et rappelle le décor de la porte principale de la mosquée al-Dahir Baybars au Caire (construite en 665-667 H / 1267-1269 J.-C.). Le mur extérieur en son entier est en blocs de calcaire lisse à joints fins. La niche du portail de 4 m de large comprend trois lignes d'inscription et est surmontée d'un arc de *mouqarnas* particulièrement riche à conque cannelée en demi-coupole. Ce portail ouvre sur la cour, l'entrée de la *koubba* se trouvant à droite. La partie inférieure interne des murs de celle-ci est décorée de panneaux de marbre de 3 m de haut, surmontée d'une frise à décor floral de vigne (*karma*). Au-dessus, le décor est complété par un panneau en mosaïque de verre de 1,5 m de haut, montrant un paysage à éléments floraux et architecturaux rappelant les mosaïques de la Mosquée Omeyyade. En se référant ainsi au décor de la prestigieuse mosquée, Baybars signifiait la fin des anciens modèles architecturaux pour ses grandes commandes monumentales et le choix des éléments décoratifs. \nBien que les mosaïques et les panneaux de marbre intérieurs soient datés de 680 H / 1281 J.-C. selon l'inscription du portail, il est probable que les ornements de Baybars, sans doute en très mauvais état, ont été fidèlement reproduits par son fils. Certains chercheurs ont également suggéré l'emploi du même architecte pour assurer la fidélité des nouveaux travaux de décoration à l'original. De semblables mosaïques de verre et frises de vigne s'observent dans la *madrasa* et la *koubba* de Qalawun au Caire, indiquant sans doute que le sultan al-Mansour Qalawun fit appel pour ses projets architecturaux cairotes aux mêmes ateliers que ceux qui avaient travaillé sur la *madrasa* al-Zahiriyya.","short_description":"C'est pour honorer son père al-Dahir Baybars, guerrier très respecté et premier sultan mamelouk, que le sultan Saïd Baraka Khan fit ériger un mausolée à côté de la Mosquée Omeyyade. Il fait partie d'une *madrasa* et reprend le plan courant de la salle carrée à coupole peinte en rouge reposant sur un tambour octogonal. La décoration intérieure comprend des panneaux de marbre, une frise de motifs de vigne sculptée, des mosaïques en verre qui témoignent d'une inspiration de la Mosquée Omeyyade et évoque le mausolée de Qalawun, ce qui suggère une intervention des mêmes ateliers.","dates":"676 de l'Hégire (1277 J.-C.).","location":"Damas","method_for_datation":"L'inscription de fondation contient le nom de l'architecte. Une inscription ultérieure, ajoutée par le sultan Qalawun, se réfère aux funérailles du fondateur Baraka Khan en 680 (1281) et fait sans doute partie de la dernière phase de décoration et d'achèvement du complexe.","bibliography":"Almawi, Abd al-Basit al- (m. 981/1573), *Tanbih al-talib wa-irshad al-daris* \\[Instruction de l'élève et conseils à l'étudiant\\], Damas, 1947. \nFlood, F. B., “Umayyad Survivals and Mamluk Revivals: Qalawunid Architecture and the Great Mosque of Damascus”, *Muqarnas*, 14, 1997, pp. 57-79. \nMeinecke, M., *Die Mamlukische Architektur in Ägypten und Syrien*, 1992, vol. I, pp. 37-40, fig. 11 ; vol. II, p. 52, cat. numéros 29, 58. \nMeinecke, M., “Das Mausoleum des Qala'un in Kairo / Untersuchungen zur Genese der mamlukischen Architekturdekoration”, *Mitteilungen des Deutschen Archäologischen Instituts Abteilung Kairo*, 27, 1971, pp. 63-67. \nAl-Nu'aymi, Abd al-Qadir (m. 978/1570), *Al-Daris fi tarikh al-madaris* \\[L'étude de l'histoire des *madrasa*\\], Damas, 1947. \nSack, D., *Damaskus, Entwicklung und Struktur einer orientalisch-islamischen Stadt*, Mayence, 1989.","patrons":"Sultan al-Saïd Baraka Khan (r. 676-678 H / 1277-1279 J.-C.), fils du sultan al-Dahir Baybars. Des décorations et du mobilier furent mis en place ultérieurement sur l’ordre du sultan al-Mansour Sayf al-Din Qalawun (r. 678-688 H / 1279-1290 J.-C.) en 680 H / 1281 J.-C.","architects":"Ibrahim ibn Ghanaaim al-Mouhandis qui, une décennie auparavant, avait édifié Qasr al-Ablaq à Damas pour le sultan al-Dahir Baybars.","dynasty":"Mamelouke.","materials":[],"keywords":["Objets religieux ; architecture funéraire ; inscriptions"],"author":"Verena Daiber","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"55a9a6bc-439c-5d96-9801-d84c4d57c26f":{"name":"Ribat d'al-Mansour Qalawun.","alternate_name":"Ribat al-Mansouri.","description":"Ce *ribat* se compose de trois parties. La première est un profond porche d'entrée de plan rectangulaire, bordé sur ses côtés est et ouest d'un banc de pierre ou *mastaba*. Le plafond est à voûte d'arêtes. Au mur sud figure une inscription qui donne la date de construction. La deuxième partie consiste en une vaste salle rectangulaire à l'est de l'entrée qui mesure 23 x 9 m. On y accède par un corridor partant directement de l'entrée. La troisième est une vaste cour ouverte (28 x 25 m) qui s'étend à l'ouest de l'entrée. Elle est pavée d'un rare et superbe dallage ancien en pierre, et entourée de diverses pièces et cellules. Cette cour, agrandie au XXe siècle, contenait deux puits qui ont été détruits à l'occasion de ces travaux. \nSur la rue de Bab al-Nadir, le *ribat* présente une magnifique façade qui mesure environ 68 m de long pour 11 m de haut. La partie basse date de la période mamelouke, la partie haute du début de la période ottomane (Xe siècle H / XVIe siècle J.-C.). à leur jonction court une fine corniche composée de formes polygonales en coquille. Malgré diverses additions et modifications, cette façade a conservé son caractère d'origine. \nLe *ribat* était un refuge pour les pauvres et les nécessiteux auxquels il distribuait de la nourriture. Il était également utilisé pour loger les visiteurs de Jérusalem. Il bénéficiait d'un *waqf* par lequel les revenus de terres et de propriétés de Palestine étaient affectés à ses frais de fonctionnement.","short_description":"C’est l’un des plus grands *ribat* (auberges) mamelouks de Jérusalem. Il est situé à quelques mètres du mur oriental du Haram al-Charif. Il fut édifié par le sultan al-Mansour Qalawun pour loger les visiteurs et les étudiants de la mosquée al-Aqsa. Il était richement doté et distribuait de la nourriture aux nécessiteux. Le bâtiment se compose de deux étages, chacun d’entre eux ayant de grandes salles et de nombreuses chambres qui flanquent une cour ouverte. En dépit des nombreuses modifications qu’a subies la façade principale, sa physionomie mamelouke est toujours manifeste.","dates":"681 de l'Hégire / 1283 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Présence d'une inscription de fondation située sur le mur sud de l'entrée. Mentions de ce *ribat* chez l'historien Moujir al-Din al-Hanbali (m. 928/1521).","bibliography":"Abu al-Hawwa, A., *Al-Tatawar al-Mi'mari fi Harat Bab al-Nadhir fi al-Qods fi al-'Asrain al-Mamlouki wa al-'Othmani* \\[Le développement architectural dans les environs de Bab al-Nadhir à Jérusalem pendant les périodes mamelouke et ottomane\\], mémoire de maîtrise, Université de Jérusalem, 2002. \nAl-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973. \nAl-Natsheh, Y., *Ribat al-Mansur Qalawun*, Jérusalem, 2004. \nBerchem, M. van, *Matériaux pour un Corpus Inscriptionum Arabicarum* (deuxième partie), Le Caire, 1922. \nBurgoyne, M., *Mamluk Jerusalem: An Architectural Study*, Londres, 1987. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004.","patrons":"Sultan al-Mansour al-Qalawun (r. 678-689 H / 1280-1290 J.-C.).","dynasty":"Mamelouke.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001; IAM_EG_FR_001","materials":[],"keywords":["Ribat ; architecture religieuse"],"author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"5702c937-55b7-5f65-adc4-2d6ddc8a7f83":{"name":"Dinar (pièce d'or).","description":"Le dinar est un des types de pièces mis en circulation par les musulmans. Par définition il était en or, le dirham en argent et le *fils* en cuivre. Il pesait environ quatre grammes. \nCette pièce est un dinar ayyoubide du type fatimide caractérisé par une inscription en cercles concentriques. Ce style initié par les Fatimides au IVe siècle H (Xe siècle J.-C.) est très différent du style coufique utilisé jusqu'alors, dans lequel le texte se distribuait entre un cercle en bordure et trois ou quatre lignes horizontales au centre. Le choix d'un changement aussi radical de la part de la dynastie fatimide chiite peut être interprété comme une tentative de se différencier des souverains omeyyades, abbassides et d'Asie centrale sunnites qui avaient adopté le style coufique. Des souverains postérieurs, comme Saladin, conservèrent ce style. \nCette pièce est datée des règnes du calife abbasside al-Moustadi (r. 566-575 H / 1170-1180 J.-C.) et du souverain ayyoubide Saladin. Elle a été frappée au Caire en 574 H / 1178 J.-C. \nL'inscription arabe en écriture *naskhi* qui recouvre ses deux faces se traduit ainsi : \nAvers: \nBandeau 1 : \"Au nom de Dieu le Miséricordieux, le Compatissant, ce dinar a été frappé au Caire en l'an cinq cent soixante-quatorze\" \nBandeau 2 : \"Il n'existe pas d'autre Dieu que Dieu, qui est sans associé, Abou Muhammad\" (Abou Muhammad étant le calife al-Moustadi). \nBandeau 3 : \"al-Mustadi‘ bi-amr Allah, Commandeur des Fidèles\" \nBandeau 4 : \"al-Imam al-Hassan\" \nRevers \nBandeau 1 : \"Muhammad le Messager de Dieu a été envoyé pour guider et enseigner la religion de la vérité, pour le proclamer à toutes les religions\" \nBandeau 2 : \"même si les polythéistes le rejettent. Que Dieu le bénisse et sa famille\" \nBandeau 3 : \"al-Malik ‘al-Nasir ‘Alim\" \nBandeau 4 : \"Youssouf bin Ayyoub\".","short_description":"Ce dinar en or a été frappé au Caire par les Ayyoubides en style fatimide. Il comporte des inscriptions disposées en trois cercles concentriques.","holder":"Musée national de Damas.","initial_owner":"Al-Malik al-Nasir Salah al-Din Youssouf bin Ayyoub (Saladin, r. 569-589 H / 1174-1193 J.-C.).","dates":"574 de l'Hégire / 1178 J.-C.","location":"Damas","dimensions":"Ø 2cm, poids 3,85 g.","method_for_datation":"La date de frappe, 574 (1178), est mentionnée dans les inscriptions.","method_for_provenance":"Le lieu de frappe, Le Caire, est mentionné dans l'inscription.","provenance":"Le Caire, Égypte.","obtention":"Pièce confisquée par les forces de sécurité et enregistrée dans les collections du musée en 1992.","bibliography":"Delpont, E. (éd.), *L’Orient de Saladin : l’art des Ayyoubides*, Paris, 2001.","dynasty":"Période ayyoubide","materials":["Or frappé."],"keywords":["Monnaie ; or ; le Caire ; Damas ; dinars ; Saladin ; calife al-Moustadi; numismatique"],"author":"Mona al-Moadin","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"5afe91bf-fea8-55d3-82ee-a8b6233aab07":{"name":"Al-Haram al-Charif (le Noble Sanctuaire).","alternate_name":"Mosquée al-Aksa ; al-Haram al-Qods al-Charif.","description":"Le Haram al-Charif occupe un rôle important dans la religion islamique. C'est en effet ici que le prophète Muhammad arriva une nuit de La Mecque à Jérusalem (Isra') pour monter au ciel (Mi'raj). De plus, dans le Saint Coran, Dieu a béni le Haram, et en a fait la première *qibla* (direction de la prière) pour les Musulmans. \nLe Haram occupe une position élevée dans les collines de Jérusalem. Il s'étend sur une plateforme rectangulaire d'environ 1 450 000 m2 représentant 1/6 de la ville ancienne. \nPour les chercheurs actuels, il ne possède aucun vestige visible antérieur à l'arrivée des musulmans à Jérusalem en 15 H / 638 J.-C., étant donné que les édifices qui s'y trouvaient avaient été détruits par Titus et ses légions en 70 av. J.-C. \nLorsque les musulmans arrivèrent, la ville se rendit sans combattre à la suite d'un accord passé par le calife Omar bin al-Khattab (r. 13-23 H / 634-644 J.-C.) avec le patriarche Sophronius. Selon les termes du contrat, les Arabes ne détruisirent aucun bâtiment de la zone du Haram et les habitants furent protégés, ainsi que leurs biens et maisons. La plus grande partie de la ville était habitée, à l'exception du quartier du Haram, qui était mal entretenu. \nLe site est légèrement incliné du nord au sud. Le point le plus élevé est la partie centrale sur laquelle se dresse le Dôme du Rocher. La pente est compensée par une plate-forme transversale dont une partie est appelée al-Aqsa al-Qadim, l'autre al-Musalla al-Marwani. \nAprès l'édification en partie centrale du Dôme du Rocher et du Qubbat al-Silsila (dôme de la chaîne), le Haram s'est développé le long de ses limites nord et ouest. Le bord oriental s'incline vers la vallée de Qidron (*wadi* Jahannam) utilisée comme cimetière islamique dès les premiers temps de la conquête. Le côté sud est encore plus incliné, mais le rocher offre un soutien structurel plus sûr qui a permis la construction d'édifices omeyyades dont le Dar al-Imara, continuellement habités depuis leur construction. \nLe Haram s'étage sur trois niveaux. Le plus bas inclut Bab al-Rahma (porte de la Miséricorde), Bab al-Tawba / Bab al-Dahabi (porte du Repentir / porte Dorée), al-Musalla al-Marwani, al-Aqsa al-Qadim (vieille Aqsa) et le *masjid* de Bouraq. Le niveau intermédiaire comprend la mosquée al-Aqsa, le Musée islamique et les arcades latérales contre les murs ouest et nord, ainsi qu'une multiplicité de portes et de bâtiments dont des *sabil*, des *madrasa*, des *mastaba*, des minarets et des coupoles. Le niveau le plus élevé est celui du Dôme du Rocher, que l'on atteint par des marches. Il comprend une série de magnifiques coupoles, quelques *khanqah* (retraites pour soufis), le *minbar* Burham al-Din et le *mastaba* al-Kark, ainsi qu'un certain nombre de citernes et de fontaines.","short_description":"Le Haram al-Charif est le troisième plus ancien site islamique après La Mecque et Médine et le plus important des sites musulmans sacrés de Palestine. C’est un grand complexe d’une surface de 145 000 m2. Il comprend le Dôme du Rocher, la mosquée al-Aqsa, le dôme al-Silsila (dôme de la chaîne) et Bab al-Rahma (porte de la miséricorde), ainsi que plus de 90 autres édifices commémoratifs. On peut donc y observer différentes expressions artistiques et architecturales de l’Orient islamique, sur plusieurs périodes historiques, ce qui fait du site un véritable musée architectural de plein air. Le site est lié à des légendes islamiques, en particulier celle de *Isra* et de *Mi’raj* (nuit de l’ascension du Prophète).","dates":"15-493 de l’Hégire / 637-1099 J.-C. ; 583-1336 H / 1187-1917 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Nombreuses inscriptions, sources historiques et découvertes archéologiques.","bibliography":"Al-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973. \nBurgoyne, M., *Mamluk Jerusalem: An Architectural Study*, Londres, 1987. \nCreswell, K. A. C., *Early Muslim Architecture*, Oxford, 1932. \nHamilton, R. W., *The Structural History of al-Aqsa Mosque: A Record of Archaeological Gleanings from the Repairs of 1938-1942*, Londres, 1949. \nNatsheh, Y., “The Architecture of Ottoman Jerusalem”, in S. Auld and R. Hillenbrand (éds), *Ottoman Jerusalem: The Living City 1517-1917* (première partie), Londres, 2000. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004.","patrons":"Un certain nombre de califes, de sultans et de princes de divers pays islamiques ont contribué à la construction des bâtiments du Haram al-Charif. Le plus important mécène est le calife omeyyade Abd al-Malik bin Marwan (r. 65-86 H / 685-705 J.-C.). Des rénovations furent entreprises par plusieurs califes et sultans musulmans, dont le calife fatimide al-Dahir (r. 411-427 H / 1021-1036 J.-C.), le sultan al-Din al-Ayyoubi (saladin, r. 564-589 H/1169-1193 J.-C.) et le sultan ottoman Sulayman al-Qanouni (Soliman le Législateur [Soliman le Magnifique], r. 926-974 H / 1520-566 J.-C.).","dynasty":"Périodes islamiques consécutives, des Omeyyades aux Ottomans.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":[],"keywords":["Al-Isra’ ; sanctuaires ; édifices religieux ; Mi’raj ; objets sacrés"],"author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"5e68b14d-8eb3-5454-8d3b-cd5efa2239df":{"name":"Gourde de pèlerin.","description":"Récipient de forme globuleuse en verre soufflé à décor émaillé. L'une des deux grandes faces et la moitié inférieure des côtés sont aplaties. La couleur de l'émail présente une gamme étendue : rouge, blanc, bleu, vert pâle, jaune, rose, mauve et gris-noir. Deux poignées sont appliquées de chaque côté du col cylindrique. Une rosette à onze branches à l'intérieur d'une fleur à huit lobes contenant des volutes végétales décore la face plate. Sur la face bombée figure un motif quadrilobé de forme géométrique orné d'arabesques entourées d'enroulements se terminant par des têtes humaines, animales ou d'oiseaux. Le décor émaillé des deux faces est à dominante rouge et bleue rehaussée d'or, tandis que les côtés bénéficient de la gamme chromatique en son entier. À gauche du côté incurvé figure un cavalier tuant un animal de son épieu. La tête de l'homme barbu qui porte un chapeau conique à rubans est cerclée d'une auréole. En dessous, dans un médaillon, une joueuse de harpe voilée est habillée d'une tunique longue. Sur l'autre côté étroit, une scène survolée par des oiseaux montre un cavalier sous un arbre tuant un lion de son javelot. Il est lui aussi surmonté d'une auréole et porte un manteau long et des bottes. Dans le médaillon circulaire au-dessous, un homme assis jambes croisées boit avec un gobelet. Sa tunique porte aux manches des bandes en *tiraz*. \nLes deux cavaliers rappellent certaines figures de l'iconographie chrétienne, alors que celles des médaillons sont typiques de l'art islamique. Le mélange de motifs suggère que le commanditaire était soit un musulman familier de l'imagerie chrétienne, soit un chrétien qui appréciait le travail des artisans musulmans. La forme rappelle les gourdes de cuir ou les gourdes de pèlerin en terre cuite non vernissée, plutôt que celle d'objets en métal ou en verre. Par ailleurs, un remarquable bidon en métal de la Freer Gallery, à Washington, est également décoré de scènes chrétiennes. Cette gourde, bien qu'en verre, pouvait être protégée par une gaine de cuir lors les voyages du pèlerin. Il s'agissait de toute évidence d'un objet de luxe, peut-être réalisé en vue d'un cadeau.","short_description":"Cette gourde de pèlerin en verre émaillé est un intéressant exemple de croisement des cultures chrétienne et islamique. Deux des figures décorant le récipient viennent du thème iconographie chrétien de saint Georges et le dragon, tandis que le musicien et le buveur sont issus de l'art islamique.","holder":"The British Museum.","dates":"Troisième quart du VIIe siècle de l’Hégire (troisième quart du XIIIe siècle J.-C.).","location":"Londres","dimensions":"H. 23 cm, l. 23 cm, ép. 16,2 cm.","method_for_datation":"Le décor fait penser à des compositions de la fin de la période ayyoubide et du début de la période mamelouke.","method_for_provenance":"La technique et le décor sont proches de ceux d'objets en verre produits dans les provinces mameloukes d'Égypte et de Syrie.","provenance":"Égypte ou Syrie.","obtention":"Légué au British Museum par Felix Slade en 1869.","bibliography":"Carboni, S. et Whitehouse, D., *Glass of the Sultans*, New York, 2001, n° 123, pp. 247-249. \nPinder-Wilson, R., “The Islamic Lands and China”, *Five Thousand Years of Glass* (dir. H. Tait), 1991, p. 134, n° 170. \nRogers, J. M., “European Inventories as a Source for the Distribution of Mamluk Enamelled Glass”, *Gilded and Enamelled Glass from the Middle East* (dir. R. Ward), 1998, pp. 69-73.","dynasty":"Mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","materials":["Verre émaillé et doré."],"keywords":["volutes végétales ; arabesques ; décoration figurative ; équitation ; musicien ; buveurs"],"author":"Emily Shovelton","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"66dee6a2-095c-5e95-9ab7-3051179223bf":{"name":"*Zubdat al-Tawarikh* (“La crème des histoires”).","description":"Ouvrage rédigé en turc en écriture de style *naskhi* à l'encre noire sur 90 feuilles d'un délicat papier préparé. Il contient 55 miniatures – une ou deux par page – illustrant les sujets des textes. Pages 1b-2a, deux médaillons circulaires comportent une inscription précisant le sujet de l'œuvre et expliquant qu'elle a été réalisée pour le trésor du sultan Mourad III. Le texte compte 37 lignes par page. Les titres et têtes de chapitre sont dorés. Leurs enluminures font appel à des compositions florales à arabesques et motifs d'inspiration chinoise. Les médaillons des deux premières pages comprennent d'importants motifs floraux. \nLa couverture vert foncé – qui n'est pas l'originale – est laquée (technique connue sous le nom de *Edirnekari*). Les plats extérieurs sont richement décorés de compositions florales en or et argent, tandis que les gardes contre plat sont ornées de médaillons, de lambrequins et d'angles ornés. \nL'ouvrage rédigé par le panégyriste de la cour *(Şehnameci*) Sayyid Loqman Aşuri, se compose de deux parties principales. La première débute par une représentation de l'univers et des signes du zodiaque et se continue par des histoires tirées de la Torah, du Nouveau Testament et du Coran qui racontent la vie des prophètes et de grandes figures au service de la foi, illustrée de peintures. Elle s'achève sur l'arbre généalogique de Mahomet, des quatre califes légitimes, des sultans et hauts dignitaires des dynasties musulmanes comme les Omeyyades, les Abbassides, les débuts de la période islamique, Ghaznavides, les Ilkhanides, les Seldjoukides et les Timourides. La seconde partie s'ouvre sur l'histoire du sultan Osman (Uthman), fondateur de la dynastie ottomane, et couvre douze portraits de sultans jusqu'à Mourad III avant de se terminer par des descriptions des événements politiques ayant marqué ces règnes. \nCe recueil a été réalisé pour le trésor du sultan Mourad III (r. 982-1003 H / 1574-1595 J.-C.). La qualité de ses peintures, de sa calligraphie et de sa reliure en fait une des plus grandes œuvres de l'art ottoman jamais créées pour un sultan.","short_description":"Ce manuscrit inclut les histoires des prophètes, la naissance de l’islam et les histoires des États musulmans. Il fut rédigé sur ordre du sultan Mourad III par l’historien Sayyid Lokman et enluminé par les fameux peintres (*naqqash*) Molla Kasım et Ustad Osman. C’est un travail unique dans l’art ottoman.","holder":"Musée des arts turcs et islamiques.","initial_owner":"Sultan Mourad III (r. 982-1003 H / 1574-1595 J.-C.).","dates":"993 de l’Hégire / 1583 J.-C.","location":"Sultanahmet","province":"Istanbul","dimensions":"H. 64,7 cm, l. 41,3 cm.","method_for_datation":"Il est indiqué sur l'ouvrage qu'il a été réalisé pour le trésor du sultan Mourad III (r. 982-1003/1574-1595) en 933/1583.","method_for_provenance":"Il a probablement été copié à Istanbul sur l'ordre du sultan.","provenance":"Istanbul, Turquie.","obtention":"Transféré au musée en 1333/1915 de la bibliothèque du complexe d'Aksaray à Istanbul, fondé par l'épouse du sultan Mahmoud II et mère du sultan Abdoulaziz [Abd al-'Aziz] Ier, Pertevniyal Valide Sultan (m. 1300/1883, reine-mère de 1277 à 1292/1861-1876).","bibliography":"Aksoy, Ş., “Zübdetü't Tevarih Sultan III. Murad için Hazırlanan bir Şehname”, *P. Art, Culture, Antique*, 3 (1996), pp. 17-37. \nölçer, N. *et al*, *In Pursuit of Excellence: The Museum of Turkish and Islamic Arts*, Istanbul, 1993, p. 42, 19A-E, pp. 52-56. \nölçer, N. *et al*, *Museum of Turkish and Islamic Art*, Istanbul, 2002, pp. 272-75. \nRenda, G., “New Light on the Painters of the Zubdat at Tawarikh in the Museum of Turkish and Islamic Arts in Istanbul”, *Fourth International Congress of Turkish Art*, pp. 183-207.","artist":"Calligraphe : Sayyid Loqman Aşuri ; peintres : al-Sayyid Lutfi, Molla Kasim (Mulla Qasim) et Ustad Osman (Uthman) et leurs ateliers.","dynasty":"Période ottomane","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","materials":["Papier préparé, encre, aquarelle, dorure, reliure laquée."],"keywords":["papier, dorure, encre, aquarelle, peinture, technique Edirnekari, zodiaque"],"author":"Sevgi Kutluay","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"72cd6b04-4359-5c17-b1d0-29c1ddfe315f":{"name":"Balustrade en marbre.","description":"Balustrade en marbre composée de neufs arcs brisés contigus de forme et de dimensions identiques, soutenus par une vingtaine de colonnes jumelées toutes différentes, de même que leurs chapiteaux. Les écoinçons sont ornés de cercles sculptés dans le marbre. Les chapiteaux sont de deux styles : le premier d'un d'esprit corinthien finement exécuté, le second plus simple, figurant une sorte de fleur de grenadier ouverte. Les arcs sont décorés de blasons de chevaliers. Les ornements des piliers sont des variations sur le thème du zigzag horizontal ou vertical. La succession d'arcs repose sur le tailloir des chapiteaux. \nCette balustrade se trouvait à l'origine dans la mosquée al-Aqsa où elle remplissait une fonction sans doute décorative. Son matériau et sa technique de sculpture la rapprochent d'une frise de l'époque des croisés (également conservée au musée) transférée du Dôme du Rocher. Peut-être a-t-elle été réalisée dans le même atelier de travail du marbre qui était actif au Haram al-Charif à la même période.","short_description":"Balustrade en marbre composée de neufs arcs brisés contigus de forme et de dimensions identiques, soutenus par une vingtaine de piliers jumelés. Elle a été réalisée à l’époque des Croisés en style roman. Cette balustrade d’aspect plutôt simple remplissait une fonction décorative dans la mosquée al-Aqsa.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","initial_owner":"*Waqf* de la mosquée al-Aqsa, Jérusalem.","dates":"VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Jérusalem","dimensions":"H. 84 cm, l. 348 cm, ép. 12 cm.","method_for_datation":"Comparaison de la technique de sculpture et du style avec des pièces produites à la même période en Palestine et acquises par le musée.","method_for_provenance":"Les archives du musée indiquent que cette pièce y a été transférée de la mosquée al-Aqsa en 1938. Cette balustrade apparaît dans des photographies publiées par R. W. Hamilton en 1949 qui montrent l'intérieur de la mosquée avant ce transfert. Il est possible qu'elle ait été réalisée à Jérusalem. Les éléments architecturaux importants étaient généralement réalisés in situ et un atelier de travail du marbre était actif au Haram al-Charif au cours de la même période.","provenance":"Jérusalem.","obtention":"Transfert de la mosquée d'al-Aqsa en 1938.","bibliography":"Hunt, L. A., “Crusader Sculpture and the so-called Templar Workshop: A Reassessment of Two Carved Panels from the Dome of the Rock in Al-Haram al-Sharif Museum in Jerusalem”, *Palestine Exploration Quarterly*, n° 132, 2000. \nJacoby, Z., “The Provincial Impact on Crusader Sculpture in Jerusalem: More Evidence on the Temple Area Atelier”, *Zeitschrift für Kunstgeschichte*, n° 48, 1985. \nJacoby, Z., “The Workshop of the Temple Area in Jerusalem in the Twelfth Century: Its Origin, Evolution, and Impact”, *Zeitschrift für Kunstgeschichte*,n° 45, 1982.","dynasty":"Période des Croisés","materials":["Marbre sculpté."],"keywords":["Balustrades ; marbre"],"author":"Nazmi Al-Ju'beh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"74efc106-e576-5569-bfb1-3b51d81c8622":{"name":"Église du Saint-Sépulcre.","alternate_name":"Qaniset al-Qiameh.","description":"Riche d'une longue histoire, l'église du Saint-Sépulcre possède un caractère architectural et artistique remarquable. Lieu sacré pour tous les chrétiens, elle est révérée pour être l'endroit de la résurrection de Jésus. C'est un vaste complexe architectural qui comprend à l'extérieur de l'église un certain nombre de petites chapelles. Sa surface totale dépasse 5 000 mètres carrés. \nLa première église fondée par les Byzantins comprenait un atrium, une basilique, une cour ouverte et le Saint-Sépulcre. En 614, les Perses incendièrent l'église, qui allait être détruite et reconstruite à plusieurs reprises au cours des quatre siècles suivants. Le patriarche Modeste entreprit sa restauration sous une forme réduite. Sans l'insistance du patriarche Sophronius, le calife Omar Ibn al-Khattab (r. 13-23 H / 634 J.-C.), protecteur reconnu des sites chrétiens, se serait abstenu de prier dans l'église pour éviter qu'on ne la transforme en mosquée. \nLes Croisés entreprirent des changements et des extensions à la suite de l'ambitieux projet de Constantin IX Monomaque et en transformèrent une fois de plus le plan. Une nouvelle église de style roman fut érigée en 543 H / 1149 J.-C., appelée église du Centre de l'univers (Nisf al-Dunya). Elle était construite autour du Rocher de la Crucifixion, le Golgotha, dominant la Rotonde du Sépulcre. Des changements furent également apportés à l'entrée conduisant au rocher à l'intérieur de l'église et le sous-sol fut aménagé pour les tombes de rois croisés. Un clocher, dont les portes ouvraient au sud et non à l'est, fut ajouté en 566 H / 1170 J.-C. Malgré ces importantes transformations, l'église conserva son caractère jusqu'en 583 H / 1187 J.-C. Suivant l'exemple de Omar Ibn al-Khattab, Saladin toléra la religion chrétienne et respecta les droits de ses fidèles. \nOn entre dans l'église par un important portail surmonté d'un énorme linteau de pierre sculpté d'un décor en bas relief représentant des scènes de la Bible. Derrière le portail part un escalier moderne qui conduit au site de la crucifixion aujourd'hui divisé en deux sections, est et ouest. Les vestiges du Rocher du Calvaire se trouvent dans la zone grecque orientée vers l'ouest, protégée par un panneau en verre. Le rocher est fendu, ce qui se serait produit lorsque le Christ fut frappé par un soldat romain et dépouillé de son manteau. Un escalier descendant, face au premier, mène à la Pierre de l'Onction où, à l'ouest, un mur sépare cette partie de l'église du Saint-Sépulcre. Légèrement au sud se trouve la Rotonde qui abrite le Sépulcre sous une demi-coupole de pierre à tambour cylindrique reposant sur des piliers. Une fenêtre centrale ouvre au milieu de la coupole, décorée de douze pétales d'or, symbole des douze apôtres. \nL'église contient par ailleurs un certain nombre de cellules, de pièces, de salles et de chapelles.","short_description":"Ce site chrétien, sacré parmi les lieux sacrés, est révéré comme le lieu où Jésus-Christ fut enterré et celui de sa résurrection. Il est placé presque au centre de la vieille ville de Jérusalem. L’église est un grand complexe qui comprend un certain nombre de chapelles, d’oratoires, de cloîtres et de chambres souterraines et qui abrite de nombreuses icônes, des mosaïques et d’importantes statues religieuses. Les rénovations successives depuis sa construction lui ont conféré une variété de styles, aujourd’hui dominée par le roman et le gothique. L’église comprend un certain nombre de secteurs qu’on ne distingue que par la tenue vestimentaire des différentes obédiences chrétiennes qui les contrôlent.","dates":"Première construction en 326-335 J.-C. La construction actuelle date de 543 H / 1149 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Sources historiques.","bibliography":"Al-Natsheh, Y., *Kanisat al-Qiyama* \\[L'église du Saint-Sépulcre\\], Jérusalem, 2002.","patrons":"L’empereur Constantin (r. 308-337 J.-C.) et sa mère, Hélène.","architects":"La construction a été supervisée par Qasis de Constantinople, également connu sous le nom d'Eustache. L'ingénieur et concepteur serait Zénobie de Palmyre (aujourd'hui Tadmour en Syrie).","dynasty":"L'église remonte à la période byzantine mais a connu plusieurs reconstructions et rénovations.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":[],"keywords":["Résurrection ; crucifixion ; églises ; Jésus"],"author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"7c3a4cbc-d305-5a96-aabc-cbcebe9d6397":{"name":"Chapiteau de colonne.","description":"Après avoir repris Jérusalem en 583 H / 1187 J.-C., Salah al-Din Ayyoubi (Saladin) s'efforça de restaurer rapidement le caractère islamique de la ville en général et du Haram al-Charif en particulier. On détruisit les ajouts aux bâtiments édifiés par les croisés, les images saintes et les décorations des lieux sacrés, ne laissant que ce qui présentait un caractère séculier. Cette opération exigea une énorme quantité de matériaux de construction, en particulier de fragments sculptés de pierre et de marbre ; la plupart furent réutilisés sur les chantiers ayyoubides de Jérusalem et des environs, comme en témoignent certains édifices que l'on peut encore voir de nos jours. \nCe chapiteau de colonne est un bon exemple de ce processus d'effacement de l'iconographie chrétienne. Malgré la conservation de la plupart des éléments du chapiteau qui témoignent de ses origines et de son époque, les figures ont été en grande partie oblitérées. Cet effacement a pu être réalisé rapidement ou n'être que symbolique, comme le montre un oiseau oublié dans le décor végétal.","short_description":"Après la reconquête de Jérusalem par Salah al-Din Ayyoubi (Saladin), de nombreux ajouts effectués par les Croisés furent retirés du Haram al-Charif. L’opération laissa de nombreux matériaux de construction, dont ce chapiteau de marbre sculpté. Il était décoré de nombreux motifs végétaux, animaliers et humains et démontre l’introduction de l’iconographie chrétienne dans un contexte islamique sacré.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","dates":"VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Jérusalem","dimensions":"H. 32 cm, section 20 x 20 cm.","method_for_datation":"Comparaison de la sculpture et des thèmes décoratifs avec d'autres éléments architecturaux de l'époque des croisés en Palestine.","method_for_provenance":"Des chapiteaux similaires figurent encore dans différents endroits du Haram al-Charif et de Jérusalem. Certains sont restés in situ, d'autres furent réutilisés dans diverses constructions. Si certains ont été martelés, la plupart sont restés intacts. Il est probable que ce chapiteau a été réalisé à Jérusalem.","provenance":"Probablement Jérusalem.","obtention":"Ce chapiteau a probablement été transféré du Haram al-Charif au musée à l'occasion de travaux de restauration, toujours en cours. Le musée possède d'autres chapiteaux croisés qui ont subi des attaques iconoclastes.","bibliography":"Hunt, L. A., “Crusader Sculpture and the so-called Templar Workshop: A Reassessment of Two Carved Panels from the Dome of the Rock in al-Haram al-Sharif Museum in Jerusalem”, *Palestine Exploration Quarterly*, n° 132, 2000. \nJacoby, Z., “The Workshop of the Temple Area in Jerusalem in the Twelfth Century: Its Origin, Evolution, and Impact”, *Zeitschrift für Kunstgeschichte,* n° 45, 1982. \nJacoby, Z., “The Provincial Impact on Crusader Sculpture in Jerusalem: More Evidences on the Temple Area Atelier”, *Zeitschrift für Kunstgeschichte*, n° 48, 1985.","dynasty":"Croisés","materials":["Marbre taillé."],"keywords":["Decoration sculpté ; chapiteaux de colonnes ; croisés ; représentation figurative"],"author":"Nazmi Al-Ju'beh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"81acb278-b50c-55e2-a7e9-2609f1bc2386":{"name":"Frise de marbre.","description":"Partie de frise en marbre de couleur gris cendré, dont la provenance reste incertaine mais qui a pu être réalisée dans un atelier du Haram al-Charif, réputé pour la qualité de son travail du marbre, vers 555 H / 1160 J.-C. au cours de la période des croisés (492-583 H / 1099-1187 J.-C.). La frise est de style roman. Elle servait sans doute de linteau pour l'entrée d'un des bâtiments du Haram al-Charif ou de ses environs. Elle fut utilisée de même pour le portail sud du Dôme du Rocher pour une période de temps non précisée, ce qui explique qu'elle soit endommagée par la présence de ciment. Par ailleurs certaines figures sculptées ont leur visage martelé, peut-être afin de pouvoir utiliser cet élément architectural dans le Dôme du Rocher. Les représentations animales sont intactes et facilement identifiables. \nLes éléments décoratifs comprennent des personnages, probablement des personnalités religieuses, dont l'identification est aujourd'hui rendue encore plus difficile par l'absence de visage. On remarque des chiens de chasse, des dragons, des oiseaux (canards), dont l'un, d'esprit fabuleux, qui ressemble à une dinde. Le décor végétal est constitué d'une guirlande de laurier qui s'enveloppe autour des autres motifs. \nCette frise se compose de plusieurs parties, chacune exprimant une thématique décorative complète. Chaque thème est relié au suivant par la poursuite de la guirlande de laurier qui lui confère son unité. L'ensemble est entouré d'un cadre à motif spiralé. Le niveau de qualité remarquable de l'atelier du Haram al-Charif est manifeste dans le rendu sculptural, ce qui laisse penser que cette frise devait décorer l'entrée d'un bâtiment important, peut-être religieux. \nLa frise est rompue en deux parties inégales.","short_description":"Frise en marbre gris sculptée dans le style roman. Elle fut probablement réalisée dans un atelier du Haram al-Charif au cours de la période des Croisés. Les thèmes décoratifs reproduisent des figures humaines et animales comme des chiens de chasse, des dragons et des oiseaux. Le décor végétal est constitué d’une guirlande de laurier qui s’enveloppe autour des autres motifs.