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- {"0356286a-7b78-54d7-b0a8-bf8bfd97a059":{"name":"Carreau de céramique à représentation de la Kaaba.","description":"Carreau de céramique vernissée peint aux pigments noirs, rouges et verts sur fond blanc. Une bordure ornée d'un motif de chaîne en noir sur fond bleu forme un cadre, enrichi d'une seconde bordure de palmettes bleues qui se termine en *mihrab* dans la partie supérieure. Les deux angles entre la bordure et le *mihrab* sont décorés de demi-palmettes entrelacées sur fond bleu foncé. Au milieu, toujours sur fond bleu foncé, figure un fronton décoré d'arabesques à la base duquel une inscription en trois lignes reproduit les versets 96-97 de la sourate III du Coran : “La première Maison qui ait été placée pour les gens est celle de Bakka, lieu béni et chemin de droiture pour les mondes. En ce lieu sont les Signes évidents : l'endroit précis où se tenait Abraham. Celui qui y pénètre se trouve en sécurité (trad. R. Khawam).” Sous ce texte est représenté le Masjid al-Haram dans un cartouche rectangulaire vert et bleu. La Kaaba figure au centre du Masjid al-Haram, reconnaissable à sa cour entourée d'une colonnade. Les divers bâtiments, portes, lieux sacrés (*maqam*) et puits d'eau sous la colonnade sont illustrés et identifiés par leur nom.","short_description":"Ce carreau de céramique est supposé avoir été fabriqué à Iznik pour la mosquée du sultan Nesli Chah à Edirnekapi, Istanbul. Le but des panneaux de céramiques représentant la Kaaba, lieu de pèlerinage le plus sacré de l’islam, était de faire sentir sa présence durant la prière à la mosquée.","holder":"Musée des arts turcs et islamiques.","initial_owner":"Nesli Chah Sultan (m. 987/1579; petit-fils du sultan Bayézid II).","dates":"Dernier quart du Xe siècle de l’Hégire (XVIe siècle J.-C.).","location":"Sultanahmet, Istanbul","dimensions":"H. 62 cm, l. 34 cm.","method_for_datation":"L'introduction d'illustrations des villes saintes de l'islam (La Mecque et Médine) et des sites sacrés s'observe dès le début de l'islam. Des représentations détaillées de ces lieux saints figurent dans des certificats de pèlerinage de la période ayyoubide qui occupent une place importante dans les collections du musée. Ces documents débutent par la bannière du calife de l'époque et reproduisent des images peintes du mont Arafat, de la Muzdalifa, de l'Enceinte sacrée (al-Haram al-Charif), de Médine et même de Jérusalem. Des images similaires se trouvent également dans les certificats de pèlerinage ottomans. à partir de la fin du Xe/XVIe siècle, le Masjid al-Haram apparaît sur des carreaux décorant des mosquées.","method_for_provenance":"Les matériaux, techniques et couleurs montrent que ce carreau est originaire d'Iznik.","provenance":"Iznik, Turquie.","obtention":"Transféré au musée depuis la mosquée de Nesli Chah Sultan, petit-fils du sultan Bayézid II, dans le quartier d'Edirnekapi à Istanbul en 1332/1914.","bibliography":"ölçer, N., *et al, Museum of Turkish and Islamic Art*, Istanbul, 2002, p. 282.","dynasty":"Ottomane","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"Cihat Soyhan","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["carreaux, Kaaba, Iznik."],"materials":["Carreau d’Iznik en argile blanche à illustration peinte de la Kaaba."]},"065ee648-ada2-516d-a7cd-4adf36e94026":{"name":"Jarre à eau *habb*","short_description":"Cette grande jarre à eau (*habb*) associe rôle utilitaire et fonction décorative ostentatoire. Elle occupait une place d'honneur dans l'espace domestique. On venait y puiser l'eau avec des cruches ou des pichets, au fur et à mesure des besoins quotidiens. La face offerte au regard est ornée de figures de femmes stylisées traduisant la persistance, à travers les millénaires et les civilisations, de la déesse-mère.","type":"Céramique","holder":"Musée de l'Institut du monde arabe","owner":"Musée de l'Institut du monde arabe","dates":"VIe-VIIe siècle de l'Hégire / XIIe-XIIIe siècle J.-C.","location":"Paris","dimensions":"H: 79 cm, D. ouverture: 22,5 cm, D. maximal: 45,5 cm","provenance":"Meskeneh, Syrie","obtention":"Achat chez Christie, Manson & Wood LTD en 1991.","bibliography":"Candy, S. and Beyazit, D., *Court and Cosmos. The Great Age of the Seljuqs*, New Haven and London: Yale University Press, 2016: 131, Fig. 60. \n \nCroisier, J-P. and Dürr, N., *Céramiques islamiques dans les collections genevoises*. Geneva: Editions du Tricorne, 1981: Fig. 241. \n \nDelpont, E., *L'Orient de Saladin. L'art des Ayyoubides*, Paris: Gallimard, Paris, 2001: 154, Fig. 135. \n \nDelpont, E., et al., *Album du musée*, Paris: Somogy éditions d'art, 2012: 295. \n \nMoulierac, J. and Vaudour, C., *La médecine au temps des califes: à l'ombre d'Avicenne*, Paris: Institut du monde arabe, 1996: 203, Fig. 126. \n \nMoulierac, J., et al., *Céramiques du monde musulman: collections de l'Institut du monde arabe et de J.P. et F. Croisier* , Paris: Institut du monde arabe, Paris, 1999: 151. \n \nReitlinger, G., \"Unglazed Relief Pottery from Northern Mesopotamia\", *Ars Islamica*, Vol: XV-XVI, 1951: 11-22.","materials":["Pâte argileuse non glacée, décor modelé et de barbotine"]},"08b6e3c0-94d9-573c-a123-ddbc53534246":{"name":"Aiguière à décor épigraphique","short_description":"En Iran, à la période seljoukide, un grand nombre de pièces moulées ont été produites, essentiellement avec des formules épigraphiées, même si l'on trouve parfois des personnages ou des rinceaux. Les potiers façonnent en terre des aiguières qui souvent empruntent les formes élaborées par les dinandiers. La glaçure, ici turquoise, remplace par la couleur le décor soigné de ciselure et d'incrustation d'argent des pièces en métal.","type":"Céramique","holder":"Musée de l'Institut du monde arabe","owner":"Musée de l'Institut du monde arabe","dates":"VIe-VIIe siècle de l'Hégire / XIIe-XIIIe siècle J.-C.","location":"Paris","dimensions":"H: 31,5 cm, D: 16 cm, H. du col: 8,5 cm, D. du col: 7,5 cm, H. base: 1,9 cm, D. base: 10 cm","provenance":"Iran","obtention":"Achat en vente publique à l'étude Claude Boisgirard en 2003.","bibliography":"Delpont, E., et al., *Album du musée*, Paris: Somogy éditions d'art, 2012: 387. \n \nGrube, E.J., *Islamic Pottery of the Eighth to the Fifteenth Century in the Keir Collection*, London: Faber and Faber, 1976: Fig. 116. \n \nPinder-Wilson, R.H., *Islamic Pottery 800-1400*, London: Victoria and Albert Museum, London, 1969: Fig. 77. \n \nSoustiel, J., *La céramique islamique*. Fribourg: Office du Livre, 1985: 101, 372; Fig. 25, 93.","materials":["Céramique à pâte siliceuse, moulée et sous glaçure"]},"0a6a863f-3205-5785-8137-feaae00e4cbf":{"name":"Système d’approvisionnement en eau de Kırkçeşme.","alternate_name":"Aqueducs de Kemerburgaz.","description":"Les problèmes d'alimentation en eau d'Istanbul se multiplièrent avec l'accroissement de la population au cours du Xe siècle H (XVIe siècle J.-C.). La tradition veut que, au cours d'une partie de chasse, le sultan Soliman remarqua des sources et demanda qu'elles soient évaluées. L'architecte de la cour de l'époque, Mimar Sinan, étudia la zone et recommanda la création d'un système d'adduction pour alimenter la ville, dont Soliman ordonna le début des travaux en 961 H / 1554 J.-C. Le projet fut achevé en 970 H / 1563 J.-C. mais plusieurs parties furent rapidement endommagées par des inondations et durent être reconstruites en 971 H / 1564 J.-C. L'ensemble coûta environ 50 000 000 d'akches, l'unité de compte principale utilisé sous l'empire ottoman. \nLe système fait appel à diverses sources situées à 25 km environ au nord-ouest d'Istanbul qui alimentent deux branches – est et ouest – se rejoignant au sud du village de Kemerburgaz avant de poursuivre jusqu'à la capitale. Il se compose de galeries couvertes (de 175 x 55 cm de section et de 55 km de long au total), de 33 aqueducs ainsi que de points de captages et de distribution. Il alimente les quartiers de la ville situés à moins de 34 m d'altitude. Un certain nombre de réservoirs et d'aqueducs ont été construits ultérieurement de 1029 à 1234 H / 1620-1818 J.-C. Une petite section date même d'avant Soliman, dont celle d'Eğrikapi à Cebeciköy qui date de Mehmed II. D'autres parties, comme celle de Kovuk Kemer, ont même été édifiées sur des vestiges byzantins. Sur les 33 aqueducs qui constituent le système de Kirkçeşme, cinq à deux ou trois étages superposés sur une longueur considérable sont monumentaux. Paşa Kemeri ou Balikzade mesure 102 m de long, 16,4 m de haut et s'élève sur deux étages. Unzunkemer, également à deux étages, mesure 711 m de long et 25 de haut. Sa galerie supérieure couverte et plâtrée de 175 x 60 cm de section est recouverte de dalles de pierre. Kovukkemer, ou Kirikkemer, mesure 408 m de long et 35 m de haut et décrit un virage à 90°. Sa première section est à un seul étage, la seconde à trois étages. L'aqueduc de Mağlova ou Muallak, le plus important, mesure 258 m de long pour 36 m de haut. Il est à deux étages soutenus par huit grands et huit petits arcs. Celui de Güzelcekemer ou Gözlücekemer, de 165 m de long pour 34,5 m de haut, est également à deux étages. Les autres ouvrages d'art notables sont les aqueducs à un étage de Ayvad (195 m de long), Kurt (305 m), Karakemer (62,6 m), Baliklikemer (125 m) et Valide Kemeri (38,8 m). \nLe système dans son entier est en maçonnerie de pierre et pierres à bossage. \nLe système alimentait à l'origine plus de 300 fontaines urbaines, dont 135 étaient des fondations pieuses de Soliman. Plus tard, le nombre de points d'eau s'élèvera à 580 environ. Des parties de ce réseau situées hors les murs d'Istanbul fonctionnent depuis plus de quatre siècles.","short_description":"Le système d’approvisionnement en eau de Kırkçeşme fut construit par le grand architecte ottoman Sinan sur ordre du sultan Soliman le Magnifique afin de résoudre les problèmes grandissants de pénurie d’eau rencontrés par Istanbul. Le système comprend 33 aqueducs et de nombreux points de captage et de distribution. Il alimentait plus de 300 fontaines à l’origine ; plus tard, le nombre de points d’eau s’élèvera à 580. Certaines parties de ce réseau situées hors les murs de la ville fonctionnent encore aujourd’hui et alimentent la mégapole d’Istanbul.","dates":"971 de l’Hégire / 1564 J.-C.","location":"Kemerburgaz, Istanbul","method_for_datation":"Les dates de construction du système d'adduction d'eau sont mentionnées dans *Tezkiretü'l-Bünyan* et *Tezkiretü'-Ebniye*, deux ouvrages dictés par Sinan à son ami Saî Mustafa çelebi. Le *Tevzi Defteri*, rédigé par Sinan, fournit également des informations détaillées sur les parties du système intra-muros.","bibliography":"çeçen, K., *Sinan's Water Supply System in Istanbul*, Istanbul, 1992. \nçeçen, K., “Kırkçeşme Tesisleri,” *Istanbul Ansiklopedisi* \\[Encyclopédie d'Istanbul\\], vol. 5, Istanbul, 1994, pp. 1-4. \nçeçen, K., *Istanbul'un Osmanlı Dönemi Su Yolları* \\[Les voies d'eau de la période ottomane à Istanbul\\], Istanbul, 1999, pp. 33-117. \nSai, M. ç., *Tezkiretü'l-Bünyan*, Istanbul, 1315 (*Tezkiret al-Bünyan*, en écriture ottomane). \nMeriç, R. M. (textes réunis par), *Mimar Sinan, Hayatı, Eseri I, Mimar Sinan'ın Hayatına, Eserlerine Dair Metinler* \\[L'architecte Sinan, sa vie, son œuvre, I, Textes sur la vie et l'œuvre de Sinan\\], Ankara, 1965.","patrons":"Sultan Soliman le Magnifique (r. 926-974 H / 1520-1566 J.-C.).","architects":"Architecte : Mimar Sinan, assisté de Kiriz Nicola.","dynasty":"Ottomane.","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"İnci Türkoğlu","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["aqueducs ; Soliman le Magnifique ; Sinan ; architecture civile ; ouvrages d’art ; architecture hydraulique"]},"0d3e43d7-9082-5cb7-bb0c-3a25c1f1ccc9":{"name":"Filtre.","description":"Ce fragment de céramique gris-rouge provient du filtre légèrement convexe d'un récipient à eau. Le motif ajouré est une composition géométrique de cercles et de courbes. Le motif de base, répété trois fois, est un cercle bordé comprenant quatre médaillons ajourés à éléments incurvés formant une étoile à percement central et quatre petits cercles ajourés. L'espace les reliant est occupé par un motif en pointe flanqué de deux petits cercles perforés en leur centre, répétant en partie le motif principal. Une bordure en couronne incisée en zigzag entoure cette composition ajourée. Le zigzag est caractéristique des filtres fatimides. \nLe filtre était placé à la jonction du col et de l'épaule de la jarre pour protéger le liquide des insectes et autres pollutions. La plupart des récipients à filtre de la période islamique étaient en argile. Ils n'étaient pas vernis pour permettre l'évaporation et conserver l'eau au frais. \nCette composition de formes géométriques simples – cercles, lignes et triangles répétés – et leurs multiples combinaisons sont spécifiques des filtres fatimides. Les compositions géométriques dominent le décor des filtres de cette période, après laquelle viendront des motifs zoomorphes et épigraphiques.","short_description":"Fragment de terre cuite faisant office de filtre intégré à un récipient. L'ajourage est à composition géométrique de cercles et de lignes incurvées. Le filtre était placé à la jointure du col et de l'épaule d'un récipient en terre cuite de façon à protéger le liquide des insectes et de la pollution.","holder":"Musée des antiquités méditerranéennes et proche-orientales (Medelhavsmuseet).","owner":"Musée national des Beaux-Arts, Stockholm. Dans le cadre de la réorganisation de ses collections en expansion, la plus grande partie des pièces d’art islamique ont fait l’objet d’un prêt permanent au Musée des antiquités méditerranéennes et proche-orientales en 1982.","dates":"Ve-VIe siècle de l'Hégire (XIe-XIIe siècle J.-C.)","location":"Stockholm","dimensions":"Ø 6,5 cm.","method_for_datation":"Les filtres de ce modèle découverts lors de fouilles dans des strates intactes ont été datés des Ve/XIe et VIe/XIIe siècles.","method_for_provenance":"Des filtres similaires ont été découverts lors de fouilles à Fustat où ils ont été vraisemblablement fabriqués. Selon F. R. Martin, ce filtre provient de fouilles à Fustat.","provenance":"Fustat, Égypte.","obtention":"Acheté au marchand et historien d'art F. R. Martin en 1921.","bibliography":"Olmer, P., *Catalogue général du Musée arabe du Caire : les filtres de gargoulettes*, Le Caire, 1932. \nScanlon, G. T., *Fustat Expedition Final Report*. Vol. 1: *Catalogue of Filters*, Winona Lake, 1986. \nWittkowski, G., “Arabic Filters from the Collection of the Cracow Archaeological Museum”, *Materialy Archeologiczne* XXX, 1997, 41–55.","dynasty":"Période fatimide","author":"Friederike Voigt","copy_editor":"Monica Allen","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Céramiques; décoration géométrique; eau; purification de l’eau"],"materials":["Terre cuite non vernie, incisée."]},"0f4a0527-db26-5775-bfd1-e8fdba819736":{"name":"Sabil (fontaine publique) de Youssef Dey.","description":"Située sur une place publique reliant plusieurs artères marchandes et donnant sur le vieux port, l'édifice est formé d'un encadrement en pierre taillée, coiffé d'un rebord de tuiles rondes de couleur verte et délimité, de part et d'autre, par deux colonnes en marbre surmontées de chapiteaux à feuilles lobées de style ottoman. Dans ce cadre est inscrit un rectangle en marbre, meublé par un arc en plein cintre outrepassé à claveaux noirs et blancs de type *ablaq*, répertorié en Tunisie depuis l'époque hafside. La base du rectangle est décorée d'un vase de fleur turquisant, gravé en marbre, d'où jaillissement deux rinceaux symétriques à fleurons stylisés et trilobés. \n \nL'intrados de cet arc, légèrement en saillie, est garni d'une inscription bilingue arabe et turque, composée de 13 lignes en écriture *thoulouth*, en relief. Elle comporte le poème suivant : \n \n“Dieu a choisi un seigneur dans notre temps / pour faire des bienfaits et délier les attaches des nécessiteux : / L'honneur du temps, le dey Youssef / qui voit, en dépensant les finances, son bénéfice de commerce. / Il a fait couler les eaux de tous côtés / en attendant comme récompense de s'abreuver au fleuve al-Kaoutari. / Le débit public est à lui, regardez sa beauté ! / Grâce à lui Bizerte est devenue agréable au contemplateur. / Bois, ô assoiffé, de cette source délicieuse / dont l'eau limpide est comme sucrée ! / Quelle belle fontaine dont la date se résume ainsi : / Nous a créé la fontaine le chef des soldats. (1041) \n \n“Par les soins du maître Ali ibn Disim al-Andalousi, début de *rabi* II de l'an 1041 \\[1632 J.-C.\\].” \n \nL'abreuvoir jadis en marbre a complètement disparu. Auparavant, il y avait, derrière la fontaine, une salle occupée par une noria qu'actionnait un chameau ou un mulet.","short_description":"Construite sur une place publique donnant sur le vieux port de Bizerte et sur plusieurs artères de circulation, cette fontaine reste un joyau architectural rayonnant sur tout le quartier. Elle était alimentée en eau à partir d'une noria actionnée par un chameau ou un mulet. \nL'abreuvoir jadis en marbre a complètement disparu. Construite par un émigré d'origine espagnole, la fontaine se caractérise par un très bel arc en claveaux de marbre alternés noirs et blancs coiffé d'un rebord de tuiles rondes de couleur verte.","dates":"XIe siècle de l’Hégire (XVIIe siècle J.-C.).","location":"Bizerte","method_for_datation":"Le chronogramme du dernier vers du poème indique la date de la construction de la fontaine, 1041/1632.","bibliography":"Gafsi, A., *Monuments andalous de Tunisie*, Tunis, 1993, p. 38. \n \nHannezo, G., Bizerte, *Revue tunisienne*, n° 49, 1905, p. 144. \n \nOudi, R., “Les inscriptions des fontaines publiques de la ville de Bizerte”, *Africa*, n° 16, 1998, pp. 39-105.","history":"Le *sabil* a été édifié par Youssef Dey, dey de la régence de Tunis (1019-1046 H / 1610-1637 J.-C.). Il fut restauré au cours des années 1990 et quelques fenêtres donnant sur la façade furent obturées.","patrons":"Youssef Dey.","architects":"Ali ibn Disim al-Andalousi.","dynasty":"Mouradite (ottomane).","linkcatalogs":"IAM_TN_FR_001","author":"Saloua Zangar","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Fontaine publique; sabil; époque ottomane; calligraphie; travaux hydrauliques."]},"1757e7cf-1d29-556c-9e11-f2696aaa848e":{"name":"Mosquée et madrasa du sultan Qaytbay.","description":"L'entrée de la *madrasa* s'ouvre sur la façade principale orientée au nord. Elle illustre le style typique des entrées mameloukes, généralement surmontées d'un arc trilobé à *mouqarnas* sculptés. à gauche se trouve le *sabil* (fontaine publique) et au-dessus le *kuttab* (école coranique). à droite se dresse un minaret, considéré comme l'un des plus parfaits exemples du style mamelouk par son architecture harmonieuse et la qualité de sa décoration. \nLe plan de la *madrasa* consiste en une cour carrée à sol de marbre polychrome et plafond doté d'une verrière centrale. Elle est entourée de quatre *iwan*, le plus grand (celui de la *qibla*) ouvrant par un arc en fer à cheval. Il possède un superbe *minbar* en bois incrusté à décor de nacre, d'ivoire et d'entrelacs géométriques. \nLa partie haute des murs comporte des fenêtres en stuc à inserts de verres de couleur. L'architecte a fait preuve d'un talent particulier dans l'ornementation des volumes intérieurs : plafonds de bois doré et peint, arcs de diverses formes, travail de la pierre décorée et sculptée de motifs végétaux, sols de marbre de la *madrasa*, du mausolée et de la fontaine publique, fenêtre de stuc à verres de couleur. \nOn accède au mausolée par une porte donnant sur le mur latéral de l'*iwan* de la *qibla,* de plan carré et recouvert d'une coupole. La zone de transition entre les murs et la base circulaire de la coupole consiste en neuf rangées de *mouqarnas* de pierre au complexe décor imbriqué. La coupole en pierre est ornée, à l'extérieur, d'une répétition de motifs végétaux et géométriques sculptés. Elle est un brillant exemple des sommets atteints par l'art mamelouk du travail de la pierre. Le complexe de Qaytbay est sans doute l'un des plus novateurs et des plus éblouissants de tous ceux de l'égypte islamique. Son importance tient à sa décoration fouillée, à la beauté de ses proportions et à l'harmonie de ses cinq composants architecturaux.","short_description":"Ce monument se trouve dans le cimetière mamelouk (cimetière nord) et est décrit comme le plus beau de tous les complexes architecturaux de l'Égypte islamique. Il est remarquable pour ses décorations, son parfait équilibre et l'harmonie de ses composants, qui incluent une mosquée, un *sabil* (fontaine publique), un *kuttab* (école coranique pour enfants) et un mausolée ; il est devenu aujourd'hui le “joyau” de l'architecture islamique. Le sultan Qaytbay, son mécène, a régné pendant 29 ans et a laissé de nombreux monuments de bienfaisance à La Mecque, Médine, Jérusalem et en Égypte.","dates":"879 de l’Hégire / 1474 J.