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{"b9f45d10-d71e-5257-ae76-2101795443e2":{"name":"Samanide","also_known_as":"","area":"Transoxiane - aujourd’hui Ouzbékistan, Tadjikistan, sud du Kirghizistan et sud-ouest du Kazakhstan. Khorassan (Iran) et Afghanistan.","history":"L’Empire samanide (819-999), aussi connu sous le nom d'Émirat Samanide, était au cœur de la région historique de la Transoxiane et du Khorassan. Il comprenait l’Afghanistan actuel, une grande partie de l’Iran, du Turkménistan, de l’Ouzbékistan, du Kirghizistan, du Tadjikistan et des parties du Kazakhstan et du Pakistan. La dynastie samanide, dont les fondateurs étaient originaires de la région de Sogdiane, régna sur la Transoxiane pendant deux siècles. Ils revendiquaient leur descendance du héros sassanide Bahram Chobin, et furent nommés par les Abbassides pour régner sur certaines régions de la Transoxiane. \n \nLes quatre petits-fils du fondateur de la dynastie, Saman Khoda, reçurent des provinces en récompense pour leurs loyaux services au Calife abbasside Al-Ma'mûn. Nuh reçut Samarcande ; Ahmad, Ferghana ; Yahya, Shash ; et Elyas, Hérat. Le fils d’Ahmad, Nasr, devint le souverain de la Transoxiane en 875, mais ce fut son frère et successeur, Ismail I (892-907), qui renversa les Saffarides au Khorassan (900) et les Zaydites du Tabaristan, établissant ainsi un règne semi-autonome sur la Transoxiane et le Khorassan, choisissant Boukhara comme capitale. \n \nIsmail conquit de nombreuses régions et son royaume s'étendait ainsi sur toutes les régions qui comprennent aujourd’hui l’Asie centrale, l’Afghanistan et l’est de l’Iran. Ismail était non seulement un politicien fort et capable, mais aussi un souverain juste qui apporta des changements positifs, en réduisant par exemple la lourde imposition et en confisquant les terres illégalement détenues. Son fort régime politique assura la sécurité de ses terres en Transoxiane et de sa capitale, Boukhara. Le successeur d’Ismail, Nasr II, ne fut cependant pas capable de régner comme son prédécesseur. Sous la contrainte de la garde turque, il dût partir, celle-ci devint souveraine à la cour et avec l’aide des Qarakhanides, mit fin au règne des Samanides en 999. \n \nSous le règne des Samanides, la stabilité à travers l’empire permit de mener à bien de nombreux progrès en termes de commerce, d’agriculture, d’architecture, de construction, de monnaie, de textiles et de travail du métal. En outre, les Samanides étaient les protecteurs de la poésie et de la littérature. La nouvelle poésie et littérature persane était produite et appréciée, posant les fondations de la littérature persane moderne. Ce fut dans le monde des Samanides que fut écrit le premier Shâhnâmeh, que les savoirs arabes furent traduits en persan, et que Roudaki et Daqiqi composèrent leurs odes. À ce moment-là, la langue persane avait acquis un « haut » statut. Par conséquent, elle commença à être parlée à la cour et les commandes de prose et de poésies persanes augmentèrent. \n \nBibliographie \n● Herzig, Edward and Stewart, Sarah (eds), The Idea of Iran, vol. 5 : Early Islamic Iran, London: I. B. Tauris, 2012. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"AH 204–395","date_description_ad":"AD 819–1005"},"31ce1f02-7f90-58b4-be58-74a7ce5f450b":{"name":"Maison de Muhammad Ali","also_known_as":"","area":"L’Égypte et le Soudan","history":"L’Égypte est restée une des provinces sous domination de l’empire ottoman pendant trois siècles (923–1220/1517-1805). Toutefois, l’expédition française menée par Bonaparte en Égypte en 1213/1798 marque la fin du règne direct des Ottomans sur le pays. \nEn 1218/1803 Muhammad Ali, le général de la brigade ottomane des Albanais à la solde du sultan ottoman, réussit à déloger l’armée française et fut nommé gouverneur du pays par un décret du sultan ottoman. Le droit de succession fut garanti à sa descendance par un autre décret en 1257/1841. Ainsi l’Égypte devint un État indépendant sous le wali (gouverneur) Muhammad Ali. \nSon règne fut marqué par de profondes réformes et un dense programme de développement. Des canaux furent creusés, des ponts restaurés, pendant que des écoles et des usines de toutes se créaient par tout le pays. Un grand nombre de mosquées, de *sabil* (fontaines publique) et de palais furent construits par des architectes et travailleurs étrangers, et de nouveaux éléments de firent ainsi leur apparition dans l’architecture et la décoration. Dans le bâtiment, le bois et la brique prirent le pas sur la pierre, et les élégantes mosaïques traditionnelles de marbre furent remplacées par le marbre blanc et l’albâtre, et les moucharabiehs (jalousies) par des fenêtres modernes. Les décors s’ouvrirent aux fleurs, aux grappes de vigne et aux peintures de paysages rococo. Ces éléments artistiques, apportés d’Europe par des artistes italiens, avaient déjà cours en Turquie au XIIe/XVIIIe siècle, mais les artistes turcs adaptèrent ce nouveau style au goût local et aux meilleures traditions islamiques. \nParmi les successeurs de Mohammed Ali se comptent Abbas Ier (1264-1270/1848-1854), Sa'id (1270-1280/1854-1863), qui commença le percement du canal de Suez, Ismaïl (r. 1280-1296/1863-1879, m. 1312/1895), qui, à l’occasion de l’inauguration du canal de Suez, entreprit le développement architectural du Caire, qu’il voulait à l’image de Paris, avec des jardins comme al-Azbakiyya et un opéra. Il construisit le palais Abdine où il transféra le siège du gouvernement depuis Citadelle. \nLe dernier roi de la dynastie fut Farouk Ier (1355-1371/1936-1952), un arrière-petit-fils de Mohammed Ali. 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Son successeur et neveu al-Hassan ibn Marwan ne régna que brièvement, mais il parvint à faire tomber les Hamdanides, fondant ainsi le pouvoir de son émirat. Mumahhid al-Dawla Sa’id accéda au trône en 387 H / 997 J.-C. mais fut déposé par son frère Nasr al-Dawla Ahm en 401 H / 1011 J.-C. \nLe long règne de Nasr al-Dawla jusqu’en 453 H /1061 J.-C. fut la période la plus brillante des Marwanides. De bonnes relations s’établirent avec les Byzantins et les Fatimides, et de nombreux monuments furent construits, notamment à Diyarbakır, Silvan, Nusaybin et Hassankeyf \\[Hısn Kayfa\\]. La mort de Nasr al-Dawla en 453 H / 1061 J.-C. entraîna un conflit dans son état, qui fut bientôt partagé entre ses fils Sa’id II et Nizam al-Dawla Nasr. Le premier régna à Diyarbakır et dans sa région, tandis que le second régna à Silvan. Nizam al-Dawla Nasr prit Diyarbakır en 455 H / 1063 J.-C., mais se soumit rapidement à la souveraineté des Grands Seldjoukides en 463 H / 1071 J.-C. 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La capitale de l’émirat de Menteche était Beçin (Peçin), Muğla, Milas, Balat, Çine, Tavas, Fethiye et Eskihisar étant les villes les plus importantes. \nContrairement aux émirats turcs, Menteche disposait d’une puissante marine, très efficace en Méditerranée et dans la mer Égée. Après la mort de Menteche Bey en 681/1282, son successeur et fils Massoud Bey conquit Rhodes en 700/1300. Rhodes fut reprise par les chevaliers de Saint-Jean en 714/1314. Malgré tous ses efforts, Orhan Bey, qui succéda à son père en 1320, échoua à récupérer l’île. Ibrahim Bey devint le bey de l’émirat vers 1340 et mourut vers 1360. Le territoire fut alors divisé entre ses trois fils. Beçin, Milas et Balat furent données à Moussa Bey ; Muğla et Çine à Mehmed Bey ; Fethiye et Marmaris à Ahmed Ghazi. Avec la mort de Moussa Bey peu de temps après, sa partie fut également divisée en deux pour revenir aux deux autres frères : Ahmed Ghazi reçut Beçin et Milas tandis que Mehmed Bey hérita de Balat, Muğla et Çine ; et l’émirat continua avec deux branches. Le sultan ottoman Yıldırım Bayézid annexa l’émirat en 792/1390. Ahmed Ghazi mourut l’année suivante. Ayant vaincu Yıldırım Bayezid à la bataille d’Ankara en 805/1402, Timour (le Boiteux) rétablit l’émirat de Menteche en même temps que les émirats anatoliens. Mehmed Bey, qui redevint beg de ses émirats, mourut peu de temps après. Lui succéda son fils Ilyas Bey, qui se soumit aux Ottomans sous Mehmed Ier, en 817/1414. 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Ils compteront dans leurs rangs des princes de grande valeur comme le dey Othman, qui sut imposer son autorité, et Youssouf Dey, pour la prospérité et la longévité de son règne (1610-1637). \nLe XVIIe siècle sera consacré en grande partie aux deys mouradites, qui ne résisteront pas aux luttes fratricides et aux guerres civiles. \nLa suprématie des beys va triompher avec la dynastie husseinite, du nom de son fondateur Hussein ibn Ali. Elle sera prospère et donnera au pays quantité de belles réalisations. Son règne va durer de 1705 à 1957. \nLa période turque est celle des influences étrangères, andalouse et européenne, qui ont modelé le cachet des villes et des campagnes et développé le goût de l’appareil et du décor. \nLes Turcs furent de grands bâtisseurs. Nous leur devons des chefs-d’œuvre, dont on citera à titre indicatif : \n– À Tunis : la mosquée Youssouf Dey, la mosquée de Hammouda Pacha, la mosquée Jamaa al-Jadid, la mosquée de Bey M’hamed, le mausolée de Aziza Othmana, Turbet al-Bey, une dizaine de *madrasa*, Dar al-Bey, Dar Othman, Dar Hussein. Des travaux ont été entrepris à la Grande Mosquée de la ville. \n– Des quartiers de la médina doivent aux Turcs leur lustre et leur cachet, tel celui de al-Halfaouine, dans le faubourg nord, où se dressent encore les belles œuvres architecturales d’un grand complexe comprenant, entre autres édifices, une mosquée, deux *madrasa*, un mausolée et un palais. \n– À l’intérieur du pays, les Turcs ont eu une activité architecturale intense : palais, ouvrages défensifs – construction de forts, de casernes, de fortifications de villes comme Kairouan –, ponts, ouvrages hydrauliques dont nombre de fontaines-abreuvoirs.","date_description_ah":"981–1375 H","date_description_ad":"1574–1956 J.-C."},"f1cbe826-876f-50ce-b965-80fab0039660":{"name":"Ottomans","also_known_as":"","area":"Anatolie, Balkans, territoires arabes de l'Irak à l'Algérie","history":"La dynastie ottomane, qui régna plus de 600 ans sur la partie orientale de la Méditerranée, a signé un chapitre majeur de l’histoire du monde dans la région et au-delà. L’émirat ottoman, l’un des nombreux émirats de l’Anatolie occidentale, fait irruption sur la scène de l’Histoire avec Osman Bey, lequel étendit rapidement son territoire en signant des traités avec d’autres émirats – ou en leur déclarant la guerre – à une époque de chaos dans l’Anatolie des XIVe et XVe siècles. Les Ottomans survécurent aussi à la tornade mongole et s’imposèrent comme une puissance considérable dans la région. Avec leur armée et leur marine, devenue une invincible armada, les Ottomans prirent Istanbul en 1453 et devinrent un empire. Leur hégémonie atteignit son zénith sous le règne de Soliman le Législateur (également connu sous le nom de Soliman le Magnifique) (1520-1566), leur territoire s’étendant alors de l’Europe au Moyen-Orient et au nord de l’Afrique. Comportant une pléthore de cultures, l’empire se transforma en un empire culturel tentant de garder, améliorer et établir des interactions au sein de la mosaïque ethnique et religieuse à l’intérieur de son territoire. Le caractère oriental, dominant jusqu’au XVIIIe siècle, commença à être influencé, suite aux changements politiques, par des vents soufflant de l’ouest, qui s’affirmèrent au XIXe siècle. Le pouvoir dominant pendant la période d’Ascension réussit à construire une authentique et très efficace synthèse dans ses relations avec d’autres États, mais pendant les périodes Stationnaire et de Déclin, la pression extérieure affaiblit considérablement l’empire et le conduisit à la chute finale. Par ailleurs, les réformes du XIXe siècle ne réussirent pas à s’imposer en profondeur, et les vues réformistes éclairées se voyaient régulièrement contrecarrées par le dogmatisme religieux. 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Sous le règne d’Ouzoun Hassan (1457-1478 après J.-C.), les Aq Qoyunlu contrôlaient un territoire allant de l’est de l’Anatolie (1378–1503 après J.-C.) à l'ouest du Khorassan iranien, territoire qui comprenait également l’Irak et le golfe Persique. Ils furent finalement vaincus par les Ottomans et les Safavides. \n \nLe premier souverain Ad Qoyunlu fut Tur Ali (fils de Pahlavan), qui gouverna entre 740-750 de l’hégire/1339-1349 après J.-C, une période marquée par les conflits armés contre les forces de Trébizonde. Pour rétablir la paix, en 753 de l’hégire/1352 après J.-C, le fils de Tur-Ali, Fakhr al-Din Kutlu, fut marié à la sœur de l’empereur du Trébizonde, Alexis III (1349–1390 après J.-C). Trébizonde fut protégée des attaques des Ad Qoyunlu jusqu’à ce qu’elle tombe aux mains des Ottomans en 865 de l’hégire/1461 après J.-C. Tur-Ali mourut entre 753 de l’hégire/1352 après J.-C. et 764 de l’hégire/1363 après J.-C. Son successeur Kutlu mourut en 791 de l’hégire/1389 après J.-C. Le pouvoir fut transmis au fils de Kutlu, Ahmad, qui fut ensuite remplacé par son frère Qara Yülük Uthman, ou Kara Osman. \n \nKara Osman rejoignit le souverain Timour en 802 de l’hégire/1399-1400 après J.-C., participa à ses campagnes à Sivas et à la bataille d'Ankara (804 de l’hégire/1402 après J.-C.). En échange, Timour nomma Kara Osman émir et souverain officiel de la tribu des Aq Qoyunlu. La confédération des Aq Qoyunlu obtint également la cité fortifiée d’Amed (Diyarbakır), qui fut leur capitale pendant soixante-dix ans. \n \nÀ la mort de Kara Osman en 839 de l’hégire/1435 après J.-C., les Aq Qoyunlu, alliés aux Timourides, étaient devenus une autorité incontestable dans la région de l’Arménie et de Diyarbakırm. Kara Osman choisit pour héritier son fils Ali, mais ce dernier ne put garder le pouvoir face aux figures masculines de sa famille. Il renonça à son titre de souverain en 841 de l’hégire/1438-1439 après J.-C. et s'exila de lui-même en Égypte. Hamza, le frère d’Ali, fut un souverain puissant des Aq Qoyunlu, jusqu’à sa mort en 848 de l’hégire/1444 après J.-C. \n \nCe fut sous le règne d’Ouzoun Hassan (Hassan le Long) que les Aq Qoyunlu furent réunifiés et gagnèrent en puissance. En 862 de l’hégire/1458 après J.-C, il envahit la Géorgie et fut alors connu sous le nom de “ghazi” (“combattant pour la foi”), et renoua l’amitié entre les Aq Qoyunlu et l’empire de Trébizonde. En outre, il épousa la princesse comnène Théodora, formant ainsi une alliance qui monta en puissance face à la menace des Ottomans. Cependant, l’arsenal et la force des Ottomans demeuraient supérieurs. De par ce déséquilibre militaire, Ouzoun Hassan renonça à leur déclarer la guerre. Durant l’été 873 de l’hégire/1468 après J.-C., Ouzoun Hassan vainquit les Qara Qoyunlu et conquit l'Azerbaïdjan. \n \nLe souverain timouride Abou Saïd Mirza régnait sur Hérat depuis 855 de l’hégire/1451 après J.-C. lorsqu’il fut fait prisonnier et exécuté par Ouzoun Hassan. Ses adversaires à présent éliminés, Ouzoun Hassan marcha sur l’Iran occidental, annexa les provinces iraniennes jusqu’au Khorassan et transféra son gouvernement à Tabriz. Cependant, il ne réussit pas à asseoir sa domination sur les Timourides du Khorassan. À la fin de 875 de l’hégire/au début de 1471 après J.-C., Ouzoun Hassan déplaça ses troupes du Khorassan à la frontière occidentale, créant ainsi une amitié entre Tabriz et Hérat. Néanmoins, ses intérêts à Qaraman étaient conflictuels à ceux des Ottomans et des Mamelouks. \n \nOuzoun Hassan mourut la veille de Chawwal, en 882 de l’hégire/le 5-6 janvier 1478 après J.-C. Avant sa mort, il contra la défiance de son fils Oughourlou Mohammad en nommant comme héritier le frère de celui-ci, Khalil. Mais Khalil fut tué peu de temps après, en rabia II 833 de l’hégire/juillet 1478 après J.-C., lors d’une lutte armée avec son frère de quatorze ans Ya\\`qûb et ses partisans, près de Koy. Ya\\`qûb s’empara du pouvoir et régna pendant douze ans. Il mourut dans des circonstances mystérieuses le 11 safar 896 de l’hégire/le 24 décembre 1491 après J.-C. Durant son règne, il avait convaincu les partisans de Khalil de se rallier à lui. Néanmoins, Ya\\`qûb n’était nullement intéressé par les intérêts religieux du peuple et de leurs pratiques, et perdit ainsi de larges groupes de partisans, notamment les Turkmènes. À la mort de Ya\\`qûb, les Aq Qoyunlu se livrèrent à des luttes constantes pour le pouvoir. \n \nBaysonqur, le fils de Ya\\`qûb, fut couronné à l’âge de huit ans en 896 de l’hégire/1491 après J.-C., sous la tutelle de Ṣufi Kalil Beg Mawsellu. Néanmoins, il fut expulsé de Tabriz en rajab, 897 de l’hégire/mai 1492 après J.-C. par son cousin Rustam (descendant de Maksud, descendant d’Ouzoun Hassan), qui était soutenu par les tribus Pornak et Kadjar. Baysonqur fut tué en 898 de l’hégire/1493 après J.-C. Rustam tenta de réconcilier l’ordre religieux et les ordres soufis populaires. \n \nEn 902 de l’hégire/1497 après J.-C., Rustam fut destitué par son cousin Ahmad Gövde (“nain”) (fils d’Ughurlu Muhammad), alors revenu de son exil en territoire ottoman. La politique d’Ahmad provoqua une révolte des émirs, qui le vainquirent et le tuèrent en rabia II 903 de l’hégire/en décembre 1497 après J.-C. À la mort d’Ahmad, l’empire Aq Qoyunlu continua de se désagréger. Le dernier sultan Aq Qoyunlu fut Murâd (fils de Ya\\`qûb) ; il monta sur le trône grâce à l’aide des troupes ottomanes mais fut destitué et tué par les troupes Qizilbash d’Ismaïl Ier. Les dernières tribus des Aq Qoyunlu furent absorbées dans d’autres groupes, tels que les Qizilbash. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"779 – 908","date_description_ad":"1378 – 1503"},"2cf9d6c6-0226-5c5d-8710-c052cc2ac4c7":{"name":"Al Busaïd","also_known_as":"","area":"Oman, Zanzibar","history":"La dynastie Al Busaïd, aussi connue sous le nom de Maison d'Al Saïd, était une lignée de souverains comprenant le sultanat d'Oman (1744-1856), le sultanat de Mascate et Oman (1856-1970) et le sultanat de Zanzibar (1856-1964). Fondée par Ahmad ibn Saïd al-Busaïdi, souverain d’Oman et des territoires africains à l'Est, la dynastie Al Busaïd régna sur la région pendant 250 ans. Sous les 39 ans de règne d'Ahmad ibn Saïd al-Busaïdi, la Marine royale d'Oman eut une présence forte dans l'océan Indien, la seconde seulement après la Marine britannique. Elle expulsa facilement les forces persanes de la région tout en protégeant les navires ottomans dans le Golfe d’Oman et dans l'océan Indien. \n \nL’histoire moderne d’Oman fut témoin de deux systèmes différents de gouvernance : *l'imamat* et le sultanat. Un *l'imamat* peut faire référence au bureau de l’Imam ou à son autorité spirituelle. Les imams sont les autorités spirituelles qui peuvent exercer un contrôle sur une région en particulier. Pour recevoir l’imamat, le souverain doit être élu. \n \nL’imam Ahmad ibn Saïd al-Busaïdi (1741-1783) établit le système du sultanat pendant son règne. Ce fut la première séparation établie entre les deux systèmes politiques. Il sauva Oman d’une guerre civile, restaura sa place au sein du système afro-asiatique et du système maritime, et sa contribution fut décisive dans la construction de l’histoire moderne d’Oman - une histoire du sultanat par opposition au système de *l'imamat*. En 1741, il reçut *l'imamat*. L’attitude ferme d’Ahmed envers l’hégémonie coloniale fut remarquable. Elle devint visible lorsqu’il empêcha la Compagnie britannique des Indes orientales de s’installer à Muscat. Le long règne d’Ahmad ibn Saïd al-Busaïdi (environ 39 ans) fut aussi le témoin de changements et de nouvelles tendances dans la société d’Oman. Son règne forgea non seulement une vision nouvelle d’un système politique, mais contribua aussi à poser les fondations d’une nouvelle identité politique, nationale et culturelle. \n \nAhmad ibn Saïd al-Busaïdi mourut en 1778 ; son fils lui succéda, Saïd ibn Ahmad, un souverain pieux qui divisa les devoirs entre les fonctionnaires du palais par fonctions religieuse, administrative ou militaire. Saïd ibn Ahmad garda son *imamat* et alla à Rustaq, où il demeura jusqu’à sa mort en 1811. En 1783, son fils, Hamad ibn Saïd, décida de déplacer sa cour dans la ville côtière de Muscat et fit de la ville sa capitale politique. Il prit également le titre de sultan, asseyant ainsi son pouvoir. \n \nHamad ibn Saïd fut un souverain capable qui fit beaucoup pour le pays pendant ses huit années de règne. Il facilita une réforme politique lors des premières étapes dans la transition mais mourut subitement en 1792. À sa mort, le système politique d’Oman fut divisé en trois parties : Saïd ibn Ahmad, l’imam officiel, resta à Rustaq ; Saïd bin Sultan (qui succéda à Hamad ibn Saïd) garda la base de son pouvoir à Muscat ; et enfin Saïf, le troisième fils d’Ahmad ibn Saïd al-Busaïdi, prit la ville de Sohar (située près d’Hormuz) pour asseoir son pouvoir. Ainsi en 1793, et avec la participation des Britanniques, l'État islamique d’Oman, qui avait été une nation unifiée, était à présent fragmentée en trois politiques distinctes. \n \nAprès son accès au trône en 1792, Saïd bin Sultan (1792-1804) usa de son pouvoir et de son intellect pour restaurer la place qu’avait Muscat sous le règne de son père Ahmad. Oman devint une alliée de la France en Afrique de l’Est et dans l’océan Indien, notamment à un moment où les Britanniques commençaient à représenter un danger pour Oman, l’Inde et tous les pays du Golfe. \n \nSaïd bin Sultan accéda au pouvoir en 1806, à l'âge de 17 ans, suite à la mort de son père et régna pendant un demi-siècle jusqu’à sa mort en 1856. Il fut le premier Sayyid d’Oman, reçut le titre de sultan et fut aussi appelé « Le Grand ». Oman devint une puissance commerciale et maritime majeure dans l’océan Indien pendant son règne. Son successeur fut Thuwaïni ibn Saïd ibn Sultan al-Busaïd, le troisième fils de Saïd bin Sultan, et régna de 1858 à 1866. \n \nEntre 1866 et 1970, Oman connut six souverains. Enfin, de 1970 à 2020, Oman fut dirigée par le sultan Qabus ibn Saïd, qui modernisa la région. L’héritier actuel au trône depuis 2020 est le sultan Haïtham ben Tariq. \n \nBibliographie \n● Ghubash, Hussein, Oman - The Islamic Democratic Tradition, London and New York: Routledge, 2006. \n● Jones, Jeremy and Ridout, Nicholas, A History of Modern Oman, Cambridge (UK) and New York: Cambridge University Press, 2016. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"AH 1167– aujourd’hui","date_description_ad":"AD 1754– aujourd’hui"},"5be23b1b-ff3d-5174-b866-6358dc1299f4":{"name":"Sassanide","also_known_as":"","area":"Perse, Irak, Afghanistan, Anatolie, Jordanie, Bahreïn, Égypte and Syrie (sous domination romaine)","history":"L’empire sassanide fut le second empire persan à régner sur l’Iran (224-651) et un des plus grands et plus puissants empires de la fin de l'Antiquité. La dynastie était connue sous le nom d’Eranshahr (ou « l'Empire iranien »). Ce fut le plus grand empire iranien avant la conquête de l’Iran par les musulmans et une période d’une grande importance et d’une grande signification en Iran. L’Iran sassanide est considéré comme ayant influencé des empires et des civilisations, tels que les Romains, bien au-delà de ses frontières et jusqu'à l’Europe de l’Ouest, l’Afrique, la Chine et l’Inde. \n \nLa dynastie fut fondée par Ardachir Ier, dont le père, Papak, dirigeait une petite ville appelée Khir. Durant son règne, Papak tenta plusieurs fois de conquérir l’Iran, notamment en 205 et 206. Papak se rebella contre les rois locaux dans la patrie des Sassanides. Il avait prévu que son fils, Shapur, devienne le premier souverain sassanide ; cependant, lorsque Shapur mourut dans des circonstances inconnues, Ardachir fut laissé à la conquête du Fars et au-delà. \n \nArdachir nomma son fils, aussi appelé Shapur, co-régent à la suite d’un conflit avec l’empire romain et se retira ensuite dans sa province natale. Selon certains anciens écrits religieux manichéens, le prophète Mani serait apparu pour la première fois pendant le règne de Shapur. Impressionné par le souverain, il écrivit un texte connu sous le nom de « Shabuhragan », au nom de Shapur. \n \nÀ Shapur succéda d’abord Hormizd Ier (270-71), puis Vahram Ier (271-74), mais ceux-ci régnèrent peu de temps et peu de choses sont connues sur eux. Vahram II s’empara du trône après une conspiration avec l’administration impériale. Il était appelé « Roi des Sakas », un titre qui portait la puissance des Sassanides comparé aux peuples de l’Est parlant iranien. \n \nNarseh, le fils de Shapur, fut roi d'Arménie. Le règne de Narseh (293-302) coïncida avec l'arrivée de la chrétienté en Arménie. À la mort de Narseh en 302, son fils, Hormizd II, monta sur le trône. À son tour, son fils lui succéda, Adhur-Narseh, qui régna pendant une courte période en 309. \n \nLe règne de Shapur II fut le plus long de la dynastie des Sassanides. Il est considéré comme un monarque légendaire couronné dans le ventre de sa mère, exactement 40 jours après la mort de son père, Hormizd II. Un autre fils d’Hormizd II, Ardachir II, succèda à son frère Shapur II. \n \nAlors que Shapur II fut considéré comme un monarque légendaire, son successeur, Shapur III, fut un souverain faible et la période de son règne est considérée comme un déclin temporaire du pouvoir royal sassanide. Un autre fils de Shapur II, Vahram IV, régna pendant une courte période (388-99). Vahram IV fut exclu par les nobles de la cour qui lui préférèrent son fils, Yazdgard Ier, qui fut celui qui restaura l’empire sassanide. \n \nÀ Yazdgard Ier succéda son fils, Vahram V (420-38). Le règne de Vahram V fut romancé dans la littérature persane classique dans une collection d’histoires interconnectées appelées « Les Sept Beautés » par le poète Nizami (12e siècle). Les histoires imaginaires du poète ont peut-être été tirées de romans d'époque sassanide. \n \nYazdgard II (438-57) succéda ensuite à son père. Contrairement à son grand-père, il ne tolérait pas la chrétienté, notamment en Arménie. Ses deux fils, Hormizd III (457-59) et Péroz (459-84) ont régné après lui. Péroz est soupçonné d’avoir évincé son frère pour accéder au trône. \n \nLe règne de Péroz fut rapidement suivi par celui de son frère Valash (484-880), qui régna pendant une courte période et fut remplacé par le fils de Peroz, Kavadh Ier (488–97, 499–531). Lors du règne de Kavadh, la dynastie sassanide fit face à une instabilité économique et politique. Kavadh perdit brièvement son trône pour Zamasp (497-99) mais le regagna plus tard avec l’aide des Hephthalites. \n \nLe règne de Khosro Ier Anushiravan (531-79) est considéré comme l'apogée de l’histoire de la dynastie sassanide. \n \n*Xwarrah* ou « gloire » est l’essence de l'idéologie royale iranienne et a été démontrée dans le *Avesta* (livre sacré) ; c’est la condition prérequise pour un règne légitime. Il reconnaît Ahura Mazda comme l’être suprême, le seigneur de la sagesse. Cette gloire peut être donnée ou retirée aux souverains iraniens et aux personnages maléfiques en accord avec le jugement d’Ahura Mazda et d’autres dieux comme Ohrmazd et des divinités comme la déesse de la fertilité, Anahita. Ces dieux sont censés accorder la gloire au *shahanshah* (« roi des rois »). De tels idéaux et idéologies se sont sans doute formés pendant le règne de Khosro Ier comme conséquence à l'intérêt pris par la cour sassanide et la société dans les écritures. À cette période, les contes historiques et les histoires de rois étaient compilés dans le *Khuday-namag* ( « le livre des Seigneurs »). \n \nHormizd IV (579–90) ne régna pas longtemps. Il fut déposé en faveur de son fils, \n \nKhosro II (590-628), qui à son tour fut remplacé par Wahrām Chōbēn, un guerrier connu pour son acte héroïque dans la guerre contre les Hephthalites. Il s'auto proclama empereur et prit le nom de Vahram VI. C'était la première fois que quelqu’un n’appartenant pas à la dynastie sassanide prenait le pouvoir sur le territoire sassanide. Au milieu des années 620, la situation se renversa après une attaque menée par Héraclius, de l’empire romain. En 628, Kavadh II accéda au trône, mais son règne fut court et empreint de chaos et d’une plaie, la plaie de Shiroye. \n \nDurant la dernière partie du règne sassanide, il y eut une désunion à la cour et une montée du factionnalisme. Ardachir III (628-29), le fils de Kavadh II, était un enfant. \n \nIl fut rapidement écarté du trône par un des commandants byzantins, Schahr-Barâz. Cependant, les nobles de la cour n'étaient pas en sa faveur ; ils le révoquèrent et nommèrent Bōrān (628-31), une des filles de Khosro II, qui devint souveraine. Elle fut rapidement remplacée par une autre fille de Khosro II, Azarmedūkht (vers 630-31). Enfin, en 632, Yazdgard III (632-51), petit-fils de Khosro II, fut placé sur le trône. Ce fut pendant le règne de Yazdgard III que l’empire sassanide fut envahi par les musulmans en 637. \n \nBibliographie \n• Daryaee, Touraj, Sasanian Persia. The Rise and Fall of an Empire, London : I. B. Tauris, 2009. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"BH 428–30","date_description_ad":"AD 224–651"},"29eaeead-971d-5ced-a2f3-a650a47f04ff":{"name":"Safavides","also_known_as":"","area":"Perse","history":"La dynastie safavide, d’origine turcique, fut fondée par le chef religieux Safi al-Din Ardabili, qui vécut à Ardabil de 650 à 734 H / 1252–1334 J.-C. Son ordre religieux s’étendit rapidement en Anatolie, en Iran et en Irak. La dynastie fut portée par Tamerlan, les Ottomans et les Aq Qoyounlous, et atteignit le sommet de sa puissance sous le règne de Hodja Ali, un petit-fils d’Ardabili. Lorque Cheikh Jounayd, un petit-fils de Hodja Ali, s’immisça dans les affaires intérieures des Mamelouks et des Qara Qoyunlus, les relations avec ces puissances se détériorèrent. Vers la fin du IXe siècle H / XVe siècle J.-C., ses relations avec les Aq Qoyounlous se détériorèrent à leur tour, entraînant la dissolution de la dynastie. Cependant, les Safavides se rétablirent rapidement et Chah Isma’il instaura l’Etat safavide en 906 H/ 1501 J.-C., avec Tabriz pour capitale. \nEn s’alliant aux Shi’a, les Safavides contrôlèrent une vaste zone embrassant l’Iran, l’Irak, le Caucase et l’Anatolie orientale. Le sultan ottoman Sélim Ier battit Chah Isma’il à Çadıran en 920 H / 1514 J.-C. C’est son fils Chah Tahmasp qui succéda à Chah Isma’il en 930 H / 1524 J.-C. ; la capitale fut alors transférée à Qazwin. Après Chah Tahmasp, l’Etat safavide fut gouverné par Isma’il Mirza, Hamza Mirza, Chah Abbas, Sam Mirza, Abbas II, Chah Sulayman Ier, Chah Husayn, Tahmasp II et enfin par Abbas III. Nadir Chah, d’origine afchare, conduisit l’Etat safavide à sa fin en 1737 en conquérant l’Iran. \nLes Safavides ont construit de nombreux monuments pendant leur règne d’environ 250 ans, particulièrement en Iran. Le palais de Jihil Sütun et de Hasht Bahisht, le pavillon de Ali Kapı et les mosquées Masjid-i Chah et Cheikh Lutf Allah à Ispahan font partie des plus remarquables monuments de cette période.","date_description_ah":"907-1150 H","date_description_ad":"1501-1737 J.-C."},"12372d12-9b12-553c-861f-285f6d090ef6":{"name":"Zirides","also_known_as":"","area":"Ifriqiya [Tunisie], Est algérien","history":"C’est à l’un de ses fidèles lieutenants, le dignitaire Youssouf ibn Ziri al-Sanhagi, que le Fatimide al-Mouiz, nouveau maître du Caire, confia en 973 la conduite de l’émirat ifriqiyen, en lui recommandant d’user de bienveillance à l’égard de ses villes et de leurs occupants. \nAinsi naîtra une dynastie qui, à son apogée, régnera sur un vaste territoire s’étendant jusqu’au Maghreb central. Les Zirides eurent deux villes de gouvernement, Kairouan puis Mahdia, avant de se tourner vers Monastir pour leur repos éternel. De leur temps, et plus particulièrement sous le règne d’al-Mouiz (1016-1062), l’Ifriqiya était un territoire prospère, comme en témoignent nombre de chroniqueurs. Un fait lourd de conséquences va pourtant mettre en péril le pouvoir ziride et peser sur l’histoire de l’Ifriqiya médiévale. Il s’agit de l’invasion hilalienne lancée en 1052 par le calife du Caire pour châtier son vassal, al-Mouiz, d’avoir rejeté la suzeraineté des Fatimides sur son royaume. Dès lors, les Zirides perdront le contrôle du pays et se replieront sur Mahdia, d’où ils seront chassés en 1148 avec la conquête de la ville par les Normands. \nL’apport des Zirides à l’architecture ifriqiyenne est loin d’être négligeable. Nous leur devons notamment : \n– Des travaux de réfection et d’embellissement à la Grande Mosquée de Tunis, telle la coupole érigée en 991 à l’entrée de la salle de prière et qui concentre les éléments décoratifs les plus significatifs de l’époque. \n– Des travaux d’embellissement à la Grande Mosquée de Kairouan, comme les plafonds peints et la réalisation d’un *minbar* à décor végétal en bois sculpté d’une grande qualité de sculpture. \n– Des travaux d’extension et de transformation dans d’autres lieux de culte comme à Monastir, à Sousse et à Sfax. \n– La construction de résidences princières à la cité royale fatimide de Sabra al-Mansouriya aux portes de Kairouan. \n– Des fortifications dans plusieurs villes côtières du pays comme à Monastir, où on leur attribue le ribat al-Sayyida, qui fut également leur nécropole.","date_description_ah":"362–542 H","date_description_ad":"973–1148 J.-C."},"26e98384-aec9-54a7-8d11-2fa3e84a1d52":{"name":"Omeyyades d’Espagne","also_known_as":"","area":"Espagne","history":"\\- En 750 arrive à Cordoue Abderrahman b. Hicham, petit-fils du dernier calife omeyyade de Damas, rescapé du massacre de sa famille par les Abbassides. \n\\- Il fonde une dynastie qui rompt les liens d’allégeance à l’égard du califat abbasside de Bagdad et qui gouvernera al-Andalus de 756 à 1031, d’abord en tant qu’émirat, ensuite en tant que califat à part entière à partir de 929 (Abderrahman III). \n\\- État pacifié et immensément riche, le califat de Cordoue fait régner son autorité sur tout al-Andalus, et développe une civilisation brillante capable de rivaliser avec celle de Bagdad et surpassant de loin celle de l’Occident chrétien.","date_description_ah":"138–422 H","date_description_ad":"756–1031 J.-C."},"275fd924-3ed6-5493-ba0f-732cc27640a1":{"name":"Timouride","also_known_as":"Timuroghullari","area":"Asie centrale, Iran, Irak, Syrie, Anatolie [Turquie] et Inde","history":"L’empire timouride fut fondé par Timour \\[Tamerlan, Timour le Boiteux\\], qui succéda à son père (m. 1360) et à son oncle (m. 1361) et dirigea la branche des Barlas. Timour était le fils de Turagay, le bey des Barlas, une tribu vassale des Chaghataïs au Turkistan. Timour consolida très vite son pouvoir et fut proclamé “émir” de l’État chaghataï. Il fonda l’État timouride, avec Samarcande pour capitale. \nTrès vite, Timour conquit un vaste territoire embrassant l’Azerbaïdjan, le Khwarazm, le Khourassan, l’Iran, l’Irak, la Syrie, l’Anatolie, l’Inde et quantité d’autres contrées, reliant l’Inde à Damas, depuis le golfe de Basra jusqu’à la mer d’Aral et à l’Anatolie. \nTimour battit le sultan ottoman Bayézid Ier (“la Foudre”) à la bataille d’Ankara en 1402 et porta un coup mortel aux Ottomans. Timour périt en 1405 au cours de son expédition en Chine. \nLes luttes de succession qui suivirent la mort de Timour ébranlèrent gravement son empire. Chah Rukh (r. 1409-1447) transféra sa capitale à Hérat, laissant son fils Ulug Bey, un célèbre astronome, à Samarcande. À cette époque, Samarcande et Hérat, riches de somptueux monuments, devinrent des centres des arts et des sciences. Ulug Bey succéda à son père mais fut assassiné en 1449, ce qui donna lieu à un conflit majeur qui ne prit fin qu’en 1451 avec l’intronisation de Abou Saïd. Sous son règne et sous celui de son fils Hüseyen Baykara, l’empire timouride connut un âge d’or – avant d’être défait par les Ouzbeks chaïbanides en 1505. \nLes Timourides ont construit de nombreux monuments dans des villes comme Samarcande, Hérat, Boukhara, Machhad, Tabriz, Balkh et Yazd. Les complexes d’Ulug Bey à Samarcande et Boukhara, la Mosquée bleue à Tabriz, la nécropole de Chah Zinda à Samarcande, le complexe de Khodja Ahmed Yasawi à Yesi tout comme la mosquée Bibi Hatun à Samarcande sont parmi les monuments les plus remarquables de la période.","date_description_ah":"771-911 H","date_description_ad":"AD 1370-1505 J.-C."},"0db8518d-c9f6-5aef-aca1-75a988170af8":{"name":"Taïfas","also_known_as":"Dynasties du Maghreb Central","area":"Maghreb central","history":"Le Ve siècle H (XIe J.-C.) représente un moment de changement pour la Méditerranée occidentale. D’une part, c’est le moment où le monde antique perd de son importance face à l’islam, qui en vient à dominer les rives de cette mer. D’autre part, c’est la période où la “ville-territoire” prend le pas sur la “ville impériale”, dont les fonctions ont disparu. Ces “nouvelles” villes seront dominées par de petites dynasties gouvernant des territoires économiques et politiques aux dimensions variables. \nLes groupes familiaux qui contrôlent les villes sont généralement constitués par des autochtones, qui sont déjà complètement islamisés à cette époque. Ces dynasties adoptent des noms qui sont normalement liés à ceux de leurs fondateurs. Le Maghreb sera dominé par des dynasties telles que les Zirides (qui fondèrent plusieurs villes dans le Maghreb central) et les Hammadides (les Banu Hammad entrèrent en conflit avec les Zirides en les chassant vers l’Ifriqiya et devinrent les maîtres du Maghreb central de 408 à 547 H /1018-1152 J.-C.). Dans la péninsule Ibérique, et toujours dans une logique familiale, le Ve siècle H (XIe siècle J.-C.) connaîtra l’éclosion d’un ensemble de royaumes “taïfas” (drapeau) qui se multiplieront après la chute du califat. Parmi ces royaumes, il faut mentionner, entre autres, les Abbadides de Séville, les Aftasides de Badajoz, les Hudides de Saragosse, les Zirides de Grenade, les Hammudides de Málaga… Les querelles incessantes entre les roitelets taïfas favoriseront la Reconquista chrétienne par le Nord, et la conquête d’al-Andalus par les Almoravides.","date_description_ah":"IV e -V e siècle H","date_description_ad":"X e -XI e J.-C."},"cbabc258-58fd-5884-a46b-2deacf873f40":{"name":"Artukides","also_known_as":"","area":"Sud-est de la Turquie, Irak, nord de la Syrie","history":"L’émirat des Artukides fut fondé par Artuq (Artuk) Bey, l’un des commandants turcmènes (turcomans) qui contribuèrent grandement à la conquête turque de l’Anatolie. Les Artukides régnèrent sur l’Anatolie, l’Irak et le nord de la Syrie. Artuq Bey, qui fut désigné gouverneur de Jérusalem par Melikşah (Malik Chah), le sultan des Grands-Seldjoukides, mourut en 484/1091 et ses fils Necmeddin Ilgazi (Najm al-Din Il Ghazi) et Sökmen Ier lui succédèrent. \nLes Artukides ont laissé leur trace dans l’histoire par trois lignées différentes. Une lignée fut établie à Hasankeyf (Hısn Kayfa) par Sökmen Ier. Les Artukides de Hasankeyf, également connus sous le nom de Sökmenids, se maintinrent de 494/1101 à 628/1231. Cette lignée a aussi conquis Diyarbakır (Diyar Bakr, l’ancien Amid) et fut abolie par Malik Kamil, le sultan ayyoubide, en 629/1231. \nLa seconde lignée fut fondée par Necmeddin Ilgazi à Mardin. Les Artukides de Mardin, également connus comme Il-Ghazides, gouvernèrent entre 501/1108 et 812/1409. Silvan (Mayyafariqin), Kızıltepe (Dunaysır), et Halep (Alep) furent aussi annexées. Les Artukides de Mardin furent évincés par Kara Qoyunlus, fondateurs d’un autre État turcmène, en 812/1409. \nLa troisième dynastie d’Artukides fut fondée en 581/1185 par Imameddin Ebubekir (Imad al-Din Abou Bakr) à Harput (Khartpert). Jusque-là, Harput et la région étaient sous la coupe des Artukides de Hasankeyf. Le sultan seldjoukide d’Anatolie Aladin Keykubad Ier (‘Ala al-Din Kay Qubadh, 616-634/1220-1237) conquit Harput et ses environs, conduisant ainsi la branche à sa fin en 630/1233. \nDe nombreux monuments artukides subsistent à Mardin, Hasankeyf, Diyarbakır, Silvan, Harput et Kızıltepe. Les mosquées Ulu, Savurkapı et Latifiye et la *madrasa* du sultan Isa à Mardin, le palais et le pont à Hasankeyf, les *madrasa* Zinciriye et Mesudiye à Diyarbakir, la mosquée Silvan Ulu, la mosquée Harput Ulu et la mosquée Kızıltepe Ulu sont au nombre des monuments importants de cette période.","date_description_ah":"v. 494-812 H","date_description_ad":"v. 1101-1409 J.-C."},"1b44d492-30f4-535f-900d-c5ef2637794f":{"name":"Seldjoukides d’Anatolie","also_known_as":"Seldjoukides de Rum","area":"Anatolie (également appelée Asie mineure ; la partie asiatique de la Turquie moderne)","history":"À partir du début du Ve siècle H (XIe siècle J.