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","dates":"VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Jérusalem","dimensions":"L. 258 cm, l. 37 cm, ép. 20 cm.","method_for_datation":"Comparaison des thèmes décoratifs et des techniques de sculpture avec ceux d'autres pièces présentes, notamment, dans l'église du Saint-Sépulcre (Kanisat al-Qiyama) et l'église du tombeau de la Vierge Marie à Jérusalem.","method_for_provenance":"élément architectural probablement issu d'un atelier du Haram al-Charif, en fonction à cette époque.","provenance":"Peut-être Jérusalem.","obtention":"Pièce transférée du Dôme du Rocher au musée vers 1959.","bibliography":"Hunt, L. A., “Crusader Sculpture and the So-Called Templar Workshop: A Reassessment of Two Carved Panels from the Dome of the Rock in al-Haram al-Sharif Museum in Jerusalem”, *Palestine Exploration Quarterly*, n° 132, 2000. \nJacoby, Z., “The Provincial Impact on Crusader Sculpture in Jerusalem: More Evidence on the Temple Area Atelier”, *Zeitschirft für Kunstgeschichte*, n° 48, 1985. \nJacoby, Z., “The Workshop of the Temple Area in Jerusalem in the Twelfth Century: Its Origin, Evolution and Impact”, *Zeitschirft für Kunstgeschichte*, n° 45, 1982.","dynasty":"Croisés","materials":["Marbre taillé et sculpté."],"keywords":["Frises ; marbre sculpté ; style roman ; décoration figurative ; croisé"],"author":"Nazmi Al-Ju'beh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"869b86b6-4148-5cb5-9768-3fc1fa05ffdb":{"name":"Bas-relief aux guerriers.","description":"Dalle de marbre gris presque carrée sculptée en haut-relief de deux figures de guerriers. Ils sont inclus dans un cadre marqué par une gorge. Leurs corps sont représentés de face, les têtes de profil, les détails étant traités en creux. Ils portent des casques pointus, une armure et des bottes courtes et avancent un pied comme s'ils étaient prêts à attaquer. La figure de gauche tient une épée d'une main et un bouclier de l'autre. Celle de droite est armée d'une épée de la main droite, dont elle tient la garde de la main gauche. \nL'arbre à feuilles en demi-palmettes à droite ainsi que les formes végétales qui remplissent les angles supérieurs montrent l'influence de l'Iran sassanide sur les arts décoratifs islamiques. Les vêtements et les casques pointus présentent des similarités avec certaines tenues observées sur des peintures médiévales de Croisés. L'ensemble constitue une illustration documentaire des habits et équipements militaires de cette période.","short_description":"La ville de Konya fut la capitale de l’Anatolie seldjoukide durant les VIe et VIIe siècles H (XIIe-XIIIe siècles J.-C.), et sa citadelle était décorée de riches reliefs figuratifs. Ce bas-relief aux guerriers, qui décrit les costumes militaires et les armes de cette période, est aussi un important document sur la période elle-même.","holder":"Musée des arts turcs et islamiques.","dates":"VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Sultanahmet","province":"Istanbul","dimensions":"H. 89 cm, l. 91 cm, ép. 10 cm.","method_for_datation":"La citadelle de Konya, d'où l'on pense que provient ce panneau de marbre, date du VIe/XIIe siècle.","method_for_provenance":"On sait de plusieurs sources (journal d'un voyageur français du XIXe siècle, Charles Texier) que la citadelle de Konya, capitale des Seldjoukides d'Anatolie, possédait des éléments de décor figuratif en pierre sculptée. Ce panneau a pu appartenir à cette citadelle qui a disparu et il est donc probable qu'il a été sculpté dans la région de Konya.","provenance":"Konya, Turquie.","obtention":"Cette pièce de marbre a été déposée au Pavillon des carreaux de faïence (çinili Köşk) à Istanbul en 1870 dans le cadre d'une initiative visant à rassembler des œuvres d'art de l'ensemble du pays. Elle a ensuite été transférée au Musée des arts turcs et islamiques en 1941.","bibliography":"*Anadolu Medeniyetleri III, Selçuklu-Osmanlı*, Istanbul, 1983, p. 81. \nOgan, M. A. et Kühnel, E., *İstanbul Arkeoloji Müzelerindeki Şaheserler*, vol. III, *çinili Köşk'te Türk ve İslam Eserleri Koleksiyonu*, Berlin-Leipzig, 1938, p. 36. \nölçer, N., et al., *Museum of Turkish and Islamic Art*, Istanbul, 2002, p. 114. \nRice, T. T., *The Seljuqs*, Londres, 1961, fig. 61.","dynasty":"Seldjoukide d’Anatolie","materials":["Marbre sculpté en relief."],"keywords":["Croisé ; sculpture en relief ; guerriers ; citadelle de Konya"],"author":"Gönül Tekeli","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"8724a3b4-5bc3-563e-8060-000c6b3e01bf":{"name":"Maqam Nabi Moussa.","description":"Le *maqam* du prophète Moïse est l'un des plus importants complexes religieux de Palestine. Il comprend trois niveaux, sous-sol, rez-de-chaussée et étage. Fermé sur ses quatre côtés par un mur, il mesure 5 000 mètres carrés. Son plan est pratiquement carré puisque le mur nord mesure 74 m, le mur ouest environ 70 m, le mur est 68 m et celui du sud, le plus court, environ 55 m. Il possède cinq entrées dont la principale est le portail ouest, situé sur le côté sud du mur ouest. L'ensemble est construit en blocs de calcaire dont seuls les lits supérieurs sont de taille carrée soignée. \nLe sous-sol est consacré aux écuries et aux entrepôts. Le rez-de-chaussée et l'étage comptent plus de 100 pièces, une succession de salles, un minaret et une multiplicité d'équipements. La mosquée et le tombeau, les plus importants composants du complexe, se trouvent au rez-de-chaussée. La mosquée de plan rectangulaire (15 x 10 m) se compose de deux nefs couvertes par des voûtes entrecroisées. Le *maqam,* lui-même de plan carré de 5,5 m de côté, est situé auprès de la voûte nord-ouest. Sa partie centrale, en léger retrait, mesure 4,7 m de long, 1,6 m de large et 1,7 m de haut. Orienté ouest-est, il est en pierre soigneusement appareillée. Recouvert d'une *kiswa* en tissu vert, il est entouré d'une clôture en bois et surmonté d'une demi-coupole soutenue par quatre arc brisés. \nCe *maqam* a bénéficié de nombreux *waqf*. Historiquement, le *waqf* du prophète Moïse, le plus riche, permet de nourrir et de loger gratuitement les visiteurs. Il pourvoit également aux salaires d'environ 50 personnes dont le *cheikh* des *cheikh*, le scribe, le serviteur, le gardien, le portier, le muezzin, le porteur de torche, le balayeur, le psalmodieur de Coran, etc. Le *maqam* du prophète Moïse occupe une place importante dans l'histoire du peuple palestinien tant sur le plan religieux que sur le plan architectural, social, folklorique ou politique.","short_description":"Le *maqam* de Nabi Moussa est le plus grand et le plus fameux sanctuaire musulman de Palestine. Son plan est pratiquement carré et couvre une superficie de 5 000 m2, sur trois niveaux. Le complexe comprend des écuries, des entrepôts, une grande mosquée avec un minaret et la salle du *maqam* de même qu’un grand nombre de portiques et différents équipements. Ceux-ci comprennent 100 pièces couronnées par des coupoles pour la résidence des invités durant la saison. Le complexe est situé dans un environnement désertique unique sur la route de Jérusalem à Jéricho. Le *maqam* occupe une place importante dans l’histoire du peuple palestinien et est associé à de nombreuses manifestations d’ordre social ou politique.","dates":"La mosquée et la coupole qui surmonte le tombeau ont été édifiées en 668 de l'Hégire / 1269 J.-C. Le bâtiment a été agrandi en 885 H / 1480 J.-C. et le minaret érigé peu après 880 H / 1476 J.-C. L'ensemble a été restauré à plusieurs reprises en 1013 H / 1604 J.-C., 1150 H / 1737 J.-C., 1175 H / 1761 J.-C., 1235 H / 1819 J.-C., 1303 H / 1885 J.-C.","location":"Environs de Jérusalem","method_for_datation":"Cinq inscriptions figurent sur le bâtiment, dont la plus importante est la plaque de fondation du sultan Baybars sur laquelle apparaissent ses titres et la date de construction de la coupole (668/1269).","bibliography":"Al-'Asli, K., *Mawsam al-Nabi Moussa fi Filistin, Tarikh al-Mawsam wa al-Maqam* \\[Le mawsim du prophète Moïse en Palestine: histoire du mawsim et du maqam\\], Amman, 1990. \nMurrar, K. M., *Maqam al-Nabi Moussa, Dirasat Tarikhiya wa Athariya wa Mi'mariya* \\[Le maqam du prophète Moïse : étude historique, archéologique et architecturale\\], Naplouse, 1997. \nMukhlis, Abd A., “Kaifa wa Matta Bad'a Mawsam al-Nabi *Moussa* \\[Comment et quand commence le mawsim du prophète Moïse ?\\]”, in *Majallat huna al-Qods* \\[Journal de Jérusalem\\], n° 6, 1942. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004.","patrons":"Le premier commanditaire de ce maqam est le sultan al-Dahir Baybars (r. 658-676 H / 1260-1277 J.-C.). Le complexe a été restauré par la suite par Ali Katkhuda ‘Azban, Abd al-Latif al-Hussaini ; Abd Allah Pacha, gouverneur de Sidon et de Tripoli, et Muhammad Tahir al-Hussaini, mufti de Jérusalem.","architects":"La restauration de la période ottomane a été réalisée par des architectes de la famille de Hussain bin ‘Ali bin al-Namri, dont ‘Abd al-Muhsin bin Mahmoud bin Hussain, architecte principal de Jérusalem, et son frère al-Hadjdj Karim.","dynasty":"Période mamelouke, mais extensions et restaurations au cours de la période ottomane.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":[],"keywords":["Maqam ; prophète Moïse ; mawsim ; saisons"],"author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"8850561d-4d5d-5a91-862d-fe88824fcdc8":{"name":"Château de Shawbak.","description":"Shawbak est un château de style composite croisés-ayyoubide-mamelouk des VIe-VIIe siècles H (XIIe-XIIIe siècles J.-C.), situé dans le sud de la Jordanie, à 120 km au sud de Kerak et 35 km au nord de la cité nabatéenne de Pétra. En 509 H / 1115 J.-C., Baudouin Ier, fondateur du royaume latin de Jérusalem, prit la tête d'une grande expédition vers le sud-ouest de la mer Morte. Il franchit le *wadi* Araba et arriva dans la région fertile et boisée d'al-Shawbak. Au sommet d'une montagne escarpée dominant une vallée bien arrosée, il fit ériger un énorme château qu'il nomma le “Krak de Montréal”. Roman le Puy fut nommé seigneur de Montréal et de la terre d'outre-Jourdain. \nShawbak est à rapprocher de deux forteresses de moindre importance construites dans et autour de Pétra : al-Habis et al-Wu'ayra. La construction de ces châteaux permettait aux Francs de mieux contrôler le territoire entre la mer Morte et le golfe d'Aqaba et de menacer les relations commerciales et militaires entre la Syrie, l'égypte et le Hedjaz. Le château tomba entre les mains de Salah al-Din (Saladin) en 584 H / 1188 J.-C. et ses fortifications furent renforcées à plusieurs reprises par les Ayyoubides (570-648 H / 1174-1250 J.-C.) et les Mamelouks (548-923 H / 1250-1517 J.-C.). Il fut occupé par un village à la fin de la période ottomane (XVIIIe et XIXe siècles) et vidé de ses habitants au XXe. L'intérieur de l'enceinte conserve de considérables vestiges de ces diverses occupations. \nDe plan irrégulier de 175 x 90 m, Shawbak possède une église et une chapelle de l'époque croisée ainsi que d'importants bâtiments séculiers dont la pierre provient d'une ancienne carrière toute proche ou d'autres situées à un kilomètre à l'ouest. De nombreuses inscriptions arabes en *naskhi* permettent d'identifier les divers chantiers de reconstruction. Les impressionnantes tours en appareil rustique, les remparts et le glacis (pente pavée) entourant le château sont de remarquables exemples des fortifications du début de la période mamelouke et montrent l'évolution de l'architecture militaire de défense dans cette région.","short_description":"Le château de Shawbak fut construit en 509 H /1115 J.-C. par Baudouin Ier, fondateur du royaume latin de Jérusalem, qui le nomma le Krak de Montréal. Il est à rapprocher de deux forteresses de moindre importance de Pétra, qui permettaient aux Francs de mieux contrôler le territoire entre la mer Morte et le golfe d'Aqaba, et de menacer les relations commerciales entre la Syrie, l'Égypte et le Hedjaz. Shawbak tomba entre les mains de Salah al-Din (Saladin) en 584 H /1188. De nombreuses inscriptions arabes documentent les différentes reconstructions du château, comme les remarquables exemples des fortifications du début de la période mamelouke qui montrent l'évolution de l'architecture défensive.","dates":"VIe-VIIe siècle de l’Hégire (XIIe-XIIIe siècle J.-C.).","location":"Shawbak.","method_for_datation":"Inscriptions *in situ* et sources historiques.","bibliography":"المومني، سعد محمد، “ القلاع الإسلامية في الأردن : الفترة الأيوبية و المملوكية”، عمان، 1988، ص. 24-93. \nBrown, R. M., “Shaubak”, in D. Homes-Fredericq et J.B. Hennessey (dir.), Archaeology of Jordan, II: 2, Liège, 1989, pp. 559-566. \nKennedy, H., Crusader Castles, Cambridge, 1994, pp. 23-25.","patrons":"Baudouin Ier (r. 509-512 H / 1115-1118 J.-C.).","dynasty":"Période des Croisés ; période ayyoubide ; période mamelouke.","materials":[],"keywords":["châteaux ; krac de Montréal ; croisés ; glacis"],"author":"Ghazi Bisheh","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"8bb1aef3-8779-5dfe-8bd0-4fef627826bc":{"name":"Brûleur d’encens.","description":"Brûleur d'encens sphérique composé de deux hémisphères identiques réunis par un système à baïonnette. Il est doté de percements qui permettaient aux fumées d'encens de s'échapper. À l'intérieur, une petite coupe montée sur cardans pouvait rester en position horizontale même lorsque la sphère était déplacée, mécanisme connu sous le nom de “suspension à la Cardan.” Cet objet fait penser à une chaufferette pour les mains mais était probablement destiné à être suspendu au plafond ou accroché à une chaîne et balancé pour disséminer le parfum. \nLe décor d'incrustations d'argent, réparti en quatre cercles concentriques, recouvre toute la surface. Le bord de chaque hémisphère comporte un bandeau d'inscriptions en incrustation d'argent sur fond d'arabesques. Au-dessus figurent quatre médaillons ajourés, chacun contenant un aigle à deux têtes, alternant avec des rondeaux meublés de motifs géométriques sur fond d'enroulements d'arabesques. Aux deux pôles de la sphère figure un autre bandeau épigraphique présentant en son centre un médaillon ajouré à motif d'aigles à deux têtes et de masques à tête de lion. \nLe symbole de l'aigle à deux têtes était souvent utilisé dans les blasons de plusieurs sultans mamelouks. Cependant, il semble ici faire office de motif décoratif plutôt que d'emblème héraldique. Vers la fin du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.), les motifs figuratifs présents jusqu'alors dans le travail du métal ayyoubide furent peu à peu remplacés par les titres et les symboles héraldiques, selon le goût des clients mamelouks. Cet objet est un bel exemple de la popularité grandissante de l'inscription de titres sur les objets décoratifs mamelouks. \nIl a été fabriqué pour Badr al-Din Baysari mentionné dans l'inscription du sommet de l'objet, qui contient également les titres régaliens de deux de ses maîtres mamelouks, al-Zahiri (haut-fonctionnaire auprès du sultan Baybars en 658-675 H / 1260-1277 J.-C.) et al-Saïdi (haut-fonctionnaire auprès du sultan Baraka Khan en 675-677 H / 1277-1279 J.-C.). Baysari fut l'un des plus éminents émirs des débuts de la période mamelouke, ce que confirme la mention de “al-Maqarr al-Ali” (Sa Haute Excellence).","short_description":"Grand brûleur d'encens sphérique à décoration d'argent incrusté. Les médaillons à chaque extrémité montrent un des emblèmes héraldiques mamelouks, l'aigle bicéphale. Le brûleur porte une inscription au nom de Badr al-Din Baysari, qui était un éminent émir au début de l'ère mamelouke.","holder":"The British Museum.","initial_owner":"Badr al-Din Baysari.","dates":"675-677 de l’Hégire / 1277-1279 J.-C.","location":"Londres","dimensions":"Ø 18,4 cm.","method_for_datation":"Objet fabriqué pour Badr al-Din Baysari (m. 697/1298), confident du sultan Baybars. En plus du nom de l'émir figurent deux titres dont l'un, al-Saïdi, marque son allégeance au sultan al-Malik al-Saïd Baraka Khan (r. 675-677/1277-1279), ce qui indique que cet objet a sans doute été réalisé au cours de ces deux années.","method_for_provenance":"Ce brûleur d'encens a été réalisé pour Badr al-Din Baysari, confident du sultan Baybars et l'un des plus importants émirs syriens. À l'origine au service du dernier sultan ayyoubide, Baysari fut ensuite employé par les Mamelouks après le renversement des Ayyoubides. Cet objet a donc sans doute été exécuté en Syrie où était basé ce haut personnage. De plus, le travail du métal incrusté était florissant au cours des périodes ayyoubide et mamelouke dans ce pays.","provenance":"Syrie.","obtention":"Légué au British Museum par John Henderson en 1878.","bibliography":"*The Arts of Islam*, catalogue d'exposition, Londres, 1976, cat. n° 210. \nAtil, E., *Renaissance of Islam: Art of the Mamluks*, Washington D.C., 1981, p. 58-59. \nBarrett, D., *Islamic Metalwork in the British Museum*, Londres, 1949, planche n° 22. \nWard, R., *Islamic Metalwork*, Londres, 1993, pp. 110-111, fig. 87.","dynasty":"Mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","materials":["Cuivre jaune percé et gravé à incrustations d’argent."],"keywords":["décoration figurative ; aigle à deux têtes ; arabesques ; calligraphie"],"author":"Emily Shovelton","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"8d173c69-e270-52ea-8792-452101a75d8b":{"name":"Hôpital (*bimaristan*) Nour al-Din","alternate_name":"Maristan al-Nouri.","description":"Le *bimaristan* Nour al-Din, hôpital datant du VIe siècle H (XIIe siècle J.-C.), est l'un des plus célèbres bâtiments de Damas. Au moment de sa construction, il était considéré comme un remarquable exemple de construction novatrice et raffinée, comme en témoignent les mémoires du voyageur valencien d'al-Andalus, Ibn Jubayr. Il faisait à la fois office de lieu de soins et d'école de médecine. On raconte que le sultan mamelouk Qalawun y aurait été sauvé d'une maladie mortelle, expérience qui lui inspira l'édification de la fameuse institution cairote qu'est le complexe du sultan Qalawun. Ce *bimaristan* est aujourd'hui le Musée de la médecine et des sciences arabes. Situé non loin du souk al-Hamidiyyeh, il se remarque par ses *mouqarnas* en brique rouge de style mésopotamien décorées rythmiquement d'ampoules de verre sombre. Il est également fameux pour l'éclectisme de sa façade d'entrée, le travail du bois de ses portes et l'équilibre parfait de son plan axial symétrique à quatre *iwan*. \nL'entrée en projection perpendiculaire au bâtiment est mise en valeur par une porte monumentale à façade de *mouqarnas* de dimensions inhabituellement hautes et profondes présentant un rang d'arcs lobés à sa base et reposant sur un linteau de style classique. La porte est un important exemple de travail du bois à incrustations de cette période. Son dessinateur serait Abou al-Fadl Muhammad bin Abd al-Karim al-Hariti, connu sous le nom d'al-Mouhandis, “Le Géomètre”. À la foi médecin au *bimaristan* et dessinateur, donc, de cette porte, il fait montre ici d'une polyvalence d'expertises fréquente chez les hommes de science de cette époque. L'entrée donne sur un grand vestibule carré surmonté d'une coupole en *mouqarnas* de brique. L'adaptation du principe des *mouqarnas* en pierre reste encore à venir. Une fois à l'intérieur, ces *mouqarnas* offrent une vision fascinante d'une construction de cellules de dimensions décroissantes percées de rais de lumière. \nLe passage à travers le vestibule conduit à une grande cour rectangulaire à bassin central carré à angles à consoles. Tout autour de la cour s'élèvent quatre *iwan* voûtés : l'*iwan* occidental qui conduit à l'entrée, les *iwan* sud et nord et l'*iwan* oriental, plus vaste que les autres, face à l'entrée. Il constitue la salle principale du *bimaristan*, là où les étudiants suivaient les conférences données par des médecins réputés et pouvaient avoir accès aux manuscrits d'étude. Un lambris en marbre à inscription en style *naskhi* citant des passages du Coran sur la médecine et la guérison offre à la fois une allégorie de la fonction du bâtiment et des bénédictions. \nDominant l'angle sud-ouest de la cour, une ouverture en arc brisé en stuc ajouré se compose d'une trame d'étoiles octogonales à rinceaux floraux entrelacés.","short_description":"Charmant vestige d'un hôpital médiéval syrien, ce *bimaristan* a été construit par Nour al-Din Mahmoud bin Zangi en 549 H / 1154 J.-C. Véritable modèle d'architecture fonctionnelle, il a inspiré le *bimaristan* al-Qayman, également à Damas, et le complexe du sultan Qalawun au Caire. Les ondulations des *mouqarnas*, le linteau de style classique qui valorise la façade, la coupole en *mouqarnas* de brique rouge et la parfaite symétrie axiale des *iwan* intérieurs autour de la cour illustrent l'adaptation locale d'influences orientales importées par Nour al-Din. Le *bimaristan* fut en son temps un centre médical renommé.","dates":"549 de l'Hégire (1154 J.-C.)","location":"Damas","method_for_datation":"Un texte de fondation en quatre lignes est gravé sur une table sacramentelle en marbre en forme de fer-à-cheval encastrée dans l'*iwan* oriental.","bibliography":"Allen, T., “Ayyubid Architecture”, Occidental (publication électronique, 7e édition), 2003. \nBogard, F., *Composition et décors dans l'architecture damascène aux XIIe et XIIIe siècles : La formation d'une esthétique dans la Damas médiévale*, thèse de doctorat, Université de Provence, Aix-Marseille I, 2004. \nHerzfeld, E., “Damascus: Studies in Architecture”, Première partie, *Ars Islamica,* vol. IX, 1942, pp. 2-11 \nTabbaa, Y., “The Muqarnas Dome: its origin and meaning”, *Muqarnas*, 3, Leyde, 1985, pp. 61-76. \nSakhnini, Z., *Mathaf al-Tib wa al-'Ulum 'ind al-Arab: Bimaristan Nur al-Din* \\[Musée de la médecine et des sciences arabes : le *bimaristan* Nour al-Din\\], Damas, 1997, pp. 31-53. \nIbn Jubayr (m. 614/1217), *Rihlat Ibn Jubayr* \\[Le Voyage d'Ibn Jubayr\\], Beyrouth, 1999, p. 241.","patrons":"Nour al-Din Mahmoud bin Zangui (r. 541-569 H / 1146-1174 J.-C.)","architects":"Abou al-Fadl al-Harithi (connu sous le nom d’al-Mouhandis, “le Géomètre”).","dynasty":"Atabeg.","materials":[],"keywords":["hôpital ; stuc ; fenêtres ; mouqarnas ; écriture naskhi ; médecine ; science ; bibliothèque ; éducation ; bois incrusté ; Abou al-Fadl ; Nour al-Din Mahmoud bin Zangui ; Mésopotamie"],"author":"Abd al-Razzaq Moaz, Zena Takieddine","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"912b204e-c92a-58e3-8cab-b04e1caa9f7e":{"name":"Dôme du Rocher.","description":"Le Dôme du Rocher est l'un des plus anciens monuments islamiques encore existants. Sa forme grandiose occupe une place majeure dans l'histoire de la formation de l'art islamique en général. \nLe bâtiment de plan octogonal est surmonté par une importante coupole reposant sur un tambour circulaire. Quatre portes orientées vers les quatre points cardinaux permettent d'accéder à l'intérieur. La base des façades est revêtue de panneaux de marbre et leur partie supérieure de carreaux de céramique vernissée datant de Soliman le Magnifique, qui ordonna le remplacement de la mosaïque de verre d'origine en 952-959 H / 1245-1552 J.-C. Les panneaux de marbres ont été remplacés à plusieurs reprises. Le tambour intérieur, lui, est revêtu d'une mosaïque de carreaux de verre. La coupole actuelle est recouverte de panneaux de cuivre plaqués d'or qui ont remplacé des panneaux de plomb doré. \nL'intérieur et l'extérieur sont construits selon un plan octogonal qui encadre le Saint Rocher. Selon les croyances islamiques, ce rocher est l'endroit d'où le prophète Mohammad monta au ciel (*Mi'raj*) la nuit de son voyage de la Mecque à Jérusalem (*Isra'*). L'intérieur est soutenu par huit piliers et 16 colonnes. La rotonde repose sur des arcs en plein cintre reposant sur quatre piliers et douze colonnes et décorés sur leurs deux faces et leur intrados de carreaux en mosaïque et d'inscriptions épigraphiques. La rotonde est recouverte par une double coupole. La coupole intérieure, de 20,44 m de diamètre, est tenue pour la plus ancienne structure en bois existante. Elle est doublée de panneaux de bois décorés d'inscriptions et d'ornements géométriques incisés dans le stuc. Seize fenêtres ont été percées dans le tambour, lui-même orné d'une décoration en mosaïque et d'inscriptions tirées du Coran qui datent des diverses campagnes de restauration, les plus célèbres restant celles des période omeyyade, ayyoubide, mamelouke et ottomane. Cette coupole, sans aucun ornement décoratif, illustre la nouvelle orientation esthétique dictée par des préceptes religieux.","short_description":"Le Dôme du Rocher est le joyau de l’architecture islamique et le monument islamique le plus ancien qui n’ait pas subi de changements fondamentaux. Il procure ainsi un témoignage très important sur la création et sur la formation de l’architecture islamique et sur les premiers arts décoratifs islamiques. On le considère également comme l’un des plus beaux monuments au monde. La construction est de forme octogonale et est couverte sur ses parois extérieures de marbre et de carreaux vernissés. L’intérieur est revêtu de marbre, de mosaïques, de plâtre et de bois. La grande coupole recouverte d’or qui couronne l’édifice symbolise à elle seule Jérusalem.","dates":"72 de l’Hégire / 691 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Inscription de fondation en écriture coufique. Plusieurs historiens musulmans anciens comme al-Maqdisi al-Bichari, le fameux géographe (m. fin IVe/Xe siècle) datent la construction de l'édifice de 72/961.","bibliography":"Al-Natseh, Y., *Qubbat al-Sakhra al-Mouchrrafa: Jauhara al-Qods wa al-Masjid al-Aqsa al-Moubarak* \\[Le Dôme du Rocher : joyau de Jérusalem et première mosquée al-Aqsa\\], Jérusalem, 2002. \nCreswell, K. A. C., *Early Muslim Architecture*, vol. 1, Oxford, 1932. \nGrabar, O. et Nuseibah, S., *The Dome of the Rock*, New York, 1996. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004. \nRichmond, E. T., *The Dome of the Rock in Jerusalem: A Description of its Structure and Decoration*, Oxford, 1924.","patrons":"Le calife omeyyade Abd al-Malik bin Marwan (r. 65-86 H / 685-705 J.-C.). L’édifice a été rénové par plusieurs califes et sultans dont le calife fatimide al-Dahir (r. 411-427 H / 1021-1036 J.-C.), le sultan Salah al-Din Ayyoubi (Saladin, r. 564-589 H / 1169-1193 J.-C.) et le sultan ottoman Soliman le Magnifique (r. 926-974 / 1520-1566 J.-C.).","architects":"Raja’ bin Haïwa et Yazid bin Salaam. Le nom de l’artisan Muhammad bin Balawar est associé à la rénovation de la période fatimide. Celui de Moustafa Raqam est lié aux dernières campagnes de restauration ottomanes (XIIIe siècle H / XIXe siècle J.-C.).","dynasty":"Omeyyade.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":[],"keywords":["Mi’raj ; carreaux en céramique ; rocher ; rocher de al-Bayt al-Muqqadas ; mosaïques ; kachani ; dômes ; dômes en bois ; doubles-dômes ; octogones ; cuivre ; placage d’or"],"author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"9ac5a090-8009-512f-bf82-741324800a8f":{"name":"Manuscrit Al-Nawadar al-Sultaniya wa al-Mahasin al-Yusufiya [Raretés et mérites de Youssouf].","alternate_name":"Biographie de Saladin.","description":"Manuscrit rédigé en écriture cursive de style *naskhi* rendue partiellement illisible par la détérioration du papier. Il comprend 412 pages de 15 lignes chacune, jaunies et tachées de moisissure. \nL'auteur de l'ouvrage, Ibn Chaddad, fut nommé par Saladin (r. 564-589 H / 1169-1193 J.-C.) officier de ses troupes à Jérusalem. Il resta au service du sultan jusqu'à la mort de celui-ci puis partit pour Alep où il fit construire une *madrasa* et un *dar al-Hadith* (école d'enseignement des hadiths) et demeura jusqu'à sa mort. \nLe manuscrit est divisé en trois parties : la première couvre la naissance de Saladin, ses idées, son caractère, ses qualités morales, la deuxième concerne les circonstances de sa vie, ses guerres et ses conquêtes jusqu'à sa mort ; la troisième traite des villes et des citadelles conquises par Saladin entre 583 et 586 H / 1187 et 1190 J.-C. \nL'auteur mentionne que ses premiers contacts avec le sultan eurent lieu en 584 H / 1189 J.-C. et qu'il l'accompagna jusqu'à sa mort en 589 H / 1193 J.-C. Il précise que le récit des événements, dont il n'a pas été le témoin, s'appuie sur des témoignages de confiance. Cette biographie est considérée par les historiens comme l'une des sources les plus fiables sur Saladin, en particulier pour la dernière période de sa vie (584-589 H / 1189-1193 J.-C.). \nL'auteur donne des descriptions détaillées d'événements historiques et de batailles, mais aussi des armes utilisées par les armées islamiques et croisées. Par ailleurs, il décrit l'état social et administratif des sociétés islamiques et croisées, montrant qu'il existait des communications entre elles.","short_description":"Cette biographie du sultan Salah al-Din Ayyoubi (Saladin) écrite par son contemporain, Ibn Chaddad, étudie sa vie, ses qualités, sa personnalité, ses relations et ses guerres. Ce manuscrit de la bibliothèque de la mosquée al-Aqsa est l’un des mieux préservés ; il est admis qu’il s’agit d’une copie originale exécutée par l’auteur en personne.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","initial_owner":"Baha’ Youssouf bin Rafi’ al-Chahir bi (connu sous le nom d’Ibn Chaddad, m. 632 H / 1234 J.-C.).","dates":"626 de l’Hégire / 1228 J.-C.","location":"Jérusalem","dimensions":"L. 23,5 cm, l. 16 cm, ép. 4,5 cm.","method_for_datation":"La date figure sur le manuscrit.","method_for_provenance":"Le manuscrit précise qu'il a été copié à Jérusalem et certifié comme copie authentique par l'auteur.","provenance":"Jérusalem.","bibliography":"Conder, C. R., *The Life of Saladin* by *Beha ad-Din, compared with the Original Arabic and Annotated,* Londres, 1773. \nIbn Chaddad, Biha' al-Din, Y. (m. 632/1234), *Al-Nawadar al-Sultaniya wa al-Mahasin al-Yusufiya* \\[Raretés et mérites de Youssouf\\]. \nMaalouf, A., *Les croisades vues par les Arabes*, Paris, 1983. \nSalameh, K., *Fahras Makhtoutat Maktabat al-Masjid al-Aqsa* \\[Catalogue des manuscrits à la bibliothèque de la mosquée al-Aqsa\\], Jérusalem, 1983.","dynasty":"Ayyoubide","materials":["Encre noire sur papier."],"keywords":["Ibn Chaddad ; écriture naskhi ; biographies ; manuscrits"],"author":"Khader Salameh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"a0123f90-172b-59e1-9291-e46637556232":{"name":"Grille / clôture en fer.","description":"Grille en fer ayant servi de clôture, dont le musée possède 19 sections réunies par de fines tiges de fer. Elle est réalisée dans le style gothique dominant l'art et l'architecture croisés du VIe siècle H (XIIe siècle J.-C.). Elle entourait le rocher sous le Dôme du même nom, d'où le prophète Muhammad était monté au ciel pendant la nuit du *Mi'raj*. Elle avait pour fonction de protéger cette pierre des pèlerins chrétiens européens qui en emportaient des morceaux comme souvenirs ou reliques à donner éventuellement à leur église, au risque de déformer le rocher sacré. Cette grille d'enceinte, en mauvais état de conservation lors des travaux de restauration entrepris vers 1960, fut remplacée par une balustrade en bois de style islamique. La grille fut déposée dans les réserves du musée, où de nombreuses pièces disparurent. \nElle se compose de plusieurs parties de largeur et de hauteur identiques, à l'exception des quatre parties centrales qui mesurent 257 cm de haut. Entre chaque paire de tiges figurent 21 éléments décoratifs répétés, chacun constitué d'un petit demi-cercle de fil de fer se transformant en fleur composée de quatre volutes en spirale. Les fleurs qui se font face sont solidarisées par une attache en fil de fer. Sous des formes légèrement variées, ce motif se répète sur toute la grille. Un petit morceau de grille similaire se trouve encore dans le Dôme du Rocher.","short_description":"Clôture ou grille en fer formée d’éléments de tailles identiques et d’une décoration répétitive réunis par de fines tiges de fer. Elle est réalisée dans le style gothique qui prédominait dans l’art et l’architecture des Croisés en Palestine. Cette grille d’enceinte entourait le rocher sous le Dôme du même nom pour assurer sa protection.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","initial_owner":"Dôme du Rocher, Jérusalem.","dates":"VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Jérusalem","dimensions":"H. 230 cm, l. 570 cm, l. 30 cm.","method_for_datation":"Comparaison des techniques de fabrication et de décoration avec d'autres pièces de la période des Croisés, dont une paire de chandeliers conservée au Musée islamique de Jérusalem.","method_for_provenance":"Il est probable que cette pièce a été fabriquée à Jérusalem, comme c'était généralement le cas pour ce type de mobilier architectural réalisé in situ.","provenance":"Probablement Jérusalem.","obtention":"Pièce transférées du Dôme du Rocher au musée vers 1960.","bibliography":"Hunt, L. A., “Crusader Sculpture and the so-called Templar Workshop: A Reassessment of Two Carved Panels from the Dome of the Rock in Al-Haram al-Sharif Museum in Jerusalem”, *Palestine Exploration Quarterly*, n° 132, 2000. \nJacoby, Z., “The Provincial Impact on Crusader Sculpture in Jerusalem: More Evidence on the Temple Area Atelier”, in *Zeitschrift für Kunstgeschichte*, n° 48, 1985. \nJacoby, Z., “The Workshop of the Temple Area in Jerusalem in the Twelfth Century: Its Origin, Evolution, and Impact”, *Zeitschrift für Kunstgeschichte*,n° 45, 1982.","dynasty":"Croisés","materials":["Fer forgé, assemblage par tringles."],"keywords":["Grilles ; style gothique ; travail du métal ; croisé ; travail du fer ; décoration végétale"],"author":"Nazmi Al-Ju'beh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"a422b89c-541c-5d0c-b8ef-5292227a2201":{"name":"Gourde de pèlerin.","description":"Cette gourde, souvent appelée gourde de pèlerin, est un récipient utilisé pour transporter l'eau en voyage, en pèlerinage ou à la chasse. Elle est fabriquée au moule et se compose d'un réservoir circulaire, d'un goulot et de deux bélières. Le goulot en forme de tube cannelé est fait d'anneaux de diamètres décroissants pour permettre de boire sans perdre de liquide. Les deux bélières servent à attacher une cordelette que le voyageur à pied, à cheval ou à dos de chameau accrochait à sa hanche. \nLa surface de la panse est décorée d'un blason moulé de style mamelouk appelé *rank* en arabe. L'aigle aux ailes éployées au-dessus d'un calice flanqué de fleurs est le blason du prince Toqouztimour. On pense qu'il débuta sa carrière comme échanson, d'où la présence d'une coupe dans son blason. Lorsqu'il fut élevé au rang de gouverneur par le sultan Nasir al-Din Muhammad (r. 709-741 H / 1309-1340 J.-C.), il y a jouta l'aigle en hommage au sultan. Les roses à six pétales figurant sous le rapace sont peut-être un hommage à la famille de Nasir al-Din, les Qalawun.","short_description":"Cette gourde décorée d'un emblème, selon une mode devenue populaire pendant la période mamelouke, porte un symbole d'aigle et donne le nom de son propriétaire, le prince Toqouztimour, gouverneur mamelouk d'Hama puis d'Alep.","holder":"Musée national de Damas.","initial_owner":"Prince Toqouztimour (r. 742-746 H / 1341-1345 J.-C.), gouverneur mamelouk de Hama et d'Alep.","dates":"742-746 de l'Hégire / 1341-1345 J.-C.","location":"Damas","dimensions":"H. 27,3 cm, Ø (panse) 18,5 cm.","method_for_datation":"La présence du blason du prince Toqouztimour (r. 742-746 / 1341-1345) permet de dater cet objet, qui est similaire à d'autres de la même période.","method_for_provenance":"Cette gourde a été trouvée à Alep, mais comme le prince a été gouverneur de Hama puis d'Alep, il est également possible qu'elle ait été fabriquée à Hama. Des objets de style, de décor et de fonctions similaires sont généralement d'origine syrienne.","provenance":"Alep ou Hama, Syrie.","obtention":"Acheté en 1933.","bibliography":"Abu al-Faraj al-Ush, M., *A Concise Guide to the National Museum of Damascus*, Damas, 1969. \nAtil, E., *Art of the Mamluks: Renaissance of Islam*, Washington DC, 1981. \nCluzan, S., et al. (éds), *Syrie : Mémoire et Civilisation*, Paris, 1994. \nPorter, V., *Medieval Syrian Pottery*, Oxford, 1981. \nSoustiel, J. et Kiefer, C., *La céramique islamique*, Fribourg, 1985. \nWatson, O., *Ceramics from Islamic Lands*, Londres, 2004.","dynasty":"Période mamelouke","materials":["Terre cuite moulée."],"keywords":["Gourde de pèlerin ; terre cuite ; poterie ; moulée ; Alep ; Toqouztimour ; blason ; aigle ; coupe ; al-Nasir Muhammad"],"author":"Mona al-Moadin","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"b233b9f9-606a-5020-b525-f2dfcb494a75":{"name":"Gourde de pèlerin.","description":"Cette gourde pesante en céramique gris rose appartient au groupe des “gourdes de pèlerin”. La panse de ce type de récipient se compose habituellement de deux faces circulaires plates, chacune à large rebord évasé, et d'une bande de céramique les réunissant. Elle est légèrement concave pour que la gourde puisse tenir debout. Le col évasé se compose de deux sections délimitées par un anneau en relief. La bordure du goulot est endommagée. Deux poignées en anneau sont fixées au col et à l'épaule pour porter ou suspendre l'objet. Une même décoration figure sur les deux faces : une rosette centrale à huit pétales entourée d'un bandeau d'arabesques. Le large bandeau extérieur comprend quatre “feuilles” à double contour se détachant sur un fond de motifs de petits losanges. \nSur des gourdes similaires, le centre des faces latérales porte souvent un emblème qui peut-être celui d'un émir ou d'un sultan ayyoubide ou mamelouk. Sans être spécifiquement emblématique, la rosette peut relever de cette catégorie et constitue même l'un des plus ancien utilisés par les Ayyoubides et les premiers Mamelouks qui choisissaient généralement des modèles à six pétales. Seul un émir, Moussa bin Yaghmour (599-663 H / 1203-1265 J.-C.), semble avoir opté pour une rosette à huit pétales, comme celle-ci. Il était gouverneur du Caire sous le sultan ayyoubide al-Malik al-Salih et, en 648 H / 1250 J.-C., devint gouverneur de Damas sous le sultan al-Malik al-Mouazzam. \nCette gourde non vernissée a pu être utilisée pour transporter de l'eau. La porosité de son matériau permettait de conserver le liquide relativement frais.","short_description":"Bouteille de céramique. Ses deux faces circulaires, ses poignées de préhension et sa suspension sont caractéristiques. Elles sont décorées d'une rosette centrale à huit pétales là où les sultans et émirs ayyoubides et mamelouks apposaient généralement leur emblème.","holder":"Musée des antiquités méditerranéennes et proche-orientales (Medelhavsmuseet)","owner":"Musée national des Beaux-Arts, Stockholm. Dans le cadre de la réorganisation de ses collections en expansion, la plus grande partie des pièces d’art islamique ont fait l’objet d’un prêt permanent au Musée des antiquités méditerranéennes et proche-orientales (Medelhavsmuseet) en 1982.","dates":"VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.)","location":"Stockholm","dimensions":"H. 26,5 cm; Ø de la panse 13,6 cm, Ø goulot 7,9 cm.","method_for_datation":"Un émir ayyoubide, Moussa bin Yaghmour (559-663 H / 1203-1265 J.