-C.","location":"Le Caire","method_for_datation":"Des bandeaux épigraphiques fournissent le nom et le titre du commanditaire ainsi que la date de construction. Un bandeau d'inscription à côté de l'entrée de la *madrasa* et un autre dans les hauteurs de l'*iwan* de *qibla* précisent tous deux une date de début des travaux de construction (877/1472). Par ailleurs, un bandeau épigraphique à l'intérieur du mausolée donne la date d'achèvement de la construction de la coupole (879/1474).","bibliography":"Abd al-Wahab, H., *Tarikih al-Masajid al-Athariya* \\[Histoire des mosquées monumentales\\], Le Caire, 1994. \nBehrens-Abouseif, D., “Change in Function and Form of Mamluk Religious Institutions”, *Annales islamologiques*, 1985, 21, pp. 73-93. \nBehrens-Abouseif, D., *Islamic Architecture in Cairo*, Leyde, 1989. \nGrabar, O., “The Inscriptions of the Madrasa-Mausoleum of Qaytbay”, *Near Eastern Numismatics, Iconography, Epigraphy, and History: Studies in Honor of George C. Miles* (dir. K. Dickran Kouymjian), Beyrouth, 1974. \nHamza, H., *The Northern Cemetery of Cairo*, Le Caire, 2001. \nKessler, C., “The Carved Masonry Domes of Medieval Cairo”, *Art and Archaeology Research Papers*, Le Caire, 1976. \nNewhall, A., *The Patronage of the Mamluk Sultan Qaitbay: 872-901 / 146-1496*, thèse de doctorat, Harvard University, 1987. \nPrisse d'Avennes, é., *L'Art arabe d'après les monuments du Caire depuis le VIIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe*, Paris, 1877. \nRoberts, D., *Egypt Nubia*, Londres, 1896. \nSalem, al-Sayyed Mahmoud Abd al-Aziz, *Al-Ma'adin al-Masriya* – *Nazrah a'mma 'an aslaha wa tatawouriha moundou al-Fath al-'Arabi hatta al-Fath al-Othmani* \\[Les minarets égyptiens : présentation générale de leurs origines et de leur développement de la conquête arabe à la conquête ottomane\\], Le Caire, 1991. \n*L'Art mamelouk, splendeur et magie des sultans*, pp. 98-101.","patrons":"Sultan al-Achraf Abou al-Nasr Qaytbay (r. 872-901 H / 1468-1496 J.-C.).","dynasty":"Mamelouke.","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","author":"Tarek Torky","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["incrustations ; stuc à imbrication de verres de couleur ; marbres ; décoration végétale ; décoration géométrique ; fontaines publiques ; architecture funéraire ; architecture religieuse ; architecture civile ; écoles coraniques ; mosquées ; mouqarnas"]},"183bf3a2-aeed-5d42-afde-1232d1908e44":{"name":"Gobelet.","description":"Gobelet de forme tronconique, dont la partie supérieure, qui constitue une zone nue, s'évase en calice. Le fond a un dessous concave qui le rend stable et offre, en son milieu, au point où adhérait la canne du verrier, une sorte de nombril. Le verre, transparent et légèrement fumé, contient peu de bulles d'air. Il a pris de belles teintes irisées et nacrées. La partie inférieure est meublée par un quadrillage oblique limité, en haut et en bas, par un double sillon. Il détermine deux rangs de sept mailles triangulaires et deux rangs de sept mailles losangiques. Les premiers rangs sont décorés d'une entaille fuselée oblique alors que les seconds sont ornés de deux lobes opposés. à chaque point d'intersection, une entaille (segment de cercle) ellipsoïdale interrompt le quadrillage. Une entaille occupe extérieurement le milieu du fond, qu'un quart de rond joint à la paroi verticale. Ce gobelet est à rapprocher d'objets similaires découverts à Fustat, Raqqa et Damas, et de la cargaison de l'épave découverte, lors des fouilles sous-marines de Serçe Limani, au large du littoral turc. Sa silhouette rigide nous rappelle celle des vases à boire que les califes ou les hauts dignitaires tiennent sur les bois fatimides du Caire.","short_description":"Le fond de ce gobelet de forme tronconique présente un dessous concave. Le verre, transparent et légèrement fumé, contient peu de bulles d'air. Ce gobelet est à rapprocher des objets similaires découverts lors des fouilles sous-marines menées au large du littoral turc.","holder":"Musée des arts islamiques","dates":"seconde moitié IVe-début Ve siècle de l’Hégire (seconde moitié Xe-début XIe siècle J.-C.).","location":"Raqqada, Kairouan","dimensions":"H. 11 cm, Ø 4 à 6 cm, ép. du verre à l’orifice de 0,1 à 0,15 cm.","method_for_datation":"Si ce gobelet offre des analogies avec des objets similaires trouvés à Raqqa et qui furent datés du IIIe siècle H (IXe siècle J.-C.), il fut néanmoins découvert à Sabra al-Mansouriya, capitale des Fatimides, fondée au milieu du IVe siècle H (Xe siècle J.-C.), et présente une parenté avec la cargaison de Serçe Limani, déjà citée (TN 65). Or, on sait que ce navire coula dans le deuxième quart du Ve siècle H (XIe siècle J.-C.) et que le site de Sabra fut complètement abandonné après les invasions hilaliennes en 449 H (1057 J.-C.). On peut donc dater ce gobelet, sans risque d'erreur, de la seconde moitié du IVe siècle H (Xe siècle J.-C.) jusqu'au début du Ve siècle H (XIe siècle J.-C.).","method_for_provenance":"Ce gobelet, fut découvert fortuitement, en 1922, sur le site de Sabra al-Mansouriya. Des chercheurs de briques brisèrent, d'un coup de pioche, une grande jarre dont le contenu s'avéra d'une valeur inestimable : carafes, gobelets, flacons et coupes furent mis à jour. Ni les formes ni les décors qu'on retrouve dans des objets similaires exhumés lors des fouilles archéologiques de Sabra ne semblent mettre en doute la production de ce gobelet dans les ateliers de verre de Sabra al-Mansouriyya, réputés à l'époque, ou dans ceux de Kairouan, la capitale économique toute proche.","provenance":"Sabra al-Mansouriya ou Kairouan.","obtention":"Après sa découverte, en 1922, cette pièce fut conservée au musée du Bardo avant d'être récupérée par le Musée des arts islamiques de Raqqada, lors de son inauguration, en 1986, où elle est exposée actuellement (2005).","bibliography":"Marçais, G. et Poinssot, L., Objets kairouanais, XI, fasc. 2, Tunis, 1952, p. 388-389, n° 8.","dynasty":"Fatimo-ziride","author":"Mourad Rammah","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Verre; décoration florale; eau"],"materials":["Verre gravé et décoré."]},"1a0d6f2a-0a7e-5fdf-98b4-9f6cc792909b":{"name":"Norias (*nawa’ir*) de Hama.","description":"La roue à eau ou noria (*na'oura* au singulier, *nawa'ir* au pluriel) est une très ancienne structure hydraulique conçue pour puiser et distribuer l'eau en utilisant la force du courant. C'est aussi le symbole de la ville de Hama, à 226 km au nord de Damas, en bordure du fleuve Oronte. L'utilisation de roues à eau en Syrie remonte aux périodes classique et hellénistique, peut-être même à celle des Nabatéens (IIe siècle av. J.-C.-IIe siècle ap. J.-C.). Leur première représentation figure sur une mosaïque de l'ancienne ville d'Apamea, à 55 km au nord de Hama, datée de 469 J.-C. On constate au Moyen Âge une nette augmentation du nombre de références aux norias dans les écrits géographiques islamiques, ce qu'explique sans doute leur multiplication. Sous le règne des sultans seldjoukides et de leurs divers vassaux atabegs, zenguides et ayyoubides, lorsque les cités syriennes connaissent un fort développement urbain, la noria de Hama est particulièrement bien entretenue. Nour al-Din Mahmoud bin Zangui lance une campagne de reconstruction après le tremblement de terre de 551 H / 1157 J.-C., qui inclut la restauration du système d'adduction d'eau de la ville et des norias. \nLes plus anciennes norias subsistantes sont attribuées aux Ayyoubides (fin VIe siècle-VIIe siècle H / XIIe-XIIIe siècles J.-C.) tandis que la plus vieille tour, celle de la noria al-Muhammadiyyeh, porte une inscription la datant de la période mamelouke (763 H / 1361 J.-C.). C'est également l'une des deux plus grandes de la ville avec ses 21 m de diamètre et les 17,5 m de haut de son aqueduc. Particulièrement long, celui-ci alimente le quartier de la Grande Mosquée, à près de 1 kilomètre de l'Oronte. La deuxième plus grande noria, également de 21 m de diamètre et appelée al-Mamuriyyeh, date des débuts de la période ottomane (867 H / 1453 J.-C.). \nLes norias se composent principalement de deux parties : une roue mobile, généralement en bois de peuplier, et un aqueduc, habituellement en pierre. La roue est faite de grosses poutres fixées perpendiculairement autour de l'axe, créant une forme carrée au centre et partant en rayonnant vers la circonférence du cercle. Ces poutres sont solidarisées par des cadres circulaires et renforcées par d'autres, clouées selon des inclinaisons diverses. À la circonférence, des palettes facilitent le mouvement circulaire et des godets (*sanadiq*) collectent l'eau. Du fait de leur construction en bois, les poutres nécessitent un entretien constant et doivent être changées tous les 15 ans environ. \nL'efficacité d'une noria dépend aussi de constructions en pierre comme l'aqueduc et le petit barrage qui contrôle le niveau de l'eau. L'eau est reçue par un réceptacle parallèle à la roue et aussi large que possible, d'où part le long aqueduc reposant sur une arcade qui distribue l'eau pour l'irrigation ou les usages domestiques. En moyenne, une noria peut prélever 50 litres d'eau par seconde et irriguer jusqu'à 75 hectares.","short_description":"La ville de Hama est fameuse pour ses norias qui s'élèvent au bord des méandres de l'Oronte traversant la ville. Leur technique de construction est ancienne mais remarquablement efficace, encore aujourd'hui. Les roues sont habituellement en peuplier et doivent être régulièrement entretenues. Les barrages et aqueducs sont en pierre. Les dimensions des installations sont conçues pour capter le maximum d'eau et assurer sa distribution la plus efficace.","dates":"VIe-Xe siècle de l'Hégire (XIIe-XVIe siècle J.-C.)","location":"Hama","method_for_datation":"Certaines norias sont datées par des inscriptions, mais la plupart le sont d'après des preuves archéologiques et des sources historiques. Des fouilles récentes sous le niveau de l'eau ont montré que la plupart des norias sont d'origine très ancienne et ont été continuellement restructurées au cours des siècles.","bibliography":"Burns, R., *Monuments of Syria: An Historical Guide*, Londres-New York, 1999. \nDelpech, A. et al., *Les norias de l'Oronte : analyse technologique d'un élément du patrimoine syrien,* Damas, 2005.","dynasty":"Périodes atabeg, ayyoubide, mamelouke et ottomane.","author":"Waal Hafian","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Hydraulique ; alimentation en eau ; architecture urbaine ; Oronte"]},"1f743996-b211-5583-a401-77554e5bfc79":{"name":"Piscines de Salomon.","description":"Les piscines de Salomon comprennent trois bassins en cascade d'où partent des canaux. Le premier mesure 116 m de long par environ 72 m de large pour une profondeur de 6 à 12 m et une capacité de 85 000 mètres cubes. Le deuxième, de 129 m de long, 76 m de large et 12 m de profondeur, offre une capacité d'environ 90 000 mètres cubes. Le troisième, d'époque mamelouke, est le plus vaste. Il mesure 177 m de long par 86 m dans sa plus grande largeur. Il est profond de 15 m et présente une capacité de 113 000 mètres cubes environ. La capacité totale du système dépasse les 250 000 mètres cubes. \nL'eau venait de sources naturelles grâce à un système d'aqueducs de plus de 70 km de long. Les bassins recueillaient également l'eau de pluie. Ils fournissaient à la ville de Jérusalem, qui souffrait toujours de la sécheresse, une alimentation pour les usages domestiques. De cette position élevée, l'eau s'écoulait vers la ville en exploitant les pentes naturelles et les lits de ruisseaux. Le système de canaux et d'aqueducs en zigzag mesurait environ 22 km, soit le double de la distance en ligne droite entre la ville et les piscines. \nUn édit du sultanat ottoman confia la sécurité de l'approvisionnement aux villages traversés par ce système. En 1027 H / 1618 J.-C., le sultan 'Othman II (Osman II, r. 1027-1032 H / 1618-1622 J.-C.) fit construire un château fortifié à quelques mètres au nord du premier bassin.","short_description":"Ces grands réservoirs d’eau situés au sud de Bethléem doivent leur nom au sultan ottoman Soliman le Magnifique qui les restaura et les développa. Trois grands bassins récupéraient l’eau et étaient raccordés à un système complexe de canaux qui, à partir de sources situées à dix kilomètres de là, acheminaient l’eau jusqu’à Jérusalem. L’installation, commencée à la période romaine, fut améliorée à travers les âges. Un troisième bassin fut ajouté à la période mamelouke. Le perfectionnement du système pour approvisionner Jérusalem en eau fut considéré comme un témoignage du succès de l’administration dirigeante.","dates":"La première et la deuxième piscines datent de la seconde moitié du Ier siècle av. J.-C. La troisième – le bassin inférieur – a été construite entre 865 et 872 de l'Hégire / 1461-1467 J.-C.","location":"Bethléem","method_for_datation":"Le système d'adduction d'eau est daté d'après des informations fournies par l'historien romain Flavius Josèphe (mort après 100) et l'historien arabe Moujir al-Din al-Hanbali (mort en 928/1521).","bibliography":"Berchem, M. van, *Matériaux pour un Corpus Inscriptionum Arabicarum* (deuxième partie), Le Caire, 1922. \nAl-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973. \nNatsheh, Y., “The Architecture of Ottoman Jerusalem”, in S. Auld et R. Hillenbrand (éds), *Ottoman Jerusalem: The Living City 1517-1917* (deuxième partie), Londres, 2000. \nSalama, O. et Zilberman, I., “Aspakat ha-mayim li-Yerushalayim ba-meot ha-16 ve-ha 17 \\[Le système d'approvisionnement en eau de Jérusalem aux XVIe et XVIIe siècles\\]”, *Cathedra*, n° 41, 1985, pp. 91-106. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004.","patrons":"Le nom du ou des commanditaires du système de distribution d'eau dans la période préislamique est inconnu. Le troisième bassin a été commandité par le sultan mamelouk Khuchqadam (r. 865-872 H / 1461-1467 J.-C.). Des restaurations et rénovations des bassins et des aqueducs du *sabil* (al-Qanat al-Sabil) ont été entreprises par le sultan mamelouk al-Achraf Qaytbay (r. 872-901 H / 1468-1496 J.-C.) et le sultan Soliman le Magnifique (r. 926-974 H / 1520-1566 J.-C.).","architects":"Des documents conservés au tribunal de la charia de Jérusalem mentionnent la nomination d'un dénommé Mourad al-Nasrani l'Arménien, “architecte des aqueducs du *sabil*” en 970 H / 1562 J.-C.","dynasty":"Période romaine, période mamelouke.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Piscines; canaux; aqueducs; eau"]},"22d721a5-3840-5af9-8c84-912b213423e2":{"name":"Citadelle d’Amman (réservoir d’eau).","description":"à l'intérieur de la citadelle omeyyade et à l'est du complexe palatial se trouve une citerne circulaire de 6 m de profondeur et de plus de 17,5 m de diamètre, qui pouvait contenir jusqu'à 1 300 m3 d'eau. Cette citerne constituait sa plus importante réserve d'eau, alimentée par des canalisations connectées au système de récupération de l'eau de pluie. Des canalisations et des réservoirs de filtrage subsistent encore en partie à l'ouest de la citerne. Certains éléments architecturaux antérieurs dont des colonnes, des fûts et chapiteaux ont été utilisés comme matériaux de construction. Un fût de colonne en pierre a été posé au centre pour servir de jauge. La base et les murs étaient recouverts d'une couche épaisse de plâtre hydraulique encore visible. Des marches de pierre sur le côté ouest conduisent au fond, pour le nettoyage et la préparation à la saison pluvieuse. Un profond puits adjacent, au nord, faisait peut-être partie du système d'alimentation en eau des bains situés à l'ouest de la citadelle. Cette citerne circulaire est architecturalement et stylistiquement proche de la tradition locale de réservoirs rectangulaires, malgré une similarité superficielle avec les citernes circulaires aghlabides trouvées en Tunisie à Kairouan.","short_description":"La citerne d’eau douce de la citadelle d’Amman s’étend à l’est du complexe palatial omeyyade. C’est une citerne circulaire, de 6 m de profondeur et de plus de 17,5 m de diamètre, qui pouvait contenir jusqu’à 1 300 m3 d’eau. Alimentée par des canalisations connectées au système de récupération d’eau de pluie, elle constituait la plus importante source d’approvisionnement en eau de la citadelle. Certains éléments architecturaux, comme un fût de colonne réutilisé pour servir de jauge, ont été incorporés à la paroi de la citerne. L’intérieur était recouvert d’une couche épaisse de plâtre hydraulique. Des marches de pierre le long du côté ouest conduisaient au fond de la citerne.","dates":"Vers 110 de l’Hégire / 728 J.-C.","location":"Amman.","method_for_datation":"Les fouilles archéologiques ont permis de dater ce réservoir des années 730 J.-C.","bibliography":"Almagro, A., “El Palacio Omeya de Amman”, in *La Arquitectura*, Madrid, 1983. \nCreswell, K. A. C. et Allan, J. W., *A Short Account of Early Muslim Architecture*, Le Caire, 1989, pp. 169-173. \nKhouri, R. G., *Amman: A Brief Guide to the Antiquities*, Amman, 1988, p. 17. \nKoutsoukou, A. et al, *The Great Temple of Amman: The Excavations*, Amman, 1997, pp. 16-18. \nNorthedge, A. E., *Studies on Roman and Islamic Amman*, vol. I., Oxford, 1992, p. 152.","patrons":"Hicham ibn Abd-al-Malik (105-125 H / 724-743 J.-C.).","dynasty":"Omeyyade.","linkcatalogs":"IAM_JO_FR_001","author":"Mohammad Najjar","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["citadelle d’Amman ; complexe de bains ; plâtre hydraulique ; complexe palatial ; jauge à eau ; installations d’eau"]},"23e8db58-0148-5dc3-98b4-98cb5313ba16":{"name":"Rouleau de pèlerinage.","description":"Rouleau de pèlerinage manuscrit, peint et dessiné sur un coûteux papier couché appelé *abadi*. D'état fragmentaire, son titre ainsi que la partie contenant la *basmala* ont disparu. Le premier des deux fragments subsistants comprend une partie d'étendard au nom du calife abbasside contemporain al-Nasir (r. 575-622 H / 1180-1225 J.-C.). Sous cet emblème figure une représentation en couleurs du mont Arafat flanquée de chandeliers. En dessous sont reproduits la *Magam-i Ibrahim*, pierre associée au prophète Abraham, ainsi que des puits. Plus bas se trouve une image de al-Muzdalifa, lieu où les pèlerins passent la nuit au cours de leur séjour à La Mecque. Les espaces entre ces dessins sont remplis d'inscriptions précisant les obligations du pèlerinage. \nLa représentation de la Kaaba a malheureusement disparu. Le second fragment comporte des représentations de al-Safa et de al-Marwa, deux lieux de La Mecque visités par les pèlerins, de Médine où ils visitent le tombeau du prophète Mahomet, de Jérusalem où ils se rendent habituellement après La Mecque et Médine, et de la mosquée d'al-Aqsa à Jérusalem. Ce certificat a été rédigé en 602 H / 1206 J.-C pour une certaine Umm Abbas, épouse de Ghalib. La personne accomplissant le pèlerinage pour elle est Ahmad ibn Fadl al-Andalusi. \nAu Moyen âge, il était difficile pour beaucoup de gens, en particulier pour les femmes, d'accomplir le pèlerinage. Ainsi, ceux qui partaient ou ceux qui envoyaient un représentant à leur place désiraient un certificat prouvant qu'ils avaient visité les lieux saints et rempli toutes les obligations du voyage (peut-être pour le laisser en témoignage aux générations suivantes). Ces pèlerinages et ces certificats sont des documents inestimables pour la description du rituel et des sites sacrés et offrent une riche information sur la vie sociale de la période.","short_description":"Les certificats de pèlerinage documentent le *hadjdj* en Terre Sainte, qui culmine avec la circumambulation autour de la Kaaba. Les certificats ou certificats par procuration (pour ceux qui étaient dans l’incapacité d’accomplir eux-mêmes ce voyage périlleux) authentifient, avec des images, le nom du pèlerin et de son représentant, les lieux visités et le rite célébré.","holder":"Musée des arts turcs et islamiques.","dates":"602 de l’Hégire / 1206 J.