-C.), les Turcs Oghuz (Oğuz) commencèrent des incursions en Anatolie et après la bataille de Manzikert (Malazgirt, dans la Turquie orientale) entre les Grands-Seldjoukides et les Byzantins en 463/1071, le sultan grand-seldjoukide Alparslan envoya plusieurs chefs et dirigeants turkmènes (turcomans) à la conquête de l’Anatolie. Les premiers émirats turcs furent rapidement fondés en Anatolie : les Saltukides à Erzurum, les Mengücekides à Erzincan et les Danichmendides à Sivas. \nSüleyman Chah, qui prit Konya et ses environs, fonda l’État seldjoukide d’Anatolie en 469/1077. Konya en fut brièvement la capitale. Après la prise d’Iznik en 472/1080, les Seldjoukides déclarèrent Iznik nouvelle capitale. Avec la Première Croisade en 489/1096, Iznik et la région retournèrent dans le giron byzantin et les Seldjoukides établirent à nouveau leur capitale à Konya. \nAprès avoir régné uniquement sur Konya et ses environs, les Seldjoukides d’Anatolie étendirent rapidement leur territoire ; au XIIIe siècle, en installant les dirigeants les moins importants sur les régions nouvellement conquises, ils dominèrent une grande partie de l'Anatolie, à l’exception des régions côtières de l’Ouest. \nL’État seldjoukide d’Anatolie connut son apogée sous le règne d’Aladin Keykubad Ier (‘Ala al-Din Kay Qubadh, 616-634/1220-1237), tant au plan politique qu’économique et culturel. La conquête d’Alanya sur la côte méditerranéenne permit aux Seldjoukides d’accéder au rang de grande puissance sur les routes du commerce maritime, tandis qu’à l’intérieur, grâce aux routes caravanières sillonnant l’Anatolie en tous sens, leur pouvoir s’accrut à travers un système de taxes sur le transit des marchandises. \nL’unification turque avait été consolidée et la sécurité publique était assurée en Anatolie. À commencer par celles de Konya, Kayseri et Sivas, les citadelles de nombreuses cités anatoliennes furent fortifiées, des villes furent rénovées et dotées de monuments. L’État seldjoukide d’Anatolie commença à décliner après les rébellions de Babaï sous le règne de Gıyaseddin Keyhüsrev II (Giyath al-Din Kay Khusraw, 634-644/1237-1246) en 640/1242 et la défaite mongole à la bataille de Kösedağ (Köse Dagh) en 641/1243. Dès lors, l’Anatolie fut gouvernée par les Mongols. La mort du sultan Giyaseddin Mesud III (Giyath al-Din Masud) en 708/1308 signa la fin officielle de l’État seldjoukide.","date_description_ah":"469-708 H","date_description_ad":"1077-1308 J.-C."},"b93781fb-c7f0-5e7a-be03-24236c8c8b9d":{"name":"Idrissides","also_known_as":"","area":"Maroc. Capitale : Oualili puis Fès","history":"Selon le même scénario que pour al-Andalus, un chef alide, Idriss b. Abdallah, fuyant la répression abbasside, se réfugie au Maroc et s'installe à Oualili (la Volubilis romaine). \n\\- Il est proclamé imam par la population avant d'être assassiné par un espion du calife Haroun al-Rachid (791). \n\\- Son fils Idriss II entreprend d'édifier un État centralisé, avec sa capitale (Fès), sa monnaie et son armée. \n\\- Ses successeurs, en se partageant le royaume, contribuent à son affaiblissement, mais poursuivent avec succès l'islamisation du pays. \nL'affaiblissement des Idrissides favorise les interventions étrangères et Fès est placée tantôt dans le giron des Fatimides d'Ifriqya, tantôt dans celui des Omeyyades d'al-Andalus.","date_description_ah":"169–304 H","date_description_ad":"786–917 J.-C."},"b372ff12-6d26-5b7b-84e0-c0679b12cfbb":{"name":"Omeyyades","also_known_as":"Omeyyades d’Orient","area":"Syrie, Asie mineure, Égypte, Afrique du Nord, Irak, Iran, Asie centrale, péninsule Ibérique","history":"\\- Fondée en 41 H / 661 J.-C. par Mu’awiya ibn Abi Sufyan, de la famille des Bani Umayya, la dynastie omeyyade fut la première dynastie islamique après la mort du prophète Muhammad et les califes qui lui succédèrent en 11 H / 632 J.-C. Ses plus importants califes furent Mu’awiya, Abd al-Malik et Hicham. Sous al-Walid Ier (86-96 H / 705-715 J.-C.), les conquêtes militaires progressèrent jusqu’en Espagne et en Europe centrale. À l’est, le royaume omeyyade s’étendit jusqu’à la Transoxiane et l’Inde du Nord. En 132 H / 750 J.-C. la dynastie omeyyade fut renversée par les Abbassides. \n\\- Pendant le califat omeyyade, de nombreuses attaques contre Constantinople et les confins de l’empire Byzantin échouèrent. En Espagne, les Wisigoths sont vaincus en 711, mais la progression musulmane en Europe centrale est arrêtée en 114 H / 732 J.-C. par Charles Martel à la bataille dite de Poitiers. \n\\- C’est à la dynastie omeyyade, dont les rangs familiaux ont donné d’éminentes personnalités au califat, que l’on doit l’idée de l’hérédité du pouvoir en islam. \n\\- Avec le règne des Omeyyades, le centre du pouvoir politique islamique se déplaça de Médine (péninsule Arabique) en Syrie, et Damas devint la nouvelle capitale du califat. Ce changement entraîna des répercussions tant politiques que culturelles. \n\\- Empruntant à la fois aux Byzantins et aux Sassanides des pratiques administratives élaborées, les califes omeyyades furent des administrateurs de talent, capables de contrôler le premier empire islamique, dont le territoire fut considérablement étendu grâce à leurs conquêtes militaires. \n\\- Mais des tensions sociales se manifestèrent rapidement chez des convertis non arabes, qui, contrairement aux règles de l’islam, ne jouissaient pas des même droits que les Arabes. Des rébellions en Jordanie du Sud, en Irak et dans l’est de l’Iran conduisirent à la lente extinction de la dynastie. \n\\- Les Omeyyades furent des constructeurs dynamiques. 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Les Abbassides surent asseoir leur suprématie en épousant la cause des non-Arabes qui avaient été injustement traités par les Omeyyades et qui, sous la bannière du rebelle Abi Mulsim Al-Khourasani, avaient réussi à les repousser en 132/750 – la même année, les Abbassides devenaient les califes de l’empire islamique. \nLes confins de l’empire furent stabilisés et renforcés par le calife al-Mansour (754-775), qui limita le monopole des Arabes sur les institutions politiques et économiques de l’État et favorisa l’égalité entre les différents groupes de la société abbasside. La construction de la nouvelle capitale, Bagdad, fut achevée en 766. \nLa période abbasside fut à son apogée pendant le règne du calife Haroun al-Rachid (786-809), qui parvint à la paix avec Byzance et échangea des ambassades avec Charlemagne, puis de al-Mamoun (813-833), al-Mouatassim (833-842) et al-Wathiq (842-847). La nouvelle prospérité issue du passage d’une économie agraire à une économie du commerce permit de réduire les inégalités sociales entre les communautés arabes et non-arabes et favorisa le développement de nombreux artisanats : verre, poteries, textiles, etc., exportés par les vieilles routes du commerce de la Chine à l’Afrique subsaharienne. L’enseignement fut encouragé, et les textes phares des civilisations grecque, persane et indienne furent traduits en arabe. Nombre de grands érudits honorèrent toutes les disciplines – philosophie (al-Kindi et al-Farabi), astronomie, mathématiques (al-Khawarizmi), médecine (al-Razi), physique et chimie (Ibn Sina) –, et leurs contributions influencèrent l’ensemble de la science médiévale. \nMais la puissance abbasside commença à décliner au cours du XIe siècle, et plusieurs provinces en vinrent à prendre leur autonomie. Les Fatimides (909-1171) établirent un califat rival en Égypte et en Syrie, et Tughralbek, issu des régiments turcs de l’armée abbasside, prit le contrôle de Bagdad, leur propre siège, en 447/1055. Le coup fatal fut porté à la dynastie abbasside par les Mongols, qui fondirent sur le Moyen-Orient et s’emparèrent de Bagdad en 656/1258.","date_description_ah":"132-656 H","date_description_ad":"750-1258 J.-C."},"ab22ae48-7fde-5229-a684-189558585904":{"name":"Nasrides","also_known_as":"Banu'l-Ahmar","area":"Grenade","history":"\\- Après le retour au Maroc du calife almohade al-Mamoun, intronisé à Séville en 1227, un membre de la famille vizirienne des Banu al-Ahmar, Muhammad b. Youssouf b. Nasr, se proclame roi en 1230, fondant la dynastie nasride qui régnera à Grenade jusqu’en 1492. \n\\- Il se maintient au pouvoir en payant un tribut annuel au roi de Castille, et assiste passivement à la progression fulgurante de la Reconquista chrétienne : reddition de Cordoue (1236), Jaén et Arjona (1246), Séville (1248). \n\\- Au prix d’intrigues, de compromissions et aussi grâce au soutien militaire épisodique des Mérinides, les Nasrides vont connaître un véritable âge d’or, dont les fleurons sont l’Alhambra et le Généralife. \n\\- Cette embellie durera jusqu’en 1482, quand Boabdil (Abou Abdillah) renverse son père mais ne parvient pas à contenir la Reconquista : chutes de Málaga (1487), de Baeza, Almería (1489) et d’autres places encore. \n\\- Il finit lui-même par capituler, et les Rois catholiques font leur entrée dans Grenade le 2 janvier 1492, mettant un terme à cette épopée nommée “al-Andalus”. \n\\- L’existence d’al-Andalus en tant qu’entité politique musulmane aura donc duré près de huit siècles, mais la Reconquista, qui avait débuté dès 722 (bataille de Pélage) durera, elle, près de neuf siècles, puisqu’elle se prolongera jusqu’en 1610 avec des vagues successives d’expulsions de “Moriscos”. \n\\- Cependant, si al-Andalus cesse d’exister politiquement, son rayonnement culturel et artistique se perpétue, en Espagne même avec l’art mudéjar qui y influencera l’architecture jusqu’au XVIIIe siècle, et au Maroc avec l’architecture et l’artisanat hispano-mauresques qui ont su allier les caractéristiques de l’art hispano-wisigothique aux apports de l’Orient musulman et de la Berbérie, et qui sont demeurés vivaces à travers les dynasties chérifiennes.","date_description_ah":"637–897 H","date_description_ad":"1240–1492 J.-C."},"f1abebd4-ee55-56ed-a5f8-6d9290aff818":{"name":"Ilkhanides","also_known_as":"Il-Khanides","area":"Perse, Irak, Anatolie orientale et centrale.","history":"L’État ilkhanide fut fondé par Hülagü \\[Hülegü ou Hulaku\\], frère du khan grand-mongol Mengü \\[Möngke\\]. Khan Mengü accéda au trône en 1253 et envoya son frère Hülagü en Iran. Hülagü étendit sa suprématie sur l’Iran, l’Irak, l’Azerbaïdjan et l’Anatolie, envahie par les Mongols après la bataille de Köse Dag (1243). Il lança plusieurs campagnes destinées à renforcer l’hégémonie mongole sur l’Asie occidentale ; il conquit l’Iran et l’Azerbaïdjan en 1256, Bagdad en 1258 (date de la chute de l’empire et du califat abbassides), et Alep en 1259. Toutefois, il ne parvint pas à prendre Damas. Bouddhiste, Hülagü massacra de nombreux musulmans. Les Mamelouks en Égypte et les États d’Altınordu \\[la Horde d’or\\] s’allièrent pour combattre les Hülagü des Ilkhanides. \nAbaqa, qui était également bouddhiste, succéda à son père Hülagü (m. 1265). Il poursuivit la lutte contre les Mamelouks et mit la Syrie et l’Anatolie à sac. Son fils et successeur Ahmed Han, musulman, voulut établir de bonnes relations avec les États musulmans, mais son règne devait être bref : il mourut en 1284 après des années de lutte pour le trône avec son frère Arghoun. Arghoun tint les rennes du pouvoir jusqu’en 1291 et poursuivit la lutte contre les États musulmans. Gaykhatu lui succéda brièvement, puis ce fut Ghazan Mahmoud Han en 1295. C’est sous le règne de Ghazan Mahmoud que les Ilkhanides se sont convertis à l’islam. La succession de Ghazan fut assurée par son fils Khudabanda Uljaytu Han (r. 1303-1316), qui opta pour le chiisme et étendit le territoire ilkhanide grâce à la conquête du Khourassan et de Hérat. Son fils Abou Saïd Bahadur Han lui succéda alors qu’il était encore très jeune, et se détermina pour l’islam sunnite. Bahadur nomma Choban Noyan vizir, mais tous deux ne tardèrent pas à s’affronter. Choban Noyan fut assassiné en 1327, ce qui entraîna des insurrections dans l’armée ilkhanide. Les émeutes prirent fin avec la mort de Bahadur en 1335 et l’émergence de nouveaux États : l’émir Choban Oghullari s’imposa en Azerbaïdjan, Cheikh Hassan à Bagdad, tandis que l’émirat d’Eretna s’établissait dans l’est de la Turquie.","date_description_ah":"654-736 H","date_description_ad":"1256-1335 J.-C."},"9af0573b-af05-5cd6-9c03-2ae981d63722":{"name":"Hafsides","also_known_as":"","area":"Tunisie, Est algérien","history":"Dépêchés à Tunis par le pouvoir almohade de Marrakech, les Hafsides y maintiendront leur suprématie pendant près de trois siècles et demi (1228-1574). Fondée par les descendants de Abou Hafs Omar ibn Yahia al-Hintati, leur dynastie sera l’une des plus longues du Maghreb, et même du monde arabe. \nLeur histoire mouvementée donnera lieu à des périodes de prospérité et de décadence jusqu’au déclin final, intervenu en 1574 sous les coups portés par les Turcs. Au lendemain de la chute de Mahdia, ils donneront à Tunis le statut de capitale qu’elle gardera jusqu’à nos jours. \nDeux personnalités d’exception ont marqué leur temps : \n\\- L’imam Ibn Arafa, le maître de la renaissance malékite. \n\\- Le penseur Ibn Khaldoun, plus connu par sa *Muqaddima* (Prolégomènes), qui jeta les bases de la philosophie de l’histoire. \nGrands bâtisseurs, les Hafsides dotèrent le pays d’importantes réalisations, parmi lesquelles il faut citer : \n\\- À Tunis : la Casbah, plusieurs *madrasa* – dont al-Chammaiya, la première *madrasa* d’Afrique du Nord –, la mosquée almohade de la Casbah, des travaux à la Grande Mosquée de Tunis, les premiers souks de la ville, les mosquées al-Haoua, al-Zaiytuna al-Barrani, la mosquée d’Abou Muhammad et tant d’autres fondations. \n\\- À l’intérieur du pays, ils portèrent une attention particulière à la Grande Mosquée de Kairouan en consacrant d’importants travaux de consolidation et d’embellissement aux plafonds et à la muraille. On leur doit plusieurs édifices funéraires, dont certains sont encore attestés à Kairouan. Ils ont conduit des travaux de nature militaire en renforçant les fortifications des villes du littoral, notamment celles de Tunis et de Mahdia. On leur doit également la restauration et l’extension de l’aqueduc de Carthage et la fondation de plusieurs ouvrages hydrauliques. \n\\- Leur goût pour la villégiature nous est connu par la fondation de belles demeures royales dont témoigne encore le palais de la Abdaliyya, édifié dans une cité côtière proche de Tunis.","date_description_ah":"625–981 H","date_description_ad":"1228–1574 J.-C."},"3a5bd0e8-5c73-5d1a-8242-521f5d28c002":{"name":"Période Mudéjar","also_known_as":"","area":"Péninsule Ibérique","history":"L’art mudéjar – l’art des musulmans restés dans la péninsule Ibérique après les “reconquêtes” chrétiennes (les Mudéjars) – se caractérise par une intégration des formes artistiques et architecturales islamiques dans l’art et l’artisanat chrétiens. Mais plus qu’un style en soi, il est l’expression d’une tendance, d’une islamisation des formes, un “mudéjarisme” qui s’affirme à mesure que la Reconquista progresse vers le sud et que les contacts avec l’univers musulman se font plus étroits. \nCette assimilation s’explique par la fascination qu’exerce sur l’aristocratie chrétienne le luxe inouï dans lequel évoluaient les souverains musulmans. \nUn début de symbiose s’observe au XIIe siècle, mais c’est avec la conquête de Cordoue (1236) et de Séville (1248) que l’émulation artistique commence à se généraliser pour culminer un siècle et demi plus tard : avec la conquête de Grenade, c’est une véritable explosion de mudéjarisme qui éclate dans l’architecture civile et religieuse. Alphonse XI et Pierre Ier de Castille (XIVe siècle), Pierre de Lune (l’antipape Benoît XIII, fin XIVe-début XVe siècle), les Rois catholiques (XVe siècle) ou D. Manuel Ier de Portugal (fin XVe–début XVIe siècle) sont des figures majeures dans ce processus long de plusieurs siècles. \nSous domination chrétienne, de prestigieux artistes, parfois organisés en groupes itinérants, travaillèrent pour les élites, et les pièces mudéjares les plus somptueuses s’exportaient à grande échelle ; mais les artisans mudéjars formaient aussi des corporations réputées de charpentiers, poseurs de briques, selliers, potiers, etc. \nDes motifs politiques et esthétiques président au déclin de l’art mudéjar au XVIe siècle. D’une part, avec la Contre-Réforme, tous les non-chrétiens étaient devenus indésirables (c’est l’époque de l’Inquisition et des dernières expulsions) ; d’autre part les modèles de la Renaissance italienne commençaient à prévaloir – ce qui n’a pas empêché un certain mudéjarisme populaire de se maintenir jusqu’à l’avènement du baroque.","date_description_ah":"VI e -IX e siècle H","date_description_ad":"XII e -XIV e siècle J.-C"},"f8c970d7-62ca-5e05-86f1-9f9bd31c0606":{"name":"Première periode islamique","also_known_as":"Période pré-omeyyade","area":"Actuel Proche-Orient","history":"La Jordanie a connu au VIe siècle une prospérité sans précédent, basée sur l’exploitation intensive des ressources agricoles du pays. À la même époque, l’armée byzantine s’est retirée de la frontière fortifiée, et les phylarques ghassanides ont été chargés de maintenir la sécurité sur cette frontière. \nAu cours du règne de l’empereur byzantin Maurice (582-602), les graines de deux conflits majeurs (avec les Perses sassanides et avec les Arabes) furent semées, et le rôle de tampon que jouaient les Ghassanides contre les Sassanides et les Lakhmides s’en trouva affaibli. \nLa naissance du commerce mecquois coïncida avec la rupture de l’hégémonie ghassanide et lakhmide. La même période vit aussi des mouvements tribaux et des émigrations en direction de leurs territoires. \nSous le règne de Phocas (602-610), la guerre perse se conclut par de substantielles pertes de territoire byzantin en Arménie, en Mésopotamie et dans une petite partie de la Syrie. Par ailleurs, la politique anti-monophysite de Phocas contraint à l’exil de vastes segments de population, dont les Ghassanides monophysites. \nLe règne d'Héraclès (610-641) se signale par la mission du prophète Muhammad à La Mecque et Médine, et par un conflit majeur entre les deux grandes puissances impériales : Byzance et la Perse sassanide. En 622, Muhammad et ses adeptes quittent La Mecque et émigrent à Médine : c’est l’Hégire, qui marque le début du calendrier lunaire musulman. En 629, les Sassanides évacuent la Syrie après presque deux décennies et en 630, l’empereur byzantin entre triomphalement dans Jérusalem. La même année, l’évêque d’Ayla (aujourd’hui Aqaba) favorise la reddition de la ville au prophète Muhammad, et à peu près au même moment Udhruh et al-Jarba se rendent et acceptent de payer l’impôt local. Muhammad meurt en 632, et sa succession est assurée par les quatre grands califes, Abou Bakr, Omar, Othman et Ali, connus sous le nom de *Rachidoun*, les “califes bien guidés”. En 636, les musulmans arabes battent les Byzantins à Yarmouk, ce qui anéantira la résistance byzantine. L’assassinat en 40 H / 661 J.-C. de Ali bin Abi Talib, un cousin et gendre du Prophète, met fin à l’ère des *Rachidoun*, et marque le début du califat omeyyade (41–132 H / 661–750 J.-C.), quand l’autorité devient héréditaire. \nNaturellement, dans les premières décennies, les Arabes étaient trop occupés à consolider leur pouvoir et ne pouvaient se soucier d’art et d’architecture monumentale. Les premiers édifices, qui ne nous sont connus que par les sources historiques, se limitaient aux mosquées primitives construites dans les *amsar* de Koufa et Bosra en Irak, Fustat en Égypte et Kairouan en Tunisie.","date_description_ah":"Seconde moitié du VIe siècle J.-C. - 41 de l’Hégire","date_description_ad":"Seconde moitié du VIe siècle J.-C. - 666 J.-C."},"cc058ff2-1729-58a0-be91-e1ac612c1fe2":{"name":"Mamelouks","also_known_as":"","area":"Égypte et Syrie","history":"Pendant plus de deux siècles et demi, le sultanat mamelouk fut l’une des plus grandes puissances en terres d’islam et l’un des plus vastes empires au monde. Au sens littéral, le mot “Mamelouk” signifie “possédé”, mais dans l’usage courant il désigne un esclave militaire. Et de fait, les Mamelouks étaient des esclaves militaires, arrivés des steppes eurasiennes par les ports de la mer Noire après avoir été achetés par le dernier sultan ayyoubide, Najm al-Din, qui allait lancer le régime mamelouk et le conduire à des sommets inespérés. \nLes esclaves mamelouks étaient originaires de différents groupes ethniques, mais la plupart étaient des Turcs et des Circassiens du Caucase. Expressément destinés à devenir les défenseurs loyaux de la cause du sultan, ils étaient éduqués dans les principes de l’islam et devaient acquérir les techniques de combat et faire preuve de vrais talents de cavaliers. Leurs incomparables aptitudes militaires permirent bientôt aux Mamelouks d’établir leur propre souveraineté et de bâtir un empire qui allait contrôler pour plus de deux siècles l’Égypte, le Levant et les villes saintes musulmanes du Hijaz. \nLes sultans mamelouks allaient se distinguer en deux lignées principales : les Mamelouks bahrides, ainsi appelés parce que ces défenseurs des Ayyoubides étaient initialement cantonnés dans l’île de Rawda sur le Nil (al-Bahr), gouvernèrent de 648 à 792 (1250-1390). Les Mamelouks burguides, qui doivent leur nom aux tours (*burg*) dans lesquelles le sultan Qalawun avait logé ses gardes au Caire, gouvernèrent de 784 à 923 (1382-1517). \nNon seulement les Mamelouks repoussèrent la menace mongole par la décisive défaite de Aïn Djalout en Palestine en 658/1260, mais ils attaquèrent aussi violemment les châteaux croisés en Palestine et finirent par les expulsèrent d’Akko (Saint-Jean-d'Acre) en 690/1291. Sur les fronts diplomatique et économique, le sultanat mamelouk a tissé des liens actifs avec toutes les grandes puissances musulmanes, de même qu’avec l’Extrême-Orient, Byzance, la France, la Castille, la Sicile, Gênes et Venise. Le Caire devint le carrefour commercial du monde, et les marchandises exotiques qui y transitaient en provenance de l’Orient ou de l’Occident inspirèrent largement les artisans locaux, comme en témoigne leur production d’alors. \nLes Mamelouks furent d’extraordinaires défenseurs de l’islam et des protecteurs engagés des villes saintes. Ils restaurèrent le califat au Caire en 659/1261 après l’effondrement de son siège initial à Bagdad et s’attachèrent à construire de splendides mosquées, des *madrasa* (écoles religieuses) et des *waqf* (fondations religieuses) dans des villes comme Jérusalem, Le Caire, Alep et Damas. Les meilleurs artistes et artisans étaient sollicités pour doter ces édifices de décoration calligraphique et géométrique, de mobilier religieux, de corans, tapis et autres accessoires. Le mécénat s’appliquait aussi à des objets destinés à refléter la splendeur publique et privée du sultan mamelouk et de sa cour. \nLe déclin de la suprématie mamelouke viendra avec la découverte de nouvelles routes de commerce autour du cap de Bonne-Espérance, ce qui allait signer la fin du sultanat mamelouk en 923/1517.","date_description_ah":"648–923 de l’Hégire","date_description_ad":"1250–1517 J.-C."},"03d23adb-52fc-5e9a-b84a-0cf1c00fe196":{"name":"Seldjoukides (Grands-Sejdjoukides)","also_known_as":"","area":"Iran, Irak et Syrie","history":"Le Seldjouk Beg, qui jeta les fondations de l’État grand-seldjoukide, était le fils de Duqaq Subashi, un commandant de l’État de Oghouz, près de la mer Caspienne. Avec la mort de son père, Seldjouk Beg devint *subashi* très jeune, et accrut son pouvoir très rapidement. Pour contrer certains conflits avec le sultan de l’État de Oghouz, il s’entoura d’autres Turcs Oghouz, fonda Cend (Jend) près de la rivière Oxus en 375/985 et se convertit à l’islam. \nSeldjouk Beg s’allia aux Samanides, et, en s’installant à Nour, près de Boukhara, se posa en défenseur de leurs frontières nord. Son fils Arslan Beg lui succéda. Après la chute des Samanides sous les Karakhanides en 399/999, les bonnes relations des Seldjoukides avec les Karakhanides et les Ghaznavides prirent fin. \nLa capture et l’emprisonnement de Arslan Beg par les Ghaznavides en 416/1025 entraîna la séparation des Seldjoukides. Ses neveux Toghrıl et Chaghrı succédèrent à Arslan Beg. Après avoir battu les Ghaznavides à Serahs (429/1038) et à Dandanakan (431/1040), ils fondèrent l’État grand-seldjoukide. Toghrıl Beg se proclama *sultan*. Nishapour fut brièvement la capitale de l’État, avant de céder la place à Marw. \nL’État grand-seldjoukide, fondé sur le territoire de l’actuel Iran, vit son pouvoir augmenter significativement entre 431 et 485 H / 1040-1092 J.-C., années de la “Première période impériale”. Sous les règnes de Alparslan et de Malik Chah, après Toghrıl Beg, les Seldjoukides étendirent leur domination en direction de l’Anatolie, du Moyen-Orient et de l’Asie centrale. \nAprès la mort du sultan Malik Chah en 485/1092, les querelles de succession, les rébellions des Batini, les révoltes turcmènes et les invasions mongoles conduisirent au morcellement de la puissance grand-seldjoukide en quatre États (les Seldjoukides d’Irak, de Syrie, de Kirman et d’Anatolie \\[Rum\\]) et à l’émergence de nombreux atabegs. Malgré les tentatives du sultan Sanjar, arrivé au pouvoir en 510/1117, de confédérer l’État, la bataille de Katvan contre les Karakhitaïs en 536/1141 et les rébellions d’Oghouz en 548/1153 ouvrirent la voie à une fin inéluctable. L’État grand-seldjoukide s’éteignit officiellement avec la mort du sultan Sanjar en 552/1157.","date_description_ah":"429-552 H","date_description_ad":"1038-1157 J.-C."},"537cc8f3-d885-58da-9d9f-1aae10f9bbba":{"name":"Période siculo-normande","also_known_as":"","area":"Italie, Sicile","history":"L’île de Sicile, appartenant auparavant à l’Empire Byzantin, subit des attaques, des expéditions militaires et des sièges pendant plus d’un siècle dans ses villes les plus importantes (Palerme, Syracuse), avant de tomber sous un contrôle majoritairement musulman en 902. En 948, un émirat sicilien, sous le commandement d’al-Hasan Ibn ‘Ali Ibn Abi al-Husayn al-Kalbi, souverain nommé par la dynastie fatimide, fut créé. La dynastie kalbite qui suivit établit des règles quant à la coexistence des chrétiens et des musulmans, réorganisant l’administration territoriale en divisant et en redistribuant de grands domaines, et promut les activités de construction et la productions artistique. Les chrétiens étaient autorisés à pratiquer leur religion de façon discrète et non ostentatoire. Ils furent en mesure de conserver leurs propriétés, bien qu’ils étaient sujets à une taxe spéciale sur le patrimoine. \n \nEn 1061, deux chefs militaires normands, Roger de Hauteville et Robert de Hauteville, dit Guiscard, tirèrent profit de la lutte interne entre les souverains musulmans d’Agrigente (Ibn al-Hawwas) et de Catane (Ibn al Thumma), entamant ainsi la reconquête de la Sicile et son retour à la chrétienté. Le Comte Roger obtint le légat apostolique de la part du pape Urbain II, permettant aux descendants de Roger d’obtenir les pleins pouvoirs politiques et le droit de nommer les évêques et archevêques en Sicile. \n \nLe 25 décembre 1130, dans la cathédrale de Palerme, le fils de Roger, Roger II, prit les titres de roi de Sicile, duc d’Apulie et prince de Capoue. Roger II entreprit une politique d’expansion vers l'Afrique du Nord, conquérant Djerba, Mahdia, Sfax et Sousse. Après des expéditions réussies sur la côte adriatique des Balkans, Roger II empêcha également l’Empire Byzantin de restaurer son autorité sur l'île de Sicile et l’Europe de l’Ouest en général. La Sicile devint un royaume puissant et indépendant. Un régime tolérant fut instauré par Roger II en Sicile ; les musulmans étaient libres de se rassembler en petites communautés isolées, préservant leurs habitudes culturelles et pratiquant leur religion dans les mosquées locales. \n \nLa magnificence de l’art et de l’architecture italo-normande - résultat d’une intégration éthique, religieuse et culturelle entre musulmans, grecs et normands - est notamment remarquable dans la ville de Palerme et fut complètement réalisée lors du règne du roi Guillaume II, qui régna jusqu’en 1189. \n \nAprès l’extinction de la ligne d'héritiers mâles du roi Roger II, l’Italie du Sud et la Sicile furent occupées par Henri VI, fils de Frédéric Barberousse, empereur et roi de Germanie. Sa femme, Constance de Hauteville, fille de Roger II, donna naissance en 1194 à Frédéric II, qui hérita ainsi des couronnes de Sicile et du Saint-Empire. Frédéric II, raffiné et cultivé, fut profondément influencé par la culture islamique, malgré les insurrections d’enclaves musulmanes dans l'île. En 1246, les derniers peuplements musulmans furent démolis, et les rebelles musulmans furent déportés à Lucera, en Apulie. \n \nCe profil, compilé par Pier Paolo Racioppi et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet \"Explore Islamic Art Collections \".","date_description_ah":"","date_description_ad":""},"13672afb-3fca-5590-9d58-2619b67ab0de":{"name":"Saadiens","also_known_as":"","area":"Capitale : Marrakech","history":"Incapables de s'opposer à la pénétration espagnole et portugaise et aux multiples scissions maraboutiques, les Ouattassides s'évertuent à s'accrocher à leur pouvoir en miettes en faisant allégeance aux Turcs, nouveaux maîtres du Maghreb central et de l'Ifriqiya. \n\\- Les tribus du Sud font alors appel aux Saadiens, venus d'Arabie au milieu du XIVe siècle et qui se disent descendants du Prophète. \n\\- Ceux-ci prennent la tête de la guerre sainte après s'être imposés dans le sud du pays. En 1541, ils reprennent Agadir aux Portugais, première victoire sur les Européens qui leur vaut un immense prestige et leur permet de se rendre maîtres du pays en 1554. \n\\- En 1578, la bataille de Oued el-Makhazine (dite bataille d'Alcazarquivir ou bataille des Trois Rois), remportée sur l'armée portugaise menée par le roi Dom Sébastien, apporte à Ahmad al-Mansour (le Victorieux) un immense prestige international en même temps que de grandes richesses (rançons des chevaliers chrétiens). \n\\- Le Maroc, qui peut dès lors s'opposer aux Turcs régnant en Algérie et en Tunisie, reprend le contrôle du commerce saharien et se dote d'une armée renforcée et d'une administration réorganisée. L'agriculture et l'artisanat sont encouragés et le commerce avec l'Europe développé. \n\\- Sur le plan architectural, outre les aménagements apportés à la Qaraouyine, c'est à Marrakech que les Saadiens ont laissé leur empreinte. \n\\- Malgré la destruction par Moulay Ismaïl du palais al-Badi (l'Incomparable), d'inspiration grenadine, on peut encore admirer la nécropole royale (tombeaux saadiens) ainsi que différentes constructions dans la Casbah.","date_description_ah":"954–1027 H","date_description_ad":"1548–1618 J.-C."},"c5abff43-0a64-5d3e-a98d-f36a6d133d0e":{"name":"Zand","also_known_as":"","area":"L'Iran","history":"La dynastie Zand a régné sur la majorité de la Perse depuis sa capitale, Chiraz, depuis la chute des Afcharides (1148-1210/1736-1796) jusqu’à l’établissement de la dynastie Kadjar par Agha Mohammad Khan (souverain de 1779 à 1797). \n \nLe fondateur de la dynastie, Karim Khan Zand (1164-1193/1751-1779), aussi connu sous le nom de Wakil-al-Dowla (régent de l’État), appartenait à la tribu Zand, une tribu pastorale issue de la branche Lak des Lors. Ils avaient établi leurs quartiers d’hiver dans les plaines d’Hamadan et leurs pastures d’été sur les versants des monts Zagros, au nord de Kermanchah, à l’ouest de la Perse. Lui, ainsi que la majorité de sa tribu, fut déporté au Khorassan en 1144/1732 par Nader Chah, fondateur de la dynastie Afcharide, où ils servirent dans l’armée. Peu après l’assassinat de Nader en 1160/1747, Karim Khan ramena son peuple dans leur région, et s’empara de la ville d’Ispahan en 1163/1750. Suite à ces évènements, il installa sur le trône un souverain fantoche, Ismaïl III (qui régna de 1750 à 1765). Après avoir vaincu trois autres aspirants au pouvoir, il apaisa la majorité de la Perse centrale et de l'Ouest, depuis le littoral caspien jusqu’à l’Azerbaïdjan, la ville de Kerman et les régions au nord du Golf Persique. Il régna depuis Chiraz à partir de 1179/1765 et jusqu’à sa mort en 1193/1779. \n \nJamais, au cours de sa vie, Karim Khan n’adopta le titre de roi (Chah), et fut connu comme le Wakil (régent). Plus tard, il devint célèbre sous le nom de Wakil-al-raaya (le régent des paysans). Lorsque son souverain fantoche safavide, Ismaïl III, mourut avant lui en 1187/1773, le semblant d’une résurrection de l’autorité safavide fut discrètement abandonnée. En son temps, Karim Khan ne tenta pas de récupérer le Khorassan afsharide, qui devint tributaire du souverain afghan Ahmad Chah Durrani (qui régna de 1747 à 1773). \n \nKarim Khan consacra ses efforts à redonner vie au commerce et à l’agriculture dans la province de Fars et dans la Perse de l’Ouest. Pour y parvenir, il reconstruisit Chiraz, négocia des accords commerciaux avec la Compagnie des Indes orientales à Bouchehr, et entre 1775 et 1779, il assiégea et occupa Bassorah, en Irak ottoman. Il ne se soumit jamais complètement aux Kadjars d’Astarabad, et à sa mort, Agha Mohammad Khan, son otage depuis seize ans, s’échappa de Chiraz et commença à consolider le pouvoir kadjar au nord de la Perse. \n \nDe Sadeq Khan Zand à Djafar Khan Zand (1193-1204/1779-1789), aucun des cinq successeurs de Karim Khan ne prit officiellement le titre de “régent” (Wakil), ni le titre de “Chah”. Les trois premiers successeurs régnèrent comme les fils de Karim Khan, tandis que le deux suivants furent seulement appelés “Khan”; bien que les observateurs européens les appelaient souvent les “rois”. Karim Khan s’attendait probablement à ce que son jeune frère, Sadeq Khan, un lieutenant compétent, lui succède, puisque ses deux fils adultes, Abolfath Khan Zand (l’aîné) et Mohammad Ali Khan, furent déclarés inaptes à régner. Cependant, au moment de la mort de Karim, Sadeq Khan administrait alors la ville de Bassorah et ne put revenir à temps pour devancer ses rivaux parmi les Khan Zand au pouvoir. Profitant de la confusion, le demi-frère de Karim Khan, Zaki Khan, proclama ostensiblement le fils de Karim Khan, et son propre beau-fils, Mohammad Ali Khan, souverains. Zaki Khan menaça de représailles à plusieurs reprises les familles de l’armée de Sadeq Khan, et ainsi, à son arrivée à Chiraz, Sadeq fut abandonné par son armée et prit la fuite pour Bam, dans la province de Kerman. \n \nEn 1779, Zaki Khan ordonna à son neveu, Alimorad Khan Zand (un des prochains souverains Zand), de poursuivre Agha Mohammad Khan, qui avait fui Chiraz pour se réfugier au Mazandéran. Malheureusement pour Zaki Khan, Alimorad Khan se rebella à Ispahan au nom d’Abolfath Khan, le fils aîné de Karim. Lors de sa marche contre lui, Zaki Khan commit de telles atrocités dans le village d’Izadkhvast que ses propres hommes se mutinèrent et l’assassinèrent. Sadeq Khan vit alors son retour possible, ainsi que l’occupation de Chiraz, tout en restant opposé à Alimorad Khan. Ce dernier fut rejoint par le plus jeune fils de Zaki Khan, Akbar Khan Zand, et après un siège éreintant de huit mois, Chiraz tomba en février 1781. Sur ordre d’Alimorad Khan, Akbar Khan tua les deux fils survivants de Karim Khan (Abolfath Khan Zand et Mohammad Ali Khan). Il tua aussi Sadeq Khan et ses fils, à l’exception de Djafar Khan, qui avait conclu un pacte en privé avec Alimorad Khan. Cependant, Alimorad Khan se méfia rapidement des ambitions d’Akbar Khan et galvanisa ainsi Djafar Khan à venger son père et ses frères, en tuant Akbar Khan en 1782. \n \nÀ ce moment-là, Alimorad Khan (souverain de 1781 à 1785), face à la résurgence du pouvoir Kadjar, établit stratégiquement sa capitale à Ispahan. Il mena une campagne acharnée dans la région du Mazandéran, mais Djafar profita de son absence pour marcher sur Ispahan. Se hâtant de revenir défendre sa capitale, mais malade, en plein hiver, Alimorad mourut en février 1785. Son règne, qui vit la dynastie Zand renoncer à la Perse au nord d’Ispahan, peut être vu comme le moment décisif entre les dynasties Zand et Kadjar. \n \nDjafar Khan (souverain de 1785 à 1789), grâce à son courageux fils Lotf Ali Khan, prit Lar (dans la région de Fars), la province de Kerman, et occupa à nouveau Ispahan, mais il fut chassé par deux fois par Agha Mohammad Khan Kadjar et dut retourner à Chiraz. Sa perfidie à l’égard de ses propres partisans provoqua une mutinerie, menée par Seid Morad Khan Zand, le cousin d’Alimorad ; mutinerie pendant laquelle Djafar fut tué. Seid Morad Khan Zand envoya alors une armée menée par son frère, Chah-Morad, contre le fils de Djafar Khan, Lotf Ali Khan, qui se trouvait alors dans la province de Kerman. Cependant, ces troupes se mutinèrent et Lotf Ali Khan réussit à retourner à Chiraz, qui avait été sécurisée par le maire juif de la ville, Ebrahim Khan Kalantar (1745-1800). \n \nLotf Ali Khan (1204-1209/1789-1794) fut le seul, parmi les successeurs de Karim Khan, à être admiré pour son courage et son intégrité. Après avoir repris Chiraz aux mains des mutins, il parvint à la défendre contre un assaut violent des Kadjars. Sa chute fut précipitée par la défiance mutuelle entre lui et Haji Ebrahim Khan Kalantar. En route pour attaquer Ispahan en 1201/1791, Lotf Ali Khan fut abandonné par la majorité de son armée, sur invitation du frère d’Haji Ebrahim, alors commandant d’infanterie, et à son retour précipité vers Chiraz, il trouva la ville aux mains d’Haji Ebrahim. Bien que la ville de Bouchehr refusa de l’aider, le leader des Zands, avec les quelques troupes qui lui étaient encore loyales et grâce à quelques contributions arabes, se bâtit contre l’avancée des Kadjars sur Chiraz. Cette tentative fut encore plus difficile car Ebrahim avait déjà offert de capituler et de rendre Chiraz à Agha Mohammad Khan. Finalement, ce dernier entra dans Chiraz en 1206/1792. Haji Ebrahim devint plus tard le premier grand vizir (Sadr-e Aẓam) et une figure politique majeure du début de la période Kadjar. \n \nLotf-Ali Khan prit Kerman en 1794 et résista pendant quatre mois avant que les Kadjars ne finissent par entrer par traîtrise. Il prit la fuite à Bam, mais le gouverneur le fit saisir et le livra aux Kadjars. Agha Mohammad Khan eut son dernier ennemi Zand aveuglé et cruellement torturé avant de le conduire à Téhéran pour être exécuté en 1209/1794. Ceci marqua la fin du règne Zand, bien que Agha Mohammad Khan ne fut pas officiellement couronné avant 1796. L’année suivante, après cet assassinat, le fils de Zaki Khan, Mohammad Khan Zand, aidé d’une armée tribale, tenta, mais sans succès, de reprendre le pouvoir aux Kadjars. \n \nLa réputation de la dynastie repose sur son fondateur, Karim Khan, qui fut capable non seulement de forger une armée avec les différentes tribus pastorales iraniennes des monts Zagros, mais aussi de bâtir une certaine confiance et des alliances prospères avec les bureaucrates et les magnats des principales villes à l’ouest et au sud de la Perse (Ispahan, Chiraz, Tabriz et Kerman). Ses politiques économiques, rusées, et son humanité notable sont connues grâce à de nombreuses anecdotes. Ses successeurs détruisirent ses accomplissements par leurs guerres intestines ; ils ne purent inspirer la confiance des dirigeants urbains, tel qu’Haji Ebrahim, et précipitèrent la chute des Zands en faveur des Kadjars. \n \nCe profil, compilé par Ali M.Tarafdari et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"1164-1209","date_description_ad":"1751-1794"},"8ae67819-c139-555b-9a50-3e3aa669d374":{"name":"Ikhchidides","also_known_as":"","area":"Égypte et Bilad al-Cham (Syrie et Palestine)","history":"Après la chute de l’Etat toulounide en 292/905, l’Égypte retourna sous la domination directe des Abbassides, qui nomma successivement 11 walis (gouverneurs) en 30 ans. En 321/923, l’un des généraux de l’armée abbasside en Égypte, Abou Bakr Mohammad bin Tughj, qui était l'un des anciens gouverneurs (wali) d'Amman pendant la période abbasside, parvint à déjouer une tentative d’invasion de l’Égypte par l’armée fatimide. En reconnaissance de son courage, le calife abbasside le nomma gouverneur d’Égypte en 323/935 avec le titre de al-Ikhchid et lui garantit le droit de succession pour sa descendance. Sous son règne, la paix et l’ordre prévalurent en Égypte et en al-Cham. Le règne de la dynastie dura 34 ans. \nEn 334/946 l’Ikhchide Abou Bakr mourut et son fils Abou al-Qasim gouverna jusqu’en 349/960, époque à laquelle son plus jeune frère, Abou al-Hassan, prit le pouvoir pour cinq ans. En 355/965, un esclave abyssin slave du nom de Kafour al-Labi Abou al-Misk, acheté par l’Ikhchide et promu à plusieurs postes officiels jusqu’à celui de général de l’armée, tuteur et précepteur de ses deux fils et régent tout au long de leurs années de règne, devint finalement le maître suprême du pays pour deux ans. Après sa mort, un petit-fils de Mohammad bin Tughj âgé de 11 ans lui succéda pour une brève période. \nL’Égypte, à cette époque, devait affronter une double menace de la part des Qarmates à l’est et des Fatimides à l’ouest et traversait une grave crise économique. La faiblesse de l’armée égyptienne et l’impuissance du califat de Bagdad encouragèrent les Fatimides à envahir le pays en 358/969, mettant fin à cette dynastie et au pouvoir du califat abbasside en Égypte.","date_description_ah":"323-358 H","date_description_ad":"935-969 J.