-C.), possédait un emblème à rose à huit pétales sans écusson.","method_for_provenance":"Moussa bin Yaghmour, auquel cette gourde peut être attribuée, était gouverneur de Damas. D'autres gourdes de pèlerin de ce type proviennent de Syrie ou de Jordanie. Celle-ci, achetée par le prince à Alep, aurait été trouvée lors de fouilles, sans doute en Syrie.","provenance":"Peut-être Syrie.","obtention":"Don du prince héritier de Suède Gustaf Adolf en 1935.","bibliography":"Florence, E. D., “Some Islamic Pilgrim Bottles”, *Berytus, Archaeological Studies* 2, 1935, pp. 5-10. \nMayer, L. A., *Saracenic Heraldry*, Oxford, 1933.","dynasty":"Période ayyoubide; début de la période mamelouke","materials":["Céramique non vernie, moulée."],"keywords":["céramique; poterie; pèlerinages"],"author":"Friederike Voigt","copy_editor":"Monica Allen","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"b6518af0-5029-5a94-8521-524613b875bb":{"name":"Citadelle d'Alep.","description":"La citadelle d'Alep est un chef-d'œuvre de l'architecture militaire islamique du Moyen Âge. Sa massive forme ovoïde et ses impressionnantes défenses délimitent une zone de sept hectares environ. La colline sur laquelle elle a été édifiée était dès longtemps utilisée comme défense (vestiges d'un temple hittite du premier millénaire av. J.-C.). Les premiers travaux d'édification débutèrent sous le prince hamdanide Sayf al-Dawla au IVe siècle H (Xe siècle J.-C.) et l'importance stratégique de la construction se confirma avec le début des croisades. \nAlors que Nour al-Din régnait sur Alep au début du VIe siècle H (XIIe siècle J.-C.), il restructura et reconstruisit les installations intérieures très fragmentées et fortifia les restes de l'ancienne place forte. Ces travaux comprenaient la construction de Maqam Ibrahim, important tombeau associé au prophète Abraham. Cependant, la plus grande partie des éléments subsistants datent de la période du fils de Saladin, al-Malik al-Dahir Ghazi, qui régna de 582 à 613 H / 1186-1216 J.-C. Il fit creuser des douves plus profondes de 22 m de large, le superbe pont, des glacis de pierre imprenables, agrandir les tours (ou *burg*) et édifier la remarquable porte d'entrée qui devait être un piège pour tout ennemi tentant d'approcher. À la différence de Damas, Alep était plus exposée aux attaques franques parties d'Édesse et de la côte occidentale ou de celles des membres de la secte ismaélienne chiite des \"Assassins\". \nAl-Dahir reconstruisit un grand nombre d'établissements civils et religieux dus à Nour al-Din, dont la Grande Mosquée aux belles proportions et le bâtiment administratif de Dar al-'Adl (maison de justice) face à la citadelle, entre lesquels certains chercheurs ont avancé l'existence d'un tunnel de liaison. Mais surtout, il fit édifier le complexe du palais royal et des bains à l'intérieur des murailles de la citadelle, ce qui représentait une nouvelle étape pour l'architecture islamique. Les résidences palatiales n'étaient généralement pas édifiées dans des forteresses, mais les problèmes de sécurité de l'époque conduisirent ici à cette solution. Le palais fut rénové par al-Aziz Muhammad en 627 H / 1230 J.-C. puis en très grande partie démoli par les Mongols. \nLes réalisations d'Al-Malik al-Dahir transformèrent radicalement l'échelle et les ambitions de la citadelle et de ses environs, et lui donnèrent l'aspect impressionnant qu'elle a conservé jusqu'à aujourd'hui. Des éléments de décor subsistent, en particulier autour des portes d'entrée. Deux des plus célèbres sont la porte du Lion et la porte du Serpent, chacune décorée de sculptures figuratives en haut relief. Les lions utilisés depuis longtemps comme emblèmes du pouvoir et de la royauté représentent ici des gardiens du trône. Les serpents et les dragons qui se mordent eux-mêmes marquent les limites d'une zone protégée et contrôlée. \nDes parties de la citadelle, en particulier le bloc de l'entrée et le pont, subirent des rénovations au cours de la période mamelouke au VIIe siècle H (XIVe siècle J.-C.), comme en témoignent leurs éléments décoratifs plus flamboyants.","short_description":"Ce chef-d'œuvre de la fortification médiévale symbolise Alep depuis le VIe s. H (XIIe s. J.-C.). Son entrée est particulièrement impressionnante. Reliant la citadelle à la ville par une rampe majestueuse, l'ouvrage comprend deux tours massives derrière lesquelles s'ouvre un corridor en forme de U qui aurait obligé les assaillants à changer six fois de direction en s'exposant aux projectiles et liquides enflammés lancés depuis des orifices ménagés dans les voûtes. La plus grande partie de la citadelle, aussi bien les bâtiments militaires que palatiaux et religieux, date de l'Ayyoubide al-Malik al-Dahir Ghazi (m. 613/1216).","dates":"VIe-VIIe siècle de l'Hégire (XIIe-XIIIe siècle J.-C.).","location":"Alep","method_for_datation":"Diverses inscriptions et sources historiques ont conservé une chronologie précise des diverses étapes de la construction et de l'évolution de la citadelle.","bibliography":"Allen, T., “Ayyubid Architecture”, Occidental (publication électronique, 7e édition), 2003. \nEttinghausen, R., Grabar, O. et Jenkins-Madina, M., *Islamic Art and Architecture 650-1250*, New Haven, 2001. \nHerzfeld, E., *Matériaux pour un Corpus Inscriptionum Arabicarum: Syrie du Nord*, Deuxième partie, Inscriptions et monuments d'Alep, 3 vol., Le Caire, 1954-1956, p. 12. \nBurns, R., *Monuments of Syria: An Historical Guide*, Londres-New York, 1999. \nTabbaa, Y., *Constructions of Piety and Power in Medieval Aleppo*, Pennsylvanie, 1997. \nQujjeh, M., \"Al-'Amara fi 'ahd Sayf al-Daoula al-Hamadani \\[L'architecture à l'époque de Sayf al-Din al-Hamadani\\]\", *Al-Ma'rifa* 2006, numéro 508, pp. 280-284. \nIbn Shaddad, Izz al-Din (m. 1285), *Al-A'laq al-Khateera fi dhikr Oumara al-Cham w al-Djazira* \\[Au cœur des noms de souverains de la Grande Syrie et d'al-Djazira\\], Damas, 1953.","patrons":"Nour al-Din Mahmoud bin Zangi (m. 569 H / 1174 J.-C.) ; al-Malik al-Dahir Ghazi (m. 613 H / 1216 J.-C.) ; al-Malik al-Aziz Muhammad (m. 634 H / 1236 J.-C.).","architects":"De nombreux architectes, maçons et artisans ont pris part à cette construction. L'implication du maître architecte Thabit bin Chaqwayq sous le règne de Nour al-Din est documentée par des sources historiques. Ingénieur en chef, il fut tué lors de l'effondrement du bloc supérieur de l'entrée en 600 H / 1204 J.-C.","dynasty":"Périodes zenguide, ayyoubide et mamelouke.","materials":[],"keywords":["Citadelles ; palais ; douves ; forteresses ; défenses ; architecture militaire ; Sayf al-Daoula al-Hamadani ; Nour al-Din Mahmoud bin al-Zangi ; al-Malik al-Dahir Ghazi bin Salah al-Din ; Alep ; sculptures de pierre figuratives ; sculptures de pier"],"author":"Abd al-Razzaq Moaz, Zena Takieddine, Samer Abd al-Ghafour","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"b6eaa68e-89bb-5d41-9802-1508be85c8ac":{"name":"Mausolée de Saladin (Salah al-Din).","alternate_name":"Madrasa al-'Aziziyya.","description":"Le tombeau de Saladin se trouve près de l'angle nord-ouest de la Grande Mosquée omeyyade. Mort en 589 H / 1193 J.-C., le sultan fut initialement enterré dans la citadelle de Damas jusqu'à ce que son fils al-Malik al-Afdal Nour al-Din, souverain de Damas, achève la construction du mausolée. Le corps du défunt y fut transféré le jour de *l'achoura* en 592 H / 1195 J.-C. Peu après, son autre fils, al-Malik al-Aziz Othman (Othman II), souverain de l'Égypte, décida de faire construire une *madrasa* attachée au tombeau de son père – d'où son nom de *madrasa* al-'Aziziyya. Les conditions de la mort et de l'inhumation de Saladin sont clairement connues par des sources historiques reposant sur le témoignage visuel d'Imad al-Din al-Isfahani (m. 597 H / 1201 J.-C.), confident du sultan et grand administrateur. \nLa construction du tombeau est typiquement damascène : une chambre de plan carré à murs traités en style *ablaq* et quatre arcs soutenant une coupole. Le passage du carré au cercle s'effectue par un tambour à deux degrés, le premier octogonal, le second à 16 côtés. L'intérieur de la chambre funéraire est habillé de carreaux bleu et vert ottomans de technique *qachani* datant du XIe siècle H (XVIIe siècle J.-C.). Un décor plus subtil s'observe dans les motifs floraux et géométriques en pierre peinte au-dessus des arcs. \nAu centre de la pièce se trouvent deux sarcophages. Celui en marbre blanc est un don de l'empereur allemand Guillaume II à l'occasion de sa visite à Damas en 1903. À côté se trouve le cénotaphe original en bois, chef-d'œuvre de marqueterie géométrique. Il est décoré de motifs géométriques, astraux, floraux et végétaux. \nLa chambre funéraire occupe l'angle sud-ouest du monument. Une salle servant à la récitation du coran est accessible sur le côté est et une série de cinq pièces plus petites se succèdent le long du côté nord. De l'extérieur et de sa connexion à la *madrasa* al-'Aziziyya, peu d'éléments subsistent.","short_description":"Considérée comme un site saint, la tombe de Saladin se trouve à proximité immédiate de la Grande Mosquée omeyyade. Le mausolée a été édifié par ses fils après sa mort en 589 H / 1193 J.-C. et son corps y a été transféré en 592 H / 1195 J.-C. Son architecture est typique du style ayyoubide damascène : pièce carrée à murs en pierre de couleurs alternées et coupole. Le sarcophage est un très bel exemple de l'art du bois ayyoubide. Un second sarcophage, en marbre blanc, a été offert à Damas par l'empereur d'Allemagne en 1903.","dates":"589-592 de l'Hégire / 1193-1196 J.-C.","location":"Damas","method_for_datation":"Les inscriptions originales ont été modifiées, mais les récits historiques ayyoubides contemporains contiennent des comptes-rendus des funérailles de Saladin. Les comparaisons stylistiques avec d'autres monuments ayyoubides damascènes confortent la datation au VIe/XIIe siècle.","bibliography":"Allen, T., “Ayyubid Architecture”, Occidental (publication électronique, 7e édition), 2003. \nBurns, R., *Monuments of Syria: An Historical Guide*, Londres-New York, 1999. \nMoaz, A. R., “Note sur le mausolée de Saladin à Damas : son fondateur et les circonstances de sa fondation”, *Bulletin d'études orientales*, V, 1989, pp. 39-40, 184-189. \nSauvaget, J., \"Le cénotaphe de Saladin\", *Revue des arts asiatiques*, 1930, pp. 168-175. \nMoaz, K., \"Madafin al-Moulouk wa al-Salateen fi Dimachq \\[Les tombeaux de rois et sultans à Damas\\], *Annales archéologiques syriennes*, vol. I, Deuxième partie, 1951, pp. 235-253.","patrons":"Al-Malik al-Afdal Nour al-Din Ali (r. 582-592 H / 1186-1196 J.-C.)","dynasty":"Période ayyoubide.","materials":[],"keywords":["Mausolée ; cénotaphe ; carreaux qachani ; travail du bois ; al-Malik al-Aziz Othman (Othman II, en turc Osman II) ; Guillaume II"],"author":"Abd al-Razzaq Moaz, Zena Takieddine","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"bfab383a-8a92-580d-828e-595be606bc38":{"name":"Peinture.","description":"Fragment d'une scène de bataille peinte à la gouache sur papier. À gauche, deux archers derrière un rempart crénelé tendent leurs arcs, prêts à tirer sur l'ennemi. Un personnage barbu monté sur un cheval dont la plus grande partie est cachée par la muraille brandit une épée dans la main droite et un bouclier dans la gauche. Il est sur le point d'attaquer ou vient juste de tuer son adversaire, dont le corps est rejeté en arrière comme s'il était blessé ou s'apprêtait à jeter sa lance. Au centre, un autre personnage pointe sa lance vers un soldat armé d'un large glaive et protégé d'un bouclier rond. \nLa majorité des œuvres découvertes à Fustat sont Fatimides ; aussi, lors de l'acquisition de cette peinture par le British Museum, on a pu penser que c'était également le cas ici. Cependant, certains détails suggèrent une date postérieure, comme les boucliers en forme d'écu allongé, d'un type introduit par les Normands et qui ne fut pas utilisé en Égypte avant la fin du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.).","short_description":"Fragment de peinture à la gouache représentant une scène de bataille découvert à Fustat (Le Caire). C'est l'une des rares peintures qui nous soient parvenues de la période médiévale. La date n'en est pas certaine ; elle est soit fatimide, comme bon nombre d'œuvres sur papier mises au jour à Fustat, soit ayyoubide du VIIe s. H / XIIIe s. J.-C.","holder":"The British Museum.","dates":"VIIe siècle de l’Hégire (XIIIe siècle J.-C.).","location":"Londres","dimensions":"H. 21 cm, l. 31,4 cm.","method_for_datation":"Précédemment, cette peinture était datée de la période fatimide, mais de récentes recherches ont montré que les types de heaume ou de turban des personnages de gauche ressemblaient à des coiffures similaires observées dans des manuscrits illustrés produits en Syrie au VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.). De même, le personnage en haut à droite porte un bouclier en écu allongé d'un modèle normand non utilisé en Égypte avant la fin du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.). De plus, l'appareillage de bandeaux alternés de brique rouge et jaune rappelle la maçonnerie *ablaq*, caractéristique des architectures ayyoubide et mamelouke, mais absente des constructions fatimides. Il est donc plus que probable que cette peinture ait été réalisée en Égypte au VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.), plutôt qu'au cours de la période fatimide.","method_for_provenance":"La peinture a été trouvée dans une fouille à Fustat, au Caire.","provenance":"Fustat, Égypte.","obtention":"Acheté en 1938.","bibliography":"Contadini, A., *Fatimid art at the Victoria and Albert Museum*, Londres, 1998, p. 13. \nGray, B., “A Fatimid Drawing”, *British Museum Quarterly*, XII, 1938, p. 91-6. \n*L'Orient de Saladin au temps des Ayyoubides* (catalogue de l'exposition présentée à l'Institut du monde arabe, Paris, 22 octobre 2001-10 mars 2002), Paris, 2001, cat. n° 62, p. 94.","dynasty":"Ayyoubide","materials":["Gouache sur papier."],"keywords":["Peinture figurative"],"author":"Emily Shovelton","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"ca942ff7-606f-5ad2-bbe5-0716cf554458":{"name":"Éperon.","description":"Faisant initialement partie d'une paire, cet éperon se fixait à la chaussure, sur les côtés de la cheville, la pointe partant de la base du talon. Un cavalier (membre de la cavalerie, archer à cheval, chevalier) l'utilisait pour commander sa monture. L'éperon se compose d'un arceau percé à ses deux extrémités pour passer la sangle de fixation autour du pied. Du centre de l'arceau part une tige terminée par une pièce conique, la pointe. La forme de l'arceau à deux branches droites indique qu'il n'a pas pu être fabriqué après le VIe siècle H (XIIe siècle J.-C.), tandis que la présence des deux trous montre qu'il est sans doute postérieur à 1100.","short_description":"Tout chevalier, cavalier ou archer à cheval croisé devait faire fixer au talon de ses chaussures des éperons comme celui-ci. Le Croisé européen utilisait l’éperon pour commander sa monture.","holder":"The Burrell Collection, Glasgow Museums.","dates":"Vers le VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Glasgow","province":"Écosse","dimensions":"L. 15,2 cm, l. 8 cm.","method_for_datation":"Analyse artistique. Des recherches approfondies sur les armes et armures européennes montrent que les branches droites de cet éperon n'ont pu être fabriquées après le VIIIe/XIIe siècle, tandis que les trous percés à leurs extrémités militent en faveur d'une fabrication postérieure à 1100.","provenance":"Europe du Nord (Allemagne ou Autriche).","obtention":"Pièce appartenant à la collection offerte à la ville de Glasgow par Sir William et Lady Burrell en 1944.","bibliography":"Nicolle, D., *The Crusades*, Oxford, 1988.","dynasty":"Croisés","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":["Fer."],"keywords":["objet militaire ; croisé ; pèlerinage"],"author":"Noorah Al-Gailani","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"ce38f20b-4ae7-5ca9-bfa6-3a9eefa8c478":{"name":"Panneau commémoratif.","description":"Au milieu du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.), le sultan al-Dahir Baybars entreprit de repousser les Mongols qui avançaient vers l'égypte. En 664 H / 1265 J.-C., il occupa le royaume arménien de Cilicie et la ville de Sis (Kozan), alliée aux Mongols dans leur guerre contre les musulmans. De retour en égypte à l'issue de cette campagne, il s'arrêta dans la ville de Homs et visita la mosquée du Compagnon (du prophète Muhammad) Khalid bin al-Walid (m. 21 H / 642 J.-C.), surnommé l’épée de Dieu, qui avait commandé les troupes musulmanes contre les forces byzantines au temps du Prophète. Baybars ordonna d'achever un panneau qui se trouvait au-dessus de la tombe de Khalid pour commémorer sa victoire en Cilicie. \nCe panneau fait partie d'une série qui décorait la mosquée. Sa forme générale est rectangulaire, mais sa partie supérieure est incurvée. Cinq lignes de texte en écriture *thoulouth* sont sculptées dans le bois : \n(1) Au nom de Dieu, de Clémence et de Miséricorde, cette construction dans le sanctuaire de l'épée de Dieu et Compagnon du Prophète de Dieu, Khalid bin al-Walid, que Dieu soit satisfait de lui, a été commandée \n(2) par le Seigneur Sultan al-Malik al-Dahir, pilier de la religion, souverain de l'Islam et des Musulmans, tueur des incroyants et des polythéistes, tueur des rebelles \n(3) et des insurgés, celui qui restaure la justice dans les deux mondes, roi des deux mers, souverain des deux *qibla*, serviteur des deux saints sanctuaires, grâce de la souveraineté, sultan des Arabes, des Perses et des Turcs, \n(4) souverain du temps et compagnon du Coran, Baybars al-Salihi, associé au Commandeur des Fidèles, que Dieu soutienne son règne contre ses ennemis, à \n(5) \\[Homs\\] pour la victoire en l'an six cent soixante-quarante \\[*sic*, lire quatre\\] après l'Hégire. \nLe texte est décoré de motifs végétaux de fine exécution et conserve des traces de couleur verte et noire.","short_description":"Le texte sculpté sur ce panneau en bois de santal commémore la victoire du sultan mamelouk al-Dahir Baybars sur les alliés des Mongols en Cilicie et associe la mémoire de ce grand souverain à celle d'autres grands guerriers musulmans.","holder":"Musée national de Damas.","initial_owner":"Sultan al-Dahir Baybars (r. 658-676 H / 1260-1277 J.-C.).","dates":"664 de l'Hégire / 1265 J.-C.","location":"Damas","dimensions":"H. 77 cm, l. 133 cm.","method_for_datation":"L'inscription spécifie l'année de la réalisation de ce panneau : 664 de l'Hégire (1265).","method_for_provenance":"L'inscription mentionne que le panneau était destiné à la mosquée Khalid bin al-Walid. Il a probablement été réalisé sur place.","provenance":"Mosquée de Khalid bin al-Walid, Homs, Syrie.","obtention":"En 1952, la Direction générale des musées et antiquités fut informée que de très anciens panneaux de bois d’intérêt historique étaient conservés dans un placard de la mosquée de Khalid bin al-Walid et avaient besoin d'être réparés. Des techniciens de la Direction les restaurèrent avant qu'ils n'entrent dans la collection du musée en 1953.","bibliography":"Abu al-Faraj al-Ush, M., *A Concise Guide to the National Museum of Damascus*, \nDamas, 1969.","dynasty":"Période mamelouke","materials":["Bois de santal indien sculpté."],"keywords":["Bois de santal indien ; bois sculpté ; bois peint ; Hims (Homs) ; mosquée de Khalid bin al-Walid ; sultan al-Dahir Baybars ; Mongols ; Cilicie ; royaume d'Arménie"],"author":"Mona al-Moadin","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"d3cd72eb-4da3-52ee-8fe8-e450b2d00a90":{"name":"Dinar (pièce d'or).","description":"Pièce de monnaie en or datant des Croisés, d'une valeur comparable à celle du dinar. Une fois installés dans la région, les Européens se livrèrent rapidement à un important commerce. Pour que leur monnaie soit reconnue par le marché, ils frappèrent des pièces similaires à celles du pays et inscrivirent les indications de frappe en arabe. Cette pièce reprend un prototype fatimide. Son inscription est composée selon trois cercles concentriques. Elle a été frappée en Acre en 1251 J.-C. (549 H), sous le règne du roi de France Louis IX (1214-1270 J.-C.) qui conduisit les VIIe et VIIIe Croisades. La frappe de ces pièces fut initiée par un nouveau légat papal arrivé au printemps 1250 qui considérait que l'utilisation de monnaies au nom du prophète ou de souverains musulmans était un blasphème. Il en interdit la frappe, qu'il remplaça par des pièces à symboles chrétiens et texte délibérément frappé en langue arabe, souvent erronée. \nCette pièce présente les inscriptions suivantes en écriture de style *naskhi* : \nAvers \nCentre \" : Dieu est un\", le terme arabe pour Dieu (Ilah) est incorrect. \nAnneau intérieur : \"Le Père, le Fils et le Saint Esprit\" \nAnneau extérieur : \"Frappé en Acre en l'an mil deux cent cinquante et un, de l'incarnation de notre Seigneur\". Cette phrase est suivie d'une croix flanquée de deux points. \nRevers \nCentre : Une croix flanquée de deux points en diagonale. \nCercle intérieur : Petite croix flanquée d'une paire de points de chaque côté à proximité de la croix centrale. L'inscription dit : \"Notre résurrection, notre salut sont en lui, protégez-nous.\" \nCercle extérieur : Sur le périmètre, une forme probable de croix entre deux points et la phrase : \"Nous sommes fiers de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, en lui est notre paix.\" \nUn certain nombre de mots sont mal orthographiés et le texte présente de nombreuses erreurs linguistiques qui rendent sa lecture difficile.","short_description":"Ce dinar en or a été frappé par les Croisés en Acre. Pour éviter de perturber les activités économiques, les Croisés battirent monnaie dans le style islamique, à partir du prototype fatimide à inscriptions en arabe disposée en trois cercles concentriques auxquels s'ajouta une croix.","holder":"Musée national de Damas.","dates":"649 de l'Hégire / 1251 J.-C.","location":"Damas","dimensions":"Ø 2,3 cm, poids 3,17 g.","method_for_datation":"La date est spécifiée dans l'inscription (1251).","method_for_provenance":"L'inscription indique que la pièce a été frappée en Acre.","provenance":"Acre, Palestine.","obtention":"Achat en 1948.","bibliography":"Delpont, E. (éd.), *L’Orient de Saladin : l’art des Ayyoubides*, Paris, 2001.","dynasty":"Période des Croisés","materials":["Or frappé."],"keywords":["Pièces de monnaie ; dinar ; or ; frappe ; Acre ; croisé ; roi Louis IX ; croix; numismatique"],"author":"Mona al-Moadin","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"dd44c4b3-03fc-5979-8e45-d6162ea57c5a":{"name":"Épée.","description":"Bien que cette épée n**'**ait pas été trouvée en territoire croisé, elle est un exemple typique des armes utilisées par les chevaliers et guerriers occidentaux en Terre sainte. Elle possède une lame à double tranchant qui se termine par une pointe effilée. De chaque côté de la lame, une gorge allège son poids pour la rendre plus pénétrante et plus efficace sans affecter sa résistance. La poignée est dotée d**'**un pommeau en forme de roue chanfreinée incrustée d**'**un côté d**'**un décor en cuivre composé d**'**une croix, et de l**'**autre de trois demi-cercles reliés en leur milieu par trois lignes. Ce type de pommeau apparaît vers le Ve siècle H (XIe siècle J.-C.), au moment où les lames gagnent en longueur. Malgré le faible nombre d**'**artefacts laissés par les Croisés, les manuscrits européens contemporains et leurs miniatures, ainsi que les sculptures de certains monuments, décrivent avec une grande précision le type d**'**armes et d**'**armures qu**'**ils utilisaient à cette période.","short_description":"Même si elle n’a pas été trouvée en territoire franc au Moyen-Orient, cette épée est typique de celles ramenées de Terre sainte et utilisées par des guerriers et des chevaliers européens. Des manuscrits européens d’époque médiévale décrivent avec une précision remarquable les armures et les armes des Croisés.","holder":"The Burrell Collection, Glasgow Museums.","dates":"Vers le VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Glasgow","province":"Écosse","dimensions":"L. 119,4 cm, dont le pommeau (4,8 cm), la poignée (10 cm) et la lame (104 cm).","method_for_datation":"Analyse stylistique. Plusieurs exemples assez précis de ce type d**'**épée sont fournis par des miniatures européennes contemporaines ornant des manuscrits et des sculptures en pierre, confirmant que les chevaliers croisés venus d**'**Europe en Terre sainte utilisaient ce type d**'**épée.","provenance":"Europe du Nord continentale.","obtention":"Pièce appartenant à la collection offerte à la ville de Glasgow par Sir William et Lady Burrell en 1944.","bibliography":"Coe, M. D., *et al.*, *Swords and Hilt Weapons*, New York, 1989. \nNicolle, D., *The Crusades*, Oxford, 1988.","dynasty":"Croisés","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":["Fer, avec incrustations de cuivre sur le pommeau."],"keywords":["objet militaire ; croisé ; pèlerinage"],"author":"Noorah Al-Gailani","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"df881eea-95c8-5db6-825d-d04360d53ffd":{"name":"Machaf mamelouk.","description":"*Machaf* (manuscrit coranique) à reliure en cuir brun très foncé composée d'un recto, d'un verso et d'un rabat de fermeture. L'ornementation rappelle les *machaf* mamelouks dans le jeu des lignes traçant des figures géométriques entrelacées qui créent à leurs intersections des champs de dimensions variées meublés d'ornements estampés. Les marges des deux couvertures sont parcourues de divers filets décoratifs formant le cadre. L'intérieur est orné d'un cercle de taille moyenne estampé entouré de demi-cercles. \nLe folio 1b-2a comprend deux pages rédigées à l'encre noire en écriture *thoulouth* dont les lettres se terminent en enluminures. Chaque page contient 10 lignes, chacune entourée de filets. Le folio 2b-3a constitue le frontispice. Il se compose de deux pages contenant deux cartouches identiques recouvrant la plus grande partie de l'espace et apparaît meublé d'un décor de lignes géométriques s'entrecoupant. Elles définissent ainsi des champs de tailles variées, chacun étant meublé d'une fleur de taille adaptée à la zone qui la contient. Les panneaux décoratifs sont bordés en partie supérieure et inférieure par un bandeau enluminé qui reprend le texte d'un verset du Coran tiré de la sourate “al-Waqi'ah” (L'échéance, LVI, 76-82). Le décor végétal qui entoure ces bandeaux et les quatre côtés du panneau est traité en or et bleu. Le folio 3b-4a contient les pages d'ouverture du *machaf*. Identiques, elles sont toutes les deux rédigées sur cinq lignes en écriture *thoulouth* enluminée. Le texte est encadré de motifs végétaux. Celui des pages restantes est en écriture de style *thoulouth* rédigée à l'encre noire. Les marques de pause sont en forme de fleurs de couleur or, bleue et brune. Le nom de “Majesté” (al-Djalala) et la *basmala* (“Au nom de Dieu, le maître de Clémence, la source de Miséricorde”) sont écrits à l'or. Le numéro de la sourate et celui du verset sont écrits en blanc souligné de noir sur un fond or à vagues sur fond bleu, éventuellement rouge, dans un large bandeau doré qui forme un cadre rectangulaire. Les deux dernières pages qui contiennent les trois dernières sourates sont écrites à l'or.","short_description":"Coran mamelouk complet sous deux reliures en cuir décorées de lignes géométriques entrelacées. Il s’ouvre sur deux panneaux décoratifs identiques ornés de deux fleurs. Le texte est rédigé en style *thoulouth* à l’encre noire. Les marques de pause se présentent sous la forme de fleurs en doré, bleu et brun. Les enluminures sont surtout utilisées pour les noms de chapitres, les numéros de versets et lors de l’apparition du mot “Majesté”.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","initial_owner":"Cadi (juge) Tadj al-Din Abi Ichaq al-Maliki (mort en 771 H / 1369 J.-C.).","dates":"Avant 771 de l’Hégire / 1369 J.-C. ; pendant les dates d’existence du propriétaire d’origine.","location":"Jérusalem","dimensions":"L. 47 cm, l. 32 cm, ép. 11 cm.","method_for_datation":"Par rapprochement avec les dates de son propriétaire d'origine, le cadi Tadj al-Din Abi Ichaq al-Maliki (mort en 771/1369).","method_for_provenance":"Le style d'écriture et de décoration comme la reliure en cuir militent en faveur de l'égypte. Ce *machaf* est typique des manuscrits égyptiens produits en égypte à cette époque.","provenance":"Égypte.","obtention":"L'ouvrage a été transféré du Haram al-Ibrahimi (mosquée d'Abraham) à Hébron (al-Khalil) où il avait été donné pour récitation au Musée islamique en 1927.","bibliography":"Al-'Asqalani, Ahmad bin 'Ali bin Hajar (m. 852/1448), *Al-Dourar al-Kamina fi al-A'yan al-Mi'a al-Thamina* \\[La précieuse joaillerie des personnalités du huitième siècle\\], vol. 1 et 6, Hyderabad, 1972. \nSalameh, K., *Al-Makhtoutat al-Qor'aniya fi al-Mouthaf al-Islami fi al-Haram al-Charif, al-Qods* \\[Les manuscrits coraniques au Musée islamique du Haram al-Charif, Jérusalem\\], Paris, 2003. \nAl-Maqrizi, Taqi al-Din, A. (m. 845/1442), *Al-Soulouk li Ma'arifat douwal al-Moulouk* \\[Les voies justes pour connaître les terres des souverains\\], vol. 2 et 3, Le Caire, 1971. \nAl-Chaja'i, Chams al-Din, *Al-Malik al-Nasir Muhammad bin Qalawun Salihi wa Awladahou* \\[Le monarque al-Nasir Muhammad bin Qalawun Salihi et ses Fils\\], Fisbadan, 1978.","dynasty":"Période mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","materials":["Encres de couleur sur papier, dorures, couverture en cuir estampé."],"keywords":["Enluminures ; reliures en cuir ; écriture thoulouth ; décoration estampée ; décoration végétale ; décoration géométrique ; Coran ; machaf ; papiers"],"author":"Khader Salameh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"e1e587a5-e3ec-54cd-a541-b98bd284ead1":{"name":"Tour d'al-Dahir Baybars.","description":"Le plan au sol est approximativement en trois quarts de cercle. La partie haute des murs orientés est et nord est ornée d'un important groupe de lions sculptés dans la pierre, d'où le nom de “tour du Lion” longtemps porté par cette construction. Cet animal était l'emblème du sultan Baybars. Celui-ci, en dehors de l'édification de cette tour, rénova plusieurs citadelles de la région du Cham (Bilad al-Cham, nom arabe traditionnellement donné à la région regroupant la Syrie, la Jordanie, le Liban, Israël et la Palestine), dont la citadelle d'Ajloun en Jordanie. La tour s'était peu à peu trouvée enterrée, mais fut remise au jour en 1983, à l'occasion de la construction du musée de la police, édifié sur une partie de ses vestiges, sa base restant sous le niveau du sol et donc invisible.","short_description":"Quand le sultan Baybars al-Bunduqdari pénétra dans la citadelle en 659 H / 1260 J.-C., une nouvelle ère débuta dans l'histoire de l'Égypte. Il est appelé le vrai fondateur de l'État mamelouk, qu'il gouverna durant 17 ans. Il repoussa les attaques des Moghols et des Croisés et réinstaura le califat abbasside en Égypte après la chute de Bagdad. Il installa un nouveau calife, al-Moustansir Billah, pour régner sur les régions islamiques. La tour porte le blason en forme de lion de son mécène.","dates":"658-676 de l'Hégire / 1260-1277 J.-C.","location":"Le Caire","method_for_datation":"Sources historiques comme le *Khitat* d'al-Maqrizi ; recherches de Creswell (1924) sur la Citadelle du Caire – l'auteur mentionne que la construction de la tour a été ordonnée par le sultan Baybars.","bibliography":"Casanova, P., “Histoire et Description de la Citadelle du Caire”, *Mémoires de la mission archéologique française du Caire,* n° 6, Paris, 1897. \nCreswell, K. A. C., “Archaeological Researches at the Citadel of Cairo”, *Bulletin de l'Insitut francais d'archéologie orientale,* n° 23, Le Caire, 1924, pp. 89–167. \nRabbat, N., *The Citadel of Cairo,* Genève, 1989. \nZaki, Abd al-Rahman*, Qal'a Salah al-Din al-Ayyoubi wa ma hawlaha min al-Athar* \\[La citadelle de Salah al-Din al-Ayyoubi et les monuments voisins\\], Le Caire, 1970. \n*Art mamelouk, splendeur et magie des sultans*, p. 78.","patrons":"Sultan al-Dahir Baybars (r. 658-676 H/1260-1277 J.-C.).","dynasty":"Mamelouke.","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","materials":[],"keywords":["tours ; décoration figurative ; architecture de guerre ; architecture militaire"],"author":"Tarek Torky","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"e67f38ec-fa2d-5d97-b5a7-c6d7c6f6bd23":{"name":"Mosquée al-Aqsa.","description":"La mosquée al-Aqsa est une construction rectangulaire édifiée à l'intérieur du Haram al-Charif sur une plate-forme qui compense la pente nord-sud du site du Haram. Le plan actuel est l'aboutissement de diverses reconstructions et modifications au cours du temps, et qui font encore débat parmi les historiens et les chercheurs. \nLes premières étapes de la construction remontent au calife Omar bin al-Khattab (r. 13-23 H / 634-644 J.-C.) qui éleva un *mihrab* et une petite mosquée sur le site de l'édifice actuel. Moujir al-Din (m. 928 H / 1521 J.-C.), historien qui fait autorité sur l'histoire de l'architecture à Jérusalem, mentionne que c'est le calife Omar qui, en dégageant le Haram de divers vestiges, découvrit le rocher sacré. Il prit plusieurs avis sur la position idéale de la mosquée et reçut le conseil de la construire au nord du rocher, ce qu'il refusa en disant : “Mais c'est sa façade qui doit servir de *qibla*, comme le prophète de Dieu a fait *qibla* les façades de nos mosquée.” Vers 49-50 H / 670 J.-C., le fameux voyageur Arculfe nota que la mosquée se trouvait dans la partie méridionale du Haram, érigée sur de grands piliers de bois et à l'aide de matériaux récupérés dans les environs, et qu'elle avait été agrandie jusqu'à pouvoir recevoir 3 000 fidèles. Rien ne reste de ce bâtiment d'origine appelé *masjid* al-'Oumari qui fut rénové au début de 65 H / 685 J.-C. \nLa mosquée al-Aqsa fut construite sous le règne d'Abd al-Malik. Elle compte 15 arcades qui ont souffert d'un certain nombre de tremblements de terre et ont été restaurées à plusieurs reprises. Aucune n'a été intégralement préservée, à l'exception de celles du mur sud. \nSous les Croisés, la mosquée fut transformée en église. Un important retrait, qui existe encore, fut aménagé sur le côté est correspondant au plan des églises qui ouvrent vers l'Orient. \nLa mosquée actuelle possède neuf entrées, dont sept sont situées dans le mur nord, l'une dans le mur ouest et la dernière à l'est. Le mur nord est doublé par une colonnade composée de sept piliers de pierre soutenant des voûtes entrecroisées. Elle donne sur la place du Haram al-Charif par une importante ouverture sous un vaste arc brisé. \nLe plan au sol de la mosquée mesure 50 x 80 m. Il comprend sept nefs orientées nord-sud, la centrale étant la plus large et la plus haute. Les trois colonnades ouest sont soutenues par d'importants piliers, celles de l'est par une succession de colonnes de marbre importées d'Italie lors de la restauration de cette partie par le Haut Conseil islamique dans la première moitié du XXe siècle. à l'extrémité sud de la nef centrale s'élève une coupole hémisphérique en bois soutenue par des trompes. Au-dessous se dresse un superbe *mihrab* édifié sur l'ordre de Salah al-Din Ayyoubi (Saladin) lorsqu'il libéra la mosquée de l'occupation croisée en 583 H / 1187 J.-C.","short_description":"L’édifice actuel est le résultat de nombreuses interventions architecturales, toutes les dynasties qui gouvernaient l’État islamique ayant laissé leur marque sur le bâtiment, qui a également souffert de tremblements de terre successifs. La dernière catastrophe est le fait d’un incendie criminel en 1969. Il ne reste pas grand-chose de l’aspect originel du bâtiment (omeyyade) ; sa forme a évolué au cours d’une rénovation et d’une restauration permanentes ; il a été allongé et non pas élargi, comme dans le cas des mosquées omeyyades. Il est aujourd’hui constitué de sept rangées de colonnes, la nef la plus large se trouvant au milieu, et il est surmonté d’un toit pignon. L’édifice est lié au miracle de l’ascension du Prophète, le site est d’ailleurs mentionné dans le Coran.","dates":"65-96 de l’Hégire / 685-715 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Inscriptions, sources historiques et résultats des fouilles archéologiques.","bibliography":"Creswell, K. A. C., *Early Muslim Architecture*, Oxford, 1932. \nHamilton, R. W., *The Structural History of the Aqsa Mosque: A Record of Archaeological Gleanings from the Repairs of 1938-1842*, Londres, 1949. \nAl-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004.","patrons":"Calife Abd al-Malik bin Marwan (r. 65-86 H / 685-705 J.-C.) et al-Walid bin Abd al-Malik (r. 86-96 H / 705-715 J.-C.). L’édifice a été restauré à plusieurs reprises sous les règnes du calife abasside Abou Ja’far al-Mansour (r. 136-158 H / 754-775 J.-C.), du calife al-Mahdi (r. 158-169 H / 775-785 J.-C.), du calife fatimide al-Dahir (r. 411-427 H / 1021-1036 J.-C.), du sultan Salah al-Din Ayyoubi (Saladin, r. 564-589 H / 1169-1193 J.-C.), du sultan mamelouk al Nasir Muhammad bin Qalawun, qui régna à trois reprises (693-694 H / 1294-1295 J.-C. ; 698-708 H / 1299-1309 J.-C. ; 709-741 H / 1309-1340 J.-C.), et d’un certains nombre de souverains ottomans.","dynasty":"La construction date de la période omeyyade ; les rénovations ont été effectuées au cours des périodes abbaside, fatimide, ayyoubide, mamelouke et ottomane.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":[],"keywords":["Mosquées de congrégation ; haram ; bâtiments religieux ; mosquées"],"author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"fc08aed9-57d3-59a7-83b4-abccf4770360":{"name":"Chandelier de Qalawun.","description":"Chandelier en cuivre composé d'une base, d'un corps cylindrique et d'une tige cylindrique terminée par un binet. Trois bandeaux décoratifs entourent sa base, relativement large. Le premier est orné de motifs arrondis séparés les uns des autres par des polygones. Le deuxième présente des demi-feuilles entrelacées qui s'enchaînent en collier. Le troisième comporte un motif évoquant un épi de blé. Le corps rappelle celui d'un autre chandelier d'al-Nasir Muhammad ibn Qalawun également conservé au musée. \nIl présente une importante inscription en bandeau rédigée en grands caractères *naskhi* qui remplit pratiquement toute sa surface. L'espace laissé libre est entièrement meublé de motifs végétaux entremêlés. L'inscription dit : “Possession de notre seigneur, le grand émir, l'omniscient, le juste, le souverain, le victorieux.” L'inscription est interrompue par deux médaillons circulaires composés chacun d'un cercle extérieur à fleurs de lotus et d'un cercle intérieur meublé d'une importante fleur. Le corps s'achève par deux bandeaux de décor végétal du même style que celui du reste de l'objet. \nLe binet est vierge de tout décor, ce qui laisse penser qu'il n'est pas original, car il aurait dû comporter également une inscription. Il a probablement été remplacé en même temps que la tige à une date inconnue. La tige, également dépourvue de décor, témoigne du déclin de l'artisanat à la fin de la période mamelouke. On observe des similarités frappantes entre ce chandelier et un autre ayant également appartenu à al-Nasir Muhammad ibn Qalawun, ce qui suggère que ces deux luminaires ont pu être réalisés par le même artisan à la même période.","short_description":"Chandelier en cuivre recouvert de fines décorations végétales. Ses inscriptions épigraphiques, à l’intérieur de médaillons, sont rédigées en grands caractères mamelouks de style *naskhi*, sur un arrière-plan de décoration végétale. Ces inscriptions sont dédiées au souverain al-Nasir Muhammad ibn Qalawun, qui en dota Haram al-Ibrahimi à Hébron.