-C.","location":"Sultanahmet, Istanbul","dimensions":"(4737) H. 55 cm, l. 26, 5 cm; (4746) H. 51 cm, l. 26,5 cm.","method_for_datation":"L'inscription du document spécifie la date de 602 H/1206 J.-C. Le style d'écriture et le nom du calife confirment cette date.","obtention":"Ismet Bey, maire d'Istanbul et membre du conseil d'administration du Musée des fondations islamiques (ancien nom du Musée des arts turcs et islamiques) avait visité la mosquée des Omeyyades à Damas et son *qubbat al-Hazine* (trésor) d'où il fit transférer au musée d'Istanbul divers objets, dont des corans et ce document de pèlerinage en 1914.","bibliography":"Aksoy, Ş. et Milstein, R., “A Collection of Thirteenth Century Illustrated Hajj Certificates”, *M. Uğur Derman 65th Birthday Festschrift*, Istanbul, 2000, pp. 73-134. \nölçer, N. *et al, Museum of Turkish and Islamic Art*, Istanbul, 2002, pp. 80-81.","dynasty":"Ayyoubide","author":"Şule Aksoy","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["pèlerinage"],"materials":["Papier manuscrit et peint à la main à l’encre et à l’aquarelle."]},"2778ce78-5836-53cd-89f8-bb048bc613b1":{"name":"Bouteille à décor estampé","short_description":"La forme globale de l'objet a été obtenue à partir de quatre parties distinctes : le col, l'anse et deux hémisphères pour la panse. Le décor, d'une grande complexité, se compose de motifs que l'on trouve fréquemment sur les bijoux et donne l'impression d'une transposition sur la céramique d'un travail d'orfèvrerie. Dans ce foisonnement, on distingue des rondeaux enfermant un oiseau terrassé par un faucon ou un lion passant, des colonnes torses surmontées de disques en forme de fleurs, des poissons, des boutons de lotus, des palmettes et des palmiers, des cercles ocellés... \nIl s'agit d'une pièce utilitaire mais aussi décorative destinée au service de l'eau dans les appartements ou les pièces de réception.","type":"Céramique","holder":"Musée de l'Institut du monde arabe","owner":"Musée de l'Institut du monde arabe","dates":"VIe siècle de l'Hégire / XIIe siècle J.-C.","location":"Paris","dimensions":"H: 15,5 cm, D: 7 cm","provenance":"Syrie ou Iraq","obtention":"Achat à l'étude Couturier-De Nicolay en 1989.","bibliography":"Atil, E., *Renaissance of Islam. Art of the Mamluks*, Washington: Smithsonian Institution Press, 1981: 128. \n \nBaer, E., \"Jeweled Ceramics from Medieval Islam: a Note on the Ambiguity of Islamic Ornament\", *Muqarnas, an Annual on Islamic Art and Architecture*, vol. VI (1989): 83-97. \n \nDelpont, E., et al., *Album du musée*, Paris: Somogy éditions d'art, 2012: 291. \n \nMoulierac, J., et al., *Céramiques du monde musulman: collections de l'Institut du monde arabe et de J.P. et F. Croisier* , Paris: Institut du monde arabe, Paris, 1999: 44.","materials":["Pâte argileuse non glacée, décor à la roulette et estampé"]},"28d76422-01a9-5e8c-8c76-2776985164f6":{"name":"Margelle de puits.","description":"Cylindrique à l'intérieur et hexagonale à l'extérieur, elle est assise sur une base épaisse formant bourrelet et s'ouvre par un rebord évasé au dessus aplati et taillé en huit pans verticaux. Un décor estampé recouvert d'une glaçure verte est réparti dans huit panneaux verticaux, divisés chacun en cinq registres horizontaux. Des frises d'arcatures polylobées meublent trois registres, que séparent un registre seulement recouvert de glaçure verte et un autre registre sur lequel est gravée sur un glaçure verte une inscription en caractères cursifs. Cette inscription mentionne le nom du propriétaire de l'atelier et la date de confection de cette margelle. Elle dit textuellement : “Ceci a été façonné dans la maison de Hadj Balkin le jour du (…) sept du mois de *rabii* le dernier en l'an cinq cent quatre-vingt-six \\[1190 J.-C.\\].” D'autres décors, également disposés en deux frises superposées, couronnent l'ouverture de la margelle. L'une est constituée de carrés garnis d'étoiles à huit branches, l'autre plus mince, d'un filet de chevrons. \n \nCe type de margelle s'est répandu aux époques almohades aussi bien dans le Maghreb qu'en al-Andalus. Elles étaient destinées à protéger les puits creusés au centre des cours intérieures des maisons, tout en contribuant à l'embellissement des lieux. C'est pourquoi les potiers apportaient un soin tout particulier à leur fabrication et se faisaient une fierté de signer leurs œuvres.","short_description":"Ce type de margelles décorées, datées et portant le nom de l'atelier s'est répandu aussi bien dans le Maghreb qu'en al-Andalus. Elles protégeaient les puits creusés au centre des cours intérieures des maisons, tout en contribuant à l'embellissement des lieux.","holder":"Musée ethnographique.","dates":"586 de l’Hégire / 1190 J.-C.","location":"Tétouan.","dimensions":"H. 69, Ø 52,5 cm.","method_for_datation":"L'inscription gravée en caractères cursifs sur le quatrième registre mentionne le lieu de fabrication (l'atelier de Hadj Balkin) et la date, le 7 du mois *rabia* II de l'année 586 (1190).","method_for_provenance":"Découverte archéologique fortuite faite à Sebta (Ceuta), au lieudit Llano de las Damas.","provenance":"Sebta.","obtention":"Dépôt archéologique.","bibliography":"Bazzana, A., *Maroc les trésors du Royaume* (catalogue), Paris Musées, 1999. \n \nCambazard-Amahan, C. et Erbati, E., *6000 ans d'Art au Maroc* (catalogue), Paris, 1990. \n \nTorres Balbas, L., *Ars Hispaniae, Historia universal del Arte Hispanica,* t. IV*, Arte almohade, arte nazarí, arte mudéjar,* Madrid, 1949.","workshop":"Atelier de Hadj Balkin.","dynasty":"Almohade","linkcatalogs":"IAM_MA_FR_001","author":"Naima El Khatib-Boujibar","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau ; décoration architecturale ; décoration géométrique ; décoration épigraphique"],"materials":["Terre cuite, estampée, recouverte d’une glaçure verte."]},"2f8de84c-6136-535a-a12d-f37d60e59baa":{"name":"Chapiteau de colonne.","description":"L'un des 18 chapiteaux de colonnes appartenant à la citerne d'eau du palais omeyyade d'al-Mouwaqqar. Son inscription mentionne qu'elle a été construite sur l'ordre du calife Yazid II (r. 101-105 H / 720-724 J.-C.). Le chapiteau a été découvert en mai 1943 dans la cour d'une maison privée située à quelques centaines de mètres des ruines du palais. Il était brisé en deux parties qui se complétaient. \nTrois côtés sont décorés d'une rangée de feuilles d'acanthe séparées par des volutes appariées. Une de ses faces présente une inscription arabe de dix lignes en relief sur fond lisse. On y lit : “Au nom de Dieu le miséricordieux. A ordonné la construction de ce bassin le serviteur de Dieu, Yazid, commandeur des fidèles, que Dieu lui accorde sa grâce et prolonge sa vie et son bonheur et lui accorde ses bénédictions et ses bontés dans ce monde et dans l'autre. Il a été construit par les soins d'Abdallah, fils de Sulaym.” Entre la huitième et la neuvième ligne, trois mots sont incisés en plus petits caractères : “Khamsat Achara dhira” (15 coudées). Le fût de la colonne sur laquelle reposait jadis ce chapiteau était immergé dans le bassin, chaque fût étant gravé d'indications en coudées pour jauger le volume d'eau. La mesure la plus élevée – 15 coudées – figure sur le chapiteau lui-même. \nUne seconde inscription en relief court autour de l'abaque sur les trois côtés décorés. Elle est interrompue au centre par une protubérance circulaire à trèfle épigraphié disant : “ô Dieu, bénissez votre serviteur et messager Mohamed.”","short_description":"Chapiteau de colonne en calcaire d’al-Mouwaqqar avec inscription arabe de dix lignes en relief mentionnant la construction d’un bassin sur ordre de Yazid II (r 101-105 H / 720-724 J.-C.). Gravés d’indications en coudées pour donner le niveau, le chapiteau et son fût servaient à jauger le volume d’eau. Le dernier relevé – 15 coudées – figure sur le chapiteau lui-même.","holder":"Musée archéologique jordanien.","owner":"Maintenant exposé au ‘Jordan Museum’","initial_owner":"Calife Yazid II (r. 101-105 H / 720-724 J.-C.).","dates":"101-105 de l’Hégire / 720-724 J.-C.","location":"Amman.","dimensions":"H. 60 cm, l. 41 cm.","method_for_datation":"Ce chapiteau est datable grâce à l'inscription qui porte le nom du calife omeyyade Yazid II (r. 101-105/720-724).","method_for_provenance":"Des sources littéraires précisent que la résidence palatiale d'al-Mouwaqqar appartenait au calife omeyyade Yazid ibn Abd al-Malik (Yazid II, r. 101-105/720-724). De plus, ce chapiteau a été trouvé à quelques centaines de mètres seulement du palais d'al-Mouwaqqar.","provenance":"Citerne d’al-Mouwaqqar, Jordanie.","obtention":"Objet directement obtenu par le musée auprès du propriétaire de la maison dans laquelle il a été trouvé.","bibliography":"العابدي. محمود، الآثار الإسلامية في فلسطين والأردن، عمان، 1973. \nHamilton, R. W., “An Eighth-Century Water Gauge at al-Muwaqqar”, *Quarterly of the Department of Antiquities in Palestine* X11, 1946, pp. 63-69. \nZabern, P., *Der Königs Weg: 9000 Jahre Kunst und Kultur in Jordanien und Palästina*, catalogue d'exposition, Mayence, 1987, p. 351.","dynasty":"Omeyyade","linkcatalogs":"IAM_JO_FR_001","author":"Aida Naghawy","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["chapiteaux de colonne ; inscriptions ; palais (qasr) ; jauge à eau"],"materials":["Pierre, inscription sculptée."]},"33362f44-34f0-5545-a2a1-056208f5dff6":{"name":"Sahrij Swani (Bassin des Norias).","description":"Selon l'historien de Meknès Ibn Zaidan, Moulay Ismaïl fit aménager à l'intérieur de la casbah une grande pièce d'eau sur laquelle on pouvait se promener en embarcations de plaisance. \n \nEn fait, le prince alaouite, contemporain de Louis XIV, avait fait construire ce bassin pour garantir, en cas de siège et en périodes de sécheresse, l'approvisionnement en eau des palais et des mosquées de la ville, mais aussi des bains publics, des maisons, des jardins et des vergers qui ceinturaient la ville et subvenaient à ses besoins quotidiens en légumes et en fruits. \n \nPièce maîtresse du complexe connu sous le nom de Hri Swani, le Bassin des Norias, Sahrij Swani, est un bassin artificiel remarquable par sa taille (148,75 x 319 m pour une profondeur de 3,20 m.) Des trois hautes murailles crénelées qui auraient été construites autour du bassin ne restent aujourd'hui qu'un morceau de rempart isolé, situé au sud-ouest vers le quartier Beni Ahmed, ainsi que les vestiges de la base d'une enceinte épaisse de plus de 2 mètres. \n \nPar son étendue, le bassin rappelle les lacs des montagnes du Moyen Atlas situées au sud de la ville. \n \nL'eau du bassin provenait de deux origines : \n \n– L'eau des 10 puits creusés à proximité du Sahrij, en dessous du silo, amenée grâce à 10 norias à travers des canalisations en poterie. Le recours à l'eau des puits se faisait en périodes de troubles (guerres, etc.) et de sécheresse. \n \n– L'eau de l'oued Boufekrane qui descend du Moyen Atlas, traverse la partie méridionale de Meknès et alimente le bassin et une partie de la ville de Meknès. \n \nAujourd'hui, le bassin constitue une attraction pour les touristes qui visitent la ville, mais aussi pour les habitants de Meknès qui viennent en fin de semaine y rechercher la fraîcheur qui fait tant défaut en été.","short_description":"Situé au pied du bâtiment abritant les silos à grain de Meknès dans la large enceinte du Palais royal, le bassin Sahrij Swani ou Bassin des Norias ou Maison des Dix Norias a été aménagé au XVIIIe siècle. Réservoir artificiel de forme rectangulaire, comme celui de la Menara de Marrakech, cet édifice hydraulique était destiné à assurer les besoins en eau des constructions et monuments de la ville de Moulay Ismaïl pendant les périodes de siège. Il était alimenté par les 10 norias du bâtiment voisin et entouré de 3 hautes murailles crénelées d'une épaisseur de plus de 2 m. \nL'ouvrage vient tout juste d'être restauré.","dates":"XIe-XIIe siècle de l’Hégire (XVIIe-XVIIIe siècle J.-C).","location":"Meknès.","method_for_datation":"Dans *al-Ithaf*, Ibn Zaidan donne la date approximative de 1107 (1695 J.-C.).","bibliography":"Barrucand, M., *Urbanisme princier en Islam : Meknès et les villes royales islamiques post-médiévales*, Paris, 1985. \n \nMennouni, M., *Planning urbain de la ville de Meknès à travers quatre époques* (en arabe), Rabat, n. d. \n \nTerrasse, H., *Villes impériales du Maroc*, Grenoble, 1937.","patrons":"Le sultan Moulay Ismaïl (1083-1140 H /1672-1727 J.-C.).","dynasty":"Alaouite.","linkcatalogs":"IAM_MA_FR_001","author":"Mohamed Mezzine","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau ; bassin ; sécurité ; canalisations"]},"3b8b9f68-e0cc-5ffc-84c6-1dee91c19a09":{"name":"Fondouk Nejjarine.","description":"Bien que construits à près d'un siècle de distance, le *fondouk* (caravansérail) et la *seqqaya* (fontaine) de la place Nejjarine (des menuisiers) constituent un ensemble urbanistique et social intégré. \n \nGénéralement érigée à titre caritatif et le plus souvent élément annexe de la mosquée, la fontaine est ici élément complémentaire de l'hostellerie. \n \nLe *fondouk* Nejjarine occupe un espace rectangulaire presque régulier orienté nord-est/sud-ouest. \n \nOn accède à l'intérieur par une grande ouverture, prolongée d'un vestibule droit. Deux marches permettent d'accéder au patio. Ce dernier, de section rectangulaire, est bordé sur ses quatre côtés par des galeries sur lesquelles donnent des chambres de tailles inégales. \n \nLe rez-de-chaussée est surmonté par deux étages. Les façades du patio sont symétriques. \n \nLe bâtiment se distingue par son grand portail (5 m de hauteur sur 3 m de largeur), qui domine la place et la construction. Ce portail est d'une composition homogène et harmonieuse. Sa décoration est basée sur un arc outrepassé reposant sur deux piliers en briques pleines, engagées dans le mur. Cet arc est doublé d'un autre arc polylobé en plâtre sculpté, dont les écoinçons sont revêtus de carreaux de zelliges portant un décor floral et anépigraphique. Au-dessus de l'arc courent des bandeaux portant soit une inscription, soit une succession d'arcades en plâtre sculpté ou en bois. L'ensemble est couronné par des consoles qui supportent un grand auvent en bois sculpté. Elles sont marquées par une série d'arcs reposant sur des piliers et des poutres en bois. \n \nL'intérieur, analogue à tous les *fondouks*, a été restauré en 1998 et aménagé en musée du Bois. \n \nLa fontaine Nejjarine qui fait face au *fondouk*, vers le centre de la place, est un bassin rectangulaire qui servait d'abreuvoir, plus particulièrement aux montures des clients du *fondouk*. Sa partie supérieure et le fond de l'arcature en fer à cheval brisé qui s'élève derrière sont tapissés de marqueterie de céramique. De part et d'autre de l'arcature, deux demi-colonnes supportent les linteaux et la corniche en bois qui s'avancent au-dessus.","short_description":"Le *fondouk* Najjarine est un caravansérail construit au XVIIIe siècle par le sultan Moulay Ismaïl pour loger les nombreux marchands de passage à Fès. \nérigé sur un espace rectangulaire, le *fondouk* se distingue par son portail qui domine la place. Le rez-de-chaussée était réservé aux écuries, les chambres d'hôtes étaient à l'étage. \nAu début du XXe siècle, le *fondouk* fut utilisé comme poste de police par le Protectorat. \nIl a été tout récemment restauré (1998) et aménagé en musée du Bois. Il est prolongé par une belle fontaine du XIXe siècle.","dates":"1123 de l'Hégire / 1711 J.-C.","location":"Fès.","method_for_datation":"Aucune datation sur le monument ni sur la fontaine, mais les textes classiques comme l'*Ithaf* d'Ibn Zaydan évoquent la date de 1123 pour le *fondouk*.","bibliography":"Aouni, L.M., “Les monuments de Moulay Ismaïl à Fès”, *Actes du colloque Moulay Ismaïl,* Meknès, 1995, pp. 87-109. \n \nSchéma directeur d'urbanisme de la ville de Fès, *Dossier technique n° IV*, Les inventaires, Paris 1980, p. 20.","patrons":"Moulay Ismaïl (1083-1140 H / 1672-1727 J.-C.) pour le fondouk, Moulay Abderrahman (1238-1276 H / 1822-1859 J.-C.) pour la fontaine.","dynasty":"Alaouite.","linkcatalogs":"IAM_MA_FR_001","author":"Mohamed Mezzine","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["ommerce ; fondouk ; hôtellerie ; eau ; céramique"]},"3b9a8d6f-7ca1-5e34-9c8f-c212c393a3de":{"name":"Charte *waqf* pour une fondation pieuse de Haseki Hürrem Sultan.","description":"Cette charte d'établissement d'une fondation pieuse (*waqf*) par l'épouse du sultan Soliman le Magnifique, Haseki Hürrem Sultan, rédigée en arabe sur 49 pages d'un papier finement préparé, est datée de 964 H / 1557 J.-C. La *tugra* de Soliman (r. 926-974 H / 1520-1566 J.-C.) figure page 1a. Le texte qui débute par un titre occupant une page entière compte 9 lignes par page, copiées à l'encre noire à l'intérieur de marges matérialisées par un trait doré. Le titre de la page 1b et les espaces entre les lignes de la page 2a sont enluminés de dorures aux bords cernés de noir. \nLa reliure en cuir brun reflète les caractéristiques stylistiques de cet art au Xe siècle H (XVIe siècle J.-C.), en particulier le médaillon ovale en creux à lambrequins et angles ornés. Il a été exécuté par pression dans une matrice, puis peint à l'or. Les contre-plats sont ornés de médaillons ovales découpés, collés et décorés d'arabesques et de motifs floraux d'inspiration chinoise. \nLes pages 9b-10a mentionnent les constructions entreprises par Soliman à Jérusalem près du Dôme du rocher pour son épouse Hürrem Sultan, appelés dans diverses sources historiques la mosquée-*madrasa*\\-*imaret* de Haseki Hürrem Sultan. Les pages 12a-14b contiennent une explication détaillée des dépenses à entreprendre pour assurer le bon fonctionnement du projet, comme l'entretien et le nettoyage des bâtiments, les salaires des employés, etc. Les pages 15b et 27a détaillent les domaines, moulins et autres propriétés pris parmi les biens de la donatrice pour garantir les revenus de la fondation, mais aucune information n'est donnée sur leur localisation. Les signatures des témoins et le sceau de Hürrem Sultan figurent page 49a. \nCet acte est un remarquable exemple de l'art du livre de la période ottomane classique, ainsi qu'une source appréciable d'informations historiques sur le système ottoman des fondations pieuses et sur leur fonctionnement.","short_description":"Cette charte d’établissement d’une fondation pieuse ou *waqfiya* à Jérusalem de l’épouse de Soliman le Magnifique, Hürrem Sultan, connue pour son implication politique, son élégance et ses œuvres caritatives, est non seulement un document historique mais aussi un magnifique exemple des arts du livre du Xe siècle H (XVIe siècle J.-C.).","holder":"Musée des arts turcs et islamiques.","initial_owner":"Haseki Hürrem Sultan (m. 965 H / 558 J.-C.).","dates":"964 de l’Hégire / 1557 J.-C.","location":"Sultanahmet, Istanbul","dimensions":"L. 28 cm, l. 19 cm.","method_for_datation":"Selon son colophon, ce document a été rédigé en 964/557.","method_for_provenance":"Outre la calligraphie, la présence de la *tugra* de Soliman le Magnifique et la date indiquée, la qualité des enluminures montre que cette œuvre a probablement été réalisée dans un atelier du palais d'Istanbul au Xe/XVIe siècle.","provenance":"Istanbul, Turquie.","obtention":"Transféré de la Direction des fondations pieuses en 1337/1919.","bibliography":"*Soliman le magnifique* (catalogue d'exposition), Paris, 1990, pp. 38-39, n° cat. 17.","dynasty":"Ottomane","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"Sevgi Kutluay","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["papier ; dorure ; encre ; aquarelle ; cuir ; gaufrage ; peinture ; waqf"],"materials":["Papier préparé, cuir, encre, aquarelle, dorure, gaufrage."]