-C."},"0dc8430e-9925-5792-b703-2201e9d5674a":{"name":"Alaouites","also_known_as":"","area":"Maroc. 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Baudouin, fils du comte d’Édesse, fonde le premier État croisé latin en 1098 à al-Raha. Dès lors, et pour 200 ans, de nombreux États latins vont être gagnés et perdus en Terre sainte. \n“Franj” (les Francs) était le terme utilisé par les habitants du Proche-Orient pour désigner les croisés européens de toutes les campagnes en Terre sainte. Bien que l’histoire des croisades chrétiennes à Jérusalem ait commencé par un terrible mass acre en 493 H / 1099 J.-C., quelque 200 ans plus tard, non seulement la Palestine avait changé, mais également les Francs, qui s’y étaient installés et s’étaient adaptés au mode de vie proche-oriental parmi les musulmans. \nÀ la différence de l’Espagne musulmane, avant l’arrivée des Francs, les contacts entre Européens et Arabes étaient très peu nombreux, et ce qu’ils connaissaient les un des autres était superficiel et entaché de connotations religieuses négatives. Il n’y avait pas de place pour la compréhension et pour des échanges culturels véritables. Mais malgré la violence générale de cette période, le Levant n’a jamais connu pareille période d’interaction directe avec “l’autre”, c’est-à-dire jusqu’au XXe siècle ! La beauté du Dôme du Rocher submergea les envahisseurs. Avec ce type de contacts, les Croisés latins eurent une nouvelle impression de l’Orient islamique, dont portent finalement témoignage leurs écrits et leurs récits de voyage. \nDe nombreux bâtiments religieux islamiques furent transformés en églises et institutions chrétiennes. À Jérusalem, le Dôme du Rocher fut transformé en église et la mosquée al-Aqsa fut affectée à l’hébergement des chevaliers ; à Hébron, le vieux plafond de la mosquée Ibrahimi fut remplacé par un plafond de style roman. Ces influences croisées s’étendirent même aux façons de se vêtir ou de cuisiner, ainsi qu’aux coutumes en matière de fêtes populaires et religieuses. \nÀ la fin de cette période, une fois les Croisés expulsés tant par les Ayyoubides que par les Mamelouks, de nombreux édifices et temples chrétiens furent transformés et rendus à leur vocation islamique. Mais le processus avait enrichi le goût les habitants du cru, puisqu’ils ont recyclé et intégré les canons esthétiques latins et francs dans l’art islamique de la région.","date_description_ah":"488-690 H","date_description_ad":"1095–1291 J.-C."},"b866c59b-f81b-5655-972c-c4ac569b959e":{"name":"Moghole","also_known_as":"","area":"Agra (1526–1540; 1555–1571; 1598–1648) \nFatehpur Sikri (1571–1585) \nLahore (1586–1598) \nShahjahanabad, Delhi (1648–1857)","history":"Dans le langage perso-arabe, le terme moghol signifie « Mongol » ou les « Mongols ». Babur, le fondateur de la dynastie moghole, souverain de 1526 à 1530, était de descendance timouride-mongole. Par son père, il était le descendant du seigneur de guerre Timour, ou Tamerlan, un guerrier valeureux de la fin du 14e siècle et début du 15e ; et par sa mère, il était le descendant de Gengis Khan. Babur conquit un large territoire, s'étendant de l’Asie centrale jusqu’aux côtes méditerranéennes. \n \nÀ la fin du 15e siècle, les Moghols avaient commencé à patronner les arts, commandant l'utilisation d’une architecture imposante et faisant de grands manuscrits enluminés. Ils étaient considérés comme raffinés et sophistiqués. En 1526, à la bataille de Panipat, Babur remporta une large victoire ; il conquit le nord de l’Inde jusqu'à la plaine indo-gangétique après une lutte contre les Afghans, le sultan Lodi de Dehli et les Rajputs menés par Rana Sanga de Mewar. Pour légitimer son règne, Babur fit construire trois mosquées. \n \nBabur mourut en 1530 et fut remplacé par son fils, Humâyûn, qui hérita d’un territoire qui devait être consolidé. Après avoir été vaincu par le chef des Afghans de Bihar, Sher Shâh Sûrî, Humâyûn fut conduit devant la cour persane du souverain iranien-safavide, le Shah Tahmasp Ier. Avec l’aide de l’empereur persan, il reconquit le nord de l’Inde en 1555. Il mourut en 1556 à Delhi. \n \nLe fils de Humâyûn, Akbar, accéda au trône à l'âge de 12 ans, et régna pendant près de 50 ans (1556-1605). Akbar est considéré comme un souverain très important dans la dynastie moghole. Ses nombreuses réussites furent significatives : il posa les fondations solides pour la souveraineté moghole, créa des politiques inclusives et adopta une attitude tolérante envers les non-musulmans. Cette méthode de gouvernance fit de lui un souverain amical et créa un état purement syncrétique. \n \nAu moment de la mort d’Akbar en 1605, celui-ci avait alors bâti un empire solide qui allait prospérer sous le règne de son fils, Jahângîr, et de son petit-fils, Shâh Jahân. Jahângîr suivit les pratiques qu’Akbar avait commencé lors de son règne. Il accéda au trône en 1602 après une dispute avec son père et en orchestrant la mort du conseiller proche d’Akbar, Abul al-Fazl, dont il pensait qu’il était contre la succession par Jahângîr. En 1611, il épousa Nûr Jahân. Elle était puissante, intelligente, et prit les rênes du pouvoir lorsque Jahângîr tomba malade. \n \nDans sa dernière phase, l’empire moghol fut dirigé par Nûr Jahân et sa famille. Un de ces souverains fut le prince Khurram, connu par la suite sous le nom de Shâh Jahân, un stratège militaire reconnu. Il fut responsable de la victoire de Jahângîr pendant son règne. En 1614, il mena une campagne contre le fort Sisodiya Rajput de Chittorgarh et força Rana Amar Singh à se rendre. Jahângîr fut ravi de cette victoire et considéra Khurram comme héritier présomptif. \n \nSous le règne du Shâh Jahân, l’empire moghol fut prospère, riche et reconnu dans le monde entier. Pendant les douze premières années de son règne, le Shâh Jahân mena plusieurs campagnes militaires dans le but de soumettre des souverains insoumis. Au même moment, il conquit le territoire à l’est de l’Inde, Sind, et au nord-ouest. En 1636, il fit une percée dans sa campagne pour accroître son extension territoire dans le Deccan. Les Moghols signèrent un traité avec deux dynasties du Deccan, le Shâh Adil de Bijapur et les Shâhs Qutb de Golkonda. Ceci offrit vingt ans de coexistence pacifique entre les Moghols et les sultanats du Deccan. \n \nEn 1658, le fils du Shâh Jahân, Aurangzeb, régna sur l’empire moghol de 1658 à 1707. Il devint le chef victorieux après une bataille pour la succession au cours de laquelle deux de ses frères furent tués, un autre fut exilé à Burma et son père fut emprisonné. Il régna pendant 49 ans. Il est connu sous le nom d’Âlamgir (Conquérant du monde). Sa plus belle réussite fut d'étendre le territoire moghol jusqu’au Deccan. Il asservit les sultans du Deccan et étendit ainsi massivement l’empire. \n \nAurangzeb est considéré comme un musulman orthodoxe qui s’est libéré des traditions libérales de ses prédécesseurs. Contrairement à l'image qui a été peinte, Aurangzeb était un souverain indien qui s'efforça tout au long de sa vie de préserver et d’agrandir l’empire moghol, de gagner du pouvoir politique et de régner selon sa propre vision de la justice. \n \nLa cour des successeurs moghols était connue pour sa culture hautement aristocratique. Ces souverains apprécient les divertissements offerts par la poésie et la musique, commandaient des peintures et d'objets miniatures, et soutenaient la construction d’une architecture monumentale pour la cour impériale moghole. \n \nCependant, de 1707 à 1857, la dynastie moghole connut une période de déclin. La mort d’Aurangzeb amena beaucoup de troubles, les courtisans rivalisant les uns contre les autres pour le pouvoir. Bahâdur Shâh Ier (1643–1712) tenta de modifier les politiques religieuses de la cour et de réformer son administration. Après sa mort en 1712, l’empire fut impliqué dans des querelles pour désigner le prochain successeur. Ce fut finalement le 20e souverain de la dynastie moghole, Bahâdur Shâh Zafar ou Bahâdur Shâh II (1837–57) qui lui succéda. Néanmoins, le dernier empereur moghol n’avait plus de pouvoir sur le royaume, il n'était empereur que de titre. Tout au long du 18e siècle, le nord de l’inde fut à la merci de pouvoirs autochtones et étrangers. L'arrivée de la Compagnie britannique des Indes orientales marqua la fin du règne moghol. À cette époque, l’empire moghol n’existait plus que de nom, tandis que la Compagnie britannique des Indes orientales gouvernait l’empire. \n \nBibliographie \n● Asher, Catherine B. and Talbot, Cynthia, India before Europe, UK : Cambridge University Press, 2006. \n● Koch, Ebba, Mughal Architecture, UK : Oxford University Press, 1991. \n● Richards, John F., Gordon Johnson, The Mughal Empire, UK : Cambridge University Press, 1993. \n● Truschke, Audrey, Aurangzeb : the Man and the Myth, India: Penguin Random House India Pvt. Ltd, 2018. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"","date_description_ad":""},"3eb686ce-9607-530b-b1a3-688cf19fe53a":{"name":"Zenguides","also_known_as":"Les Atabegs de Mossoul","area":"Jazira et Syrie","history":"La lignée des Atabegs zenguides, également connus comme Atabegs de Mossoul, fut fondée en 521/1127 par Imameddin Zangi (‘Imad al-Din Zangi), un général du sultan grand-seldjoukide Malik Chah, et gouverna Mossoul (Irak) et la Syrie. Mahmud, le dirigeant seldjoukide en Irak, avait confié l’éducation de ses fils à Imameddin Zangi lorsque Zangi devint gouverneur de Mossoul en 521/1127. Zangi avait l’intention de fonder un grand État. Il prit d’abord Harran, Nusaybin et Alep, et accrut encore son pouvoir après avoir envahi Diyarbakır (Diyar Bakr) et Urfa (l’ancienne Édesse). Après la mort de Imameddin Zangi en 541/1146, son fils Seyfeddin Gazi (Sayf al-Din Ghazi) assuma l’administration de Mossoul, tandis que l’autre fils, Nureddin (Nur al-Din), se chargea de la Syrie. \nNureddin Zangi élimina les Fatimides en 567/1171 avec son général ayyoubide Salah al-Din (Saladin) et étendit son territoire. Il mourut en 569/1174. Seyfeddin Gazi, le maître de Mossoul, mourut en 544/1148 ; lui succéda Kutbeddin Mevdud (Qutb al-Din Mawdud), qui continua à gouverner jusqu’en 565/1170. \nLes luttes pour la succession qui surgirent après la mort de Nureddin Zangi et Kutbeddin Mevdud, et les conflits qui se firent jour avec les Ayyoubides, fondés par Salah al-Din en 569/1174, sont la cause du déclin des Zenguides, dont la dynastie s’éteignit définitivement en 1223. \nLes Zenguides connurent leur apogée sous Nureddin Zangi, qui gouvernait la Syrie. Il fit restaurer de nombreux châteaux dans les villes de Syrie, et construire quantité de mosquées, caravansérails, *madrasa* et *imaret*. La Grande Mosquée de Mossoul, la *madrasa* Nuriyya, Dar al-Hadith et le *maristan* (hôpital) de Damas sont parmi les monuments importants de la période.","date_description_ah":"521-620 H","date_description_ad":"1127-1223 J.-C."},"243087ef-42ec-5f14-920a-edc2cb221bd6":{"name":"Toulounides","also_known_as":"","area":"Égypte, Syrie","history":"En 254 H / 868 J.-C., Ahmad Ibn Touloun arrivait en Égypte en tant que délégué de Bakbak, le gouverneur abbasside d’Égypte. Il resta gouverneur député après le meurtre du gouverneur Bakbak et l’installation du prince Jarquq comme nouveau gouverneur d’Égypte. Finalement, il devint gouverneur d’Égypte de plein exercice, et jouit d’une quasi-indépendance non seulement en Égypte, mais aussi sur tout le territoire s’étendant d’Alexandrie à la Syrie et la Palestine, à une époque où les Abbassides étaient occupés à mater des révoltes dans le sud de l’Irak. \nIbn Touloun consolida son État en organisant une armée efficace, forte de quelque cent mille hommes, avec une garde spéciale composée de soldats turcs et d’esclaves noirs. Son excellente expérience militaire et ses qualités d’organisateur lui permirent de gouverner l’Égypte d’une main de maître. Son règne fut une période de grande prospérité et de concorde civile. \nPour les commodités de sa cour, de son gouvernement et de son armée, Ibn Touloun fonda à côté de Fustat une nouvelle capitale, al-Qata’i, dont le plan s’inspirait de celui de Samarra, la capitale des Abbassides en Irak. \nComme beaucoup d’autres États turcs dans le giron de l’empire abbasside, l’État toulounide fut d’assez courte durée. Ceci s’explique principalement par l’absence de racines régionales et ethniques dans les zones où il s’établit. Et parce que, pour maintenir leur hégémonie, les dirigeants dépendaient de contingents de mercenaires étrangers. C’est pourquoi, à l’époque du quatrième souverain toulounide en 292/904, le calife abbasside al-Muktafi Billah put envoyer Muhammad bin Suleiman à la tête d’une armée pour éliminer les Toulounides et récupérer l’Égypte pour le trône abbasside.","date_description_ah":"254–292 H","date_description_ad":"868–905 J.-C."},"09e1b504-2690-502c-aaaa-36348b657565":{"name":"Mengüjekides","also_known_as":"","area":"Nord de l'Anatolie orientale [Turquie]","history":"L’émirat mengüjekide fut fondé par Mengücek ou Mengücük \\[Mengüjek ou Mengüjük\\] Ghazi, qui avait été chargé par le sultan Alparslan de conquérir le nord de l’Anatolie orientale après la bataille de Malazgirt \\[Manzikert\\] en 1071. L’émirat s’étendait sur une région englobant Kemah, Erzincan, Divrigi etŞarki Karahisar ; sa capitale était Kemah. \nÀ Mengüjek Ghazi succéda son fils Ishak, qui envahit Malatya en 1118, ce qui détériora leurs relations avec les Seldjoukides d’Anatolie et les Danichmendides. Au cours d’une bataille en 1120 près d’Erzincan, Ishak fut battu par Tughrul, fils du sultan seldjoukide anatolien Kılıçarslan Ier, gouverneur de Malatya. Pendant de longues années, Ishak vécut sous la souveraineté de son beau-père danichmendide Melik Ghazi. À sa mort en 1142, son émirat fut partagé en deux : son fils Davud \\[Dawud\\] Ier hérita de Kemah-Erzincan, tandis que Divrigi revenait à son autre fils, Süleyman. \nLa lignée de Kemah-Erzincan connut son apogée sous le règne de Fahredden Behramşah \\[Fahr al-Den Bahram Chah\\] (1165-1225), fils de Davud Ier. Behramşah transféra sa capitale à Erzincan et établit de bonnes relations avec les Seldjoukides d’Anatolie. Cependant, les relations se dégradèrent pendant le règne de son fils Davudşah II; ainsi, le sultan seldjoukide anatolien Alaadden Keykubad Ier \\[Ala al-Den Kay Qubadh Ier \\] conquit Kemah et Erzincan en 1228, ce qui signa la fin de cette branche de l’émirat. \nLa branche de Divrigi de l’émirat fut toujours en bons termes avec les Seldjoukides d’Anatolie. Ils tombèrent sous la coupe des Ilkhanides en 1277, et restent plus remarquables par leurs activités architecturales que par leur histoire politique. La Grande Mosquée et l’hôpital de Divrigi furent construits par Turan Melik, la femme de l’émir mengüjekide Ahmed Chah, en 1228-1229, et c’est l’un des monuments inscrits à la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. Le Kale Masjid (mosqué du château, 1180) et le mausolée de Sitte Melik, tous deux à Divrigi, de même que le mausolée de Mengüjek Ghazi à Kemah, sont au nombre des monuments remarquables érigés par l’émirat.","date_description_ah":"475-676 H","date_description_ad":"1072-1277 J.-C."},"c86e40a5-f47d-5f06-8a89-26f52f632eb0":{"name":"Fatimides","also_known_as":"","area":"Afrique du Nord, Égypte, sud de la Syrie","history":"L’assassinat du calife Ali à Koufa et de Hussein, petit-fils du Prophète, à Karbala va donner naissance au chiisme, qui se réclame de la légitimité des descendants de Mohamed pour assumer le califat. Combattu par les Omeyyades puis par les Abbassides, le mouvement va pourtant se propager très vite dans le monde musulman pour arriver au Maghreb, d’où les chiites décident de conquérir le grand califat du monde islamique. Porté au pouvoir par le missionnaire Abou Abdoullah al-Chii, l’imam al-Mahdi évince la dynastie aghlabide en 910 avant de prendre la Tunisie, la Libye, l’est de l’Algérie et la Sicile. \nEn 969, fort de la stabilité et de la prospérité économique du pays, le calife fatimide al-Mouiz (r. 953-975) tente de reconquérir le grand Orient et entre victorieusement en Égypte, laissant l’Ifriqiya entre les mains des Zirides, qui abandonnent bientôt le chiisme pour le sunnisme, une incartade violemment réprimée par les tribus hilaliennes lancées à l’assaut du pays. \nLa nouvelle capitale fatimide du Caire sera le berceau d’une brillante civilisation, soutenue par des conquêtes territoriales en Syrie et Palestine. Jusqu’à ce que Saladin ne leur confisque définitivement le pouvoir en 1171, les califes fatimides vont encourager l’urbanisme, les sciences, les arts et les lettres. \nLes Fatimides ont fondé plusieurs villes dont Mahdia et Sabra al-Mansouriya en Ifriqiya, Achir dans le Maghreb central, le Caire en Égypte. Conformément à leur philosophie et à leur foi, la ville désormais n’est plus organisée autour de la mosquée, mais autour du palais du calife comme représentation du pouvoir. À noter également l’apparition des portiques dans la cour des mosquées et d’un passage décentré, dans la salle de prières, destiné à la procession du calife glorifié. \nLes sciences et les lettres, les mathématiques, la médecine et l’exégèse connaissent un essor remarquable sous les Fatimides, tandis que les arts et l’artisanat se développent de façon spectaculaire. 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Mehmed Bey s’installa à Birgi et partagea son propre territoire entre ses fils : Umur Bey reçut Izmir, Ayasulugh et Sultanhisar revinrent à Hızır Bey, Ödemiş à Ibrahim Bahadır Bey et Tire à Süleyman Bey. Son plus jeune fils Isa Bey resta à Birgi avec lui. \nMehmet Bey mourut en 1334, son successeur fut Umur Bey, qui lança les campagnes de Grèce et des îles égéennes. Il conquit aussi Alagehir et l’île de Chios. En 1344 les Latins prirent le port d’Izmir. Umur Bey mourut pendant sa tentative de reprendre le contrôle du port d’Izmir en 1348. \nLui succéda son frère Hızır Bey, qui transféra la capitale à Ayasulugh. Il signa également avec les Latins un traité par lequel il acceptait d’évacuer port d’Izmir au profit des Latins et de partager la moitié des revenus du port. Ce traité entraîna un affaiblissement de l’émirat. \nIsa Bey succéda à Hızır Bey, qui mourut en 1360. Isa Bey apporta aussi une aide militaire au sultan ottoman Mourad Ier à la bataille de Kosovo. Lorsque Bayézid Ier succéda à Mourad Ier, Isa Bey se rallia aux autres émirats en Anatolie occidentale et s’opposa à cette succession. Lorsque Bayézid Ier conquit Alagehir en 1390, Isa Bey se rendit au pouvoir ottoman. Timour restaura l’émirat d’Ayden après sa victoire sur Bayézid Ier à la bataille d’Ankara en 1402. Moussa Bey, qui était monté sur le trône, mourut en 1403. La bataille de succession qui s’ensuivit prit fin lorsque Cüneyt Bey prit le pouvoir en 1405. La chute de l’émirat eut lieu pendant le règne du sultan ottoman Mourad II en 1426.","date_description_ah":"708-829 H","date_description_ad":"1308-1426 J.-C."},"a999b9e1-b986-5792-8f1c-7764cd952822":{"name":"Mérinides et Ouattassides","also_known_as":"","area":"Maroc et Maghreb centrale. 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Auparavant, Abou Youssef Yacoub, premier sultan mérinide, traverse à plusieurs reprises le détroit de Gibraltar, ralentit quelque peu la progression des chrétiens et contribue à sauver Grenade. \n\\- Durant un siècle et demi, le Maroc connaît une brillante période, caractérisée par le développement des arts et de la culture, la construction de nombreuses mosquées et *madrasa*, ainsi que la création d’une nouvelle capitale : Fès el-Jedid (1276). \n\\- Après la période d’éclat mérinide, l’épidémie de peste noire (1348) et la rébellion de Tlemcen et de Tunis marquent le déclin de la dynastie, qui ne parvient pas à refouler les Espagnols et les Portugais. \n\\- Les Ouattassides (Banu Ouattas), famille vizirienne héritière des Mérinides, se font d’abord proclamer régents du royaume avant de prendre le pouvoir en tant que souverains. \n\\- Mais le pays s’enfonce dans une grave crise économique alors que la chute de Grenade, dernier royaume musulman d’Espagne, et le déferlement des expulsés andalous augmentent la frustration populaire et la contestation religieuse. \nAu début du XVIe siècle, le Maroc sombre dans l’anarchie et entre dans un cycle d’immobilisme et d’affaiblissement : les Portugais s’emparent de Tanger (1471) et occupent Safi, Azemmour, Mazagan et Agadir, alors que les Espagnols s’établissent à Millilla.","date_description_ah":"Les Mérinides : 667–868 H et les Ouattassides : 869–955 H","date_description_ad":"Les Mérinides : 1269–1464 J.-C. et les Ouattassides : 1465–1549 J.-C."},"3a7f9f69-05d2-574b-aaa8-70b200f82e66":{"name":"Asaf Jahi","also_known_as":"","area":"Région du Deccan, Inde actuelle","history":"La dynastie des Asaf Jahi (1724-1950 après J- C.) a succédé à la dynastie des Moghols. Elle régna sur de grands territoires dans la région du Deccan de l’Inde actuelle. La province d’Hyderabad en fut la capitale pendant presque toute la durée de la dynastie, du milieu du 18e siècle jusqu’au début du 20e siècle. Les souverains de cette dynastie, les nizâms, arrivèrent au pouvoir après un conflit contre la Compagnie britannique des Indes orientales. Sept nizâms dirigèrent Hyderabad jusqu’en 1948, le dernier étant Asaf Jahi VII, Fateh Jang \\`Othman \\`Alî Khân Bahadur. Sous les Asaf Jahi, Hyderabad connut une grande croissance économique et culturelle grâce aux nizâms, qui furent des mécènes de la grande architecture, de l’art, de la littérature et de la nourriture. Les Asaf Jahi comptèrent parmi les plus riches souverains du monde à cette époque. \n \nNawab Khwaja Abid Siddiqi était le grand-père du premier nizâm Asaf Jahi. Né à Aliabad, située à Samarcande dans le royaume de Boukhara, dans l’Ouzbékistan actuel, c’était un homme instruit et expérimenté dans l’art de la guerre. En 1657, il rejoignit l’armée impériale d'Aurangzeb, alors pris dans une guerre de succession dans la région du Deccan. Après la guerre, il obtint un rang élevé et reçu le titre de Khan. Il fut d’abord nommé gouverneur d’Ajmer. Plus tard, il fut envoyé à la cité de Multan avec le titre de Qalich Khan. Il mourut au combat contre le souverain Abu-L Hasan Qutb Shah lors d’un siège près de Golconde en 1687. Après la chute de Golconde, Hyderabad perdit de son importance et la province tomba en ruines. \n \nLe règne des Asaf Jahi est inextricablement lié au déclin de l’empire moghol dans le sous-continent indien. Alors que l’empire moghol perdait de son autorité, la dynastie Asaf Jahi en gagnait. De ce fait, les Asaf Jahi devinrent les souverains d’une partie du Deccan et redonnèrent vie à la province d’Hyderabad, qui devint l’une des plus riches d’Inde. À la mort de Qalich Khan, son petit-fils Qâmar ad-Dîn fut choisi pour lui succéder par le souverain moghol Aurangzeb (1658–1707). Qâmar ad-Dîn fut nommé Chin Qalich Khan (« garçon épéiste ») à l’âge de 19 ans. En 1713, il se vit octroyer le titre de Nizâm al-Mulk Fateh Jang et fonda peu de temps après la dynastie des Asaf Jahi en tant que Asaf Jâh I. Il fut nommé subedar de six provinces et Faujdar de Karnataka. Le titre d’Asaf Jâh fut transmis à Qâmar ad-Dîn par Muhammad Shah, le septième successeur d’Aurangzeb. Ce fut le plus haut titre jamais accordé à un sujet de l’empire moghol. Ainsi commença son règne sur le Deccan, avec Aurangabad pour capitale. La dynastie régnait à présent sur un territoire dans le Deccan qui s’étendait de Narmada à Tiruchirappalli et de Machilipatnam à Bijapur. \n \nLes nizâms Asaf Jahi sont comptés au nombre de sept, bien qu’ils aient été dix. Les petits-fils d’Asaf Jâh I, Nasir Jang et Muzaffar Jang, furent assassinés par les nawabs de Karnoul et de Cuddapah. Ils furent les seuls, avec Salâbat Jang, le troisième fils de Nizâm al-Mulk, à être reconnus comme *subedars* du Deccan. \n \nAsaf Jâh II fut le quatrième fils d’Asaf Jâh I. Né en 1734, il fut connu sous le nom de Nizâm Alî Khan. À 28 ans, il fut nommé *subedar* du Deccan puis devint un nizâm Asaf Jahi. Il régna pendant 42 ans, le plus long règne de tous les nizâms. Pendant son règne, la capitale fut déplacée à Hyderabad. Asaf Jâh II mourut en 1803 à l’âge de 69 ans. Son fils, Mir Akbar \\`Alî Khân Sikander Jâh devint Asaf Jâh III. Né le 11 novembre 1768, il hérita de tous les titres de son père. Son règne fut suivi par celui de son successeur et fils Mir Farkhunda \\`Alî Khân Nâsir ad-Dawleh, qui monta sur le trône en 1829 en tant que Asaf Jâh IV. Il régna jusqu’en 1857, date à laquelle son fils, Mir Tahniyat Afdhal ad-Dawleh (1857–1869), lui succéda le 18 mai 1857 en tant qu’Asaf Jâh V. Peu après, le 17 juillet 1857, la rébellion indienne éclata et il fut déposé. Mir Mahbub \\`Alî Khân était le fils de Mir Tahniyat Afdhal ad-Dawleh. Né le 17 août 1866, ce fut le sixième souverain Asaf Jahi, Asaf Jâh VI. Fils unique, il perdit son père au jeune âge de deux ans et sept mois. Asaf Jâh VII, le septième et dernier souverain nizâm Asaf Jahi, fut Mir Othman \\`Alî Khân, né à Purani Haveli, à Hyderabad le 5 avril 1886. Il est connu pour avoir été un souverain laïc. \n \nEn août 1947, lorsque l'Inde devint indépendante, Asaf Jâh VII refusa de rejoindre l’Union indienne. Son règne prit violemment fin lorsque l’armée indienne lança l’opération Polo. À la suite de cette opération et de l'abdication d’Asaf Jâh VII, les Asaf Jahi furent autorisés à garder leurs titres. Asaf Jâh VII choisit son petit-fils Nawab Mir Barakat wtyg Khan Bahadur Mukarram Jâh comme successeur, mais c’est un titre dont il ne fut que titulaire. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"1136-1369","date_description_ad":"1724-1950"},"4ff94404-b748-5d95-93e3-648f784dd9ba":{"name":"Qing","also_known_as":"","area":"Chine, Taiwan, Tibet et Mongolie, ainsi que des parties d’Asie centrale","history":"La dynastie Qing fut la dernière dynastie impériale de Chine. Ce fut également la dynastie qui régna le plus longtemps, s'étendant sur une période de 1644 à 1912, et ses souverains étaient célèbres pour leurs prouesses militaires. La dynastie fut aussi connue sous le nom de dynastie Mandchoue puisqu’elle fut créée par des Mandchous (clan Aisin Gioro), et la moitié des fonctionnaires royaux étaient Mandchous. \n \nLes fondations de la dynastie Qing furent posées lorsque le peuple Mandchou du nord de la Chine s’unifia contre la dynastie Ming. Un autre groupe se rebella contre la dynastie Ming, les Jürchen, ou les barbares de l’Est. Le groupe était composé de différents clans qui vivaient aux frontières nord-est de l’empire Ming. Les Jürchen arrivèrent au pouvoir dans les années 1580, menés par un homme appelé Nurhaci (aussi connu sous le nom de Nurgaci, 1559-1626), un vassal Ming qui unifia tous les clans mandchous. En 1583, après la mort de son père et de son grand-père, Nurhaci devint, à 24 ans, le pouvoir prédominant dans la région. \n \nÀ la différence des ancêtres des Jürchen et des autres envahisseurs et conquérants, les hommes de Nurhaci n'étaient pas nomades. Leur économie dépendait de l’agriculture, de la chasse et du commerce. En 1616, Nurhaci s’auto-proclama khan (« roi ») de la dynastie Aisin. Dans un document public, il tint pour responsables les souverains Ming de la mort de son père et de son grand-père, dénonçant leurs abus de pouvoir. La dynastie Ming répondit en envoyant un grand nombre de combattants contre lui, mais ce corps expéditionnaire fut vaincu par une confédération pan-Jürchen menée par Nurhaci. \n \nNurhaci mourut en 1626, laissant son huitième fils et héritier, Huang-Taiji (aussi connu sous le nom de Taiji, 1626-43). Huang-Taiji prit le pouvoir en tant que descendant de son grand-père paternel Giocangga. En 1616, Huang-Taiji commença à repousser les militaires Ming de la péninsule du Liaodong. En 1629, il franchit la Muraille de Chine et occupa quatre villes chinoises : Luanzhou, Qian’an, Zunhua et Yongping. En 1636, il établit un gouvernement opérationnel et proclama la formation de la « grande dynastie Qing ». Huang-Taiji mourut le 21 septembre 1643, laissant derrière lui temporairement un pouvoir vacant. Après négociations, il fut décidé que le frère de l’empereur, Dorgon (1612-50), avec le Général Jirgalang (1599-1655), agiraient en tant que co-régents pour le fils de Huang-Taiji, Fulin, alors âgé de 5 ans. Fulin accéda au trône en 1643 en tant qu’empereur Shunzhi (règle de conformité). \n \nDes années 1750 à 1790, l’empereur Qianlong étendit le contrôle des Qing à l'intérieur des territoires d’Asie. À son apogée, l’empire régnait sur la quasi-totalité de la Chine continentale actuelle, comprenant Hainan, Taïwan, la Mongolie, des parties de la Mandchourie et le nord-ouest de la Chine. Les souverains Qing gardèrent leurs coutumes mandchoues et suivaient le bouddhisme tibétain. La dynastie atteignit son apogée au 18e siècle mais se détériora peu à peu à cause de difficultés venant de l’étranger, de révoltes au sein du royaume, de la population grandissante, d’une économie désordonnée et de la corruption. La dynastie Qing fut renversée avec la formation de la République de Chine en 1912. \n \nBibliographie \n• Smith, Richard J., The Qing Dynasty and Traditional Chinese Culture, Washington, DC: Rowman & Littlefield Publishers, 2015. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet \"Explore Islamic Art Collections \".","date_description_ah":"AH 1045–1330","date_description_ad":"AD 1636–1912"},"356a10dc-13a5-5628-a58c-94f3d80361e7":{"name":"Royaume de Mysore","also_known_as":"","area":"Inde du Sud","history":"Le royaume de Mysore fut créé après la chute de l’empereur de Vijayanâgara et la fin de son empire (fondé en 1336), lors de la bataille contre les sultanats du Deccan en 1565. L’empereur de l’empire du Vijayanâgara fut tué et la capitale mise à sac. Ainsi commença une ère d’instabilité politique en Inde du sud ; les Wodeyâr ainsi que d’autres chefs et rois moins importants, en quête d’indépendance, se disputèrent le pouvoir dans la région. Les conflits avec les souverains des territoires alentour étaient constants et souvent futiles. Le début du 20e siècle fut une période de combats ininterrompus tandis que les armées des Marathes, des Moghols et des Nizâms se livraient à une lutte sans merci pour piller la région autant que possible. \n \nÀ son commencement, Mysore était une petite chefferie peu importante, gouvernée par Bettada Chamaraja Wodeyâr de 1513 à 1553. Il régna sur un territoire qui comprenait la cité de Mysore et quelques villages voisins. La chefferie se trouvait au sud de la région de Maidan, dans l’état actuel du Karnataka. De 1578 à 1617, Raja Wodeyâr gouverna Mysore et fonda le royaume en devenant vice-roi de Vijayanâgara, à Srirangapatna en 1610. Ils multiplièrent leurs efforts pour faire de Mysore l'état successeur de Vijayanâgara. \n \nAu 17e siècle, Mysore était indépendante du Vijayanâgara et gouvernée par Chikkadevaraja Wodeyâr (entre 1673 et 1704). Il étendit le royaume malgré les attaques des Moghols, des Marathas, d’Ikkeri et de Madurai. Chikkadevaraja négocia une alliance avec l’empereur moghol Aurangzeb, permettant ainsi une période de paix dans la région. À la fin du 17e siècle, le territoire de Mysore était une région tourmentée par la guerre et divisée en de nombreuses régions administratives par les souverains du Vijayanâgara ; il fut ensuite gouverné par des chefs locaux, descendants et représentants de lignées influentes. \n \nAu cours du 18e siècle, les souverains de Mysore étaient soumis aux dalavayis, ou premiers ministres du royaume. Ils privilégiaient leurs propres intérêts plutôt que ceux du royaume. À la fin des années 1750, le dalavayi Nanjirajaraiya fut contraint de se retirer. Son autorité ne fut pas transmise au roi de Mysore mais à Haidar Alî, un officier de l’armée de Mysore. Il devint le dalavayi de Mysore en 1761, se saisit du pouvoir et de l’autorité du roi, dont le rôle était avant tout rituel et cérémoniel. Haidar Alî contribua grandement au royaume et à son armée, qu’il réorganisa et dont la performance égalait celle des Européens, et participa à l'extension du royaume. En tant que dalavayi, Haidar Alî et plus tard son fils et successeur Tipû Sultân participèrent à quatre guerres contre les Britanniques. \n \nTipû Sultân arriva au pouvoir en 1782, après la mort de son père Haidar Alî. À Madras, les conflits étaient constants entre les souverains de Mysore et les Britanniques, qui participaient activement à la politique en Inde dans la seconde moitié du 18e siècle. En 1763, conséquence du traité de Paris, les Britanniques devinrent plus puissants que les Français en Inde. À la fin du 17e siècle, Mysore livrait aussi bataille contre d’autres souverains indiens. Cependant, les guerres opposant les Britanniques à Mysore furent mémorables ; la dernière guerre en 1799 mena au siège de Srirangapatna et à la mort du puissant souverain Tipû Sultân. Elles menèrent également à l'établissement de Mysore comme « état princier », gouverné par un monarque local sous la suzeraineté des Britanniques. Tipû Sultân dut son statut de héros à son opposition à la présence britannique dans la région et à ses efforts pour protéger sa capitale Seringapatam. À la fin du 18e siècle, sous Tipû Sultân, le royaume de Mysore comprenait des régions des états actuels de Karnataka, Andhra Pradesh et Tamil Nadu. \n \nAprès la mort de Tipû Sultân, les Britanniques réétablirent les Wodeyâr sur le trône de Mysore et installèrent un régent britannique à la cour royale. Les Wodeyâr régnèrent sur Mysore jusqu’en 1947, lorsque la cité fut rattachée à la nouvelle république indépendante de l'Inde. Mysore, qui continua d’être dirigée par le précédent souverain jusqu’en 1974, devint une partie de l’état de Karnataka après l’indépendance. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet \"Explore Islamic Art Collections \".","date_description_ah":"801-1367","date_description_ad":"1399-1948"},"1d206364-a251-5fda-81dc-54a09e646e5e":{"name":"Aghlabides","also_known_as":"","area":"Ifriqiya [Tunisie], Algérie, Sicile","history":"En raison de l’extension de l’empire abbasside et du rétablissement de leurs rivaux omeyyades en al-Andalus, et des Idrissides au Maroc, les Abbassides décidèrent d’établir une principauté locale en Afrique du Nord pour prendre position face aux puissances rivales environnant leur royaume dans la région. En 184/800, le calife Haroun al-Rachid (786-809) donna l’Ifriqiya (la Tunisie) à Ibrahim Ibn al-Aghlab (800-811), à titre de principauté héréditaire dont ses descendants devraient également assurer le gouvernement. \nMalgré les nombreuses révoltes auxquelles ils durent faire face au tout début, les Aghlabides (800-909) parvinrent à s’imposer en Ifriqiya en pacifiant le pays, dont ils développèrent le commerce et les voies de communication. Ils reconstruisirent des villes et des villages et édifièrent une série de forteresses militaires tout au long de la côte tunisienne pour protéger l’intérieur du pays des risques d’incursions rivales ou byzantines. \nLes Aghlabides réussirent à contrôler la plupart des îles de la Méditerranée occidentale, y compris la Sicile et Malte, et étendirent leur influence sur tout le sud de l’Italie. Sous leur règne, l’Ifriqiya connut une grande prospérité, attestée par quantité de repères architecturaux, dont la mosquée de Kairouan et les réservoirs d’eau voisins, et la mosquée de la Zitouna. L’agriculture et l’artisanat de la poterie et du tissage se développèrent également, faisant de l’Ifriqiya le principal lien commercial entre le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, entre al-Andalus et le Soudan. \nHélas, la chute des Aghlabides devait arriver ; elle fut largement due au prince régnant Ibrahim II et à l’atmosphère de frivolité et de gabegie qui prévalait sous Ziad Allah III (903-909), ce qui entraîna le peuple ifriqiyen à rejeter les Aghlabides et à refuser de les soutenir contre la progression de la secte chiite. 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Les arts prospérèrent également sous leur règne ; la photographie et la lithographie, ainsi que des formes innovantes de portraits et de peintures à l'huile amenés de l’Ouest, furent rapidement adoptées par les artistes et les mécènes. Durant les 140 ans que dura le règne de la dynastie Kadjar, l'Iran se transforma de confédérations de tribus rivales à une monarchie centralisée et enfin un parlement constitutionnel. Dans la conscience historique des gens, les Kadjars évoquent l'ère glorieuse des Safavides dans toute sa puissance et sa splendeur. \n \nLe premier Shah Kadjar fut Agha Mohammad Chah (1795–98). Lors de son règne, sa préoccupation principale fut de consolider la position du pays contre ses opposants, les Zands de Shiraz (1750–94). Il vainquit le dernier prince zand, Lotf Ali Khan. Finalement, Agha Mohammad Chah fut assassiné par un de ses serviteurs en mai 1796 et son neveu, Bâbâ Khan, lui succéda et fut couronné sous le nom de Fath Ali Chah. \n \nFath Ali Chah régna de 1797 à 1834. Il travailla à redéfinir l’image impériale Kadjar pour la distinguer de celle de ses prédécesseurs. Lors des 37 ans du règne de Fath Ali Chah, ce dernier unifia ses citoyens et améliora l'administration grandissante du pays. C’est à cette époque qu’éclata la première guerre russo-persane, lorsque les territoires de l’Iran de la Géorgie et de l’Azerbaïdjan furent pris par les ennemis. La situation politique avec la Russie et la Grande-Bretagne ne fut pas toujours évidente. Une seconde guerre russo-persane éclata à l'été 1826 dans le Caucase, où les Musulmans se battirent contre les Russes. Après cette guerre, l’Iran fut capable de reconquérir tous ses territoires perdus. \n \nFath ‘Ali Shah mourut en 1834 et ce fut son petit-fils, Mohammad Chah, qui lui succéda (1834–48). Cependant, la succession par Mohammad Chah mena à une rivalité avec deux de ses oncles, Zell-e Soltan, souverain de Téhéran, et Farmanfarma à Fars. Chacun d’entre eux pensait qu’il méritait de succéder à Fath ‘Ali Shah. La Russie et la Grande-Bretagne reconnurent Mohammad Chah comme successeur, et il fut aidé et conseillé par Abol Qasem Qa’em Maqam, le conseiller de son père. Il fut finalement couronné souverain lors d’une cérémonie à Téhéran. Mohammed Shah mourut en septembre 1848. Son règne fut loin d’être pacifique puisqu’une grande partie fut consacrée à la lutte contre la Grande-Bretagne. Son fils, Nassereddine Shah, lui succéda. \n \nA l'âge de 17 ans, Nassereddine Shah (1848-96) accéda au trône. Il initia des changements et modernisa la capitale de Téhéran. Son conseiller était Mirza Taghi Khan Amir-Nezam (plus tard connu sous le nom d’Amir Kabir), qui agissait en tant que grand vizir. Amir Kabir mit en place des réformes pour moderniser, développer et réformer l'État. Il entreprit également de réformer les systèmes financiers et militaires. Sa plus grande réussite fut cependant la création de Dar-ol-Fonoun (maison des sciences), une des premières écoles d’Iran à se baser sur le modèle occidental d’apprentissage. Il la considérait comme un bon terrain d'entraînement pour les futurs fonctionnaires et les militaires. \n \nAprès la mort de Nassereddine Shah, Mozaffareddine Chah (1896-1906) devint le nouveau souverain à l'âge de 43 ans. Il fut considéré comme un souverain faible et plus clément avec ses sujets que ne l'était son père. L’une de ses réussites fut d'établir le firman, un édit royal déclarant qu'il accordait une Majles (assemblée consultative) et que des élections seraient organisées. Les élections à Téhéran furent rapidement organisées et la première Majles fut inaugurée par Mozaffareddine Chah le 7 octobre 1906. Le premier acte de la Majles fut de préparer une constitution - une première dans l’histoire de l’Iran. Elle fut établie et signée par le souverain Mozaffareddine Chah cinq jours avant sa mort en février 1907. Son fils, Mohammad Ali Chah, lui succéda. \n \nMohammad Ali Chah (1907-09) avait 35 ans lorsqu’il accéda au trône. Il fut élevé par un tuteur russe, ce qui le rendit peu populaire auprès des nationalistes iraniens qui se tournèrent plus tard contre lui. Le Shah tenta un coup d’État en décembre 1907, mais échoua. Il fut critiqué par les fonctionnaires et le grand public à la Majles. En juillet 1907, il abdiqua et laissa son fils de douze ans, Ahmad Mirza, lui succéder. \n \nLorsque Ahmad Shah (1909-25) devint le souverain Kadjar, la région au nord-est du pays était occupée ; l’accord russo-britannique de 1907 signifiait que les ministres des deux pays avaient interféré avec les affaires internes de l’Iran, notamment dans la nomination des membres des cabinets. Lors de la première guerre mondiale (1914-18), l'Iran fut assiégé par les troupes russes, britanniques et ottomanes. Ahmed Shah ne put jamais se remettre de ce revers. Avec un coup d’ État en février 1921, Reza Khan (plus tard connu sous le nom de Reza Chah Pahlavi) fut élu pour prendre la place d’Ahmad Shah , qui fut déposé par la Majles. \n \nBibliographie \n• Algar, Hamid, Religion and State in Iran 1785-1906 - The Role of the Ulama in the Qajar Period, Berkeley, CA: University of California Press, 1980. \n• Daryaee T. (ed.), The Oxford Handbook of Iranian History, UK: Oxford University Press, 2012. \n• Gleave, Robert, Religion and Society in Qajar Iran, UK: Routledge Curzon Press, BIPS Persian studies series, 2005. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"AH 1193–1343","date_description_ad":"AD 1779–1925"},"3f91573e-41a6-541f-92a9-3ea587133f9a":{"name":"La dynastie afcharide","also_known_as":"","area":"","history":"La dynastie des Afcharides (1148 de l'hégire/1736 après J.-C. - 1210 de l’hégire/1796 après J.-C.) a été fondée par Nader Chah (1736-1747 après J.-C.), né en 1100 de l’hégire/1688 après J.-C. Il appartenait au clan Qirqlu de la tribu des Afchars, située dans la région de Dargaz au nord de Machhad. Il arriva au pouvoir en attaquant et pillant les régions alentour. Il réussit à mettre fin au règne de la dynastie des Safavides jusqu’en 1796, date à laquelle le royaume fut envahi par les Kadjars (1789-1925 après J.-C.). Le règne de Nader Chah semblait vouloir rétablir l’ancien empire iranien. Il régna sur la région du Khorassan et contribua au prestige de la ville de Mashhad. Après sa mort, le royaume afcharide se limita au Khorassan iranien. \n \nSous le règne peu marquant du Chah Tahmasp II (1729-1732 après J.-C.), les Perses durent lutter contre les menaces lancées par l’Afghanistan. Au milieu de ce chaos, Nader Chah saisit l’opportunité de se positionner en tant que stratège militaire. En 1726, Nader Chah soutint Tahmasp II en devenant son principal allié et partisan. Ce fut à ce moment-là que Nader Chah, avec le soutien de Tahmasp II, captura Machhad. La même année, Nader Chah remporta trois batailles décisives, reprit Ispahan et restaura ainsi le règne de la dynastie safavide. En 1730, il avait ainsi réinstauré son autorité sur une grande partie du nord-ouest de l’Iran, qui avait été occupé par les Ottomans. Il est dit de Nader Chah qu’il restaura l’empire perse en le purgeant de ses ennemis, internes comme étrangers. \n \nEn 1736, Nader Chah renversa le jeune souverain safavide grâce à ses victoires prestigieuses et au soutien des grands chefs et notables de toute l’empire. L'empire perse était à présent dirigé par Nader Chah, qui fonda la dynastie afsharide. Elle tire son nom de la tribu turque des Afshar, à laquelle Nader Chah appartenait. \n \nEn 1738, Nader Chah lança une campagne contre les Afghans dans la région de Kandahar. C’est à ce moment-là qu'il décida d’envahir l’Inde moghole, voisine des Afghans. Son but était de piller le trésor moghol et ainsi en 1739, il entra dans Delhi, la capitale moghole. Là, il massacra entre 20 000 et 30 000 personnes et s’empara du trésor. En 1740, il envahit la Transoxiane (Ouzbékistan et Tadjikistan actuels) et déplaça la capitale perse d’Ispahan à Machhad, afin qu’elle soit plus proche de l’Asie centrale. Nader Chah fut alors perçu comme un conquérant similaire à son prédécesseur, Timour (1370-1405 après J.-C.). Il devint célèbre pour les campagnes qu’il mena en Iran occidental, en Afghanistan, en Inde ainsi qu’en Asie centrale. Le terme afcharide fait référence à l’histoire du Khorassan, depuis le règne de Nader Chah jusqu’à sa mort et la succession subséquente d’Agha Mohammad Chah. Nader Chah fut assassiné le 11 Joumada II 116 de l’hégire/le 20 juin 1747 après J.-C. \n \nÀ la mort de Nader Chah, deux de ses neveux se disputèrent le trône, mais ils furent renversés par leurs familles ou des partisans mécontents. Le dernier souverain de la dynastie afcharide fut le petit-fils de Nader Chah, Chahrokh Chah, qui devint Chah en 1749 mais qui fut destitué la même année. Cependant, il accéda à nouveau au trône ; cette fois-ci seul le Khorassan resta sous son autorité. À travers le reste de l’empire perse, les tribus se disputèrent le pouvoir et le titre de Chah. Parmi elles, la tribu kurde Zand, originaire du centre-ouest de l’Iran, et la tribu turque des Kadjars, issue des régions du nord-ouest de l’empire. En 1751, la tribu Zand prit l'avantage, menée par Karim Khan, qui fut connu pour sa générosité et sa bienveillance. Durant les vingt-deux ans du règne de Khan, l’empire perse connut une période de paix, après des décennies de guerre. Toutefois, la mort de Khan en 1779 mit fin à cette période de paix et entraîna une guerre civile entre les différentes tribus, ainsi qu’entre les membres de la tribu Zand. \n \nEn 1796, la dynastie afcharide fut vaincue par Agha Mohammad Khan des Kadjars (1789-17 juin 1797 après J.-C.), qui fonda le nouvel empire iranien. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"1148 - 1210","date_description_ad":"1736-1796"},"f108d67e-06c0-5769-ad8d-5e30d2542f68":{"name":"Almohades","also_known_as":"al-Muwahhidun","area":"Capitale : Marrakech","history":"Le déclin puis l'effritement de l'empire almoravide furent essentiellement causés par le soulèvement des populations dénonçant le népotisme et la corruption des dirigeants qui s'abandonnaient au luxe et à la nonchalance de la vie de palais. \n\\- Les Almohades (al-Mouwahidoun : les unitaristes), clan berbère réformateur venu du Haut-Atlas pour dénoncer le dévoiement religieux des Almoravides, s'emparent de Marrakech en 1147 et leur chef, Abdelmoumen, prend le titre de Amir al-Mouminin. \n\\- Son petit-fils, Yacoub al-Mansour, qui remporte en 1195 une victoire déterminante sur les armées ibériques à Alarcos, fut aussi un grand bâtisseur et un mécène, et porta l'empire à son apogée politique, économique, intellectuel et artistique. \n\\- Les Almohades réalisent l'unité d'un immense empire englobant l'ensemble de l'Occident musulman, à savoir l'Afrique du Nord – de l'Atlantique jusqu'à Gabès – et l'Espagne musulmane, avant de connaître le déclin à partir de 1212 avec la sévère défaite subie face aux armées chrétiennes à Las Navas de Tolosa (Jaén). \n\\- Ils voulurent se donner une nouvelle capitale, mais la mort de Yacoub al-Mansour (1199) et le déclin de la dynastie ne permirent pas l'achèvement de Ribat al-Fath (Rabat). \n\\- Les édifices construits par les Almohades, tant au Maghreb qu'en al-Andalus, dénotent un souci permanent de grandeur et de sobriété, avec leurs remparts gigantesques, leurs portes monumentales, leurs minarets majestueux et leurs motifs décoratifs épurés.","date_description_ah":"524–667 H","date_description_ad":"1130–1269 J.-C."},"0bece243-9f9b-544f-bca0-a9f1ee9b8182":{"name":"Mouradites","also_known_as":"","area":"Ifriqiya [Tunisie]","history":"Le règne des Mouradites fut de courte durée – ils se succéderont au pouvoir durant un peu plus d'un demi-siècle de 1641 à 1705. Descendants d'un renégat génois du nom de Osta Mourad, ils connaîtront des luttes intestines et un climat d'insécurité qui affaibliront leur pouvoir et raviveront les visées hégémoniques de leurs voisins algériens. On gardera le souvenir du Mouradite Hammouda Pacha, qui fit régner l'ordre dans tout le pays, mais également celui de Mourad III, qui fut qualifié de prince sanguinaire et mourut assassiné, dans un climat de conspiration qui précipita la chute de la dynastie. \nLes Mouradites furent de grands bâtisseurs et dotèrent le pays de belles réalisations. On leur reconnaît une prédilection pour les travaux d'utilité publique tant dans la capitale qu'à l'intérieur du pays. \nTunis leur doit quelques-uns de ses monuments les plus illustres : \n\\- La mosquée funéraire de Hamouda Pacha, la mosquée de Bey M'hamed, qui se distingue par son architecture ottomane avec l'ensemble de dômes qui la couronnent. \n\\- La fondation de la madrasa al-Mouradiya. \nDes travaux de rénovation et d'embellissement à la Grande Mosquée de Tunis, qu'ils dotèrent d'un minaret. \n\\- La construction des premiers bâtiments de Dar al-Bey et des travaux de rénovation et d'embellissement au palais beylical du Bardo dans la banlieue de Tunis. \n\\- L'aménagement de nouveaux souks et la construction de nombreuses demeures dans la médina, ainsi que divers édifices à caractère public, religieux et civil. \n\\- L'édification d'ouvrages d'art, dont le pont construit dans la localité de Medjez al-Bab sur le fleuve Medjerda, réalisé avec des matériaux antiques récupérés sur un ouvrage voisin, un deuxième pont édifié sur le même fleuve, dans la localité de Jedaïda, ainsi que la restauration d'un pont dans la région du Kef.","date_description_ah":"1050–1116 H","date_description_ad":"1641–1705 J.-C."},"4661d4c8-65dd-53a1-9129-e7b7c6277812":{"name":"Vice-royaume d’Oudh","also_known_as":"","area":"Région d'Awadh, nord de l'Inde actuelle","history":"Le vice-royaume d'Oudh, aussi connu sous le nom d’Oude ou état d'Awadh, se situait dans la région d’Awadh, au nord de l’Inde actuelle. C’était une principauté, ensuite annexée par les Britanniques en 1856 après J.-C. Le nom anglicisé du royaume était Oude. La capitale fut plus tard appelée Lucknow au cours du règne des nawabs au 18e siècle. La cité de Lucknow pré-nawabi était une ville prospère située au sud de la rivière Gomtî, qui accueillait de nombreux bâtiments moghols le long de ses rives. La cité fut la plus riche du royaume à son apogée, du milieu du 18e siècle jusqu’au milieu du 19e siècle. Lucknow devint le centre intellectuel et culturel des Moghols, notamment après la défaite de Delhi contre les Britanniques en 1803. \n \nAu 18e siècle, les nawabs arrivèrent sur le sous-continent indien depuis Nishapur à l’est de la Perse et furent employés à la cour moghole. Le terme nawab signifie émir et a donné naissance au mot “nawabi”. À l’origine, Lucknow fut établie en 1580 après J.-C, lorsque l’empereur moghol Akbar (r. 1556-1605) fonda la province administrative d’Awadh. À cette époque, c’était une province quelconque et un centre commerçant connu pour son agriculture. Mais cela changea lorsque la cité moghole de Delhi fut mise à sac en 1739 par le souverain iranien Nader Chah (r. 1736-1747). Cet évènement conduisit à des vagues migratoires vers la cité à présent prospère de Lucknow. \n \nAwhad vit un afflux d’immigrants pendant le règne de deux nawabs, Shuja al-Daula (r. 1754–1775) et Asaf al-Daula (r. 1775–1797). Une autre vague d’immigration se produisit, résultat de l’occupation de Delhi en 1803 par les troupes britanniques et de leur contrôle politique sur un empire moghol affaibli. Les grands noms de la cour de Delhi migrèrent alors vers Awadh. \n \nIl semble que la période la plus glorieuse de Lucknow fut lorsque la cité était dirigée par les Nawabs. En 1775, la cour d’Awadh fut définitivement déplacée de Faizabad à Lucknow. Elle y demeura jusqu’en 1856, date à laquelle le dernier nawab d’Awadh, Wajid Ali Shah, fut condamné à l’exil et la cité pillée. \n \nLors de la période nawabi, Saadat Khan Burhan al-Mulk (r. 1722-1739), un noble musulman chiite iranien, fut nommé nawab d’Awadh par l’empereur moghol Muhammad Shâh (r. 1719-1748). Pour asseoir son autorité, Saadat Khan dut rallier les barons terriens locaux, appelés shaikhzadas. À la mort de Saadat Khan en 1739, son gendre, Safdar Jung (r. 1739-1754), fut nommé nawad d’Awadh par Muhammad Shâh. Il réussit à repousser plusieurs invasions militaires et fut ainsi promu wazir (chef du gouvernement) de l’empire moghol. Ce fut une période de paix dans l’histoire d’Awadh. \n \nAprès la mort de Safdar Jung en 1754, son fils Shuja al-Daula lui succéda en tant que nawab d’Awadh. Lorsqu'il était député, Shuja al-Daula vivait à Lucknow. Après avoir pris sa fonction de nawab, il continua à vivre à Lucknow, dont il fit sa résidence principale. Il servit également à la cour moghole et fut nommé wazir sous Shah Alam II (r. 1759-1806). La cour et la majorité des ministères retournèrent définitivement à Lucknow en 1775 après l’arrivée au pouvoir du quatrième nawab, Asaf al-Daula (r. 1775-1797). \n \nEntre 1775 et 1856, Lucknow fut annexée par la Compagnie britannique des Indes orientales. Pendant cette période, la cité devint un symbole de luxure et d’extravagance, un lieu d’expression artistique, de mécénat artistique et de construction de bâtiments incroyables. À la fin de cette période, le dernier souverain Wajid Ali Shah fut condamné à l’exil par les Britanniques. \nAsaf al-Daula mourut en 1797. Son fils Wazir Ali Khan lui succéda (r. 1797-1798) mais ne régna que pendant quatre mois avant d’être destitué à cause de ses convictions anti-britanniques. Les Britanniques placèrent sur le trône le jeune demi-frère d’Asaf al-Daula, Saadat Ali Khan (r. 1798–1814), qui fut forcé par les Britanniques à remettre l’autorité politique supérieure d’Awadh ainsi que le contrôle économique de la cour de Lucknow. Saadat Ali Khan fut contraint de céder la moitié du territoire d’Awadh ainsi que les revenus gagnés grâce à ce territoire à l’autorité britannique permanente. Au même moment, Saadat Ali Khan prouva être un architecte remarquable qui transforma le paysage urbain de Lucknow. \n \nÀ Saadat Ali Khan succéda son fils Ghazi al-Din Haidar (r. 1819-1827), officiellement couronné roi d’Awadh. Son fils, Nasir al-Din Haidar (r. 1827–1837), lui succéda à son tour et fut à l’origine de la construction de plusieurs bâtiments, dont l’observatoire royal. Sa mort déclencha une lutte de pouvoir et ce fut finalement le frère de Ghazi al-Din Haidar, Muhammad Ali Shah (r. 1837–1842), qui fut nommé roi et installé sur le trône par les Britanniques. À Muhammad Ali Shah succéda son fils pieux Amjad Ali Shah (r. 1842–1847), qui lui-même fut succédé par son fils Wajid Ali Shah (r. 1847–1856). Ce dernier fut un souverain dépourvu de tout pouvoir politique. De ce fait, il fut à la fois un mécène et un praticien des arts, tels que la musique, la danse et la poésie. Il ordonna la construction de nombreux monuments, le plus majestueux d’entre eux étant le Qaisar Bagh, un gigantesque palais construit entre 1848 et 1852. En 1856, Awadh fut annexée par la Compagnie britannique des Indes orientales. Wajid Ali Shah fut banni à Calcutta, où il continua de vivre en exil jusqu’à sa mort en 1887. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"1234-1274","date_description_ad":"1819-1858"},"161e659e-f4e1-516b-b48e-7a31a9d4d42f":{"name":"Khourassanides","also_known_as":"","area":"Tunisie","history":"C’est vers le royaume sanhagien des Beni Hammad que la population de Tunis se tourne en 1054 pour se prémunir de l’anarchie et de l’insécurité qui gagnent la ville sous les coups d’un chef de bande du nom de Abou al-Ghaith. Dès lors commence pour la ville une nouvelle page de son histoire avec la fondation, sous l’autorité de l’émissaire hammadite Abd al-Haq ibn Khourassan, de la première dynastie royale de Tunis. \nLes relations pacifiques que les dirigeants khourassanides ont su entretenir avec l’Occident chrétien ont fait de Tunis une cité prospère, grâce notamment aux échanges commerciaux établis avec les Normands. \nMais face à l’hégémonie manifestée par ces derniers au lendemain de la reconquête de la Sicile en 1071, et aux risques internes en provenance des hordes nomades qui sillonnaient les campagnes et menaçaient les villes, les Khourassanides se replièrent sur leur cité en la dotant de nouvelles défenses. \nIls ne résisteront pas à l’assaut almohade qui mettra fin à leur règne en 1159. \nTunis doit aux princes khourassanides quelques-unes des plus belles fondations des quartiers nord de la ville. C’est en effet dans cette partie haute de Tunis, à l’intérieur même de l’enceinte, qu’ils établirent leur cité royale en la dotant des équipements nécessaires à la conduite de la Cité. \nLeur souvenir est encore évoqué aujourd’hui par une rue qui porte leur nom et qui rappelle la gloire passée de la principauté khourassanide ; l’artère relie entre eux les édifices les plus importants de la cité royale, qui semble s’être construite sur une extension de la ville vers le sud. \nParmi les monuments qui sont parvenus jusqu’à nous, et qui témoignent d’une grande activité architecturale, on notera surtout : \n– La mosquée al-Qasr, qui reste dans la tradition fatimide avec une belle salle de prière en voûtes d’arêtes et un *mihrab* très fidèle au style de l’époque. \n– La nécropole des Banu Khourassan, qui abrite leurs tombes et se distingue par un élégant pavillon à coupole orné d’une inscription historique. \nOn leur attribue également un palais royal qui a probablement occupé l’emplacement de l’actuel Dar Hussein qui se dresse à une courte distance de leur mosquée.","date_description_ah":"454–522, 543–54 H","date_description_ad":"1062–1128, 1148–59 J.-C."},"9596d88c-4ee2-559b-a8ed-57b2802b4338":{"name":"Ghaznévide","also_known_as":"","area":"Ghazni (Afghanistan), Perse occidentale (la majorité de l’Iran), Asie centrale du Sud (parties de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan), Pendjab et Sind (nord-est de l’Inde), Baloutchistan (Pakistan)","history":"La dynastie ghaznévide était une dynastie turque d’origine servile ; elle était composée de deux familles militaires qui ont fondé les Simjurides et les Ghaznévides. La dynastie des Ghaznévides a été fondée par Subuktugîn en 977-997 après le décès de son beau-père, Alptegîn. Il était fonctionnaire au sein de la dynastie des Samanides, qui s'étendait de Balkh au nord de l’Hindou Kouch dans la région du Grand Khorassan. Ils s'étaient établis dans la partie Est de l’Iran à l'époque où les dynasties telles que les Samanides, les Afrighides, les Khwarezmchahs, les Ziyarides et les Bouyides se détérioraient ou déclinaient. Ce fut lors du règne de Subuktugîn et de son fils Mahmoud que la dynastie des Ghaznévides prospéra. À la mort de Mahmoud en 1030, l’empire comprenait les vastes territoires du monde islamique oriental. Il incluait l’Iran, l’Afghanistan, une grande partie de la région historique de Transoxiane et le nord-ouest du sous-continent indien de 977 à 1186. \n \nLes Ghaznévides turcs étaient habitués à vivre dans les steppes d’Asie centrale. En devenant souverains dans un monde persan, ils durent se familiariser avec la bureaucratie officielle persane et les façons persanes de gérer l’administration, l’organisation militaire et la vie personnelle. Les tribus telles que les Khalajs de Zamindawar, dont les coutumes, la langue et l’apparence étaient turques, survécurent pendant plusieurs siècles avant d’être assujettis par Subuktugîn et intégrés dans son armée. Ils furent un élément essentiel des armées des Ghaznévides, des Ghorides et des Khwarezmchahs et sont les ancêtres des rois Lodi de Delhi (1451-1526). Subuktugîn mourut en 997 et nomma son fils Ismail successeur, mais ce dernier régna peu de temps, vaincu et capturé à la bataille de Ghazni. \n \nSubuktugîn eut un second fils, Mahmoud (997-1030), qui gouverna la dynastie ghaznévide et prit le titre de sultan. Mahmoud passa la majorité de son enfance à aider son père, un fonctionnaire fidèle des Samanides. Lors du règne de Subuktugîn, les frontières de l’empire ghaznévide, qui devaient être maintenues par Mahmoud, furent étendues au sud-ouest jusqu'à Bust et Qusdar, et à l'est vers l’Inde, contre l’empire des rajas Shahis hindous de Waihand. Mahmoud fut le premier souverain indépendant des Ghaznévides ; il n'était pas au service d’une autre dynastie comme les Samanides par exemple. En 998, Mahmoud s’auto proclama souverain de toutes les terres qui étaient détenues par son père. Il est décrit comme un souverain agressif, menant des batailles sanglantes pour étendre son territoire. Il envahit l’Inde de nombreuses fois et était connu pour sa férocité et sa cruauté. Cependant, il a été aussi noté que lors des batailles, il traitait les musulmans de la même façon que les hindous, et un de ses plus importants fonctionnaires était un hindou nommé Tilak. \n \nMahmoud accueillit de grands esprits à sa cour à Ghazni. Il souhaitait que sa cour soit un havre de paix pour les érudits, les poètes et les artistes. Des poètes tels que Ferdowsi, qui a écrit Shâhnâmeh (« Le Livre des Rois »), fit de Ghazni sa maison, tout comme le géographe arabe Al-Bīrūnī. Le sultan Mahmoud mourut le 30 avril 1030. Son mausolée se trouve à Ghazni, en Afghanistan. \n \nBibliographie \n● Bosworth, C.E., Medieval History of Iran Afghanistan and Central Asia, London: Variorum, 1977. \n● Bosworth, C.E., The Ghaznavids, New Delhi: Munshram Manoharial Publishers Pvt. Ltd., 1992. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"AH 366–582","date_description_ad":"AD 977–1186"},"282e09d8-c525-5fa3-b4f7-a60f2b60f56b":{"name":"Hammadides","also_known_as":"","area":"Maghreb central de Achir à Bejaia, Constantine","history":"En remerciement de sa loyauté envers les Fatimides, le fondateur de la dynastie ziride, Ziri ibn Menad, avait été autorisé, vers 323/935, à fonder la ville d'Achir, sur les flancs de l'Atlas tellien. La situation géographique idéalement centrale de cette cité, au contact du Tell et des Hautes Plaines, en fit une capitale active, siège d'échanges commerciaux et culturels. \nPour assurer sa puissance sur la région et des débouchés sur la mer, Bulughin, fils de Ziri, crée trois autres villes, Miliana, Lemdia (actuelle Médéa) et al-Djazaïr (Alger), avant de devenir le maître de l'Ifriqiya et du Maghreb central en tant que vassal de la puissance fatimide. Les Zirides s'installent à Mansouria, l'ex-capitale fatimide, confiant la ville d'Achir à leurs cousins Hammad. Ces derniers marquent alors leur volonté d'autonomie en créant à leur tour une principauté rivale dont la capitale, la Qalaa des Beni Hammad, est fondée en 397/1007 dans les monts du Hodna, près de la ville de M'sila, au sud-est d'Alger. Les Hammadides y élèvent de nombreuses et importantes constructions d'un art et d'un raffinement qui inspireront les bâtisseurs de l'Espagne andalouse. \nLa guerre entre les cousins zirides d'Ifriqiya et hammadides du Maghreb central se prolonge jusqu'en 433/1042, mais leurs héritiers concluent la paix et finissent par cohabiter à l'ombre de leurs deux capitales, Achir et la Qalaa. S'ouvre alors pour toute la région une période de prospérité reconnue par tous les auteurs contemporains. \nEn 439/1048, les Zirides rompent leur lien de vassalité à l'égard des Fatimides du Caire. La région devient indépendante. Cette rupture politique va se doubler d'une rupture religieuse, favorisée par l'attachement traditionnel du Maghreb au malékisme : le rite chiite fatimide cède le pas à l'orthodoxie sunnite malékite. 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Se considérant comme les successeurs des Seldjoukides d’Anatolie, ils occupèrent les régions de Konya, Nigde et Içel lorsque les Ilkhanides furent repoussés d’Anatolie. \nAvec l’aide d’autres émirats turcmènes de la région, les Karamanides combattirent l’empire ottoman (fondé en 1299) pendant de longues années pour faire barrage à son extension en Anatolie. \nL’émirat, qui fut conquis en 1398 par le sultan ottoman Bayézid II (791-804/1389-1402), fut rétabli après la bataille d’Ankara en 804/1402. L’émirat karamanide, connu pour être le second plus long émirat turcmène en Anatolie après les Ottomans, fut définitivement conduit à sa fin par le sultan Bayézid II en 892/1487.","date_description_ah":"648-892 H","date_description_ad":"1250-1487 J.-C."},"8bbd89fd-a70d-5448-86d7-e9dc5a7ae307":{"name":"Almoravides","also_known_as":"al-Murabitun","area":"capitale : Marrakech","history":"Le morcellement du royaume idrisside entraîne au Maroc plus d'un demi-siècle d'agitation et de confusion, sans toutefois porter atteinte à la prospérité économique du pays. \n\\- C'est dans ce contexte qu'arrivent les Almoravides (al-Mourabitoun : les gens des fortins), membres de la tribu des Lemtuna, nomades guerriers, maîtres des routes caravanières du Sud, poussés par le zèle réformiste religieux et par la recherche de terres fertiles. \n\\- Ils prennent Sijilmassa (1054) et Taroudant (1057), et créent la première dynastie berbère du Maroc avec une nouvelle capitale, Marrakech, qu'ils fondent en 1062, avant de prendre Fès en 1064. \n\\- Ayant unifié le Maroc, ils annexent les territoires sahariens jusqu'au fleuve Sénégal, ainsi qu'al-Andalus dont ils transfèrent la capitale à Séville. \n\\- D'abord réfractaires à la civilisation andalouse, totalement étrangère à leurs rudes traditions, les Almoravides vont finir par s'imprégner de cette culture du faste et du raffinement. \n\\- L'influence andalouse est d'abord intellectuelle (poésie, sciences), avant que les constructions almoravides ne soient influencées par l'architecture de Cordoue et de Séville (Qaraouyine, mosquées de Tlemcen et d'Alger…).","date_description_ah":"447–541 H","date_description_ad":"1056–1147 J.-C."},"2fc256bd-66da-5cb4-b5ca-43283018a1db":{"name":"Atabegs","also_known_as":"","area":"Syrie du Nord, Mésopotamie du Nord, Anatolie méridionale [Turquie]","history":"Recrutés parmi les officiers les plus gradés et les plus expérimentés, les *atabey*s ou *atabeg*s étaient chargés de l’éducation des princes grands-seldjoukides nommés gouverneurs, et exerçaient également leur autorité dans différents domaines administratifs et militaires. \nÀ la mort du sultan grand-seldjoukide Melikchah \\[Malik Chah\\] en 1092, les Atabegs profitèrent de la lutte de succession qui s’était engagée entre ses fils pour proclamer leur indépendance. Au nombre des États atabegs les plus notables se comptent les Atabegs de Damas, les Zenguides (Atabegs de Mossoul), les Ildenizides \\[Eldigüzides or Ildegizides\\], les Salghurides et les Atabegs d’Erbil. \nLes Atabegs de Damas sont également connus sous le nom de Tughtiginides ou Burides. Leur lignée fut fondée par Tughtekin, l’atabeg affecté à la formation du fils de Malik Dukak, fils de Toutouch, qui était le frère du sultan Malik Chah, en 1104, après la chute des Seldjoukides de Syrie. Ils furent renversés par Nouredden \\[Nur al-Din\\] Mahmoud, l’atabeg d’Alep, en 1154. \nLes Zenguides sont également connus comme Atabegs de Mossoul. Cette lignée fut fondée par Imadedden \\[Imad al-Din\\] Zengi, l’un des officiers du sultan grand-seldjoukide Malik Chah, en 1127 à Mossoul. Mais le conflit permanent avec les Ayyoubides eut raison de leur pouvoir en 1223. \nEmmenés par Ildeniz, les Ildenizides ou Atabegs d’Azerbaïdjan apparaissent en 1141 comme vassaux des Seldjoukides d’Irak, jusqu’à leur chute devant les Khwarazm-Chahs en 1228. \nLes Salghurides furent fondés en 1147 par la branche Salghur des Turcs Oghuz, conduite par l’atabeg Sunqur. Ils furent renversés par les Mongols en 1284. \nLes Atabegs d’Erbil, également appelés Begtiginides, apparaissent vers le milieu du XIIe siècle avec Zeynedden Ali Küçük ben Begtigen dans le sud-est de l’Anatolie \\[Turquie\\] et le nord de l’Irak. 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Ce fut sous le règne de Qutb ad-Din Muhammad (1146–1147 après J.-C.) qu’une partie de Ghor fut désignée comme capitale et prit le nom de Fîrouz-Kôh. \n \nDurant l’ère des Omeyyades (661–750 après J.-C.), plusieurs tentatives furent esquissées pour faire tomber Ghor sous domination musulmane et sous l'influence culturelle islamique subséquente ; mais cela ne se concrétisa pas. Au cours des 10e et 11e siècles après J.-C., ce fut une forme ascétique et piétiste de l'islam sunnite, un mouvement né au Khorassan et très présent à Nishapur sous le nom de Karamiyya, qui prit place à Ghor. Les malik sansabanides, et plus tard au 12e siècle les deux frères Ghiyath al-Din Muhammad et Mu\\`izz ad-Dîn Muhammad, commencèrent à suivre la Karamiyya mais finirent par adopter les écoles de l’acharisme et le chaféisme de l’islam sunnite. \n \nEn 545 de l’hégire/1150 après J.-C., Ala’ ad-Dîn Husayn, un chef du clan sansabanide de Ghor, pilla Ghaznî et détruisit ses monuments ainsi que les tombes de ses souverains. Pendant un siècle et demi, Ghaznî avait été la capitale du sultanat qui avait assujetti le monde islamique oriental. Ce bain de sang se voulait une vengeance de la mort des deux frères d’Ala’ ad-Dîn Husayn, ordonnée par le sultan ghaznévide. Cette invasion eut pour conséquence inattendue l’arrivée des maliks (chefs) ghorides sur la scène politique. Les années suivantes, le peuple de Ghor adopta l’islam et les trois régions principales fusionnèrent : Fîrouz-Kôh (la capitale du clan sansabanide), Djâm et Chisht. \n \nLes Ghorides furent aussi ceux qui établirent les fondations du règne musulman dans la partie nord du souscontinent indien. Les Ghors sansabanides se trouvaient entre les Ghaznévides à l’est et les Seldjoukides d’Iran à l’ouest. Tandis que les Seldjoukides d’Iran s’affaiblissaient et devenaient plus vulnérables, les Ghors gagnèrent en puissance et devinrent les souverains prédominants de la région. En l’espace de cinq décennies, les chefs ghorides prirent le contrôle et modifièrent la configuration politique de la région, afin que leur domination atteignent des territoires de l’est de l’Iran et du Bengale, Ghaznî et l'Hindou Kouch avec la vallée de l'Indus et la plaine gangétique. \n \nLes Ghorides s’élevèrent en une puissance indépendante, et après une période de conflit interne, le sultanat ghoride fut dirigé par le sultan Ghiyath al-Din, fils de Sam, (r. 1163-1203 après J.-C.), un neveu d’Ala’ ad-Dîn Husayn. L’apogée du pouvoir ghoride fut atteint avec le règne des fils de Sam et frères Ghiyath al-Din Muhammad (r. 558-599 de l’hégire/1163-1203 après J.-C.) et Mu’izz al-Din Muhammad (r. 569–602 de l’hégire/AD 1173–1206 après J.-C.). Les deux frères formaient une équipe unie, Ghiyath al-Din supervisant l’expansion du sultanat sansabanide vers l’ouest et Mu\\`izz ud-Dîn Muhammad supervisant l’expansion vers l’est. \n \nLe règne ghoride se développa rapidement et à une échelle remarquable, jusqu’à la mort de Ghiyath al-Din en 1203 après J.-C., et l’assassinat de Mu\\`izz ud-Dîn Muhammad en 1206 après J.-C. En 1175 après J.-C., Ghaznî et Hérat furent à nouveau capturées. En 596 de l’hégire/1200 après J.-C., l’empire ghoride s’étendait jusqu’à la ville de Nishapur, dans l’ouest du Khorassan. En 582 de l’hégire/1186 après J.-C., l’empire ghoride avait atteint Lahore, alors sous le règne des Ghaznévides ; elle fut ensuite capturée et intégrée au sultanat ghoride. Les armées ghorides firent également face aux Rajputs du nord de l’Inde. En 588 de l’hégire/1192 après J.-C., ils formèrent une alliance avec les Chauhans de Shakambari à Taraori, en Haryana. Cette victoire permit aux Ghorides d’étendre leur conquête du nord de l’Inde. \n \nLe sultanat ghoride prit fin avec la mort de Mu\\`izz ud-Dîn Muhammad, tandis que les Khwârazm-Shahs d’Asie centrale conquéraient les territoires occidentaux ghorides et les intégraient à leurs propres domaines. À l'est, les esclaves turques, qui étaient généraux dans l'armée, montèrent en puissance et devinrent un sultanat indépendant à Dehli. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"441 – 611","date_description_ad":"1050 – 1215"},"0a03f889-edff-5b28-a555-d7350135e797":{"name":"Sultanats du Deccan","also_known_as":"","area":"Deccan, sous-continent Indien","history":"Le Deccan désigne la région au sud de l’Inde, qui fut témoin d’un groupe de souverains, à la fois locaux et venant de terres éloignées, qui voyagèrent jusqu'à cette région et y fondèrent des empires. Il comprenait des soldats, des ministres, des soufis, des artisans et des artistes. Avec le temps, les souverains de cette région s’affranchirent de la dynastie Bahmanî pour former cinq dynasties qui régnèrent sur différentes parties de la région. \n \nLa première dynastie fut celle des sultans Imad Shahi de Berar, située à l'extrême nord. Leur capital était Elichpur, sur le plateau nord-est. Il y eut aussi les sultans Nizam Shahi d’Ahmednagar. Une troisième et importante dynastie qui s'étendit vers l’Est fut le royaume Qutb Shahi de Golconda ; et à l'ouest régnait les fils d’Adil Shahi de Bijapur. Au centre du plateau se trouvait l’ancienne capitale bahmanî, Bidar, où régnèrent les sultans Barid Shahi. \n \nLe Deccan était géographiquement très bien situé par rapport aux routes commerciales de longues distances de l'océan Indien. Il fut principalement identifié avec les régions de Maharashtra, Karnataka, Andhra Pradesh et Goa. \n \nAu 14e et 18e siècles, l’Islam était la religion la plus suivie dans la région. Un sultanat musulman fut établi à Dehli (au nord de l’Inde) au début du 13e siècle. Entre 1323 et 1340, le Deccan fut gouverné par trois dynasties principales : la dynastie Yadava parlant marathi, la dynastie des Hoysala parlant kannada et la dynastie des Kakatiyas parlant le telugu. \n \nFîrûz Shâh Tughlûq fut le souverain de la dynastie et dirigea le sultanat de Delhi de 1351 à 1388. Il commença à recruter des hommes de lettres, des gestionnaires, des artisans et des soldats parlant le persan. En 1354, Fîrûz entama également la construction de sa nouvelle capitale, Firouzabad, à 27 kilomètres au sud de Gulbarga. Avant le règne de Fîrûz Shâh Tughlûq, deux nouvelles dynasties furent établies dans le Deccan ; la dynastie Sangama à Vijayanâgara au sud du Deccan (1336), et la dynastie Bahmanî à Gulbarga au nord (1347). Elles donnèrent naissance à la célèbre culture indo-islamique dans le Deccan. Cependant, lorsqu’Amir Timur saccagea Delhi en 1399, les Tughlûqs durent se retirer dans la capitale qu’ils avaient choisie, Firouzabad. \n \nEn 1422, le frère du sultan Ahmad Bahmani, Fîrûz, lui succéda et transféra la capitale de l'État de Gulbarga à Bîdâr, située au cœur du plateau du Deccan. Alors que Delhi était saccagée, Bîdâr devint la nouvelle cité impériale, impressionnante. Elle était connue pour son architecture, inspirée de la timouride Samarcande. Entre le 14e et le 18e siècle, le plateau du Deccan fut le témoin d’une effervescence d’art et d’architecture. Les souverains commissionnaient des architectures monumentales en utilisant des matériaux tels que le bronze, l’argent, la pierre, le verre et le laquage. Ils commissionnèrent aussi des tissus faits de coton et de soie. \n \nLe monument dont le style ressemblait le plus à l’architecture timouride était la madrasa de Mahmud Gawan (1418). Mahmud Gawan était un Iranien cosmopolite, il avait voyagé en Anatolie, en Syrie, en Égypte et en Asie centrale. Il arriva à la capitale bahmanî, et après une entrevue avec le sultan Bahmanî Ahmad II, il fut fait émir, et placé à la tête d’une cavalerie de 1000 hommes. \nEn 1499, il fut aussi nommé régent pour deux souverains. \nLes Musulmans qui vinrent d’Iran et d’Asie centrale vers l’Asie du Sud avaient amené avec eux une culture persane cosmopolite. Au 15e siècle, l’Iran et l’Asie centrale étaient dirigés par les Timourides et les Turkmènes. Durant cette période, il exista un échange culturel avec les sultanats du Deccan. Au sud, dans le royaume du Vijayanâgara, les mercenaires turcs étaient recrutés, et ceci donna naissance à une classe souveraine qui pris les idées et pratiques des perses. Les intérêts commerciaux et militaires ont aussi allié Vijayanâgara au monde perse. \n \nAu 16e siècle, des changements se produisirent dans le climat politique d’Iran et d’Asie centrale. L’empire timouride se désintégra après avoir été attaqué par les Safavides et les Chaybanides, descendants de Gengis Khan. Ce furent les Timourides qui, en conséquence de ces attaques, se déplacèrent au nord de l’Inde, et cette relocalisation marqua le début de l’Empire moghol (1526-1858). \n \nL'État bahmanî fut divisé en de plus petits royaumes : Berar, Bijapur, Ahmadnagar, Bidar et Golconda. Avec Vijayanâgara, les cinq États des sultanats du Deccan se disputèrent pour les terres et les ressources. Ces États accueillaient un grand nombre d'étrangers, dont des Africains, qui furent recrutés en tant qu'esclaves militaires, ainsi que des Arabes, des Iraniens et des peuples d’Asie centrale. Les Nizam Shahis d’Ahmadnagar, les Qutb Shahs de Golconda et les Adil Shahis de Bijapur, connus pour leur politique religieuse syncrétique, avaient tous des liens avec la cour safavide. \n \nEn 1565, les forces armées conjointes d’Ahmadnagar, Bijapur et Golconda portèrent un coup dur à Vijayanâgara, qui avait déjà été géographiquement réduit et qui perdit par conséquent son influence sur la région. Ainsi, Berar et Bidar devinrent respectivement une partie d’Ahmadnagar (1574) et de Bijapur (1619). En 1636, un traité fut signé, selon lequel Ahmadnagar devait être divisée entre l’empire moghol et Bijapur. La même année, Bijapur et Golconda acceptèrent la souveraineté moghole, et près d’un siècle plus tard, ils étaient intégrés à l’empire moghol. \n \nBibliographie \n● Eaton, Richard M., India in the Persianate Age, UK : Penguin Books Limited, 2019. \n● Haidar, Navina Najat and Sardar, Marika, Sultans of the South : Arts of India's Deccan Courts, 1323-1687, New York: Met Publications, 2011. \n● Michell, George, Architecture and Art of the Deccan Sultanates, UK : Cambridge University Press, 1999. \n● Parodi, Laura and Eaton, Richard, The Visual World of Muslim India. I.B. Tauris, London (2014). \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"AH 734–1098","date_description_ad":"AD 1334–1687"},"ae0a9357-5677-574c-9907-fc35f3eeecd8":{"name":"Seldjoukides syriens","also_known_as":"Seldjoukides de Syrie","area":"La Syrie","history":"L’État seldjoukide en Syrie fut fondé sur les terres de Syrie et dans la région incluant Jérusalem en 471/1079 par Tutuch Ier, le frère du sultan grand-seldjoukide Malik Chah. Sa capitale était Damas. \nSüleyman Chah, le sultan des Seldjoukides d’Anatolie, prit Antakya (l’ancien Antioche sur l’Orontes) et étendit son territoire jusqu’aux abords d’Alep, ce qui aboutit à une bataille entre les Seldjoukides de Syrie et les Seldjoukides d’Anatolie en 479/1086. Cette bataille s’acheva sur la victoire de Tutuch et la mort de Süleyman Chah. Après la mort de Malik Chah, le sultan grand-seldjoukide, Tutuch s’opposa à Berk Yaruq dans la lutte pour la succession au trône de l’empire grand-seldjoukide. À la mort de Tutuch en 487/1095, les Seldjoukides de Syrie se scindèrent en deux. L’un des fils, Duqaq, proclama son indépendance à Damas, tandis que l’autre fils, Ridwan, en fit de même à Alep. \nLes deux lignées de Seldjoukides de Syrie fondées à Damas et Alep furent de courte durée, du fait des luttes pour l’hégémonie entre les deux frères. Les croisades et les batailles avec les Fatimides les empêchèrent également de se maintenirau pouvoir. La branche de Damas se dispersa après la mort de Malik Duqaq en 497/1104, tandis que celle d’Alep perdit de sa puissance après la mort de Malik Ridwan en 505/1111 et prit fin en 1118 lorsque Necmeddin Ilgazi (Najm al-Din Il Ghazi), le dirigeant artukide, conquit Alep.","date_description_ah":"471-512 H","date_description_ad":"1079-1118 J.-C."},"b812e3d9-24d7-5ef1-bfc7-8031d0fa5144":{"name":"Ayyoubides","also_known_as":"","area":"Égypte, Syrie , Sud-Est anatolien , al-Djazira , Yémen","history":"En 1055, les événements consécutifs à l’entrée du chef des Turcs Seldjoukides dans Bagdad allaient aboutir aux Croisades et à l’invasion de Jérusalem en 1099, mais le pouvoir Seldjoukide n’en devenait pas moins la plus grande puissance musulmane du moment. \nAu cours du XIe siècle, face aux conflits entre Turcs seldjoukides et Fatimides, les Seldjoukides recrutent des commandants militaires, les atabegs, comme gouverneurs régionaux. En 1076, l’Atabeg Atsiz enlève Damas aux Fatimides. Au XIIe siècle, la puissante dynastie zenguide réunifie la Syrie. Nur al-Din conquiert Damas en 1154, son lieutenant Saladin détruit le califat fatimide en 1171 et met fin à la mainmise latine sur Jérusalem en 1187. \nLes Atabegs et les Ayyoubides introduisent dans leur royaume des changements considérables, édifiant quantité de *madrasa* pour la rééducation orthodoxe de leurs sujets. Déployant une activité constructrice sans précédent, la période seldjoukide est une véritable renaissance pour Alep et Damas (reconstruction de la Grande Mosquée, fondation de la Citadelle, de mosquées, hammams, madrasas, turbés, khanqahs, ribats). Les princes zenguides et ayyoubides chassent les Croisés d’Édesse (Urfa) en 1146 et confortent leur domination sur la région avec la conquête de l’Égypte en 1171. \nAu milieu du XIIe siècle, sous Nur al-Din et ses successeurs ayyoubides, Damas redevient un centre majeur du monde musulman et connaît dans tous les domaines un essor spectaculaire. Capitale d’un État indépendant, la ville se pare de toutes les caractéristiques d’une grande cité. \nDu XIe au XIIIe siècle, différents facteurs favorisent le développement des arts et des activités urbaines. Artukides, Zenguides, Seldjoukides de Rum et Ayyoubides imposent la marque de leur inventivité sur tous les supports – poterie, travail du métal, art du livre, architecture. Des formes sobres et classiques de l’architecture ayyoubide aux brillantes expressions des arts décoratifs, une production artistique de haute qualité symbolise cette période déterminante, qui revêt la même importance pour la Syrie que la période mamelouke pour l’Égypte, ou ottomane pour la Turquie.","date_description_ah":"564-fin du IXe siècle de l'Hégire","date_description_ad":"1169-fin du XVe siècle J.-C."}}