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","initial_owner":"Sultan mamelouk al-Nasir Muhammad ibn Qalawun, qui régna à trois reprises : 639-694 H / 1294-1295 J.-C., 698-708 H / 1299-1309 J.-C. et 709-741 H / 1309-1340 J.-C.","dates":"693-741 de l’Hégire / 1294-1340 J.-C.","location":"Jérusalem","dimensions":"H. 38,5 cm, H. (tige) 19,5 cm, Ø 23,5 cm.","method_for_datation":"La pièce mentionne une date dans son inscription, ainsi que le nom du sultan Qalawun.","method_for_provenance":"Au vu de l'analyse de la technique de fabrication et de la décoration et d'une comparaison avec des chandeliers similaires détenus par le Musée islamique du Caire produits à la même période, l'origine cairote semble probable.","provenance":"Probablement Le Caire, Égypte.","obtention":"Objet transféré de la mosquée al-Ibrahimi d'Hébron (al-Khalil) au musée après 1967.","bibliography":"Abu Khalaf, M., *Islamic Art Through the Ages: Masterpieces of the Islamic Museum of al-Haram al-Sharif*, Jérusalem, 1998. \nAbu Khalaf, M., “Three Candlesticks from the Islamic Museum of al-Haram al-Sharif”, *Levant*, n° 20, 1988.","dynasty":"Période mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","materials":["Cuivre gravé incrusté d’argent."],"keywords":["Écriture naskhi ; décoration épigraphique ; décoration végétale ; chandeliers ; gravure ; cuivres incrustés d’argent"],"author":"Nazmi Al-Ju'beh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"fc210313-c572-52b3-ab9c-6ec080f0812a":{"name":"Lampe à huile.","description":"Lampe en verre composée de trois parties, un piédouche, une panse et un col, entièrement recouverts d'un décor végétal d'une remarquable exécution. Son décor polychrome est réalisé à la peinture et à l'émail et présente de nombreuses traces d'or. Il comporte des inscriptions et le blason du donateur. Son col évasé, pratiquement conique, est décoré de motifs végétaux et d'un bandeau épigraphique rédigé en écriture *thoulouth* mamelouke. L'inscription de 8 cm de haut en bleu foncé reprend des extraits d'un verset de la sourate du Coran “al-Tauba” (La repentance IX, 18) : “ Qu'ils visitent seuls les temples de Dieu, ceux qui croient en Dieu et au jour dernier…” Le verset est interrompu par trois médaillons circulaires à pastille centrale rouge ; à l'intérieur de la pastille figure un gobelet d'or, blason de l'émir Tankaz al-Nasiri. Le bandeau décoratif entre la panse et le col est constitué de huit fleurs de lotus alignées. La panse est ornée d'une inscription assez importante sur fond bleu foncé ; elle se lit : “Ceci a été commandé par le Sublime, notre Seigneur, l'émir al-Sayfi Tankaz, soutien des Mamelouks honorés et protégés d'al-Cham \\[Syrie\\].” L'inscription est interrompue par six anneaux auxquels s'attachent des chaînes de suspension. En dessous, un second bandeau décoratif contient une inscription ornée de motifs végétaux. La partie inférieure de la panse, juste au-dessus du piédouche, contient six médaillons, dont trois emblasonnés, et trois à motifs végétaux. Le piédouche de 4 cm de haut et évasé vers le bas est orné de trois bandeaux meublés d'une décoration végétale à l'or.","short_description":"Cette lampe en verre, entièrement recouverte d’un décor végétal complexe remarquablement exécuté, est peinte en plusieurs couleurs, avec émail et dorure. Le corps comporte une inscription dorée et le blason du donateur, l’émir Tankiz al-Nasiri, sur fond bleu foncé. La lampe est ornée de plusieurs médaillons décoratifs.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","initial_owner":"Émir Tankaz al-Nasiri, représentant du sultan en al-Cham (Grande Syrie) en 712-740 H / 1312-1340 J.-C., sous le règne du sultan mamelouk al-Nasir Muhammad ibn Qalawun, qui régna à trois reprises : 639-694 H / 1294-1295 J.-C., 698-708 H / 1299-1309 J.-C. et 709-741 H / 1309-1340 J.-C.","dates":"712-740 de l’Hégire / 1312-1340 J.-C.","location":"Jérusalem","dimensions":"H. 33 cm, Ø (ouverture) 18 cm.","method_for_datation":"L'inscription mentionne le nom du propriétaire de l'objet, l'émir Tankaz al-Nasiri, dont les dates sont connues.","method_for_provenance":"Ce type de lampe apprécié pendant la période mamelouke était généralement fabriqué au Caire ou à Damas. L'émir Tankaz résidant dans cette ville, il est probable que la provenance de ce modèle soit damascène.","provenance":"Probablement Damas ou le Caire.","obtention":"Lampe transférée du Haram al-Ibrahimi (mosquée Ibrahimi) à Hébron (al-Khalil) au musée en 1967.","bibliography":"Abu Khalaf, M., *Islamic Art Through the Ages: Masterpieces of the Islamic Museum of al-Haram al-Sharif*, Jérusalem, 1998.","dynasty":"Période mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","materials":["Verre peint, émaillé et doré."],"keywords":["Écriture thoulouth ; écriture thoulouth mamelouke ; verre doré ; verre peint ; décoration épigraphique ; décoration végétale ; lampes"],"author":"Nazmi Al-Ju'beh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"fe0665ae-557f-5721-993c-8b5887d08251":{"name":"Qubbat al-Su’ud (dôme de l’Ascension).","description":"Qubbat al-Su'ud (le dôme de l'Ascension) est un petit bâtiment commémoratif indépendant de plan octogonal à l'extérieur, circulaire à l'intérieur. Il se dresse au centre d'un espace de plan irrégulier entouré de murs. La construction est en blocs de pierre de dimensions moyennes de couleur blanche devenus gris avec le temps. \nL'édifice est d'origine byzantine (17 H / 638 J.-C.). Les Croisés le remplacèrent en 492-583 H / 1099-1187 J.-C. par une construction octogonale sans toiture qui fut restaurée puis abandonnée sous les Ayyoubides après la bataille de Hattin (583 H / 1187 J.-C.). Elle fut ensuite transformée en mosquée à la seule condition que les chrétiens puissent continuer à l'utiliser lors de leurs fêtes religieuses et même en période normale sans restrictions ni conditions. \nLa construction actuelle se compose de trois parties. La première, le “corps”, consiste en huit arcs brisés reposant sur des piliers flanqués de colonnes de marbre se terminant par des chapiteaux ornés de représentations d'animaux et de personnages associés à la présence chrétienne. Les arcs, ouverts à l'origine, ont été obturés à la période ayyoubide. Une porte a été aménagée sur la façade ouest et les motifs des chapiteaux ont été restaurés. \nLa seconde partie est le tambour de forme circulaire qui fait transition entre le corps et la coupole. Il ne possède aucune ouverture, à l'exception d'une fenêtre allongée sur la façade ouest. \nLa troisième partie est la coupole hémisphérique recouverte de tessères et couronnée d'un petit croissant en pierre. \nL'entrée est mise en valeur par un passage carrelé. à l'intérieur, le sol est également carrelé de tessères. L'emplacement légèrement surélevé de “l'empreinte du pied du Christ” au moment de son ascension est entouré d'un cadre de pierre. Du côté sud se trouve un *mihrab* installé sous les Ayyoubides. Une importance particulière est attribuée à ce lieu par la religion musulmane, tout autant qu'à la relique chrétienne que représente l'endroit d'où le Christ est monté au ciel.","short_description":"C’est un bâtiment commémoratif situé sur les hauteurs du sommet voisin du Mont sacré des Oliviers qui domine Jérusalem. De l’extérieur, le bâtiment présente une forme octogonale, alors qu’à l’intérieur le plan est circulaire. Sur ce site s’élevait une église byzantine, qui avait été construite pour commémorer l’ascension du Christ au Paradis. Les caractéristiques distinctives de cet édifice byzantin furent totalement modifiées par les Francs et Salah a-Din al-Ayyoubi (Saladin). Le site est sacré à la fois pour les musulmans et pour les chrétiens.","dates":"595 de l’Hégire / 1198 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Comparaison avec les coupoles du Haram al-Charif ; sources historiques, dont des journaux de voyage. Des fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour des fragments de céramiques byzantines qui confirment l'origine de l'édifice.","bibliography":"Abu Rayya, R., *Al-Mawqi' al-Islamiya 'ala Djabal al-Zaytoun* \\[Le site islamique sur le mont des Oliviers\\], mémoire de maîtrise, Université d'al-Qods, 1999. \nAl-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973. \nBieberstein, K. et Bloedhorn, H., J*erusalem Grundzuege der Baugeschichte vom Chalkolithikum bis zur Fruhziet der Osmanischen Herrschaft*, vol. III, Wiesbaden, 1994. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004. \nPierotti, E., *Jerusalem Explored*, Londres, 1864.","patrons":"Inconnu. La rénovation et l’adjonction du *mihrab* ont sans doute été ordonnées par le sultan Salah al-Din Ayyoubi (Saladin, r. 564-589 H / 1169-1193).","dynasty":"Dynastie ayyoubide, sous les Croisés.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":[],"keywords":["Ascension ; architecture commémorative ; dômes ; églises ; mosquées"],"author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"}}
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{"060dee0a-fee6-55fb-aada-947a4da800d1":{"name":"Chapiteau.","description":"Chapiteau en pierre calcaire à décor en puissant relief sculpté de volutes et de feuillages, reposant sur des colonnes jumelles. Des pommes de pin, ressemblant à des grappes de raisin, sont dispersées au milieu de feuilles d'acanthe stylisées réparties symétriquement et ponctuées de trous forés. Ce motif rappelle certains chapiteaux abbassides inspirés de l'Antiquité gréco-romaine tardive. Néanmoins, au lieu d'une pomme de pin unique et de feuillages naturalistes, ce chapiteau présente une prolifération de pommes de pins et de feuilles de traitement plus abstrait. Ainsi est-il probablement plus tardif ; peut-être a-t-il été sculpté lors des travaux de rénovation entrepris à Jérusalem par Saladin après sa victoire sur les Croisés, à la fin du VIe siècle H (XIIe siècle J.-C.).","short_description":"Des sculptures en haut relief de feuilles alternant avec des pommes de pin décorent ce chapiteau en calcaire. Le motif date de la période abbasside mais s'inspire, plus en amont, de modèles de l'Antiquité tardive. Ce chapiteau fut trouvé dans le Haram al-Charif à Jérusalem.","holder":"The British Museum.","dates":"VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Londres","dimensions":"H. 32 cm, l. 40 cm.","method_for_datation":"Saladin reprit Jérusalem aux Croisés en 1187. Ce chapiteau a pu être réalisé lors des rénovations de la cité qu'il entreprit après sa victoire.","method_for_provenance":"Le chapiteau a été trouvé au Haram al-Charif à Jérusalem.","obtention":"Donné au musée par le Palestine Exploration Fund en 1903.","bibliography":"Wilkinson, J., *Column Capitals in al-Haram al-Sharif*, Jérusalem, 1987.","dynasty":"Ayyoubide","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":["Pierre calcaire."],"keywords":[],"author":"Emily Shovelton","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"09735692-5b84-55c8-9f6f-7ae132533658":{"name":"Chandelier d’al-Nasir Muhammad ibn Qalawun.","description":"Chandelier composé d'une base, d'un corps et d'une tige cylindrique de diamètres décroissants. Séparés l'un de l'autre par des filets, trois bandeaux décoratifs tressés superposés encerclent la base. Le corps entièrement décoré présente une importante inscription en style *naskhi* mamelouk qui occupe pratiquement toute sa surface. Se détachant d'un dense fond de décor végétal, elle se lit : “Possession du sublime, du souverain, de l'omniscient, du juste, du victorieux.” Le corps comporte également deux médaillons, chacun composé de trois cercles concentriques, dont le plus petit est traité en forme d'éventail. Celui du milieu est meublé d'un décor végétal qui pourrait représenter des fleurs de lotus entre des lignes torsadées. Le cercle extérieur contient également un décor à motifs de fleurs et de feuillages entrelacés. Deux bandeaux décoratifs occupent le plateau. Une inscription circulaire en style *naskhi* mamelouk rappelle : “Possession du Sublime, le Seigneur, le Souverain, le Guerrier ; le Moudjahid, le Savant, celui qui aide, le Victorieux.” Deux médaillons interrompent l'inscription, chacun contenant un oiseau (pigeon ou pintade) affronté à l'autre. Le fond est recouvert d'un décor de feuilles et de fleurs. à l'évidence, la tige n'est pas d'origine, et celle qui la remplace témoigne d'un déclin de l'artisanat au cours de la période mamelouke. \nLes voyageurs qui visitaient la mosquée al-Aqsa et le Dôme du Rocher à Jérusalem ainsi que la mosquée Ibrahimi (al-Haram al-Ibrahimi) à Hébron (al-Khalil) mentionnaient dans leurs récits la présence d'un grand nombre de lampes et de chandeliers dont seuls quelques-uns nous sont parvenus. Certains sont exposés au musée.","short_description":"Chandelier cylindrique à deux inscriptions épigraphiques. Aucun espace n’est laissé vide, car il est entièrement travaillé de fines décorations végétales. Sa décoration, sa calligraphie et ses titres semblent l’associer à al-Nasir Muhammad ibn Qalawun. Ce chandelier est typique des exemplaires mamelouks fabriqués au Caire et à Damas. Il se trouvait jadis au Haram al-Ibrahimi à Hébron.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","initial_owner":"Sultan mamelouk al-Nasir Muhammad ibn Qalawun, qui régna à trois reprises : 639-694 H / 1294-1295 J.-C., 698-708 H / 1299-1309 J.-C. et 709-741 H / 1309-1340 J.-C.","dates":"693-741 de l’Hégire / 1294-1340 J.-C.","location":"Jérusalem","dimensions":"H. 43,4 cm, Ø 29 cm, H (tige) 18,5 cm.","method_for_datation":"Les inscriptions présentes sur l'objet mentionnent les titres du sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun. La date est confirmée par l'étude du style et du décor et l'analyse de l'écriture, ainsi que par des comparaisons avec d'autres objets de la période.","method_for_provenance":"Le Caire est un lieu de production plausible si l'on en juge par la technique de fabrication et de décor. Le Musée islamique du Caire détient un certain nombre de chandeliers similaires. Il est probable que le sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun ait fait don de ce chandelier et d'un autre modèle au Haram al-Ibrahimi d'Hébron (al-Khalil).","provenance":"Probablement Le Caire, Égypte.","obtention":"Objet transféré peu après 1967 du Haram al-Ibrahimi à Hébron (al-Khalil) au musée.","bibliography":"Abu Khalaf, M., *Islamic Art Through the Ages: Masterpieces of the Islamic Museum of al-Haram al-Sharif*, Jérusalem, 1998. \nAbu Khalaf, M., “Three Candlesticks from the Islamic Museum of al-Haram al-Sharif”, *Levant*, n° 20, 1988.","dynasty":"Période mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001.","materials":["Cuivre à gravure incrustée d’argent."],"keywords":["Écriture naskhi ; naskhi ; décoration épigraphique ; décoration végétale ; chandeliers ; mamelouk ; gravure ; cuivre"],"author":"Nazmi Al-Ju'beh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"0d0046d9-7674-55cd-8c61-86fb8bdda733":{"name":"Lettre en latin.","description":"Lettre de petit format rédigée en latin sur papier arabe (plus acide que les papiers européens). Bien que jaunie, son état est excellent. Elle comporte un texte en six lignes envoyé de Sour par les chevaliers du Temple (*Fursan al-Haikal*) de cette ville à ceux de Jérusalem. Le sujet porte sur un certain pèlerin, Robier du Sur du Fal. La décision a été prise à al-Fula en Palestine de lui prendre ses effets à Sour et de l'emprisonner en Acre jusqu'à ce qu'il puisse être renvoyé sur le premier bateau partant pour l'Europe. La lettre n'explique pas le motif de cette décision ni la nature du crime commis par cet homme, mais le sujet devait être suffisamment important pour être soumis à l'attention de 100 chevaliers réunis. \nLe texte dit : “Au frère Udun de Wandun, représentant de la Fraternité de Jérusalem, frère Jarar de Ridfor, commandant des soldats de la fraternité du Temple au frère Udun de Wandun, représentant de la fraternité à Jérusalem : Salut ! Vous devez savoir que Du Sur du Fal a accosté à Sour. Et notre agent l'a reçu dans cette région. Après, nous nous sommes réunis à al-Fula et une centaine de chevaliers et même plus se sont assemblés. Nous leur avons demandé leur opinion sur les dispositions à prendre. Ils sont tombés d'accord et ont été unanimes pour envoyer cinq de leurs frères chevaliers dans la ville de Sour pour le dépouiller de ses vêtements et l'emmener en Acre. Là, ils devront rester avec lui dans une pièce désignée jusqu'à l'arrivée du premier bateau de la saison.” \nCe document révèle des traditions et coutumes des ordres croisés comme les chevaliers du Temple dans l'état de Jérusalem. Apparaissent également les liens solides qui lient les différentes branches de ces fraternités en Palestine et au Liban.","short_description":"Lettre de petit format rédigée en latin comportant un texte de six lignes. Le sujet porte sur l’un des membres des chevaliers du Temple, son emprisonnement et la confiscation de ses effets jusqu’à ce qu’il puisse être renvoyé sur le premier bateau pour l’Europe. Cette lettre révèle les traditions et coutumes de ces chevaliers.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","dates":"575-579 de l’Hégire / 1180-1188 J.-C.","location":"Jérusalem","dimensions":"L. 4 cm, l. 17 cm.","method_for_datation":"La lettre est datée.","method_for_provenance":"D'après le texte, Sour est probablement la ville où cette lettre a été rédigée.","provenance":"Sour, Liban.","obtention":"La lettre a été découverte parmi des papiers et des documents dans une pièce proche du Dôme du Rocher à Jérusalem.","dynasty":"Croisés","materials":["Encre sur papier."],"keywords":["Ordre des chevaliers du Temple ; lettres ; croisés ; Francs"],"author":"Khader Salameh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"1557e889-e4c0-511e-92f2-cf332ab357cf":{"name":"Brûleur d’encens.","description":"Brûleur d'encens de forme circulaire fermé d'un couvercle en dôme à charnière, posé sur trois pieds incurvés en fer à cheval stylisé. Le couvercle est percé pour permettre à la fumée de s'échapper. Des personnages chrétiens auréolés, certains portant des objets liturgiques chrétiens comme une croix et un encensoir, occupent des sortes de niches sous arcs brisés répartis sur le corps et le couvercle. Tous sauf un regardent vers la droite. Hommes ou femmes, ils portent des robes à longues manches qui touchent presque leurs chevilles et un châle drapé sur l'épaule droite. Tous sont nue-tête, excepté celui qui porte une croix, coiffé d'un turban. Le médaillon sans personnage entre deux arc vides était probablement réservé à la fixation d'une poignée. Une bénédiction du propriétaire anonyme est inscrite en coufique autour du sommet du couvercle. \nCette cassolette fait partie d'un groupe d'objets en métal à figures chrétiennes fabriqués au cours de la période ayyoubide et destinés à des clients musulmans ou chrétiens. Sa qualité raffinée montre à l'évidence qu'il ne s'agissait pas d'un objet produit en série,mais qu'elle a sans doute été spécialement créée pour un riche client. La forme des pieds vient d'une tradition byzantine qui demeura populaire aussi bien en Égypte qu'en Syrie aux VIIe et XIIIe XIIIe et XIVe siècles J.-C.","short_description":"Ce brûleur d'encens fait partie d'un groupe d'objets en métal incrusté à figures chrétiennes fabriqués dans des ateliers syriens ou mésopotamiens. Il pourrait avoir été commandité pour un mécène musulman aussi bien que chrétien.","holder":"The British Museum.","dates":"596-647 de l’Hégire / 1200-1250 J.-C.","location":"Londres","dimensions":"H. 20 cm, l. 12,5 cm, P. 12,5 cm.","method_for_datation":"La technique comme la décoration évoquent plusieurs objets en métal produits à Mossoul et en Syrie au VIIe siècle H (XIIIe J.-C.), y compris des objets comme l'aiguière Blacas faite à Mossoul en 1232 (aujourd'hui au British Museum), ou un chandelier fabriqué en Syrie en 1248-1249 (aujourd'hui au Musée des arts décoratifs de Paris).","method_for_provenance":"La technique et le décor sont comparables à ceux d'autres objets en métal produits à Mossoul et dans des villes syriennes au VIIe siècle H (XIIIe J.-C.). La similarité de technique et de style du travail du métal du nord de la Mésopotamie et de la Syrie est due à la migration de Mossoul vers la Syrie, sous les sultans abbassides, d'artisans à la recherche de travail. Par exemple, une aiguière exposée au Louvre à Paris (datée 657 H / 1258 J.-C.) a été fabriquée par Hussein ibn Muhammad de Mossoul pour le sultan ayyoubide Saladin Youssouf qui régnait de Damas.","provenance":"Syrie ou nord de la Mésopotamie.","obtention":"Legs de John Henderson en 1878.","bibliography":"Baer, E., *Ayyubid Metalwork with Christian Images*, Leyde, 1989, fig.1, p. 15-20. \n*L'Orient de Saladin au temps des Ayyoubides* (catalogue de l'exposition présentée à l'Institut du monde arabe, Paris, 22 octobre 2001-10 mars 2002), Paris, 2001, cat. n° 96, p. 113.","dynasty":"Ayyoubide","materials":["Cuivre jaune moulé gravé et incrusté d’or et d’argent."],"keywords":["Décoration figurative ; thèmes chrétiens ; byzantine; coufique; croix"],"author":"Emily Shovelton","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"16512ef6-b198-5c9c-9905-fe8825a14887":{"name":"Qal’at Salah al-Din (Saladin).","alternate_name":"Château de Saladin.","description":"Le château de Saladin, l'un des plus remarquables du Bilad al-Cham, présente les principales caractéristiques des styles architecturaux byzantins, francs, ayyoubides et mamelouks, appliquées aussi bien aux bâtiments de type militaire que civil, religieux ou palatial. Il se dresse sur les contreforts nord-est du Djebel Ansariyya (également appelée Djebel Bahra), dominant une petite route qui franchit la montagne entre la ville de Latakia et la plaine du Ghab au nord. Pour l'essentiel de son histoire, il fut une résidence seigneuriale pour les Croisés, les Ayyoubides et les Mamelouks. \nAu XIe siècle, le site fut occupé par les Byzantins qui lancèrent une ambitieuse campagne de fortifications pour accompagner leur expansion. Ils furent brièvement ralentis sous les Seldjoukides, après quoi le château fut conquis et occupé par les Croisés de 508 H / 1114 J.-C. à 513 H / 1119 J.-C. Accordé en fief à l'un des Chevaliers hospitaliers, Robert, fils de Foulques d'Anjou et à ses successeurs, il fut significativement transformé, sans doute avec l'aide des ordres militaires. La place forte fut finalement reprise par l'Ayyoubide Salah al-Din al-Ayyoubi (Saladin) en 584 H / 1188 après un siège de trois jours et confié en *iqta'* (donation en propriété) à un prince ayyoubide, Nasir al-Din Mengüverish. Menacé par les Mongols au milieu du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.), il fut repris pacifiquement par le sultan mamelouk al-Dahir Baybars en 671 H / 1272 J.-C.) et confié à un gouverneur. À l'arrivée sur le trône du sultan al-Mansour Sayf al-Din Qalawun en 679 H / 1280 J.-C., l'anti-sultan Sunqur al-Achqar en fit son quartier général dont s'empara Qalawun en 686 H / 1287 J.-C. Le château de Saladin fut alors transformé en centre administratif de la province dans le cadre de l'empire mamelouk. \nL'ensemble de forme triangulaire prend appui sur un promontoire rocheux isolé de la montagne par une douve artificielle de 30 m environ de profondeur. Mesurant d'est en ouest pratiquement 700 m de longueur sur 120 m de largeur maximale le long de la douve orientale, le promontoire se divise en deux zones qui ont dicté le plan des défenses. La cour haute à l'est, cœur du château byzantin, a été transformée en résidence seigneuriale par les Croisés qui y construisirent un énorme donjon carré, deux grandes citernes, de nombreuses tours semi-circulaires, et creusèrent en partie la douve orientale. Plus tard, profitant des fortifications préexistantes des Byzantins et des Croisés, les Ayyoubides améliorèrent les défenses et construisirent un vaste complexe palatial combinant des salles de réception et des bains sur deux niveaux, d'après le modèle du palais ayyoubide de la citadelle d'Alep. Deux hammams et une mosquée furent également édifiés à proximité de ce complexe pendant la période mamelouke ainsi qu'une tour d'entrée contre le mur occidental de la cour haute. La cour basse, à l'ouest, fut également fortifiée par les Croisés et les troupes islamiques qui édifièrent deux tours d'entrée et un mur de clôture.","short_description":"Après la bataille de Hattin qui lui livra Jérusalem, Saladin poursuivit sa campagne militaire pendant l'été 584 H / 1188 J.-C. et reprit une douzaine de places fortes croisées le long des côtes de la Méditerranée et dans le Djebel Ansariyya. Ce château, anciennement appelé château de Saône, situé au nord de Latakia, tomba après un court siège de trois jours. Sa construction est raffinée, et sa forme triangulaire étrange s'explique par le terrain rocheux sur lequel il s'élève.","dates":"IVe-VIIe siècle de l'Hégire (Xe-XIIIe siècle J.-C.)","location":"Région de Latakia","method_for_datation":"De nombreuses études historiques et architecturales ont permis de retracer l'histoire monumentale du site. Les fouilles franco-syriennes de 2001 et 2002 ont confirmé sa construction au cours de la première moitié du XIIIe siècle. Des inscriptions mameloukes figurent sur le linteau de la porte de la mosquée, le mur et le rempart de la façade nord et les voûtes du hammam au nord du palais ayyoubide.","bibliography":"Beddek, K., “Le complexe ayyoubide de la citadelle de Salah al-Din : bain ou palais?”, *Archéologie islamique*, 11, 2001, pp. 75-90. \nDeschamps, P., “Le château de Saône et ses premiers seigneurs”, *Syria*, XVI, 1935, pp. 71-88. \nDeschamps, P., *Les châteaux des Croisés en Terre Sainte*. Tome III – *La défense du comté de Tripoli et de la principauté d'Antioche*, 2 vol., Bibliothèque archéologique et historique, IFAPO, 105, Paris, 1973, pp. 217-247. \nKennedy, H., *Crusader Castles*, Cambridge, 1994, pp. 84-97. \nMesqui, J., *Sahyun / Saône / Qal'at Salah al-Din, Rapport préliminaire de la mission*, 2002 \\[www.castellorient.com\\]. \nMichaudel, B., *Saone / Sahyun / Qal'at Salah al-Din. Étude historique de la forteresse de Saône*, 2005 \\[www. castellorient.com\\]. \nMüller-Wiener, W., *Castles of the Crusaders*, Londres, 1966, pp. 44-45. \nRey, E-G., *Étude sur les monuments de l'architecture militaire des Croisés en Syrie et dans l'île de Chypre*, Paris, 1871, pp. 105-113. \nSaadé, G., “Histoire du château de Saladin”, *Studii Medievali*, vol. IX, 2e partie, 1968, pp. 980-1016. \nBerchem van, M. et Fatio, E., “Voyage en Syrie”, vol. I, *Mémoires de l'Institut français d'archéologie orientale du Caire,* Le Caire, 1914-1915, pp. 267-283.","patrons":"Seigneurs de Saône (508-584 H / 1114-1188 J.-C.) ; émirs ayyoubides Mengüverich (584-671 H / 1188-1272), émir rebelle Sunqur al-Ashqar (678-686 H / 1279-87 J.-C.): sultans mamelouks: Qalawun (678-689 H / 1279-1290 J.-C.), al-Achraf Khalil (689-693 H / 1290-1293 J.-C.) et al-Nasir Muhammad ibn Qalawun (qui régna à trois reprises: 693-694 H / 1293-1294 J.-C. ; 698-708 H / 1299-1309 J.-C. ; 709-741 H / 1310-1341 J.-C.).","dynasty":"Périodes hamdanide ; byzantine ; seldjoukide ; Croisés ; ayyoubide ; mamelouke.","materials":[],"keywords":["Architecture militaire ; architecture palatiale ; Salah al-Din ; Baybars ; Qalawun"],"author":"Benjamin Michaudel","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"18c15448-b023-55e4-944b-b20b8f98eb2e":{"name":"Citadelle de Damas.","description":"La citadelle était une ville dans la ville. Elle fut fondée par les Seldjoukides en 469 H / 1076 J.-C. sur le site d'un ancien *castrum* ou camp militaire romain. Des vestiges des forteresses des Romains et des Seldjoukides subsistent encore aujourd'hui, de même que certaines fortifications de Nour al-Din Mahmoud bin Zangi (m. 569 H / 1174 J.-C.). Elle a été entièrement reconstruite par al-Malik al-'Adil Sayf al-Din Abou Bakr au cours des années 599-610 H / 1201-1214 J.-C. En dépit de nombreuses modifications et d'une utilisation permanente au cours des périodes mamelouke, ottomane et moderne, la masse de la citadelle d'al-'Adil est restée intacte. \nDe forme quasi rectangulaire, le complexe mesure 220 x 150 m. L'angle nord du rempart s'incurve pour s'adapter au cours du fleuve Barada. L'immensité de la construction ne se discerne pas de l'extérieur car elle est imbriquée dans le quartier du souk al-Hamidiyya. Les murs nord et ouest donnaient jadis sur la campagne, les murs sud et est sur la ville. Les différentes phases des travaux s'identifient à la qualité de la maçonnerie. La partie la plus aisément datable correspond aux renforts des fortifications entrepris par al-Malik al-'Adil. Il fit entièrement redresser les vieux murs seldjoukides au moyen de lourds blocs de pierre romains, probablement prélevés sur l'ancien temple de Jupiter voisin. Les nouvelles tours ayyoubides (*burg*) ont été élevées hors du périmètre des Seldjoukides, une galerie étant aménagée entre les anciennes et les nouvelles pour la communication. Cette extension ayyoubide par-dessus les fortifications seldjoukides s'observe dans de nombreuses citadelles syriennes dont celles de Bosra et d'Alep. \nLe complexe damascène est réputé pour ses nombreuses tours dont 12 subsistent sur les 16 ou 17 d'origine. Elle possède quatre portes, une sur chaque côté, chacune précédée d'une petite poterne. Le point le plus stratégique était la porte nord. Ses trois *burg*, son portail à barres d'acier, son passage d'entrée contourné et son pont-levis au-dessus d'une douve soulignent son caractère défensif. La porte orientale est néanmoins la plus intéressante sur le plan artistique car elle était l'entrée officielle. Elle présente les premiers porches à *mouqarnas* édifiés à Damas, abondamment inscrits et superbement peints. Les restaurateurs ont pu réhabiliter tout un répertoire de motifs décoratifs sur les *mouqarnas*, dont des traces de peintures des époques ayyoubide, mamelouke et ottomane. \nLe porche à *mouqarnas* de pierre conduit à un hall à neuf voûtes souvent interprété comme une salle du trône. Il s'agit d'un volume carré à coupole centrale soutenu par de lourds piliers à chapiteaux romains. Les importantes fouilles en cours n'ont pas encore pu établir s'il s'agissait d'une résidence palatiale ayyoubide. \nComme d'autres citadelles de la période, celle de Damas fut une résidence princière et l'objet de durs combats avec les Croisés, dont le siège de Damas en 542 H/1148 J.-C. En général, ce style architectural et ces techniques de maçonnerie très élaborées reflètent une forte influence alépine.","short_description":"La citadelle s'élève à l'angle nord-ouest de la vieille ville. De vastes dimensions (220 x 150 m), ses fortifications ont été renforcées par le souverain ayyoubide Al-Malik al-Adil en 599-610 H / 1202-1214 J.-C. La défense essentielle est la porte septentrionale, appelée “porte d'Acier”, protégée par un pont-levis, trois tours et un passage d'entrée contourné. La porte la plus ornementale est celle de l'est. Elle présente des inscriptions et même des peintures sur un bel appareil de pierre. Des fouilles récentes ont mis au jour des forges d'armurerie dans le quartier sud-ouest de la citadelle.","dates":"599-610 de l'Hégire / 1202-1214 J.-C.","location":"Damas","method_for_datation":"Présence d'une inscription sur la tour nord, datée de 610 / 1214.","bibliography":"Allen, T., “Ayyubid Architecture”, Occidental (publication électronique, 7e édition), 2003. \nGardiol, J.-Bl., \"Le Palais ayyoubide de la citadelle de Damas : Premières données archéologiques et nouvelles observations\", *Bulletin d'études orientales*, Supplément *Citadelle de Damas*, vol. 53-54, Damas, 2002, pp. 47-58. \nHanisch, H., *Die ayyubidischen Toranlagen der Zitadelle von Damascus*, Wiesbaden, 1996. \nSauvaget, J., \"La citadelle de Damas\", *Syria*, 1930, pp. 59-90, pp. 215-241.","patrons":"Al-Malik al-‘Adil Sayf al-Din Abou Bakr, souverain de Damas et du Caire en 592-615 H / 1196-1218 J.-C.","architects":"Les chercheurs ont établi la participation d'architectes alépins. On a également trouvé sur un décor en stuc la signature d'un artisan inconnu, Abou al-Wajd.","dynasty":"Période ayyoubide.","materials":[],"keywords":["Citadelle ; architecture militaire ; portes ; tours ; mouqarnas"],"author":"Abd al-Razzaq Moaz, Zena Takieddine","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"19003bf4-70f4-5b4f-9cbc-901f2ae697ef":{"name":"Haram al-Ibrahimi.","alternate_name":"Sanctuaire d'Abraham.","description":"Ce *haram* lié à Abraham est considéré comme le quatrième plus important site de l'Islam, après La Mecque, Médine et Jérusalem, et le deuxième lieu saint de Palestine après la mosquée al-Aqsa. Il consiste en un vaste bâtiment de plan rectangulaire d'environ 60 x 34 m entouré d'une haute muraille faite de grands blocs de pierre taillée. Il possède deux minarets datant de la période mamelouke, chacun dépassant de 15 m environ le sommet du bâtiment. \nL'intérieur comprend une mosquée et une cour ouverte, des arcades, des salles, des corridors, des coupoles et une grotte (appelée “al-Ghar”) ainsi qu'un certain nombre de tombes qui abritent les restes des prophètes Abraham, Isaac, Jacob et de leurs épouses. \nLa principale salle de prière, rectangulaire, mesure 28 x 21 m. Elle comprend une nef centrale, la plus large et la plus haute, flanquée de deux nefs latérales. Elle était à l'origine une église de style roman construite par les Croisés à la place de la mosquée qui se trouvait jadis sur le même site et qu'ils avaient détruite en 492 H / 1099 J.-C. Lorsque Saladin reprit la ville d'Hébron en 583 H / 1187 J.-C., l'édifice fut transformé en mosquée et reçut son *mihrab* actuel. \nLe *minbar* en bois qui se trouve aujourd'hui à la droite du *mihrab* date de la période fatimide et fut commandité par Badr al-Din Jamali en 484 H / 1092 J.-C. Il fut transféré à Hébron d'Ashqelon (à 50 km environ au sud de Jaffa) par Saladin et serait le plus ancien *minbar* en bois encore utilisé. En bon état, il est considéré comme un chef-d'œuvre de dessin et de fabrication. \nLes murs de la salle de prière sont recouverts de lambris de marbre polychrome qui datent des travaux commandités par l'émir Tankaz en 733 H / 1332 J.-C. Un podium (*dikkat al-muballigh*) reposant sur des piliers à chapiteaux en marbre, d'où les prières sont récitées, a été implanté le long du mur nord à côté de l'ouverture de la grotte souterraine “al-Ghar”. Il date de 732 H / 1331 J.-C. \nAu nord de la mosquée s'étend une cour ouverte entourée de portiques et de diverses pièces. Dans l'ange nord-ouest de la cour s'ouvre la salle de prière Malikiyya, composée d'un *iwan* de plan rectangulaire. Contre le mur sud de la cour s'élève un superbe *mihrab* commandité par le sultan Barquq. Un portique part du mur ouest de la mosquée appelée aujourd'hui *jami' al-Nisa* (mosquée des femmes) ; cette adjonction a été commanditée par l'émir Chihab al-Din al-Yaghmuri en 796 H / 1393-1394 J.-C.). \nLe *masjid* al-Jawali fait partie intégrante du *haram*, bien qu'il ne soit pas possible de le voir de l'extérieur. Le mur ouest du *masjid* est en fait le mur oriental du mur de clôture du *haram*, tandis que ses murs est, nord et sud sont taillés dans le roc. Cette mosquée a été édifiée en 720 H / 1320 J.-C. sur ordre de l'émir 'Alam al-Din Sanjar al-Jawali. Elle possède trois arcades à voûtes entrecroisées reposant sur d'importants piliers de pierre. Au centre s'élève une coupole de pierre élancée ornée à sa base de *mouqarnas*. Dans le mur de *qibla* se dresse un *mihrab* taillé dans le rocher et plaqué de panneaux de marbre polychrome. Il est recouvert d'une superbe structure à demi-coupole également décorée de marbres de couleur.","short_description":"Vieux de plus de 2000 ans, le Haram al-Ibrahimi peut être considéré comme l’un des plus vieux monuments sacrés du monde. Il fut construit sur le lieu présumé contenir la dépouille du prophète Ibrahim (Abraham), de ses fils Isaac et Jacob et de leurs épouses. La grande construction rectangulaire date de la première période romaine ; elle est entourée d’une muraille constituée de blocs de pierre taillée. L’intérieur relève de plusieurs périodes islamiques. La principale salle de prière fut construite par les Croisés dans le style roman. Le bâtiment est couronné par deux minarets mamelouks. Il contient les chambres mortuaires décorées des tombeaux. La mosquée abrite le plus vieux *minbar* islamique de bois encore en usage qui date de la période fatimide.","dates":"Ier siècle av. J.-C. ; 492 de l'Hégire / 1099 J.-C.","location":"Hébron (al-Khalil)","method_for_datation":"Présence d'inscriptions confirmées par des documents historiques.","bibliography":"'Amru, Y., *Khalil al-Rahman al-Arabiya* \\[Al-Khalil, la ville arabe\\], Hébron, 1985. \nAl-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973. \nVincent, L. H. et Mackay E. J. H., *Hébron. Le Haram El-Khalîl, Sépulture des Patriarches,* Paris, 1923. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004.","history":"Présence d'inscriptions confirmées par des documents historiques.","patrons":"Un certain nombre de souverains, princes et sultans ont participé à la construction, aux rénovations et aux restaurations du Haram al-Ibrahimi. Parmi eux : Hérode (r. 37-34 av. J.-C.), qui a sans doute édifié le mur de clôture ; Badr al-Din Jamali, émir des armées fatimides ; les rois croisés de Jérusalem ; Salah al-Din (Saladin, r. 564-589 H / 1169-1193 J.-C.), qui rendit au site son identité islamique et le rénova entièrement ; l'émir Tankaz al-Nasiri, représentant du sultan en Bilad al-Cham (Grande Syrie) en 712-740 H / 1312-1340 J.-C.) ; le sultan al-Dahir Barquq (qui régna deux fois : 784-791 H / 1382-1389 J.-C., puis 792-801 H / 1390-1399 J.