},"3bade1c0-e889-52a3-9c4f-df066605f2cc":{"name":"Barrage","alternate_name":"Ahbas","description":"Le grand barrage de Beni Isguen est également appelé *ahbas* et son nom s'est étendu à toute la zone environnante. En amont du *ksar*, il se situe sur le lit de l'oued N'tissa au niveau d'une des plus courtes distances entre les deux collines qui limitent la palmeraie. \nD'une longueur de 430 m sur une largeur de 3 m à la base et de 1 m au sommet, avec une hauteur moyenne de 8 m, le barrage est subdivisé en deux parties essentielles. \nLa première est en forme de déversoir et de distributeur, légèrement incliné dans le sens de la longueur sur 77 m. Le long du corps du déversoir, 74 pierres plantées verticalement brisent la vitesse du courant des eaux et permettent aux *oumanas* (commission de gestion des eaux de crue) d'apprécier l'importance des crues selon la pierre atteinte par le niveau de l'eau. A la limite supérieure de ce déversoir, une borne d'une hauteur déterminée et localement appelée *cham'a* (bougie) indique le niveau des crues dangereuses. Si l'eau atteint le sommet de ce témoin, l'alerte est rapidement donnée pour évacuer toute la palmeraie et une partie de l'extension du *ksar*. \nLa deuxième partie du barrage constitue le réservoir naturel qui permet l'alimentation de la nappe phréatique. Il s'agit de deux puits creusés au niveau du barrage qui facilitent et accélèrent l'approvisionnement de la nappe et diminuent ainsi l'effet d'évaporation, étant donné l'étendue de la surface des eaux stockées surtout en période hautes températures.","short_description":"Le grand barrage de Beni Isguen est situé en amont du *ksar*, dans le lit de l'oued N'tissa. Il se partage en deux étendues importantes : le déversoir le long duquel sont plantées des pierres qui permettent de mesurer le niveau de l'eau et, en cas de crue dangereuse, de donner l'alerte ; et le réservoir en contact avec la nappe phréatique par le biais de deux puits.","dates":"Xe/XVIe siècle","location":"Beni Isguen, M’zab","method_for_datation":"D'après les écrits de la région.","bibliography":"Didillon, C. et Pierre, D., *Habiter le désert, les maisons mozabites,* Bruxelles, 1986. \n*Rapport sur les sites et monuments de la vallée,* OPU, Alger, 1986.","author":"Lakhdar Drias","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["barrage ; ahbas ; déversoir ; eau ; réservoir"]},"3c0a8afd-9a9e-52f1-a2f3-a48c17f4d63f":{"name":"Grande Mosquée de Mahdia.","description":"Présentant un plan rectangulaire (75 x 55 m) plus profond que large, cette mosquée est flanquée de deux tours rondes qui servaient à récupérer les eaux des terrasses. La mosquée ne semble pas avoir eu de minaret ; l'appel à la prière se faisait sans doute du haut de l'une des tours. L'entrée principale est précédée d'un porche attesté pour la première fois dans l'architecture religieuse maghrébine. De proportions harmonieuses, ce porche est surmonté d'un arc en plein cintre outrepassé, flanqué, au niveau du registre supérieur, de niches en forme de *mihrab*. En bas, les différentes faces sont meublées de niches à fond plat. Ce décor, qui avait servi de modèle pour les monuments fatimides, et attesté essentiellement par la façade latérale de la Grande Mosquée de Sfax, annonçait ceux de l'époque ziride. L'allure de ce porche n'est pas sans rappeler les arcs de triomphe romains. \n \nLe porche d'entrée dessert une cour entourée de quatre galeries, abritant une pièce aux angles et donnant sur le patio par des arcs brisés soutenus par des piliers au niveau de la galerie nord. Ceux des autres galeries sont en plein cintre outrepassé et reposent sur des colonnes surmontées de chapiteaux. \n \nà partir de la galerie sud-est, on pénètre dans la salle de prière composée de neuf nefs et trois travées, la nef axiale et le transept adoptant une disposition en T. Leur intersection est surmontée par une coupole posée sur des colonnes polylobées et abritant un *mihrab* dont la forme et le décor actuels reproduisent le *mihrab* du Ve siècle H (XIe siècle J.-C.). Il est constitué d'une niche à parois creusées de cannelures à section semi-circulaire s'achevant chacune par une coquille. Un cul-de-four surmonte la niche et donne sur la salle par un arc en fer à cheval soulagé par des colonnettes d'angle sur lesquelles sont posés des chapiteaux de type ziride. La Grande Mosquée de Mahdia a inspiré certaines mosquées fatimides d'égypte, surtout la mosquée d'al-Hakim et la mosquée al-Aqmar au Caire.","short_description":"La Grande Mosquée de Mahdia fut construite par le calife al-Mahdi. Objet de plusieurs modifications, elle a été reconstruite par l'architecte français A. Lézine entre 1961 et 1965. La mosquée ne semble pas avoir eu de minaret ; l'appel à la prière se faisait du haut de l'une de ses tours. La Grande Mosquée de Mahdia a inspiré certaines mosquées fatimides d'égypte comme la mosquée al-Hakim et la mosquée al-Aqmar du Caire. Ce monument doit sa beauté à la simplicité de ses formes, la franchise des matériaux et l'absence de tout décor superflu.","dates":"Début de la construction : 303 de l’Hégire / 916 J.-C.","location":"Mahdia","method_for_datation":"Les sources historiques, à l'exemple d'Ibn Idhari (VIIe/XIIIe siècle) ainsi que les sources géographiques, à l'exemple d'al-Bakri (Ve/XIe siècle), attribuent la Grande Mosquée de Mahdia au calife fatimide al-Mahdi. D'autre part, les galeries nord et l'ancien *mihrab* sont datables de l'époque ziride, en comparaison avec des monuments contemporains comme la Grande Mosquée de Sfax et du *mihrab* de la Grande Mosquée de Monastir.","bibliography":"Lézine, A., *Mahdia, Recherches d'archéologie islamique*, Paris, 1965. \n \nLézine, A., *Mahdia*, Tunis, 1968. \n \nMarçais, G., *L'architecture musulmane d'Occident,* Paris, 1954.","history":"La mosquée fut construite sur un terrain relativement désaxé qui a été remblayé et entièrement gagné sur la mer. L'édifice a fait l'objet de plusieurs remaniements, essentiellement à l'époque ziride à la suite de l'effondrement du mur de la *qibla*. D'autres travaux furent menés à l'époque ottomane, au XIe siècle H (XVIIe siècle J.-C.). La mosquée a été reconstruite, entre 1961 et 1968. Seuls le porche et la galerie nord sont actuellement authentiques.","patrons":"Le calife fatimide al-Mahdi.","dynasty":"Fatimo-ziride (début de la dynastie : 297 H / 910 J.-C.).","linkcatalogs":"IAM_TN_FR_001","author":"Saloua Zangar","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Mosquée; époque fatimide; époque ziride; architecture; porche."]},"3c8378b6-b15a-5c21-874e-d7a334e3dab5":{"name":"Fragment de fresque de hammam.","description":"Fragment architectural en forme de niche à arc brisé peinte, qui faisait jadis partie d'un hammam. Il est décoré d'une figure exécutée à l'aquarelle rouge et noire sur fond blanc selon la technique de la fresque. Elle représente un jeune homme assis – peut-être un prince – qui tient une coupe dans sa main droite. Il est revêtu d'une grande robe à motifs végétaux de couleur rouge. Deux cercles entourent la partie supérieure de ses bras. Il est coiffé d'un turban plissé d'où dépassent des cheveux à l'avant et sur la nuque. Une auréole encercle sa tête, peut-être pour signaler son rang. Une écharpe aux extrémités flottantes est passée sous ses aisselles. \nLa niche est encadrée par un arc composé de petits cercles évoquant des perles. La fresque rappelle des peintures découvertes à Samarra (Irak) tant pour le personnage que la forme de la tête, l'auréole, la répétition de motifs décoratifs et le cadre en arc. Par ailleurs le style n'est pas vraiment réaliste, ce qui dénote d'évidentes influences perses. Les fresques fatimides sont assez proches par leur forme, leur style et leur thématique de représentations ornant des céramiques à décor lustré produites en égypte au cours de cette période. La figure de ce fragment peut se comparer à d'autres exemples fatimides figurant sur divers médias : céramiques, bois sculptés et nombreux textiles, même si la peinture est un art décoratif aux qualités spécifiques au cours de la période fatimide.","short_description":"Les hammams étaient des bâtiments d'importance dans le monde islamique en raison de leur rôle dans l'hygiène et la purification du corps. Les murs des bains publics étaient communément décorés de fresques, comme l'exemple que nous voyons ici.","holder":"Musée d’art islamique","dates":"Ve siècle de l’Hégire (XIe siècle J.-C.).","location":"Le Caire","dimensions":"H. 24,5 cm, l. 600 cm.","method_for_datation":"Comparaison avec d'autres peintures de la période, art ayant connu un développement spécifique pendant la période fatimide.","method_for_provenance":"Ce fragment a été découvert *in situ* dans un hammam fatimide de la région de Fustat.","provenance":"Fustat, Égypte.","obtention":"Des fouilles archéologiques conduites par le Centre des antiquités arabes en 1932 ont révélé l'existence d'un hammam fatimide dans la région de Fustat. Certaines pièces découvertes, dont ce fragment architectural, ont été transférées au Musée en 1934 qui les a enregistrées dans ses acquisitions.","bibliography":"Al-Pasha, H., *Al-Taswir al-Islami fi al-Usur al-Wusta* \\[La peinture islamique au Moyen âge\\], Le Caire, 1959. \n\\_\\_\\_\\_\\_\\_, *Trésors fatimides du Caire*, catalogue d'exposition, Institut du monde arabe, Paris, 1998. \nGrübe, E., *Cobalt and Lustre: The First Centuries of Islamic Pottery,* Londres, 1994. \nHassan, Z. M., “Touhaf Jadida min al-Khazaf al-Fatimi dhi al-Bareeq al-Ma'dani \\[Nouvelles céramiques fatimides à décor de lustre métallique\\]”, *Majalat Kouliyat al-Adab* \\[de la faculté des Arts\\], décembre 1951. \nHassan, Z. M., *Kounouz al-Fatimiyyin* \\[Trésors des Fatimides\\], Beyrouth, 1981. \nPhilon, H., *Early Islamic Ceramics: Ninth to Twelfth Centuries,* Athènes, vol. 1, Londres, 1980.","dynasty":"Fatimide","author":"Al-Sayyed Muhammad Khalifa Hammad","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Stuc ; hammam ; représentation figurative ; éléments architecturaux ; fresques"],"materials":["Peinture au plâtre et aquarelle rouge et noire."]},"3ecd0c7a-1b74-5c15-9202-2b4414a57d9c":{"name":"*Port d'Alger*","short_description":"Inscrit à l’École des Beaux-Arts d’Alger dans l’atelier d’Hyppolite Dubois en 1905, il suivit les cours des peintres Léon Cauvy et Georges Rochegrosse ; boursier de la ville d’Alger en 1909, il entre, à Paris, dans l’atelier Cormon. Grand prix artistique de l’Algérie 1925 pour sa grande composition « La famille Attali », il retourne à Paris en 1919 où il obtient un second grand prix de Rome. Il participera régulièrement au Salon des artistes algériens et orientalistes. En 1934, il reçoit une commande. En 1936, il réaliste une fresque en huit panneaux pour l’Opéra d’Alger.","type":"Peinture","holder":"Musée national des Beaux-Arts","dates":"1re moitié du XXe siècle","location":"Alger","dimensions":"41 x 61cm","artist_birthdate":"1872","artist_birthplace":"Bastia","artist_deathdate":"1940","artist_deathplace":"Alger","author":"Dalila Orfali","keywords":["Orientalisme; cité colonielle"],"materials":["Huile sur bois"],"artist":"Antoni, Louis-Ferdinand"},"3f16b552-d46e-5615-93a4-6d3aa09a3cdd":{"name":"Aiguière.","description":"Aiguière en cuivre à décor incrusté d'argent et inscriptions en style *naskhi* dont le texte se lit : “L'honorable Excellence, Tabtaq, Gloire à son triomphe”. Les blasons comportent un gobelet, ce qui désigne la charge d'échanson occupée par le propriétaire de l'objet. En partie supérieure, un bandeau décoratif présente une série de rondeaux en relief à décor d'oiseaux affrontés. L'embouchure décorée de motifs végétaux est dotée d'un couvercle à double charnière et d'un filtre interne. Le bec présente trois bandeaux décoratifs : celui du milieu est inscrit d'un texte de propagande en écriture *naskhi*, l'autre, orné d'éléments en pointe de diamant, est meublé de motifs végétaux. Le nom mentionné renvoie à l'émir Tabtaq, l'un des officiers d'élite de al-Malik al-Achraf Khalil qui régna de 689 à 693 H / 1290-1294 J.-C. Tabtaq fut gouverneur de la ville de Qous en Haute-égypte au cours du troisième règne du sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun (r. 709-741 H / 1309-1340 J.-C.). \nLa fabrication d'aiguières était une activité florissante en Iran, d'où elle se transféra vers l'Irak puis l'égypte sous les Ayyoubides et les Mamelouks. Les formes et fonctions de ces objets étaient multiples : verser l'eau du bain, laver les mains et l'accomplissement du *woudou* (ablutions obligatoires avant la prière). Des aiguières purement ornementales décoraient également les palais et les résidences des sultans et des émirs.","short_description":"L'importance de cette aiguière vient de sa décoration admirable. Elle porte le nom de l'émir Tabtaq, un disciple du sultan al-Nasir Muhammad, et un blason à gobelet, symbole de sa charge d'échanson. Les aiguières arrivaient d'Égypte et d'Irak venant de Perse et avaient de multiples formes. On s'en servait dans les palais et les maisons pour verser l'eau du bain, se laver les mains et pour les ablutions obligatoires.","holder":"Musée d’art islamique","dates":"709-741 de l’Hégire (1309-1340 J.-C.).","location":"Le Caire","dimensions":"H. 40 cm, Ø (base) 15 cm, Ø (ouverture) 10 cm.","method_for_datation":"L'aiguière porte le nom de l'émir Tabtaq, l'un des hauts dignitaires du règne d'al-Malik al-Achraf Khalil, et gouverneur de la ville de Qous au cours du troisième règne du sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun (r. 709-741/1309-1340).","method_for_provenance":"Cette aiguière a été fabriquée en égypte pour l'émir Tabtaq, comme le confirme l'inscription. De plus, elle a été découverte lors de fouilles archéologiques menées dans la ville égyptienne de Qous. Enfin, sa technique d'incrustation est typique d'un style répandu en égypte au cours de la période mamelouke.","provenance":"Égypte.","obtention":"Objet découvert lors de fouilles archéologiques dans la ville de Qous (égypte) en 1966.","bibliography":"Abd al-Razzaq, A., “Al-Runuq ala 'asr Salateen al-Mamalik \\[Blasons de la période des sultans mamelouks\\]”, *Mijala al-Jam'iya al-Tarikhiya* \\[Journal de l'Association historique \\], 21, Le Caire, 1974. \nAtil, E., *Renaissance of Islam: Art of the Mamluks,* Washington D.C., 1987. \n\\_\\_\\_\\_\\_\\_, et al., *Islamic Metalwork in the Freer Gallery of Art*, Washington D.C., 1985. \nMusilhi, S., *Adwat wa Awani al-Matbakh al-Ma'adaniya fi al-'Asr al-Mamluki* \\[Instruments et ustensiles en métal pour la cuisine au cours de la période mamelouke\\], thèse de doctorat, Université du Caire, 1983. \nStierlin, H. et Stierlin A., *Splendours of the Islamic World: Mamluk Art in Cairo (1250–1517),* Londres-New York, 1997.","dynasty":"Mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","author":"Muhammad Abbas Muhammad Selim","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Aiguières ; inscriptions ; écriture naskhi ; décoration épigraphique ; cuivre ; blasons ; propagande"],"materials":["Cuivre incrusté d’argent."]},"4a348cc6-05a3-5e8a-8b61-a980db3a8b21":{"name":"Plat.","description":"Plat creux à décor peint sous glaçure figurant un vaisseau de style européen aux voiles gonflées, fendant la crête des vagues. Des sortes de têtards frétillent dans la mer au premier plan. Sur l'aile, de petites spirales regroupées et dessinées avec simplicité, sans doute inspirées du motif de bordure chinois “vagues et rochers”, renforcent le thème maritime. Ce plat fait partie d'un certain nombre de pièces similaires représentant des vaisseaux de construction européenne ou nord-africaine. Ils sont été produits vers le second quart du XVIIe siècle, alors que les ateliers de céramique d'Iznik avaient perdu de leur splendeur depuis déjà 50 ou 70 années. Il conserve néanmoins un charme considérable, dû en particulier à l'aspect enjoué que l'artiste a su donner au bateau.","short_description":"Plat creux orné d'un vaisseau naviguant. De semblables représentations de navires européens et nord-africains figurent sur nombre de céramiques sorties des ateliers d'Iznik au XIe s. H / XVIIe s. J.-C. Même si l'industrie céramique était alors dans une phase de déclin art et économique, des exemples comme celui-ci conservent un certain charme.","holder":"Victoria and Albert Museum.","dates":"vers 1031-1056 de l’Hégire / 1625-1650.","location":"Londres","dimensions":"H. 4,9 cm, Ø 31,2 cm.","method_for_datation":"Comparaison avec des pièces similaires de la même période.","method_for_provenance":"Iznik était à cette époque le centre de production de la céramique de qualité.","provenance":"Iznik.","obtention":"Acheté par le musée en 1867.","bibliography":"Atasoy, N. et Raby, J., *Iznik: The Pottery of Ottoman Turkey,* Istanbul-Londres, 1989, p. 280. \nLane, A., *Later Islamic Pottery: Persia, Syria, Egypt, Turkey,* Londres, 1957, pp. 57-58.","dynasty":"Ottomane","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"Barry Wood","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","materials":["Céramique peinte vernissée."]},"54e4dfd7-48fc-5972-94f5-cea81c315201":{"name":"Écuelle.","description":"Écuelle à large ouverture et à fond légèrement convexe. Comme dans la plupart des objets de ce genre, le décor, qui recouvre entièrement la surface extérieure, s'organise en une large bande alternant avec des médaillons, formée d'une série de cartouches contenant des inscriptions en style cursif “naskhi”) mamelouk, appelé “thoulouth”. Sur le fond extérieur, le décor présente des motifs comme des phénix en vol et des pivoines, caractéristiques de l'orfèvrerie mamelouke et révélateurs de l'influence du naturalisme extrême-oriental, par l'intermédiaire du milieu iranien. \nDans les inscriptions, qui offrent un exemple typique des titres en usage dans le protocole mamelouk pour les objets destinés aux personnages de haut rang, on trouve des formules comme : “l'Excellence Suprême”, “le Maître”, “le Souverain”, “le Juste”, “l'Émir”, “le Mamelouk”… l'écuelle appartenait probablement à un haut fonctionnaire inconnu vivant à la cour du souverain, auquel une des inscriptions fait référence. \nSur le fond intérieur figure un motif particulièrement intéressant, formé d'une série de poissons disposés en spirale. Il s'agit d'un élément décoratif très répandu dans l'orfèvrerie islamique, et surtout dans celle de la période mamelouke. Le motif des poissons, outre qu'il est évidemment lié à l'usage de l'objet – contenir de l'eau –, revêt sans doute également une signification particulière, à la fois magique et symbolique dans la mesure où, dans le monde oriental aussi, le poisson, est de bon augure pour le propriétaire de l'objet.","short_description":"Écuelle pour l'eau, décorée avec des inscriptions et des motifs zoomorphes (poissons, phénix en train de voler) ; elle illustre bien l'usage à but décoratif et propitiatoire de la calligraphie dans le monde islamique.","holder":"Musée des civilisations | Musée d'art oriental “Giuseppe Tucci”","dates":"VIIIe siècle de l’Hégire (XIVe siècle J.-C.)","location":"Rome","dimensions":"Ø 20 cm.","method_for_datation":"La typologie de l'écuelle est très répandue dans l'orfèvrerie islamique du VIIIe/XIVe siècle.","method_for_provenance":"Le type de spécimens auquel appartient cette écuelle est répandu, que ce soit dans le milieu iranien ou dans le milieu syro-égyptien.","provenance":"Égypte ou Syrie.","obtention":"Achat.","bibliography":"Atil, E., *Renaissance of Islam. Art of the Mamluks*, Washington, 1981. \nBaer, E., “Fish-pond Ornaments on Persian and Mamluk Metal Vassels”, *Bulletin of the School of Oriental and African Studies*, pp 31, 14-27, 1968. \nSafadi, Y.H., *Islamic Calligraphy*, Londres, 1979. \nScerrato, U., *Metalli Islamici*, Milan, 1966. \nTorre, P., “Metalli islamici”, *Museo Poldi-Pezzoli. Tessuti-Scultura-Metalli islamici*, Milan, 1987, pp. 273-304.","dynasty":"Mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","author":"Paola Torre","copy_editor":"Pier Paolo Racioppi","translator":"Marguerite Pozzoli","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["écuelle ; art mamelouk ; calligraphie ; damasquinage"],"materials":["Cuivre damasquiné or et argent."]