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{"03d23adb-52fc-5e9a-b84a-0cf1c00fe196":{"name":"Seldjoukides (Grands-Sejdjoukides)","also_known_as":"","area":"Iran, Irak et Syrie","history":"Le Seldjouk Beg, qui jeta les fondations de l’État grand-seldjoukide, était le fils de Duqaq Subashi, un commandant de l’État de Oghouz, près de la mer Caspienne. Avec la mort de son père, Seldjouk Beg devint *subashi* très jeune, et accrut son pouvoir très rapidement. Pour contrer certains conflits avec le sultan de l’État de Oghouz, il s’entoura d’autres Turcs Oghouz, fonda Cend (Jend) près de la rivière Oxus en 375/985 et se convertit à l’islam. \nSeldjouk Beg s’allia aux Samanides, et, en s’installant à Nour, près de Boukhara, se posa en défenseur de leurs frontières nord. Son fils Arslan Beg lui succéda. Après la chute des Samanides sous les Karakhanides en 399/999, les bonnes relations des Seldjoukides avec les Karakhanides et les Ghaznavides prirent fin. \nLa capture et l’emprisonnement de Arslan Beg par les Ghaznavides en 416/1025 entraîna la séparation des Seldjoukides. Ses neveux Toghrıl et Chaghrı succédèrent à Arslan Beg. Après avoir battu les Ghaznavides à Serahs (429/1038) et à Dandanakan (431/1040), ils fondèrent l’État grand-seldjoukide. Toghrıl Beg se proclama *sultan*. Nishapour fut brièvement la capitale de l’État, avant de céder la place à Marw. \nL’État grand-seldjoukide, fondé sur le territoire de l’actuel Iran, vit son pouvoir augmenter significativement entre 431 et 485 H / 1040-1092 J.-C., années de la “Première période impériale”. Sous les règnes de Alparslan et de Malik Chah, après Toghrıl Beg, les Seldjoukides étendirent leur domination en direction de l’Anatolie, du Moyen-Orient et de l’Asie centrale. \nAprès la mort du sultan Malik Chah en 485/1092, les querelles de succession, les rébellions des Batini, les révoltes turcmènes et les invasions mongoles conduisirent au morcellement de la puissance grand-seldjoukide en quatre États (les Seldjoukides d’Irak, de Syrie, de Kirman et d’Anatolie \\[Rum\\]) et à l’émergence de nombreux atabegs. Malgré les tentatives du sultan Sanjar, arrivé au pouvoir en 510/1117, de confédérer l’État, la bataille de Katvan contre les Karakhitaïs en 536/1141 et les rébellions d’Oghouz en 548/1153 ouvrirent la voie à une fin inéluctable. L’État grand-seldjoukide s’éteignit officiellement avec la mort du sultan Sanjar en 552/1157.","date_description_ah":"429-552 H","date_description_ad":"1038-1157 J.-C."},"09e1b504-2690-502c-aaaa-36348b657565":{"name":"Mengüjekides","also_known_as":"","area":"Nord de l'Anatolie orientale [Turquie]","history":"L’émirat mengüjekide fut fondé par Mengücek ou Mengücük \\[Mengüjek ou Mengüjük\\] Ghazi, qui avait été chargé par le sultan Alparslan de conquérir le nord de l’Anatolie orientale après la bataille de Malazgirt \\[Manzikert\\] en 1071. L’émirat s’étendait sur une région englobant Kemah, Erzincan, Divrigi etŞarki Karahisar ; sa capitale était Kemah. \nÀ Mengüjek Ghazi succéda son fils Ishak, qui envahit Malatya en 1118, ce qui détériora leurs relations avec les Seldjoukides d’Anatolie et les Danichmendides. Au cours d’une bataille en 1120 près d’Erzincan, Ishak fut battu par Tughrul, fils du sultan seldjoukide anatolien Kılıçarslan Ier, gouverneur de Malatya. Pendant de longues années, Ishak vécut sous la souveraineté de son beau-père danichmendide Melik Ghazi. À sa mort en 1142, son émirat fut partagé en deux : son fils Davud \\[Dawud\\] Ier hérita de Kemah-Erzincan, tandis que Divrigi revenait à son autre fils, Süleyman. \nLa lignée de Kemah-Erzincan connut son apogée sous le règne de Fahredden Behramşah \\[Fahr al-Den Bahram Chah\\] (1165-1225), fils de Davud Ier. Behramşah transféra sa capitale à Erzincan et établit de bonnes relations avec les Seldjoukides d’Anatolie. Cependant, les relations se dégradèrent pendant le règne de son fils Davudşah II; ainsi, le sultan seldjoukide anatolien Alaadden Keykubad Ier \\[Ala al-Den Kay Qubadh Ier \\] conquit Kemah et Erzincan en 1228, ce qui signa la fin de cette branche de l’émirat. \nLa branche de Divrigi de l’émirat fut toujours en bons termes avec les Seldjoukides d’Anatolie. Ils tombèrent sous la coupe des Ilkhanides en 1277, et restent plus remarquables par leurs activités architecturales que par leur histoire politique. La Grande Mosquée et l’hôpital de Divrigi furent construits par Turan Melik, la femme de l’émir mengüjekide Ahmed Chah, en 1228-1229, et c’est l’un des monuments inscrits à la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. Le Kale Masjid (mosqué du château, 1180) et le mausolée de Sitte Melik, tous deux à Divrigi, de même que le mausolée de Mengüjek Ghazi à Kemah, sont au nombre des monuments remarquables érigés par l’émirat.","date_description_ah":"475-676 H","date_description_ad":"1072-1277 J.-C."},"0a03f889-edff-5b28-a555-d7350135e797":{"name":"Sultanats du Deccan","also_known_as":"","area":"Deccan, sous-continent Indien","history":"Le Deccan désigne la région au sud de l’Inde, qui fut témoin d’un groupe de souverains, à la fois locaux et venant de terres éloignées, qui voyagèrent jusqu'à cette région et y fondèrent des empires. Il comprenait des soldats, des ministres, des soufis, des artisans et des artistes. Avec le temps, les souverains de cette région s’affranchirent de la dynastie Bahmanî pour former cinq dynasties qui régnèrent sur différentes parties de la région. \n \nLa première dynastie fut celle des sultans Imad Shahi de Berar, située à l'extrême nord. Leur capital était Elichpur, sur le plateau nord-est. Il y eut aussi les sultans Nizam Shahi d’Ahmednagar. Une troisième et importante dynastie qui s'étendit vers l’Est fut le royaume Qutb Shahi de Golconda ; et à l'ouest régnait les fils d’Adil Shahi de Bijapur. Au centre du plateau se trouvait l’ancienne capitale bahmanî, Bidar, où régnèrent les sultans Barid Shahi. \n \nLe Deccan était géographiquement très bien situé par rapport aux routes commerciales de longues distances de l'océan Indien. Il fut principalement identifié avec les régions de Maharashtra, Karnataka, Andhra Pradesh et Goa. \n \nAu 14e et 18e siècles, l’Islam était la religion la plus suivie dans la région. Un sultanat musulman fut établi à Dehli (au nord de l’Inde) au début du 13e siècle. Entre 1323 et 1340, le Deccan fut gouverné par trois dynasties principales : la dynastie Yadava parlant marathi, la dynastie des Hoysala parlant kannada et la dynastie des Kakatiyas parlant le telugu. \n \nFîrûz Shâh Tughlûq fut le souverain de la dynastie et dirigea le sultanat de Delhi de 1351 à 1388. Il commença à recruter des hommes de lettres, des gestionnaires, des artisans et des soldats parlant le persan. En 1354, Fîrûz entama également la construction de sa nouvelle capitale, Firouzabad, à 27 kilomètres au sud de Gulbarga. Avant le règne de Fîrûz Shâh Tughlûq, deux nouvelles dynasties furent établies dans le Deccan ; la dynastie Sangama à Vijayanâgara au sud du Deccan (1336), et la dynastie Bahmanî à Gulbarga au nord (1347). Elles donnèrent naissance à la célèbre culture indo-islamique dans le Deccan. Cependant, lorsqu’Amir Timur saccagea Delhi en 1399, les Tughlûqs durent se retirer dans la capitale qu’ils avaient choisie, Firouzabad. \n \nEn 1422, le frère du sultan Ahmad Bahmani, Fîrûz, lui succéda et transféra la capitale de l'État de Gulbarga à Bîdâr, située au cœur du plateau du Deccan. Alors que Delhi était saccagée, Bîdâr devint la nouvelle cité impériale, impressionnante. Elle était connue pour son architecture, inspirée de la timouride Samarcande. Entre le 14e et le 18e siècle, le plateau du Deccan fut le témoin d’une effervescence d’art et d’architecture. Les souverains commissionnaient des architectures monumentales en utilisant des matériaux tels que le bronze, l’argent, la pierre, le verre et le laquage. Ils commissionnèrent aussi des tissus faits de coton et de soie. \n \nLe monument dont le style ressemblait le plus à l’architecture timouride était la madrasa de Mahmud Gawan (1418). Mahmud Gawan était un Iranien cosmopolite, il avait voyagé en Anatolie, en Syrie, en Égypte et en Asie centrale. Il arriva à la capitale bahmanî, et après une entrevue avec le sultan Bahmanî Ahmad II, il fut fait émir, et placé à la tête d’une cavalerie de 1000 hommes. \nEn 1499, il fut aussi nommé régent pour deux souverains. \nLes Musulmans qui vinrent d’Iran et d’Asie centrale vers l’Asie du Sud avaient amené avec eux une culture persane cosmopolite. Au 15e siècle, l’Iran et l’Asie centrale étaient dirigés par les Timourides et les Turkmènes. Durant cette période, il exista un échange culturel avec les sultanats du Deccan. Au sud, dans le royaume du Vijayanâgara, les mercenaires turcs étaient recrutés, et ceci donna naissance à une classe souveraine qui pris les idées et pratiques des perses. Les intérêts commerciaux et militaires ont aussi allié Vijayanâgara au monde perse. \n \nAu 16e siècle, des changements se produisirent dans le climat politique d’Iran et d’Asie centrale. L’empire timouride se désintégra après avoir été attaqué par les Safavides et les Chaybanides, descendants de Gengis Khan. Ce furent les Timourides qui, en conséquence de ces attaques, se déplacèrent au nord de l’Inde, et cette relocalisation marqua le début de l’Empire moghol (1526-1858). \n \nL'État bahmanî fut divisé en de plus petits royaumes : Berar, Bijapur, Ahmadnagar, Bidar et Golconda. Avec Vijayanâgara, les cinq États des sultanats du Deccan se disputèrent pour les terres et les ressources. Ces États accueillaient un grand nombre d'étrangers, dont des Africains, qui furent recrutés en tant qu'esclaves militaires, ainsi que des Arabes, des Iraniens et des peuples d’Asie centrale. Les Nizam Shahis d’Ahmadnagar, les Qutb Shahs de Golconda et les Adil Shahis de Bijapur, connus pour leur politique religieuse syncrétique, avaient tous des liens avec la cour safavide. \n \nEn 1565, les forces armées conjointes d’Ahmadnagar, Bijapur et Golconda portèrent un coup dur à Vijayanâgara, qui avait déjà été géographiquement réduit et qui perdit par conséquent son influence sur la région. Ainsi, Berar et Bidar devinrent respectivement une partie d’Ahmadnagar (1574) et de Bijapur (1619). En 1636, un traité fut signé, selon lequel Ahmadnagar devait être divisée entre l’empire moghol et Bijapur. La même année, Bijapur et Golconda acceptèrent la souveraineté moghole, et près d’un siècle plus tard, ils étaient intégrés à l’empire moghol. \n \nBibliographie \n● Eaton, Richard M., India in the Persianate Age, UK : Penguin Books Limited, 2019. \n● Haidar, Navina Najat and Sardar, Marika, Sultans of the South : Arts of India's Deccan Courts, 1323-1687, New York: Met Publications, 2011. \n● Michell, George, Architecture and Art of the Deccan Sultanates, UK : Cambridge University Press, 1999. \n● Parodi, Laura and Eaton, Richard, The Visual World of Muslim India. I.B. Tauris, London (2014). \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"AH 734–1098","date_description_ad":"AD 1334–1687"},"0bece243-9f9b-544f-bca0-a9f1ee9b8182":{"name":"Mouradites","also_known_as":"","area":"Ifriqiya [Tunisie]","history":"Le règne des Mouradites fut de courte durée – ils se succéderont au pouvoir durant un peu plus d'un demi-siècle de 1641 à 1705. Descendants d'un renégat génois du nom de Osta Mourad, ils connaîtront des luttes intestines et un climat d'insécurité qui affaibliront leur pouvoir et raviveront les visées hégémoniques de leurs voisins algériens. On gardera le souvenir du Mouradite Hammouda Pacha, qui fit régner l'ordre dans tout le pays, mais également celui de Mourad III, qui fut qualifié de prince sanguinaire et mourut assassiné, dans un climat de conspiration qui précipita la chute de la dynastie. \nLes Mouradites furent de grands bâtisseurs et dotèrent le pays de belles réalisations. On leur reconnaît une prédilection pour les travaux d'utilité publique tant dans la capitale qu'à l'intérieur du pays. \nTunis leur doit quelques-uns de ses monuments les plus illustres : \n\\- La mosquée funéraire de Hamouda Pacha, la mosquée de Bey M'hamed, qui se distingue par son architecture ottomane avec l'ensemble de dômes qui la couronnent. \n\\- La fondation de la madrasa al-Mouradiya. \nDes travaux de rénovation et d'embellissement à la Grande Mosquée de Tunis, qu'ils dotèrent d'un minaret. \n\\- La construction des premiers bâtiments de Dar al-Bey et des travaux de rénovation et d'embellissement au palais beylical du Bardo dans la banlieue de Tunis. \n\\- L'aménagement de nouveaux souks et la construction de nombreuses demeures dans la médina, ainsi que divers édifices à caractère public, religieux et civil. \n\\- L'édification d'ouvrages d'art, dont le pont construit dans la localité de Medjez al-Bab sur le fleuve Medjerda, réalisé avec des matériaux antiques récupérés sur un ouvrage voisin, un deuxième pont édifié sur le même fleuve, dans la localité de Jedaïda, ainsi que la restauration d'un pont dans la région du Kef.","date_description_ah":"1050–1116 H","date_description_ad":"1641–1705 J.-C."},"0cca5049-8602-5d16-b7b7-b23d52303210":{"name":"Turcs en Tunisie","also_known_as":"beys husseinites","area":"Tunisie","history":"C’est avec les Turcs que s’annonce en Tunisie le temps des pachas, des deys et des beys qui ont gouverné le pays de 1574 jusqu’en 1956, date de la proclamation de la jeune République tunisienne. \nDépendant des maîtres d’Alger, les pachas tiendront le pays avec l’appui des janissaires turcs jusqu’au triomphe des deys en 1590. Ils compteront dans leurs rangs des princes de grande valeur comme le dey Othman, qui sut imposer son autorité, et Youssouf Dey, pour la prospérité et la longévité de son règne (1610-1637). \nLe XVIIe siècle sera consacré en grande partie aux deys mouradites, qui ne résisteront pas aux luttes fratricides et aux guerres civiles. \nLa suprématie des beys va triompher avec la dynastie husseinite, du nom de son fondateur Hussein ibn Ali. Elle sera prospère et donnera au pays quantité de belles réalisations. Son règne va durer de 1705 à 1957. \nLa période turque est celle des influences étrangères, andalouse et européenne, qui ont modelé le cachet des villes et des campagnes et développé le goût de l’appareil et du décor. \nLes Turcs furent de grands bâtisseurs. Nous leur devons des chefs-d’œuvre, dont on citera à titre indicatif : \n– À Tunis : la mosquée Youssouf Dey, la mosquée de Hammouda Pacha, la mosquée Jamaa al-Jadid, la mosquée de Bey M’hamed, le mausolée de Aziza Othmana, Turbet al-Bey, une dizaine de *madrasa*, Dar al-Bey, Dar Othman, Dar Hussein. Des travaux ont été entrepris à la Grande Mosquée de la ville. \n– Des quartiers de la médina doivent aux Turcs leur lustre et leur cachet, tel celui de al-Halfaouine, dans le faubourg nord, où se dressent encore les belles œuvres architecturales d’un grand complexe comprenant, entre autres édifices, une mosquée, deux *madrasa*, un mausolée et un palais. \n– À l’intérieur du pays, les Turcs ont eu une activité architecturale intense : palais, ouvrages défensifs – construction de forts, de casernes, de fortifications de villes comme Kairouan –, ponts, ouvrages hydrauliques dont nombre de fontaines-abreuvoirs.","date_description_ah":"981–1375 H","date_description_ad":"1574–1956 J.-C."},"0db8518d-c9f6-5aef-aca1-75a988170af8":{"name":"Taïfas","also_known_as":"Dynasties du Maghreb Central","area":"Maghreb central","history":"Le Ve siècle H (XIe J.-C.) représente un moment de changement pour la Méditerranée occidentale. D’une part, c’est le moment où le monde antique perd de son importance face à l’islam, qui en vient à dominer les rives de cette mer. D’autre part, c’est la période où la “ville-territoire” prend le pas sur la “ville impériale”, dont les fonctions ont disparu. Ces “nouvelles” villes seront dominées par de petites dynasties gouvernant des territoires économiques et politiques aux dimensions variables. \nLes groupes familiaux qui contrôlent les villes sont généralement constitués par des autochtones, qui sont déjà complètement islamisés à cette époque. Ces dynasties adoptent des noms qui sont normalement liés à ceux de leurs fondateurs. Le Maghreb sera dominé par des dynasties telles que les Zirides (qui fondèrent plusieurs villes dans le Maghreb central) et les Hammadides (les Banu Hammad entrèrent en conflit avec les Zirides en les chassant vers l’Ifriqiya et devinrent les maîtres du Maghreb central de 408 à 547 H /1018-1152 J.-C.). Dans la péninsule Ibérique, et toujours dans une logique familiale, le Ve siècle H (XIe siècle J.-C.) connaîtra l’éclosion d’un ensemble de royaumes “taïfas” (drapeau) qui se multiplieront après la chute du califat. Parmi ces royaumes, il faut mentionner, entre autres, les Abbadides de Séville, les Aftasides de Badajoz, les Hudides de Saragosse, les Zirides de Grenade, les Hammudides de Málaga… Les querelles incessantes entre les roitelets taïfas favoriseront la Reconquista chrétienne par le Nord, et la conquête d’al-Andalus par les Almoravides.","date_description_ah":"IV e -V e siècle H","date_description_ad":"X e -XI e J.-C."},"0dc8430e-9925-5792-b703-2201e9d5674a":{"name":"Alaouites","also_known_as":"","area":"Maroc. Capitales : Fès, Méknès, Rabat","history":"\\- La grandeur des Saadiens était trop liée à des circonstances exceptionnellement favorables, ainsi qu’à la personnalité de deux souverains : Abdelmalek et Ahmad al-Mansour. \n\\- À la disparition de ce dernier (1603), les difficultés politiques et économiques réapparaissent, avec le retour de l’agitation des confréries et la piraterie qui consomme la rupture avec l’Europe. \n\\- Les chérifs alaouites, détenteurs d’une modeste puissance au Tafilalet, usent de leur aura religieuse et de leurs qualités de guerriers et d’organisateurs pour se rendre maîtres du Maroc oriental avant de s’emparer de Fès (1666) puis de Marrakech (1669). \n\\- Moulay Ismaïl, le plus célèbre des sultans (1672-1727), consolide l’œuvre des fondateurs de la dynastie et donne un nouvel éclat à la civilisation marocaine. \n\\- Il s’oppose aux Turcs, reprend les places encore occupées par les Européens sur l’Atlantique. \n\\- Mais la puissance militaire s’avère trop coûteuse et, à la mort de Moulay Ismaïl, le Maroc entre dans une période de grave crise politique et économique, qu’accentue la disparition des revenus de la course. \n\\- Après trente ans de chaos, le Maroc connaît un spectaculaire redressement avec Sidi Mohamed b. 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Les Zirides eurent deux villes de gouvernement, Kairouan puis Mahdia, avant de se tourner vers Monastir pour leur repos éternel. De leur temps, et plus particulièrement sous le règne d’al-Mouiz (1016-1062), l’Ifriqiya était un territoire prospère, comme en témoignent nombre de chroniqueurs. Un fait lourd de conséquences va pourtant mettre en péril le pouvoir ziride et peser sur l’histoire de l’Ifriqiya médiévale. Il s’agit de l’invasion hilalienne lancée en 1052 par le calife du Caire pour châtier son vassal, al-Mouiz, d’avoir rejeté la suzeraineté des Fatimides sur son royaume. Dès lors, les Zirides perdront le contrôle du pays et se replieront sur Mahdia, d’où ils seront chassés en 1148 avec la conquête de la ville par les Normands. \nL’apport des Zirides à l’architecture ifriqiyenne est loin d’être négligeable. Nous leur devons notamment : \n– Des travaux de réfection et d’embellissement à la Grande Mosquée de Tunis, telle la coupole érigée en 991 à l’entrée de la salle de prière et qui concentre les éléments décoratifs les plus significatifs de l’époque. \n– Des travaux d’embellissement à la Grande Mosquée de Kairouan, comme les plafonds peints et la réalisation d’un *minbar* à décor végétal en bois sculpté d’une grande qualité de sculpture. \n– Des travaux d’extension et de transformation dans d’autres lieux de culte comme à Monastir, à Sousse et à Sfax. \n– La construction de résidences princières à la cité royale fatimide de Sabra al-Mansouriya aux portes de Kairouan. \n– Des fortifications dans plusieurs villes côtières du pays comme à Monastir, où on leur attribue le ribat al-Sayyida, qui fut également leur nécropole.","date_description_ah":"362–542 H","date_description_ad":"973–1148 J.-C."},"13672afb-3fca-5590-9d58-2619b67ab0de":{"name":"Saadiens","also_known_as":"","area":"Capitale : Marrakech","history":"Incapables de s'opposer à la pénétration espagnole et portugaise et aux multiples scissions maraboutiques, les Ouattassides s'évertuent à s'accrocher à leur pouvoir en miettes en faisant allégeance aux Turcs, nouveaux maîtres du Maghreb central et de l'Ifriqiya. \n\\- Les tribus du Sud font alors appel aux Saadiens, venus d'Arabie au milieu du XIVe siècle et qui se disent descendants du Prophète. \n\\- Ceux-ci prennent la tête de la guerre sainte après s'être imposés dans le sud du pays. En 1541, ils reprennent Agadir aux Portugais, première victoire sur les Européens qui leur vaut un immense prestige et leur permet de se rendre maîtres du pays en 1554. \n\\- En 1578, la bataille de Oued el-Makhazine (dite bataille d'Alcazarquivir ou bataille des Trois Rois), remportée sur l'armée portugaise menée par le roi Dom Sébastien, apporte à Ahmad al-Mansour (le Victorieux) un immense prestige international en même temps que de grandes richesses (rançons des chevaliers chrétiens). \n\\- Le Maroc, qui peut dès lors s'opposer aux Turcs régnant en Algérie et en Tunisie, reprend le contrôle du commerce saharien et se dote d'une armée renforcée et d'une administration réorganisée. L'agriculture et l'artisanat sont encouragés et le commerce avec l'Europe développé. \n\\- Sur le plan architectural, outre les aménagements apportés à la Qaraouyine, c'est à Marrakech que les Saadiens ont laissé leur empreinte. \n\\- Malgré la destruction par Moulay Ismaïl du palais al-Badi (l'Incomparable), d'inspiration grenadine, on peut encore admirer la nécropole royale (tombeaux saadiens) ainsi que différentes constructions dans la Casbah.","date_description_ah":"954–1027 H","date_description_ad":"1548–1618 J.-C."},"161e659e-f4e1-516b-b48e-7a31a9d4d42f":{"name":"Khourassanides","also_known_as":"","area":"Tunisie","history":"C’est vers le royaume sanhagien des Beni Hammad que la population de Tunis se tourne en 1054 pour se prémunir de l’anarchie et de l’insécurité qui gagnent la ville sous les coups d’un chef de bande du nom de Abou al-Ghaith. Dès lors commence pour la ville une nouvelle page de son histoire avec la fondation, sous l’autorité de l’émissaire hammadite Abd al-Haq ibn Khourassan, de la première dynastie royale de Tunis. \nLes relations pacifiques que les dirigeants khourassanides ont su entretenir avec l’Occident chrétien ont fait de Tunis une cité prospère, grâce notamment aux échanges commerciaux établis avec les Normands. \nMais face à l’hégémonie manifestée par ces derniers au lendemain de la reconquête de la Sicile en 1071, et aux risques internes en provenance des hordes nomades qui sillonnaient les campagnes et menaçaient les villes, les Khourassanides se replièrent sur leur cité en la dotant de nouvelles défenses. \nIls ne résisteront pas à l’assaut almohade qui mettra fin à leur règne en 1159. \nTunis doit aux princes khourassanides quelques-unes des plus belles fondations des quartiers nord de la ville. C’est en effet dans cette partie haute de Tunis, à l’intérieur même de l’enceinte, qu’ils établirent leur cité royale en la dotant des équipements nécessaires à la conduite de la Cité. \nLeur souvenir est encore évoqué aujourd’hui par une rue qui porte leur nom et qui rappelle la gloire passée de la principauté khourassanide ; l’artère relie entre eux les édifices les plus importants de la cité royale, qui semble s’être construite sur une extension de la ville vers le sud. \nParmi les monuments qui sont parvenus jusqu’à nous, et qui témoignent d’une grande activité architecturale, on notera surtout : \n– La mosquée al-Qasr, qui reste dans la tradition fatimide avec une belle salle de prière en voûtes d’arêtes et un *mihrab* très fidèle au style de l’époque. \n– La nécropole des Banu Khourassan, qui abrite leurs tombes et se distingue par un élégant pavillon à coupole orné d’une inscription historique. \nOn leur attribue également un palais royal qui a probablement occupé l’emplacement de l’actuel Dar Hussein qui se dresse à une courte distance de leur mosquée.","date_description_ah":"454–522, 543–54 H","date_description_ad":"1062–1128, 1148–59 J.-C."},"1b44d492-30f4-535f-900d-c5ef2637794f":{"name":"Seldjoukides d’Anatolie","also_known_as":"Seldjoukides de Rum","area":"Anatolie (également appelée Asie mineure ; la partie asiatique de la Turquie moderne)","history":"À partir du début du Ve siècle H (XIe siècle J.-C.), les Turcs Oghuz (Oğuz) commencèrent des incursions en Anatolie et après la bataille de Manzikert (Malazgirt, dans la Turquie orientale) entre les Grands-Seldjoukides et les Byzantins en 463/1071, le sultan grand-seldjoukide Alparslan envoya plusieurs chefs et dirigeants turkmènes (turcomans) à la conquête de l’Anatolie. Les premiers émirats turcs furent rapidement fondés en Anatolie : les Saltukides à Erzurum, les Mengücekides à Erzincan et les Danichmendides à Sivas. \nSüleyman Chah, qui prit Konya et ses environs, fonda l’État seldjoukide d’Anatolie en 469/1077. Konya en fut brièvement la capitale. Après la prise d’Iznik en 472/1080, les Seldjoukides déclarèrent Iznik nouvelle capitale. Avec la Première Croisade en 489/1096, Iznik et la région retournèrent dans le giron byzantin et les Seldjoukides établirent à nouveau leur capitale à Konya. \nAprès avoir régné uniquement sur Konya et ses environs, les Seldjoukides d’Anatolie étendirent rapidement leur territoire ; au XIIIe siècle, en installant les dirigeants les moins importants sur les régions nouvellement conquises, ils dominèrent une grande partie de l'Anatolie, à l’exception des régions côtières de l’Ouest. \nL’État seldjoukide d’Anatolie connut son apogée sous le règne d’Aladin Keykubad Ier (‘Ala al-Din Kay Qubadh, 616-634/1220-1237), tant au plan politique qu’économique et culturel. La conquête d’Alanya sur la côte méditerranéenne permit aux Seldjoukides d’accéder au rang de grande puissance sur les routes du commerce maritime, tandis qu’à l’intérieur, grâce aux routes caravanières sillonnant l’Anatolie en tous sens, leur pouvoir s’accrut à travers un système de taxes sur le transit des marchandises. \nL’unification turque avait été consolidée et la sécurité publique était assurée en Anatolie. À commencer par celles de Konya, Kayseri et Sivas, les citadelles de nombreuses cités anatoliennes furent fortifiées, des villes furent rénovées et dotées de monuments. L’État seldjoukide d’Anatolie commença à décliner après les rébellions de Babaï sous le règne de Gıyaseddin Keyhüsrev II (Giyath al-Din Kay Khusraw, 634-644/1237-1246) en 640/1242 et la défaite mongole à la bataille de Kösedağ (Köse Dagh) en 641/1243. Dès lors, l’Anatolie fut gouvernée par les Mongols. La mort du sultan Giyaseddin Mesud III (Giyath al-Din Masud) en 708/1308 signa la fin officielle de l’État seldjoukide.","date_description_ah":"469-708 H","date_description_ad":"1077-1308 J.-C."},"1d206364-a251-5fda-81dc-54a09e646e5e":{"name":"Aghlabides","also_known_as":"","area":"Ifriqiya [Tunisie], Algérie, Sicile","history":"En raison de l’extension de l’empire abbasside et du rétablissement de leurs rivaux omeyyades en al-Andalus, et des Idrissides au Maroc, les Abbassides décidèrent d’établir une principauté locale en Afrique du Nord pour prendre position face aux puissances rivales environnant leur royaume dans la région. En 184/800, le calife Haroun al-Rachid (786-809) donna l’Ifriqiya (la Tunisie) à Ibrahim Ibn al-Aghlab (800-811), à titre de principauté héréditaire dont ses descendants devraient également assurer le gouvernement. \nMalgré les nombreuses révoltes auxquelles ils durent faire face au tout début, les Aghlabides (800-909) parvinrent à s’imposer en Ifriqiya en pacifiant le pays, dont ils développèrent le commerce et les voies de communication. Ils reconstruisirent des villes et des villages et édifièrent une série de forteresses militaires tout au long de la côte tunisienne pour protéger l’intérieur du pays des risques d’incursions rivales ou byzantines. \nLes Aghlabides réussirent à contrôler la plupart des îles de la Méditerranée occidentale, y compris la Sicile et Malte, et étendirent leur influence sur tout le sud de l’Italie. Sous leur règne, l’Ifriqiya connut une grande prospérité, attestée par quantité de repères architecturaux, dont la mosquée de Kairouan et les réservoirs d’eau voisins, et la mosquée de la Zitouna. L’agriculture et l’artisanat de la poterie et du tissage se développèrent également, faisant de l’Ifriqiya le principal lien commercial entre le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, entre al-Andalus et le Soudan. \nHélas, la chute des Aghlabides devait arriver ; elle fut largement due au prince régnant Ibrahim II et à l’atmosphère de frivolité et de gabegie qui prévalait sous Ziad Allah III (903-909), ce qui entraîna le peuple ifriqiyen à rejeter les Aghlabides et à refuser de les soutenir contre la progression de la secte chiite. Du coup, en 296/909, l’Ifriqiya tomba sans résistance face aux armées de Abi ‘Abd Allah Al-Husain Al-Sana’ani, le fondateur de la dynastie fatimide, qui allait gouverner l’Égypte, la Syrie et la Palestine.","date_description_ah":"184–296 H","date_description_ad":"800-909 J.-C."},"243087ef-42ec-5f14-920a-edc2cb221bd6":{"name":"Toulounides","also_known_as":"","area":"Égypte, Syrie","history":"En 254 H / 868 J.-C., Ahmad Ibn Touloun arrivait en Égypte en tant que délégué de Bakbak, le gouverneur abbasside d’Égypte. Il resta gouverneur député après le meurtre du gouverneur Bakbak et l’installation du prince Jarquq comme nouveau gouverneur d’Égypte. Finalement, il devint gouverneur d’Égypte de plein exercice, et jouit d’une quasi-indépendance non seulement en Égypte, mais aussi sur tout le territoire s’étendant d’Alexandrie à la Syrie et la Palestine, à une époque où les Abbassides étaient occupés à mater des révoltes dans le sud de l’Irak. \nIbn Touloun consolida son État en organisant une armée efficace, forte de quelque cent mille hommes, avec une garde spéciale composée de soldats turcs et d’esclaves noirs. Son excellente expérience militaire et ses qualités d’organisateur lui permirent de gouverner l’Égypte d’une main de maître. Son règne fut une période de grande prospérité et de concorde civile. \nPour les commodités de sa cour, de son gouvernement et de son armée, Ibn Touloun fonda à côté de Fustat une nouvelle capitale, al-Qata’i, dont le plan s’inspirait de celui de Samarra, la capitale des Abbassides en Irak. \nComme beaucoup d’autres États turcs dans le giron de l’empire abbasside, l’État toulounide fut d’assez courte durée. Ceci s’explique principalement par l’absence de racines régionales et ethniques dans les zones où il s’établit. Et parce que, pour maintenir leur hégémonie, les dirigeants dépendaient de contingents de mercenaires étrangers. C’est pourquoi, à l’époque du quatrième souverain toulounide en 292/904, le calife abbasside al-Muktafi Billah put envoyer Muhammad bin Suleiman à la tête d’une armée pour éliminer les Toulounides et récupérer l’Égypte pour le trône abbasside.","date_description_ah":"254–292 H","date_description_ad":"868–905 J.-C."},"26e98384-aec9-54a7-8d11-2fa3e84a1d52":{"name":"Omeyyades d’Espagne","also_known_as":"","area":"Espagne","history":"\\- En 750 arrive à Cordoue Abderrahman b. Hicham, petit-fils du dernier calife omeyyade de Damas, rescapé du massacre de sa famille par les Abbassides. \n\\- Il fonde une dynastie qui rompt les liens d’allégeance à l’égard du califat abbasside de Bagdad et qui gouvernera al-Andalus de 756 à 1031, d’abord en tant qu’émirat, ensuite en tant que califat à part entière à partir de 929 (Abderrahman III). \n\\- État pacifié et immensément riche, le califat de Cordoue fait régner son autorité sur tout al-Andalus, et développe une civilisation brillante capable de rivaliser avec celle de Bagdad et surpassant de loin celle de l’Occident chrétien.","date_description_ah":"138–422 H","date_description_ad":"756–1031 J.-C."},"275fd924-3ed6-5493-ba0f-732cc27640a1":{"name":"Timouride","also_known_as":"Timuroghullari","area":"Asie centrale, Iran, Irak, Syrie, Anatolie [Turquie] et Inde","history":"L’empire timouride fut fondé par Timour \\[Tamerlan, Timour le Boiteux\\], qui succéda à son père (m. 1360) et à son oncle (m. 1361) et dirigea la branche des Barlas. Timour était le fils de Turagay, le bey des Barlas, une tribu vassale des Chaghataïs au Turkistan. Timour consolida très vite son pouvoir et fut proclamé “émir” de l’État chaghataï. Il fonda l’État timouride, avec Samarcande pour capitale. \nTrès vite, Timour conquit un vaste territoire embrassant l’Azerbaïdjan, le Khwarazm, le Khourassan, l’Iran, l’Irak, la Syrie, l’Anatolie, l’Inde et quantité d’autres contrées, reliant l’Inde à Damas, depuis le golfe de Basra jusqu’à la mer d’Aral et à l’Anatolie. \nTimour battit le sultan ottoman Bayézid Ier (“la Foudre”) à la bataille d’Ankara en 1402 et porta un coup mortel aux Ottomans. Timour périt en 1405 au cours de son expédition en Chine. \nLes luttes de succession qui suivirent la mort de Timour ébranlèrent gravement son empire. Chah Rukh (r. 1409-1447) transféra sa capitale à Hérat, laissant son fils Ulug Bey, un célèbre astronome, à Samarcande. À cette époque, Samarcande et Hérat, riches de somptueux monuments, devinrent des centres des arts et des sciences. Ulug Bey succéda à son père mais fut assassiné en 1449, ce qui donna lieu à un conflit majeur qui ne prit fin qu’en 1451 avec l’intronisation de Abou Saïd. Sous son règne et sous celui de son fils Hüseyen Baykara, l’empire timouride connut un âge d’or – avant d’être défait par les Ouzbeks chaïbanides en 1505. \nLes Timourides ont construit de nombreux monuments dans des villes comme Samarcande, Hérat, Boukhara, Machhad, Tabriz, Balkh et Yazd. Les complexes d’Ulug Bey à Samarcande et Boukhara, la Mosquée bleue à Tabriz, la nécropole de Chah Zinda à Samarcande, le complexe de Khodja Ahmed Yasawi à Yesi tout comme la mosquée Bibi Hatun à Samarcande sont parmi les monuments les plus remarquables de la période.","date_description_ah":"771-911 H","date_description_ad":"AD 1370-1505 J.-C."},"282e09d8-c525-5fa3-b4f7-a60f2b60f56b":{"name":"Hammadides","also_known_as":"","area":"Maghreb central de Achir à Bejaia, Constantine","history":"En remerciement de sa loyauté envers les Fatimides, le fondateur de la dynastie ziride, Ziri ibn Menad, avait été autorisé, vers 323/935, à fonder la ville d'Achir, sur les flancs de l'Atlas tellien. La situation géographique idéalement centrale de cette cité, au contact du Tell et des Hautes Plaines, en fit une capitale active, siège d'échanges commerciaux et culturels. \nPour assurer sa puissance sur la région et des débouchés sur la mer, Bulughin, fils de Ziri, crée trois autres villes, Miliana, Lemdia (actuelle Médéa) et al-Djazaïr (Alger), avant de devenir le maître de l'Ifriqiya et du Maghreb central en tant que vassal de la puissance fatimide. Les Zirides s'installent à Mansouria, l'ex-capitale fatimide, confiant la ville d'Achir à leurs cousins Hammad. Ces derniers marquent alors leur volonté d'autonomie en créant à leur tour une principauté rivale dont la capitale, la Qalaa des Beni Hammad, est fondée en 397/1007 dans les monts du Hodna, près de la ville de M'sila, au sud-est d'Alger. Les Hammadides y élèvent de nombreuses et importantes constructions d'un art et d'un raffinement qui inspireront les bâtisseurs de l'Espagne andalouse. \nLa guerre entre les cousins zirides d'Ifriqiya et hammadides du Maghreb central se prolonge jusqu'en 433/1042, mais leurs héritiers concluent la paix et finissent par cohabiter à l'ombre de leurs deux capitales, Achir et la Qalaa. S'ouvre alors pour toute la région une période de prospérité reconnue par tous les auteurs contemporains. \nEn 439/1048, les Zirides rompent leur lien de vassalité à l'égard des Fatimides du Caire. La région devient indépendante. Cette rupture politique va se doubler d'une rupture religieuse, favorisée par l'attachement traditionnel du Maghreb au malékisme : le rite chiite fatimide cède le pas à l'orthodoxie sunnite malékite. 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Vers la fin du IXe siècle H / XVe siècle J.-C., ses relations avec les Aq Qoyounlous se détériorèrent à leur tour, entraînant la dissolution de la dynastie. Cependant, les Safavides se rétablirent rapidement et Chah Isma’il instaura l’Etat safavide en 906 H/ 1501 J.-C., avec Tabriz pour capitale. \nEn s’alliant aux Shi’a, les Safavides contrôlèrent une vaste zone embrassant l’Iran, l’Irak, le Caucase et l’Anatolie orientale. Le sultan ottoman Sélim Ier battit Chah Isma’il à Çadıran en 920 H / 1514 J.-C. C’est son fils Chah Tahmasp qui succéda à Chah Isma’il en 930 H / 1524 J.-C. ; la capitale fut alors transférée à Qazwin. Après Chah Tahmasp, l’Etat safavide fut gouverné par Isma’il Mirza, Hamza Mirza, Chah Abbas, Sam Mirza, Abbas II, Chah Sulayman Ier, Chah Husayn, Tahmasp II et enfin par Abbas III. Nadir Chah, d’origine afchare, conduisit l’Etat safavide à sa fin en 1737 en conquérant l’Iran. \nLes Safavides ont construit de nombreux monuments pendant leur règne d’environ 250 ans, particulièrement en Iran. Le palais de Jihil Sütun et de Hasht Bahisht, le pavillon de Ali Kapı et les mosquées Masjid-i Chah et Cheikh Lutf Allah à Ispahan font partie des plus remarquables monuments de cette période.","date_description_ah":"907-1150 H","date_description_ad":"1501-1737 J.-C."},"2c8ab4b0-e8bd-5ae8-982b-758f178293e4":{"name":"Les Aq Qoyunlu","also_known_as":"","area":"Est de la Turquie, Arménie, Azerbaïdjan, Iran, Irak","history":"Les Aq Qoyunlu (signifiant “moutons blancs”) étaient une confédération de nomades turkmènes, principalement située à Diyarbakır et qui régna de 780 de l'hégire/1378 après J.-C. à 908 de l’hégire/1508 après J.-C. Ils arrivèrent au pouvoir à la fin du 14ème siècle après J.-C. et servirent sous Timour (1370-1405 après J.-C.). Sous le règne d’Ouzoun Hassan (1457-1478 après J.-C.), les Aq Qoyunlu contrôlaient un territoire allant de l’est de l’Anatolie (1378–1503 après J.-C.) à l'ouest du Khorassan iranien, territoire qui comprenait également l’Irak et le golfe Persique. Ils furent finalement vaincus par les Ottomans et les Safavides. \n \nLe premier souverain Ad Qoyunlu fut Tur Ali (fils de Pahlavan), qui gouverna entre 740-750 de l’hégire/1339-1349 après J.-C, une période marquée par les conflits armés contre les forces de Trébizonde. Pour rétablir la paix, en 753 de l’hégire/1352 après J.-C, le fils de Tur-Ali, Fakhr al-Din Kutlu, fut marié à la sœur de l’empereur du Trébizonde, Alexis III (1349–1390 après J.-C). Trébizonde fut protégée des attaques des Ad Qoyunlu jusqu’à ce qu’elle tombe aux mains des Ottomans en 865 de l’hégire/1461 après J.-C. Tur-Ali mourut entre 753 de l’hégire/1352 après J.-C. et 764 de l’hégire/1363 après J.-C. Son successeur Kutlu mourut en 791 de l’hégire/1389 après J.-C. Le pouvoir fut transmis au fils de Kutlu, Ahmad, qui fut ensuite remplacé par son frère Qara Yülük Uthman, ou Kara Osman. \n \nKara Osman rejoignit le souverain Timour en 802 de l’hégire/1399-1400 après J.-C., participa à ses campagnes à Sivas et à la bataille d'Ankara (804 de l’hégire/1402 après J.-C.). En échange, Timour nomma Kara Osman émir et souverain officiel de la tribu des Aq Qoyunlu. La confédération des Aq Qoyunlu obtint également la cité fortifiée d’Amed (Diyarbakır), qui fut leur capitale pendant soixante-dix ans. \n \nÀ la mort de Kara Osman en 839 de l’hégire/1435 après J.-C., les Aq Qoyunlu, alliés aux Timourides, étaient devenus une autorité incontestable dans la région de l’Arménie et de Diyarbakırm. Kara Osman choisit pour héritier son fils Ali, mais ce dernier ne put garder le pouvoir face aux figures masculines de sa famille. Il renonça à son titre de souverain en 841 de l’hégire/1438-1439 après J.-C. et s'exila de lui-même en Égypte. Hamza, le frère d’Ali, fut un souverain puissant des Aq Qoyunlu, jusqu’à sa mort en 848 de l’hégire/1444 après J.-C. \n \nCe fut sous le règne d’Ouzoun Hassan (Hassan le Long) que les Aq Qoyunlu furent réunifiés et gagnèrent en puissance. En 862 de l’hégire/1458 après J.