-C.) ; l'émir ‘Alam al-Din Sanjar al-Jawali, commanditaire de deux *haram* (al-Haram al-Charif à Jérusalem et celui-ci).","dynasty":"Des Romains aux Ottomans.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":[],"keywords":["Abraham ; haram ; architecture religieuse ; tombeaux des prophètes"],"author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"23643565-2f67-5fbb-a44a-abd9cfd3771f":{"name":"Château de Karak.","description":"Karak se dresse à l'est de la mer Morte, au sommet d'une éminence dans le pays biblique de Moab, à quelque 120 km au sud d'Amman. Ce château franc présente un plan à peu près trapézoïdal qui suivait le contour du bord d'une falaise à l'est et à l'ouest (respectivement sur 240 et 220 m de long) et était protégé au nord et au sud (respectivement sur 130 et 85 m) par de profondes douves sèches. Sous le rempart sud-est, un important glacis pavé fortement incliné assurait la sécurité dans cette direction. L'accès se faisait à l'origine par un pont jeté au-dessus d'une douve sèche. Il conduisait à une entrée coudée au flanc ouest de l'avancée est du mur nord. \nLe château fut construit sur ordre de Payen le Bouteiller en 534 H / 1139 J.-C. et achevé en 537 H / 1142 J.-C. Il était appelé Krak de Moab ou plus simplement le Krak par les Francs. Le plan se composait de deux enceintes. L'enceinte supérieure comprenait la plus grande partie des installations dont l'église, des pressoir à olives et à raisin, des fours à pain et un palais mamelouk. L'enceinte inférieure qui occupe le côté ouest de la crête contenait deux grandes salles au nord et deux salles souterraines reliées par une chambre centrale orientée nord-sud. Aujourd'hui, ces salles parallèles abritent le musée archéologique. \nDeux types de pierre ont été utilisés, qui correspondent à deux phases archéologiques distinctes : un silex rouge foncé et un calcaire fin jaunâtre. Le premier correspond au chantier franc, le second à la période ayyoubide-mamelouke vers le VIIe-VIIe siècle H (XIIIe-XIVe siècle J.-C.). \nLes châteaux de Karak et de Shawbak furent pris par les troupes du fameux chef ayyoubide Salah al-Din (Saladin) peu après la victoire décisive de Hattin (583 H / 1187 J.-C.) et modifiés à plusieurs reprises au cours des siècles suivants, à la fois par les Ayyoubides (570-648 H / 1174-1250 J.-C.) et les Mamelouks (548-923 / 1250-1517 J.-C.).","short_description":"Le château franc de Karak fut construit sur ordre de Payen le Bouteiller en 534 H /1139 J.-C. et terminé en 537/1142. Il fut édifié sur une falaise dont il épouse les contours. Protégé par de profondes douves sèches, un important glacis pavé fortement incliné assurait sa sécurité dans la direction sud-est. Deux types de pierre ont été utilisés dans la construction : un silex rouge foncé correspondant à l'étape des Croisés, et un fin calcaire jaunâtre appartenant à la période ayyoubide-mamelouke. Le château fut pris par les forces de Salah al-Din (Saladin) peu après 583/1187 et fut modifié à plusieurs reprises au cours des siècles suivants.","dates":"VIe-VIIIe siècle de l’Hégire (XIIe-XIVe siècle J.-C.).","location":"Karak.","method_for_datation":"Fouilles archéologiques, inscriptions arabes et sources historiques. Karak a été assez peu étudié. Son histoire complexe a été retracée à partir de sources croisées et arabes, dont Guillaume de Tyr, Fulcher de Chartres, Ibn al-Athir, Ibn Chaddad, Ibn Wasil, Abou-Chama et al-Maqrizi parmi d'autres. Plus récemment, il a été étudié par P. Deschamps (1939), R. C. Samil (1956, pp. 218-222), W. M. Muller-Weiner (1966, pp. 47-48). S. Momani a rédigé une histoire de Kerak et de son château (voir bibliographie).","bibliography":"المومني،سعد محمد، “ القلاع الإسلامية في الأردن : الفترة الأيوبية و المملوكية”، عمان، 1988، ص. 156–242. \nBrown, R. M., “Excavations in the 14th Century Mamluk Palace at Kerak”, *Annual of the Department of Antiquities of Jordan*, XXXIII, 1989, pp. 287-304. \nDeschamp, P. (éd.), “Kerak et les châteaux de la Terre outre le Jourdain”, in *Les Châteaux des Croisés en Terre Sainte : Le Crac des Chevaliers*, vol. 2, Paris, 1939, pp. 35–98. \nKennedy, H., *Crusader Castles*, Cambridge, 1994, pp. 45-52.","patrons":"Payen le Bouteiller, travaux commencé en 534 H / 1139 J.-C. et achevés en 537 H / 1142 J.-C.","dynasty":"Périodes des Croisés ; des Ayyoubides ; des Mamelouks.","materials":[],"keywords":["châteaux ; krak de Moab ; croisés ; douve sèche ; enceinte ; glacis"],"author":"Ghazi Bisheh","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"23e8db58-0148-5dc3-98b4-98cb5313ba16":{"name":"Rouleau de pèlerinage.","description":"Rouleau de pèlerinage manuscrit, peint et dessiné sur un coûteux papier couché appelé *abadi*. D'état fragmentaire, son titre ainsi que la partie contenant la *basmala* ont disparu. Le premier des deux fragments subsistants comprend une partie d'étendard au nom du calife abbasside contemporain al-Nasir (r. 575-622 H / 1180-1225 J.-C.). Sous cet emblème figure une représentation en couleurs du mont Arafat flanquée de chandeliers. En dessous sont reproduits la *Magam-i Ibrahim*, pierre associée au prophète Abraham, ainsi que des puits. Plus bas se trouve une image de al-Muzdalifa, lieu où les pèlerins passent la nuit au cours de leur séjour à La Mecque. Les espaces entre ces dessins sont remplis d'inscriptions précisant les obligations du pèlerinage. \nLa représentation de la Kaaba a malheureusement disparu. Le second fragment comporte des représentations de al-Safa et de al-Marwa, deux lieux de La Mecque visités par les pèlerins, de Médine où ils visitent le tombeau du prophète Mahomet, de Jérusalem où ils se rendent habituellement après La Mecque et Médine, et de la mosquée d'al-Aqsa à Jérusalem. Ce certificat a été rédigé en 602 H / 1206 J.-C pour une certaine Umm Abbas, épouse de Ghalib. La personne accomplissant le pèlerinage pour elle est Ahmad ibn Fadl al-Andalusi. \nAu Moyen âge, il était difficile pour beaucoup de gens, en particulier pour les femmes, d'accomplir le pèlerinage. Ainsi, ceux qui partaient ou ceux qui envoyaient un représentant à leur place désiraient un certificat prouvant qu'ils avaient visité les lieux saints et rempli toutes les obligations du voyage (peut-être pour le laisser en témoignage aux générations suivantes). Ces pèlerinages et ces certificats sont des documents inestimables pour la description du rituel et des sites sacrés et offrent une riche information sur la vie sociale de la période.","short_description":"Les certificats de pèlerinage documentent le *hadjdj* en Terre Sainte, qui culmine avec la circumambulation autour de la Kaaba. Les certificats ou certificats par procuration (pour ceux qui étaient dans l’incapacité d’accomplir eux-mêmes ce voyage périlleux) authentifient, avec des images, le nom du pèlerin et de son représentant, les lieux visités et le rite célébré.","holder":"Musée des arts turcs et islamiques.","dates":"602 de l’Hégire / 1206 J.-C.","location":"Sultanahmet","province":"Istanbul","dimensions":"(4737) H. 55 cm, l. 26, 5 cm; (4746) H. 51 cm, l. 26,5 cm.","method_for_datation":"L'inscription du document spécifie la date de 602 H/1206 J.-C. Le style d'écriture et le nom du calife confirment cette date.","obtention":"Ismet Bey, maire d'Istanbul et membre du conseil d'administration du Musée des fondations islamiques (ancien nom du Musée des arts turcs et islamiques) avait visité la mosquée des Omeyyades à Damas et son *qubbat al-Hazine* (trésor) d'où il fit transférer au musée d'Istanbul divers objets, dont des corans et ce document de pèlerinage en 1914.","bibliography":"Aksoy, Ş. et Milstein, R., “A Collection of Thirteenth Century Illustrated Hajj Certificates”, *M. Uğur Derman 65th Birthday Festschrift*, Istanbul, 2000, pp. 73-134. \nölçer, N. *et al, Museum of Turkish and Islamic Art*, Istanbul, 2002, pp. 80-81.","dynasty":"Ayyoubide","materials":["Papier manuscrit et peint à la main à l’encre et à l’aquarelle."],"keywords":["pèlerinage"],"author":"Şule Aksoy","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"34df1c16-bb7b-5506-b850-656c4bb0f8aa":{"name":"Complexe du sultan al-Mansour Qalawun (mausolée, *madrasa* et hôpital).","description":"Cet ensemble marque les débuts d'un type architectural nouveau, le “complexe”, qui remplissait plusieurs fonctions. Celui-ci se compose d'un mausolée, d'une *madrasa* et d'un hôpital (*maristan*). \nLa façade principale donnant sur la rue mesure 67 m de long et 20 m de haut. Construite en pierre, elle est rythmée par une importante arcature soutenue par des piliers de marbre, percée de baies à décor d'entrelacs géométriques. Un bandeau épigraphique qui court sur toute la longueur donne le nom du commanditaire, ses titres et la date de la construction. \nLe mausolée est un édifice de plan carré (35 m environ de côté) au milieu duquel s'élèvent quatre colonnes en granit à chapiteaux dorés et quatre piliers en brique habillés de marbre fin incrusté de nacre. Ensemble, ils définissent un espace octogonal au centre duquel se trouve la tombe d'al-Mansour Qalawun et de son fils, al-Nasir Muhammad, qui régna à trois reprises (693-694 H / 1294-4295 J.-C. ; 698-708 H / 1299-1309 J.-C. ; 709-741 H / 1309-1340 J.-C.). Piliers et colonnes soutiennent des arcs dont l'intrados est orné d'un décor en stuc. Au-dessus s'élève une grande coupole à tambour octogonal. Cette disposition rappelle à certains égards le Dôme du Rocher à Jérusalem (72 H / 692 J.-C.). Les murs sont revêtus de marbre incrusté de nacre, un des exemples les plus raffinés de ce type de travail du marbre dans l'architecture islamique d'égypte. Le mausolée possède un *mihrab* également décoré de marbre et de nacre, qui est l'un des plus grands d'égypte. \nLa *madrasa* consiste en une cour ouverte centrale entourée de quatre *iwan* : les deux plus grands sont l'*iwan* de *qibla* (sud-est) et celui qui lui fait face. Les deux plus petits se trouvent sur les côtés. Rien ne reste de la *madrasa*,à l'exception de l'*iwan* de *qibla,* dont la façade est unique en égypte. Elle donne sur la cour par trois arches dont l'élément central est le plus élevé. On y dispensait l'enseignement des quatre écoles sunnites de jurisprudence religieuse (*fiqh*), ainsi que de la médecine. La pratique de la médecine, elle, était enseignée au *maristan*. \nC'est ce dernier qui était à l'origine de la construction du complexe. Alors qu'il se trouvait dans le Cham (Bilad al-Cham, nom arabe traditionnel pour la région recouvrant Syrie, Jordanie, Liban, Israël et Palestine), Qalawun était tombé malade. Il fut traité avec des médecins venus du *maristan* de Nour al-Din à Damas qui le sauvèrent. Il visita ensuite cet hôpital, qui l'impressionna, et fit alors le vœu de construire un établissement similaire au Caire. Il décida de construire son *maristan* sur le site d'un bâtiment appartenant à l'origine à Sitt al-Moulk, fille du calife fatimide al-Aziz bi Allah, puis à Mou'anisa Khatoun, fille d'al-Malik al-'Adil al-Ayyoubi. Ce bâtiment comportait déjà quatre *iwan*. \nLe *maristan* formait des médecins dans toutes les spécialités, ainsi que des infirmiers ; il produisait des médicaments, des ustensiles et des éléments de mobilier nécessaires à la pratique de la médecine d'alors. Il ne reste aujourd'hui que quelques vestiges en ruine de l'*iwan* oriental, dont une fontaine de marbre et une fontaine murale (*chadirwan*) qui présentaient jadis un décor de marbre raffiné similaire à celui du palais d'al-Aziz à Palerme en Sicile, qui fut achevé entre 561 et 670 H / 1166-1175 J.-C. \nLe complexe comprend également un minaret restauré en 703 H / 1303 J.-C. par le sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun à la suite du tremblement de terre de 702 H / 1302 J.-C. qui avait provoqué son effondrement. Il porte une inscription donnant la date de sa restauration. Il compte trois niveaux. Le premier et le deuxième sont de section carrée, le troisième est circulaire, avec un décor d'arcs entrelacés. Certaines sources historiques contemporaines mentionnent une grande ressemblance entre ce type de décor et ceux de l'architecture andalouse, dont celui de la Giralda à Séville (578 H / 1184 J.-C.), qui était un minaret à l'origine, mais qui fut profondément modifié par la suite.","short_description":"Cet édifice est considéré comme le premier exemple de complexe architectural mamelouk incluant un certain nombre d'édifices différents. Le complexe comprend un mausolée, une *madrasa*, une mosquée et un *maristan* (hôpital). Il a été érigé sur le site d'une partie du palais oriental fatimide. La *madrasa* enseignait les quatre doctrines sunnites de *fiqh* (jurisprudence) et la médecine ; la pratique de la médecine était enseignée dans le *maristan*. Le *maristan* fut établi sur le modèle du *bimaristan* Nour al-Din à Damas, où Qalawun fut traité et guéri avant son accession au pouvoir.","dates":"684 de l’Hégire / 1285 J.-C.","location":"Le Caire","method_for_datation":"Un bandeau épigraphique sur toute la longueur de la façade fournit le nom du commanditaire et la date de la construction. Par ailleurs, un texte de fondation sculpté sur le linteau de l'entrée principale donne le nom du constructeur ainsi que la date de début des travaux (683 H / 1284 J.-C.) et de leur achèvement 684 H / 1285 J.-C.).","bibliography":"Al-Pasha, H., *Mawsou'at al-'Emara wa al-Athar wa al-Founoun al-Islamiya* \\[Encyclopédie d'architecture, d'archéologie et d'arts islamiques\\], Le Caire, 1999. \nCreswell, K. A. C., *The Origins of the Cruciform Plan of the Cairene Madrasas*, Le Caire, 1922. \nHerzfeld, E., “Studies in Architecture”, *Ars Islamica*, 1942. \nSalem, al-Sayyed Mahmoud Abd al-Aziz, *Al-Ma'adin al-Masriya* – *Nazrah a'mma 'an aslaha wa tatawouriha moundou al-Fath al-'Arabi hatta al-Fath al-Othmani* \\[Les minarets égyptiens : présentation générale de leurs origines et de leur développement de la conquête arabe à la conquête ottomane\\], Le Caire, 1991. \nShafi, F., *Al-'Emara al-Arabiya fi Masr al-Islamiya* \\[Architecture arabe en égypte islamique\\], Le Caire, 1853. \n*L'art mamelouk, splendeur et magie des sultans*, Aix-en-Provence, 2001.","patrons":"Sultan al-Mansour Qalawun (r. 678-689 H / 1280-1290 J.-C.).","architects":"C’est l’émir Alam al-Din al-Shuja’i, expert en architecture et en construction, qui supervisa le projet et le chantier. Il mobilisa tous les artisans disponibles et leur interdit de travailler sur tout autre chantier afin d’accélérer l’achèvement de celui-ci.","dynasty":"Période mamelouke.","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","materials":[],"keywords":["maristan (hôpital) ; dorures ; marbre ; marbre incrusté de nacre ; chadirwan (fontaine murale) ; mausolées ; médecine ; architecture funéraire ; architecture religieuses ; architecture civile ; madrasa"],"author":"Tarek Torky","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"3a8f4926-8bbd-5e0d-af9c-239cc5185d26":{"name":"Panneau épigraphié en marbre.","description":"Grand panneau épigraphié en marbre réalisé pour célébrer le creusement d'un fossé autour du mur de fortification de la vieille ville de Jérusalem au cours de la période ayyoubide. Creusé quatre ans après la bataille de Hattin, sous la supervision d'al-Asfahsalar Ali bin Ahmad al-Hikkari (mort en 588 H / 1192 J.-C.), ce fossé était censé protéger la ville des incursions des croisés. \nIl est probable que le panneau a été transféré au Haram al-Charif lorsque les murailles ont été restaurées sous le règne du sultan ottoman Sulayman al-Qanuni (Soliman le Magnifique, r. 926-974 H / 1520-1566 J.-C.). L'inscription, sculptée en haut relief, comprend six lignes de style *naskhi* ayyoubide. Le texte éclaire sur la période de Saladin, fondateur de la dynastie ayyoubide, et sur les techniques de défense utilisées pour protéger la ville, parmi lesquelles ce fossé creusé après la libération de Jérusalem. Le texte de l'inscription est le suivant : \n“Au nom de Dieu, le plus Bienfaisant, le plus Miséricordieux, \nQue soient bénis Muhammad, le Prophète, et sa descendance. \nL'ordre d'édifier ceci et de creuser le fossé a été donné par notre maître, le Victorieux Souverain, le Salut de ce monde et de la religion, Sultan de l'Islam et des Musulmans, \nServiteur des deux sanctuaires sacrés et de ce lieu saint, Abou al-Mudaffar Youssouf bin Ayyoub, \nRestaurateur de l'état, Commandeur des Fidèles, que Dieu allonge ses jours et soutienne son étoile au temps du grand émir al-Asfahsalar Saif al-Din Ali bin Ahmad, que Dieu lui donne la force en 587 \\[1191\\].”","short_description":"Lorsque Salah al-Din Ayyoubi (Saladin) eut repris Jérusalem aux Croisés, il rénova la citadelle et fit creuser un fossé pour protéger la ville de nouvelles attaques des Croisés. Cette inscription authentifie ces travaux et mentionne le sultan et le commandant de ses troupes. Ce panneau se trouve aujourd’hui sur la place du Dôme du Rocher.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","initial_owner":"Sultan Salah al-Din Ayyoubi (r. 564-589 H / 1169-1193 J.-C.).","dates":"587 de l’Hégire / 1191 J.-C.","location":"Jérusalem","dimensions":"L. 190 cm, l. 100 cm, ép. 6 cm.","method_for_datation":"La date figurant sur le panneau est plausible.","method_for_provenance":"Provenance mentionnée dans l'inscription.","provenance":"Jérusalem.","obtention":"Panneau trouvé dans le Dôme de Youssouf Agha sur le côté sud de la place du Dôme du Rocher, puis transféré au Musée islamique.","bibliography":"Abu Shama, Abd al-Rahman bin Ismail (m. 665/1267), *Ar-Rowdatain fi Akhbar al-Dawlatain* \\[Deux jardins dans l'histoire de deux états\\], Le Caire, 1870. \nAl-Isfahani, ' Imad al-Din Muhammad bin Muhammad (m. 597/1201), *Al-Fath al-Qasi fi al-Fath al-Qodsi* \\[La conquête de Jérusalem\\], Le Caire, 1903. \nAl-Zarkali, Khayr al-Din, *Al-A'lam* \\[Personnalités célèbres\\], vol. 4, Beyrouth, 1980. \nBerchem, M., van, *Corpus Inscriptionum Arabicarum*, vol. 3, 40,Le Caire, 1925.","dynasty":"Ayyoubide","materials":["Marbre blanc gravé d’une inscription."],"keywords":["Panneaux ; marbre ; inscriptions"],"author":"Khader Salameh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"3d83888a-750e-5a9e-9d4f-9db7b89ce318":{"name":"Krak des Chevaliers.","alternate_name":"Qalaat al-Hisn / Hisn al-Akrâd.","description":"Le château se dresse entre le port de Tartous et la ville de Homs, à une altitude de 650 m sur les contreforts méridionaux du Djebel Ansariyya, d'où il surveille le col de Homs, principale voie de passage entre l'arrière-pays du Bilad al-Cham, qu'avaient conservé les musulmans, et la région côtière détenue par les Croisés. \nLe site avait été occupé en 422 H / 1031 J.-C. par les Kilabites, qui y avaient implanté une colonie kurde, d'où son nom de Hisn al-Akrâd (“château des Kurdes”). Les principales fortifications furent néanmoins érigées après l'arrivée des Croisés en 504 H / 1110 J.-C., et plus particulièrement après qu'il eut été confié à l'ordre militaire des Chevaliers hospitaliers en 537 H / 1142 J.-C. Il fut tenu par les Croisés pendant plus de 120 ans avant de finir par tomber aux mains du sultan mamelouk al-Dahir Baybars. Il fut alors restauré, ses fortifications renforcées, et il devint le symbole du pouvoir mamelouk dans la région ainsi que la résidence des gouverneurs. Il conserva sa fonction militaire jusqu'à la fin de la période ottomane puis fut habité par des villageois jusqu'à la période du mandat français. Restauré et vidé de ses habitants au cours du XXe siècle, il prit le nom de Qalaat al-Hisn dans les années 1950. \nÉdifié sur un éperon basaltique de forme trapézoïdale séparé de la montagne au sud par un fossé artificiel, le château est divisé en deux zones défensives complémentaires. Le château haut, construit sur un affleurement rocheux au centre du site, s'organise autour d'une cour centrale et d'une double enceinte en trapèze. Il comprend les constructions les plus impressionnantes de la période franque : un complexe religieux composé d'une chapelle, d'une salle capitulaire et d'un cloître, et du donjon en façade sud, composé de trois énormes tours. C'était le quartier général et la résidence principale de l'élite des Chevaliers hospitaliers. Tout autour, la cour basse contient également quelques vestiges architecturaux de l'occupation croisée, comme les remparts est et ouest, l'écurie, le bassin au sud et la barbacane sur la façade nord-est. \nLa contribution architecturale mamelouke au Krak des Chevaliers est substantielle. Les travaux les plus importants – améliorations majeures apportées aux fortifications des Chevaliers – furent accomplis pendant le dernier tiers du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.). De nouveaux remparts et plusieurs tours furent érigés sur les côtés sud et est de la cour basse, réunis par des galeries continues de mâchicoulis et des bretèches. L'utilisation du Krak comme centre administratif de la région conduisit au développement des constructions résidentielles et palatiales, dont la résidence du gouverneur au sommet du donjon, les salles décorées du château et le hammam dans la cour basse.","short_description":"Également appelé Hisn al-Akrâd à la suite de l'installation de Kurdes au Ve s. H (XIe J.-C.), le château connut des transformations majeures au plan défensif sous l'occupation croisée, en particulier celle de l'ordre militaire des Chevaliers hospitaliers. Les Croisés conservèrent 120 ans cette importante place stratégique, remarquable témoignage de la plus éminente architecture militaire. Elle comprend également une chapelle du VIe/XIIe s., aux caractéristiques romanes, et une arcade du VIIe/XIIIe s. de style proche du gothique français.","dates":"V - Xe s. de l'Hégire / XI - XVIe s. J.C.","location":"Région de Homs","method_for_datation":"Les nombreuses inscriptions en arabe figurant sur la façade sud de la cour basse donnent une chronologie des travaux réalisés par les Mamelouks à la fin du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.). Plusieurs études historiques et architecturales ont contribué à éclairer l'histoire monumentale de ce château.","bibliography":"Cathcart-King, D. J., “The Taking of Le Krak des Chevaliers in 1271”, *Antiquity*, XXIII, 1949, pp. 83-92. \nDeschamps, P., “Les châteaux des Croisés en Terre Sainte”, vol. 1, *Le Crac des Chevaliers*, Paris, 1934. \nKennedy, H., *Crusader Castles*, Cambridge, 1994, pp. 145-163. \nMesqui, J., “Le Crac des Chevaliers”, *Quatre châteaux des Hospitaliers*, 2003 \\[www.castellorient.com\\]. \nMüller-Wiener, W., *Castles of the Crusaders*, Londres, 1966, pp. 59-62. \nRey, E.-G., *Étude sur les monuments de l'architecture militaire des Croisés en Syrie et dans l'île de Chypre*, Paris, 1871, pp. 39-67. \nSobernheim, M., “Matériaux pour un Corpus Inscriptionum Arabicarum”, vol. 2, *Syrie du Nord*, Mémoires de l'École du Caire XXV, Le Caire, 1909, pp. 19-36. \nBerchem van, M. et Fatio, E., “Voyage en Syrie”, vol. I, *Mémoires de l'Institut français d'archéologie orientale du Caire,* Le Caire, 1914-1915, pp. 135-163.","patrons":"Chevaliers hospitaliers et sultans mamelouks Baybars (658-676 H / 1260-1277 J.-C.), Barakat Khan (676-678 H / 1277-1279 J.-C.), al-Mansour Qalawun (678-689 H / 1279-1290 J.-C.) et al-Nasir Muhammad ibn Qalawun (qui régna à trois reprises: 693-694 H / 1293-1294 J.-C. ; 698-708 H / 1299-1309 J.-C. ; 709-741 H / 1310-1341 J.-C.)","dynasty":"Kilabite-seldjoukide (422-504 H / 1031-1110 J.-C.) ; comtes de Tripoli (504-537 H / 1110-1142 J.-C.) ; Chevaliers hospitaliers (537-669 H / 1142-1271 J.-C.) ; mamelouke (669 H / 1271-XVIe siècle J.-C.).","materials":[],"keywords":["Architecture militaire ; Jabal Ansariyya ; châteaux ; Kilabites ; Kurdes ; Croisés ; Chevaliers hospitaliers ; sultan Baybars ; inscriptions ; mâchicoulis"],"author":"Benjamin Michaudel","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"4150a4e5-e339-5229-a33a-a26b868c4c5e":{"name":"Château d’Ajloun.","description":"Ajloun est situé à 76 km environ au nord-ouest d'Amman. Contrairement aux autres châteaux jordaniens comme Chawbak et Karak, il a été entièrement édifié par les forces musulmanes en 579 H / 1184 J.-C. face au château croisé de Belvoir (Kawkab al-Hawa), à l'ouest, et devait assurer les communications entre la Syrie et l'égypte. Il devait aussi probablement protéger les importantes mines de fer de la région d'Ajloun. à travers ses modifications et agrandissements constants, il est un bon exemple de l'architecture militaire des VIe et VIIe siècles H (XIIe et XIIIe siècle J.-C.). \nà l'origine, il était de plan pratiquement carré, conforté à chaque angle par une tour également carrée. Les tours et les murs nord-est et sud-ouest étaient percés d'un bandeau d'étroites meurtrières. L'entrée principale se faisait alors par l'est. En 610 H / 1214 J.-C., l'ensemble fut agrandi par un mur de connexion massif entre les tours nord et est, et l'entrée déplacée au point de jonction du nouveau mur nord-est de la tour est. \nEn 658 H / 1260 J.-C., de nouvelles modifications furent entreprises : deux tours vinrent compléter le dispositif ainsi qu'un nouveau mur élevé pour les connecter, la nouvelle tour nord étant reliée par un mur massif à la nouvelle tour est. Au cours de cette période, les façades sud-est et sud furent remodelées par l'adjonction de deux autres tours au sud et à l'est par un mur massif. L'entrée fut alors transférée à l'angle de la nouvelle tour est. Au début de la période ottomane, le château servit au logement de soldats. Au début du XIe siècle H (XVIIesiècle J.-C.), il fut la base principale du puissant émir libanais Fakhr al-Din al-Ma'ni.","short_description":"Le château d’Ajloun, situé à 76 km environ au nord-ouest d’Amman, fut édifié par les forces musulmanes en 579 H /1184 J.-C. face au château croisé de Belvoir (Kawkab al-Hawa) à l’ouest, pour assurer les communications entre la Syrie et l’Egypte et protéger les importantes mines de fer de la région. Le château, à travers ses modifications et ses agrandissements constants, est un bon exemple du développement de l’architecture militaire des VIe/XIIe et VIIe/XIIIe siècles. Deux inscriptions en arabe ont été découvertes : la première, datée de 647-658/1250-1260, mentionne les travaux de rénovation exécutés sur l’ordre du sultan Salah al-Din (Saladin), la seconde l’édification d’une construction effectuée en 659/1261.","dates":"579-658 de l’Hégire / 1184-1260 J.-C.","location":"Ajloun.","method_for_datation":"Inscriptions et sources historiques. Deux inscriptions arabes ont été découvertes par le Département des antiquités de Jordanie en 1963, la première, datée du règne de Saladin (567-589/1171-1193), mentionne des travaux de rénovation exécutés sur l'ordre du sultan, la seconde l'édification d'un mur ou d'une tour et donne la date du 20 juillet 1261 (659 H).","bibliography":"Burckhardt, J. L., Travels in Syria and the Holy Land, Londres, 1882, pp. 266-267. \nJones, C. N., “Medieval Ajlun I: The Castle”, Quarterly of the Department of Antiquities in Palestine, vol. 1, 1931, pp. 21-33. \nالكردي، حنان، القلاع الاثرية في الاردن، عمان، 1984، ص 22-27. \nالمومني، سعد، القلاع الاسلامية في الاردن، عمان، 1988، ص 114-155.","patrons":"Salah al-Din (Saladin, 532-588 H / 1138-1193 J.-C.) ; al-Dahir Baybars (658-676 H / 1260-1277 J.-C.).","dynasty":"Ayyoubide ; mamelouke.","materials":[],"keywords":[],"author":"Mohammad Najjar","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"4e4e72ee-c59e-5dac-bbc4-668eefd07742":{"name":"Madrasa al-Zahiriyya.","description":"Le sultan al-Saïd Baraka Khan, fils du sultan mamelouk al-Dahir Baybars, construisit ce mausolée (*koubba*) pour son père, au nord de la Mosquée Omeyyade et presque en face d'un autre remarquable monument ayyoubide, la *madrasa* al-Adiliyya. Bien que Baybars ait exprimé le souhait d'être enterré dans le village de Daraya près de Damas, son fils préféra le voisinage de la Mosquée Omeyyade, où plusieurs anciens souverains avaient été inhumés, dont l'Ayyoubide al-Kamil Muhammad (r. 635 H / 1238 J.-C.) et son frère al-Achraf Moussa (r. 626 H / 1229 J.-C.). \nLa *koubba* est reliée à une *madrasa* adjointe ultérieurement. De plan carré de 13,2 m de côté, elle est surmontée de deux tambours octogonaux. Une paire de fenêtres en arc brisé s'ouvre de chaque côté du tambour supérieur et des fenêtres de style similaire alternent sur le tambour inférieur. Cette construction à coupole fait une référence évidente au bâtiment devant lequel elle s'élève, la *madrasa* al-Adiliyya, achevée par le sultan ayyoubide al-Adil Sayf al-Din (r. à Damas 592-615 H / 1196-1218 J.-C.). \nLa partie supérieure du mur extérieur est décorée d'une fenêtre circulaire entourée d'un motif d'entrelacs sculpté en creux et de deux cartouches quadrilobés. Ce détail nouveau dans l'ornementation architecturale damascène est issu des décors ayyoubides tardifs, en marbre, exécutés à Alep (voir par exemple la *madrasa* al-Sultaniyya (620 H / 1223 J.-C.) et rappelle le décor de la porte principale de la mosquée al-Dahir Baybars au Caire (construite en 665-667 H / 1267-1269 J.-C.). Le mur extérieur en son entier est en blocs de calcaire lisse à joints fins. La niche du portail de 4 m de large comprend trois lignes d'inscription et est surmontée d'un arc de *mouqarnas* particulièrement riche à conque cannelée en demi-coupole. Ce portail ouvre sur la cour, l'entrée de la *koubba* se trouvant à droite. La partie inférieure interne des murs de celle-ci est décorée de panneaux de marbre de 3 m de haut, surmontée d'une frise à décor floral de vigne (*karma*). Au-dessus, le décor est complété par un panneau en mosaïque de verre de 1,5 m de haut, montrant un paysage à éléments floraux et architecturaux rappelant les mosaïques de la Mosquée Omeyyade. En se référant ainsi au décor de la prestigieuse mosquée, Baybars signifiait la fin des anciens modèles architecturaux pour ses grandes commandes monumentales et le choix des éléments décoratifs. \nBien que les mosaïques et les panneaux de marbre intérieurs soient datés de 680 H / 1281 J.-C. selon l'inscription du portail, il est probable que les ornements de Baybars, sans doute en très mauvais état, ont été fidèlement reproduits par son fils. Certains chercheurs ont également suggéré l'emploi du même architecte pour assurer la fidélité des nouveaux travaux de décoration à l'original. De semblables mosaïques de verre et frises de vigne s'observent dans la *madrasa* et la *koubba* de Qalawun au Caire, indiquant sans doute que le sultan al-Mansour Qalawun fit appel pour ses projets architecturaux cairotes aux mêmes ateliers que ceux qui avaient travaillé sur la *madrasa* al-Zahiriyya.","short_description":"C'est pour honorer son père al-Dahir Baybars, guerrier très respecté et premier sultan mamelouk, que le sultan Saïd Baraka Khan fit ériger un mausolée à côté de la Mosquée Omeyyade. Il fait partie d'une *madrasa* et reprend le plan courant de la salle carrée à coupole peinte en rouge reposant sur un tambour octogonal. La décoration intérieure comprend des panneaux de marbre, une frise de motifs de vigne sculptée, des mosaïques en verre qui témoignent d'une inspiration de la Mosquée Omeyyade et évoque le mausolée de Qalawun, ce qui suggère une intervention des mêmes ateliers.","dates":"676 de l'Hégire (1277 J.-C.).","location":"Damas","method_for_datation":"L'inscription de fondation contient le nom de l'architecte. Une inscription ultérieure, ajoutée par le sultan Qalawun, se réfère aux funérailles du fondateur Baraka Khan en 680 (1281) et fait sans doute partie de la dernière phase de décoration et d'achèvement du complexe.","bibliography":"Almawi, Abd al-Basit al- (m. 981/1573), *Tanbih al-talib wa-irshad al-daris* \\[Instruction de l'élève et conseils à l'étudiant\\], Damas, 1947. \nFlood, F. B., “Umayyad Survivals and Mamluk Revivals: Qalawunid Architecture and the Great Mosque of Damascus”, *Muqarnas*, 14, 1997, pp. 57-79. \nMeinecke, M., *Die Mamlukische Architektur in Ägypten und Syrien*, 1992, vol. I, pp. 37-40, fig. 11 ; vol. II, p. 52, cat. numéros 29, 58. \nMeinecke, M., “Das Mausoleum des Qala'un in Kairo / Untersuchungen zur Genese der mamlukischen Architekturdekoration”, *Mitteilungen des Deutschen Archäologischen Instituts Abteilung Kairo*, 27, 1971, pp. 63-67. \nAl-Nu'aymi, Abd al-Qadir (m. 978/1570), *Al-Daris fi tarikh al-madaris* \\[L'étude de l'histoire des *madrasa*\\], Damas, 1947. \nSack, D., *Damaskus, Entwicklung und Struktur einer orientalisch-islamischen Stadt*, Mayence, 1989.","patrons":"Sultan al-Saïd Baraka Khan (r. 676-678 H / 1277-1279 J.-C.), fils du sultan al-Dahir Baybars. Des décorations et du mobilier furent mis en place ultérieurement sur l’ordre du sultan al-Mansour Sayf al-Din Qalawun (r. 678-688 H / 1279-1290 J.-C.) en 680 H / 1281 J.-C.","architects":"Ibrahim ibn Ghanaaim al-Mouhandis qui, une décennie auparavant, avait édifié Qasr al-Ablaq à Damas pour le sultan al-Dahir Baybars.","dynasty":"Mamelouke.","materials":[],"keywords":["Objets religieux ; architecture funéraire ; inscriptions"],"author":"Verena Daiber","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"55a9a6bc-439c-5d96-9801-d84c4d57c26f":{"name":"Ribat d'al-Mansour Qalawun.","alternate_name":"Ribat al-Mansouri.","description":"Ce *ribat* se compose de trois parties. La première est un profond porche d'entrée de plan rectangulaire, bordé sur ses côtés est et ouest d'un banc de pierre ou *mastaba*. Le plafond est à voûte d'arêtes. Au mur sud figure une inscription qui donne la date de construction. La deuxième partie consiste en une vaste salle rectangulaire à l'est de l'entrée qui mesure 23 x 9 m. On y accède par un corridor partant directement de l'entrée. La troisième est une vaste cour ouverte (28 x 25 m) qui s'étend à l'ouest de l'entrée. Elle est pavée d'un rare et superbe dallage ancien en pierre, et entourée de diverses pièces et cellules. Cette cour, agrandie au XXe siècle, contenait deux puits qui ont été détruits à l'occasion de ces travaux. \nSur la rue de Bab al-Nadir, le *ribat* présente une magnifique façade qui mesure environ 68 m de long pour 11 m de haut. La partie basse date de la période mamelouke, la partie haute du début de la période ottomane (Xe siècle H / XVIe siècle J.-C.). à leur jonction court une fine corniche composée de formes polygonales en coquille. Malgré diverses additions et modifications, cette façade a conservé son caractère d'origine. \nLe *ribat* était un refuge pour les pauvres et les nécessiteux auxquels il distribuait de la nourriture. Il était également utilisé pour loger les visiteurs de Jérusalem. Il bénéficiait d'un *waqf* par lequel les revenus de terres et de propriétés de Palestine étaient affectés à ses frais de fonctionnement.","short_description":"C’est l’un des plus grands *ribat* (auberges) mamelouks de Jérusalem. Il est situé à quelques mètres du mur oriental du Haram al-Charif. Il fut édifié par le sultan al-Mansour Qalawun pour loger les visiteurs et les étudiants de la mosquée al-Aqsa. Il était richement doté et distribuait de la nourriture aux nécessiteux. Le bâtiment se compose de deux étages, chacun d’entre eux ayant de grandes salles et de nombreuses chambres qui flanquent une cour ouverte. En dépit des nombreuses modifications qu’a subies la façade principale, sa physionomie mamelouke est toujours manifeste.","dates":"681 de l'Hégire / 1283 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Présence d'une inscription de fondation située sur le mur sud de l'entrée. Mentions de ce *ribat* chez l'historien Moujir al-Din al-Hanbali (m. 928/1521).","bibliography":"Abu al-Hawwa, A., *Al-Tatawar al-Mi'mari fi Harat Bab al-Nadhir fi al-Qods fi al-'Asrain al-Mamlouki wa al-'Othmani* \\[Le développement architectural dans les environs de Bab al-Nadhir à Jérusalem pendant les périodes mamelouke et ottomane\\], mémoire de maîtrise, Université de Jérusalem, 2002. \nAl-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973. \nAl-Natsheh, Y., *Ribat al-Mansur Qalawun*, Jérusalem, 2004. \nBerchem, M. van, *Matériaux pour un Corpus Inscriptionum Arabicarum* (deuxième partie), Le Caire, 1922. \nBurgoyne, M., *Mamluk Jerusalem: An Architectural Study*, Londres, 1987. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004.","patrons":"Sultan al-Mansour al-Qalawun (r. 678-689 H / 1280-1290 J.-C.).","dynasty":"Mamelouke.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001; IAM_EG_FR_001","materials":[],"keywords":["Ribat ; architecture religieuse"],"author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"5702c937-55b7-5f65-adc4-2d6ddc8a7f83":{"name":"Dinar (pièce d'or).","description":"Le dinar est un des types de pièces mis en circulation par les musulmans. Par définition il était en or, le dirham en argent et le *fils* en cuivre. Il pesait environ quatre grammes. \nCette pièce est un dinar ayyoubide du type fatimide caractérisé par une inscription en cercles concentriques. Ce style initié par les Fatimides au IVe siècle H (Xe siècle J.-C.) est très différent du style coufique utilisé jusqu'alors, dans lequel le texte se distribuait entre un cercle en bordure et trois ou quatre lignes horizontales au centre. Le choix d'un changement aussi radical de la part de la dynastie fatimide chiite peut être interprété comme une tentative de se différencier des souverains omeyyades, abbassides et d'Asie centrale sunnites qui avaient adopté le style coufique. Des souverains postérieurs, comme Saladin, conservèrent ce style. \nCette pièce est datée des règnes du calife abbasside al-Moustadi (r. 566-575 H / 1170-1180 J.-C.) et du souverain ayyoubide Saladin. Elle a été frappée au Caire en 574 H / 1178 J.-C. \nL'inscription arabe en écriture *naskhi* qui recouvre ses deux faces se traduit ainsi : \nAvers: \nBandeau 1 : \"Au nom de Dieu le Miséricordieux, le Compatissant, ce dinar a été frappé au Caire en l'an cinq cent soixante-quatorze\" \nBandeau 2 : \"Il n'existe pas d'autre Dieu que Dieu, qui est sans associé, Abou Muhammad\" (Abou Muhammad étant le calife al-Moustadi). \nBandeau 3 : \"al-Mustadi‘ bi-amr Allah, Commandeur des Fidèles\" \nBandeau 4 : \"al-Imam al-Hassan\" \nRevers \nBandeau 1 : \"Muhammad le Messager de Dieu a été envoyé pour guider et enseigner la religion de la vérité, pour le proclamer à toutes les religions\" \nBandeau 2 : \"même si les polythéistes le rejettent. Que Dieu le bénisse et sa famille\" \nBandeau 3 : \"al-Malik ‘al-Nasir ‘Alim\" \nBandeau 4 : \"Youssouf bin Ayyoub\".","short_description":"Ce dinar en or a été frappé au Caire par les Ayyoubides en style fatimide. Il comporte des inscriptions disposées en trois cercles concentriques.","holder":"Musée national de Damas.","initial_owner":"Al-Malik al-Nasir Salah al-Din Youssouf bin Ayyoub (Saladin, r. 569-589 H / 1174-1193 J.