},"556ddc9e-29c0-523e-bb8e-eb53f4c45d06":{"name":"Cuve à ablutions.","description":"Cette cuve parallélépipédique creusée de simples cannelures à l'intérieur, sur les petits côtés et les angles, était richement ornée à l'extérieur : seuls, deux côtés ont conservé la quasi-totalité de leurs décors. Le décor de la face ornée, dont l'inscription a été martelée, est réparti sur deux registres. Le premier à partir du bas est composé d'une large frise de rinceaux rainurés, ponctués de bourgeons et de rosaces et portant d'amples palmes nervées, simples à calice et doubles à digitations d'acanthes et œilletons. Le second comprend un bandeau en relief meublé par deux entrelacs rainurés et entrecroisés, l'un curviligne, l'autre rectiligne, enserrant des fleurons et des palmes nervurées ; il est encadré par une bordure en retrait formée d'un entrelacs végétal souligné de palmettes stylisées en forme d'étoiles à six branches. \n \nLe petit côté est occupé par deux scènes animalières identiques, sculptées sur deux panneaux verticaux séparés par un espace vide : sur chaque panneau apparaît un aigle à la queue éployée, supportant deux quadrupèdes sur ses ailes, et deux gazelles suspendues à ses serres ; deux bouquetins ailés s'affrontant, de part et d'autre d'un fleuron, terminent la scène du registre inférieur. \n \nL'ornementation des deux autres côtés a été en grande partie martelée. Il n'en reste que les textes en caractères coufiques sculptés en relief sur les rebords et le décor du ruban d'encadrement de la grande face, composé d'une frise d'oiseaux aquatiques alternés de poissons sur fond végétal. \n \nLes éléments subsistant de l'inscription qui couronnait tout le rebord de la cuve mentionnent le dernier chiffre de la date hégirienne (300) et le nom du commanditaire, Abdelmalek, *hajib* (chambellan) de Hicham II. \n \nCette belle œuvre califale qui, par sa facture et ses scènes animalières, rappelle la cuve d'al-Mansour semble sortir du même atelier de marbriers de Madinat al-Zahira à Cordoue.","short_description":"Cette cuve est l'œuvre d'un atelier de marbriers de Madinat al-Zahira de Cordoue, la cité princière construite par al-Mansour. Elle a été transportée à Marrakech par Ali ben Youssef pour être placée dans la salle d'ablutions de sa Grande Mosquée.","holder":"Musée Dar Si Saïd.","dates":"381-398 de l'Hégire / 991-1008 J.-C. (Abdalmalek étant *hijab*).","location":"Marrakech.","dimensions":"L. 155 cm, l. 82 cm, H. 70 cm, P. 50 cm, ép. des côtés 10 cm, ép. du fond 20 cm.","method_for_datation":"1\\. – L'inscription, en partie détruite, sculptée sur le rebord supérieur de la cuve mentionne que “\\[l'an\\] trois cent, au nom de Dieu ! Bénédiction de Dieu. Victoire et assistance divine au Hajib \\[suivi de ses qualificatifs\\] Abou Marouan Abdelmalek ibn Abi Amir (…), ceci fait partie de ce qu'il a fait faire (…)”. 2. – L'histoire nous apprend que Abdelmalek fut nommé *hajib* de Hicham II entre 381 et 398 (991-1008) par son père al-Mansour.","method_for_provenance":"Bien qu'ayant été découverte à la *madrasa* Ben Youssef de Marrakech, qui date de l'époque saadienne (Xe/XVIe siècle), le nom du commanditaire et l'étude comparative avec la cuve d'al-Mansour du Musée archéologique national de Madrid permettent de penser que cette cuve provient de Madinat al-Zahira à Cordoue.","provenance":"Cordoue.","obtention":"Propriété de l'état provenant d'un monument historique.","bibliography":"Deverdun, G., *Marrakech des origines à 1912,* Rabat, 1959. \n \nDeverdun, G., *Inscriptions arabes de Marrakech,* Rabat,1956. \n \nGalloti, J., “Sur une cuve de marbre datant du Khalifat de Cordoue”, *Hespéris,* III, fasc. 3, Rabat, 1923, pp. 363-391. \n \nPigeon, G., *Manuel d'art musulman,* t. I, Paris, 1927. \n \nLévy-Provençal, é., *Histoire de l'Espagne musulmane,* t. III, Paris, 1953.","workshop":"Atelier de Madinat al-Zahra, Cordoue.","dynasty":"Califat omeyyade de Cordoue, règne de Hicham II (366–399 H / 976–1009 J.-C.)","author":"Naima El Khatib-Boujibar","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["objet liturgique ; eau ; décoration figurative ; décoration végétale ; décoration florale ; décoration géométrique ; décoration épigraphique"],"materials":["Marbre blanc sculpté."]},"5656dd0b-ba48-5ef4-a959-1d9718ee9e56":{"name":"Vasque à ablutions.","description":"Vasque à ablutions de coupe circulaire avec huit lobes formant une fleur, avec un seul décor sur le bord extérieur, sous forme de bande épigraphiée en relief. L'usure provoquée par l'eau a entraîné la disparition des lettres dans les courbes extérieures, n'en laissant que quelques-unes aux angles de jonction entre les lobes. Sur l'un de ces derniers, il est possible de déchiffrer le début de la *besmala*, qui était certainement complété par une citation coranique, comme c'est souvent le cas pour les équipements consacrés aux rituels d'ablutions à l'entrée des mosquées. Il existe un autre exemplaire aux caractéristiques semblables, datant vraisemblablement de la même époque, dans la région de Lisbonne.","short_description":"Vasque à ablutions almohade décorée sur le bord extérieur d'une bande épigraphique en relief avec le début de la *besmala*, qui était certainement complétée par une citation coranique, comme c'est souvent le cas pour les équipements consacrés aux rituels d'ablutions à l'entrée des mosquées.","holder":"Musée national d’archéologie.","dates":"VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Lisbonne.","dimensions":"H. 18 cm ; Ø 53,5 cm.","method_for_datation":"Le type de la lettre désigne l'époque almohade.","method_for_provenance":"Selon les indications du Dr. José Leite de Vasconcelos au Musée archéologique national, la pièce a appartenu à la collection d'Estácio da Veiga et venait de Cacela.","provenance":"Cacela (?), Faro.","obtention":"Probablement apporté par le Dr. José Leite de Vasconcelos pour le Musée national d'archéologie.","bibliography":"Borges, A. G. M., “Pia de abluções”, *Portugal Islâmico*, Lisbonne, 1999, p. 265. \nLabarta, A. et Barceló, C., “Inscripciones árabes Portuguesas: situación actual”, *Al-Qantara*, 8, 1987, p. 404. \nNykl, A. R., “Inscrições árabes no Museu Etnológico do Dr. José Leite de Vasconcelos”, *Ethnos*, 2, Lisbonne, 1942, pp. 27-28. \nNykl, A. R. “Arabic Inscriptions in Portugal”, *Ars Islamica*, 11-12, 1946, p. 173. \nVasconcelos, J. L., *Etnografia Portuguesa: Tentame de sistematização*, vol. IV, Lisbonne, 1982.","dynasty":"Almohade","linkcatalogs":"IAM_PT_FR_001","author":"Artur Goulart de Melo Borges","translator":"Inês Oseki-Dépré","translation_copy_editor":"Margot Cortez","materials":["Marbre sculpté."]},"5afe91bf-fea8-55d3-82ee-a8b6233aab07":{"name":"Al-Haram al-Charif (le Noble Sanctuaire).","alternate_name":"Mosquée al-Aksa ; al-Haram al-Qods al-Charif.","description":"Le Haram al-Charif occupe un rôle important dans la religion islamique. C'est en effet ici que le prophète Muhammad arriva une nuit de La Mecque à Jérusalem (Isra') pour monter au ciel (Mi'raj). De plus, dans le Saint Coran, Dieu a béni le Haram, et en a fait la première *qibla* (direction de la prière) pour les Musulmans. \nLe Haram occupe une position élevée dans les collines de Jérusalem. Il s'étend sur une plateforme rectangulaire d'environ 1 450 000 m2 représentant 1/6 de la ville ancienne. \nPour les chercheurs actuels, il ne possède aucun vestige visible antérieur à l'arrivée des musulmans à Jérusalem en 15 H / 638 J.-C., étant donné que les édifices qui s'y trouvaient avaient été détruits par Titus et ses légions en 70 av. J.-C. \nLorsque les musulmans arrivèrent, la ville se rendit sans combattre à la suite d'un accord passé par le calife Omar bin al-Khattab (r. 13-23 H / 634-644 J.-C.) avec le patriarche Sophronius. Selon les termes du contrat, les Arabes ne détruisirent aucun bâtiment de la zone du Haram et les habitants furent protégés, ainsi que leurs biens et maisons. La plus grande partie de la ville était habitée, à l'exception du quartier du Haram, qui était mal entretenu. \nLe site est légèrement incliné du nord au sud. Le point le plus élevé est la partie centrale sur laquelle se dresse le Dôme du Rocher. La pente est compensée par une plate-forme transversale dont une partie est appelée al-Aqsa al-Qadim, l'autre al-Musalla al-Marwani. \nAprès l'édification en partie centrale du Dôme du Rocher et du Qubbat al-Silsila (dôme de la chaîne), le Haram s'est développé le long de ses limites nord et ouest. Le bord oriental s'incline vers la vallée de Qidron (*wadi* Jahannam) utilisée comme cimetière islamique dès les premiers temps de la conquête. Le côté sud est encore plus incliné, mais le rocher offre un soutien structurel plus sûr qui a permis la construction d'édifices omeyyades dont le Dar al-Imara, continuellement habités depuis leur construction. \nLe Haram s'étage sur trois niveaux. Le plus bas inclut Bab al-Rahma (porte de la Miséricorde), Bab al-Tawba / Bab al-Dahabi (porte du Repentir / porte Dorée), al-Musalla al-Marwani, al-Aqsa al-Qadim (vieille Aqsa) et le *masjid* de Bouraq. Le niveau intermédiaire comprend la mosquée al-Aqsa, le Musée islamique et les arcades latérales contre les murs ouest et nord, ainsi qu'une multiplicité de portes et de bâtiments dont des *sabil*, des *madrasa*, des *mastaba*, des minarets et des coupoles. Le niveau le plus élevé est celui du Dôme du Rocher, que l'on atteint par des marches. Il comprend une série de magnifiques coupoles, quelques *khanqah* (retraites pour soufis), le *minbar* Burham al-Din et le *mastaba* al-Kark, ainsi qu'un certain nombre de citernes et de fontaines.","short_description":"Le Haram al-Charif est le troisième plus ancien site islamique après La Mecque et Médine et le plus important des sites musulmans sacrés de Palestine. C’est un grand complexe d’une surface de 145 000 m2. Il comprend le Dôme du Rocher, la mosquée al-Aqsa, le dôme al-Silsila (dôme de la chaîne) et Bab al-Rahma (porte de la miséricorde), ainsi que plus de 90 autres édifices commémoratifs. On peut donc y observer différentes expressions artistiques et architecturales de l’Orient islamique, sur plusieurs périodes historiques, ce qui fait du site un véritable musée architectural de plein air. Le site est lié à des légendes islamiques, en particulier celle de *Isra* et de *Mi’raj* (nuit de l’ascension du Prophète).","dates":"15-493 de l’Hégire / 637-1099 J.-C. ; 583-1336 H / 1187-1917 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Nombreuses inscriptions, sources historiques et découvertes archéologiques.","bibliography":"Al-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973. \nBurgoyne, M., *Mamluk Jerusalem: An Architectural Study*, Londres, 1987. \nCreswell, K. A. C., *Early Muslim Architecture*, Oxford, 1932. \nHamilton, R. W., *The Structural History of al-Aqsa Mosque: A Record of Archaeological Gleanings from the Repairs of 1938-1942*, Londres, 1949. \nNatsheh, Y., “The Architecture of Ottoman Jerusalem”, in S. Auld and R. Hillenbrand (éds), *Ottoman Jerusalem: The Living City 1517-1917* (première partie), Londres, 2000. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004.","patrons":"Un certain nombre de califes, de sultans et de princes de divers pays islamiques ont contribué à la construction des bâtiments du Haram al-Charif. Le plus important mécène est le calife omeyyade Abd al-Malik bin Marwan (r. 65-86 H / 685-705 J.-C.). Des rénovations furent entreprises par plusieurs califes et sultans musulmans, dont le calife fatimide al-Dahir (r. 411-427 H / 1021-1036 J.-C.), le sultan al-Din al-Ayyoubi (saladin, r. 564-589 H/1169-1193 J.-C.) et le sultan ottoman Sulayman al-Qanouni (Soliman le Législateur [Soliman le Magnifique], r. 926-974 H / 1520-566 J.-C.).","dynasty":"Périodes islamiques consécutives, des Omeyyades aux Ottomans.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Al-Isra’ ; sanctuaires ; édifices religieux ; Mi’raj ; objets sacrés"]},"5f40f57f-eab0-5e59-ab8b-a946c85ff75c":{"name":"Femme en costume traditionnel au Jardin d'essai","type":"Papier","holder":"Musée public national des Antiquités","location":"Alger","dimensions":"28,5 x 22,5cm","keywords":["Fashion"]},"5f76f108-6ffb-5c2b-8fe2-0ec05a6fae48":{"name":"*Différentes machines hydrauliques dont on se sert en Egypte pour arroser les terres. La première manière est par le moyen des chapelets qui donnent de l'eau à la campagne quand elle en a besoin. La partie de la digue*","short_description":"Fréderic-Louis Norden (1708-1742), capitaine de la marine royale danoise, avait été envoyé en Égypte afin de dessiner les monuments. Son Voyage d’Égypte et de Nubie, publié de manière posthume en 1755, est enrichi en 1795 par des commentaires scientifiques par le Français Louis Langlès (1763-1824), fondateur de l'École spéciale des langues orientales et conservateur des manuscrits orientaux à la Bibliothèque impériale. Cette réédition, en pleine égyptomanie, permet de redécouvrir de superbes planches. Ici, le dessinateur s’est intéressé aux machines hydrauliques traditionnelles.","type":"Gravure","holder":"Bibliothèque nationale de France","dates":"1795","location":"Paris","keywords":["Irrigation; barrages; Egypte"]},"611b1a5d-121e-5d2d-aabc-4a2151130229":{"name":"Bassins des Aghlabides.","description":"Il s'agit de deux bassins édifiés sur le même mode constructif. Ils sont en moellons, recouverts d'un enduit étanche. Les parois sont consolidées par des contreforts intérieurs et extérieurs qui s'alternent pour mieux résister à la pression de l'eau. Ceux-ci sont de forme semi-cylindrique et coiffés d'une demi-sphère, ce qui allie l'esthétique aux performances techniques. \n \nLe système se compose de trois organes essentiels : \n \nLe petit bassin, de 17 m de diamètre, est renforcé par 17 contreforts intérieurs et 26 extérieurs. Sa contenance est de 4 000 m3. C'est un bassin de décantation qui reçoit l'eau en premier. Là, elle est débarrassée des débris qu'elle charrie avant de se déverser dans le grand bassin. \n \nLe grand bassin, de forme circulaire, mesure 128 m de diamètre et 4,8 m de profondeur ; sa contenance peut atteindre 57 000 m3. Il a fallu pas moins de 182 contreforts (118 extérieurs et 64 intérieurs) pour contenir la pression et garantir la viabilité de l'ouvrage destiné au stockage des eaux nécessaires à la vie de la ville. Au milieu du bassin s'élève un gros pilier polylobé, jadis surmonté d'une coupole et qui servait de pavillon de loisir. \n \nLe long parcours des eaux se termine dans les citernes de puisage, constituées de deux réservoirs parallèles adossés perpendiculairement aux bassins. Elles sont couvertes de voûtes en berceau à arcs doubleaux soutenues par des piliers. Six ouvertures placées aux sommets des voûtes permettaient le puisage de l'eau.","short_description":"Ce sont les ouvrages hydrauliques les plus célèbres du monde musulman. Ils faisaient partie d'une quinzaine de bassins qui se trouvaient extra-muros et qui approvisionnaient la ville de Kairouan. La majesté impressionnante de ces installations a valu à Kairouan au Moyen âge le nom de “ville des citernes”. Il s'agit de deux bassins de forme semi-cylindrique. Ils étaient alimentés par un astucieux système de drainage des eaux de pluies et des affluents de l'oued Merguellil qui se déversent dans la dépression environnante.","dates":"248 de l’Hégire / 862 J.-C.","location":"Kairouan","method_for_datation":"Sources historiques. Ibn Khaldoun, *Histoire des Berbères*.","bibliography":"Lézine, A*., Architecture d'Ifriqiya, Recherche sur les monuments aghlabides*, Paris, 1966. \n \nMaouloud, K., *Kairouan*, Tunis, 2000, pp. 37-39. \n \nSolignac, M. M., “*Les installations hydrauliques de Kairouan et des steppes tunisiennes du VIIIe au XIe siècle”*, t. X, Alger, 1953, pp. 187-192.","history":"Les bassins aghlabides, aujourd'hui au nombre de deux, faisaient partie d'une quinzaine de bassins extra-muros qui alimentaient la ville en eau. Ils comptent parmi les ouvrages hydrauliques les plus importants de l'histoire du monde musulman. Ils ont valu à la ville son nom de “ville des citernes” et ont forcé l'admiration des voyageurs. Ils étaient alimentés par un astucieux système de drainage des eaux de pluie et des affluents de l'oued Merguellil qui se déversent dans la dépression environnante. Les eaux étaient captées par de petits barrages et un canal d'adduction qui les conduisait jusqu'au petit bassin. En 350 H / 961 J.-C., le calife fatimide al-Mouiz édifia un aqueduc pour capter les sources de Chréchira, à 40 km de Kairouan.","patrons":"Abou Ibrahim Ahmed.","dynasty":"Période abbasside.","linkcatalogs":"IAM_TN_FR_001","author":"Jamila Binous","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Aghlabide; omeyyade; bassins; contreforts; bassin de décantation; aqueduc; ouvrage hydraulique; citerne; pavillon de loisir."]},"62e625a3-a3f0-51a2-b3d3-9ee1fce45141":{"name":"Complexe Süleymaniye.","description":"La mosquée Süleymaniye, édifiée dans le quartier d'Istanbul du même nom, est attribuée à la période de maître-compagnon ou *kalfa* de l'architecte Sinan, la Selimiye représentant le sommet de sa période de maître (*usta*). D'une surface de 60 000 m2, elle fait partie d'un complexe de type *külliye* dans lequel elle occupe une position centrale. édifiée dans une cour de 216 x 144 m, elle est indépendante des autres constructions du complexe. Au sud, se trouve un cimetière adjacent qui contient les tombeaux de Soliman et de son épouse Hürrem Sultan, ainsi qu'une loge de gardien. Les autres bâtiments sont disposés en U autour de la mosquée et du cimetière à l'est, à l'ouest et au nord. Un bassin rectangulaire agrémente le centre de la cour. Au nord se trouvent les chambres pour voyageurs (*tabhane*), la cantine populaire (*imaret*) et l'hôpital (*darüşşifa*) ; à l'ouest une école primaire, une école de médecine, les deux premières *madrasa* et le marché de Tiryaki qui compte 36 boutiques ; à l'est les deux dernières *madrasa* ; au sud-ouest l'école des traditions du prophète (*darülhadis*) et le hammam. Le modeste tombeau à baldaquin de Sinan se dresse à l'angle nord-est du complexe. \nLa mosquée consiste en une salle de prière presque carrée de 69 x 63 m et une cour à portiques dont toutes les travées sont à coupole. La mosquée possède quatre minarets, deux aux angles nord-est et nord-ouest de la salle de prière et deux aux angles nord-est et nord-ouest de la cour. Ceux de la salle de prière mesurent 76 m de haut et sont dotés chacun de trois balcons. La salle est recouverte d'une coupole centrale de 27,40 m de diamètre et 19,50 m de haut supportée par quatre piliers monumentaux, chacun de 6,20 x 5,10 m de section, réunis par des arcs brisés à des contreforts monumentaux engagés dans les murs principaux. Les volumes rectangulaires au nord et au sud de cet espace central sont recouverts de demi-coupoles, ceux de l'est et de l'ouest par des coupoles de tailles différentes. Pour rompre la monotonie qui aurait pu naître de ces contreforts, les murs est et ouest sont animés par des portiques et des galeries. \nL'ensemble du bâtiment est paré d'une belle pierre de taille. Certains éléments comme le portail principal, le *mihrab* et le *minbar* sont en marbre. \nLes constructions les plus richement traitées sont les tombeaux de Soliman et de Hürrem Sultan, décorés de carreaux et de motifs peints (*kalemişi*). La décoration de la mosquée est assez simple. Les principaux éléments de décoration sont les motifs *kalemişi* des coupoles de la salle de prière et de la cour, les motifs à incrustations de nacre et d'ivoire des volets en bois des rangées inférieures de fenêtres et les vitraux du mur sud, qui sont originaux. Au XIIIe siècle H (XIXe siècle J.-C.), les frères Fossati ont ajouté quelques ornements dans le goût du jour par-dessus le décor peint de la salle de prière. Ils ont été supprimés lors des restaurations de 1961-1967 qui ont permis de faire réapparaître le décor d'origine. Les autres bâtiments ne sont pas décorés et ont été adaptés à de nouvelles fonctions. La mosquée reste un lieu de culte.","short_description":"Ce complexe comporte de nombreux édifices aux fonctions diverses comme une mosquée, une *madrasa*, des *tabhane* (chambres d'hôtes), un *imaret* (cantine populaire), un hôpital, une école pour enfants, un mausolée, une école de hadiths, un hammam et un marché. Le grand architecte ottoman Sinan, qui construisit ce complexe, y est enterré. La mosquée centrale est considérée comme une œuvre de la période du *kalfa* (maître compagnon ou contremaître) de Sinan. Elle est couverte d'une coupole de 27,4 m de diamètre s'élevant à 49,5 m du sol et repose sur quatre grands piliers. Cette coupole centrale est flanquée d'une demi-coupole au sud et au nord et de cinq autres plus petites vers l'est et l'ouest.","dates":"957-964 de l’Hégire / 1550-1557 J.