-C, il envahit la Géorgie et fut alors connu sous le nom de “ghazi” (“combattant pour la foi”), et renoua l’amitié entre les Aq Qoyunlu et l’empire de Trébizonde. En outre, il épousa la princesse comnène Théodora, formant ainsi une alliance qui monta en puissance face à la menace des Ottomans. Cependant, l’arsenal et la force des Ottomans demeuraient supérieurs. De par ce déséquilibre militaire, Ouzoun Hassan renonça à leur déclarer la guerre. Durant l’été 873 de l’hégire/1468 après J.-C., Ouzoun Hassan vainquit les Qara Qoyunlu et conquit l'Azerbaïdjan. \n \nLe souverain timouride Abou Saïd Mirza régnait sur Hérat depuis 855 de l’hégire/1451 après J.-C. lorsqu’il fut fait prisonnier et exécuté par Ouzoun Hassan. Ses adversaires à présent éliminés, Ouzoun Hassan marcha sur l’Iran occidental, annexa les provinces iraniennes jusqu’au Khorassan et transféra son gouvernement à Tabriz. Cependant, il ne réussit pas à asseoir sa domination sur les Timourides du Khorassan. À la fin de 875 de l’hégire/au début de 1471 après J.-C., Ouzoun Hassan déplaça ses troupes du Khorassan à la frontière occidentale, créant ainsi une amitié entre Tabriz et Hérat. Néanmoins, ses intérêts à Qaraman étaient conflictuels à ceux des Ottomans et des Mamelouks. \n \nOuzoun Hassan mourut la veille de Chawwal, en 882 de l’hégire/le 5-6 janvier 1478 après J.-C. Avant sa mort, il contra la défiance de son fils Oughourlou Mohammad en nommant comme héritier le frère de celui-ci, Khalil. Mais Khalil fut tué peu de temps après, en rabia II 833 de l’hégire/juillet 1478 après J.-C., lors d’une lutte armée avec son frère de quatorze ans Ya\\`qûb et ses partisans, près de Koy. Ya\\`qûb s’empara du pouvoir et régna pendant douze ans. Il mourut dans des circonstances mystérieuses le 11 safar 896 de l’hégire/le 24 décembre 1491 après J.-C. Durant son règne, il avait convaincu les partisans de Khalil de se rallier à lui. Néanmoins, Ya\\`qûb n’était nullement intéressé par les intérêts religieux du peuple et de leurs pratiques, et perdit ainsi de larges groupes de partisans, notamment les Turkmènes. À la mort de Ya\\`qûb, les Aq Qoyunlu se livrèrent à des luttes constantes pour le pouvoir. \n \nBaysonqur, le fils de Ya\\`qûb, fut couronné à l’âge de huit ans en 896 de l’hégire/1491 après J.-C., sous la tutelle de Ṣufi Kalil Beg Mawsellu. Néanmoins, il fut expulsé de Tabriz en rajab, 897 de l’hégire/mai 1492 après J.-C. par son cousin Rustam (descendant de Maksud, descendant d’Ouzoun Hassan), qui était soutenu par les tribus Pornak et Kadjar. Baysonqur fut tué en 898 de l’hégire/1493 après J.-C. Rustam tenta de réconcilier l’ordre religieux et les ordres soufis populaires. \n \nEn 902 de l’hégire/1497 après J.-C., Rustam fut destitué par son cousin Ahmad Gövde (“nain”) (fils d’Ughurlu Muhammad), alors revenu de son exil en territoire ottoman. La politique d’Ahmad provoqua une révolte des émirs, qui le vainquirent et le tuèrent en rabia II 903 de l’hégire/en décembre 1497 après J.-C. À la mort d’Ahmad, l’empire Aq Qoyunlu continua de se désagréger. Le dernier sultan Aq Qoyunlu fut Murâd (fils de Ya\\`qûb) ; il monta sur le trône grâce à l’aide des troupes ottomanes mais fut destitué et tué par les troupes Qizilbash d’Ismaïl Ier. Les dernières tribus des Aq Qoyunlu furent absorbées dans d’autres groupes, tels que les Qizilbash. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"779 – 908","date_description_ad":"1378 – 1503"},"2cf9d6c6-0226-5c5d-8710-c052cc2ac4c7":{"name":"Al Busaïd","also_known_as":"","area":"Oman, Zanzibar","history":"La dynastie Al Busaïd, aussi connue sous le nom de Maison d'Al Saïd, était une lignée de souverains comprenant le sultanat d'Oman (1744-1856), le sultanat de Mascate et Oman (1856-1970) et le sultanat de Zanzibar (1856-1964). Fondée par Ahmad ibn Saïd al-Busaïdi, souverain d’Oman et des territoires africains à l'Est, la dynastie Al Busaïd régna sur la région pendant 250 ans. Sous les 39 ans de règne d'Ahmad ibn Saïd al-Busaïdi, la Marine royale d'Oman eut une présence forte dans l'océan Indien, la seconde seulement après la Marine britannique. Elle expulsa facilement les forces persanes de la région tout en protégeant les navires ottomans dans le Golfe d’Oman et dans l'océan Indien. \n \nL’histoire moderne d’Oman fut témoin de deux systèmes différents de gouvernance : *l'imamat* et le sultanat. Un *l'imamat* peut faire référence au bureau de l’Imam ou à son autorité spirituelle. Les imams sont les autorités spirituelles qui peuvent exercer un contrôle sur une région en particulier. Pour recevoir l’imamat, le souverain doit être élu. \n \nL’imam Ahmad ibn Saïd al-Busaïdi (1741-1783) établit le système du sultanat pendant son règne. Ce fut la première séparation établie entre les deux systèmes politiques. Il sauva Oman d’une guerre civile, restaura sa place au sein du système afro-asiatique et du système maritime, et sa contribution fut décisive dans la construction de l’histoire moderne d’Oman - une histoire du sultanat par opposition au système de *l'imamat*. En 1741, il reçut *l'imamat*. L’attitude ferme d’Ahmed envers l’hégémonie coloniale fut remarquable. Elle devint visible lorsqu’il empêcha la Compagnie britannique des Indes orientales de s’installer à Muscat. Le long règne d’Ahmad ibn Saïd al-Busaïdi (environ 39 ans) fut aussi le témoin de changements et de nouvelles tendances dans la société d’Oman. Son règne forgea non seulement une vision nouvelle d’un système politique, mais contribua aussi à poser les fondations d’une nouvelle identité politique, nationale et culturelle. \n \nAhmad ibn Saïd al-Busaïdi mourut en 1778 ; son fils lui succéda, Saïd ibn Ahmad, un souverain pieux qui divisa les devoirs entre les fonctionnaires du palais par fonctions religieuse, administrative ou militaire. Saïd ibn Ahmad garda son *imamat* et alla à Rustaq, où il demeura jusqu’à sa mort en 1811. En 1783, son fils, Hamad ibn Saïd, décida de déplacer sa cour dans la ville côtière de Muscat et fit de la ville sa capitale politique. Il prit également le titre de sultan, asseyant ainsi son pouvoir. \n \nHamad ibn Saïd fut un souverain capable qui fit beaucoup pour le pays pendant ses huit années de règne. Il facilita une réforme politique lors des premières étapes dans la transition mais mourut subitement en 1792. À sa mort, le système politique d’Oman fut divisé en trois parties : Saïd ibn Ahmad, l’imam officiel, resta à Rustaq ; Saïd bin Sultan (qui succéda à Hamad ibn Saïd) garda la base de son pouvoir à Muscat ; et enfin Saïf, le troisième fils d’Ahmad ibn Saïd al-Busaïdi, prit la ville de Sohar (située près d’Hormuz) pour asseoir son pouvoir. Ainsi en 1793, et avec la participation des Britanniques, l'État islamique d’Oman, qui avait été une nation unifiée, était à présent fragmentée en trois politiques distinctes. \n \nAprès son accès au trône en 1792, Saïd bin Sultan (1792-1804) usa de son pouvoir et de son intellect pour restaurer la place qu’avait Muscat sous le règne de son père Ahmad. Oman devint une alliée de la France en Afrique de l’Est et dans l’océan Indien, notamment à un moment où les Britanniques commençaient à représenter un danger pour Oman, l’Inde et tous les pays du Golfe. \n \nSaïd bin Sultan accéda au pouvoir en 1806, à l'âge de 17 ans, suite à la mort de son père et régna pendant un demi-siècle jusqu’à sa mort en 1856. Il fut le premier Sayyid d’Oman, reçut le titre de sultan et fut aussi appelé « Le Grand ». Oman devint une puissance commerciale et maritime majeure dans l’océan Indien pendant son règne. Son successeur fut Thuwaïni ibn Saïd ibn Sultan al-Busaïd, le troisième fils de Saïd bin Sultan, et régna de 1858 à 1866. \n \nEntre 1866 et 1970, Oman connut six souverains. Enfin, de 1970 à 2020, Oman fut dirigée par le sultan Qabus ibn Saïd, qui modernisa la région. L’héritier actuel au trône depuis 2020 est le sultan Haïtham ben Tariq. \n \nBibliographie \n● Ghubash, Hussein, Oman - The Islamic Democratic Tradition, London and New York: Routledge, 2006. \n● Jones, Jeremy and Ridout, Nicholas, A History of Modern Oman, Cambridge (UK) and New York: Cambridge University Press, 2016. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"AH 1167– aujourd’hui","date_description_ad":"AD 1754– aujourd’hui"},"2fc256bd-66da-5cb4-b5ca-43283018a1db":{"name":"Atabegs","also_known_as":"","area":"Syrie du Nord, Mésopotamie du Nord, Anatolie méridionale [Turquie]","history":"Recrutés parmi les officiers les plus gradés et les plus expérimentés, les *atabey*s ou *atabeg*s étaient chargés de l’éducation des princes grands-seldjoukides nommés gouverneurs, et exerçaient également leur autorité dans différents domaines administratifs et militaires. \nÀ la mort du sultan grand-seldjoukide Melikchah \\[Malik Chah\\] en 1092, les Atabegs profitèrent de la lutte de succession qui s’était engagée entre ses fils pour proclamer leur indépendance. Au nombre des États atabegs les plus notables se comptent les Atabegs de Damas, les Zenguides (Atabegs de Mossoul), les Ildenizides \\[Eldigüzides or Ildegizides\\], les Salghurides et les Atabegs d’Erbil. \nLes Atabegs de Damas sont également connus sous le nom de Tughtiginides ou Burides. Leur lignée fut fondée par Tughtekin, l’atabeg affecté à la formation du fils de Malik Dukak, fils de Toutouch, qui était le frère du sultan Malik Chah, en 1104, après la chute des Seldjoukides de Syrie. Ils furent renversés par Nouredden \\[Nur al-Din\\] Mahmoud, l’atabeg d’Alep, en 1154. \nLes Zenguides sont également connus comme Atabegs de Mossoul. Cette lignée fut fondée par Imadedden \\[Imad al-Din\\] Zengi, l’un des officiers du sultan grand-seldjoukide Malik Chah, en 1127 à Mossoul. Mais le conflit permanent avec les Ayyoubides eut raison de leur pouvoir en 1223. \nEmmenés par Ildeniz, les Ildenizides ou Atabegs d’Azerbaïdjan apparaissent en 1141 comme vassaux des Seldjoukides d’Irak, jusqu’à leur chute devant les Khwarazm-Chahs en 1228. \nLes Salghurides furent fondés en 1147 par la branche Salghur des Turcs Oghuz, conduite par l’atabeg Sunqur. Ils furent renversés par les Mongols en 1284. \nLes Atabegs d’Erbil, également appelés Begtiginides, apparaissent vers le milieu du XIIe siècle avec Zeynedden Ali Küçük ben Begtigen dans le sud-est de l’Anatolie \\[Turquie\\] et le nord de l’Irak. Ils intègrent le giron abbasside en 1232.","date_description_ah":"485–683 H","date_description_ad":"1092-1284 J.-C."},"31ce1f02-7f90-58b4-be58-74a7ce5f450b":{"name":"Maison de Muhammad Ali","also_known_as":"","area":"L’Égypte et le Soudan","history":"L’Égypte est restée une des provinces sous domination de l’empire ottoman pendant trois siècles (923–1220/1517-1805). Toutefois, l’expédition française menée par Bonaparte en Égypte en 1213/1798 marque la fin du règne direct des Ottomans sur le pays. \nEn 1218/1803 Muhammad Ali, le général de la brigade ottomane des Albanais à la solde du sultan ottoman, réussit à déloger l’armée française et fut nommé gouverneur du pays par un décret du sultan ottoman. Le droit de succession fut garanti à sa descendance par un autre décret en 1257/1841. Ainsi l’Égypte devint un État indépendant sous le wali (gouverneur) Muhammad Ali. \nSon règne fut marqué par de profondes réformes et un dense programme de développement. Des canaux furent creusés, des ponts restaurés, pendant que des écoles et des usines de toutes se créaient par tout le pays. Un grand nombre de mosquées, de *sabil* (fontaines publique) et de palais furent construits par des architectes et travailleurs étrangers, et de nouveaux éléments de firent ainsi leur apparition dans l’architecture et la décoration. Dans le bâtiment, le bois et la brique prirent le pas sur la pierre, et les élégantes mosaïques traditionnelles de marbre furent remplacées par le marbre blanc et l’albâtre, et les moucharabiehs (jalousies) par des fenêtres modernes. Les décors s’ouvrirent aux fleurs, aux grappes de vigne et aux peintures de paysages rococo. Ces éléments artistiques, apportés d’Europe par des artistes italiens, avaient déjà cours en Turquie au XIIe/XVIIIe siècle, mais les artistes turcs adaptèrent ce nouveau style au goût local et aux meilleures traditions islamiques. \nParmi les successeurs de Mohammed Ali se comptent Abbas Ier (1264-1270/1848-1854), Sa'id (1270-1280/1854-1863), qui commença le percement du canal de Suez, Ismaïl (r. 1280-1296/1863-1879, m. 1312/1895), qui, à l’occasion de l’inauguration du canal de Suez, entreprit le développement architectural du Caire, qu’il voulait à l’image de Paris, avec des jardins comme al-Azbakiyya et un opéra. Il construisit le palais Abdine où il transféra le siège du gouvernement depuis Citadelle. \nLe dernier roi de la dynastie fut Farouk Ier (1355-1371/1936-1952), un arrière-petit-fils de Mohammed Ali. Sa destitution en 1371/1952 pendant la révolution du 23-Juillet devait signer la fin de règne de la dynastie.","date_description_ah":"1220–1371 de l’Hégire","date_description_ad":"1805–1952 J.-C."},"356a10dc-13a5-5628-a58c-94f3d80361e7":{"name":"Royaume de Mysore","also_known_as":"","area":"Inde du Sud","history":"Le royaume de Mysore fut créé après la chute de l’empereur de Vijayanâgara et la fin de son empire (fondé en 1336), lors de la bataille contre les sultanats du Deccan en 1565. L’empereur de l’empire du Vijayanâgara fut tué et la capitale mise à sac. Ainsi commença une ère d’instabilité politique en Inde du sud ; les Wodeyâr ainsi que d’autres chefs et rois moins importants, en quête d’indépendance, se disputèrent le pouvoir dans la région. Les conflits avec les souverains des territoires alentour étaient constants et souvent futiles. Le début du 20e siècle fut une période de combats ininterrompus tandis que les armées des Marathes, des Moghols et des Nizâms se livraient à une lutte sans merci pour piller la région autant que possible. \n \nÀ son commencement, Mysore était une petite chefferie peu importante, gouvernée par Bettada Chamaraja Wodeyâr de 1513 à 1553. Il régna sur un territoire qui comprenait la cité de Mysore et quelques villages voisins. La chefferie se trouvait au sud de la région de Maidan, dans l’état actuel du Karnataka. De 1578 à 1617, Raja Wodeyâr gouverna Mysore et fonda le royaume en devenant vice-roi de Vijayanâgara, à Srirangapatna en 1610. Ils multiplièrent leurs efforts pour faire de Mysore l'état successeur de Vijayanâgara. \n \nAu 17e siècle, Mysore était indépendante du Vijayanâgara et gouvernée par Chikkadevaraja Wodeyâr (entre 1673 et 1704). Il étendit le royaume malgré les attaques des Moghols, des Marathas, d’Ikkeri et de Madurai. Chikkadevaraja négocia une alliance avec l’empereur moghol Aurangzeb, permettant ainsi une période de paix dans la région. À la fin du 17e siècle, le territoire de Mysore était une région tourmentée par la guerre et divisée en de nombreuses régions administratives par les souverains du Vijayanâgara ; il fut ensuite gouverné par des chefs locaux, descendants et représentants de lignées influentes. \n \nAu cours du 18e siècle, les souverains de Mysore étaient soumis aux dalavayis, ou premiers ministres du royaume. Ils privilégiaient leurs propres intérêts plutôt que ceux du royaume. À la fin des années 1750, le dalavayi Nanjirajaraiya fut contraint de se retirer. Son autorité ne fut pas transmise au roi de Mysore mais à Haidar Alî, un officier de l’armée de Mysore. 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Cependant, les guerres opposant les Britanniques à Mysore furent mémorables ; la dernière guerre en 1799 mena au siège de Srirangapatna et à la mort du puissant souverain Tipû Sultân. Elles menèrent également à l'établissement de Mysore comme « état princier », gouverné par un monarque local sous la suzeraineté des Britanniques. Tipû Sultân dut son statut de héros à son opposition à la présence britannique dans la région et à ses efforts pour protéger sa capitale Seringapatam. À la fin du 18e siècle, sous Tipû Sultân, le royaume de Mysore comprenait des régions des états actuels de Karnataka, Andhra Pradesh et Tamil Nadu. \n \nAprès la mort de Tipû Sultân, les Britanniques réétablirent les Wodeyâr sur le trône de Mysore et installèrent un régent britannique à la cour royale. Les Wodeyâr régnèrent sur Mysore jusqu’en 1947, lorsque la cité fut rattachée à la nouvelle république indépendante de l'Inde. Mysore, qui continua d’être dirigée par le précédent souverain jusqu’en 1974, devint une partie de l’état de Karnataka après l’indépendance. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet \"Explore Islamic Art Collections \".","date_description_ah":"801-1367","date_description_ad":"1399-1948"},"36c08524-2d38-55e9-a293-0c9949ca5b94":{"name":"Ayden Oghullari","also_known_as":"","area":"Milieu de la partie méridionale de la Turquie égéenne (l'antique Ionie).","history":"Sasa Bey, gendre de Mentece Bey, fondateur d’un émirat dans l’Anatolie du sud-ouest \\[Turquie\\], conquit la région d’Ayden en 1282 et prit Birgi, Tire et Ayasulugh (l’ancienne Éphèse, aujourd’hui Selçuk) aux Byzantins en 1304. En 1308, Mübarizedden \\[Mubariz al-Din\\] Mehmed Bey, le général du bey Germiyanid Yaqub, enleva ce territoire à Sasa Bey et fonda son propre émirat avec Birgi pour capitale. \nMehmed Bey établit une marine à Ayasulugh et conquit le haut Izmir, où vivaient les musulmans, en 1310, puis le port d’Izmir en 1329. Mehmed Bey s’installa à Birgi et partagea son propre territoire entre ses fils : Umur Bey reçut Izmir, Ayasulugh et Sultanhisar revinrent à Hızır Bey, Ödemiş à Ibrahim Bahadır Bey et Tire à Süleyman Bey. Son plus jeune fils Isa Bey resta à Birgi avec lui. \nMehmet Bey mourut en 1334, son successeur fut Umur Bey, qui lança les campagnes de Grèce et des îles égéennes. Il conquit aussi Alagehir et l’île de Chios. En 1344 les Latins prirent le port d’Izmir. Umur Bey mourut pendant sa tentative de reprendre le contrôle du port d’Izmir en 1348. \nLui succéda son frère Hızır Bey, qui transféra la capitale à Ayasulugh. 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Après la mort de Menteche Bey en 681/1282, son successeur et fils Massoud Bey conquit Rhodes en 700/1300. Rhodes fut reprise par les chevaliers de Saint-Jean en 714/1314. Malgré tous ses efforts, Orhan Bey, qui succéda à son père en 1320, échoua à récupérer l’île. Ibrahim Bey devint le bey de l’émirat vers 1340 et mourut vers 1360. Le territoire fut alors divisé entre ses trois fils. Beçin, Milas et Balat furent données à Moussa Bey ; Muğla et Çine à Mehmed Bey ; Fethiye et Marmaris à Ahmed Ghazi. Avec la mort de Moussa Bey peu de temps après, sa partie fut également divisée en deux pour revenir aux deux autres frères : Ahmed Ghazi reçut Beçin et Milas tandis que Mehmed Bey hérita de Balat, Muğla et Çine ; et l’émirat continua avec deux branches. Le sultan ottoman Yıldırım Bayézid annexa l’émirat en 792/1390. Ahmed Ghazi mourut l’année suivante. 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Mais plus qu’un style en soi, il est l’expression d’une tendance, d’une islamisation des formes, un “mudéjarisme” qui s’affirme à mesure que la Reconquista progresse vers le sud et que les contacts avec l’univers musulman se font plus étroits. \nCette assimilation s’explique par la fascination qu’exerce sur l’aristocratie chrétienne le luxe inouï dans lequel évoluaient les souverains musulmans. \nUn début de symbiose s’observe au XIIe siècle, mais c’est avec la conquête de Cordoue (1236) et de Séville (1248) que l’émulation artistique commence à se généraliser pour culminer un siècle et demi plus tard : avec la conquête de Grenade, c’est une véritable explosion de mudéjarisme qui éclate dans l’architecture civile et religieuse. Alphonse XI et Pierre Ier de Castille (XIVe siècle), Pierre de Lune (l’antipape Benoît XIII, fin XIVe-début XVe siècle), les Rois catholiques (XVe siècle) ou D. Manuel Ier de Portugal (fin XVe–début XVIe siècle) sont des figures majeures dans ce processus long de plusieurs siècles. \nSous domination chrétienne, de prestigieux artistes, parfois organisés en groupes itinérants, travaillèrent pour les élites, et les pièces mudéjares les plus somptueuses s’exportaient à grande échelle ; mais les artisans mudéjars formaient aussi des corporations réputées de charpentiers, poseurs de briques, selliers, potiers, etc. \nDes motifs politiques et esthétiques président au déclin de l’art mudéjar au XVIe siècle. D’une part, avec la Contre-Réforme, tous les non-chrétiens étaient devenus indésirables (c’est l’époque de l’Inquisition et des dernières expulsions) ; d’autre part les modèles de la Renaissance italienne commençaient à prévaloir – ce qui n’a pas empêché un certain mudéjarisme populaire de se maintenir jusqu’à l’avènement du baroque.","date_description_ah":"VI e -IX e siècle H","date_description_ad":"XII e -XIV e siècle J.-C"},"3a7f9f69-05d2-574b-aaa8-70b200f82e66":{"name":"Asaf Jahi","also_known_as":"","area":"Région du Deccan, Inde actuelle","history":"La dynastie des Asaf Jahi (1724-1950 après J- C.) a succédé à la dynastie des Moghols. Elle régna sur de grands territoires dans la région du Deccan de l’Inde actuelle. La province d’Hyderabad en fut la capitale pendant presque toute la durée de la dynastie, du milieu du 18e siècle jusqu’au début du 20e siècle. Les souverains de cette dynastie, les nizâms, arrivèrent au pouvoir après un conflit contre la Compagnie britannique des Indes orientales. Sept nizâms dirigèrent Hyderabad jusqu’en 1948, le dernier étant Asaf Jahi VII, Fateh Jang \\`Othman \\`Alî Khân Bahadur. Sous les Asaf Jahi, Hyderabad connut une grande croissance économique et culturelle grâce aux nizâms, qui furent des mécènes de la grande architecture, de l’art, de la littérature et de la nourriture. Les Asaf Jahi comptèrent parmi les plus riches souverains du monde à cette époque. \n \nNawab Khwaja Abid Siddiqi était le grand-père du premier nizâm Asaf Jahi. Né à Aliabad, située à Samarcande dans le royaume de Boukhara, dans l’Ouzbékistan actuel, c’était un homme instruit et expérimenté dans l’art de la guerre. En 1657, il rejoignit l’armée impériale d'Aurangzeb, alors pris dans une guerre de succession dans la région du Deccan. Après la guerre, il obtint un rang élevé et reçu le titre de Khan. Il fut d’abord nommé gouverneur d’Ajmer. Plus tard, il fut envoyé à la cité de Multan avec le titre de Qalich Khan. Il mourut au combat contre le souverain Abu-L Hasan Qutb Shah lors d’un siège près de Golconde en 1687. Après la chute de Golconde, Hyderabad perdit de son importance et la province tomba en ruines. \n \nLe règne des Asaf Jahi est inextricablement lié au déclin de l’empire moghol dans le sous-continent indien. Alors que l’empire moghol perdait de son autorité, la dynastie Asaf Jahi en gagnait. De ce fait, les Asaf Jahi devinrent les souverains d’une partie du Deccan et redonnèrent vie à la province d’Hyderabad, qui devint l’une des plus riches d’Inde. À la mort de Qalich Khan, son petit-fils Qâmar ad-Dîn fut choisi pour lui succéder par le souverain moghol Aurangzeb (1658–1707). Qâmar ad-Dîn fut nommé Chin Qalich Khan (« garçon épéiste ») à l’âge de 19 ans. En 1713, il se vit octroyer le titre de Nizâm al-Mulk Fateh Jang et fonda peu de temps après la dynastie des Asaf Jahi en tant que Asaf Jâh I. Il fut nommé subedar de six provinces et Faujdar de Karnataka. Le titre d’Asaf Jâh fut transmis à Qâmar ad-Dîn par Muhammad Shah, le septième successeur d’Aurangzeb. Ce fut le plus haut titre jamais accordé à un sujet de l’empire moghol. Ainsi commença son règne sur le Deccan, avec Aurangabad pour capitale. La dynastie régnait à présent sur un territoire dans le Deccan qui s’étendait de Narmada à Tiruchirappalli et de Machilipatnam à Bijapur. \n \nLes nizâms Asaf Jahi sont comptés au nombre de sept, bien qu’ils aient été dix. Les petits-fils d’Asaf Jâh I, Nasir Jang et Muzaffar Jang, furent assassinés par les nawabs de Karnoul et de Cuddapah. Ils furent les seuls, avec Salâbat Jang, le troisième fils de Nizâm al-Mulk, à être reconnus comme *subedars* du Deccan. \n \nAsaf Jâh II fut le quatrième fils d’Asaf Jâh I. Né en 1734, il fut connu sous le nom de Nizâm Alî Khan. À 28 ans, il fut nommé *subedar* du Deccan puis devint un nizâm Asaf Jahi. Il régna pendant 42 ans, le plus long règne de tous les nizâms. Pendant son règne, la capitale fut déplacée à Hyderabad. Asaf Jâh II mourut en 1803 à l’âge de 69 ans. Son fils, Mir Akbar \\`Alî Khân Sikander Jâh devint Asaf Jâh III. Né le 11 novembre 1768, il hérita de tous les titres de son père. Son règne fut suivi par celui de son successeur et fils Mir Farkhunda \\`Alî Khân Nâsir ad-Dawleh, qui monta sur le trône en 1829 en tant que Asaf Jâh IV. Il régna jusqu’en 1857, date à laquelle son fils, Mir Tahniyat Afdhal ad-Dawleh (1857–1869), lui succéda le 18 mai 1857 en tant qu’Asaf Jâh V. Peu après, le 17 juillet 1857, la rébellion indienne éclata et il fut déposé. Mir Mahbub \\`Alî Khân était le fils de Mir Tahniyat Afdhal ad-Dawleh. Né le 17 août 1866, ce fut le sixième souverain Asaf Jahi, Asaf Jâh VI. Fils unique, il perdit son père au jeune âge de deux ans et sept mois. Asaf Jâh VII, le septième et dernier souverain nizâm Asaf Jahi, fut Mir Othman \\`Alî Khân, né à Purani Haveli, à Hyderabad le 5 avril 1886. Il est connu pour avoir été un souverain laïc. \n \nEn août 1947, lorsque l'Inde devint indépendante, Asaf Jâh VII refusa de rejoindre l’Union indienne. Son règne prit violemment fin lorsque l’armée indienne lança l’opération Polo. À la suite de cette opération et de l'abdication d’Asaf Jâh VII, les Asaf Jahi furent autorisés à garder leurs titres. Asaf Jâh VII choisit son petit-fils Nawab Mir Barakat wtyg Khan Bahadur Mukarram Jâh comme successeur, mais c’est un titre dont il ne fut que titulaire. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"1136-1369","date_description_ad":"1724-1950"},"3eb686ce-9607-530b-b1a3-688cf19fe53a":{"name":"Zenguides","also_known_as":"Les Atabegs de Mossoul","area":"Jazira et Syrie","history":"La lignée des Atabegs zenguides, également connus comme Atabegs de Mossoul, fut fondée en 521/1127 par Imameddin Zangi (‘Imad al-Din Zangi), un général du sultan grand-seldjoukide Malik Chah, et gouverna Mossoul (Irak) et la Syrie. Mahmud, le dirigeant seldjoukide en Irak, avait confié l’éducation de ses fils à Imameddin Zangi lorsque Zangi devint gouverneur de Mossoul en 521/1127. Zangi avait l’intention de fonder un grand État. Il prit d’abord Harran, Nusaybin et Alep, et accrut encore son pouvoir après avoir envahi Diyarbakır (Diyar Bakr) et Urfa (l’ancienne Édesse). Après la mort de Imameddin Zangi en 541/1146, son fils Seyfeddin Gazi (Sayf al-Din Ghazi) assuma l’administration de Mossoul, tandis que l’autre fils, Nureddin (Nur al-Din), se chargea de la Syrie. \nNureddin Zangi élimina les Fatimides en 567/1171 avec son général ayyoubide Salah al-Din (Saladin) et étendit son territoire. Il mourut en 569/1174. Seyfeddin Gazi, le maître de Mossoul, mourut en 544/1148 ; lui succéda Kutbeddin Mevdud (Qutb al-Din Mawdud), qui continua à gouverner jusqu’en 565/1170. \nLes luttes pour la succession qui surgirent après la mort de Nureddin Zangi et Kutbeddin Mevdud, et les conflits qui se firent jour avec les Ayyoubides, fondés par Salah al-Din en 569/1174, sont la cause du déclin des Zenguides, dont la dynastie s’éteignit définitivement en 1223. \nLes Zenguides connurent leur apogée sous Nureddin Zangi, qui gouvernait la Syrie. Il fit restaurer de nombreux châteaux dans les villes de Syrie, et construire quantité de mosquées, caravansérails, *madrasa* et *imaret*. 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Il régna sur la région du Khorassan et contribua au prestige de la ville de Mashhad. Après sa mort, le royaume afcharide se limita au Khorassan iranien. \n \nSous le règne peu marquant du Chah Tahmasp II (1729-1732 après J.-C.), les Perses durent lutter contre les menaces lancées par l’Afghanistan. Au milieu de ce chaos, Nader Chah saisit l’opportunité de se positionner en tant que stratège militaire. En 1726, Nader Chah soutint Tahmasp II en devenant son principal allié et partisan. Ce fut à ce moment-là que Nader Chah, avec le soutien de Tahmasp II, captura Machhad. La même année, Nader Chah remporta trois batailles décisives, reprit Ispahan et restaura ainsi le règne de la dynastie safavide. En 1730, il avait ainsi réinstauré son autorité sur une grande partie du nord-ouest de l’Iran, qui avait été occupé par les Ottomans. Il est dit de Nader Chah qu’il restaura l’empire perse en le purgeant de ses ennemis, internes comme étrangers. \n \nEn 1736, Nader Chah renversa le jeune souverain safavide grâce à ses victoires prestigieuses et au soutien des grands chefs et notables de toute l’empire. L'empire perse était à présent dirigé par Nader Chah, qui fonda la dynastie afsharide. Elle tire son nom de la tribu turque des Afshar, à laquelle Nader Chah appartenait. \n \nEn 1738, Nader Chah lança une campagne contre les Afghans dans la région de Kandahar. C’est à ce moment-là qu'il décida d’envahir l’Inde moghole, voisine des Afghans. Son but était de piller le trésor moghol et ainsi en 1739, il entra dans Delhi, la capitale moghole. Là, il massacra entre 20 000 et 30 000 personnes et s’empara du trésor. En 1740, il envahit la Transoxiane (Ouzbékistan et Tadjikistan actuels) et déplaça la capitale perse d’Ispahan à Machhad, afin qu’elle soit plus proche de l’Asie centrale. Nader Chah fut alors perçu comme un conquérant similaire à son prédécesseur, Timour (1370-1405 après J.-C.). Il devint célèbre pour les campagnes qu’il mena en Iran occidental, en Afghanistan, en Inde ainsi qu’en Asie centrale. Le terme afcharide fait référence à l’histoire du Khorassan, depuis le règne de Nader Chah jusqu’à sa mort et la succession subséquente d’Agha Mohammad Chah. Nader Chah fut assassiné le 11 Joumada II 116 de l’hégire/le 20 juin 1747 après J.-C. \n \nÀ la mort de Nader Chah, deux de ses neveux se disputèrent le trône, mais ils furent renversés par leurs familles ou des partisans mécontents. Le dernier souverain de la dynastie afcharide fut le petit-fils de Nader Chah, Chahrokh Chah, qui devint Chah en 1749 mais qui fut destitué la même année. Cependant, il accéda à nouveau au trône ; cette fois-ci seul le Khorassan resta sous son autorité. À travers le reste de l’empire perse, les tribus se disputèrent le pouvoir et le titre de Chah. Parmi elles, la tribu kurde Zand, originaire du centre-ouest de l’Iran, et la tribu turque des Kadjars, issue des régions du nord-ouest de l’empire. En 1751, la tribu Zand prit l'avantage, menée par Karim Khan, qui fut connu pour sa générosité et sa bienveillance. Durant les vingt-deux ans du règne de Khan, l’empire perse connut une période de paix, après des décennies de guerre. Toutefois, la mort de Khan en 1779 mit fin à cette période de paix et entraîna une guerre civile entre les différentes tribus, ainsi qu’entre les membres de la tribu Zand. \n \nEn 1796, la dynastie afcharide fut vaincue par Agha Mohammad Khan des Kadjars (1789-17 juin 1797 après J.-C.), qui fonda le nouvel empire iranien. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"1148 - 1210","date_description_ad":"1736-1796"},"4661d4c8-65dd-53a1-9129-e7b7c6277812":{"name":"Vice-royaume d’Oudh","also_known_as":"","area":"Région d'Awadh, nord de l'Inde actuelle","history":"Le vice-royaume d'Oudh, aussi connu sous le nom d’Oude ou état d'Awadh, se situait dans la région d’Awadh, au nord de l’Inde actuelle. C’était une principauté, ensuite annexée par les Britanniques en 1856 après J.-C. Le nom anglicisé du royaume était Oude. La capitale fut plus tard appelée Lucknow au cours du règne des nawabs au 18e siècle. La cité de Lucknow pré-nawabi était une ville prospère située au sud de la rivière Gomtî, qui accueillait de nombreux bâtiments moghols le long de ses rives. La cité fut la plus riche du royaume à son apogée, du milieu du 18e siècle jusqu’au milieu du 19e siècle. Lucknow devint le centre intellectuel et culturel des Moghols, notamment après la défaite de Delhi contre les Britanniques en 1803. \n \nAu 18e siècle, les nawabs arrivèrent sur le sous-continent indien depuis Nishapur à l’est de la Perse et furent employés à la cour moghole. Le terme nawab signifie émir et a donné naissance au mot “nawabi”. À l’origine, Lucknow fut établie en 1580 après J.-C, lorsque l’empereur moghol Akbar (r. 1556-1605) fonda la province administrative d’Awadh. À cette époque, c’était une province quelconque et un centre commerçant connu pour son agriculture. Mais cela changea lorsque la cité moghole de Delhi fut mise à sac en 1739 par le souverain iranien Nader Chah (r. 1736-1747). Cet évènement conduisit à des vagues migratoires vers la cité à présent prospère de Lucknow. \n \nAwhad vit un afflux d’immigrants pendant le règne de deux nawabs, Shuja al-Daula (r. 1754–1775) et Asaf al-Daula (r. 1775–1797). Une autre vague d’immigration se produisit, résultat de l’occupation de Delhi en 1803 par les troupes britanniques et de leur contrôle politique sur un empire moghol affaibli. Les grands noms de la cour de Delhi migrèrent alors vers Awadh. \n \nIl semble que la période la plus glorieuse de Lucknow fut lorsque la cité était dirigée par les Nawabs. En 1775, la cour d’Awadh fut définitivement déplacée de Faizabad à Lucknow. Elle y demeura jusqu’en 1856, date à laquelle le dernier nawab d’Awadh, Wajid Ali Shah, fut condamné à l’exil et la cité pillée. \n \nLors de la période nawabi, Saadat Khan Burhan al-Mulk (r. 1722-1739), un noble musulman chiite iranien, fut nommé nawab d’Awadh par l’empereur moghol Muhammad Shâh (r. 1719-1748). Pour asseoir son autorité, Saadat Khan dut rallier les barons terriens locaux, appelés shaikhzadas. À la mort de Saadat Khan en 1739, son gendre, Safdar Jung (r. 1739-1754), fut nommé nawad d’Awadh par Muhammad Shâh. Il réussit à repousser plusieurs invasions militaires et fut ainsi promu wazir (chef du gouvernement) de l’empire moghol. Ce fut une période de paix dans l’histoire d’Awadh. \n \nAprès la mort de Safdar Jung en 1754, son fils Shuja al-Daula lui succéda en tant que nawab d’Awadh. Lorsqu'il était député, Shuja al-Daula vivait à Lucknow. Après avoir pris sa fonction de nawab, il continua à vivre à Lucknow, dont il fit sa résidence principale. Il servit également à la cour moghole et fut nommé wazir sous Shah Alam II (r. 1759-1806). La cour et la majorité des ministères retournèrent définitivement à Lucknow en 1775 après l’arrivée au pouvoir du quatrième nawab, Asaf al-Daula (r. 1775-1797). \n \nEntre 1775 et 1856, Lucknow fut annexée par la Compagnie britannique des Indes orientales. Pendant cette période, la cité devint un symbole de luxure et d’extravagance, un lieu d’expression artistique, de mécénat artistique et de construction de bâtiments incroyables. À la fin de cette période, le dernier souverain Wajid Ali Shah fut condamné à l’exil par les Britanniques. \nAsaf al-Daula mourut en 1797. Son fils Wazir Ali Khan lui succéda (r. 1797-1798) mais ne régna que pendant quatre mois avant d’être destitué à cause de ses convictions anti-britanniques. Les Britanniques placèrent sur le trône le jeune demi-frère d’Asaf al-Daula, Saadat Ali Khan (r. 1798–1814), qui fut forcé par les Britanniques à remettre l’autorité politique supérieure d’Awadh ainsi que le contrôle économique de la cour de Lucknow. Saadat Ali Khan fut contraint de céder la moitié du territoire d’Awadh ainsi que les revenus gagnés grâce à ce territoire à l’autorité britannique permanente. Au même moment, Saadat Ali Khan prouva être un architecte remarquable qui transforma le paysage urbain de Lucknow. \n \nÀ Saadat Ali Khan succéda son fils Ghazi al-Din Haidar (r. 1819-1827), officiellement couronné roi d’Awadh. Son fils, Nasir al-Din Haidar (r. 1827–1837), lui succéda à son tour et fut à l’origine de la construction de plusieurs bâtiments, dont l’observatoire royal. Sa mort déclencha une lutte de pouvoir et ce fut finalement le frère de Ghazi al-Din Haidar, Muhammad Ali Shah (r. 1837–1842), qui fut nommé roi et installé sur le trône par les Britanniques. À Muhammad Ali Shah succéda son fils pieux Amjad Ali Shah (r. 1842–1847), qui lui-même fut succédé par son fils Wajid Ali Shah (r. 1847–1856). Ce dernier fut un souverain dépourvu de tout pouvoir politique. De ce fait, il fut à la fois un mécène et un praticien des arts, tels que la musique, la danse et la poésie. Il ordonna la construction de nombreux monuments, le plus majestueux d’entre eux étant le Qaisar Bagh, un gigantesque palais construit entre 1848 et 1852. En 1856, Awadh fut annexée par la Compagnie britannique des Indes orientales. Wajid Ali Shah fut banni à Calcutta, où il continua de vivre en exil jusqu’à sa mort en 1887. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"1234-1274","date_description_ad":"1819-1858"},"4ff94404-b748-5d95-93e3-648f784dd9ba":{"name":"Qing","also_known_as":"","area":"Chine, Taiwan, Tibet et Mongolie, ainsi que des parties d’Asie centrale","history":"La dynastie Qing fut la dernière dynastie impériale de Chine. Ce fut également la dynastie qui régna le plus longtemps, s'étendant sur une période de 1644 à 1912, et ses souverains étaient célèbres pour leurs prouesses militaires. La dynastie fut aussi connue sous le nom de dynastie Mandchoue puisqu’elle fut créée par des Mandchous (clan Aisin Gioro), et la moitié des fonctionnaires royaux étaient Mandchous. \n \nLes fondations de la dynastie Qing furent posées lorsque le peuple Mandchou du nord de la Chine s’unifia contre la dynastie Ming. Un autre groupe se rebella contre la dynastie Ming, les Jürchen, ou les barbares de l’Est. Le groupe était composé de différents clans qui vivaient aux frontières nord-est de l’empire Ming. Les Jürchen arrivèrent au pouvoir dans les années 1580, menés par un homme appelé Nurhaci (aussi connu sous le nom de Nurgaci, 1559-1626), un vassal Ming qui unifia tous les clans mandchous. En 1583, après la mort de son père et de son grand-père, Nurhaci devint, à 24 ans, le pouvoir prédominant dans la région. \n \nÀ la différence des ancêtres des Jürchen et des autres envahisseurs et conquérants, les hommes de Nurhaci n'étaient pas nomades. Leur économie dépendait de l’agriculture, de la chasse et du commerce. En 1616, Nurhaci s’auto-proclama khan (« roi ») de la dynastie Aisin. Dans un document public, il tint pour responsables les souverains Ming de la mort de son père et de son grand-père, dénonçant leurs abus de pouvoir. La dynastie Ming répondit en envoyant un grand nombre de combattants contre lui, mais ce corps expéditionnaire fut vaincu par une confédération pan-Jürchen menée par Nurhaci. \n \nNurhaci mourut en 1626, laissant son huitième fils et héritier, Huang-Taiji (aussi connu sous le nom de Taiji, 1626-43). Huang-Taiji prit le pouvoir en tant que descendant de son grand-père paternel Giocangga. En 1616, Huang-Taiji commença à repousser les militaires Ming de la péninsule du Liaodong. En 1629, il franchit la Muraille de Chine et occupa quatre villes chinoises : Luanzhou, Qian’an, Zunhua et Yongping. En 1636, il établit un gouvernement opérationnel et proclama la formation de la « grande dynastie Qing ». Huang-Taiji mourut le 21 septembre 1643, laissant derrière lui temporairement un pouvoir vacant. Après négociations, il fut décidé que le frère de l’empereur, Dorgon (1612-50), avec le Général Jirgalang (1599-1655), agiraient en tant que co-régents pour le fils de Huang-Taiji, Fulin, alors âgé de 5 ans. Fulin accéda au trône en 1643 en tant qu’empereur Shunzhi (règle de conformité). \n \nDes années 1750 à 1790, l’empereur Qianlong étendit le contrôle des Qing à l'intérieur des territoires d’Asie. À son apogée, l’empire régnait sur la quasi-totalité de la Chine continentale actuelle, comprenant Hainan, Taïwan, la Mongolie, des parties de la Mandchourie et le nord-ouest de la Chine. Les souverains Qing gardèrent leurs coutumes mandchoues et suivaient le bouddhisme tibétain. La dynastie atteignit son apogée au 18e siècle mais se détériora peu à peu à cause de difficultés venant de l’étranger, de révoltes au sein du royaume, de la population grandissante, d’une économie désordonnée et de la corruption. La dynastie Qing fut renversée avec la formation de la République de Chine en 1912. \n \nBibliographie \n• Smith, Richard J., The Qing Dynasty and Traditional Chinese Culture, Washington, DC: Rowman & Littlefield Publishers, 2015. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet \"Explore Islamic Art Collections \".","date_description_ah":"AH 1045–1330","date_description_ad":"AD 1636–1912"},"537cc8f3-d885-58da-9d9f-1aae10f9bbba":{"name":"Période siculo-normande","also_known_as":"","area":"Italie, Sicile","history":"L’île de Sicile, appartenant auparavant à l’Empire Byzantin, subit des attaques, des expéditions militaires et des sièges pendant plus d’un siècle dans ses villes les plus importantes (Palerme, Syracuse), avant de tomber sous un contrôle majoritairement musulman en 902. En 948, un émirat sicilien, sous le commandement d’al-Hasan Ibn ‘Ali Ibn Abi al-Husayn al-Kalbi, souverain nommé par la dynastie fatimide, fut créé. La dynastie kalbite qui suivit établit des règles quant à la coexistence des chrétiens et des musulmans, réorganisant l’administration territoriale en divisant et en redistribuant de grands domaines, et promut les activités de construction et la productions artistique. Les chrétiens étaient autorisés à pratiquer leur religion de façon discrète et non ostentatoire. Ils furent en mesure de conserver leurs propriétés, bien qu’ils étaient sujets à une taxe spéciale sur le patrimoine. \n \nEn 1061, deux chefs militaires normands, Roger de Hauteville et Robert de Hauteville, dit Guiscard, tirèrent profit de la lutte interne entre les souverains musulmans d’Agrigente (Ibn al-Hawwas) et de Catane (Ibn al Thumma), entamant ainsi la reconquête de la Sicile et son retour à la chrétienté. Le Comte Roger obtint le légat apostolique de la part du pape Urbain II, permettant aux descendants de Roger d’obtenir les pleins pouvoirs politiques et le droit de nommer les évêques et archevêques en Sicile. \n \nLe 25 décembre 1130, dans la cathédrale de Palerme, le fils de Roger, Roger II, prit les titres de roi de Sicile, duc d’Apulie et prince de Capoue. Roger II entreprit une politique d’expansion vers l'Afrique du Nord, conquérant Djerba, Mahdia, Sfax et Sousse. Après des expéditions réussies sur la côte adriatique des Balkans, Roger II empêcha également l’Empire Byzantin de restaurer son autorité sur l'île de Sicile et l’Europe de l’Ouest en général. La Sicile devint un royaume puissant et indépendant. Un régime tolérant fut instauré par Roger II en Sicile ; les musulmans étaient libres de se rassembler en petites communautés isolées, préservant leurs habitudes culturelles et pratiquant leur religion dans les mosquées locales. \n \nLa magnificence de l’art et de l’architecture italo-normande - résultat d’une intégration éthique, religieuse et culturelle entre musulmans, grecs et normands - est notamment remarquable dans la ville de Palerme et fut complètement réalisée lors du règne du roi Guillaume II, qui régna jusqu’en 1189. \n \nAprès l’extinction de la ligne d'héritiers mâles du roi Roger II, l’Italie du Sud et la Sicile furent occupées par Henri VI, fils de Frédéric Barberousse, empereur et roi de Germanie. Sa femme, Constance de Hauteville, fille de Roger II, donna naissance en 1194 à Frédéric II, qui hérita ainsi des couronnes de Sicile et du Saint-Empire. Frédéric II, raffiné et cultivé, fut profondément influencé par la culture islamique, malgré les insurrections d’enclaves musulmanes dans l'île. En 1246, les derniers peuplements musulmans furent démolis, et les rebelles musulmans furent déportés à Lucera, en Apulie. \n \nCe profil, compilé par Pier Paolo Racioppi et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet \"Explore Islamic Art Collections \".","date_description_ah":"","date_description_ad":""},"5be23b1b-ff3d-5174-b866-6358dc1299f4":{"name":"Sassanide","also_known_as":"","area":"Perse, Irak, Afghanistan, Anatolie, Jordanie, Bahreïn, Égypte and Syrie (sous domination romaine)","history":"L’empire sassanide fut le second empire persan à régner sur l’Iran (224-651) et un des plus grands et plus puissants empires de la fin de l'Antiquité. La dynastie était connue sous le nom d’Eranshahr (ou « l'Empire iranien »). Ce fut le plus grand empire iranien avant la conquête de l’Iran par les musulmans et une période d’une grande importance et d’une grande signification en Iran. L’Iran sassanide est considéré comme ayant influencé des empires et des civilisations, tels que les Romains, bien au-delà de ses frontières et jusqu'à l’Europe de l’Ouest, l’Afrique, la Chine et l’Inde. \n \nLa dynastie fut fondée par Ardachir Ier, dont le père, Papak, dirigeait une petite ville appelée Khir. Durant son règne, Papak tenta plusieurs fois de conquérir l’Iran, notamment en 205 et 206. Papak se rebella contre les rois locaux dans la patrie des Sassanides. Il avait prévu que son fils, Shapur, devienne le premier souverain sassanide ; cependant, lorsque Shapur mourut dans des circonstances inconnues, Ardachir fut laissé à la conquête du Fars et au-delà. \n \nArdachir nomma son fils, aussi appelé Shapur, co-régent à la suite d’un conflit avec l’empire romain et se retira ensuite dans sa province natale. Selon certains anciens écrits religieux manichéens, le prophète Mani serait apparu pour la première fois pendant le règne de Shapur. Impressionné par le souverain, il écrivit un texte connu sous le nom de « Shabuhragan », au nom de Shapur. \n \nÀ Shapur succéda d’abord Hormizd Ier (270-71), puis Vahram Ier (271-74), mais ceux-ci régnèrent peu de temps et peu de choses sont connues sur eux. Vahram II s’empara du trône après une conspiration avec l’administration impériale. Il était appelé « Roi des Sakas », un titre qui portait la puissance des Sassanides comparé aux peuples de l’Est parlant iranien. \n \nNarseh, le fils de Shapur, fut roi d'Arménie. Le règne de Narseh (293-302) coïncida avec l'arrivée de la chrétienté en Arménie. À la mort de Narseh en 302, son fils, Hormizd II, monta sur le trône. À son tour, son fils lui succéda, Adhur-Narseh, qui régna pendant une courte période en 309. \n \nLe règne de Shapur II fut le plus long de la dynastie des Sassanides. Il est considéré comme un monarque légendaire couronné dans le ventre de sa mère, exactement 40 jours après la mort de son père, Hormizd II. Un autre fils d’Hormizd II, Ardachir II, succèda à son frère Shapur II. \n \nAlors que Shapur II fut considéré comme un monarque légendaire, son successeur, Shapur III, fut un souverain faible et la période de son règne est considérée comme un déclin temporaire du pouvoir royal sassanide. Un autre fils de Shapur II, Vahram IV, régna pendant une courte période (388-99). Vahram IV fut exclu par les nobles de la cour qui lui préférèrent son fils, Yazdgard Ier, qui fut celui qui restaura l’empire sassanide. \n \nÀ Yazdgard Ier succéda son fils, Vahram V (420-38). Le règne de Vahram V fut romancé dans la littérature persane classique dans une collection d’histoires interconnectées appelées « Les Sept Beautés » par le poète Nizami (12e siècle). Les histoires imaginaires du poète ont peut-être été tirées de romans d'époque sassanide. \n \nYazdgard II (438-57) succéda ensuite à son père. Contrairement à son grand-père, il ne tolérait pas la chrétienté, notamment en Arménie. Ses deux fils, Hormizd III (457-59) et Péroz (459-84) ont régné après lui. Péroz est soupçonné d’avoir évincé son frère pour accéder au trône. \n \nLe règne de Péroz fut rapidement suivi par celui de son frère Valash (484-880), qui régna pendant une courte période et fut remplacé par le fils de Peroz, Kavadh Ier (488–97, 499–531). Lors du règne de Kavadh, la dynastie sassanide fit face à une instabilité économique et politique. Kavadh perdit brièvement son trône pour Zamasp (497-99) mais le regagna plus tard avec l’aide des Hephthalites. \n \nLe règne de Khosro Ier Anushiravan (531-79) est considéré comme l'apogée de l’histoire de la dynastie sassanide. \n \n*Xwarrah* ou « gloire » est l’essence de l'idéologie royale iranienne et a été démontrée dans le *Avesta* (livre sacré) ; c’est la condition prérequise pour un règne légitime. Il reconnaît Ahura Mazda comme l’être suprême, le seigneur de la sagesse. Cette gloire peut être donnée ou retirée aux souverains iraniens et aux personnages maléfiques en accord avec le jugement d’Ahura Mazda et d’autres dieux comme Ohrmazd et des divinités comme la déesse de la fertilité, Anahita. Ces dieux sont censés accorder la gloire au *shahanshah* (« roi des rois »). De tels idéaux et idéologies se sont sans doute formés pendant le règne de Khosro Ier comme conséquence à l'intérêt pris par la cour sassanide et la société dans les écritures. À cette période, les contes historiques et les histoires de rois étaient compilés dans le *Khuday-namag* ( « le livre des Seigneurs »). \n \nHormizd IV (579–90) ne régna pas longtemps. Il fut déposé en faveur de son fils, \n \nKhosro II (590-628), qui à son tour fut remplacé par Wahrām Chōbēn, un guerrier connu pour son acte héroïque dans la guerre contre les Hephthalites. Il s'auto proclama empereur et prit le nom de Vahram VI. C'était la première fois que quelqu’un n’appartenant pas à la dynastie sassanide prenait le pouvoir sur le territoire sassanide. Au milieu des années 620, la situation se renversa après une attaque menée par Héraclius, de l’empire romain. En 628, Kavadh II accéda au trône, mais son règne fut court et empreint de chaos et d’une plaie, la plaie de Shiroye. \n \nDurant la dernière partie du règne sassanide, il y eut une désunion à la cour et une montée du factionnalisme. Ardachir III (628-29), le fils de Kavadh II, était un enfant. \n \nIl fut rapidement écarté du trône par un des commandants byzantins, Schahr-Barâz. Cependant, les nobles de la cour n'étaient pas en sa faveur ; ils le révoquèrent et nommèrent Bōrān (628-31), une des filles de Khosro II, qui devint souveraine. Elle fut rapidement remplacée par une autre fille de Khosro II, Azarmedūkht (vers 630-31). Enfin, en 632, Yazdgard III (632-51), petit-fils de Khosro II, fut placé sur le trône. Ce fut pendant le règne de Yazdgard III que l’empire sassanide fut envahi par les musulmans en 637. \n \nBibliographie \n• Daryaee, Touraj, Sasanian Persia. The Rise and Fall of an Empire, London : I. B. Tauris, 2009. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"BH 428–30","date_description_ad":"AD 224–651"},"6e65510a-5080-5ab5-9beb-f1fdf4b4df93":{"name":"Rostémides","also_known_as":"","area":"Maghreb central de Tahert à Tlemcen puis à Sédrata et au M'zab.","history":"Le kharidjisme, schisme à caractère égalitariste, est pour les Maghrébins l'arme politique qui leur a permis de marquer leur opposition à l'orthodoxie sunnite et au despotisme arabe. Les occupants manifestaient un réel mépris envers les nouveaux convertis, les obligeant par exemple à s'acquitter des impôts (*kharadj* et *djizia*, impôt foncier et de capitation) normalement dus par les seuls infidèles. \nEn 143/761, Ibn Rostom (fondateur de la dynastie rostémide) instaure l'imamat kharidjite de Tahert, près de la ville actuelle de Tiaret, au sud-ouest d'Alger. Au même moment, Abou Qorra crée lui aussi un royaume kharidjite aux environs de Tlemcen. En 154/771, ces deux royaumes tiennent le Maghreb central et l'Ifriqiya. Peu après, un Alide nommé Idriss implante à Fès puis à Tlemcen un autre émirat dissident. \nLa dynastie abbasside mettra quinze années à mater la révolte, sans parvenir toutefois à reprendre en main l'ensemble du Maghreb. Le royaume de Tahert se développera tout au long du IIIe/IXe siècle selon les principes de la doctrine ibadite issue du kharidjisme (puritanisme égalitaire, gouvernement théocratique et fièvre religieuse), principes qui n'ont cependant pas empêché l'éclosion d'une civilisation raffinée nourrie par les nombreux arrivants d'Orient, attirés par le rayonnement religieux et intellectuel – mais aussi commercial – de la capitale rostémide. Les Ibadites seront chassés, en 296/909, à l'avènement de la nouvelle dynastie qui apparaît au Maghreb, les Fatimides. Le Sahara sera leur refuge : la seconde capitale rostémide, Sédrata (Isedraten), près de la ville actuelle de Ouargla, a révélé une grande richesse de décors, résultat des différents apports artistiques dont elle a bénéficié. \nÀ nouveau pourchassés, les Ibadites vont créer, à partir de 433/1042, au fond de la vallée du M'zab, à 600 kilomètres au sud d'Alger, cinq villes où leurs descendants mozabites vivent encore aujourd'hui, perpétuant leur doctrine et donnant la pleine mesure de leur génie face à un milieu hostile.","date_description_ah":"161-296","date_description_ad":"778-909"},"82bf75f6-c980-5811-8489-7dca1909cc10":{"name":"Sultanat des Ghorides","also_known_as":"","area":"Ghor, Afghanistan, Khorasan, Inde","history":"La région montagneuse appelée Ghor, correspondant aujourd’hui au centre-ouest de l’Afghanistan, était située à l’est et au sud-est de la ville d’Hérat actuelle et au sud du Gharchistan et du Guzgan. Cependant, la région entière ne pouvant pas être contrôlée par une seule puissance politique, Ghor devint une terre divisée et parsemée de forteresses. Le territoire se composait de plusieurs palais fortifiés et de tours disséminées à travers la région pour la protection de ses habitants. Chaque forteresse exerçait son autorité sur les terres alentour et les sujets qui y vivaient. Dans ces régions, les traditions patriarcales dominaient et avaient des fondements profonds. Ce fut sous le règne de Qutb ad-Din Muhammad (1146–1147 après J.-C.) qu’une partie de Ghor fut désignée comme capitale et prit le nom de Fîrouz-Kôh. \n \nDurant l’ère des Omeyyades (661–750 après J.-C.), plusieurs tentatives furent esquissées pour faire tomber Ghor sous domination musulmane et sous l'influence culturelle islamique subséquente ; mais cela ne se concrétisa pas. Au cours des 10e et 11e siècles après J.-C., ce fut une forme ascétique et piétiste de l'islam sunnite, un mouvement né au Khorassan et très présent à Nishapur sous le nom de Karamiyya, qui prit place à Ghor. Les malik sansabanides, et plus tard au 12e siècle les deux frères Ghiyath al-Din Muhammad et Mu\\`izz ad-Dîn Muhammad, commencèrent à suivre la Karamiyya mais finirent par adopter les écoles de l’acharisme et le chaféisme de l’islam sunnite. \n \nEn 545 de l’hégire/1150 après J.-C., Ala’ ad-Dîn Husayn, un chef du clan sansabanide de Ghor, pilla Ghaznî et détruisit ses monuments ainsi que les tombes de ses souverains. Pendant un siècle et demi, Ghaznî avait été la capitale du sultanat qui avait assujetti le monde islamique oriental. Ce bain de sang se voulait une vengeance de la mort des deux frères d’Ala’ ad-Dîn Husayn, ordonnée par le sultan ghaznévide. Cette invasion eut pour conséquence inattendue l’arrivée des maliks (chefs) ghorides sur la scène politique. Les années suivantes, le peuple de Ghor adopta l’islam et les trois régions principales fusionnèrent : Fîrouz-Kôh (la capitale du clan sansabanide), Djâm et Chisht. \n \nLes Ghorides furent aussi ceux qui établirent les fondations du règne musulman dans la partie nord du souscontinent indien. Les Ghors sansabanides se trouvaient entre les Ghaznévides à l’est et les Seldjoukides d’Iran à l’ouest. Tandis que les Seldjoukides d’Iran s’affaiblissaient et devenaient plus vulnérables, les Ghors gagnèrent en puissance et devinrent les souverains prédominants de la région. En l’espace de cinq décennies, les chefs ghorides prirent le contrôle et modifièrent la configuration politique de la région, afin que leur domination atteignent des territoires de l’est de l’Iran et du Bengale, Ghaznî et l'Hindou Kouch avec la vallée de l'Indus et la plaine gangétique. \n \nLes Ghorides s’élevèrent en une puissance indépendante, et après une période de conflit interne, le sultanat ghoride fut dirigé par le sultan Ghiyath al-Din, fils de Sam, (r. 1163-1203 après J.-C.), un neveu d’Ala’ ad-Dîn Husayn. L’apogée du pouvoir ghoride fut atteint avec le règne des fils de Sam et frères Ghiyath al-Din Muhammad (r. 558-599 de l’hégire/1163-1203 après J.-C.) et Mu’izz al-Din Muhammad (r. 569–602 de l’hégire/AD 1173–1206 après J.-C.). Les deux frères formaient une équipe unie, Ghiyath al-Din supervisant l’expansion du sultanat sansabanide vers l’ouest et Mu\\`izz ud-Dîn Muhammad supervisant l’expansion vers l’est. \n \nLe règne ghoride se développa rapidement et à une échelle remarquable, jusqu’à la mort de Ghiyath al-Din en 1203 après J.-C., et l’assassinat de Mu\\`izz ud-Dîn Muhammad en 1206 après J.-C. En 1175 après J.-C., Ghaznî et Hérat furent à nouveau capturées. En 596 de l’hégire/1200 après J.-C., l’empire ghoride s’étendait jusqu’à la ville de Nishapur, dans l’ouest du Khorassan. En 582 de l’hégire/1186 après J.-C., l’empire ghoride avait atteint Lahore, alors sous le règne des Ghaznévides ; elle fut ensuite capturée et intégrée au sultanat ghoride. Les armées ghorides firent également face aux Rajputs du nord de l’Inde. En 588 de l’hégire/1192 après J.-C., ils formèrent une alliance avec les Chauhans de Shakambari à Taraori, en Haryana. Cette victoire permit aux Ghorides d’étendre leur conquête du nord de l’Inde. \n \nLe sultanat ghoride prit fin avec la mort de Mu\\`izz ud-Dîn Muhammad, tandis que les Khwârazm-Shahs d’Asie centrale conquéraient les territoires occidentaux ghorides et les intégraient à leurs propres domaines. À l'est, les esclaves turques, qui étaient généraux dans l'armée, montèrent en puissance et devinrent un sultanat indépendant à Dehli. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"441 – 611","date_description_ad":"1050 – 1215"},"8ae67819-c139-555b-9a50-3e3aa669d374":{"name":"Ikhchidides","also_known_as":"","area":"Égypte et Bilad al-Cham (Syrie et Palestine)","history":"Après la chute de l’Etat toulounide en 292/905, l’Égypte retourna sous la domination directe des Abbassides, qui nomma successivement 11 walis (gouverneurs) en 30 ans. En 321/923, l’un des généraux de l’armée abbasside en Égypte, Abou Bakr Mohammad bin Tughj, qui était l'un des anciens gouverneurs (wali) d'Amman pendant la période abbasside, parvint à déjouer une tentative d’invasion de l’Égypte par l’armée fatimide. En reconnaissance de son courage, le calife abbasside le nomma gouverneur d’Égypte en 323/935 avec le titre de al-Ikhchid et lui garantit le droit de succession pour sa descendance. Sous son règne, la paix et l’ordre prévalurent en Égypte et en al-Cham. Le règne de la dynastie dura 34 ans. \nEn 334/946 l’Ikhchide Abou Bakr mourut et son fils Abou al-Qasim gouverna jusqu’en 349/960, époque à laquelle son plus jeune frère, Abou al-Hassan, prit le pouvoir pour cinq ans. 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La dynastie des Ghaznévides a été fondée par Subuktugîn en 977-997 après le décès de son beau-père, Alptegîn. Il était fonctionnaire au sein de la dynastie des Samanides, qui s'étendait de Balkh au nord de l’Hindou Kouch dans la région du Grand Khorassan. Ils s'étaient établis dans la partie Est de l’Iran à l'époque où les dynasties telles que les Samanides, les Afrighides, les Khwarezmchahs, les Ziyarides et les Bouyides se détérioraient ou déclinaient. Ce fut lors du règne de Subuktugîn et de son fils Mahmoud que la dynastie des Ghaznévides prospéra. À la mort de Mahmoud en 1030, l’empire comprenait les vastes territoires du monde islamique oriental. Il incluait l’Iran, l’Afghanistan, une grande partie de la région historique de Transoxiane et le nord-ouest du sous-continent indien de 977 à 1186. \n \nLes Ghaznévides turcs étaient habitués à vivre dans les steppes d’Asie centrale. En devenant souverains dans un monde persan, ils durent se familiariser avec la bureaucratie officielle persane et les façons persanes de gérer l’administration, l’organisation militaire et la vie personnelle. Les tribus telles que les Khalajs de Zamindawar, dont les coutumes, la langue et l’apparence étaient turques, survécurent pendant plusieurs siècles avant d’être assujettis par Subuktugîn et intégrés dans son armée. Ils furent un élément essentiel des armées des Ghaznévides, des Ghorides et des Khwarezmchahs et sont les ancêtres des rois Lodi de Delhi (1451-1526). Subuktugîn mourut en 997 et nomma son fils Ismail successeur, mais ce dernier régna peu de temps, vaincu et capturé à la bataille de Ghazni. \n \nSubuktugîn eut un second fils, Mahmoud (997-1030), qui gouverna la dynastie ghaznévide et prit le titre de sultan. Mahmoud passa la majorité de son enfance à aider son père, un fonctionnaire fidèle des Samanides. Lors du règne de Subuktugîn, les frontières de l’empire ghaznévide, qui devaient être maintenues par Mahmoud, furent étendues au sud-ouest jusqu'à Bust et Qusdar, et à l'est vers l’Inde, contre l’empire des rajas Shahis hindous de Waihand. Mahmoud fut le premier souverain indépendant des Ghaznévides ; il n'était pas au service d’une autre dynastie comme les Samanides par exemple. En 998, Mahmoud s’auto proclama souverain de toutes les terres qui étaient détenues par son père. Il est décrit comme un souverain agressif, menant des batailles sanglantes pour étendre son territoire. Il envahit l’Inde de nombreuses fois et était connu pour sa férocité et sa cruauté. Cependant, il a été aussi noté que lors des batailles, il traitait les musulmans de la même façon que les hindous, et un de ses plus importants fonctionnaires était un hindou nommé Tilak. \n \nMahmoud accueillit de grands esprits à sa cour à Ghazni. Il souhaitait que sa cour soit un havre de paix pour les érudits, les poètes et les artistes. Des poètes tels que Ferdowsi, qui a écrit Shâhnâmeh (« Le Livre des Rois »), fit de Ghazni sa maison, tout comme le géographe arabe Al-Bīrūnī. Le sultan Mahmoud mourut le 30 avril 1030. Son mausolée se trouve à Ghazni, en Afghanistan. \n \nBibliographie \n● Bosworth, C.E., Medieval History of Iran Afghanistan and Central Asia, London: Variorum, 1977. \n● Bosworth, C.E., The Ghaznavids, New Delhi: Munshram Manoharial Publishers Pvt. Ltd., 1992. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"AH 366–582","date_description_ad":"AD 977–1186"},"9af0573b-af05-5cd6-9c03-2ae981d63722":{"name":"Hafsides","also_known_as":"","area":"Tunisie, Est algérien","history":"Dépêchés à Tunis par le pouvoir almohade de Marrakech, les Hafsides y maintiendront leur suprématie pendant près de trois siècles et demi (1228-1574). Fondée par les descendants de Abou Hafs Omar ibn Yahia al-Hintati, leur dynastie sera l’une des plus longues du Maghreb, et même du monde arabe. \nLeur histoire mouvementée donnera lieu à des périodes de prospérité et de décadence jusqu’au déclin final, intervenu en 1574 sous les coups portés par les Turcs. Au lendemain de la chute de Mahdia, ils donneront à Tunis le statut de capitale qu’elle gardera jusqu’à nos jours. \nDeux personnalités d’exception ont marqué leur temps : \n\\- L’imam Ibn Arafa, le maître de la renaissance malékite. \n\\- Le penseur Ibn Khaldoun, plus connu par sa *Muqaddima* (Prolégomènes), qui jeta les bases de la philosophie de l’histoire. \nGrands bâtisseurs, les Hafsides dotèrent le pays d’importantes réalisations, parmi lesquelles il faut citer : \n\\- À Tunis : la Casbah, plusieurs *madrasa* – dont al-Chammaiya, la première *madrasa* d’Afrique du Nord –, la mosquée almohade de la Casbah, des travaux à la Grande Mosquée de Tunis, les premiers souks de la ville, les mosquées al-Haoua, al-Zaiytuna al-Barrani, la mosquée d’Abou Muhammad et tant d’autres fondations. \n\\- À l’intérieur du pays, ils portèrent une attention particulière à la Grande Mosquée de Kairouan en consacrant d’importants travaux de consolidation et d’embellissement aux plafonds et à la muraille. On leur doit plusieurs édifices funéraires, dont certains sont encore attestés à Kairouan. Ils ont conduit des travaux de nature militaire en renforçant les fortifications des villes du littoral, notamment celles de Tunis et de Mahdia. On leur doit également la restauration et l’extension de l’aqueduc de Carthage et la fondation de plusieurs ouvrages hydrauliques. \n\\- Leur goût pour la villégiature nous est connu par la fondation de belles demeures royales dont témoigne encore le palais de la Abdaliyya, édifié dans une cité côtière proche de Tunis.","date_description_ah":"625–981 H","date_description_ad":"1228–1574 J.-C."},"9edc1c13-a45a-5e4f-b590-717688101260":{"name":"Abbassides","also_known_as":"","area":"Ifriqiya [Tunisie], Jordanie, Égypte, Afrique du Nord, Irak","history":"L’ère abbasside est considérée comme l’âge d’or de la civilisation islamique. Les Abbassides surent asseoir leur suprématie en épousant la cause des non-Arabes qui avaient été injustement traités par les Omeyyades et qui, sous la bannière du rebelle Abi Mulsim Al-Khourasani, avaient réussi à les repousser en 132/750 – la même année, les Abbassides devenaient les califes de l’empire islamique. \nLes confins de l’empire furent stabilisés et renforcés par le calife al-Mansour (754-775), qui limita le monopole des Arabes sur les institutions politiques et économiques de l’État et favorisa l’égalité entre les différents groupes de la société abbasside. La construction de la nouvelle capitale, Bagdad, fut achevée en 766. \nLa période abbasside fut à son apogée pendant le règne du calife Haroun al-Rachid (786-809), qui parvint à la paix avec Byzance et échangea des ambassades avec Charlemagne, puis de al-Mamoun (813-833), al-Mouatassim (833-842) et al-Wathiq (842-847). La nouvelle prospérité issue du passage d’une économie agraire à une économie du commerce permit de réduire les inégalités sociales entre les communautés arabes et non-arabes et favorisa le développement de nombreux artisanats : verre, poteries, textiles, etc., exportés par les vieilles routes du commerce de la Chine à l’Afrique subsaharienne. L’enseignement fut encouragé, et les textes phares des civilisations grecque, persane et indienne furent traduits en arabe. Nombre de grands érudits honorèrent toutes les disciplines – philosophie (al-Kindi et al-Farabi), astronomie, mathématiques (al-Khawarizmi), médecine (al-Razi), physique et chimie (Ibn Sina) –, et leurs contributions influencèrent l’ensemble de la science médiévale. \nMais la puissance abbasside commença à décliner au cours du XIe siècle, et plusieurs provinces en vinrent à prendre leur autonomie. Les Fatimides (909-1171) établirent un califat rival en Égypte et en Syrie, et Tughralbek, issu des régiments turcs de l’armée abbasside, prit le contrôle de Bagdad, leur propre siège, en 447/1055. Le coup fatal fut porté à la dynastie abbasside par les Mongols, qui fondirent sur le Moyen-Orient et s’emparèrent de Bagdad en 656/1258.","date_description_ah":"132-656 H","date_description_ad":"750-1258 J.-C."},"a999b9e1-b986-5792-8f1c-7764cd952822":{"name":"Mérinides et Ouattassides","also_known_as":"","area":"Maroc et Maghreb centrale. Capitale : Fès","history":"\\- Après un siècle d’éclat, le pouvoir almohade se trouve fragilisé par les luttes intestines, puis se disloque avec la perte du contrôle des routes sahariennes, la conquête du Maghreb central par les Hafsides de Tunis et les avancées de la Reconquista en Espagne. \n\\- C’est dans ce contexte que Fès est prise par les Mérinides (Banu Marin), nomades zénètes originaires du Maroc oriental. \n\\- Ils s’efforcent de rétablir à leur profit l’unité du Maghreb (prise de Tunis, 1347). Auparavant, Abou Youssef Yacoub, premier sultan mérinide, traverse à plusieurs reprises le détroit de Gibraltar, ralentit quelque peu la progression des chrétiens et contribue à sauver Grenade. \n\\- Durant un siècle et demi, le Maroc connaît une brillante période, caractérisée par le développement des arts et de la culture, la construction de nombreuses mosquées et *madrasa*, ainsi que la création d’une nouvelle capitale : Fès el-Jedid (1276). \n\\- Après la période d’éclat mérinide, l’épidémie de peste noire (1348) et la rébellion de Tlemcen et de Tunis marquent le déclin de la dynastie, qui ne parvient pas à refouler les Espagnols et les Portugais. \n\\- Les Ouattassides (Banu Ouattas), famille vizirienne héritière des Mérinides, se font d’abord proclamer régents du royaume avant de prendre le pouvoir en tant que souverains. \n\\- Mais le pays s’enfonce dans une grave crise économique alors que la chute de Grenade, dernier royaume musulman d’Espagne, et le déferlement des expulsés andalous augmentent la frustration populaire et la contestation religieuse. \nAu début du XVIe siècle, le Maroc sombre dans l’anarchie et entre dans un cycle d’immobilisme et d’affaiblissement : les Portugais s’emparent de Tanger (1471) et occupent Safi, Azemmour, Mazagan et Agadir, alors que les Espagnols s’établissent à Millilla.","date_description_ah":"Les Mérinides : 667–868 H et les Ouattassides : 869–955 H","date_description_ad":"Les Mérinides : 1269–1464 J.-C. et les Ouattassides : 1465–1549 J.-C."},"ab22ae48-7fde-5229-a684-189558585904":{"name":"Nasrides","also_known_as":"Banu'l-Ahmar","area":"Grenade","history":"\\- Après le retour au Maroc du calife almohade al-Mamoun, intronisé à Séville en 1227, un membre de la famille vizirienne des Banu al-Ahmar, Muhammad b. Youssouf b. Nasr, se proclame roi en 1230, fondant la dynastie nasride qui régnera à Grenade jusqu’en 1492. \n\\- Il se maintient au pouvoir en payant un tribut annuel au roi de Castille, et assiste passivement à la progression fulgurante de la Reconquista chrétienne : reddition de Cordoue (1236), Jaén et Arjona (1246), Séville (1248). \n\\- Au prix d’intrigues, de compromissions et aussi grâce au soutien militaire épisodique des Mérinides, les Nasrides vont connaître un véritable âge d’or, dont les fleurons sont l’Alhambra et le Généralife. \n\\- Cette embellie durera jusqu’en 1482, quand Boabdil (Abou Abdillah) renverse son père mais ne parvient pas à contenir la Reconquista : chutes de Málaga (1487), de Baeza, Almería (1489) et d’autres places encore. \n\\- Il finit lui-même par capituler, et les Rois catholiques font leur entrée dans Grenade le 2 janvier 1492, mettant un terme à cette épopée nommée “al-Andalus”. \n\\- L’existence d’al-Andalus en tant qu’entité politique musulmane aura donc duré près de huit siècles, mais la Reconquista, qui avait débuté dès 722 (bataille de Pélage) durera, elle, près de neuf siècles, puisqu’elle se prolongera jusqu’en 1610 avec des vagues successives d’expulsions de “Moriscos”. \n\\- Cependant, si al-Andalus cesse d’exister politiquement, son rayonnement culturel et artistique se perpétue, en Espagne même avec l’art mudéjar qui y influencera l’architecture jusqu’au XVIIIe siècle, et au Maroc avec l’architecture et l’artisanat hispano-mauresques qui ont su allier les caractéristiques de l’art hispano-wisigothique aux apports de l’Orient musulman et de la Berbérie, et qui sont demeurés vivaces à travers les dynasties chérifiennes.","date_description_ah":"637–897 H","date_description_ad":"1240–1492 J.-C."},"ae0a9357-5677-574c-9907-fc35f3eeecd8":{"name":"Seldjoukides syriens","also_known_as":"Seldjoukides de Syrie","area":"La Syrie","history":"L’État seldjoukide en Syrie fut fondé sur les terres de Syrie et dans la région incluant Jérusalem en 471/1079 par Tutuch Ier, le frère du sultan grand-seldjoukide Malik Chah. Sa capitale était Damas. \nSüleyman Chah, le sultan des Seldjoukides d’Anatolie, prit Antakya (l’ancien Antioche sur l’Orontes) et étendit son territoire jusqu’aux abords d’Alep, ce qui aboutit à une bataille entre les Seldjoukides de Syrie et les Seldjoukides d’Anatolie en 479/1086. Cette bataille s’acheva sur la victoire de Tutuch et la mort de Süleyman Chah. Après la mort de Malik Chah, le sultan grand-seldjoukide, Tutuch s’opposa à Berk Yaruq dans la lutte pour la succession au trône de l’empire grand-seldjoukide. À la mort de Tutuch en 487/1095, les Seldjoukides de Syrie se scindèrent en deux. L’un des fils, Duqaq, proclama son indépendance à Damas, tandis que l’autre fils, Ridwan, en fit de même à Alep. \nLes deux lignées de Seldjoukides de Syrie fondées à Damas et Alep furent de courte durée, du fait des luttes pour l’hégémonie entre les deux frères. Les croisades et les batailles avec les Fatimides les empêchèrent également de se maintenirau pouvoir. La branche de Damas se dispersa après la mort de Malik Duqaq en 497/1104, tandis que celle d’Alep perdit de sa puissance après la mort de Malik Ridwan en 505/1111 et prit fin en 1118 lorsque Necmeddin Ilgazi (Najm al-Din Il Ghazi), le dirigeant artukide, conquit Alep.","date_description_ah":"471-512 H","date_description_ad":"1079-1118 J.-C."},"b372ff12-6d26-5b7b-84e0-c0679b12cfbb":{"name":"Omeyyades","also_known_as":"Omeyyades d’Orient","area":"Syrie, Asie mineure, Égypte, Afrique du Nord, Irak, Iran, Asie centrale, péninsule Ibérique","history":"\\- Fondée en 41 H / 661 J.-C. par Mu’awiya ibn Abi Sufyan, de la famille des Bani Umayya, la dynastie omeyyade fut la première dynastie islamique après la mort du prophète Muhammad et les califes qui lui succédèrent en 11 H / 632 J.-C. Ses plus importants califes furent Mu’awiya, Abd al-Malik et Hicham. Sous al-Walid Ier (86-96 H / 705-715 J.-C.), les conquêtes militaires progressèrent jusqu’en Espagne et en Europe centrale. À l’est, le royaume omeyyade s’étendit jusqu’à la Transoxiane et l’Inde du Nord. En 132 H / 750 J.-C. la dynastie omeyyade fut renversée par les Abbassides. \n\\- Pendant le califat omeyyade, de nombreuses attaques contre Constantinople et les confins de l’empire Byzantin échouèrent. En Espagne, les Wisigoths sont vaincus en 711, mais la progression musulmane en Europe centrale est arrêtée en 114 H / 732 J.-C. par Charles Martel à la bataille dite de Poitiers. \n\\- C’est à la dynastie omeyyade, dont les rangs familiaux ont donné d’éminentes personnalités au califat, que l’on doit l’idée de l’hérédité du pouvoir en islam. \n\\- Avec le règne des Omeyyades, le centre du pouvoir politique islamique se déplaça de Médine (péninsule Arabique) en Syrie, et Damas devint la nouvelle capitale du califat. Ce changement entraîna des répercussions tant politiques que culturelles. \n\\- Empruntant à la fois aux Byzantins et aux Sassanides des pratiques administratives élaborées, les califes omeyyades furent des administrateurs de talent, capables de contrôler le premier empire islamique, dont le territoire fut considérablement étendu grâce à leurs conquêtes militaires. \n\\- Mais des tensions sociales se manifestèrent rapidement chez des convertis non arabes, qui, contrairement aux règles de l’islam, ne jouissaient pas des même droits que les Arabes. Des rébellions en Jordanie du Sud, en Irak et dans l’est de l’Iran conduisirent à la lente extinction de la dynastie. \n\\- Les Omeyyades furent des constructeurs dynamiques. 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Se considérant comme les successeurs des Seldjoukides d’Anatolie, ils occupèrent les régions de Konya, Nigde et Içel lorsque les Ilkhanides furent repoussés d’Anatolie. \nAvec l’aide d’autres émirats turcmènes de la région, les Karamanides combattirent l’empire ottoman (fondé en 1299) pendant de longues années pour faire barrage à son extension en Anatolie. \nL’émirat, qui fut conquis en 1398 par le sultan ottoman Bayézid II (791-804/1389-1402), fut rétabli après la bataille d’Ankara en 804/1402. L’émirat karamanide, connu pour être le second plus long émirat turcmène en Anatolie après les Ottomans, fut définitivement conduit à sa fin par le sultan Bayézid II en 892/1487.","date_description_ah":"648-892 H","date_description_ad":"1250-1487 J.-C."},"b812e3d9-24d7-5ef1-bfc7-8031d0fa5144":{"name":"Ayyoubides","also_known_as":"","area":"Égypte, Syrie , Sud-Est anatolien , al-Djazira , Yémen","history":"En 1055, les événements consécutifs à l’entrée du chef des Turcs Seldjoukides dans Bagdad allaient aboutir aux Croisades et à l’invasion de Jérusalem en 1099, mais le pouvoir Seldjoukide n’en devenait pas moins la plus grande puissance musulmane du moment. \nAu cours du XIe siècle, face aux conflits entre Turcs seldjoukides et Fatimides, les Seldjoukides recrutent des commandants militaires, les atabegs, comme gouverneurs régionaux. En 1076, l’Atabeg Atsiz enlève Damas aux Fatimides. Au XIIe siècle, la puissante dynastie zenguide réunifie la Syrie. Nur al-Din conquiert Damas en 1154, son lieutenant Saladin détruit le califat fatimide en 1171 et met fin à la mainmise latine sur Jérusalem en 1187. \nLes Atabegs et les Ayyoubides introduisent dans leur royaume des changements considérables, édifiant quantité de *madrasa* pour la rééducation orthodoxe de leurs sujets. Déployant une activité constructrice sans précédent, la période seldjoukide est une véritable renaissance pour Alep et Damas (reconstruction de la Grande Mosquée, fondation de la Citadelle, de mosquées, hammams, madrasas, turbés, khanqahs, ribats). Les princes zenguides et ayyoubides chassent les Croisés d’Édesse (Urfa) en 1146 et confortent leur domination sur la région avec la conquête de l’Égypte en 1171. \nAu milieu du XIIe siècle, sous Nur al-Din et ses successeurs ayyoubides, Damas redevient un centre majeur du monde musulman et connaît dans tous les domaines un essor spectaculaire. Capitale d’un État indépendant, la ville se pare de toutes les caractéristiques d’une grande cité. \nDu XIe au XIIIe siècle, différents facteurs favorisent le développement des arts et des activités urbaines. Artukides, Zenguides, Seldjoukides de Rum et Ayyoubides imposent la marque de leur inventivité sur tous les supports – poterie, travail du métal, art du livre, architecture. Des formes sobres et classiques de l’architecture ayyoubide aux brillantes expressions des arts décoratifs, une production artistique de haute qualité symbolise cette période déterminante, qui revêt la même importance pour la Syrie que la période mamelouke pour l’Égypte, ou ottomane pour la Turquie.","date_description_ah":"564-fin du IXe siècle de l'Hégire","date_description_ad":"1169-fin du XVe siècle J.-C."},"b866c59b-f81b-5655-972c-c4ac569b959e":{"name":"Moghole","also_known_as":"","area":"Agra (1526–1540; 1555–1571; 1598–1648) \nFatehpur Sikri (1571–1585) \nLahore (1586–1598) \nShahjahanabad, Delhi (1648–1857)","history":"Dans le langage perso-arabe, le terme moghol signifie « Mongol » ou les « Mongols ». Babur, le fondateur de la dynastie moghole, souverain de 1526 à 1530, était de descendance timouride-mongole. Par son père, il était le descendant du seigneur de guerre Timour, ou Tamerlan, un guerrier valeureux de la fin du 14e siècle et début du 15e ; et par sa mère, il était le descendant de Gengis Khan. Babur conquit un large territoire, s'étendant de l’Asie centrale jusqu’aux côtes méditerranéennes. \n \nÀ la fin du 15e siècle, les Moghols avaient commencé à patronner les arts, commandant l'utilisation d’une architecture imposante et faisant de grands manuscrits enluminés. Ils étaient considérés comme raffinés et sophistiqués. En 1526, à la bataille de Panipat, Babur remporta une large victoire ; il conquit le nord de l’Inde jusqu'à la plaine indo-gangétique après une lutte contre les Afghans, le sultan Lodi de Dehli et les Rajputs menés par Rana Sanga de Mewar. Pour légitimer son règne, Babur fit construire trois mosquées. \n \nBabur mourut en 1530 et fut remplacé par son fils, Humâyûn, qui hérita d’un territoire qui devait être consolidé. Après avoir été vaincu par le chef des Afghans de Bihar, Sher Shâh Sûrî, Humâyûn fut conduit devant la cour persane du souverain iranien-safavide, le Shah Tahmasp Ier. Avec l’aide de l’empereur persan, il reconquit le nord de l’Inde en 1555. Il mourut en 1556 à Delhi. \n \nLe fils de Humâyûn, Akbar, accéda au trône à l'âge de 12 ans, et régna pendant près de 50 ans (1556-1605). Akbar est considéré comme un souverain très important dans la dynastie moghole. Ses nombreuses réussites furent significatives : il posa les fondations solides pour la souveraineté moghole, créa des politiques inclusives et adopta une attitude tolérante envers les non-musulmans. Cette méthode de gouvernance fit de lui un souverain amical et créa un état purement syncrétique. \n \nAu moment de la mort d’Akbar en 1605, celui-ci avait alors bâti un empire solide qui allait prospérer sous le règne de son fils, Jahângîr, et de son petit-fils, Shâh Jahân. Jahângîr suivit les pratiques qu’Akbar avait commencé lors de son règne. Il accéda au trône en 1602 après une dispute avec son père et en orchestrant la mort du conseiller proche d’Akbar, Abul al-Fazl, dont il pensait qu’il était contre la succession par Jahângîr. En 1611, il épousa Nûr Jahân. Elle était puissante, intelligente, et prit les rênes du pouvoir lorsque Jahângîr tomba malade. \n \nDans sa dernière phase, l’empire moghol fut dirigé par Nûr Jahân et sa famille. Un de ces souverains fut le prince Khurram, connu par la suite sous le nom de Shâh Jahân, un stratège militaire reconnu. Il fut responsable de la victoire de Jahângîr pendant son règne. En 1614, il mena une campagne contre le fort Sisodiya Rajput de Chittorgarh et força Rana Amar Singh à se rendre. Jahângîr fut ravi de cette victoire et considéra Khurram comme héritier présomptif. \n \nSous le règne du Shâh Jahân, l’empire moghol fut prospère, riche et reconnu dans le monde entier. Pendant les douze premières années de son règne, le Shâh Jahân mena plusieurs campagnes militaires dans le but de soumettre des souverains insoumis. Au même moment, il conquit le territoire à l’est de l’Inde, Sind, et au nord-ouest. En 1636, il fit une percée dans sa campagne pour accroître son extension territoire dans le Deccan. Les Moghols signèrent un traité avec deux dynasties du Deccan, le Shâh Adil de Bijapur et les Shâhs Qutb de Golkonda. Ceci offrit vingt ans de coexistence pacifique entre les Moghols et les sultanats du Deccan. \n \nEn 1658, le fils du Shâh Jahân, Aurangzeb, régna sur l’empire moghol de 1658 à 1707. Il devint le chef victorieux après une bataille pour la succession au cours de laquelle deux de ses frères furent tués, un autre fut exilé à Burma et son père fut emprisonné. Il régna pendant 49 ans. Il est connu sous le nom d’Âlamgir (Conquérant du monde). Sa plus belle réussite fut d'étendre le territoire moghol jusqu’au Deccan. Il asservit les sultans du Deccan et étendit ainsi massivement l’empire. \n \nAurangzeb est considéré comme un musulman orthodoxe qui s’est libéré des traditions libérales de ses prédécesseurs. Contrairement à l'image qui a été peinte, Aurangzeb était un souverain indien qui s'efforça tout au long de sa vie de préserver et d’agrandir l’empire moghol, de gagner du pouvoir politique et de régner selon sa propre vision de la justice. \n \nLa cour des successeurs moghols était connue pour sa culture hautement aristocratique. Ces souverains apprécient les divertissements offerts par la poésie et la musique, commandaient des peintures et d'objets miniatures, et soutenaient la construction d’une architecture monumentale pour la cour impériale moghole. \n \nCependant, de 1707 à 1857, la dynastie moghole connut une période de déclin. La mort d’Aurangzeb amena beaucoup de troubles, les courtisans rivalisant les uns contre les autres pour le pouvoir. Bahâdur Shâh Ier (1643–1712) tenta de modifier les politiques religieuses de la cour et de réformer son administration. Après sa mort en 1712, l’empire fut impliqué dans des querelles pour désigner le prochain successeur. Ce fut finalement le 20e souverain de la dynastie moghole, Bahâdur Shâh Zafar ou Bahâdur Shâh II (1837–57) qui lui succéda. Néanmoins, le dernier empereur moghol n’avait plus de pouvoir sur le royaume, il n'était empereur que de titre. Tout au long du 18e siècle, le nord de l’inde fut à la merci de pouvoirs autochtones et étrangers. L'arrivée de la Compagnie britannique des Indes orientales marqua la fin du règne moghol. À cette époque, l’empire moghol n’existait plus que de nom, tandis que la Compagnie britannique des Indes orientales gouvernait l’empire. \n \nBibliographie \n● Asher, Catherine B. and Talbot, Cynthia, India before Europe, UK : Cambridge University Press, 2006. \n● Koch, Ebba, Mughal Architecture, UK : Oxford University Press, 1991. \n● Richards, John F., Gordon Johnson, The Mughal Empire, UK : Cambridge University Press, 1993. \n● Truschke, Audrey, Aurangzeb : the Man and the Myth, India: Penguin Random House India Pvt. Ltd, 2018. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"","date_description_ad":""},"b93781fb-c7f0-5e7a-be03-24236c8c8b9d":{"name":"Idrissides","also_known_as":"","area":"Maroc. Capitale : Oualili puis Fès","history":"Selon le même scénario que pour al-Andalus, un chef alide, Idriss b. Abdallah, fuyant la répression abbasside, se réfugie au Maroc et s'installe à Oualili (la Volubilis romaine). \n\\- Il est proclamé imam par la population avant d'être assassiné par un espion du calife Haroun al-Rachid (791). \n\\- Son fils Idriss II entreprend d'édifier un État centralisé, avec sa capitale (Fès), sa monnaie et son armée. \n\\- Ses successeurs, en se partageant le royaume, contribuent à son affaiblissement, mais poursuivent avec succès l'islamisation du pays. \nL'affaiblissement des Idrissides favorise les interventions étrangères et Fès est placée tantôt dans le giron des Fatimides d'Ifriqya, tantôt dans celui des Omeyyades d'al-Andalus.","date_description_ah":"169–304 H","date_description_ad":"786–917 J.-C."},"b9f45d10-d71e-5257-ae76-2101795443e2":{"name":"Samanide","also_known_as":"","area":"Transoxiane - aujourd’hui Ouzbékistan, Tadjikistan, sud du Kirghizistan et sud-ouest du Kazakhstan. Khorassan (Iran) et Afghanistan.","history":"L’Empire samanide (819-999), aussi connu sous le nom d'Émirat Samanide, était au cœur de la région historique de la Transoxiane et du Khorassan. Il comprenait l’Afghanistan actuel, une grande partie de l’Iran, du Turkménistan, de l’Ouzbékistan, du Kirghizistan, du Tadjikistan et des parties du Kazakhstan et du Pakistan. La dynastie samanide, dont les fondateurs étaient originaires de la région de Sogdiane, régna sur la Transoxiane pendant deux siècles. Ils revendiquaient leur descendance du héros sassanide Bahram Chobin, et furent nommés par les Abbassides pour régner sur certaines régions de la Transoxiane. \n \nLes quatre petits-fils du fondateur de la dynastie, Saman Khoda, reçurent des provinces en récompense pour leurs loyaux services au Calife abbasside Al-Ma'mûn. Nuh reçut Samarcande ; Ahmad, Ferghana ; Yahya, Shash ; et Elyas, Hérat. Le fils d’Ahmad, Nasr, devint le souverain de la Transoxiane en 875, mais ce fut son frère et successeur, Ismail I (892-907), qui renversa les Saffarides au Khorassan (900) et les Zaydites du Tabaristan, établissant ainsi un règne semi-autonome sur la Transoxiane et le Khorassan, choisissant Boukhara comme capitale. \n \nIsmail conquit de nombreuses régions et son royaume s'étendait ainsi sur toutes les régions qui comprennent aujourd’hui l’Asie centrale, l’Afghanistan et l’est de l’Iran. Ismail était non seulement un politicien fort et capable, mais aussi un souverain juste qui apporta des changements positifs, en réduisant par exemple la lourde imposition et en confisquant les terres illégalement détenues. Son fort régime politique assura la sécurité de ses terres en Transoxiane et de sa capitale, Boukhara. Le successeur d’Ismail, Nasr II, ne fut cependant pas capable de régner comme son prédécesseur. Sous la contrainte de la garde turque, il dût partir, celle-ci devint souveraine à la cour et avec l’aide des Qarakhanides, mit fin au règne des Samanides en 999. \n \nSous le règne des Samanides, la stabilité à travers l’empire permit de mener à bien de nombreux progrès en termes de commerce, d’agriculture, d’architecture, de construction, de monnaie, de textiles et de travail du métal. En outre, les Samanides étaient les protecteurs de la poésie et de la littérature. La nouvelle poésie et littérature persane était produite et appréciée, posant les fondations de la littérature persane moderne. Ce fut dans le monde des Samanides que fut écrit le premier Shâhnâmeh, que les savoirs arabes furent traduits en persan, et que Roudaki et Daqiqi composèrent leurs odes. À ce moment-là, la langue persane avait acquis un « haut » statut. Par conséquent, elle commença à être parlée à la cour et les commandes de prose et de poésies persanes augmentèrent. \n \nBibliographie \n● Herzig, Edward and Stewart, Sarah (eds), The Idea of Iran, vol. 5 : Early Islamic Iran, London: I. B. Tauris, 2012. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"AH 204–395","date_description_ad":"AD 819–1005"},"c5abff43-0a64-5d3e-a98d-f36a6d133d0e":{"name":"Zand","also_known_as":"","area":"L'Iran","history":"La dynastie Zand a régné sur la majorité de la Perse depuis sa capitale, Chiraz, depuis la chute des Afcharides (1148-1210/1736-1796) jusqu’à l’établissement de la dynastie Kadjar par Agha Mohammad Khan (souverain de 1779 à 1797). \n \nLe fondateur de la dynastie, Karim Khan Zand (1164-1193/1751-1779), aussi connu sous le nom de Wakil-al-Dowla (régent de l’État), appartenait à la tribu Zand, une tribu pastorale issue de la branche Lak des Lors. Ils avaient établi leurs quartiers d’hiver dans les plaines d’Hamadan et leurs pastures d’été sur les versants des monts Zagros, au nord de Kermanchah, à l’ouest de la Perse. Lui, ainsi que la majorité de sa tribu, fut déporté au Khorassan en 1144/1732 par Nader Chah, fondateur de la dynastie Afcharide, où ils servirent dans l’armée. Peu après l’assassinat de Nader en 1160/1747, Karim Khan ramena son peuple dans leur région, et s’empara de la ville d’Ispahan en 1163/1750. Suite à ces évènements, il installa sur le trône un souverain fantoche, Ismaïl III (qui régna de 1750 à 1765). Après avoir vaincu trois autres aspirants au pouvoir, il apaisa la majorité de la Perse centrale et de l'Ouest, depuis le littoral caspien jusqu’à l’Azerbaïdjan, la ville de Kerman et les régions au nord du Golf Persique. Il régna depuis Chiraz à partir de 1179/1765 et jusqu’à sa mort en 1193/1779. \n \nJamais, au cours de sa vie, Karim Khan n’adopta le titre de roi (Chah), et fut connu comme le Wakil (régent). Plus tard, il devint célèbre sous le nom de Wakil-al-raaya (le régent des paysans). Lorsque son souverain fantoche safavide, Ismaïl III, mourut avant lui en 1187/1773, le semblant d’une résurrection de l’autorité safavide fut discrètement abandonnée. En son temps, Karim Khan ne tenta pas de récupérer le Khorassan afsharide, qui devint tributaire du souverain afghan Ahmad Chah Durrani (qui régna de 1747 à 1773). \n \nKarim Khan consacra ses efforts à redonner vie au commerce et à l’agriculture dans la province de Fars et dans la Perse de l’Ouest. Pour y parvenir, il reconstruisit Chiraz, négocia des accords commerciaux avec la Compagnie des Indes orientales à Bouchehr, et entre 1775 et 1779, il assiégea et occupa Bassorah, en Irak ottoman. Il ne se soumit jamais complètement aux Kadjars d’Astarabad, et à sa mort, Agha Mohammad Khan, son otage depuis seize ans, s’échappa de Chiraz et commença à consolider le pouvoir kadjar au nord de la Perse. \n \nDe Sadeq Khan Zand à Djafar Khan Zand (1193-1204/1779-1789), aucun des cinq successeurs de Karim Khan ne prit officiellement le titre de “régent” (Wakil), ni le titre de “Chah”. Les trois premiers successeurs régnèrent comme les fils de Karim Khan, tandis que le deux suivants furent seulement appelés “Khan”; bien que les observateurs européens les appelaient souvent les “rois”. Karim Khan s’attendait probablement à ce que son jeune frère, Sadeq Khan, un lieutenant compétent, lui succède, puisque ses deux fils adultes, Abolfath Khan Zand (l’aîné) et Mohammad Ali Khan, furent déclarés inaptes à régner. Cependant, au moment de la mort de Karim, Sadeq Khan administrait alors la ville de Bassorah et ne put revenir à temps pour devancer ses rivaux parmi les Khan Zand au pouvoir. Profitant de la confusion, le demi-frère de Karim Khan, Zaki Khan, proclama ostensiblement le fils de Karim Khan, et son propre beau-fils, Mohammad Ali Khan, souverains. Zaki Khan menaça de représailles à plusieurs reprises les familles de l’armée de Sadeq Khan, et ainsi, à son arrivée à Chiraz, Sadeq fut abandonné par son armée et prit la fuite pour Bam, dans la province de Kerman. \n \nEn 1779, Zaki Khan ordonna à son neveu, Alimorad Khan Zand (un des prochains souverains Zand), de poursuivre Agha Mohammad Khan, qui avait fui Chiraz pour se réfugier au Mazandéran. Malheureusement pour Zaki Khan, Alimorad Khan se rebella à Ispahan au nom d’Abolfath Khan, le fils aîné de Karim. Lors de sa marche contre lui, Zaki Khan commit de telles atrocités dans le village d’Izadkhvast que ses propres hommes se mutinèrent et l’assassinèrent. Sadeq Khan vit alors son retour possible, ainsi que l’occupation de Chiraz, tout en restant opposé à Alimorad Khan. Ce dernier fut rejoint par le plus jeune fils de Zaki Khan, Akbar Khan Zand, et après un siège éreintant de huit mois, Chiraz tomba en février 1781. Sur ordre d’Alimorad Khan, Akbar Khan tua les deux fils survivants de Karim Khan (Abolfath Khan Zand et Mohammad Ali Khan). Il tua aussi Sadeq Khan et ses fils, à l’exception de Djafar Khan, qui avait conclu un pacte en privé avec Alimorad Khan. Cependant, Alimorad Khan se méfia rapidement des ambitions d’Akbar Khan et galvanisa ainsi Djafar Khan à venger son père et ses frères, en tuant Akbar Khan en 1782. \n \nÀ ce moment-là, Alimorad Khan (souverain de 1781 à 1785), face à la résurgence du pouvoir Kadjar, établit stratégiquement sa capitale à Ispahan. Il mena une campagne acharnée dans la région du Mazandéran, mais Djafar profita de son absence pour marcher sur Ispahan. Se hâtant de revenir défendre sa capitale, mais malade, en plein hiver, Alimorad mourut en février 1785. Son règne, qui vit la dynastie Zand renoncer à la Perse au nord d’Ispahan, peut être vu comme le moment décisif entre les dynasties Zand et Kadjar. \n \nDjafar Khan (souverain de 1785 à 1789), grâce à son courageux fils Lotf Ali Khan, prit Lar (dans la région de Fars), la province de Kerman, et occupa à nouveau Ispahan, mais il fut chassé par deux fois par Agha Mohammad Khan Kadjar et dut retourner à Chiraz. Sa perfidie à l’égard de ses propres partisans provoqua une mutinerie, menée par Seid Morad Khan Zand, le cousin d’Alimorad ; mutinerie pendant laquelle Djafar fut tué. Seid Morad Khan Zand envoya alors une armée menée par son frère, Chah-Morad, contre le fils de Djafar Khan, Lotf Ali Khan, qui se trouvait alors dans la province de Kerman. Cependant, ces troupes se mutinèrent et Lotf Ali Khan réussit à retourner à Chiraz, qui avait été sécurisée par le maire juif de la ville, Ebrahim Khan Kalantar (1745-1800). \n \nLotf Ali Khan (1204-1209/1789-1794) fut le seul, parmi les successeurs de Karim Khan, à être admiré pour son courage et son intégrité. Après avoir repris Chiraz aux mains des mutins, il parvint à la défendre contre un assaut violent des Kadjars. Sa chute fut précipitée par la défiance mutuelle entre lui et Haji Ebrahim Khan Kalantar. En route pour attaquer Ispahan en 1201/1791, Lotf Ali Khan fut abandonné par la majorité de son armée, sur invitation du frère d’Haji Ebrahim, alors commandant d’infanterie, et à son retour précipité vers Chiraz, il trouva la ville aux mains d’Haji Ebrahim. Bien que la ville de Bouchehr refusa de l’aider, le leader des Zands, avec les quelques troupes qui lui étaient encore loyales et grâce à quelques contributions arabes, se bâtit contre l’avancée des Kadjars sur Chiraz. Cette tentative fut encore plus difficile car Ebrahim avait déjà offert de capituler et de rendre Chiraz à Agha Mohammad Khan. Finalement, ce dernier entra dans Chiraz en 1206/1792. Haji Ebrahim devint plus tard le premier grand vizir (Sadr-e Aẓam) et une figure politique majeure du début de la période Kadjar. \n \nLotf-Ali Khan prit Kerman en 1794 et résista pendant quatre mois avant que les Kadjars ne finissent par entrer par traîtrise. Il prit la fuite à Bam, mais le gouverneur le fit saisir et le livra aux Kadjars. Agha Mohammad Khan eut son dernier ennemi Zand aveuglé et cruellement torturé avant de le conduire à Téhéran pour être exécuté en 1209/1794. Ceci marqua la fin du règne Zand, bien que Agha Mohammad Khan ne fut pas officiellement couronné avant 1796. L’année suivante, après cet assassinat, le fils de Zaki Khan, Mohammad Khan Zand, aidé d’une armée tribale, tenta, mais sans succès, de reprendre le pouvoir aux Kadjars. \n \nLa réputation de la dynastie repose sur son fondateur, Karim Khan, qui fut capable non seulement de forger une armée avec les différentes tribus pastorales iraniennes des monts Zagros, mais aussi de bâtir une certaine confiance et des alliances prospères avec les bureaucrates et les magnats des principales villes à l’ouest et au sud de la Perse (Ispahan, Chiraz, Tabriz et Kerman). Ses politiques économiques, rusées, et son humanité notable sont connues grâce à de nombreuses anecdotes. Ses successeurs détruisirent ses accomplissements par leurs guerres intestines ; ils ne purent inspirer la confiance des dirigeants urbains, tel qu’Haji Ebrahim, et précipitèrent la chute des Zands en faveur des Kadjars. \n \nCe profil, compilé par Ali M.Tarafdari et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"1164-1209","date_description_ad":"1751-1794"},"c7c31af2-858e-50e7-bf30-0bfb5bbe434e":{"name":"Marwanides de Diyar Bakr","also_known_as":"","area":"Sud-Est anatolien [Turquie]","history":"Il est généralement admis que l’émirat marwanide fut fondé par al-Badh, de la tribu humaydide, vers la fin du IVe siècle H / Xe siècle J.-C. . S’étant imposé dans la région, al-Badh conquit d’abord Erciş dans l’Est anatolien, puis Diyarbakır \\[Diyar Bakr\\], Nusaybin \\[Nisibin\\], Silvan et Mossoul en 373 H / 984, en profitant du déclin de l’influence des Bouyides \\[Buwayhid\\]. Sa tentative de conquérir Bagdad échoua, le forçant à se retirer de Mossoul. Al-Badh mourut pendant sa campagne de Mossoul en 369 H / 990 J.-C. Son successeur et neveu al-Hassan ibn Marwan ne régna que brièvement, mais il parvint à faire tomber les Hamdanides, fondant ainsi le pouvoir de son émirat. Mumahhid al-Dawla Sa’id accéda au trône en 387 H / 997 J.-C. mais fut déposé par son frère Nasr al-Dawla Ahm en 401 H / 1011 J.-C. \nLe long règne de Nasr al-Dawla jusqu’en 453 H /1061 J.-C. fut la période la plus brillante des Marwanides. De bonnes relations s’établirent avec les Byzantins et les Fatimides, et de nombreux monuments furent construits, notamment à Diyarbakır, Silvan, Nusaybin et Hassankeyf \\[Hısn Kayfa\\]. La mort de Nasr al-Dawla en 453 H / 1061 J.-C. entraîna un conflit dans son état, qui fut bientôt partagé entre ses fils Sa’id II et Nizam al-Dawla Nasr. Le premier régna à Diyarbakır et dans sa région, tandis que le second régna à Silvan. 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Porté au pouvoir par le missionnaire Abou Abdoullah al-Chii, l’imam al-Mahdi évince la dynastie aghlabide en 910 avant de prendre la Tunisie, la Libye, l’est de l’Algérie et la Sicile. \nEn 969, fort de la stabilité et de la prospérité économique du pays, le calife fatimide al-Mouiz (r. 953-975) tente de reconquérir le grand Orient et entre victorieusement en Égypte, laissant l’Ifriqiya entre les mains des Zirides, qui abandonnent bientôt le chiisme pour le sunnisme, une incartade violemment réprimée par les tribus hilaliennes lancées à l’assaut du pays. \nLa nouvelle capitale fatimide du Caire sera le berceau d’une brillante civilisation, soutenue par des conquêtes territoriales en Syrie et Palestine. Jusqu’à ce que Saladin ne leur confisque définitivement le pouvoir en 1171, les califes fatimides vont encourager l’urbanisme, les sciences, les arts et les lettres. \nLes Fatimides ont fondé plusieurs villes dont Mahdia et Sabra al-Mansouriya en Ifriqiya, Achir dans le Maghreb central, le Caire en Égypte. Conformément à leur philosophie et à leur foi, la ville désormais n’est plus organisée autour de la mosquée, mais autour du palais du calife comme représentation du pouvoir. À noter également l’apparition des portiques dans la cour des mosquées et d’un passage décentré, dans la salle de prières, destiné à la procession du calife glorifié. \nLes sciences et les lettres, les mathématiques, la médecine et l’exégèse connaissent un essor remarquable sous les Fatimides, tandis que les arts et l’artisanat se développent de façon spectaculaire. 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Les Artukides de Hasankeyf, également connus sous le nom de Sökmenids, se maintinrent de 494/1101 à 628/1231. Cette lignée a aussi conquis Diyarbakır (Diyar Bakr, l’ancien Amid) et fut abolie par Malik Kamil, le sultan ayyoubide, en 629/1231. \nLa seconde lignée fut fondée par Necmeddin Ilgazi à Mardin. Les Artukides de Mardin, également connus comme Il-Ghazides, gouvernèrent entre 501/1108 et 812/1409. Silvan (Mayyafariqin), Kızıltepe (Dunaysır), et Halep (Alep) furent aussi annexées. Les Artukides de Mardin furent évincés par Kara Qoyunlus, fondateurs d’un autre État turcmène, en 812/1409. \nLa troisième dynastie d’Artukides fut fondée en 581/1185 par Imameddin Ebubekir (Imad al-Din Abou Bakr) à Harput (Khartpert). Jusque-là, Harput et la région étaient sous la coupe des Artukides de Hasankeyf. Le sultan seldjoukide d’Anatolie Aladin Keykubad Ier (‘Ala al-Din Kay Qubadh, 616-634/1220-1237) conquit Harput et ses environs, conduisant ainsi la branche à sa fin en 630/1233. \nDe nombreux monuments artukides subsistent à Mardin, Hasankeyf, Diyarbakır, Silvan, Harput et Kızıltepe. Les mosquées Ulu, Savurkapı et Latifiye et la *madrasa* du sultan Isa à Mardin, le palais et le pont à Hasankeyf, les *madrasa* Zinciriye et Mesudiye à Diyarbakir, la mosquée Silvan Ulu, la mosquée Harput Ulu et la mosquée Kızıltepe Ulu sont au nombre des monuments importants de cette période.","date_description_ah":"v. 494-812 H","date_description_ad":"v. 1101-1409 J.-C."},"cc058ff2-1729-58a0-be91-e1ac612c1fe2":{"name":"Mamelouks","also_known_as":"","area":"Égypte et Syrie","history":"Pendant plus de deux siècles et demi, le sultanat mamelouk fut l’une des plus grandes puissances en terres d’islam et l’un des plus vastes empires au monde. Au sens littéral, le mot “Mamelouk” signifie “possédé”, mais dans l’usage courant il désigne un esclave militaire. Et de fait, les Mamelouks étaient des esclaves militaires, arrivés des steppes eurasiennes par les ports de la mer Noire après avoir été achetés par le dernier sultan ayyoubide, Najm al-Din, qui allait lancer le régime mamelouk et le conduire à des sommets inespérés. \nLes esclaves mamelouks étaient originaires de différents groupes ethniques, mais la plupart étaient des Turcs et des Circassiens du Caucase. Expressément destinés à devenir les défenseurs loyaux de la cause du sultan, ils étaient éduqués dans les principes de l’islam et devaient acquérir les techniques de combat et faire preuve de vrais talents de cavaliers. Leurs incomparables aptitudes militaires permirent bientôt aux Mamelouks d’établir leur propre souveraineté et de bâtir un empire qui allait contrôler pour plus de deux siècles l’Égypte, le Levant et les villes saintes musulmanes du Hijaz. \nLes sultans mamelouks allaient se distinguer en deux lignées principales : les Mamelouks bahrides, ainsi appelés parce que ces défenseurs des Ayyoubides étaient initialement cantonnés dans l’île de Rawda sur le Nil (al-Bahr), gouvernèrent de 648 à 792 (1250-1390). Les Mamelouks burguides, qui doivent leur nom aux tours (*burg*) dans lesquelles le sultan Qalawun avait logé ses gardes au Caire, gouvernèrent de 784 à 923 (1382-1517). \nNon seulement les Mamelouks repoussèrent la menace mongole par la décisive défaite de Aïn Djalout en Palestine en 658/1260, mais ils attaquèrent aussi violemment les châteaux croisés en Palestine et finirent par les expulsèrent d’Akko (Saint-Jean-d'Acre) en 690/1291. Sur les fronts diplomatique et économique, le sultanat mamelouk a tissé des liens actifs avec toutes les grandes puissances musulmanes, de même qu’avec l’Extrême-Orient, Byzance, la France, la Castille, la Sicile, Gênes et Venise. Le Caire devint le carrefour commercial du monde, et les marchandises exotiques qui y transitaient en provenance de l’Orient ou de l’Occident inspirèrent largement les artisans locaux, comme en témoigne leur production d’alors. \nLes Mamelouks furent d’extraordinaires défenseurs de l’islam et des protecteurs engagés des villes saintes. Ils restaurèrent le califat au Caire en 659/1261 après l’effondrement de son siège initial à Bagdad et s’attachèrent à construire de splendides mosquées, des *madrasa* (écoles religieuses) et des *waqf* (fondations religieuses) dans des villes comme Jérusalem, Le Caire, Alep et Damas. Les meilleurs artistes et artisans étaient sollicités pour doter ces édifices de décoration calligraphique et géométrique, de mobilier religieux, de corans, tapis et autres accessoires. Le mécénat s’appliquait aussi à des objets destinés à refléter la splendeur publique et privée du sultan mamelouk et de sa cour. \nLe déclin de la suprématie mamelouke viendra avec la découverte de nouvelles routes de commerce autour du cap de Bonne-Espérance, ce qui allait signer la fin du sultanat mamelouk en 923/1517.","date_description_ah":"648–923 de l’Hégire","date_description_ad":"1250–1517 J.-C."},"d82ac219-fe80-5b78-86c8-ed8a05796343":{"name":"Croisés dans le monde islamique","also_known_as":"","area":"Méditerranée orientale","history":"Entre 1095 et 1144, les Croisés latins lancent quantité d’incursions sur la côte méditerranéenne orientale, y compris neuf croisades contre la Terre sainte, deux contre Byzance, deux contre l’Égypte et une contre la Tunisie. Baudouin, fils du comte d’Édesse, fonde le premier État croisé latin en 1098 à al-Raha. Dès lors, et pour 200 ans, de nombreux États latins vont être gagnés et perdus en Terre sainte. \n“Franj” (les Francs) était le terme utilisé par les habitants du Proche-Orient pour désigner les croisés européens de toutes les campagnes en Terre sainte. Bien que l’histoire des croisades chrétiennes à Jérusalem ait commencé par un terrible mass acre en 493 H / 1099 J.-C., quelque 200 ans plus tard, non seulement la Palestine avait changé, mais également les Francs, qui s’y étaient installés et s’étaient adaptés au mode de vie proche-oriental parmi les musulmans. \nÀ la différence de l’Espagne musulmane, avant l’arrivée des Francs, les contacts entre Européens et Arabes étaient très peu nombreux, et ce qu’ils connaissaient les un des autres était superficiel et entaché de connotations religieuses négatives. Il n’y avait pas de place pour la compréhension et pour des échanges culturels véritables. Mais malgré la violence générale de cette période, le Levant n’a jamais connu pareille période d’interaction directe avec “l’autre”, c’est-à-dire jusqu’au XXe siècle ! La beauté du Dôme du Rocher submergea les envahisseurs. Avec ce type de contacts, les Croisés latins eurent une nouvelle impression de l’Orient islamique, dont portent finalement témoignage leurs écrits et leurs récits de voyage. \nDe nombreux bâtiments religieux islamiques furent transformés en églises et institutions chrétiennes. À Jérusalem, le Dôme du Rocher fut transformé en église et la mosquée al-Aqsa fut affectée à l’hébergement des chevaliers ; à Hébron, le vieux plafond de la mosquée Ibrahimi fut remplacé par un plafond de style roman. 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Durant cette période, les Kadjars unifièrent l’Iran, promurent et encouragèrent les nouvelles innovations technologiques (comme le télégraphe et les chemins de fer). Les arts prospérèrent également sous leur règne ; la photographie et la lithographie, ainsi que des formes innovantes de portraits et de peintures à l'huile amenés de l’Ouest, furent rapidement adoptées par les artistes et les mécènes. Durant les 140 ans que dura le règne de la dynastie Kadjar, l'Iran se transforma de confédérations de tribus rivales à une monarchie centralisée et enfin un parlement constitutionnel. Dans la conscience historique des gens, les Kadjars évoquent l'ère glorieuse des Safavides dans toute sa puissance et sa splendeur. \n \nLe premier Shah Kadjar fut Agha Mohammad Chah (1795–98). Lors de son règne, sa préoccupation principale fut de consolider la position du pays contre ses opposants, les Zands de Shiraz (1750–94). Il vainquit le dernier prince zand, Lotf Ali Khan. Finalement, Agha Mohammad Chah fut assassiné par un de ses serviteurs en mai 1796 et son neveu, Bâbâ Khan, lui succéda et fut couronné sous le nom de Fath Ali Chah. \n \nFath Ali Chah régna de 1797 à 1834. Il travailla à redéfinir l’image impériale Kadjar pour la distinguer de celle de ses prédécesseurs. Lors des 37 ans du règne de Fath Ali Chah, ce dernier unifia ses citoyens et améliora l'administration grandissante du pays. C’est à cette époque qu’éclata la première guerre russo-persane, lorsque les territoires de l’Iran de la Géorgie et de l’Azerbaïdjan furent pris par les ennemis. La situation politique avec la Russie et la Grande-Bretagne ne fut pas toujours évidente. Une seconde guerre russo-persane éclata à l'été 1826 dans le Caucase, où les Musulmans se battirent contre les Russes. Après cette guerre, l’Iran fut capable de reconquérir tous ses territoires perdus. \n \nFath ‘Ali Shah mourut en 1834 et ce fut son petit-fils, Mohammad Chah, qui lui succéda (1834–48). Cependant, la succession par Mohammad Chah mena à une rivalité avec deux de ses oncles, Zell-e Soltan, souverain de Téhéran, et Farmanfarma à Fars. Chacun d’entre eux pensait qu’il méritait de succéder à Fath ‘Ali Shah. La Russie et la Grande-Bretagne reconnurent Mohammad Chah comme successeur, et il fut aidé et conseillé par Abol Qasem Qa’em Maqam, le conseiller de son père. Il fut finalement couronné souverain lors d’une cérémonie à Téhéran. Mohammed Shah mourut en septembre 1848. Son règne fut loin d’être pacifique puisqu’une grande partie fut consacrée à la lutte contre la Grande-Bretagne. Son fils, Nassereddine Shah, lui succéda. \n \nA l'âge de 17 ans, Nassereddine Shah (1848-96) accéda au trône. Il initia des changements et modernisa la capitale de Téhéran. Son conseiller était Mirza Taghi Khan Amir-Nezam (plus tard connu sous le nom d’Amir Kabir), qui agissait en tant que grand vizir. Amir Kabir mit en place des réformes pour moderniser, développer et réformer l'État. Il entreprit également de réformer les systèmes financiers et militaires. Sa plus grande réussite fut cependant la création de Dar-ol-Fonoun (maison des sciences), une des premières écoles d’Iran à se baser sur le modèle occidental d’apprentissage. Il la considérait comme un bon terrain d'entraînement pour les futurs fonctionnaires et les militaires. \n \nAprès la mort de Nassereddine Shah, Mozaffareddine Chah (1896-1906) devint le nouveau souverain à l'âge de 43 ans. Il fut considéré comme un souverain faible et plus clément avec ses sujets que ne l'était son père. L’une de ses réussites fut d'établir le firman, un édit royal déclarant qu'il accordait une Majles (assemblée consultative) et que des élections seraient organisées. Les élections à Téhéran furent rapidement organisées et la première Majles fut inaugurée par Mozaffareddine Chah le 7 octobre 1906. Le premier acte de la Majles fut de préparer une constitution - une première dans l’histoire de l’Iran. Elle fut établie et signée par le souverain Mozaffareddine Chah cinq jours avant sa mort en février 1907. Son fils, Mohammad Ali Chah, lui succéda. \n \nMohammad Ali Chah (1907-09) avait 35 ans lorsqu’il accéda au trône. Il fut élevé par un tuteur russe, ce qui le rendit peu populaire auprès des nationalistes iraniens qui se tournèrent plus tard contre lui. Le Shah tenta un coup d’État en décembre 1907, mais échoua. Il fut critiqué par les fonctionnaires et le grand public à la Majles. En juillet 1907, il abdiqua et laissa son fils de douze ans, Ahmad Mirza, lui succéder. \n \nLorsque Ahmad Shah (1909-25) devint le souverain Kadjar, la région au nord-est du pays était occupée ; l’accord russo-britannique de 1907 signifiait que les ministres des deux pays avaient interféré avec les affaires internes de l’Iran, notamment dans la nomination des membres des cabinets. Lors de la première guerre mondiale (1914-18), l'Iran fut assiégé par les troupes russes, britanniques et ottomanes. Ahmed Shah ne put jamais se remettre de ce revers. Avec un coup d’ État en février 1921, Reza Khan (plus tard connu sous le nom de Reza Chah Pahlavi) fut élu pour prendre la place d’Ahmad Shah , qui fut déposé par la Majles. \n \nBibliographie \n• Algar, Hamid, Religion and State in Iran 1785-1906 - The Role of the Ulama in the Qajar Period, Berkeley, CA: University of California Press, 1980. \n• Daryaee T. (ed.), The Oxford Handbook of Iranian History, UK: Oxford University Press, 2012. \n• Gleave, Robert, Religion and Society in Qajar Iran, UK: Routledge Curzon Press, BIPS Persian studies series, 2005. \n \nCe profil, compilé par Fiza Ishaq et traduit en français par Anne-Sophie Matichard, a été ajouté dans le cadre du projet « Explore Islamic Art Collections ».","date_description_ah":"AH 1193–1343","date_description_ad":"AD 1779–1925"},"f108d67e-06c0-5769-ad8d-5e30d2542f68":{"name":"Almohades","also_known_as":"al-Muwahhidun","area":"Capitale : Marrakech","history":"Le déclin puis l'effritement de l'empire almoravide furent essentiellement causés par le soulèvement des populations dénonçant le népotisme et la corruption des dirigeants qui s'abandonnaient au luxe et à la nonchalance de la vie de palais. \n\\- Les Almohades (al-Mouwahidoun : les unitaristes), clan berbère réformateur venu du Haut-Atlas pour dénoncer le dévoiement religieux des Almoravides, s'emparent de Marrakech en 1147 et leur chef, Abdelmoumen, prend le titre de Amir al-Mouminin. \n\\- Son petit-fils, Yacoub al-Mansour, qui remporte en 1195 une victoire déterminante sur les armées ibériques à Alarcos, fut aussi un grand bâtisseur et un mécène, et porta l'empire à son apogée politique, économique, intellectuel et artistique. \n\\- Les Almohades réalisent l'unité d'un immense empire englobant l'ensemble de l'Occident musulman, à savoir l'Afrique du Nord – de l'Atlantique jusqu'à Gabès – et l'Espagne musulmane, avant de connaître le déclin à partir de 1212 avec la sévère défaite subie face aux armées chrétiennes à Las Navas de Tolosa (Jaén). \n\\- Ils voulurent se donner une nouvelle capitale, mais la mort de Yacoub al-Mansour (1199) et le déclin de la dynastie ne permirent pas l'achèvement de Ribat al-Fath (Rabat). \n\\- Les édifices construits par les Almohades, tant au Maghreb qu'en al-Andalus, dénotent un souci permanent de grandeur et de sobriété, avec leurs remparts gigantesques, leurs portes monumentales, leurs minarets majestueux et leurs motifs décoratifs épurés.","date_description_ah":"524–667 H","date_description_ad":"1130–1269 J.-C."},"f1abebd4-ee55-56ed-a5f8-6d9290aff818":{"name":"Ilkhanides","also_known_as":"Il-Khanides","area":"Perse, Irak, Anatolie orientale et centrale.","history":"L’État ilkhanide fut fondé par Hülagü \\[Hülegü ou Hulaku\\], frère du khan grand-mongol Mengü \\[Möngke\\]. Khan Mengü accéda au trône en 1253 et envoya son frère Hülagü en Iran. Hülagü étendit sa suprématie sur l’Iran, l’Irak, l’Azerbaïdjan et l’Anatolie, envahie par les Mongols après la bataille de Köse Dag (1243). Il lança plusieurs campagnes destinées à renforcer l’hégémonie mongole sur l’Asie occidentale ; il conquit l’Iran et l’Azerbaïdjan en 1256, Bagdad en 1258 (date de la chute de l’empire et du califat abbassides), et Alep en 1259. Toutefois, il ne parvint pas à prendre Damas. Bouddhiste, Hülagü massacra de nombreux musulmans. Les Mamelouks en Égypte et les États d’Altınordu \\[la Horde d’or\\] s’allièrent pour combattre les Hülagü des Ilkhanides. \nAbaqa, qui était également bouddhiste, succéda à son père Hülagü (m. 1265). Il poursuivit la lutte contre les Mamelouks et mit la Syrie et l’Anatolie à sac. Son fils et successeur Ahmed Han, musulman, voulut établir de bonnes relations avec les États musulmans, mais son règne devait être bref : il mourut en 1284 après des années de lutte pour le trône avec son frère Arghoun. Arghoun tint les rennes du pouvoir jusqu’en 1291 et poursuivit la lutte contre les États musulmans. Gaykhatu lui succéda brièvement, puis ce fut Ghazan Mahmoud Han en 1295. C’est sous le règne de Ghazan Mahmoud que les Ilkhanides se sont convertis à l’islam. La succession de Ghazan fut assurée par son fils Khudabanda Uljaytu Han (r. 1303-1316), qui opta pour le chiisme et étendit le territoire ilkhanide grâce à la conquête du Khourassan et de Hérat. Son fils Abou Saïd Bahadur Han lui succéda alors qu’il était encore très jeune, et se détermina pour l’islam sunnite. Bahadur nomma Choban Noyan vizir, mais tous deux ne tardèrent pas à s’affronter. Choban Noyan fut assassiné en 1327, ce qui entraîna des insurrections dans l’armée ilkhanide. Les émeutes prirent fin avec la mort de Bahadur en 1335 et l’émergence de nouveaux États : l’émir Choban Oghullari s’imposa en Azerbaïdjan, Cheikh Hassan à Bagdad, tandis que l’émirat d’Eretna s’établissait dans l’est de la Turquie.","date_description_ah":"654-736 H","date_description_ad":"1256-1335 J.-C."},"f1cbe826-876f-50ce-b965-80fab0039660":{"name":"Ottomans","also_known_as":"","area":"Anatolie, Balkans, territoires arabes de l'Irak à l'Algérie","history":"La dynastie ottomane, qui régna plus de 600 ans sur la partie orientale de la Méditerranée, a signé un chapitre majeur de l’histoire du monde dans la région et au-delà. L’émirat ottoman, l’un des nombreux émirats de l’Anatolie occidentale, fait irruption sur la scène de l’Histoire avec Osman Bey, lequel étendit rapidement son territoire en signant des traités avec d’autres émirats – ou en leur déclarant la guerre – à une époque de chaos dans l’Anatolie des XIVe et XVe siècles. Les Ottomans survécurent aussi à la tornade mongole et s’imposèrent comme une puissance considérable dans la région. Avec leur armée et leur marine, devenue une invincible armada, les Ottomans prirent Istanbul en 1453 et devinrent un empire. Leur hégémonie atteignit son zénith sous le règne de Soliman le Législateur (également connu sous le nom de Soliman le Magnifique) (1520-1566), leur territoire s’étendant alors de l’Europe au Moyen-Orient et au nord de l’Afrique. Comportant une pléthore de cultures, l’empire se transforma en un empire culturel tentant de garder, améliorer et établir des interactions au sein de la mosaïque ethnique et religieuse à l’intérieur de son territoire. Le caractère oriental, dominant jusqu’au XVIIIe siècle, commença à être influencé, suite aux changements politiques, par des vents soufflant de l’ouest, qui s’affirmèrent au XIXe siècle. Le pouvoir dominant pendant la période d’Ascension réussit à construire une authentique et très efficace synthèse dans ses relations avec d’autres États, mais pendant les périodes Stationnaire et de Déclin, la pression extérieure affaiblit considérablement l’empire et le conduisit à la chute finale. Par ailleurs, les réformes du XIXe siècle ne réussirent pas à s’imposer en profondeur, et les vues réformistes éclairées se voyaient régulièrement contrecarrées par le dogmatisme religieux. Durant ce processus, le fait que les individus aient eu l’habitude de s’en remettre totalement au sultan retarda l’émergence d’un esprit critique ; et le faible développement de l’éducation était flagrant dans cet “empire mondial” prenant sa place dans le grand livre de l’Histoire.","date_description_ah":"698–1340 H","date_description_ad":"1299–1922 J.-C."},"f8c970d7-62ca-5e05-86f1-9f9bd31c0606":{"name":"Première periode islamique","also_known_as":"Période pré-omeyyade","area":"Actuel Proche-Orient","history":"La Jordanie a connu au VIe siècle une prospérité sans précédent, basée sur l’exploitation intensive des ressources agricoles du pays. À la même époque, l’armée byzantine s’est retirée de la frontière fortifiée, et les phylarques ghassanides ont été chargés de maintenir la sécurité sur cette frontière. \nAu cours du règne de l’empereur byzantin Maurice (582-602), les graines de deux conflits majeurs (avec les Perses sassanides et avec les Arabes) furent semées, et le rôle de tampon que jouaient les Ghassanides contre les Sassanides et les Lakhmides s’en trouva affaibli. \nLa naissance du commerce mecquois coïncida avec la rupture de l’hégémonie ghassanide et lakhmide. La même période vit aussi des mouvements tribaux et des émigrations en direction de leurs territoires. \nSous le règne de Phocas (602-610), la guerre perse se conclut par de substantielles pertes de territoire byzantin en Arménie, en Mésopotamie et dans une petite partie de la Syrie. Par ailleurs, la politique anti-monophysite de Phocas contraint à l’exil de vastes segments de population, dont les Ghassanides monophysites. \nLe règne d'Héraclès (610-641) se signale par la mission du prophète Muhammad à La Mecque et Médine, et par un conflit majeur entre les deux grandes puissances impériales : Byzance et la Perse sassanide. En 622, Muhammad et ses adeptes quittent La Mecque et émigrent à Médine : c’est l’Hégire, qui marque le début du calendrier lunaire musulman. En 629, les Sassanides évacuent la Syrie après presque deux décennies et en 630, l’empereur byzantin entre triomphalement dans Jérusalem. La même année, l’évêque d’Ayla (aujourd’hui Aqaba) favorise la reddition de la ville au prophète Muhammad, et à peu près au même moment Udhruh et al-Jarba se rendent et acceptent de payer l’impôt local. Muhammad meurt en 632, et sa succession est assurée par les quatre grands califes, Abou Bakr, Omar, Othman et Ali, connus sous le nom de *Rachidoun*, les “califes bien guidés”. En 636, les musulmans arabes battent les Byzantins à Yarmouk, ce qui anéantira la résistance byzantine. L’assassinat en 40 H / 661 J.-C. de Ali bin Abi Talib, un cousin et gendre du Prophète, met fin à l’ère des *Rachidoun*, et marque le début du califat omeyyade (41–132 H / 661–750 J.-C.), quand l’autorité devient héréditaire. \nNaturellement, dans les premières décennies, les Arabes étaient trop occupés à consolider leur pouvoir et ne pouvaient se soucier d’art et d’architecture monumentale. Les premiers édifices, qui ne nous sont connus que par les sources historiques, se limitaient aux mosquées primitives construites dans les *amsar* de Koufa et Bosra en Irak, Fustat en Égypte et Kairouan en Tunisie.","date_description_ah":"Seconde moitié du VIe siècle J.-C. - 41 de l’Hégire","date_description_ad":"Seconde moitié du VIe siècle J.-C. - 666 J.-C."}}
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