-C.).","dates":"574 de l'Hégire / 1178 J.-C.","location":"Damas","dimensions":"Ø 2cm, poids 3,85 g.","method_for_datation":"La date de frappe, 574 (1178), est mentionnée dans les inscriptions.","method_for_provenance":"Le lieu de frappe, Le Caire, est mentionné dans l'inscription.","provenance":"Le Caire, Égypte.","obtention":"Pièce confisquée par les forces de sécurité et enregistrée dans les collections du musée en 1992.","bibliography":"Delpont, E. (éd.), *L’Orient de Saladin : l’art des Ayyoubides*, Paris, 2001.","dynasty":"Période ayyoubide","materials":["Or frappé."],"keywords":["Monnaie ; or ; le Caire ; Damas ; dinars ; Saladin ; calife al-Moustadi; numismatique"],"author":"Mona al-Moadin","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"5afe91bf-fea8-55d3-82ee-a8b6233aab07":{"name":"Al-Haram al-Charif (le Noble Sanctuaire).","alternate_name":"Mosquée al-Aksa ; al-Haram al-Qods al-Charif.","description":"Le Haram al-Charif occupe un rôle important dans la religion islamique. C'est en effet ici que le prophète Muhammad arriva une nuit de La Mecque à Jérusalem (Isra') pour monter au ciel (Mi'raj). De plus, dans le Saint Coran, Dieu a béni le Haram, et en a fait la première *qibla* (direction de la prière) pour les Musulmans. \nLe Haram occupe une position élevée dans les collines de Jérusalem. Il s'étend sur une plateforme rectangulaire d'environ 1 450 000 m2 représentant 1/6 de la ville ancienne. \nPour les chercheurs actuels, il ne possède aucun vestige visible antérieur à l'arrivée des musulmans à Jérusalem en 15 H / 638 J.-C., étant donné que les édifices qui s'y trouvaient avaient été détruits par Titus et ses légions en 70 av. J.-C. \nLorsque les musulmans arrivèrent, la ville se rendit sans combattre à la suite d'un accord passé par le calife Omar bin al-Khattab (r. 13-23 H / 634-644 J.-C.) avec le patriarche Sophronius. Selon les termes du contrat, les Arabes ne détruisirent aucun bâtiment de la zone du Haram et les habitants furent protégés, ainsi que leurs biens et maisons. La plus grande partie de la ville était habitée, à l'exception du quartier du Haram, qui était mal entretenu. \nLe site est légèrement incliné du nord au sud. Le point le plus élevé est la partie centrale sur laquelle se dresse le Dôme du Rocher. La pente est compensée par une plate-forme transversale dont une partie est appelée al-Aqsa al-Qadim, l'autre al-Musalla al-Marwani. \nAprès l'édification en partie centrale du Dôme du Rocher et du Qubbat al-Silsila (dôme de la chaîne), le Haram s'est développé le long de ses limites nord et ouest. Le bord oriental s'incline vers la vallée de Qidron (*wadi* Jahannam) utilisée comme cimetière islamique dès les premiers temps de la conquête. Le côté sud est encore plus incliné, mais le rocher offre un soutien structurel plus sûr qui a permis la construction d'édifices omeyyades dont le Dar al-Imara, continuellement habités depuis leur construction. \nLe Haram s'étage sur trois niveaux. Le plus bas inclut Bab al-Rahma (porte de la Miséricorde), Bab al-Tawba / Bab al-Dahabi (porte du Repentir / porte Dorée), al-Musalla al-Marwani, al-Aqsa al-Qadim (vieille Aqsa) et le *masjid* de Bouraq. Le niveau intermédiaire comprend la mosquée al-Aqsa, le Musée islamique et les arcades latérales contre les murs ouest et nord, ainsi qu'une multiplicité de portes et de bâtiments dont des *sabil*, des *madrasa*, des *mastaba*, des minarets et des coupoles. Le niveau le plus élevé est celui du Dôme du Rocher, que l'on atteint par des marches. Il comprend une série de magnifiques coupoles, quelques *khanqah* (retraites pour soufis), le *minbar* Burham al-Din et le *mastaba* al-Kark, ainsi qu'un certain nombre de citernes et de fontaines.","short_description":"Le Haram al-Charif est le troisième plus ancien site islamique après La Mecque et Médine et le plus important des sites musulmans sacrés de Palestine. C’est un grand complexe d’une surface de 145 000 m2. Il comprend le Dôme du Rocher, la mosquée al-Aqsa, le dôme al-Silsila (dôme de la chaîne) et Bab al-Rahma (porte de la miséricorde), ainsi que plus de 90 autres édifices commémoratifs. On peut donc y observer différentes expressions artistiques et architecturales de l’Orient islamique, sur plusieurs périodes historiques, ce qui fait du site un véritable musée architectural de plein air. Le site est lié à des légendes islamiques, en particulier celle de *Isra* et de *Mi’raj* (nuit de l’ascension du Prophète).","dates":"15-493 de l’Hégire / 637-1099 J.-C. ; 583-1336 H / 1187-1917 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Nombreuses inscriptions, sources historiques et découvertes archéologiques.","bibliography":"Al-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973. \nBurgoyne, M., *Mamluk Jerusalem: An Architectural Study*, Londres, 1987. \nCreswell, K. A. C., *Early Muslim Architecture*, Oxford, 1932. \nHamilton, R. W., *The Structural History of al-Aqsa Mosque: A Record of Archaeological Gleanings from the Repairs of 1938-1942*, Londres, 1949. \nNatsheh, Y., “The Architecture of Ottoman Jerusalem”, in S. Auld and R. Hillenbrand (éds), *Ottoman Jerusalem: The Living City 1517-1917* (première partie), Londres, 2000. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004.","patrons":"Un certain nombre de califes, de sultans et de princes de divers pays islamiques ont contribué à la construction des bâtiments du Haram al-Charif. Le plus important mécène est le calife omeyyade Abd al-Malik bin Marwan (r. 65-86 H / 685-705 J.-C.). Des rénovations furent entreprises par plusieurs califes et sultans musulmans, dont le calife fatimide al-Dahir (r. 411-427 H / 1021-1036 J.-C.), le sultan al-Din al-Ayyoubi (saladin, r. 564-589 H/1169-1193 J.-C.) et le sultan ottoman Sulayman al-Qanouni (Soliman le Législateur [Soliman le Magnifique], r. 926-974 H / 1520-566 J.-C.).","dynasty":"Périodes islamiques consécutives, des Omeyyades aux Ottomans.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":[],"keywords":["Al-Isra’ ; sanctuaires ; édifices religieux ; Mi’raj ; objets sacrés"],"author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"5e68b14d-8eb3-5454-8d3b-cd5efa2239df":{"name":"Gourde de pèlerin.","description":"Récipient de forme globuleuse en verre soufflé à décor émaillé. L'une des deux grandes faces et la moitié inférieure des côtés sont aplaties. La couleur de l'émail présente une gamme étendue : rouge, blanc, bleu, vert pâle, jaune, rose, mauve et gris-noir. Deux poignées sont appliquées de chaque côté du col cylindrique. Une rosette à onze branches à l'intérieur d'une fleur à huit lobes contenant des volutes végétales décore la face plate. Sur la face bombée figure un motif quadrilobé de forme géométrique orné d'arabesques entourées d'enroulements se terminant par des têtes humaines, animales ou d'oiseaux. Le décor émaillé des deux faces est à dominante rouge et bleue rehaussée d'or, tandis que les côtés bénéficient de la gamme chromatique en son entier. À gauche du côté incurvé figure un cavalier tuant un animal de son épieu. La tête de l'homme barbu qui porte un chapeau conique à rubans est cerclée d'une auréole. En dessous, dans un médaillon, une joueuse de harpe voilée est habillée d'une tunique longue. Sur l'autre côté étroit, une scène survolée par des oiseaux montre un cavalier sous un arbre tuant un lion de son javelot. Il est lui aussi surmonté d'une auréole et porte un manteau long et des bottes. Dans le médaillon circulaire au-dessous, un homme assis jambes croisées boit avec un gobelet. Sa tunique porte aux manches des bandes en *tiraz*. \nLes deux cavaliers rappellent certaines figures de l'iconographie chrétienne, alors que celles des médaillons sont typiques de l'art islamique. Le mélange de motifs suggère que le commanditaire était soit un musulman familier de l'imagerie chrétienne, soit un chrétien qui appréciait le travail des artisans musulmans. La forme rappelle les gourdes de cuir ou les gourdes de pèlerin en terre cuite non vernissée, plutôt que celle d'objets en métal ou en verre. Par ailleurs, un remarquable bidon en métal de la Freer Gallery, à Washington, est également décoré de scènes chrétiennes. Cette gourde, bien qu'en verre, pouvait être protégée par une gaine de cuir lors les voyages du pèlerin. Il s'agissait de toute évidence d'un objet de luxe, peut-être réalisé en vue d'un cadeau.","short_description":"Cette gourde de pèlerin en verre émaillé est un intéressant exemple de croisement des cultures chrétienne et islamique. Deux des figures décorant le récipient viennent du thème iconographie chrétien de saint Georges et le dragon, tandis que le musicien et le buveur sont issus de l'art islamique.","holder":"The British Museum.","dates":"Troisième quart du VIIe siècle de l’Hégire (troisième quart du XIIIe siècle J.-C.).","location":"Londres","dimensions":"H. 23 cm, l. 23 cm, ép. 16,2 cm.","method_for_datation":"Le décor fait penser à des compositions de la fin de la période ayyoubide et du début de la période mamelouke.","method_for_provenance":"La technique et le décor sont proches de ceux d'objets en verre produits dans les provinces mameloukes d'Égypte et de Syrie.","provenance":"Égypte ou Syrie.","obtention":"Légué au British Museum par Felix Slade en 1869.","bibliography":"Carboni, S. et Whitehouse, D., *Glass of the Sultans*, New York, 2001, n° 123, pp. 247-249. \nPinder-Wilson, R., “The Islamic Lands and China”, *Five Thousand Years of Glass* (dir. H. Tait), 1991, p. 134, n° 170. \nRogers, J. M., “European Inventories as a Source for the Distribution of Mamluk Enamelled Glass”, *Gilded and Enamelled Glass from the Middle East* (dir. R. Ward), 1998, pp. 69-73.","dynasty":"Mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","materials":["Verre émaillé et doré."],"keywords":["volutes végétales ; arabesques ; décoration figurative ; équitation ; musicien ; buveurs"],"author":"Emily Shovelton","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"66dee6a2-095c-5e95-9ab7-3051179223bf":{"name":"*Zubdat al-Tawarikh* (“La crème des histoires”).","description":"Ouvrage rédigé en turc en écriture de style *naskhi* à l'encre noire sur 90 feuilles d'un délicat papier préparé. Il contient 55 miniatures – une ou deux par page – illustrant les sujets des textes. Pages 1b-2a, deux médaillons circulaires comportent une inscription précisant le sujet de l'œuvre et expliquant qu'elle a été réalisée pour le trésor du sultan Mourad III. Le texte compte 37 lignes par page. Les titres et têtes de chapitre sont dorés. Leurs enluminures font appel à des compositions florales à arabesques et motifs d'inspiration chinoise. Les médaillons des deux premières pages comprennent d'importants motifs floraux. \nLa couverture vert foncé – qui n'est pas l'originale – est laquée (technique connue sous le nom de *Edirnekari*). Les plats extérieurs sont richement décorés de compositions florales en or et argent, tandis que les gardes contre plat sont ornées de médaillons, de lambrequins et d'angles ornés. \nL'ouvrage rédigé par le panégyriste de la cour *(Şehnameci*) Sayyid Loqman Aşuri, se compose de deux parties principales. La première débute par une représentation de l'univers et des signes du zodiaque et se continue par des histoires tirées de la Torah, du Nouveau Testament et du Coran qui racontent la vie des prophètes et de grandes figures au service de la foi, illustrée de peintures. Elle s'achève sur l'arbre généalogique de Mahomet, des quatre califes légitimes, des sultans et hauts dignitaires des dynasties musulmanes comme les Omeyyades, les Abbassides, les débuts de la période islamique, Ghaznavides, les Ilkhanides, les Seldjoukides et les Timourides. La seconde partie s'ouvre sur l'histoire du sultan Osman (Uthman), fondateur de la dynastie ottomane, et couvre douze portraits de sultans jusqu'à Mourad III avant de se terminer par des descriptions des événements politiques ayant marqué ces règnes. \nCe recueil a été réalisé pour le trésor du sultan Mourad III (r. 982-1003 H / 1574-1595 J.-C.). La qualité de ses peintures, de sa calligraphie et de sa reliure en fait une des plus grandes œuvres de l'art ottoman jamais créées pour un sultan.","short_description":"Ce manuscrit inclut les histoires des prophètes, la naissance de l’islam et les histoires des États musulmans. Il fut rédigé sur ordre du sultan Mourad III par l’historien Sayyid Lokman et enluminé par les fameux peintres (*naqqash*) Molla Kasım et Ustad Osman. C’est un travail unique dans l’art ottoman.","holder":"Musée des arts turcs et islamiques.","initial_owner":"Sultan Mourad III (r. 982-1003 H / 1574-1595 J.-C.).","dates":"993 de l’Hégire / 1583 J.-C.","location":"Sultanahmet","province":"Istanbul","dimensions":"H. 64,7 cm, l. 41,3 cm.","method_for_datation":"Il est indiqué sur l'ouvrage qu'il a été réalisé pour le trésor du sultan Mourad III (r. 982-1003/1574-1595) en 933/1583.","method_for_provenance":"Il a probablement été copié à Istanbul sur l'ordre du sultan.","provenance":"Istanbul, Turquie.","obtention":"Transféré au musée en 1333/1915 de la bibliothèque du complexe d'Aksaray à Istanbul, fondé par l'épouse du sultan Mahmoud II et mère du sultan Abdoulaziz [Abd al-'Aziz] Ier, Pertevniyal Valide Sultan (m. 1300/1883, reine-mère de 1277 à 1292/1861-1876).","bibliography":"Aksoy, Ş., “Zübdetü't Tevarih Sultan III. Murad için Hazırlanan bir Şehname”, *P. Art, Culture, Antique*, 3 (1996), pp. 17-37. \nölçer, N. *et al*, *In Pursuit of Excellence: The Museum of Turkish and Islamic Arts*, Istanbul, 1993, p. 42, 19A-E, pp. 52-56. \nölçer, N. *et al*, *Museum of Turkish and Islamic Art*, Istanbul, 2002, pp. 272-75. \nRenda, G., “New Light on the Painters of the Zubdat at Tawarikh in the Museum of Turkish and Islamic Arts in Istanbul”, *Fourth International Congress of Turkish Art*, pp. 183-207.","artist":"Calligraphe : Sayyid Loqman Aşuri ; peintres : al-Sayyid Lutfi, Molla Kasim (Mulla Qasim) et Ustad Osman (Uthman) et leurs ateliers.","dynasty":"Période ottomane","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","materials":["Papier préparé, encre, aquarelle, dorure, reliure laquée."],"keywords":["papier, dorure, encre, aquarelle, peinture, technique Edirnekari, zodiaque"],"author":"Sevgi Kutluay","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"72cd6b04-4359-5c17-b1d0-29c1ddfe315f":{"name":"Balustrade en marbre.","description":"Balustrade en marbre composée de neufs arcs brisés contigus de forme et de dimensions identiques, soutenus par une vingtaine de colonnes jumelées toutes différentes, de même que leurs chapiteaux. Les écoinçons sont ornés de cercles sculptés dans le marbre. Les chapiteaux sont de deux styles : le premier d'un d'esprit corinthien finement exécuté, le second plus simple, figurant une sorte de fleur de grenadier ouverte. Les arcs sont décorés de blasons de chevaliers. Les ornements des piliers sont des variations sur le thème du zigzag horizontal ou vertical. La succession d'arcs repose sur le tailloir des chapiteaux. \nCette balustrade se trouvait à l'origine dans la mosquée al-Aqsa où elle remplissait une fonction sans doute décorative. Son matériau et sa technique de sculpture la rapprochent d'une frise de l'époque des croisés (également conservée au musée) transférée du Dôme du Rocher. Peut-être a-t-elle été réalisée dans le même atelier de travail du marbre qui était actif au Haram al-Charif à la même période.","short_description":"Balustrade en marbre composée de neufs arcs brisés contigus de forme et de dimensions identiques, soutenus par une vingtaine de piliers jumelés. Elle a été réalisée à l’époque des Croisés en style roman. Cette balustrade d’aspect plutôt simple remplissait une fonction décorative dans la mosquée al-Aqsa.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","initial_owner":"*Waqf* de la mosquée al-Aqsa, Jérusalem.","dates":"VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Jérusalem","dimensions":"H. 84 cm, l. 348 cm, ép. 12 cm.","method_for_datation":"Comparaison de la technique de sculpture et du style avec des pièces produites à la même période en Palestine et acquises par le musée.","method_for_provenance":"Les archives du musée indiquent que cette pièce y a été transférée de la mosquée al-Aqsa en 1938. Cette balustrade apparaît dans des photographies publiées par R. W. Hamilton en 1949 qui montrent l'intérieur de la mosquée avant ce transfert. Il est possible qu'elle ait été réalisée à Jérusalem. Les éléments architecturaux importants étaient généralement réalisés in situ et un atelier de travail du marbre était actif au Haram al-Charif au cours de la même période.","provenance":"Jérusalem.","obtention":"Transfert de la mosquée d'al-Aqsa en 1938.","bibliography":"Hunt, L. A., “Crusader Sculpture and the so-called Templar Workshop: A Reassessment of Two Carved Panels from the Dome of the Rock in Al-Haram al-Sharif Museum in Jerusalem”, *Palestine Exploration Quarterly*, n° 132, 2000. \nJacoby, Z., “The Provincial Impact on Crusader Sculpture in Jerusalem: More Evidence on the Temple Area Atelier”, *Zeitschrift für Kunstgeschichte*, n° 48, 1985. \nJacoby, Z., “The Workshop of the Temple Area in Jerusalem in the Twelfth Century: Its Origin, Evolution, and Impact”, *Zeitschrift für Kunstgeschichte*,n° 45, 1982.","dynasty":"Période des Croisés","materials":["Marbre sculpté."],"keywords":["Balustrades ; marbre"],"author":"Nazmi Al-Ju'beh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"74efc106-e576-5569-bfb1-3b51d81c8622":{"name":"Église du Saint-Sépulcre.","alternate_name":"Qaniset al-Qiameh.","description":"Riche d'une longue histoire, l'église du Saint-Sépulcre possède un caractère architectural et artistique remarquable. Lieu sacré pour tous les chrétiens, elle est révérée pour être l'endroit de la résurrection de Jésus. C'est un vaste complexe architectural qui comprend à l'extérieur de l'église un certain nombre de petites chapelles. Sa surface totale dépasse 5 000 mètres carrés. \nLa première église fondée par les Byzantins comprenait un atrium, une basilique, une cour ouverte et le Saint-Sépulcre. En 614, les Perses incendièrent l'église, qui allait être détruite et reconstruite à plusieurs reprises au cours des quatre siècles suivants. Le patriarche Modeste entreprit sa restauration sous une forme réduite. Sans l'insistance du patriarche Sophronius, le calife Omar Ibn al-Khattab (r. 13-23 H / 634 J.-C.), protecteur reconnu des sites chrétiens, se serait abstenu de prier dans l'église pour éviter qu'on ne la transforme en mosquée. \nLes Croisés entreprirent des changements et des extensions à la suite de l'ambitieux projet de Constantin IX Monomaque et en transformèrent une fois de plus le plan. Une nouvelle église de style roman fut érigée en 543 H / 1149 J.-C., appelée église du Centre de l'univers (Nisf al-Dunya). Elle était construite autour du Rocher de la Crucifixion, le Golgotha, dominant la Rotonde du Sépulcre. Des changements furent également apportés à l'entrée conduisant au rocher à l'intérieur de l'église et le sous-sol fut aménagé pour les tombes de rois croisés. Un clocher, dont les portes ouvraient au sud et non à l'est, fut ajouté en 566 H / 1170 J.-C. Malgré ces importantes transformations, l'église conserva son caractère jusqu'en 583 H / 1187 J.-C. Suivant l'exemple de Omar Ibn al-Khattab, Saladin toléra la religion chrétienne et respecta les droits de ses fidèles. \nOn entre dans l'église par un important portail surmonté d'un énorme linteau de pierre sculpté d'un décor en bas relief représentant des scènes de la Bible. Derrière le portail part un escalier moderne qui conduit au site de la crucifixion aujourd'hui divisé en deux sections, est et ouest. Les vestiges du Rocher du Calvaire se trouvent dans la zone grecque orientée vers l'ouest, protégée par un panneau en verre. Le rocher est fendu, ce qui se serait produit lorsque le Christ fut frappé par un soldat romain et dépouillé de son manteau. Un escalier descendant, face au premier, mène à la Pierre de l'Onction où, à l'ouest, un mur sépare cette partie de l'église du Saint-Sépulcre. Légèrement au sud se trouve la Rotonde qui abrite le Sépulcre sous une demi-coupole de pierre à tambour cylindrique reposant sur des piliers. Une fenêtre centrale ouvre au milieu de la coupole, décorée de douze pétales d'or, symbole des douze apôtres. \nL'église contient par ailleurs un certain nombre de cellules, de pièces, de salles et de chapelles.","short_description":"Ce site chrétien, sacré parmi les lieux sacrés, est révéré comme le lieu où Jésus-Christ fut enterré et celui de sa résurrection. Il est placé presque au centre de la vieille ville de Jérusalem. L’église est un grand complexe qui comprend un certain nombre de chapelles, d’oratoires, de cloîtres et de chambres souterraines et qui abrite de nombreuses icônes, des mosaïques et d’importantes statues religieuses. Les rénovations successives depuis sa construction lui ont conféré une variété de styles, aujourd’hui dominée par le roman et le gothique. L’église comprend un certain nombre de secteurs qu’on ne distingue que par la tenue vestimentaire des différentes obédiences chrétiennes qui les contrôlent.","dates":"Première construction en 326-335 J.-C. La construction actuelle date de 543 H / 1149 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Sources historiques.","bibliography":"Al-Natsheh, Y., *Kanisat al-Qiyama* \\[L'église du Saint-Sépulcre\\], Jérusalem, 2002.","patrons":"L’empereur Constantin (r. 308-337 J.-C.) et sa mère, Hélène.","architects":"La construction a été supervisée par Qasis de Constantinople, également connu sous le nom d'Eustache. L'ingénieur et concepteur serait Zénobie de Palmyre (aujourd'hui Tadmour en Syrie).","dynasty":"L'église remonte à la période byzantine mais a connu plusieurs reconstructions et rénovations.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":[],"keywords":["Résurrection ; crucifixion ; églises ; Jésus"],"author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"7c3a4cbc-d305-5a96-aabc-cbcebe9d6397":{"name":"Chapiteau de colonne.","description":"Après avoir repris Jérusalem en 583 H / 1187 J.-C., Salah al-Din Ayyoubi (Saladin) s'efforça de restaurer rapidement le caractère islamique de la ville en général et du Haram al-Charif en particulier. On détruisit les ajouts aux bâtiments édifiés par les croisés, les images saintes et les décorations des lieux sacrés, ne laissant que ce qui présentait un caractère séculier. Cette opération exigea une énorme quantité de matériaux de construction, en particulier de fragments sculptés de pierre et de marbre ; la plupart furent réutilisés sur les chantiers ayyoubides de Jérusalem et des environs, comme en témoignent certains édifices que l'on peut encore voir de nos jours. \nCe chapiteau de colonne est un bon exemple de ce processus d'effacement de l'iconographie chrétienne. Malgré la conservation de la plupart des éléments du chapiteau qui témoignent de ses origines et de son époque, les figures ont été en grande partie oblitérées. Cet effacement a pu être réalisé rapidement ou n'être que symbolique, comme le montre un oiseau oublié dans le décor végétal.","short_description":"Après la reconquête de Jérusalem par Salah al-Din Ayyoubi (Saladin), de nombreux ajouts effectués par les Croisés furent retirés du Haram al-Charif. L’opération laissa de nombreux matériaux de construction, dont ce chapiteau de marbre sculpté. Il était décoré de nombreux motifs végétaux, animaliers et humains et démontre l’introduction de l’iconographie chrétienne dans un contexte islamique sacré.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","dates":"VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Jérusalem","dimensions":"H. 32 cm, section 20 x 20 cm.","method_for_datation":"Comparaison de la sculpture et des thèmes décoratifs avec d'autres éléments architecturaux de l'époque des croisés en Palestine.","method_for_provenance":"Des chapiteaux similaires figurent encore dans différents endroits du Haram al-Charif et de Jérusalem. Certains sont restés in situ, d'autres furent réutilisés dans diverses constructions. Si certains ont été martelés, la plupart sont restés intacts. Il est probable que ce chapiteau a été réalisé à Jérusalem.","provenance":"Probablement Jérusalem.","obtention":"Ce chapiteau a probablement été transféré du Haram al-Charif au musée à l'occasion de travaux de restauration, toujours en cours. Le musée possède d'autres chapiteaux croisés qui ont subi des attaques iconoclastes.","bibliography":"Hunt, L. A., “Crusader Sculpture and the so-called Templar Workshop: A Reassessment of Two Carved Panels from the Dome of the Rock in al-Haram al-Sharif Museum in Jerusalem”, *Palestine Exploration Quarterly*, n° 132, 2000. \nJacoby, Z., “The Workshop of the Temple Area in Jerusalem in the Twelfth Century: Its Origin, Evolution, and Impact”, *Zeitschrift für Kunstgeschichte,* n° 45, 1982. \nJacoby, Z., “The Provincial Impact on Crusader Sculpture in Jerusalem: More Evidences on the Temple Area Atelier”, *Zeitschrift für Kunstgeschichte*, n° 48, 1985.","dynasty":"Croisés","materials":["Marbre taillé."],"keywords":["Decoration sculpté ; chapiteaux de colonnes ; croisés ; représentation figurative"],"author":"Nazmi Al-Ju'beh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"81acb278-b50c-55e2-a7e9-2609f1bc2386":{"name":"Frise de marbre.","description":"Partie de frise en marbre de couleur gris cendré, dont la provenance reste incertaine mais qui a pu être réalisée dans un atelier du Haram al-Charif, réputé pour la qualité de son travail du marbre, vers 555 H / 1160 J.-C. au cours de la période des croisés (492-583 H / 1099-1187 J.-C.). La frise est de style roman. Elle servait sans doute de linteau pour l'entrée d'un des bâtiments du Haram al-Charif ou de ses environs. Elle fut utilisée de même pour le portail sud du Dôme du Rocher pour une période de temps non précisée, ce qui explique qu'elle soit endommagée par la présence de ciment. Par ailleurs certaines figures sculptées ont leur visage martelé, peut-être afin de pouvoir utiliser cet élément architectural dans le Dôme du Rocher. Les représentations animales sont intactes et facilement identifiables. \nLes éléments décoratifs comprennent des personnages, probablement des personnalités religieuses, dont l'identification est aujourd'hui rendue encore plus difficile par l'absence de visage. On remarque des chiens de chasse, des dragons, des oiseaux (canards), dont l'un, d'esprit fabuleux, qui ressemble à une dinde. Le décor végétal est constitué d'une guirlande de laurier qui s'enveloppe autour des autres motifs. \nCette frise se compose de plusieurs parties, chacune exprimant une thématique décorative complète. Chaque thème est relié au suivant par la poursuite de la guirlande de laurier qui lui confère son unité. L'ensemble est entouré d'un cadre à motif spiralé. Le niveau de qualité remarquable de l'atelier du Haram al-Charif est manifeste dans le rendu sculptural, ce qui laisse penser que cette frise devait décorer l'entrée d'un bâtiment important, peut-être religieux. \nLa frise est rompue en deux parties inégales.","short_description":"Frise en marbre gris sculptée dans le style roman. Elle fut probablement réalisée dans un atelier du Haram al-Charif au cours de la période des Croisés. Les thèmes décoratifs reproduisent des figures humaines et animales comme des chiens de chasse, des dragons et des oiseaux. Le décor végétal est constitué d’une guirlande de laurier qui s’enveloppe autour des autres motifs.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","dates":"VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Jérusalem","dimensions":"L. 258 cm, l. 37 cm, ép. 20 cm.","method_for_datation":"Comparaison des thèmes décoratifs et des techniques de sculpture avec ceux d'autres pièces présentes, notamment, dans l'église du Saint-Sépulcre (Kanisat al-Qiyama) et l'église du tombeau de la Vierge Marie à Jérusalem.","method_for_provenance":"élément architectural probablement issu d'un atelier du Haram al-Charif, en fonction à cette époque.","provenance":"Peut-être Jérusalem.","obtention":"Pièce transférée du Dôme du Rocher au musée vers 1959.","bibliography":"Hunt, L. A., “Crusader Sculpture and the So-Called Templar Workshop: A Reassessment of Two Carved Panels from the Dome of the Rock in al-Haram al-Sharif Museum in Jerusalem”, *Palestine Exploration Quarterly*, n° 132, 2000. \nJacoby, Z., “The Provincial Impact on Crusader Sculpture in Jerusalem: More Evidence on the Temple Area Atelier”, *Zeitschirft für Kunstgeschichte*, n° 48, 1985. \nJacoby, Z., “The Workshop of the Temple Area in Jerusalem in the Twelfth Century: Its Origin, Evolution and Impact”, *Zeitschirft für Kunstgeschichte*, n° 45, 1982.","dynasty":"Croisés","materials":["Marbre taillé et sculpté."],"keywords":["Frises ; marbre sculpté ; style roman ; décoration figurative ; croisé"],"author":"Nazmi Al-Ju'beh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"869b86b6-4148-5cb5-9768-3fc1fa05ffdb":{"name":"Bas-relief aux guerriers.","description":"Dalle de marbre gris presque carrée sculptée en haut-relief de deux figures de guerriers. Ils sont inclus dans un cadre marqué par une gorge. Leurs corps sont représentés de face, les têtes de profil, les détails étant traités en creux. Ils portent des casques pointus, une armure et des bottes courtes et avancent un pied comme s'ils étaient prêts à attaquer. La figure de gauche tient une épée d'une main et un bouclier de l'autre. Celle de droite est armée d'une épée de la main droite, dont elle tient la garde de la main gauche. \nL'arbre à feuilles en demi-palmettes à droite ainsi que les formes végétales qui remplissent les angles supérieurs montrent l'influence de l'Iran sassanide sur les arts décoratifs islamiques. Les vêtements et les casques pointus présentent des similarités avec certaines tenues observées sur des peintures médiévales de Croisés. L'ensemble constitue une illustration documentaire des habits et équipements militaires de cette période.","short_description":"La ville de Konya fut la capitale de l’Anatolie seldjoukide durant les VIe et VIIe siècles H (XIIe-XIIIe siècles J.-C.), et sa citadelle était décorée de riches reliefs figuratifs. Ce bas-relief aux guerriers, qui décrit les costumes militaires et les armes de cette période, est aussi un important document sur la période elle-même.","holder":"Musée des arts turcs et islamiques.","dates":"VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Sultanahmet","province":"Istanbul","dimensions":"H. 89 cm, l. 91 cm, ép. 10 cm.","method_for_datation":"La citadelle de Konya, d'où l'on pense que provient ce panneau de marbre, date du VIe/XIIe siècle.","method_for_provenance":"On sait de plusieurs sources (journal d'un voyageur français du XIXe siècle, Charles Texier) que la citadelle de Konya, capitale des Seldjoukides d'Anatolie, possédait des éléments de décor figuratif en pierre sculptée. Ce panneau a pu appartenir à cette citadelle qui a disparu et il est donc probable qu'il a été sculpté dans la région de Konya.","provenance":"Konya, Turquie.","obtention":"Cette pièce de marbre a été déposée au Pavillon des carreaux de faïence (çinili Köşk) à Istanbul en 1870 dans le cadre d'une initiative visant à rassembler des œuvres d'art de l'ensemble du pays. Elle a ensuite été transférée au Musée des arts turcs et islamiques en 1941.","bibliography":"*Anadolu Medeniyetleri III, Selçuklu-Osmanlı*, Istanbul, 1983, p. 81. \nOgan, M. A. et Kühnel, E., *İstanbul Arkeoloji Müzelerindeki Şaheserler*, vol. III, *çinili Köşk'te Türk ve İslam Eserleri Koleksiyonu*, Berlin-Leipzig, 1938, p. 36. \nölçer, N., et al., *Museum of Turkish and Islamic Art*, Istanbul, 2002, p. 114. \nRice, T. T., *The Seljuqs*, Londres, 1961, fig. 61.","dynasty":"Seldjoukide d’Anatolie","materials":["Marbre sculpté en relief."],"keywords":["Croisé ; sculpture en relief ; guerriers ; citadelle de Konya"],"author":"Gönül Tekeli","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"8724a3b4-5bc3-563e-8060-000c6b3e01bf":{"name":"Maqam Nabi Moussa.","description":"Le *maqam* du prophète Moïse est l'un des plus importants complexes religieux de Palestine. Il comprend trois niveaux, sous-sol, rez-de-chaussée et étage. Fermé sur ses quatre côtés par un mur, il mesure 5 000 mètres carrés. Son plan est pratiquement carré puisque le mur nord mesure 74 m, le mur ouest environ 70 m, le mur est 68 m et celui du sud, le plus court, environ 55 m. Il possède cinq entrées dont la principale est le portail ouest, situé sur le côté sud du mur ouest. L'ensemble est construit en blocs de calcaire dont seuls les lits supérieurs sont de taille carrée soignée. \nLe sous-sol est consacré aux écuries et aux entrepôts. Le rez-de-chaussée et l'étage comptent plus de 100 pièces, une succession de salles, un minaret et une multiplicité d'équipements. La mosquée et le tombeau, les plus importants composants du complexe, se trouvent au rez-de-chaussée. La mosquée de plan rectangulaire (15 x 10 m) se compose de deux nefs couvertes par des voûtes entrecroisées. Le *maqam,* lui-même de plan carré de 5,5 m de côté, est situé auprès de la voûte nord-ouest. Sa partie centrale, en léger retrait, mesure 4,7 m de long, 1,6 m de large et 1,7 m de haut. Orienté ouest-est, il est en pierre soigneusement appareillée. Recouvert d'une *kiswa* en tissu vert, il est entouré d'une clôture en bois et surmonté d'une demi-coupole soutenue par quatre arc brisés. \nCe *maqam* a bénéficié de nombreux *waqf*. Historiquement, le *waqf* du prophète Moïse, le plus riche, permet de nourrir et de loger gratuitement les visiteurs. Il pourvoit également aux salaires d'environ 50 personnes dont le *cheikh* des *cheikh*, le scribe, le serviteur, le gardien, le portier, le muezzin, le porteur de torche, le balayeur, le psalmodieur de Coran, etc. Le *maqam* du prophète Moïse occupe une place importante dans l'histoire du peuple palestinien tant sur le plan religieux que sur le plan architectural, social, folklorique ou politique.","short_description":"Le *maqam* de Nabi Moussa est le plus grand et le plus fameux sanctuaire musulman de Palestine. Son plan est pratiquement carré et couvre une superficie de 5 000 m2, sur trois niveaux. Le complexe comprend des écuries, des entrepôts, une grande mosquée avec un minaret et la salle du *maqam* de même qu’un grand nombre de portiques et différents équipements. Ceux-ci comprennent 100 pièces couronnées par des coupoles pour la résidence des invités durant la saison. Le complexe est situé dans un environnement désertique unique sur la route de Jérusalem à Jéricho. Le *maqam* occupe une place importante dans l’histoire du peuple palestinien et est associé à de nombreuses manifestations d’ordre social ou politique.","dates":"La mosquée et la coupole qui surmonte le tombeau ont été édifiées en 668 de l'Hégire / 1269 J.-C. Le bâtiment a été agrandi en 885 H / 1480 J.-C. et le minaret érigé peu après 880 H / 1476 J.-C. L'ensemble a été restauré à plusieurs reprises en 1013 H / 1604 J.-C., 1150 H / 1737 J.-C., 1175 H / 1761 J.-C., 1235 H / 1819 J.-C., 1303 H / 1885 J.-C.","location":"Environs de Jérusalem","method_for_datation":"Cinq inscriptions figurent sur le bâtiment, dont la plus importante est la plaque de fondation du sultan Baybars sur laquelle apparaissent ses titres et la date de construction de la coupole (668/1269).","bibliography":"Al-'Asli, K., *Mawsam al-Nabi Moussa fi Filistin, Tarikh al-Mawsam wa al-Maqam* \\[Le mawsim du prophète Moïse en Palestine: histoire du mawsim et du maqam\\], Amman, 1990. \nMurrar, K. M., *Maqam al-Nabi Moussa, Dirasat Tarikhiya wa Athariya wa Mi'mariya* \\[Le maqam du prophète Moïse : étude historique, archéologique et architecturale\\], Naplouse, 1997. \nMukhlis, Abd A., “Kaifa wa Matta Bad'a Mawsam al-Nabi *Moussa* \\[Comment et quand commence le mawsim du prophète Moïse ?\\]”, in *Majallat huna al-Qods* \\[Journal de Jérusalem\\], n° 6, 1942. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004.","patrons":"Le premier commanditaire de ce maqam est le sultan al-Dahir Baybars (r. 658-676 H / 1260-1277 J.-C.). Le complexe a été restauré par la suite par Ali Katkhuda ‘Azban, Abd al-Latif al-Hussaini ; Abd Allah Pacha, gouverneur de Sidon et de Tripoli, et Muhammad Tahir al-Hussaini, mufti de Jérusalem.","architects":"La restauration de la période ottomane a été réalisée par des architectes de la famille de Hussain bin ‘Ali bin al-Namri, dont ‘Abd al-Muhsin bin Mahmoud bin Hussain, architecte principal de Jérusalem, et son frère al-Hadjdj Karim.","dynasty":"Période mamelouke, mais extensions et restaurations au cours de la période ottomane.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":[],"keywords":["Maqam ; prophète Moïse ; mawsim ; saisons"],"author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"8850561d-4d5d-5a91-862d-fe88824fcdc8":{"name":"Château de Shawbak.","description":"Shawbak est un château de style composite croisés-ayyoubide-mamelouk des VIe-VIIe siècles H (XIIe-XIIIe siècles J.-C.), situé dans le sud de la Jordanie, à 120 km au sud de Kerak et 35 km au nord de la cité nabatéenne de Pétra. En 509 H / 1115 J.-C., Baudouin Ier, fondateur du royaume latin de Jérusalem, prit la tête d'une grande expédition vers le sud-ouest de la mer Morte. Il franchit le *wadi* Araba et arriva dans la région fertile et boisée d'al-Shawbak. Au sommet d'une montagne escarpée dominant une vallée bien arrosée, il fit ériger un énorme château qu'il nomma le “Krak de Montréal”. Roman le Puy fut nommé seigneur de Montréal et de la terre d'outre-Jourdain. \nShawbak est à rapprocher de deux forteresses de moindre importance construites dans et autour de Pétra : al-Habis et al-Wu'ayra. La construction de ces châteaux permettait aux Francs de mieux contrôler le territoire entre la mer Morte et le golfe d'Aqaba et de menacer les relations commerciales et militaires entre la Syrie, l'égypte et le Hedjaz. Le château tomba entre les mains de Salah al-Din (Saladin) en 584 H / 1188 J.-C. et ses fortifications furent renforcées à plusieurs reprises par les Ayyoubides (570-648 H / 1174-1250 J.-C.) et les Mamelouks (548-923 H / 1250-1517 J.