-C.","location":"Istanbul","method_for_datation":"Une inscription en arabe du calligraphe Karahisari Ahmed Effendi sur le portail nord de la salle de prière indique que la construction a débuté en 957/1550 et a été achevée en 964/1557. Le *Tezkiretü'l-Bünyan* (mémorial des bâtiments) dicté par Sinan à son proche ami Mustafa Sai çelebi précise que le chantier a commencé le 27 *jumada* 957/13 juin 1550 et s'est terminé le 21 *dhu'l-hijja* 964/15 octobre 1557. Selon des documents, la première et la deuxième *madrasa* ont été achevées en 960/1553, la troisième et la quatrième en 966/1559. Le tombeau de Hürrem Sultan a été édifié en 965/1558, celui de Soliman en 974/1567.","bibliography":"Aslanapa, O., *Osmanlı Devri Mimarisi* \\[Architecture de la période ottomane\\], Istanbul, 1986. \nKuran, A., *Mimar Sinan*, Istanbul, 1986. \nMülayim, S., *Ters Lâle, Osmanlı Mimarisinde Sinan çağı ve Süleymaniye* \\[La tulipe tête en bas : l'ère de Sinan dans l'architecture ottomane et le complexe Süleymaniye\\], Istanbul, 2001. \nSözen, M., *Türk Mimarisinin Gelişimi ve Mimar Sinan* \\[Le développement de l'architecture turque et Mimar Sinan\\], Istanbul, 1975. \nBarkan, ö. L., *Süleymaniye Camii ve İmareti İnşaatı: 1550–1557* \\[La mosquée Süleymaniye et sa construction : 1550-1557\\], vol. I et II, Ankara, 1972, 1979.","patrons":"Sultan Soliman le Magnifique (r. 926-974 H / 1520-1566 J.-C.).","architects":"Architecte : Koca Mimar Sinan Ağa (mort en 996 H / 1588 J.-C.); calligraphe : Karahisari Ahmed Effendi (875-963 H / 1470-1556 J.-C.).","dynasty":"Période ottomane classique.","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"Şakir Çakmak","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["architecture religieuse ; coupoles ; kalemişi ; Sinan ; Istanbul"]},"6a900d8a-d3e6-5851-b145-8c3ebfc27556":{"name":"*Sabil* (fontaine publique) et *Kuttab* (école coranique) d’Abd al-Rahman Katkhuda","description":"Monument intéressant sur le plan architectural car il associe un *sabil* (fontaine publique) et un *kuttab* (école coranique) dans un bâtiment indépendant, et illustre les sommets atteints par l'art islamique au cours de la période ottomane. \nLe *sabil* à trois façades identiques (sud, nord et ouest) de longueurs égales et à trois baies ouvertes pour la distribution de l'eau (*tasbil*) réunit les styles mamelouk et ottoman. Chaque façade comporte un arc en plein cintre soutenu par deux colonnes spiralées en marbre. Au centre de l'arc, une importante ouverture permet la distribution de l'eau aux passants. Elle est protégée par une grille de cuivre à motif d'arcs trilobés. Les pendentifs des arcs sont ornés de superbes motifs géométriques en marbre polychrome. Les murs de la façade extérieure comportent un décor de pierres imbriquées en forme de feuilles entrelacées. La façade est couronnée de neuf rangées de *mouqarnas* qui soutiennent le premier étage affecté au *kuttab*. L'entrée du *sabil* se trouve rue Tambakchia et évoque un portail mamelouk. Elle présente un mur en retrait couronné d'un arc trilobé et d'une demi-coupole décorée de rangées de *mouqarnas*. Sur le linteau de la porte centrale sont gravés quelques vers poétiques. La partie supérieure est un panneau de marbre à cercle central contenant l'inscription de fondation, elle-même entourée de quatre petits cercles. \nDe là, on accède à un petit vestibule qui compte trois portes. La première, à droite, mène à la citerne d'eau, la seconde, à gauche conduit à la pièce d'où l'eau est distribuée (*hograt al-tasbil*), et la troisième, au fond, est un accès à l'escalier qui monte au *kuttab*. Les dimensions du bâtiment sont réduites (3,50 x 4,50 m), les murs intérieurs sont lambrissés de carreaux de céramique vernissée bleus recouverts d'une riche décoration végétale. Le mur sud présente également un panneau de carreaux vernissés illustrant la sainte Kaaba et les bâtiments qui l'entourent. \nLe *kuttab*, ou salle de classe, est de mêmes dimensions que la salle du rez-de-chaussée. Il donne sur la rue par trois moucharabiehs ; ses sept piliers de marbre, semblables à ceux des façades, soutiennent six arcs brisés sur lesquels s'appuie un avant-toit de bois. Sur la rue s'avance un balcon, caractérisé par 14 piliers de bois finement sculptés soutenant 15 arcs et une balustrade en bois tourné de belle fabrication. Il est protégé par un second avant-toit moins élevé que le précédent.","short_description":"Ce bâtiment a une importance artistique particulière en tant qu'établissement isolé au cœur de la rue al-Mouiz. Il se compose d'un *sabil* (fontaine publique) avec trois façades et trois fenêtres couvertes de grilles en fer permettant la distribution d'eau potable à volonté pour la population locale, les passants et les voyageurs. Le deuxième niveau est occupé par un *kuttab* (école coranique pour enfants) avec un balcon donnant sur les trois côtés à travers des jalousies en moucharabieh. Les styles mamelouk et ottoman se marient harmonieusement dans la construction de ce monument.","dates":"1157 de l’Hégire / 1744 J.-C.","location":"Le Caire","method_for_datation":"Une inscription au-dessus de l'entrée fournit le nom du commanditaire et la date de la construction. Par ailleurs, une charte *waqf* conservée dans les archives du ministère des Fondations religieuses (dossier n° 941, daté de 1158 \\[1745\\]) donne également le nom du constructeur.","bibliography":"Al-Hussaini, Mahmoud H., *Al-Asbila al-Othmaniya bi madinat al-Qahira* \\[Les sabils ottomans du Caire\\], Le Caire, 1999. \nBriggs, M. S., *Muhammaden Architecture in Egypt and Palestine*, Oxford, 1924. \nKhalifa, R., *Al-Balatat al-Khazafiya ala al-'Ama'ir bil Qahira* \\[Carreaux vernissés dans l'architecture cairote\\], mémoire de maîtrise, Université du Caire, 1977. \nRaymond, A., *Le Caire des Janissaires : L'apogée de la ville ottomane sous Abd al-Rahman Katkhuda*, Paris, 1995. \nSameh, Kamal al-Din, *Athar al-Amir Abd al-Rahman Katkhuda al-Mi'mariya bil Qahira* \\[Monuments architecturaux de l'émir Abd al-Rahman Katkhuda au Caire\\], thèse de doctorat, Université du Caire, 1947.","patrons":"Abd al-Rahman Katkhuda ibn Hussain Jawich al-Qardughli, inspecteur des Fondations religieuses (*awqaf*) en 1161 H / 1748 J.-C. De nombreux bâtiments du Caire sont associés à cet éminent personnage.","dynasty":"Période ottomane.","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"Tarek Torky","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Carreaux en céramique vernissée ; décoration de pierres imbriquées ; décoration géométrique en marbre ; architecture civile ; moucharabiehs"]},"6f53c50b-23a7-5c94-9dc1-8ba00ad40bc2":{"name":"Mausolée Moulay Ismaïl.","description":"édifié près du tombeau du saint Sidi Abderrahman el-Mejdoub, célèbre poète et mystique du Xe siècle H (XVIe siècle J.-C.)., le mausolée abrite le tombeau de Moulay Ismaïl. Ce complexe funéraire royal éloigné du palais attire le visiteur par sa majesté et ses riches décorations, et se compose de trois ensembles principaux. \n \nLe premier ensemble, dans lequel s'ouvre la porte d'accès au mausolée, se compose d'une vaste salle d'entrée et de ses annexes. \n \nLa salle est de plan carré de 9,88 m de côté. Sur une hauteur de 1,60 m, les murs sont revêtus d'un décor de zelliges couronné par une bande en plâtre sculpté anépigraphique. Au milieu de la salle, une fontaine déverse son trop-plein dans une vasque octogonale. Une porte donne accès aux latrines réparties autour d'un bassin. \n \nLe deuxième ensemble se compose de trois cours très vastes, de plan trapézoïdal. Les très hauts murs (9 m) de la première cour sont décorés de zelliges jusqu'à une hauteur de 0,56 m. Le sol de la seconde cour, austère, est carrelé de zelliges monotones qui se prolongent sur les parois jusqu'à une hauteur de 0,56 m. La troisième cour se distingue par ses deux portiques qui se font face sur les côtés est et ouest. Le centre de la cour est agrémenté d'une vasque ronde et profonde. Un *mihrab* est aménagé sur le mur du portique est, et un minaret occupe l'angle sud-ouest de la cour. \n \nLe troisième ensemble se compose des salles funéraires et du patio. De plan trapézoïdal, la vaste salle découverte située au sud abrite deux *koubba*. Au nord-est du complexe s'élève le patio, de section carrée, entouré sur les quatre côtés par des portiques de 1,87 m de profondeur et par des colonnes en marbre groupées par trois, couronnées par des chapiteaux de types variés ; ceux qui opposent une partie cylindrique à double rangée de feuilles à une lourde partie prismatique ornée d'un large décor de palmes et de palmettes, plutôt gravé que sculpté, sont de type hispano-maghrébin. \n \nUne vasque en marbre occupe le centre du patio, qui communique avec trois salles funéraires de différentes tailles : une sorte d'antichambre de plan barlong ; richement décorée et ornée d'un lustre en bronze, une salle principale, de plan carré, abritant le tombeau du sultan Moulay Ismaïl ; enfin, une salle de forme barlongue qui comprend des armoires destinées aux livres. \n \nPar sa majesté, le mausolée est aujourd'hui un lieu qui rappelle l'époque du sultan Moulay Ismaïl.","short_description":"Avant sa construction, le mausolée Moulay Ismaïl, véritable complexe funéraire royal situé au sud du palais de Moulay Ismaïl, abritait le saint Sidi Abderrahman el-Mejdoub, mystique du XVe siècle. \nRéaménagé par les successeurs du sultan Moulay Ismaïl, l'édifice obéit à un plan complexe d'influence hispano-magrébine, avec ses décorations de zelliges et de stucs, et reprend les constructions en enfilades que l'on peut comparer aux trois salles de la Rauda de Grenade. \nLe tombeau du sultan se trouve au centre du complexe. \nPour la prière, on aménagea un *mihrab* communiquant avec le patio et les salles funéraires.","dates":"XIe-XIIe siècle de l’Hégire (XVIIe-XVIIIe siècle J.-C).","location":"Meknès.","method_for_datation":"Ibn Zaydan, dans *al Ithaf*, donne la date d'inauguration.","bibliography":"*Guide de la casbah ismaïlienne de Meknès* (en arabe), Rabat, s. d. \n \nBarrucand, M., Urbanisme princier en Islam : Meknès et les villes royales islamiques post-médiévales, Paris, 1985. \n \nChampion, P., *Les villes d'art célèbre, Tanger-Fès-Meknès*, Paris, 1924. \n \nMennouni, M., *Planning urbain de la ville de Meknès à travers quatre époques* (en arabe), Rabat, s. d. \n \nPérigny, M., *Casa, Rabat et Meknès,* 1918. \n \nPlantet, *Moulay Ismaïl, empereur du Maroc, et la princesse de Conti*, Paris, s.d. \n \nTerrasse, H., *Villes impériales du Maroc*, Grenoble, 1937.","patrons":"Le sultan Moulay Ismaïl (1083-1140 H / 1672-1727 J.-C.).","dynasty":"Alaouite.","linkcatalogs":"IAM_MA_FR_001","author":"Mohamed Mezzine","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["art funéraire ; mausolée ; architecture religieuse"]},"718874e8-d67c-57c0-aabc-505af50ed024":{"name":"Feuillet d’un coran.","description":"Sourates al-Thakathour (CII, “La rivalité”, verset 8) et al-Asr (CIII, “Le temps”, verset 1). Ce feuillet est tiré d'un coran écrit en coufique noir. Les voyelles sont marquées par des points diacritiques rouges, la hamza et la chaddah par des points verts et jaunes conformément au système d'Abi al-Aswad, le grammairien arabe mort en 61 H / 681 J.-C. Les divisions entre versets sont signalées par une rosette en or, verte au centre, dont les contours sont dessinés par de fins points marron. Le titre splendide de la sourate consiste en une ligne d'ornementation coufique terminée par une palmette qui se projette vers la marge. Cette palmette est composée de feuillets en or très stylisés et d'arabesques fleuries, elle est illuminée par le bleu et le vert, avec de délicates touches de marron. Ces motifs font partie du répertoire décoratif des enlumineurs et calligraphes musulmans depuis le Ve siècle H (XIe siècle J.-C.).","short_description":"écrit en coufique noir, ce feuillet comporte deux citations coraniques (CII,8 et CIII,1). Les divisions entre les versets sont signalées par une rosette dorée, verte au centre. L'ensemble des motifs dessinés appartient au répertoire décoratif des enlumineurs et calligraphes musulmans depuis le Ve siècle H (XIe siècle J-C.).","holder":"Musée des arts islamiques","initial_owner":"Le prince ziride al-Mouiz.","dates":"Début du deuxième quart du Ve siècle de l’Hégire (XIe siècle J.-C.).","location":"Raqqada, Kairouan","dimensions":"Oblong, 22,5 x 32 cm, 5 lignes.","method_for_datation":"Le coran a été constitué en legs (habous) par le prince ziride al-Mouiz ibn Badis au profit de la Grande Mosquée de Kairouan. L'acte de donation est postérieur à la rupture avec Le Caire puisqu'il mentionne la haine du prince à l'égard des Fatimides. Selon les historiens, cette rupture, qui depuis 424/1033, fut complètement consommée en 441 /1050.","method_for_provenance":"Ce coran a été constitué en legs au profit de la Grande Mosquée par le prince ziride régnant ; étant donné que Kairouan était, à l'époque, un grand centre de production livresque, le plus probable serait de conclure que ce coran fut copié, décoré et relié sur place sur un parchemin tanné local.","provenance":"Sans doute, Kairouan.","obtention":"Après l'annulation de la fondation des habous en Tunisie, ce coran a été récupéré par la Bibliothèque nationale en 1967 et transféré en 1983 au Centre de la civilisation et des arts islamiques de Raqqada. Il est exposé depuis 1986 au Musée des arts islamiques de Raqqada.","bibliography":"30 ans au service du patrimoine (catalogue d'exposition), 1986, p. 210. \n \nDe Carthage à Kairouan (catalogue d'exposition), 1982, p. 247, n° 330. \n \nThe Arts of Islam (catalogue d'exposition), 1976, p. 20, n° 2. \n \nTúnez, Tierra de Culturas (catalogue d'exposition), Valence (Esp.), 2004, p. 221.","dynasty":"Ziride","linkcatalogs":"IAM_TN_FR_001","author":"Mourad Rammah","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Calligraphie; décoration florale; habous; objet religieux"],"materials":["Vélin décoré."]},"781670ca-b4db-57b9-b537-ff501442790e":{"name":"Dar Ben Abdallah.","description":"Les différentes parties du palais Dar Ben Abdallah s'étendent de part et d'autre d'une placette, autrefois passage privé fermé par des portes. \n \nL'entrée d'honneur est une grande porte cloutée dans un encadrement rectangulaire de pierre rose richement sculptée. Le premier vestibule est muni de banquettes sous des murs entièrement couverts de panneaux de céramique de Quallaline et une voûte tapissée de plâtre sculpté. Deux autres vestibules, plus petits, disposés en chicane, isolent la cour. \n \nLa cour est entourée de portiques sur les quatre côtés, au rez-de-chaussée comme à l'étage. Les colonnes aux fûts à peine galbés, à chapiteaux néo-corinthiens, sont en marbre de Carrare (Italie), tout comme les encadrements des portes et des fenêtres, le pavage du sol et la fontaine aux trois vasques. \n \nSous les galeries, les façades sont identiques. Dans un mur lambrissé de céramique, où dominent le vert et le jaune, se détache l'encadrement d'une porte axiale flanquée de deux fenêtres. Le registre supérieur est une large bande de stuc gravé du vase à rinceaux sur fond lisse. Les appartements, au rez-de-chaussée comme à l'étage, ont la forme classique en T composée, face à l'entrée, d'un défoncement central meublé en salon avec trois banquettes et flanqué de deux chambrettes. Les côtés se terminent par des alcôves latérales où sont aménagés les lits sous un ciel de lit en bois. \n \nParmi les éléments les plus riches de ce palais, les boiseries des étagères, ciel de lit et plafonds, qui allient le décor géométrique de type andalou à l'ornementation florale turque. Les portes à panneaux sont sculptées à l'italienne. \n \nLa maison de service est organisée autour d'une courette de petites dimensions desservie par une porte donnant sur la cour des maîtres et une entrée directe de la rue. De l'autre côté de la placette d'entrée s'étendent les magasins à provision, les écuries et les jardins.","short_description":"Ce palais porte le nom de l'un de ses anciens propriétaires, un riche tisserand de soie, Mohamed Tahar ben Abdallah. Bénéficiant de grands travaux de réaménagement et d'agrandissement au cours du XIXe siècle, le palais est marqué par l'influence italienne, comme en témoignent les colonnes, les chapiteaux, les encadrements de portes et fenêtres, le jet d'eau en marbre au milieu du patio… Depuis 1978, Dar Ben Abdallah est le siège d'un Musée des arts et traditions populaires. Il abrite de riches collections muséographiques tunisoises (costumes, bijoux, ustensiles de toilettes et de cuisine, armes, etc.).","dates":"1211 de l’Hégire / 1796 J.-C.","location":"Tunis","method_for_datation":"Actes notariés cités par Revault, *Palais et demeures de Tunis*.","bibliography":"Binous, J., *Maisons de la Médina de Tunis*, 2001, pp. 108-113. \n \nRevault, J., *Palais et demeures de Tunis (XVIIIe et XIXe siècles),* CNRS, Paris, 1971, p. 99.","history":"L'histoire de ce palais nous est connue depuis 1796 par les actes notariés qui mentionne Hadj Mohamed el-Kossentini comme propriétaire des lieux. En 1801, Sliman el-Hanafi en prit possession. De haut fonctionnaire militaire, il fut promu au commandement de l'armée en épousant la fille du bey Mahmoud. La maison profita de grands travaux d'aménagement et d'embellissement. En 1875, Tahar Ben Abdallah, un tisserand de soie et propriétaire terrien, l'acquit et lui donna son nom. En 1905, un peintre orientaliste français du nom d'Albert Aublet acheta le palais et l'occupa jusqu'en 1941. à cette date, la Direction de l'instruction publique et des beaux-arts y installa l'Office des arts tunisien. Après l'indépendance de la Tunisie, le ministère des Affaires culturelles transforma les lieux en Centre des arts et traditions populaires à l'étage et en Musée régional de Tunis relatif à la vie quotidienne de Tunis au XIXe siècle au rez-de-chaussée.","patrons":"Hadj Mohamed el-Kossentini.","dynasty":"Husseinite-ottomane.","linkcatalogs":"IAM_TN_FR_001","author":"Jamila Binous","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Architecture palatiale; céramique; bois peint; marbre italien; décor andalou; décor italien; décor turc."]},"79968466-a94b-5053-a5e9-1155df32e285":{"name":"Ensemble aiguière et bassin.","description":"Cette aiguière et ce bassin étaient présentés à la cour pour le lavement des mains. Il existe des sources médiévales arabes décrivant ces ustensiles. Ils constituaient des objets d'apparat dans les trousseaux des filles d'émirs, de vizirs et de gens de haute noblesse, de dignitaires et de négociants. L'ensemble de Berlin a été fabriqué pour un juriste, si l'on en croit le programme iconographique du décor. Les inscriptions présentent des souhaits d'ordre général (prospérité, richesse, santé, savoir et bonté) pour un propriétaire inconnu. Le bon état de conservation permet d'apprécier la splendeur originelle de ces pièces. \nL'aiguière à couvercle abattant et bec verseur droit présente une forme très plastique. Trois frises à motifs figurés dans des médaillons de différentes tailles agrémentent la panse, l'épaulement et le col. Dans les médaillons figurent des souverains trônant ou des cavaliers, ainsi que des constellations. Le départ du col présente onze champs en arc garnis de figures debout dans la tradition des représentations chrétiennes. Dans une frise animalière au bord de l'épaulement se distingue une chasse à la licorne. Dans les frises ou réparties sur le corps de l'aiguière s'ajoutent des inscriptions arabes contenant des souhaits. \nSur le fond du bassin, les six constellations sont disposées autour du soleil, tandis que dans une seconde frise apparaissent les signes du zodiaque en relation avec les planètes. Sur le revers, le bassin présente, comme l'aiguière, six grands médaillons : le prince flanqué de deux gardes du corps, des scènes de vénerie et de fête. Ces médaillons sont reliés par une inscription énonçant des vœux de puissance et de victoire, de savoir et de bonté, dons et vertus que possède Allah.","short_description":"L'extrême finesse du dessin et l'exécution soignée de cette aiguière et de ce bassin démontrent la dextérité des artisans actifs à Mossoul vers 1270. Cet ensemble, commandité par un personnage de haut rang, qui dépeint les planètes et des scènes de la vie de cour a pu être utilisé pour le lavement des mains dans de grandes occasions.","holder":"Museum für Islamische Kunst","dates":"seconde moitié du VIIIe de l’Hégire (troisième tiers du XIIIe J.