-C.). Il fut occupé par un village à la fin de la période ottomane (XVIIIe et XIXe siècles) et vidé de ses habitants au XXe. L'intérieur de l'enceinte conserve de considérables vestiges de ces diverses occupations. \nDe plan irrégulier de 175 x 90 m, Shawbak possède une église et une chapelle de l'époque croisée ainsi que d'importants bâtiments séculiers dont la pierre provient d'une ancienne carrière toute proche ou d'autres situées à un kilomètre à l'ouest. De nombreuses inscriptions arabes en *naskhi* permettent d'identifier les divers chantiers de reconstruction. Les impressionnantes tours en appareil rustique, les remparts et le glacis (pente pavée) entourant le château sont de remarquables exemples des fortifications du début de la période mamelouke et montrent l'évolution de l'architecture militaire de défense dans cette région.","short_description":"Le château de Shawbak fut construit en 509 H /1115 J.-C. par Baudouin Ier, fondateur du royaume latin de Jérusalem, qui le nomma le Krak de Montréal. Il est à rapprocher de deux forteresses de moindre importance de Pétra, qui permettaient aux Francs de mieux contrôler le territoire entre la mer Morte et le golfe d'Aqaba, et de menacer les relations commerciales entre la Syrie, l'Égypte et le Hedjaz. Shawbak tomba entre les mains de Salah al-Din (Saladin) en 584 H /1188. De nombreuses inscriptions arabes documentent les différentes reconstructions du château, comme les remarquables exemples des fortifications du début de la période mamelouke qui montrent l'évolution de l'architecture défensive.","dates":"VIe-VIIe siècle de l’Hégire (XIIe-XIIIe siècle J.-C.).","location":"Shawbak.","method_for_datation":"Inscriptions *in situ* et sources historiques.","bibliography":"المومني، سعد محمد، “ القلاع الإسلامية في الأردن : الفترة الأيوبية و المملوكية”، عمان، 1988، ص. 24-93. \nBrown, R. M., “Shaubak”, in D. Homes-Fredericq et J.B. Hennessey (dir.), Archaeology of Jordan, II: 2, Liège, 1989, pp. 559-566. \nKennedy, H., Crusader Castles, Cambridge, 1994, pp. 23-25.","patrons":"Baudouin Ier (r. 509-512 H / 1115-1118 J.-C.).","dynasty":"Période des Croisés ; période ayyoubide ; période mamelouke.","materials":[],"keywords":["châteaux ; krac de Montréal ; croisés ; glacis"],"author":"Ghazi Bisheh","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"8bb1aef3-8779-5dfe-8bd0-4fef627826bc":{"name":"Brûleur d’encens.","description":"Brûleur d'encens sphérique composé de deux hémisphères identiques réunis par un système à baïonnette. Il est doté de percements qui permettaient aux fumées d'encens de s'échapper. À l'intérieur, une petite coupe montée sur cardans pouvait rester en position horizontale même lorsque la sphère était déplacée, mécanisme connu sous le nom de “suspension à la Cardan.” Cet objet fait penser à une chaufferette pour les mains mais était probablement destiné à être suspendu au plafond ou accroché à une chaîne et balancé pour disséminer le parfum. \nLe décor d'incrustations d'argent, réparti en quatre cercles concentriques, recouvre toute la surface. Le bord de chaque hémisphère comporte un bandeau d'inscriptions en incrustation d'argent sur fond d'arabesques. Au-dessus figurent quatre médaillons ajourés, chacun contenant un aigle à deux têtes, alternant avec des rondeaux meublés de motifs géométriques sur fond d'enroulements d'arabesques. Aux deux pôles de la sphère figure un autre bandeau épigraphique présentant en son centre un médaillon ajouré à motif d'aigles à deux têtes et de masques à tête de lion. \nLe symbole de l'aigle à deux têtes était souvent utilisé dans les blasons de plusieurs sultans mamelouks. Cependant, il semble ici faire office de motif décoratif plutôt que d'emblème héraldique. Vers la fin du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.), les motifs figuratifs présents jusqu'alors dans le travail du métal ayyoubide furent peu à peu remplacés par les titres et les symboles héraldiques, selon le goût des clients mamelouks. Cet objet est un bel exemple de la popularité grandissante de l'inscription de titres sur les objets décoratifs mamelouks. \nIl a été fabriqué pour Badr al-Din Baysari mentionné dans l'inscription du sommet de l'objet, qui contient également les titres régaliens de deux de ses maîtres mamelouks, al-Zahiri (haut-fonctionnaire auprès du sultan Baybars en 658-675 H / 1260-1277 J.-C.) et al-Saïdi (haut-fonctionnaire auprès du sultan Baraka Khan en 675-677 H / 1277-1279 J.-C.). Baysari fut l'un des plus éminents émirs des débuts de la période mamelouke, ce que confirme la mention de “al-Maqarr al-Ali” (Sa Haute Excellence).","short_description":"Grand brûleur d'encens sphérique à décoration d'argent incrusté. Les médaillons à chaque extrémité montrent un des emblèmes héraldiques mamelouks, l'aigle bicéphale. Le brûleur porte une inscription au nom de Badr al-Din Baysari, qui était un éminent émir au début de l'ère mamelouke.","holder":"The British Museum.","initial_owner":"Badr al-Din Baysari.","dates":"675-677 de l’Hégire / 1277-1279 J.-C.","location":"Londres","dimensions":"Ø 18,4 cm.","method_for_datation":"Objet fabriqué pour Badr al-Din Baysari (m. 697/1298), confident du sultan Baybars. En plus du nom de l'émir figurent deux titres dont l'un, al-Saïdi, marque son allégeance au sultan al-Malik al-Saïd Baraka Khan (r. 675-677/1277-1279), ce qui indique que cet objet a sans doute été réalisé au cours de ces deux années.","method_for_provenance":"Ce brûleur d'encens a été réalisé pour Badr al-Din Baysari, confident du sultan Baybars et l'un des plus importants émirs syriens. À l'origine au service du dernier sultan ayyoubide, Baysari fut ensuite employé par les Mamelouks après le renversement des Ayyoubides. Cet objet a donc sans doute été exécuté en Syrie où était basé ce haut personnage. De plus, le travail du métal incrusté était florissant au cours des périodes ayyoubide et mamelouke dans ce pays.","provenance":"Syrie.","obtention":"Légué au British Museum par John Henderson en 1878.","bibliography":"*The Arts of Islam*, catalogue d'exposition, Londres, 1976, cat. n° 210. \nAtil, E., *Renaissance of Islam: Art of the Mamluks*, Washington D.C., 1981, p. 58-59. \nBarrett, D., *Islamic Metalwork in the British Museum*, Londres, 1949, planche n° 22. \nWard, R., *Islamic Metalwork*, Londres, 1993, pp. 110-111, fig. 87.","dynasty":"Mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","materials":["Cuivre jaune percé et gravé à incrustations d’argent."],"keywords":["décoration figurative ; aigle à deux têtes ; arabesques ; calligraphie"],"author":"Emily Shovelton","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"8d173c69-e270-52ea-8792-452101a75d8b":{"name":"Hôpital (*bimaristan*) Nour al-Din","alternate_name":"Maristan al-Nouri.","description":"Le *bimaristan* Nour al-Din, hôpital datant du VIe siècle H (XIIe siècle J.-C.), est l'un des plus célèbres bâtiments de Damas. Au moment de sa construction, il était considéré comme un remarquable exemple de construction novatrice et raffinée, comme en témoignent les mémoires du voyageur valencien d'al-Andalus, Ibn Jubayr. Il faisait à la fois office de lieu de soins et d'école de médecine. On raconte que le sultan mamelouk Qalawun y aurait été sauvé d'une maladie mortelle, expérience qui lui inspira l'édification de la fameuse institution cairote qu'est le complexe du sultan Qalawun. Ce *bimaristan* est aujourd'hui le Musée de la médecine et des sciences arabes. Situé non loin du souk al-Hamidiyyeh, il se remarque par ses *mouqarnas* en brique rouge de style mésopotamien décorées rythmiquement d'ampoules de verre sombre. Il est également fameux pour l'éclectisme de sa façade d'entrée, le travail du bois de ses portes et l'équilibre parfait de son plan axial symétrique à quatre *iwan*. \nL'entrée en projection perpendiculaire au bâtiment est mise en valeur par une porte monumentale à façade de *mouqarnas* de dimensions inhabituellement hautes et profondes présentant un rang d'arcs lobés à sa base et reposant sur un linteau de style classique. La porte est un important exemple de travail du bois à incrustations de cette période. Son dessinateur serait Abou al-Fadl Muhammad bin Abd al-Karim al-Hariti, connu sous le nom d'al-Mouhandis, “Le Géomètre”. À la foi médecin au *bimaristan* et dessinateur, donc, de cette porte, il fait montre ici d'une polyvalence d'expertises fréquente chez les hommes de science de cette époque. L'entrée donne sur un grand vestibule carré surmonté d'une coupole en *mouqarnas* de brique. L'adaptation du principe des *mouqarnas* en pierre reste encore à venir. Une fois à l'intérieur, ces *mouqarnas* offrent une vision fascinante d'une construction de cellules de dimensions décroissantes percées de rais de lumière. \nLe passage à travers le vestibule conduit à une grande cour rectangulaire à bassin central carré à angles à consoles. Tout autour de la cour s'élèvent quatre *iwan* voûtés : l'*iwan* occidental qui conduit à l'entrée, les *iwan* sud et nord et l'*iwan* oriental, plus vaste que les autres, face à l'entrée. Il constitue la salle principale du *bimaristan*, là où les étudiants suivaient les conférences données par des médecins réputés et pouvaient avoir accès aux manuscrits d'étude. Un lambris en marbre à inscription en style *naskhi* citant des passages du Coran sur la médecine et la guérison offre à la fois une allégorie de la fonction du bâtiment et des bénédictions. \nDominant l'angle sud-ouest de la cour, une ouverture en arc brisé en stuc ajouré se compose d'une trame d'étoiles octogonales à rinceaux floraux entrelacés.","short_description":"Charmant vestige d'un hôpital médiéval syrien, ce *bimaristan* a été construit par Nour al-Din Mahmoud bin Zangi en 549 H / 1154 J.-C. Véritable modèle d'architecture fonctionnelle, il a inspiré le *bimaristan* al-Qayman, également à Damas, et le complexe du sultan Qalawun au Caire. Les ondulations des *mouqarnas*, le linteau de style classique qui valorise la façade, la coupole en *mouqarnas* de brique rouge et la parfaite symétrie axiale des *iwan* intérieurs autour de la cour illustrent l'adaptation locale d'influences orientales importées par Nour al-Din. Le *bimaristan* fut en son temps un centre médical renommé.","dates":"549 de l'Hégire (1154 J.-C.)","location":"Damas","method_for_datation":"Un texte de fondation en quatre lignes est gravé sur une table sacramentelle en marbre en forme de fer-à-cheval encastrée dans l'*iwan* oriental.","bibliography":"Allen, T., “Ayyubid Architecture”, Occidental (publication électronique, 7e édition), 2003. \nBogard, F., *Composition et décors dans l'architecture damascène aux XIIe et XIIIe siècles : La formation d'une esthétique dans la Damas médiévale*, thèse de doctorat, Université de Provence, Aix-Marseille I, 2004. \nHerzfeld, E., “Damascus: Studies in Architecture”, Première partie, *Ars Islamica*, vol. IX, 1942, pp. 2-11 \nTabbaa, Y., “The Muqarnas Dome: its origin and meaning”, *Muqarnas*, 3, Leyde, 1985, pp. 61-76. \nSakhnini, Z., *Mathaf al-Tib wa al-'Ulum 'ind al-Arab: Bimaristan Nur al-Din* \\[Musée de la médecine et des sciences arabes : le *bimaristan* Nour al-Din\\], Damas, 1997, pp. 31-53. \nIbn Jubayr (m. 614/1217), *Rihlat Ibn Jubayr* \\[Le Voyage d'Ibn Jubayr\\], Beyrouth, 1999, p. 241.","patrons":"Nour al-Din Mahmoud bin Zangui (r. 541-569 H / 1146-1174 J.-C.)","architects":"Abou al-Fadl al-Harithi (connu sous le nom d’al-Mouhandis, “le Géomètre”).","dynasty":"Atabeg.","materials":[],"keywords":["hôpital ; stuc ; fenêtres ; mouqarnas ; écriture naskhi ; médecine ; science ; bibliothèque ; éducation ; bois incrusté ; Abou al-Fadl ; Nour al-Din Mahmoud bin Zangui ; Mésopotamie"],"author":"Abd al-Razzaq Moaz, Zena Takieddine","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"912b204e-c92a-58e3-8cab-b04e1caa9f7e":{"name":"Dôme du Rocher.","description":"Le Dôme du Rocher est l'un des plus anciens monuments islamiques encore existants. Sa forme grandiose occupe une place majeure dans l'histoire de la formation de l'art islamique en général. \nLe bâtiment de plan octogonal est surmonté par une importante coupole reposant sur un tambour circulaire. Quatre portes orientées vers les quatre points cardinaux permettent d'accéder à l'intérieur. La base des façades est revêtue de panneaux de marbre et leur partie supérieure de carreaux de céramique vernissée datant de Soliman le Magnifique, qui ordonna le remplacement de la mosaïque de verre d'origine en 952-959 H / 1245-1552 J.-C. Les panneaux de marbres ont été remplacés à plusieurs reprises. Le tambour intérieur, lui, est revêtu d'une mosaïque de carreaux de verre. La coupole actuelle est recouverte de panneaux de cuivre plaqués d'or qui ont remplacé des panneaux de plomb doré. \nL'intérieur et l'extérieur sont construits selon un plan octogonal qui encadre le Saint Rocher. Selon les croyances islamiques, ce rocher est l'endroit d'où le prophète Mohammad monta au ciel (*Mi'raj*) la nuit de son voyage de la Mecque à Jérusalem (*Isra'*). L'intérieur est soutenu par huit piliers et 16 colonnes. La rotonde repose sur des arcs en plein cintre reposant sur quatre piliers et douze colonnes et décorés sur leurs deux faces et leur intrados de carreaux en mosaïque et d'inscriptions épigraphiques. La rotonde est recouverte par une double coupole. La coupole intérieure, de 20,44 m de diamètre, est tenue pour la plus ancienne structure en bois existante. Elle est doublée de panneaux de bois décorés d'inscriptions et d'ornements géométriques incisés dans le stuc. Seize fenêtres ont été percées dans le tambour, lui-même orné d'une décoration en mosaïque et d'inscriptions tirées du Coran qui datent des diverses campagnes de restauration, les plus célèbres restant celles des période omeyyade, ayyoubide, mamelouke et ottomane. Cette coupole, sans aucun ornement décoratif, illustre la nouvelle orientation esthétique dictée par des préceptes religieux.","short_description":"Le Dôme du Rocher est le joyau de l’architecture islamique et le monument islamique le plus ancien qui n’ait pas subi de changements fondamentaux. Il procure ainsi un témoignage très important sur la création et sur la formation de l’architecture islamique et sur les premiers arts décoratifs islamiques. On le considère également comme l’un des plus beaux monuments au monde. La construction est de forme octogonale et est couverte sur ses parois extérieures de marbre et de carreaux vernissés. L’intérieur est revêtu de marbre, de mosaïques, de plâtre et de bois. La grande coupole recouverte d’or qui couronne l’édifice symbolise à elle seule Jérusalem.","dates":"72 de l’Hégire / 691 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Inscription de fondation en écriture coufique. Plusieurs historiens musulmans anciens comme al-Maqdisi al-Bichari, le fameux géographe (m. fin IVe/Xe siècle) datent la construction de l'édifice de 72/961.","bibliography":"Al-Natseh, Y., *Qubbat al-Sakhra al-Mouchrrafa: Jauhara al-Qods wa al-Masjid al-Aqsa al-Moubarak* \\[Le Dôme du Rocher : joyau de Jérusalem et première mosquée al-Aqsa\\], Jérusalem, 2002. \nCreswell, K. A. C., *Early Muslim Architecture*, vol. 1, Oxford, 1932. \nGrabar, O. et Nuseibah, S., *The Dome of the Rock*, New York, 1996. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004. \nRichmond, E. T., *The Dome of the Rock in Jerusalem: A Description of its Structure and Decoration*, Oxford, 1924.","patrons":"Le calife omeyyade Abd al-Malik bin Marwan (r. 65-86 H / 685-705 J.-C.). L’édifice a été rénové par plusieurs califes et sultans dont le calife fatimide al-Dahir (r. 411-427 H / 1021-1036 J.-C.), le sultan Salah al-Din Ayyoubi (Saladin, r. 564-589 H / 1169-1193 J.-C.) et le sultan ottoman Soliman le Magnifique (r. 926-974 / 1520-1566 J.-C.).","architects":"Raja’ bin Haïwa et Yazid bin Salaam. Le nom de l’artisan Muhammad bin Balawar est associé à la rénovation de la période fatimide. Celui de Moustafa Raqam est lié aux dernières campagnes de restauration ottomanes (XIIIe siècle H / XIXe siècle J.-C.).","dynasty":"Omeyyade.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":[],"keywords":["Mi’raj ; carreaux en céramique ; rocher ; rocher de al-Bayt al-Muqqadas ; mosaïques ; kachani ; dômes ; dômes en bois ; doubles-dômes ; octogones ; cuivre ; placage d’or"],"author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"9ac5a090-8009-512f-bf82-741324800a8f":{"name":"Manuscrit Al-Nawadar al-Sultaniya wa al-Mahasin al-Yusufiya [Raretés et mérites de Youssouf].","alternate_name":"Biographie de Saladin.","description":"Manuscrit rédigé en écriture cursive de style *naskhi* rendue partiellement illisible par la détérioration du papier. Il comprend 412 pages de 15 lignes chacune, jaunies et tachées de moisissure. \nL'auteur de l'ouvrage, Ibn Chaddad, fut nommé par Saladin (r. 564-589 H / 1169-1193 J.-C.) officier de ses troupes à Jérusalem. Il resta au service du sultan jusqu'à la mort de celui-ci puis partit pour Alep où il fit construire une *madrasa* et un *dar al-Hadith* (école d'enseignement des hadiths) et demeura jusqu'à sa mort. \nLe manuscrit est divisé en trois parties : la première couvre la naissance de Saladin, ses idées, son caractère, ses qualités morales, la deuxième concerne les circonstances de sa vie, ses guerres et ses conquêtes jusqu'à sa mort ; la troisième traite des villes et des citadelles conquises par Saladin entre 583 et 586 H / 1187 et 1190 J.-C. \nL'auteur mentionne que ses premiers contacts avec le sultan eurent lieu en 584 H / 1189 J.-C. et qu'il l'accompagna jusqu'à sa mort en 589 H / 1193 J.-C. Il précise que le récit des événements, dont il n'a pas été le témoin, s'appuie sur des témoignages de confiance. Cette biographie est considérée par les historiens comme l'une des sources les plus fiables sur Saladin, en particulier pour la dernière période de sa vie (584-589 H / 1189-1193 J.-C.). \nL'auteur donne des descriptions détaillées d'événements historiques et de batailles, mais aussi des armes utilisées par les armées islamiques et croisées. Par ailleurs, il décrit l'état social et administratif des sociétés islamiques et croisées, montrant qu'il existait des communications entre elles.","short_description":"Cette biographie du sultan Salah al-Din Ayyoubi (Saladin) écrite par son contemporain, Ibn Chaddad, étudie sa vie, ses qualités, sa personnalité, ses relations et ses guerres. Ce manuscrit de la bibliothèque de la mosquée al-Aqsa est l’un des mieux préservés ; il est admis qu’il s’agit d’une copie originale exécutée par l’auteur en personne.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","initial_owner":"Baha’ Youssouf bin Rafi’ al-Chahir bi (connu sous le nom d’Ibn Chaddad, m. 632 H / 1234 J.-C.).","dates":"626 de l’Hégire / 1228 J.-C.","location":"Jérusalem","dimensions":"L. 23,5 cm, l. 16 cm, ép. 4,5 cm.","method_for_datation":"La date figure sur le manuscrit.","method_for_provenance":"Le manuscrit précise qu'il a été copié à Jérusalem et certifié comme copie authentique par l'auteur.","provenance":"Jérusalem.","bibliography":"Conder, C. R., *The Life of Saladin* by *Beha ad-Din, compared with the Original Arabic and Annotated,* Londres, 1773. \nIbn Chaddad, Biha' al-Din, Y. (m. 632/1234), *Al-Nawadar al-Sultaniya wa al-Mahasin al-Yusufiya* \\[Raretés et mérites de Youssouf\\]. \nMaalouf, A., *Les croisades vues par les Arabes*, Paris, 1983. \nSalameh, K., *Fahras Makhtoutat Maktabat al-Masjid al-Aqsa* \\[Catalogue des manuscrits à la bibliothèque de la mosquée al-Aqsa\\], Jérusalem, 1983.","dynasty":"Ayyoubide","materials":["Encre noire sur papier."],"keywords":["Ibn Chaddad ; écriture naskhi ; biographies ; manuscrits"],"author":"Khader Salameh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"a0123f90-172b-59e1-9291-e46637556232":{"name":"Grille / clôture en fer.","description":"Grille en fer ayant servi de clôture, dont le musée possède 19 sections réunies par de fines tiges de fer. Elle est réalisée dans le style gothique dominant l'art et l'architecture croisés du VIe siècle H (XIIe siècle J.-C.). Elle entourait le rocher sous le Dôme du même nom, d'où le prophète Muhammad était monté au ciel pendant la nuit du *Mi'raj*. Elle avait pour fonction de protéger cette pierre des pèlerins chrétiens européens qui en emportaient des morceaux comme souvenirs ou reliques à donner éventuellement à leur église, au risque de déformer le rocher sacré. Cette grille d'enceinte, en mauvais état de conservation lors des travaux de restauration entrepris vers 1960, fut remplacée par une balustrade en bois de style islamique. La grille fut déposée dans les réserves du musée, où de nombreuses pièces disparurent. \nElle se compose de plusieurs parties de largeur et de hauteur identiques, à l'exception des quatre parties centrales qui mesurent 257 cm de haut. Entre chaque paire de tiges figurent 21 éléments décoratifs répétés, chacun constitué d'un petit demi-cercle de fil de fer se transformant en fleur composée de quatre volutes en spirale. Les fleurs qui se font face sont solidarisées par une attache en fil de fer. Sous des formes légèrement variées, ce motif se répète sur toute la grille. Un petit morceau de grille similaire se trouve encore dans le Dôme du Rocher.","short_description":"Clôture ou grille en fer formée d’éléments de tailles identiques et d’une décoration répétitive réunis par de fines tiges de fer. Elle est réalisée dans le style gothique qui prédominait dans l’art et l’architecture des Croisés en Palestine. Cette grille d’enceinte entourait le rocher sous le Dôme du même nom pour assurer sa protection.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","initial_owner":"Dôme du Rocher, Jérusalem.","dates":"VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Jérusalem","dimensions":"H. 230 cm, l. 570 cm, l. 30 cm.","method_for_datation":"Comparaison des techniques de fabrication et de décoration avec d'autres pièces de la période des Croisés, dont une paire de chandeliers conservée au Musée islamique de Jérusalem.","method_for_provenance":"Il est probable que cette pièce a été fabriquée à Jérusalem, comme c'était généralement le cas pour ce type de mobilier architectural réalisé in situ.","provenance":"Probablement Jérusalem.","obtention":"Pièce transférées du Dôme du Rocher au musée vers 1960.","bibliography":"Hunt, L. A., “Crusader Sculpture and the so-called Templar Workshop: A Reassessment of Two Carved Panels from the Dome of the Rock in Al-Haram al-Sharif Museum in Jerusalem”, *Palestine Exploration Quarterly*, n° 132, 2000. \nJacoby, Z., “The Provincial Impact on Crusader Sculpture in Jerusalem: More Evidence on the Temple Area Atelier”, in *Zeitschrift für Kunstgeschichte*, n° 48, 1985. \nJacoby, Z., “The Workshop of the Temple Area in Jerusalem in the Twelfth Century: Its Origin, Evolution, and Impact”, *Zeitschrift für Kunstgeschichte*,n° 45, 1982.","dynasty":"Croisés","materials":["Fer forgé, assemblage par tringles."],"keywords":["Grilles ; style gothique ; travail du métal ; croisé ; travail du fer ; décoration végétale"],"author":"Nazmi Al-Ju'beh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"a422b89c-541c-5d0c-b8ef-5292227a2201":{"name":"Gourde de pèlerin.","description":"Cette gourde, souvent appelée gourde de pèlerin, est un récipient utilisé pour transporter l'eau en voyage, en pèlerinage ou à la chasse. Elle est fabriquée au moule et se compose d'un réservoir circulaire, d'un goulot et de deux bélières. Le goulot en forme de tube cannelé est fait d'anneaux de diamètres décroissants pour permettre de boire sans perdre de liquide. Les deux bélières servent à attacher une cordelette que le voyageur à pied, à cheval ou à dos de chameau accrochait à sa hanche. \nLa surface de la panse est décorée d'un blason moulé de style mamelouk appelé *rank* en arabe. L'aigle aux ailes éployées au-dessus d'un calice flanqué de fleurs est le blason du prince Toqouztimour. On pense qu'il débuta sa carrière comme échanson, d'où la présence d'une coupe dans son blason. Lorsqu'il fut élevé au rang de gouverneur par le sultan Nasir al-Din Muhammad (r. 709-741 H / 1309-1340 J.-C.), il y a jouta l'aigle en hommage au sultan. Les roses à six pétales figurant sous le rapace sont peut-être un hommage à la famille de Nasir al-Din, les Qalawun.","short_description":"Cette gourde décorée d'un emblème, selon une mode devenue populaire pendant la période mamelouke, porte un symbole d'aigle et donne le nom de son propriétaire, le prince Toqouztimour, gouverneur mamelouk d'Hama puis d'Alep.","holder":"Musée national de Damas.","initial_owner":"Prince Toqouztimour (r. 742-746 H / 1341-1345 J.-C.), gouverneur mamelouk de Hama et d'Alep.","dates":"742-746 de l'Hégire / 1341-1345 J.-C.","location":"Damas","dimensions":"H. 27,3 cm, Ø (panse) 18,5 cm.","method_for_datation":"La présence du blason du prince Toqouztimour (r. 742-746 / 1341-1345) permet de dater cet objet, qui est similaire à d'autres de la même période.","method_for_provenance":"Cette gourde a été trouvée à Alep, mais comme le prince a été gouverneur de Hama puis d'Alep, il est également possible qu'elle ait été fabriquée à Hama. Des objets de style, de décor et de fonctions similaires sont généralement d'origine syrienne.","provenance":"Alep ou Hama, Syrie.","obtention":"Acheté en 1933.","bibliography":"Abu al-Faraj al-Ush, M., *A Concise Guide to the National Museum of Damascus*, Damas, 1969. \nAtil, E., *Art of the Mamluks: Renaissance of Islam*, Washington DC, 1981. \nCluzan, S., et al. (éds), *Syrie : Mémoire et Civilisation*, Paris, 1994. \nPorter, V., *Medieval Syrian Pottery*, Oxford, 1981. \nSoustiel, J. et Kiefer, C., *La céramique islamique*, Fribourg, 1985. \nWatson, O., *Ceramics from Islamic Lands*, Londres, 2004.","dynasty":"Période mamelouke","materials":["Terre cuite moulée."],"keywords":["Gourde de pèlerin ; terre cuite ; poterie ; moulée ; Alep ; Toqouztimour ; blason ; aigle ; coupe ; al-Nasir Muhammad"],"author":"Mona al-Moadin","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"b233b9f9-606a-5020-b525-f2dfcb494a75":{"name":"Gourde de pèlerin.","description":"Cette gourde pesante en céramique gris rose appartient au groupe des “gourdes de pèlerin”. La panse de ce type de récipient se compose habituellement de deux faces circulaires plates, chacune à large rebord évasé, et d'une bande de céramique les réunissant. Elle est légèrement concave pour que la gourde puisse tenir debout. Le col évasé se compose de deux sections délimitées par un anneau en relief. La bordure du goulot est endommagée. Deux poignées en anneau sont fixées au col et à l'épaule pour porter ou suspendre l'objet. Une même décoration figure sur les deux faces : une rosette centrale à huit pétales entourée d'un bandeau d'arabesques. Le large bandeau extérieur comprend quatre “feuilles” à double contour se détachant sur un fond de motifs de petits losanges. \nSur des gourdes similaires, le centre des faces latérales porte souvent un emblème qui peut-être celui d'un émir ou d'un sultan ayyoubide ou mamelouk. Sans être spécifiquement emblématique, la rosette peut relever de cette catégorie et constitue même l'un des plus ancien utilisés par les Ayyoubides et les premiers Mamelouks qui choisissaient généralement des modèles à six pétales. Seul un émir, Moussa bin Yaghmour (599-663 H / 1203-1265 J.-C.), semble avoir opté pour une rosette à huit pétales, comme celle-ci. Il était gouverneur du Caire sous le sultan ayyoubide al-Malik al-Salih et, en 648 H / 1250 J.-C., devint gouverneur de Damas sous le sultan al-Malik al-Mouazzam. \nCette gourde non vernissée a pu être utilisée pour transporter de l'eau. La porosité de son matériau permettait de conserver le liquide relativement frais.","short_description":"Bouteille de céramique. Ses deux faces circulaires, ses poignées de préhension et sa suspension sont caractéristiques. Elles sont décorées d'une rosette centrale à huit pétales là où les sultans et émirs ayyoubides et mamelouks apposaient généralement leur emblème.","holder":"Musée des antiquités méditerranéennes et proche-orientales (Medelhavsmuseet)","owner":"Musée national des Beaux-Arts, Stockholm. Dans le cadre de la réorganisation de ses collections en expansion, la plus grande partie des pièces d’art islamique ont fait l’objet d’un prêt permanent au Musée des antiquités méditerranéennes et proche-orientales (Medelhavsmuseet) en 1982.","dates":"VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.)","location":"Stockholm","dimensions":"H. 26,5 cm; Ø de la panse 13,6 cm, Ø goulot 7,9 cm.","method_for_datation":"Un émir ayyoubide, Moussa bin Yaghmour (559-663 H / 1203-1265 J.-C.), possédait un emblème à rose à huit pétales sans écusson.","method_for_provenance":"Moussa bin Yaghmour, auquel cette gourde peut être attribuée, était gouverneur de Damas. D'autres gourdes de pèlerin de ce type proviennent de Syrie ou de Jordanie. Celle-ci, achetée par le prince à Alep, aurait été trouvée lors de fouilles, sans doute en Syrie.","provenance":"Peut-être Syrie.","obtention":"Don du prince héritier de Suède Gustaf Adolf en 1935.","bibliography":"Florence, E. D., “Some Islamic Pilgrim Bottles”, *Berytus, Archaeological Studies* 2, 1935, pp. 5-10. \nMayer, L. A., *Saracenic Heraldry*, Oxford, 1933.","dynasty":"Période ayyoubide; début de la période mamelouke","materials":["Céramique non vernie, moulée."],"keywords":["céramique; poterie; pèlerinages"],"author":"Friederike Voigt","copy_editor":"Monica Allen","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"b6518af0-5029-5a94-8521-524613b875bb":{"name":"Citadelle d'Alep.","description":"La citadelle d'Alep est un chef-d'œuvre de l'architecture militaire islamique du Moyen Âge. Sa massive forme ovoïde et ses impressionnantes défenses délimitent une zone de sept hectares environ. La colline sur laquelle elle a été édifiée était dès longtemps utilisée comme défense (vestiges d'un temple hittite du premier millénaire av. J.-C.). Les premiers travaux d'édification débutèrent sous le prince hamdanide Sayf al-Dawla au IVe siècle H (Xe siècle J.-C.) et l'importance stratégique de la construction se confirma avec le début des croisades. \nAlors que Nour al-Din régnait sur Alep au début du VIe siècle H (XIIe siècle J.-C.), il restructura et reconstruisit les installations intérieures très fragmentées et fortifia les restes de l'ancienne place forte. Ces travaux comprenaient la construction de Maqam Ibrahim, important tombeau associé au prophète Abraham. Cependant, la plus grande partie des éléments subsistants datent de la période du fils de Saladin, al-Malik al-Dahir Ghazi, qui régna de 582 à 613 H / 1186-1216 J.-C. Il fit creuser des douves plus profondes de 22 m de large, le superbe pont, des glacis de pierre imprenables, agrandir les tours (ou *burg*) et édifier la remarquable porte d'entrée qui devait être un piège pour tout ennemi tentant d'approcher. À la différence de Damas, Alep était plus exposée aux attaques franques parties d'Édesse et de la côte occidentale ou de celles des membres de la secte ismaélienne chiite des \"Assassins\". \nAl-Dahir reconstruisit un grand nombre d'établissements civils et religieux dus à Nour al-Din, dont la Grande Mosquée aux belles proportions et le bâtiment administratif de Dar al-'Adl (maison de justice) face à la citadelle, entre lesquels certains chercheurs ont avancé l'existence d'un tunnel de liaison. Mais surtout, il fit édifier le complexe du palais royal et des bains à l'intérieur des murailles de la citadelle, ce qui représentait une nouvelle étape pour l'architecture islamique. Les résidences palatiales n'étaient généralement pas édifiées dans des forteresses, mais les problèmes de sécurité de l'époque conduisirent ici à cette solution. Le palais fut rénové par al-Aziz Muhammad en 627 H / 1230 J.-C. puis en très grande partie démoli par les Mongols. \nLes réalisations d'Al-Malik al-Dahir transformèrent radicalement l'échelle et les ambitions de la citadelle et de ses environs, et lui donnèrent l'aspect impressionnant qu'elle a conservé jusqu'à aujourd'hui. Des éléments de décor subsistent, en particulier autour des portes d'entrée. Deux des plus célèbres sont la porte du Lion et la porte du Serpent, chacune décorée de sculptures figuratives en haut relief. Les lions utilisés depuis longtemps comme emblèmes du pouvoir et de la royauté représentent ici des gardiens du trône. Les serpents et les dragons qui se mordent eux-mêmes marquent les limites d'une zone protégée et contrôlée. \nDes parties de la citadelle, en particulier le bloc de l'entrée et le pont, subirent des rénovations au cours de la période mamelouke au VIIe siècle H (XIVe siècle J.-C.), comme en témoignent leurs éléments décoratifs plus flamboyants.","short_description":"Ce chef-d'œuvre de la fortification médiévale symbolise Alep depuis le VIe s. H (XIIe s. J.-C.). Son entrée est particulièrement impressionnante. Reliant la citadelle à la ville par une rampe majestueuse, l'ouvrage comprend deux tours massives derrière lesquelles s'ouvre un corridor en forme de U qui aurait obligé les assaillants à changer six fois de direction en s'exposant aux projectiles et liquides enflammés lancés depuis des orifices ménagés dans les voûtes. La plus grande partie de la citadelle, aussi bien les bâtiments militaires que palatiaux et religieux, date de l'Ayyoubide al-Malik al-Dahir Ghazi (m. 613/1216).","dates":"VIe-VIIe siècle de l'Hégire (XIIe-XIIIe siècle J.-C.).","location":"Alep","method_for_datation":"Diverses inscriptions et sources historiques ont conservé une chronologie précise des diverses étapes de la construction et de l'évolution de la citadelle.","bibliography":"Allen, T., “Ayyubid Architecture”, Occidental (publication électronique, 7e édition), 2003. \nEttinghausen, R., Grabar, O. et Jenkins-Madina, M., *Islamic Art and Architecture 650-1250*, New Haven, 2001. \nHerzfeld, E., *Matériaux pour un Corpus Inscriptionum Arabicarum: Syrie du Nord*, Deuxième partie, Inscriptions et monuments d'Alep, 3 vol., Le Caire, 1954-1956, p. 12. \nBurns, R., *Monuments of Syria: An Historical Guide*, Londres-New York, 1999. \nTabbaa, Y., *Constructions of Piety and Power in Medieval Aleppo*, Pennsylvanie, 1997. \nQujjeh, M., \"Al-'Amara fi 'ahd Sayf al-Daoula al-Hamadani \\[L'architecture à l'époque de Sayf al-Din al-Hamadani\\]\", *Al-Ma'rifa* 2006, numéro 508, pp. 280-284. \nIbn Shaddad, Izz al-Din (m. 1285), *Al-A'laq al-Khateera fi dhikr Oumara al-Cham w al-Djazira* \\[Au cœur des noms de souverains de la Grande Syrie et d'al-Djazira\\], Damas, 1953.","patrons":"Nour al-Din Mahmoud bin Zangi (m. 569 H / 1174 J.-C.) ; al-Malik al-Dahir Ghazi (m. 613 H / 1216 J.-C.) ; al-Malik al-Aziz Muhammad (m. 634 H / 1236 J.-C.).","architects":"De nombreux architectes, maçons et artisans ont pris part à cette construction. L'implication du maître architecte Thabit bin Chaqwayq sous le règne de Nour al-Din est documentée par des sources historiques. Ingénieur en chef, il fut tué lors de l'effondrement du bloc supérieur de l'entrée en 600 H / 1204 J.-C.","dynasty":"Périodes zenguide, ayyoubide et mamelouke.","materials":[],"keywords":["Citadelles ; palais ; douves ; forteresses ; défenses ; architecture militaire ; Sayf al-Daoula al-Hamadani ; Nour al-Din Mahmoud bin al-Zangi ; al-Malik al-Dahir Ghazi bin Salah al-Din ; Alep ; sculptures de pierre figuratives ; sculptures de pier"],"author":"Abd al-Razzaq Moaz, Zena Takieddine, Samer Abd al-Ghafour","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"b6eaa68e-89bb-5d41-9802-1508be85c8ac":{"name":"Mausolée de Saladin (Salah al-Din).","alternate_name":"Madrasa al-'Aziziyya.","description":"Le tombeau de Saladin se trouve près de l'angle nord-ouest de la Grande Mosquée omeyyade. Mort en 589 H / 1193 J.-C., le sultan fut initialement enterré dans la citadelle de Damas jusqu'à ce que son fils al-Malik al-Afdal Nour al-Din, souverain de Damas, achève la construction du mausolée. Le corps du défunt y fut transféré le jour de *l'achoura* en 592 H / 1195 J.-C. Peu après, son autre fils, al-Malik al-Aziz Othman (Othman II), souverain de l'Égypte, décida de faire construire une *madrasa* attachée au tombeau de son père – d'où son nom de *madrasa* al-'Aziziyya. Les conditions de la mort et de l'inhumation de Saladin sont clairement connues par des sources historiques reposant sur le témoignage visuel d'Imad al-Din al-Isfahani (m. 597 H / 1201 J.-C.), confident du sultan et grand administrateur. \nLa construction du tombeau est typiquement damascène : une chambre de plan carré à murs traités en style *ablaq* et quatre arcs soutenant une coupole. Le passage du carré au cercle s'effectue par un tambour à deux degrés, le premier octogonal, le second à 16 côtés. L'intérieur de la chambre funéraire est habillé de carreaux bleu et vert ottomans de technique *qachani* datant du XIe siècle H (XVIIe siècle J.-C.). Un décor plus subtil s'observe dans les motifs floraux et géométriques en pierre peinte au-dessus des arcs. \nAu centre de la pièce se trouvent deux sarcophages. Celui en marbre blanc est un don de l'empereur allemand Guillaume II à l'occasion de sa visite à Damas en 1903. À côté se trouve le cénotaphe original en bois, chef-d'œuvre de marqueterie géométrique. Il est décoré de motifs géométriques, astraux, floraux et végétaux. \nLa chambre funéraire occupe l'angle sud-ouest du monument. Une salle servant à la récitation du coran est accessible sur le côté est et une série de cinq pièces plus petites se succèdent le long du côté nord. De l'extérieur et de sa connexion à la *madrasa* al-'Aziziyya, peu d'éléments subsistent.","short_description":"Considérée comme un site saint, la tombe de Saladin se trouve à proximité immédiate de la Grande Mosquée omeyyade. Le mausolée a été édifié par ses fils après sa mort en 589 H / 1193 J.-C. et son corps y a été transféré en 592 H / 1195 J.-C. Son architecture est typique du style ayyoubide damascène : pièce carrée à murs en pierre de couleurs alternées et coupole. Le sarcophage est un très bel exemple de l'art du bois ayyoubide. Un second sarcophage, en marbre blanc, a été offert à Damas par l'empereur d'Allemagne en 1903.","dates":"589-592 de l'Hégire / 1193-1196 J.-C.","location":"Damas","method_for_datation":"Les inscriptions originales ont été modifiées, mais les récits historiques ayyoubides contemporains contiennent des comptes-rendus des funérailles de Saladin. Les comparaisons stylistiques avec d'autres monuments ayyoubides damascènes confortent la datation au VIe/XIIe siècle.","bibliography":"Allen, T., “Ayyubid Architecture”, Occidental (publication électronique, 7e édition), 2003. \nBurns, R., *Monuments of Syria: An Historical Guide*, Londres-New York, 1999. \nMoaz, A. R., “Note sur le mausolée de Saladin à Damas : son fondateur et les circonstances de sa fondation”, *Bulletin d'études orientales*, V, 1989, pp. 39-40, 184-189. \nSauvaget, J., \"Le cénotaphe de Saladin\", *Revue des arts asiatiques*, 1930, pp. 168-175. \nMoaz, K., \"Madafin al-Moulouk wa al-Salateen fi Dimachq \\[Les tombeaux de rois et sultans à Damas\\], *Annales archéologiques syriennes*, vol. I, Deuxième partie, 1951, pp. 235-253.","patrons":"Al-Malik al-Afdal Nour al-Din Ali (r. 582-592 H / 1186-1196 J.-C.)","dynasty":"Période ayyoubide.","materials":[],"keywords":["Mausolée ; cénotaphe ; carreaux qachani ; travail du bois ; al-Malik al-Aziz Othman (Othman II, en turc Osman II) ; Guillaume II"],"author":"Abd al-Razzaq Moaz, Zena Takieddine","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"bfab383a-8a92-580d-828e-595be606bc38":{"name":"Peinture.","description":"Fragment d'une scène de bataille peinte à la gouache sur papier. À gauche, deux archers derrière un rempart crénelé tendent leurs arcs, prêts à tirer sur l'ennemi. Un personnage barbu monté sur un cheval dont la plus grande partie est cachée par la muraille brandit une épée dans la main droite et un bouclier dans la gauche. Il est sur le point d'attaquer ou vient juste de tuer son adversaire, dont le corps est rejeté en arrière comme s'il était blessé ou s'apprêtait à jeter sa lance. Au centre, un autre personnage pointe sa lance vers un soldat armé d'un large glaive et protégé d'un bouclier rond. \nLa majorité des œuvres découvertes à Fustat sont Fatimides ; aussi, lors de l'acquisition de cette peinture par le British Museum, on a pu penser que c'était également le cas ici. Cependant, certains détails suggèrent une date postérieure, comme les boucliers en forme d'écu allongé, d'un type introduit par les Normands et qui ne fut pas utilisé en Égypte avant la fin du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.).","short_description":"Fragment de peinture à la gouache représentant une scène de bataille découvert à Fustat (Le Caire). C'est l'une des rares peintures qui nous soient parvenues de la période médiévale. La date n'en est pas certaine ; elle est soit fatimide, comme bon nombre d'œuvres sur papier mises au jour à Fustat, soit ayyoubide du VIIe s. H / XIIIe s. J.-C.","holder":"The British Museum.","dates":"VIIe siècle de l’Hégire (XIIIe siècle J.-C.).","location":"Londres","dimensions":"H. 21 cm, l. 31,4 cm.","method_for_datation":"Précédemment, cette peinture était datée de la période fatimide, mais de récentes recherches ont montré que les types de heaume ou de turban des personnages de gauche ressemblaient à des coiffures similaires observées dans des manuscrits illustrés produits en Syrie au VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.). De même, le personnage en haut à droite porte un bouclier en écu allongé d'un modèle normand non utilisé en Égypte avant la fin du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.). De plus, l'appareillage de bandeaux alternés de brique rouge et jaune rappelle la maçonnerie *ablaq*, caractéristique des architectures ayyoubide et mamelouke, mais absente des constructions fatimides. Il est donc plus que probable que cette peinture ait été réalisée en Égypte au VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.), plutôt qu'au cours de la période fatimide.","method_for_provenance":"La peinture a été trouvée dans une fouille à Fustat, au Caire.","provenance":"Fustat, Égypte.","obtention":"Acheté en 1938.","bibliography":"Contadini, A., *Fatimid art at the Victoria and Albert Museum*, Londres, 1998, p. 13. \nGray, B., “A Fatimid Drawing”, *British Museum Quarterly*, XII, 1938, p. 91-6. \n*L'Orient de Saladin au temps des Ayyoubides* (catalogue de l'exposition présentée à l'Institut du monde arabe, Paris, 22 octobre 2001-10 mars 2002), Paris, 2001, cat. n° 62, p. 94.","dynasty":"Ayyoubide","materials":["Gouache sur papier."],"keywords":["Peinture figurative"],"author":"Emily Shovelton","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"ca942ff7-606f-5ad2-bbe5-0716cf554458":{"name":"Éperon.","description":"Faisant initialement partie d'une paire, cet éperon se fixait à la chaussure, sur les côtés de la cheville, la pointe partant de la base du talon. Un cavalier (membre de la cavalerie, archer à cheval, chevalier) l'utilisait pour commander sa monture. L'éperon se compose d'un arceau percé à ses deux extrémités pour passer la sangle de fixation autour du pied. Du centre de l'arceau part une tige terminée par une pièce conique, la pointe. La forme de l'arceau à deux branches droites indique qu'il n'a pas pu être fabriqué après le VIe siècle H (XIIe siècle J.-C.), tandis que la présence des deux trous montre qu'il est sans doute postérieur à 1100.","short_description":"Tout chevalier, cavalier ou archer à cheval croisé devait faire fixer au talon de ses chaussures des éperons comme celui-ci. Le Croisé européen utilisait l’éperon pour commander sa monture.","holder":"The Burrell Collection, Glasgow Museums.","dates":"Vers le VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Glasgow","province":"Écosse","dimensions":"L. 15,2 cm, l. 8 cm.","method_for_datation":"Analyse artistique. Des recherches approfondies sur les armes et armures européennes montrent que les branches droites de cet éperon n'ont pu être fabriquées après le VIIIe/XIIe siècle, tandis que les trous percés à leurs extrémités militent en faveur d'une fabrication postérieure à 1100.","provenance":"Europe du Nord (Allemagne ou Autriche).","obtention":"Pièce appartenant à la collection offerte à la ville de Glasgow par Sir William et Lady Burrell en 1944.","bibliography":"Nicolle, D., *The Crusades*, Oxford, 1988.","dynasty":"Croisés","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":["Fer."],"keywords":["objet militaire ; croisé ; pèlerinage"],"author":"Noorah Al-Gailani","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"ce38f20b-4ae7-5ca9-bfa6-3a9eefa8c478":{"name":"Panneau commémoratif.","description":"Au milieu du VIIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.), le sultan al-Dahir Baybars entreprit de repousser les Mongols qui avançaient vers l'égypte. En 664 H / 1265 J.-C., il occupa le royaume arménien de Cilicie et la ville de Sis (Kozan), alliée aux Mongols dans leur guerre contre les musulmans. De retour en égypte à l'issue de cette campagne, il s'arrêta dans la ville de Homs et visita la mosquée du Compagnon (du prophète Muhammad) Khalid bin al-Walid (m. 21 H / 642 J.-C.), surnommé l’épée de Dieu, qui avait commandé les troupes musulmanes contre les forces byzantines au temps du Prophète. Baybars ordonna d'achever un panneau qui se trouvait au-dessus de la tombe de Khalid pour commémorer sa victoire en Cilicie. \nCe panneau fait partie d'une série qui décorait la mosquée. Sa forme générale est rectangulaire, mais sa partie supérieure est incurvée. Cinq lignes de texte en écriture *thoulouth* sont sculptées dans le bois : \n(1) Au nom de Dieu, de Clémence et de Miséricorde, cette construction dans le sanctuaire de l'épée de Dieu et Compagnon du Prophète de Dieu, Khalid bin al-Walid, que Dieu soit satisfait de lui, a été commandée \n(2) par le Seigneur Sultan al-Malik al-Dahir, pilier de la religion, souverain de l'Islam et des Musulmans, tueur des incroyants et des polythéistes, tueur des rebelles \n(3) et des insurgés, celui qui restaure la justice dans les deux mondes, roi des deux mers, souverain des deux *qibla*, serviteur des deux saints sanctuaires, grâce de la souveraineté, sultan des Arabes, des Perses et des Turcs, \n(4) souverain du temps et compagnon du Coran, Baybars al-Salihi, associé au Commandeur des Fidèles, que Dieu soutienne son règne contre ses ennemis, à \n(5) \\[Homs\\] pour la victoire en l'an six cent soixante-quarante \\[*sic*, lire quatre\\] après l'Hégire. \nLe texte est décoré de motifs végétaux de fine exécution et conserve des traces de couleur verte et noire.","short_description":"Le texte sculpté sur ce panneau en bois de santal commémore la victoire du sultan mamelouk al-Dahir Baybars sur les alliés des Mongols en Cilicie et associe la mémoire de ce grand souverain à celle d'autres grands guerriers musulmans.","holder":"Musée national de Damas.","initial_owner":"Sultan al-Dahir Baybars (r. 658-676 H / 1260-1277 J.-C.).","dates":"664 de l'Hégire / 1265 J.-C.","location":"Damas","dimensions":"H. 77 cm, l. 133 cm.","method_for_datation":"L'inscription spécifie l'année de la réalisation de ce panneau : 664 de l'Hégire (1265).","method_for_provenance":"L'inscription mentionne que le panneau était destiné à la mosquée Khalid bin al-Walid. Il a probablement été réalisé sur place.","provenance":"Mosquée de Khalid bin al-Walid, Homs, Syrie.","obtention":"En 1952, la Direction générale des musées et antiquités fut informée que de très anciens panneaux de bois d’intérêt historique étaient conservés dans un placard de la mosquée de Khalid bin al-Walid et avaient besoin d'être réparés. Des techniciens de la Direction les restaurèrent avant qu'ils n'entrent dans la collection du musée en 1953.","bibliography":"Abu al-Faraj al-Ush, M., *A Concise Guide to the National Museum of Damascus*, \nDamas, 1969.","dynasty":"Période mamelouke","materials":["Bois de santal indien sculpté."],"keywords":["Bois de santal indien ; bois sculpté ; bois peint ; Hims (Homs) ; mosquée de Khalid bin al-Walid ; sultan al-Dahir Baybars ; Mongols ; Cilicie ; royaume d'Arménie"],"author":"Mona al-Moadin","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"d3cd72eb-4da3-52ee-8fe8-e450b2d00a90":{"name":"Dinar (pièce d'or).","description":"Pièce de monnaie en or datant des Croisés, d'une valeur comparable à celle du dinar. Une fois installés dans la région, les Européens se livrèrent rapidement à un important commerce. Pour que leur monnaie soit reconnue par le marché, ils frappèrent des pièces similaires à celles du pays et inscrivirent les indications de frappe en arabe. Cette pièce reprend un prototype fatimide. Son inscription est composée selon trois cercles concentriques. Elle a été frappée en Acre en 1251 J.-C. (549 H), sous le règne du roi de France Louis IX (1214-1270 J.-C.) qui conduisit les VIIe et VIIIe Croisades. La frappe de ces pièces fut initiée par un nouveau légat papal arrivé au printemps 1250 qui considérait que l'utilisation de monnaies au nom du prophète ou de souverains musulmans était un blasphème. Il en interdit la frappe, qu'il remplaça par des pièces à symboles chrétiens et texte délibérément frappé en langue arabe, souvent erronée. \nCette pièce présente les inscriptions suivantes en écriture de style *naskhi* : \nAvers \nCentre \" : Dieu est un\", le terme arabe pour Dieu (Ilah) est incorrect. \nAnneau intérieur : \"Le Père, le Fils et le Saint Esprit\" \nAnneau extérieur : \"Frappé en Acre en l'an mil deux cent cinquante et un, de l'incarnation de notre Seigneur\". Cette phrase est suivie d'une croix flanquée de deux points. \nRevers \nCentre : Une croix flanquée de deux points en diagonale. \nCercle intérieur : Petite croix flanquée d'une paire de points de chaque côté à proximité de la croix centrale. L'inscription dit : \"Notre résurrection, notre salut sont en lui, protégez-nous.\" \nCercle extérieur : Sur le périmètre, une forme probable de croix entre deux points et la phrase : \"Nous sommes fiers de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, en lui est notre paix.\" \nUn certain nombre de mots sont mal orthographiés et le texte présente de nombreuses erreurs linguistiques qui rendent sa lecture difficile.","short_description":"Ce dinar en or a été frappé par les Croisés en Acre. Pour éviter de perturber les activités économiques, les Croisés battirent monnaie dans le style islamique, à partir du prototype fatimide à inscriptions en arabe disposée en trois cercles concentriques auxquels s'ajouta une croix.","holder":"Musée national de Damas.","dates":"649 de l'Hégire / 1251 J.-C.","location":"Damas","dimensions":"Ø 2,3 cm, poids 3,17 g.","method_for_datation":"La date est spécifiée dans l'inscription (1251).","method_for_provenance":"L'inscription indique que la pièce a été frappée en Acre.","provenance":"Acre, Palestine.","obtention":"Achat en 1948.","bibliography":"Delpont, E. (éd.), *L’Orient de Saladin : l’art des Ayyoubides*, Paris, 2001.","dynasty":"Période des Croisés","materials":["Or frappé."],"keywords":["Pièces de monnaie ; dinar ; or ; frappe ; Acre ; croisé ; roi Louis IX ; croix; numismatique"],"author":"Mona al-Moadin","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"dd44c4b3-03fc-5979-8e45-d6162ea57c5a":{"name":"Épée.","description":"Bien que cette épée n'ait pas été trouvée en territoire croisé, elle est un exemple typique des armes utilisées par les chevaliers et guerriers occidentaux en Terre sainte. Elle possède une lame à double tranchant qui se termine par une pointe effilée. De chaque côté de la lame, une gorge allège son poids pour la rendre plus pénétrante et plus efficace sans affecter sa résistance. La poignée est dotée d'un pommeau en forme de roue chanfreinée incrustée d'un côté d'un décor en cuivre composé d'une croix, et de l'autre de trois demi-cercles reliés en leur milieu par trois lignes. Ce type de pommeau apparaît vers le Ve siècle H (XIe siècle J.-C.), au moment où les lames gagnent en longueur. Malgré le faible nombre d'artefacts laissés par les Croisés, les manuscrits européens contemporains et leurs miniatures, ainsi que les sculptures de certains monuments, décrivent avec une grande précision le type d'armes et d'armures qu'ils utilisaient à cette période.","short_description":"Même si elle n’a pas été trouvée en territoire franc au Moyen-Orient, cette épée est typique de celles ramenées de Terre sainte et utilisées par des guerriers et des chevaliers européens. Des manuscrits européens d’époque médiévale décrivent avec une précision remarquable les armures et les armes des Croisés.","holder":"The Burrell Collection, Glasgow Museums.","dates":"Vers le VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Glasgow","province":"Écosse","dimensions":"L. 119,4 cm, dont le pommeau (4,8 cm), la poignée (10 cm) et la lame (104 cm).","method_for_datation":"Analyse stylistique. Plusieurs exemples assez précis de ce type d'épée sont fournis par des miniatures européennes contemporaines ornant des manuscrits et des sculptures en pierre, confirmant que les chevaliers croisés venus d'Europe en Terre sainte utilisaient ce type d'épée.","provenance":"Europe du Nord continentale.","obtention":"Pièce appartenant à la collection offerte à la ville de Glasgow par Sir William et Lady Burrell en 1944.","bibliography":"Coe, M. D., *et al.*, *Swords and Hilt Weapons*, New York, 1989. \nNicolle, D., *The Crusades*, Oxford, 1988.","dynasty":"Croisés","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":["Fer, avec incrustations de cuivre sur le pommeau."],"keywords":["objet militaire ; croisé ; pèlerinage"],"author":"Noorah Al-Gailani","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"df881eea-95c8-5db6-825d-d04360d53ffd":{"name":"Machaf mamelouk.","description":"*Machaf* (manuscrit coranique) à reliure en cuir brun très foncé composée d'un recto, d'un verso et d'un rabat de fermeture. L'ornementation rappelle les *machaf* mamelouks dans le jeu des lignes traçant des figures géométriques entrelacées qui créent à leurs intersections des champs de dimensions variées meublés d'ornements estampés. Les marges des deux couvertures sont parcourues de divers filets décoratifs formant le cadre. L'intérieur est orné d'un cercle de taille moyenne estampé entouré de demi-cercles. \nLe folio 1b-2a comprend deux pages rédigées à l'encre noire en écriture *thoulouth* dont les lettres se terminent en enluminures. Chaque page contient 10 lignes, chacune entourée de filets. Le folio 2b-3a constitue le frontispice. Il se compose de deux pages contenant deux cartouches identiques recouvrant la plus grande partie de l'espace et apparaît meublé d'un décor de lignes géométriques s'entrecoupant. Elles définissent ainsi des champs de tailles variées, chacun étant meublé d'une fleur de taille adaptée à la zone qui la contient. Les panneaux décoratifs sont bordés en partie supérieure et inférieure par un bandeau enluminé qui reprend le texte d'un verset du Coran tiré de la sourate “al-Waqi'ah” (L'échéance, LVI, 76-82). Le décor végétal qui entoure ces bandeaux et les quatre côtés du panneau est traité en or et bleu. Le folio 3b-4a contient les pages d'ouverture du *machaf*. Identiques, elles sont toutes les deux rédigées sur cinq lignes en écriture *thoulouth* enluminée. Le texte est encadré de motifs végétaux. Celui des pages restantes est en écriture de style *thoulouth* rédigée à l'encre noire. Les marques de pause sont en forme de fleurs de couleur or, bleue et brune. Le nom de “Majesté” (al-Djalala) et la *basmala* (“Au nom de Dieu, le maître de Clémence, la source de Miséricorde”) sont écrits à l'or. Le numéro de la sourate et celui du verset sont écrits en blanc souligné de noir sur un fond or à vagues sur fond bleu, éventuellement rouge, dans un large bandeau doré qui forme un cadre rectangulaire. Les deux dernières pages qui contiennent les trois dernières sourates sont écrites à l'or.","short_description":"Coran mamelouk complet sous deux reliures en cuir décorées de lignes géométriques entrelacées. Il s’ouvre sur deux panneaux décoratifs identiques ornés de deux fleurs. Le texte est rédigé en style *thoulouth* à l’encre noire. Les marques de pause se présentent sous la forme de fleurs en doré, bleu et brun. Les enluminures sont surtout utilisées pour les noms de chapitres, les numéros de versets et lors de l’apparition du mot “Majesté”.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","initial_owner":"Cadi (juge) Tadj al-Din Abi Ichaq al-Maliki (mort en 771 H / 1369 J.-C.).","dates":"Avant 771 de l’Hégire / 1369 J.-C. ; pendant les dates d’existence du propriétaire d’origine.","location":"Jérusalem","dimensions":"L. 47 cm, l. 32 cm, ép. 11 cm.","method_for_datation":"Par rapprochement avec les dates de son propriétaire d'origine, le cadi Tadj al-Din Abi Ichaq al-Maliki (mort en 771/1369).","method_for_provenance":"Le style d'écriture et de décoration comme la reliure en cuir militent en faveur de l'égypte. Ce *machaf* est typique des manuscrits égyptiens produits en égypte à cette époque.","provenance":"Égypte.","obtention":"L'ouvrage a été transféré du Haram al-Ibrahimi (mosquée d'Abraham) à Hébron (al-Khalil) où il avait été donné pour récitation au Musée islamique en 1927.","bibliography":"Al-'Asqalani, Ahmad bin 'Ali bin Hajar (m. 852/1448), *Al-Dourar al-Kamina fi al-A'yan al-Mi'a al-Thamina* \\[La précieuse joaillerie des personnalités du huitième siècle\\], vol. 1 et 6, Hyderabad, 1972. \nSalameh, K., *Al-Makhtoutat al-Qor'aniya fi al-Mouthaf al-Islami fi al-Haram al-Charif, al-Qods* \\[Les manuscrits coraniques au Musée islamique du Haram al-Charif, Jérusalem\\], Paris, 2003. \nAl-Maqrizi, Taqi al-Din, A. (m. 845/1442), *Al-Soulouk li Ma'arifat douwal al-Moulouk* \\[Les voies justes pour connaître les terres des souverains\\], vol. 2 et 3, Le Caire, 1971. \nAl-Chaja'i, Chams al-Din, *Al-Malik al-Nasir Muhammad bin Qalawun Salihi wa Awladahou* \\[Le monarque al-Nasir Muhammad bin Qalawun Salihi et ses Fils\\], Fisbadan, 1978.","dynasty":"Période mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","materials":["Encres de couleur sur papier, dorures, couverture en cuir estampé."],"keywords":["Enluminures ; reliures en cuir ; écriture thoulouth ; décoration estampée ; décoration végétale ; décoration géométrique ; Coran ; machaf ; papiers"],"author":"Khader Salameh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"e1e587a5-e3ec-54cd-a541-b98bd284ead1":{"name":"Tour d'al-Dahir Baybars.","description":"Le plan au sol est approximativement en trois quarts de cercle. La partie haute des murs orientés est et nord est ornée d'un important groupe de lions sculptés dans la pierre, d'où le nom de “tour du Lion” longtemps porté par cette construction. Cet animal était l'emblème du sultan Baybars. Celui-ci, en dehors de l'édification de cette tour, rénova plusieurs citadelles de la région du Cham (Bilad al-Cham, nom arabe traditionnellement donné à la région regroupant la Syrie, la Jordanie, le Liban, Israël et la Palestine), dont la citadelle d'Ajloun en Jordanie. La tour s'était peu à peu trouvée enterrée, mais fut remise au jour en 1983, à l'occasion de la construction du musée de la police, édifié sur une partie de ses vestiges, sa base restant sous le niveau du sol et donc invisible.","short_description":"Quand le sultan Baybars al-Bunduqdari pénétra dans la citadelle en 659 H / 1260 J.-C., une nouvelle ère débuta dans l'histoire de l'Égypte. Il est appelé le vrai fondateur de l'État mamelouk, qu'il gouverna durant 17 ans. Il repoussa les attaques des Moghols et des Croisés et réinstaura le califat abbasside en Égypte après la chute de Bagdad. Il installa un nouveau calife, al-Moustansir Billah, pour régner sur les régions islamiques. La tour porte le blason en forme de lion de son mécène.","dates":"658-676 de l'Hégire / 1260-1277 J.-C.","location":"Le Caire","method_for_datation":"Sources historiques comme le *Khitat* d'al-Maqrizi ; recherches de Creswell (1924) sur la Citadelle du Caire – l'auteur mentionne que la construction de la tour a été ordonnée par le sultan Baybars.","bibliography":"Casanova, P., “Histoire et Description de la Citadelle du Caire”, *Mémoires de la mission archéologique française du Caire*, n° 6, Paris, 1897. \nCreswell, K. A. C., “Archaeological Researches at the Citadel of Cairo”, *Bulletin de l'Insitut francais d'archéologie orientale,* n° 23, Le Caire, 1924, pp. 89–167. \nRabbat, N., *The Citadel of Cairo*, Genève, 1989. \nZaki, Abd al-Rahman,* Qal'a Salah al-Din al-Ayyoubi wa ma hawlaha min al-Athar* \\[La citadelle de Salah al-Din al-Ayyoubi et les monuments voisins\\], Le Caire, 1970. \n*Art mamelouk, splendeur et magie des sultans*, p. 78.","patrons":"Sultan al-Dahir Baybars (r. 658-676 H/1260-1277 J.-C.).","dynasty":"Mamelouke.","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","materials":[],"keywords":["tours ; décoration figurative ; architecture de guerre ; architecture militaire"],"author":"Tarek Torky","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"e67f38ec-fa2d-5d97-b5a7-c6d7c6f6bd23":{"name":"Mosquée al-Aqsa.","description":"La mosquée al-Aqsa est une construction rectangulaire édifiée à l'intérieur du Haram al-Charif sur une plate-forme qui compense la pente nord-sud du site du Haram. Le plan actuel est l'aboutissement de diverses reconstructions et modifications au cours du temps, et qui font encore débat parmi les historiens et les chercheurs. \nLes premières étapes de la construction remontent au calife Omar bin al-Khattab (r. 13-23 H / 634-644 J.-C.) qui éleva un *mihrab* et une petite mosquée sur le site de l'édifice actuel. Moujir al-Din (m. 928 H / 1521 J.-C.), historien qui fait autorité sur l'histoire de l'architecture à Jérusalem, mentionne que c'est le calife Omar qui, en dégageant le Haram de divers vestiges, découvrit le rocher sacré. Il prit plusieurs avis sur la position idéale de la mosquée et reçut le conseil de la construire au nord du rocher, ce qu'il refusa en disant : “Mais c'est sa façade qui doit servir de *qibla*, comme le prophète de Dieu a fait *qibla* les façades de nos mosquée.” Vers 49-50 H / 670 J.-C., le fameux voyageur Arculfe nota que la mosquée se trouvait dans la partie méridionale du Haram, érigée sur de grands piliers de bois et à l'aide de matériaux récupérés dans les environs, et qu'elle avait été agrandie jusqu'à pouvoir recevoir 3 000 fidèles. Rien ne reste de ce bâtiment d'origine appelé *masjid* al-'Oumari qui fut rénové au début de 65 H / 685 J.-C. \nLa mosquée al-Aqsa fut construite sous le règne d'Abd al-Malik. Elle compte 15 arcades qui ont souffert d'un certain nombre de tremblements de terre et ont été restaurées à plusieurs reprises. Aucune n'a été intégralement préservée, à l'exception de celles du mur sud. \nSous les Croisés, la mosquée fut transformée en église. Un important retrait, qui existe encore, fut aménagé sur le côté est correspondant au plan des églises qui ouvrent vers l'Orient. \nLa mosquée actuelle possède neuf entrées, dont sept sont situées dans le mur nord, l'une dans le mur ouest et la dernière à l'est. Le mur nord est doublé par une colonnade composée de sept piliers de pierre soutenant des voûtes entrecroisées. Elle donne sur la place du Haram al-Charif par une importante ouverture sous un vaste arc brisé. \nLe plan au sol de la mosquée mesure 50 x 80 m. Il comprend sept nefs orientées nord-sud, la centrale étant la plus large et la plus haute. Les trois colonnades ouest sont soutenues par d'importants piliers, celles de l'est par une succession de colonnes de marbre importées d'Italie lors de la restauration de cette partie par le Haut Conseil islamique dans la première moitié du XXe siècle. à l'extrémité sud de la nef centrale s'élève une coupole hémisphérique en bois soutenue par des trompes. Au-dessous se dresse un superbe *mihrab* édifié sur l'ordre de Salah al-Din Ayyoubi (Saladin) lorsqu'il libéra la mosquée de l'occupation croisée en 583 H / 1187 J.-C.","short_description":"L’édifice actuel est le résultat de nombreuses interventions architecturales, toutes les dynasties qui gouvernaient l’État islamique ayant laissé leur marque sur le bâtiment, qui a également souffert de tremblements de terre successifs. La dernière catastrophe est le fait d’un incendie criminel en 1969. Il ne reste pas grand-chose de l’aspect originel du bâtiment (omeyyade) ; sa forme a évolué au cours d’une rénovation et d’une restauration permanentes ; il a été allongé et non pas élargi, comme dans le cas des mosquées omeyyades. Il est aujourd’hui constitué de sept rangées de colonnes, la nef la plus large se trouvant au milieu, et il est surmonté d’un toit pignon. L’édifice est lié au miracle de l’ascension du Prophète, le site est d’ailleurs mentionné dans le Coran.","dates":"65-96 de l’Hégire / 685-715 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Inscriptions, sources historiques et résultats des fouilles archéologiques.","bibliography":"Creswell, K. A. C., *Early Muslim Architecture*, Oxford, 1932. \nHamilton, R. W., *The Structural History of the Aqsa Mosque: A Record of Archaeological Gleanings from the Repairs of 1938-1842*, Londres, 1949. \nAl-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004.","patrons":"Calife Abd al-Malik bin Marwan (r. 65-86 H / 685-705 J.-C.) et al-Walid bin Abd al-Malik (r. 86-96 H / 705-715 J.-C.). L’édifice a été restauré à plusieurs reprises sous les règnes du calife abasside Abou Ja’far al-Mansour (r. 136-158 H / 754-775 J.-C.), du calife al-Mahdi (r. 158-169 H / 775-785 J.-C.), du calife fatimide al-Dahir (r. 411-427 H / 1021-1036 J.-C.), du sultan Salah al-Din Ayyoubi (Saladin, r. 564-589 H / 1169-1193 J.-C.), du sultan mamelouk al Nasir Muhammad bin Qalawun, qui régna à trois reprises (693-694 H / 1294-1295 J.-C. ; 698-708 H / 1299-1309 J.-C. ; 709-741 H / 1309-1340 J.-C.), et d’un certains nombre de souverains ottomans.","dynasty":"La construction date de la période omeyyade ; les rénovations ont été effectuées au cours des périodes abbaside, fatimide, ayyoubide, mamelouke et ottomane.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":[],"keywords":["Mosquées de congrégation ; haram ; bâtiments religieux ; mosquées"],"author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"fc08aed9-57d3-59a7-83b4-abccf4770360":{"name":"Chandelier de Qalawun.","description":"Chandelier en cuivre composé d'une base, d'un corps cylindrique et d'une tige cylindrique terminée par un binet. Trois bandeaux décoratifs entourent sa base, relativement large. Le premier est orné de motifs arrondis séparés les uns des autres par des polygones. Le deuxième présente des demi-feuilles entrelacées qui s'enchaînent en collier. Le troisième comporte un motif évoquant un épi de blé. Le corps rappelle celui d'un autre chandelier d'al-Nasir Muhammad ibn Qalawun également conservé au musée. \nIl présente une importante inscription en bandeau rédigée en grands caractères *naskhi* qui remplit pratiquement toute sa surface. L'espace laissé libre est entièrement meublé de motifs végétaux entremêlés. L'inscription dit : “Possession de notre seigneur, le grand émir, l'omniscient, le juste, le souverain, le victorieux.” L'inscription est interrompue par deux médaillons circulaires composés chacun d'un cercle extérieur à fleurs de lotus et d'un cercle intérieur meublé d'une importante fleur. Le corps s'achève par deux bandeaux de décor végétal du même style que celui du reste de l'objet. \nLe binet est vierge de tout décor, ce qui laisse penser qu'il n'est pas original, car il aurait dû comporter également une inscription. Il a probablement été remplacé en même temps que la tige à une date inconnue. La tige, également dépourvue de décor, témoigne du déclin de l'artisanat à la fin de la période mamelouke. On observe des similarités frappantes entre ce chandelier et un autre ayant également appartenu à al-Nasir Muhammad ibn Qalawun, ce qui suggère que ces deux luminaires ont pu être réalisés par le même artisan à la même période.","short_description":"Chandelier en cuivre recouvert de fines décorations végétales. Ses inscriptions épigraphiques, à l’intérieur de médaillons, sont rédigées en grands caractères mamelouks de style *naskhi*, sur un arrière-plan de décoration végétale. Ces inscriptions sont dédiées au souverain al-Nasir Muhammad ibn Qalawun, qui en dota Haram al-Ibrahimi à Hébron.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","initial_owner":"Sultan mamelouk al-Nasir Muhammad ibn Qalawun, qui régna à trois reprises : 639-694 H / 1294-1295 J.-C., 698-708 H / 1299-1309 J.-C. et 709-741 H / 1309-1340 J.-C.","dates":"693-741 de l’Hégire / 1294-1340 J.-C.","location":"Jérusalem","dimensions":"H. 38,5 cm, H. (tige) 19,5 cm, Ø 23,5 cm.","method_for_datation":"La pièce mentionne une date dans son inscription, ainsi que le nom du sultan Qalawun.","method_for_provenance":"Au vu de l'analyse de la technique de fabrication et de la décoration et d'une comparaison avec des chandeliers similaires détenus par le Musée islamique du Caire produits à la même période, l'origine cairote semble probable.","provenance":"Probablement Le Caire, Égypte.","obtention":"Objet transféré de la mosquée al-Ibrahimi d'Hébron (al-Khalil) au musée après 1967.","bibliography":"Abu Khalaf, M., *Islamic Art Through the Ages: Masterpieces of the Islamic Museum of al-Haram al-Sharif*, Jérusalem, 1998. \nAbu Khalaf, M., “Three Candlesticks from the Islamic Museum of al-Haram al-Sharif”, *Levant*, n° 20, 1988.","dynasty":"Période mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","materials":["Cuivre gravé incrusté d’argent."],"keywords":["Écriture naskhi ; décoration épigraphique ; décoration végétale ; chandeliers ; gravure ; cuivres incrustés d’argent"],"author":"Nazmi Al-Ju'beh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"fc210313-c572-52b3-ab9c-6ec080f0812a":{"name":"Lampe à huile.","description":"Lampe en verre composée de trois parties, un piédouche, une panse et un col, entièrement recouverts d'un décor végétal d'une remarquable exécution. Son décor polychrome est réalisé à la peinture et à l'émail et présente de nombreuses traces d'or. Il comporte des inscriptions et le blason du donateur. Son col évasé, pratiquement conique, est décoré de motifs végétaux et d'un bandeau épigraphique rédigé en écriture *thoulouth* mamelouke. L'inscription de 8 cm de haut en bleu foncé reprend des extraits d'un verset de la sourate du Coran “al-Tauba” (La repentance IX, 18) : “ Qu'ils visitent seuls les temples de Dieu, ceux qui croient en Dieu et au jour dernier…” Le verset est interrompu par trois médaillons circulaires à pastille centrale rouge ; à l'intérieur de la pastille figure un gobelet d'or, blason de l'émir Tankaz al-Nasiri. Le bandeau décoratif entre la panse et le col est constitué de huit fleurs de lotus alignées. La panse est ornée d'une inscription assez importante sur fond bleu foncé ; elle se lit : “Ceci a été commandé par le Sublime, notre Seigneur, l'émir al-Sayfi Tankaz, soutien des Mamelouks honorés et protégés d'al-Cham \\[Syrie\\].” L'inscription est interrompue par six anneaux auxquels s'attachent des chaînes de suspension. En dessous, un second bandeau décoratif contient une inscription ornée de motifs végétaux. La partie inférieure de la panse, juste au-dessus du piédouche, contient six médaillons, dont trois emblasonnés, et trois à motifs végétaux. Le piédouche de 4 cm de haut et évasé vers le bas est orné de trois bandeaux meublés d'une décoration végétale à l'or.","short_description":"Cette lampe en verre, entièrement recouverte d’un décor végétal complexe remarquablement exécuté, est peinte en plusieurs couleurs, avec émail et dorure. Le corps comporte une inscription dorée et le blason du donateur, l’émir Tankiz al-Nasiri, sur fond bleu foncé. La lampe est ornée de plusieurs médaillons décoratifs.","holder":"Musée islamique, mosquée al-Aqsa / Haram al-Charif.","initial_owner":"Émir Tankaz al-Nasiri, représentant du sultan en al-Cham (Grande Syrie) en 712-740 H / 1312-1340 J.-C., sous le règne du sultan mamelouk al-Nasir Muhammad ibn Qalawun, qui régna à trois reprises : 639-694 H / 1294-1295 J.-C., 698-708 H / 1299-1309 J.-C. et 709-741 H / 1309-1340 J.-C.","dates":"712-740 de l’Hégire / 1312-1340 J.-C.","location":"Jérusalem","dimensions":"H. 33 cm, Ø (ouverture) 18 cm.","method_for_datation":"L'inscription mentionne le nom du propriétaire de l'objet, l'émir Tankaz al-Nasiri, dont les dates sont connues.","method_for_provenance":"Ce type de lampe apprécié pendant la période mamelouke était généralement fabriqué au Caire ou à Damas. L'émir Tankaz résidant dans cette ville, il est probable que la provenance de ce modèle soit damascène.","provenance":"Probablement Damas ou le Caire.","obtention":"Lampe transférée du Haram al-Ibrahimi (mosquée Ibrahimi) à Hébron (al-Khalil) au musée en 1967.","bibliography":"Abu Khalaf, M., *Islamic Art Through the Ages: Masterpieces of the Islamic Museum of al-Haram al-Sharif*, Jérusalem, 1998.","dynasty":"Période mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","materials":["Verre peint, émaillé et doré."],"keywords":["Écriture thoulouth ; écriture thoulouth mamelouke ; verre doré ; verre peint ; décoration épigraphique ; décoration végétale ; lampes"],"author":"Nazmi Al-Ju'beh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"},"fe0665ae-557f-5721-993c-8b5887d08251":{"name":"Qubbat al-Su’ud (dôme de l’Ascension).","description":"Qubbat al-Su'ud (le dôme de l'Ascension) est un petit bâtiment commémoratif indépendant de plan octogonal à l'extérieur, circulaire à l'intérieur. Il se dresse au centre d'un espace de plan irrégulier entouré de murs. La construction est en blocs de pierre de dimensions moyennes de couleur blanche devenus gris avec le temps. \nL'édifice est d'origine byzantine (17 H / 638 J.-C.). Les Croisés le remplacèrent en 492-583 H / 1099-1187 J.-C. par une construction octogonale sans toiture qui fut restaurée puis abandonnée sous les Ayyoubides après la bataille de Hattin (583 H / 1187 J.-C.). Elle fut ensuite transformée en mosquée à la seule condition que les chrétiens puissent continuer à l'utiliser lors de leurs fêtes religieuses et même en période normale sans restrictions ni conditions. \nLa construction actuelle se compose de trois parties. La première, le “corps”, consiste en huit arcs brisés reposant sur des piliers flanqués de colonnes de marbre se terminant par des chapiteaux ornés de représentations d'animaux et de personnages associés à la présence chrétienne. Les arcs, ouverts à l'origine, ont été obturés à la période ayyoubide. Une porte a été aménagée sur la façade ouest et les motifs des chapiteaux ont été restaurés. \nLa seconde partie est le tambour de forme circulaire qui fait transition entre le corps et la coupole. Il ne possède aucune ouverture, à l'exception d'une fenêtre allongée sur la façade ouest. \nLa troisième partie est la coupole hémisphérique recouverte de tessères et couronnée d'un petit croissant en pierre. \nL'entrée est mise en valeur par un passage carrelé. à l'intérieur, le sol est également carrelé de tessères. L'emplacement légèrement surélevé de “l'empreinte du pied du Christ” au moment de son ascension est entouré d'un cadre de pierre. Du côté sud se trouve un *mihrab* installé sous les Ayyoubides. Une importance particulière est attribuée à ce lieu par la religion musulmane, tout autant qu'à la relique chrétienne que représente l'endroit d'où le Christ est monté au ciel.","short_description":"C’est un bâtiment commémoratif situé sur les hauteurs du sommet voisin du Mont sacré des Oliviers qui domine Jérusalem. De l’extérieur, le bâtiment présente une forme octogonale, alors qu’à l’intérieur le plan est circulaire. Sur ce site s’élevait une église byzantine, qui avait été construite pour commémorer l’ascension du Christ au Paradis. Les caractéristiques distinctives de cet édifice byzantin furent totalement modifiées par les Francs et Salah a-Din al-Ayyoubi (Saladin). Le site est sacré à la fois pour les musulmans et pour les chrétiens.","dates":"595 de l’Hégire / 1198 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Comparaison avec les coupoles du Haram al-Charif ; sources historiques, dont des journaux de voyage. Des fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour des fragments de céramiques byzantines qui confirment l'origine de l'édifice.","bibliography":"Abu Rayya, R., *Al-Mawqi' al-Islamiya 'ala Djabal al-Zaytoun* \\[Le site islamique sur le mont des Oliviers\\], mémoire de maîtrise, Université d'al-Qods, 1999. \nAl-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973. \nBieberstein, K. et Bloedhorn, H., J*erusalem Grundzuege der Baugeschichte vom Chalkolithikum bis zur Fruhziet der Osmanischen Herrschaft*, vol. III, Wiesbaden, 1994. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004. \nPierotti, E., *Jerusalem Explored*, Londres, 1864.","patrons":"Inconnu. La rénovation et l’adjonction du *mihrab* ont sans doute été ordonnées par le sultan Salah al-Din Ayyoubi (Saladin, r. 564-589 H / 1169-1193).","dynasty":"Dynastie ayyoubide, sous les Croisés.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","materials":[],"keywords":["Ascension ; architecture commémorative ; dômes ; églises ; mosquées"],"author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez"}}
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