-C.).","location":"Berlin","dimensions":"Aiguière : H. 37 cm, Ø 20,6 cm ; bassin : H. 17 cm, Ø 43 cm.","method_for_datation":"L'artiste ayant signé, l'objet est attesté vers le milieu du VIIe/XIIIe siècle.","method_for_provenance":"L'artiste ayant signé l'aiguière et le bassin a dans son nom l'indication de sa ville d'origine : al-Mawsili, “celui de Mossoul”, ce qui signifie qu'il y est né ou qu'il y travaille. La signature et le motif du croissant de lune indiquent que, selon toutes probabilités, l'objet a effectivement été réalisé à Mossoul.","provenance":"Mossoul, Irak du Nord.","obtention":"Acheté en 1938.","bibliography":"Baer, E., *Ayyubid Metalwork with Christian Images,* Leyde, 1989, pp. 15-17, pl. 50-51. \nHagedorn, A., *Die Balacs-Kann. Zur Ikonographie und Bedeutung islamischer Metallarbeiten des Vorderen Orients im 13. und 14. Jehrhundert,* Münster, 1992, n° 28. \nKühnel, E., “Zwei Mosulbronzen und ihr Meister”, *Jahrbuch der preubischen Kunstsammlungen* 60, 1939, pp. 1-20. \n*Museum für Islamische Kunst* (catalogue), Mayence, 2001, pp. 72-73. \nRice, D. S., “Inlaid Brasses of the Workshop of Ahmad Al-Dahaki al-Mawsili”, *Ars Orientalis* 2, 1957, pp. 225-253.","dynasty":"Post-zenguide","author":"Annette Hagedorn","translator":"Arlette Camion(de l’allemand).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Mossoul ; post-zenguide ; damasquiné ; laiton"],"materials":["Laiton damasquiné d’or et d’argent."]},"7ac3ea27-a8cb-553d-b1c3-19067190a3c3":{"name":"Mosquée Qaraouiyine.","description":"Simple oratoire d'une centaine de mètres, la mosquée d'origine était composée de quatre nefs parallèles au mur de *qibla*, d'une cour, d'un *mihrab* et d'un minaret. \n \nAu Ve siècle H (XIe siècle J.-C.), les Almoravides l'ont agrandie et enrichie d'éléments empruntés au répertoire ornemental andalou en vogue à l'époque : sculpture sur plâtre, coupoles à *mouqarnas*, chapiteaux en marbre sculpté, motifs floraux géométriques et épigraphiques, etc. De cette époque datent le *mihrab* et les coupoles qui le précèdent. L'ensemble fut rehaussé d'inscriptions coufiques et de compositions florales qui rappellent l'art islamique d'Espagne. \n \nà l'époque almohade, VIe-VIIe siècles H (XIIe-XIIIe siècles J.-C.), la Qaraouiyine a encore reçu de nouveaux ornements et éléments utilitaires, comme les latrines au nord du bâtiment, et, côté nord-est, un magasin souterrain servant à entreposer l'huile, les nattes et les autres matériaux de la mosquée. Pour renforcer les structures hydrauliques du monument, on construisit un bassin et l'eau fut acheminée depuis l'une des sources de la médina (Ayn Fermal). L'éclairage était assuré par le grand lustre de la coupole nervée de la nef axiale et par les cloches, importées d'al-Andalus, transformées en lustres tout au long de l'allée centrale. \n \nLa mosquée atteint son apogée à l'époque mérinide (VIIe-IXe siècle H / XIIIe-XVe siècle J.-C.) avec ses 270 piliers formant 16 nefs de 21 arcs, 15 grandes portes réservées aux hommes et 2 petites aux femmes. Avec ses 509 lampes, le grand lustre central pèse 1 763 livres. Dans les vestibules, le bâtiment pouvait abriter 22 700 personnes. \n \nContrairement à la plupart des mosquées de l'Occident musulman, les nefs de la Qaraouiyine sont non pas perpendiculaires, mais parallèles au mur de la *qibla*, ce qui suggère une origine d'inspiration orientale (influence probable de la Grande Mosquée de Damas). \n \nLe minaret, qui date de la mosquée initiale, a été bâti en pierre de taille, puis recouvert ultérieurement de plâtre et de chaux soigneusement polis. \n \nDus aux Saadiens (Xe-XIIe siècle H / XVIe-XVIIe siècle J.-C.), les deux magnifiques pavillons du *sahn* (patio) s'inspirent de l'Alhambra de Grenade par l'agencement autant que par les décors et les éléments architecturaux. \n \nC'est aux Alaouites que l'on doit la restauration des lustres, des murs et des piliers. \n \nLa Qaraouiyine était aussi une véritable université, jouant un rôle majeur dans la diffusion du savoir et dans la formation de l'élite intellectuelle. Les Mérinides l'ont dotée de deux bibliothèques et ont organisé l'institution et les programmes pédagogiques, avec 140 chaires d'enseignement réparties à l'intérieur de l'établissement ou dans les *madrasa.*","short_description":"C'est au XIVe siècle que le simple oratoire fondé au IIe siècle par Fatima al-Fihrya dans la vieille ville de Fès, après être devenu mosquée du Vendredi, atteint son apogée avec ses 270 piliers, ses 17 grandes portes, sa bibliothèque et sa capacité de 22 700 fidèles. Université de haut prestige et grand centre spirituel, les plus célèbres savants de l'Islam, venant de Cordoue ou de Damas, ont étudié ou ont enseigné à la Qaraouiyine, dans les quelque 140 chaires réparties à l'intérieur de l'établissement ou dans les différentes *madrasa* et mosquées de la ville.","dates":"IIIe-IVe siècle de l’Hégire (IXe-Xe siècle J.-C.).","location":"Fès.","method_for_datation":"Des sources écrites comme le *Rawd al Qirtass* (Le mausolée de l'écrit) d'Ibn Abi Zara al-Fassi et la *Jana Zahrat al-Aas* (Fleur de myrte) d'al-Jaznaï permettent de dater la fondation et les agrandissements.","bibliography":"Al-Jaznaï, A., *Jana Zahrat al-Aas* (Fleur de myrte), en arabe, Benmansour, Rabat 1967. \n \nGolvin, L., *Essai sur l'architecture religieuse musulmane*, vol. IV, *L'art hispano-musulman,* Paris, 1979. \n \nIbn Abi Zara, A., *Rawd al Qirtass* (Le mausolée de l'écrit), en arabe, Rabat, 1972. \n \nTazi, A., “Jamaa al-Qarawiyine, al masjid wa jamià bi madinati fas ; mawsuà litarikhihà al mi'mari wa fikri” (La Qaraouiyine, la mosquée et l'Université dans la ville de Fès), *Encyclopédie de l'histoire de l'urbanisme et de la pensée*, 3 vol., Beyrouth, 1973. \n \nTerrasse, H., *La mosquée al-Qarawiyine à Fès*, III, Paris, 1968.","patrons":"Fatima al-Fihriya, une femme pieuse venant de Kairouan.","dynasty":"Idrisside.","linkcatalogs":"IAM_MA_FR_001","author":"Mohamed Mezzine","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["édifice religieux; université; décoration géométrique; décoration végétale; décoration épigraphique"]},"7bf56987-b874-51e5-91e1-bf19f3afba07":{"name":"Tasseau.","description":"La splendide charpente à *par y nudillo* de la cathédrale de Teruel, improprement appelée plafond à caissons, est l'un des ensembles d'ébénisterie mudéjare les plus étudiés par la critique artistique. Cela est dû à divers facteurs ; son extraordinaire complexité iconographique et iconologique, sa signification dans le contexte social, son intérêt stylistique et la précision de sa datation, facilitée par l'analyse du bois. Le Musée archéologique national conserve, entre autres éléments, deux tasseaux ou solives qui proviennent des deux pentes de la charpente, l'un avec un personnage masculin et l'autre – celle que nous étudions ici – avec un personnage de femme. \nCette figure appartient à la classe des travailleurs ; elle représente une porteuse d'eau, vêtue d'une robe ou gonelle à manches longues et serrée par une cordelette à la ceinture. La décoration aux lignes horizontales lui donne un air particulier. Ses cheveux lisses sont coiffés court et elle semble avoir la tête nue, ce qui n'est pas fréquent parmi les figures de ce plafond. Elle porte sur la tête une cruche à deux anses. Il est possible de déterminer son emplacement primitif : huitième section gauche, c'est-à-dire à l'endroit où tomba une bombe durant la guerre de 1936. La polychromie est traitée en à-plats où prédominent les rouges, les blancs et les contours noirs.","short_description":"Ce tasseau décorait une solive du plafond de la cathédrale de Teruel, dans lequel sont reproduites les différentes classes de la société médiévale. Cette figure représente une porteuse d'eau vêtue à la mode de l'époque, d'une tunique à manches longues attachée à la ceinture.","holder":"Musée archéologique national.","dates":"Fin XIIIe siècle.","location":"Madrid.","dimensions":"H. 36 cm, l. 23,8 cm, ép. 1,7 cm.","method_for_datation":"Par son style et par des analyses dendrochronologiques du bois.","method_for_provenance":"Le donateur, Pablo Gil y Gil, professeur à l'université de Saragosse en 1869, a livré des informations sur la provenance de cette pièce et sur trois autres éléments du plafond lorsqu'il en fit don au musée.","provenance":"Cathédrale Santa María de Mediavilla, Teruel.","obtention":"La pièce est entrée au Musée archéologique national par donation le 19 août 1869.","bibliography":"Alquézar, E., Arias, I. et Franco, á., “Carpintería y elementos arquitectónicos mudéjares en el Museo Arqueológico Nacional procedentes de Aragón”, *Actas VI Simposio Internacional de Mudejarismo, Teruel, 16-18 septiembre, 1993*, Teruel, 1996, p. 874. \nRabanaque, E., Novella, A., Sebastián, S. et Yarza, J*., El artesonado de la catedral de Teruel*, Saragosse, 1981.","dynasty":"Période mudéjare","linkcatalogs":"IAM_ES_FR_001","author":"Ángela Franco","copy_editor":"Rosalía Aller","translator":"Benito Pelegrín (de l'espagnol)","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["tasseau ; plafond à par y nudillo ; bois ; polychromie ; Téruel ; mudéjar"],"materials":["Bois, polychromie."]},"7c5b0aa9-383a-5b52-bc5a-91c986d3c9eb":{"name":"Objets de toilette","short_description":"Pour se distinguer, les familles tunisoises ont créé au XIXe siècle la notion de *knastrou l’aroussa* (la corbeille de la mariée). C’est un panier en argent ciselé ou en filigranne qui contient des objets servant à la toilette de la mariée : aspersoir pour parfum (*mrach*), fiole à khôl et son applicateur pour les yeux (*mokhala*), miroir à cadre rond ou rectangulaire orné de motifs floraux gravés ou repoussés, assiette et couteau pour le henné. Paire de socques (*qobqabs*) en bois recouverts d’argent et portés par la mariée à Tunis. Le tout en argent ciselé ou en filigrane. Le bain maure (*hammam*) étant la première escale de la mariée, tout est mis en œuvre pour la beauté de la mariée : gommage, masque à argile, épilation… une série d’ustensiles sont utilisés à cette fin.","type":"Argent","holder":"Musée des Arts et Traditions populaires","dates":"XIXe – XXe siècle","location":"Tunis","author":"Saloua Zangar","keywords":["Argent ciselé; Filigranne"],"materials":["Métal argenté"]},"7c7c2cda-78e1-597a-b911-718576ff198a":{"name":"*Hammam*.","description":"Le *hammam* se trouve à quelques kilomètres de Palerme, dans la commune de Cefalà Diana. L'édifice se compose d'une salle de 11 x 7,5 m surmontée d'une voûte en berceau légèrement brisé, d'une hauteur de 7,5 m et articulée en deux éléments distincts, séparés par une transenne à trois arcs ogivaux. Les colonnes de la transenne, une variante de l'ordre corinthien, présentent des chapiteaux de terre cuite, en forme de calice. La salle la plus petite, attenante à la source d'eau chaude, est pourvue d'un bassin ; l'autre, plus grande, est dotée de trois bassins de taille décroissante : il était ainsi possible de se baigner dans des eaux de températures différentes. Sur les parois se trouvaient des niches dans lesquelles on plaçait ses effets personnels ; dans la voûte s'ouvrent des bouches d'aération destinées à évacuer l'excès de vapeur. Le système de canalisations souterraines qui garantissaient le remplissage et l'évacuation des bassins est encore partiellement lisible, dans les zones avoisinantes. \n \nÀ l'extérieur, une inscription en caractères coufiques, très abîmée, est insérée dans la frise, sur trois des quatre façades. \n \nEn ce qui concerne la date de construction, on ne dispose pas d'éléments certains : on suppose une première phase de construction remontant à l'époque hellénistique romaine (murs extérieurs), une deuxième à l'époque de la domination arabe (colonnes de la transenne), et une troisième sous les Normands (bandeau épigraphique soulignant la ligne de l'étage). Selon une dernière hypothèse, il pourrait s'agir d'un édifice entièrement normand, au vu de certaines analogies architecturales avec d'autres édifices construits sous Guillaume II.","short_description":"Le hammam se trouvait à quelques kilomètres de Palerme et exploitait l'eau chaude d'une source naturelle. L'édifice se compose d'une salle intérieure de 11 x 7,5 m, articulée en deux espaces distincts séparés par une transenne, avec une série de bassins qui permettaient de se baigner à diverses températures. \nÀ l'extérieur court une inscription en caractères coufiques, très détériorée. Sur la base de recherches récentes, on pense qu'il s'agit d'un édifice d'époque normande.","location":"Cefalà Diana","method_for_datation":"Analyse architecturale de plusieurs parties de l'édifice.","bibliography":"Bellafiore, G., *Architettura in Sicilia nelle età islamica e normanna (827-1190),* Palerme, 1990. \n \nLa Bua, G. et Truzzolino, T., *Cefalà Diana nella storia e nell'arte*, Palerme, 1999, pp. 9-24. \n \nRyolo, D., “ I bagni di Cefalà Diana”, *Sicilia archeologica*, IV, 15, 1971, pp. 19-32.","dynasty":"Période fatimide/normande.","linkcatalogs":"IAM_IT_FR_001","author":"Pier Paolo Racioppi","translator":"Marguerite Pozzoli","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau"]},"8181fe27-473a-532e-986e-e0786c511a39":{"name":"Aquamanile en forme de bélier.","description":"L'animal, auquel il manque les pattes antérieures, les oreilles et les cornes, est représenté debout, le cou long, la tête petite par rapport au reste du corps, ce qui lui donne une allure d'une grande robustesse. Sur son poitrail est suspendu un croissant qui semble avoir un rôle prophylactique. Il est retenu par un collier incisé, en dents de scie, noué autour du cou. L'œil est représenté par un anneau circulaire incisé qui entoure l'iris globulaire. L'aquamanile servait, sans doute, de tête de fontaine qui embellissait un des palais ou une des demeures de la région. L'eau, qui arrivait par un tube placé sous le ventre du bélier, jaillissait de son museau entrouvert et en forme de goulot. Cet exemplaire est à rattacher à toute une série d'aquamaniles en forme d'animaux, généralement des cerfs, des canidés ou des oiseaux, découverts dans divers pays musulmans et notamment en égypte et en Espagne.","short_description":"L'aquamanile servait vraisemblablement de tête de fontaine embellissant les palais et les grandes demeures. Ce modèle est à rattacher à toute une série d'aquamaniles en forme d'animaux, généralement des cerfs, des canidés ou des oiseaux découverts dans certains pays musulmans dont l'égypte et l'Espagne.","holder":"Musée du Bardo.","dates":"IVe-première moitié du Ve siècle de l’Hégire (Xe-première moitié du XIe siècle J.-C.).","location":"Le Bardo","dimensions":"H. 32,5 cm.","method_for_datation":"Cet aquamanile présente des analogies certaines avec d'autres pièces trouvées à Madinat al-Zahra qui datent du milieu du IVe siècle H (Xe siècle J.-C.) et en égypte, qui datent du Ve siècle H (XIe siècle J.-C.). En prenant en considération le contexte historique de l'Ifriqiya et la simplicité du décor, on peut dater cette pièce du IVe-première moitié du Ve siècle H (Xe-première moitié du XIe siècle J.-C.).","method_for_provenance":"Cette pièce provient d'une découverte fortuite faite à Beni Khalled (cap Bon, Tunisie), très probablement au cours des années 1930. Malgré des ressemblances avec des aquamaniles andalous, rien ne semble contester son origine ifriqiyenne.","provenance":"Ifriqiya ?","obtention":"Cette pièce a été offerte au musée par l'association Les amis du Bardo en mai 1941. Depuis, elle y est exposée.","bibliography":"Tunisie, terre de rencontres et de civilisation (catalogue de l'exposition de Séville), Tunis, 1992, p. 271. \n \nZbiss, S.M., Actes du 79e congrès national des sociétés savantes, Alger, 1954, p. 303.","dynasty":"Fatimo-ziride","author":"Mourad Rammah","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Décoration figurative"],"materials":["Bronze coulé."]},"81fcd4e9-7384-5569-aa53-bc862c54ad3f":{"name":"Cruche.","description":"Belle cruche piriforme à deux poignées. De couleur crème caractéristique, elle est décorée de motifs variés par perforation, incision et grattage au couteau combinant des motifs géométriques et floraux courants en art islamique.","short_description":"Cruche piriforme à deux poignées de Tell Hisban, décorée en utilisant des techniques diverses, perforation, incision et grattage au couteau. Le schéma décoratif est constitué d’une combinaison de motifs géométriques et floraux.","holder":"Musée archéologique de Jordanie.","dates":"Fin IIe-début IIIe siècle de l’Hégire (seconde moitié du VIIIe siècle J.-C.).","location":"Amman.","dimensions":"H. 28 cm, Ø (lèvre) 8 cm.","method_for_datation":"Analyse du contexte stratigraphique et comparaison avec des jarres similaires. La poterie abbasside est généralement de couleur crème.","method_for_provenance":"L'objet a été trouvé à Tell Hisban lors d'une fouille archéologique en 1973.","provenance":"Tell Hisban, Jordanie.","obtention":"L'objet a été trouvé à Tell Hisban lors d'une fouille archéologique en 1973.","bibliography":"Horn, S. H., “The 1973 Season of Excavations at Tell Hesban”, *Annual of the Department of Antiquities of Jordan*, XIX, 1974, pp. 151-156, planche LXXV, 2. \nHorn, R. S. et Horn, S. H., *Heshbon 1973*, Andrews University Seminary Studies, Miami, 1975.","dynasty":"Abbasside","author":"Aida Naghawy","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["décoration florale ; décoration géométrique"],"materials":["Céramique tournée."]},"823fdade-8900-58b3-bcda-59a5e61574cf":{"name":"Aiguière et son bassin.","description":"Ensemble constitué d'une aiguière et d'un bassin destiné aux ablutions rituelles. Le bassin de dimensions importantes présente un bord évasé. L'aiguière est à corps piriforme, poignée incurvée et couvercle. Le rebord du bassin, le corps, le couvercle et la partie inférieure du bec de l'aiguière sont décorés d'un rainurage formant des losanges à l'intérieur desquels des rainures verticales et horizontales constituent des motifs carrés. Le couvercle comporte à son sommet un bouton de fleur et une feuille, selon la mode de l'époque. \nL'ensemble fait appel à une technique de dorure appelée *tombak*. Dans le travail du métal turc, la dorure, en particulier d'objets en cuivre pur, apparaît au XIIe siècle H (XVIIIe siècle J.-C.). Cette méthode chimique consiste en l'application d'un amalgame de poudre d'or et de mercure à la surface de l'objet, qui est ensuite cuit dans un four. Le mercure s'évapore pendant la cuisson tandis que l'or adhère à la surface du cuivre. Des feuilles d'or peuvent aussi être appliquées sur la surface métallique mercurisée. à l'évaporation du mercure pendant la cuisson, les feuilles se fixent sur l'objet. \nL'inscription mentionne que ces objets étaient destinés au tombeau de Pertevniyal Valide Sultan et indique la date de 1286 / 1870 J.-C. Elle était la seconde *iqbal* (la favorite du sultan, littéralement “la fortunée”) du sultan Mahmoud II (r. 1223-1225 H / 808-1839 J.-C.). En donnant naissance au prince héritier Abdoulaziz, elle accéda au rang le plus élevé des femmes de la cour et lorsque son fils monta sur le trône en 1278 H / 1861 J.-C., elle devint Valide Sultan (mère du sultan). Elle fit construire un complexe de bâtiments à son nom dans le quartier d'Aksaray à Istanbul, comprenant une mosquée, une école et des fontaines publiques. à sa mort en 1301 H / 1883 J.-C., elle fut enterrée dans un tombeau aménagé dans la cour de sa mosquée. Plusieurs objets des collections du musée proviennent de ce tombeau.","short_description":"L’or a été le symbole du pouvoir économique à toutes les périodes de l’histoire. La technique *tombak* est un procédé qui donne l’aspect de l’or aux objets. Elle est utilisée pour décorer cette aiguière et cette cuvette utilisée par Perteyniyal Valide Sultan, mère du sultan Abdülaziz, durant les cérémonies religieuses.","holder":"Musée des arts turcs et islamiques.","initial_owner":"Sans doute Pertevniyal Valide Sultan (m. 1300/1883; reine-mère de 1277 à 1292 H / 1861–1876 J.-C.).","dates":"1286 de l’Hégire / 1869 J.-C.","location":"Sultanahmet, Istanbul","dimensions":"H. 12 cm, Ø 60 cm ; aiguière : H. 30, 5 cm.","method_for_datation":"Sur les deux pièces figure une inscription précisant qu'elles ont été réalisées pour le tombeau de Pertevniyal Valide Sultan et donnant la date de 1286/1870.","method_for_provenance":"Comme ces deux objets étaient destinés au tombeau de la mère du sultan Abdoulaziz et que la technique du *tombak* (cuivre doré) était principalement utilisée à Istanbul, il est hautement probable qu'ils ont été réalisés dans cette ville.","provenance":"Istanbul, Turquie.","obtention":"Transféré du tombeau de Pertevniyal Valide Sultan à Istanbul (à laquelle l'objet est dédié) le 24 *jumada* II 1344/9 janvier 1926.","bibliography":"*Anadolu Medeniyetleri III, Selçuklu-Osmanlı* (Civilisations anatoliennes III, Seldjoukides-Ottomans), Istanbul, 1983, p. 305","dynasty":"Ottomane","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"Alev Özay","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["tombak ; aiguière ; bassin ; Pertevniyal Valide Sultan ; Mahmoud II ; Abdoulaziz, Abdülaziz"],"materials":["Cuivre doré (*tombak*)."]},"84f6b107-47b2-5cd1-a520-3a4f89856221":{"name":"Mosquée omeyyade.","description":"La Mosquée omeyyade est édifiée sur le site d'un temple romain dédié à Jupiter et transformé en église Saint-Jean-Baptiste en 379. Après la conquête de Damas par l'armée islamique, ce lieu saint fut partagé entre les chrétiens et les musulmans. À l'arrivée au pouvoir du calife omeyyade al-Walid ibn Abd al-Malik, l'église fut démolie et remplacée par une vaste mosquée. \nRythmé par des piliers, le mur extérieur est en fait celui de l'ancien *téménos* romain de 158 x 100 m. La mosquée possède trois minarets, celui de l'angle sud-est étant appelé minaret de Jésus, celui du centre minaret de la Mariée. Tous datent du Ve siècle H (XIe siècle J.-C.). Le minaret sud-ouest a été reconstruit par le sultan Qaytbay après l'incendie de 884 H / 1479 J.-C. \nLa cour intérieure rectangulaire (122,5 x 50 m) est entourée d'un portique à colonnes (*riwaq*) sur trois côtés. Le long du mur sud se trouve une salle de prière à trois nefs de 136 x 37 m, dont le plan rappelle celui des églises byzantines. Elle est divisée par deux rangées d'arcades soutenues par des colonnes à chapiteaux corinthiens anciens. Une nef transversale à coupole coupe les arcades en deux moitiés égales. Sa façade sur cour possède une entrée à fronton, également évocatrice des palais de Byzance. À une certaine époque, toutes les façades sur cour étaient recouvertes de mosaïque de verre à la feuille d'or. Seule a survécu la \"mosaïque de Barada\" (du nom du fleuve traversant Damas), qui représente un paysage à rivières, arbres et constructions architecturales. \nLes murs du portique sont recouverts d'un décor en marbre de couleur de 3,5 m de haut. Aujourd'hui seules subsistent quelques dalles de marbre à l'angle sud-est. Ce décor était jadis surmonté d'une frise de type *karma*, faite d'un bandeau à décor de vigne, grappes de raisin et enroulements de feuilles d'acanthe, rappelant celle du Dôme du Rocher à Jérusalem. La mosaïque, le travail de sculpture de la pierre et du marbre sont des éléments anciens qui illustrent la continuité avec les traditions artistiques gréco-romaines aussi bien que byzantines. Ces éléments ont été associés à l'approche islamique interdisant toute représentation humaine dans les établissements religieux. Cet \"éclectisme conscient\" est la marque du nouveau langage architectural omeyyade. \nLa rapidité de la construction de cette mosquée monumentale – nouveau symbole statutaire pour les souverains musulmans – ainsi que son brillant décor et la richesse de ses matériaux furent un défi lancé aux plus belles des églises chrétiennes. Comme la mosquée de Cordoue, chef-d'œuvre précoce de l'architecture musulmane sacrée, la Mosquée omeyyade devint le prototype de la \"mosquée hypostyle\" consistant en une simple cour spacieuse (*sahn*) articulée par un portique à colonnes (*riwaq*) sur trois côtés et un espace couvert pour la prière (*haram*). La répartition en trois nefs et un transept exerça également une influence dans ce type d'architecture en Syrie comme en Égypte, en Tunisie et en Espagne.","short_description":"Décidant de construire la première mosquée monumentale de l'histoire de l'islam, le calife al-Walid ibn Abd al-Malik posa les bases du plan de nombreuses autres à venir et utilisa les plus beaux matériaux. Édifiée au-dessus d'un ancien sanctuaire dans le vieux Damas, cette mosquée possède une cour de 122,5 x 50 m entourée d'un portique à colonnes et bordée au sud par une vaste nef sous coupole rappelant les églises byzantines. Elle fut achevée en 96 H / 715 J.-C. Certains lambris de marbre d'origine et de magnifiques mosaïques bleu, vert et or subsistent le long du portique de la cour, en particulier la “mosaïque du Barada.”","dates":"87-96 de l'Hégire / 706-715 J.-C.","location":"Damas","method_for_datation":"L'inscription de fondation a disparu, mais son texte a été conservé par l'historien, voyageur et géographe arabe du Moyen Âge Ali ibn al-Husayn al-Massoudi dans son *Mouroudj al-Dhahab wa-macadin al-djawhar* \\[Récolte d'or et de trésors de joyaux\\], rédigé en 322-345/943-956.","bibliography":"Creswell, K. A. C., *A Short Account of Early Muslim Architecture,* Le Caire, 1989. \nFinster, B., “Die Mosaiken in der Umayyadenmoschee von Damaskus”, *Kunst des Orients*, 7/2, 1970-1971, pp. 83-141. \nFlood, F. B., *The Great Mosque of Damascus: Studies on the Makings of an Umayyad Visual Culture*, Leyde-Boston-Cologne, 2001. \nGrabar, O., *Formation of Islamic Art*, New Haven, 1987. \nHillenbrand, R., *Islamic Architecture*, Édimbourg, 1994. \nIbn Asakir (499-571 1105-1176), *Tarikh madinat Dimachq* \\[Histoire de Damas\\] (S. Munajjid, éd.), Damas, 1954. \nIbn Jubayr (540-614/1145-1217), *The Travels of Ibn Jubair* (De Goeje, éd.), 2e édition révisée, Leyde, 1907. \nMasudi, Ali ibn al-Husayn (écrit 332-345/943-956), *Mouroudj al-dhahab wa-macadin al-djawhar* \\[Prés d'or et trésor de bijoux\\], s.d.","patrons":"Al-Walid ibn Abd al-Malik (r. 86-89 H / 705-715 J.-C.).","dynasty":"Omeyyade.","author":"Verena Daiber","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Architecture religieuse"]},"85fb094d-1ff0-508b-bb75-cfcae0c77625":{"name":"Peinture","description":"Cette peinture représente une vue topographique de La Mecque montrant la Grande Mosquée entourée de la ville et des collines avoisinantes. Au centre de la vaste cour ouverte de la mosquée se dresse la forme cubique voilée de noir de la Kaaba, le plus saint des sanctuaires islamiques. Cette structure a été peu modifiée au cours des siècles mais restaurée, à la différence de la Grande Mosquée, plusieurs fois reconstruite. Cette vue date d'une période postérieure aux travaux de reconstruction ottomans du Xe siècle H (XVIe siècle J.-C.). Inspirées de l'architecture impériale stambouliote, des arcades surmontées de petites coupoles bordent la cour de chaque côté. Sept minarets à deux ou trois balcons se dressent vers le ciel. Le peintre a tenté de montrer une réalisation urbanistique ottomane. Les vieux quartiers de La Mecque étaient densément peuplés et les maisons touchaient les murs extérieurs de la Grande Mosquée. Il fut décidé de détruire ces logements afin de dégager un vaste espace devant le sanctuaire et sa façade, comme il était de règle dans les complexes de mosquée à Istanbul, Bursa ou Edirne. De nombreuses représentations de La Mecque et de la Kaaba illustrent les itinéraires suivis par les pèlerins pour les aider à s'orienter pendant le *hadjdj.* Elles figurent également sur des carreaux et des panneaux de carreaux depuis  la seconde moitié du XIe siècle H (XVIIe siècle J.-C.) jusqu'à la première moitié du XIIe siècle H (XVIIIe siècle J.-C.). Elles fournissent des descriptions détaillées des fonctions des différents bâtiments. La coupole devant la Kaaba à gauche du *minbar* (chaire), par exemple, protège les empreintes d'Abraham. À côté, le bâtiment ouvert abrite le puits de Zamzam dont les pèlerins boivent l'eau ou la rapportent chez eux. Le choix des constructions représentées, leur disposition et leur exécution évoquent davantage les gravures sur cuivre européennes de La Mecque que les descriptions des mêmes lieux figurant dans les livres de prière contemporains ou sur les carreaux de céramique mentionnés pus haut.","short_description":"Peinture d’une vue topographique de La Mecque montrant au centre la Grande mosquée entourée de maisons. Au milieu de la vaste cour ouverte se dresse la construction de la Kaaba tendue de noir.","holder":"Bibliothèque de l’Université d’Uppsala","dates":"Début du XIIe siècle de l’Hégire (début du XVIIIe siècle J.-C.)","location":"Uppsala","dimensions":"H. 84,5 cm, l. 111,2 cm (hors cadre).","method_for_datation":"Cette peinture a été achetée par le théologien et orientaliste Michael Eneman (1676-1714), probablement à Istanbul, où il avait été envoyé par le roi de Suède Charles XII (1682-1718) en 1709. Après un voyage à travers la Syrie, la Palestine, le Sinaï, l’Égypte et Chypre en 1711 et 1712, il rentra en Suède en repassant par Istanbul. On pense que cette peinture est contemporaine de ce périple car les représentations de La Mecque et de Médine étaient courantes à cette époque.","method_for_provenance":"Peinture achetée par le théologien et orientaliste Michael Eneman au cours de son séjour en Turquie, probablement à Istanbul, au début du XIIe/XVIIIe siècle. Les représentations de La Mecque et de Médine étaient un sujet fréquent dans la peinture ottomane à l’époque, non seulement dans la technique à l’huile, mais aussi sur des carreaux ou en illustration de livres de prières ou de pèlerinage.","provenance":"Peut-être Istanbul, Turquie.","obtention":"Acheté par la Bibliothèque de l’Université d’Uppsala en 1717.","bibliography":"Ådahl, K., “View of Mecca and the Ka'ba”, in *Uppsala University Art Collections*, Uppsala University, 2001, pp. 256-257. \nErdmann, K., “Note. Ka'bah-Fliesen”, *Ars Orientalis* III, 1959, 192-197. \nFaroqhi, S., *Herrscher über Mekka: Die Geschichte der Pilgerfahrt*, Düsseldorf-Zürich, 2000. \nGren, E., “Bidrag till Michael Enemans Biografi Studier och Bokförvärv”, *Donum Grapeanum*, 1945, pp. 445-494. \nMostafa, M., *Islamische Keramik*, Le Caire, 1956, fig. 94, 95.","dynasty":"Ottomane","author":"Friederike Voigt","copy_editor":"Monica Allen","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Pèlerinage; décoration figurative."],"materials":["Huile sur toile."]},"86141f73-f2d4-5de6-b66c-a5955dcb470a":{"name":"Fontaine publique.","description":"Fontaine en forme de banc conçue pour la mosquée de Moustafa Lala Pacha à Damas. Elle est en marbre fin décoré de calligraphie sculptée et de mosaïques géométriques en nacre et marbre de couleur. La partie supérieure consiste en un panneau de marbre présentant deux lignes d'inscription en arabe sculptées en style *diwani*, un style complexe, animé et dynamique dont les caractères se chevauchent, et qui était très populaire pendant la période ottomane. Un fin bandeau de motifs végétaux sépare les deux lignes de l'inscription. Le panneau central est flanqué de deux montants curvilignes également sculptés de riches motifs végétaux et de calligraphie. \nL'inscription explique que cette fontaine, appelée *rub’* (unité de mesure de l'eau) a été construite et mise à la disposition du public en l'honneur du sultan Soliman le Magnifique par Moustafa Pacha en 971 H / 1564 J.-C. La date semble avoir été importante puisqu'elle est écrite numériquement et alphabétiquement en trois endroits différents dans l'inscription. Elle marque l'accession au poste de gouverneur de Damas pour cinq années de Moustafa Lala Pacha. Parmi les *waqf* qu'il offrit à la ville figurent une nouvelle mosquée et un nouveau *khan* aux luxueux équipements sanitaires. Au cours du règne du sultan Sélim II (973-981 H / 1566-1574 J.-C.), Moustafa Lala Pacha commanda des troupes qui conquirent Chypre en 977 H / 1570 J.-C., l'une des grande victoires des armées ottomanes. \nL'inscription se traduit *:* \n\"Celui qui a édifié ce *rub’* public, que Dieu le rende utile, au cours de l'ère du sultan qui craint le plus Dieu, le sultan Sulayman Khan fils du Sultan Salim Khan, que Dieu le plus Exalté l'élève au trône du sultanat, est le Très Noble Moustafa Pacha, que Dieu le comprenne dans l'intercession de son médiateur, l'héritier des royaumes ottomans du sultan Salim Khan, celui qui craint le plus Dieu, que Dieu éclaire son royaume de sa lumière brillante, ce texte a été exprimé, dicté et inscrit en l'année neuf cent soixante et onze, 971 \\[1564\\].”","short_description":"Importante fontaine en marbre réalisée à Damas et dédiée au sultan Soliman le Magnifique par le puissant seigneur et gouverneur militaire de Damas, Moustafa Lala Pacha.","holder":"Musée national de Damas.","initial_owner":"Le gouverneur de Damas Moustafa Lala Pacha (r. 971-976 H / 1563-1569 J.-C.), en l'honneur du sultan Soliman le Magnifique (r. 926-974 H / 1520-1566).","dates":"971 de l'Hégire / 1564 J.-C.","location":"Damas","dimensions":"H. 78,5 cm, l. 150 cm.","method_for_datation":"L'inscription figurant sur la pièce donne la date de son achèvement : 971 (1564).","method_for_provenance":"Documents des archives du musée.","provenance":"Mosquée de Moustafa Lala Pacha, Damas, Syrie.","obtention":"La mosquée de Lala Moustafa Pacha à Damas a été démolie entre 1928 et 1930 pour laisser place au souk al-Hal. Cette pièce, en même temps que d'autres objets de valeurs, a été transférée au musée qui l'a enregistrée dans ses collections en 1931.","bibliography":"Abu al-Faraj al-Ush, M., *A Concise Guide to the National Museum of Damascus*, Damas, 1969.","dynasty":"Période ottomane","author":"Mona al-Moadin","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Marbre ; mosaïques ; fontaines publiques ; Damas ; Moustafa Lala Pacha ; sultan Soliman le Magnifique ; Sélim II"],"materials":["Marbre sculpté à incrustations de marbre et de nacre en partie inférieure."]},"8eee28ae-e98c-58dd-82dd-0212290a8232":{"name":"Filtre.","description":"Ce fragment de terre cuite grisâtre à travail ajouré en partie centrale équipait une jarre à filtre. Celui-ci, légèrement convexe, était placé à la jonction du col et de l'épaule pour protéger le liquide des insectes et autres pollutions. Le motif inscrit dans le cercle représente un quadrupède se déplaçant vers la gauche. Il se détache d'un fin treillis de losanges. Différentes parties du corps de l'animal, généralement considéré comme une gazelle, sont mises en valeur par des traits incisés dans la matière. Le reste du corps est lisse. Le filtre est délimité par une bordure en couronne à zigzag incisé. \nLes filtres décorés ont été découverts lors de fouilles et datés de la période allant du IIe au IXe siècle H (VIIIe-XVe siècle J.-C.). Ceux de la période fatimide, qui connaît l'apogée de ce type de production, présentent non seulement des motifs variés mais aussi des compositions plus élaborées d'exécution plus raffinée. Outre des gazelles, on trouve ainsi, par exemple, des éléphants, des lions, des lièvres, des oiseaux ou des poissons. \nBien que réduits à l'état de fragments de récipients beaucoup plus volumineux, ces filtres sont intéressants. Ils représentent la combinaison inattendue du simple objet en terre cuite, la plupart du temps sans décor extérieur, et du luxueux décor des cols de jarres. Les potiers surent créer une forme hautement esthétique pour cet objet purement utilitaire. La finesse du travail ajouré illustre le talent de ces artisans.","short_description":"Fragment de terre cuite faisant office de filtre intégré à un récipient. L'ajourage représente un quadrupède, peut-être une gazelle, se déplaçant vers la gauche. Le filtre était placé à la jonction du col et de l'épaule d'un récipient en terre cuite de façon à protéger le liquide des insectes et de la pollution.","holder":"Musée des antiquités méditerranéennes et proche-orientales (Medelhavsmuseet","owner":"Musée national des Beaux-Arts, Stockholm. Dans le cadre de la réorganisation de ses collections en expansion, la plus grande partie des pièces d’art islamique ont fait l’objet d’un prêt permanent au Musée des antiquités méditerranéennes et proche-orientales en 1982.","dates":"Ve siècle de l'Hégire (XIe siècle J.-C.)","location":"Stockholm","dimensions":"Ø 6,5 cm.","method_for_datation":"Un filtre également orné d'une gazelle découvert à Fustat a été daté à partir de pièces de monnaie trouvées à proximité dans une couche intacte datant du Ve/XIe siècle.","method_for_provenance":"Des filtres similaires ont été découvert lors de fouilles à Fustat, où ils ont vraisemblablement été fabriqués. Selon F. R. Martin, ce filtre provient de fouilles à Fustat.","provenance":"Fustat, Égypte.","obtention":"Acheté au marchand et historien d'art F. R. Martin en 1921.","bibliography":"Olmer, P., *Catalogue général du Musée arabe du Caire : les filtres de gargoulettes*, Le Caire, 1932. \nScanlon, G. T., *Fustat Expedition Final Report*. Vol. 1: *Catalogue of Filters*, Winona Lake, 1986. \nWittkowski, G., “Arabic Filters from the Collection of the Cracow Archaeological Museum”, *Materialy Archeologiczne*, XXX, 1997, pp. 41-55.","dynasty":"Période fatimide","author":"Friederike Voigt","copy_editor":"Monica Allen","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Céramiques; décoration zoomorphe; eau; purification de l’eau"],"materials":["Terre cuite non vernie, incisée."]},"9019f587-868b-5467-91b0-7b17a50a99bd":{"name":"Puisoir.","description":"Le puisoir est un récipient métallique muni d'une anse qui était employé dans les bains pour arroser d'eau les chauds dallages de marbre et produire la vapeur nécessaire. \nL'ouverture est déformée, sans doute par l'usage. Les éléments décoratifs sont délimités par des circonférences tracées au compas. La gravure est exécutée à l'aide de deux pointes, l'une vive, l'autre plus douce. Le décor d'ataurique a été tracé en s'ajustant à la pièce. \nLa surface externe est entièrement recouverte d'un ornement compartimenté en bandes qui délimitent une bande épigraphique sur la partie supérieure, une frise de rinceaux et de palmettes, une autre bande elle-même articulée en deux cercles et deux médaillons polylobés et, enfin, une autre frise de volutes et de palmettes. Dans la partie inférieure apparaît plusieurs fois l'inscription “Bonheur éternel”, tandis que, dans les médaillons, on lit : “Le bonheur et la prospérité, la bénédiction et l'accomplissement des désirs”. L'un des médaillons présente un schéma géométrique : deux spirales inversement déroulées, surmontées de groupes capricieux de tiges et de bourgeons, constituent le fond sur lequel s'inscrivent d'élégants caractères cursifs. L'autre, moins touffu, est constitué d'un groupe de rinceaux surmontés de palmettes asymétriques. Les espaces entre les médaillons développent l'idée de “l'arbre”. La structure renvoie au monde perse qui, à partir du VIe siècle H (XIIe siècle J.-C.), revitalise les vieilles formes romaines. \nCette pièce appartient au type d'objets domestiques utilisés dans certains milieux raffinés et influencés par les modes orientales, particulièrement prisées en al-Andalus.","short_description":"Fasciné par ce magnifique récipient de bronze de l'Alhambra, le puissant cardinal Cisneros l'emporta et l'intégra à sa collection particulière. Son exquise décoration géométrique, végétale et épigraphique indique qu'il s'agissait d'une pièce de luxe, à l'usage restreint à l'enceinte du palais.","holder":"Musée archéologique national.","dates":"VIIIe siècle H / XIVe siècle J.-C.","location":"Madrid.","dimensions":"H. 18 cm, Ø supérieur 18 cm, Ø inférieur 9,75 cm.","method_for_datation":"Par la technique d'exécution et la décoration en cercles couverts de trames géométriques régulières engendrées à partir d'un hexagone et de ses multiples, selon les conventions particulières de la décoration nasride.","method_for_provenance":"L'inscription reproduit la devise de la monarchie nasride. Sa décoration riche et soignée suggère que la pièce a été réalisée dans les ateliers royaux.","provenance":"Palais de l’Alhambra, Grenade.","obtention":"La pièce est entrée au Musée archéologique national le 30 mai 1868 en provenance de l'Académie royale des Belles Lettres de San Fernando.","bibliography":"*Al-Andalus: las artes islámicas en España* (catalogue d'exposition), Madrid, 1992, p. 256*.* (édition en anglais : *Al Andalus : the Islamic Arts in* Spain, New York, 1992.) \nAmador de los Ríos, R., “Acetre arábigo que se conserva en el Museo Arqueológico Nacional”, *Museo Español de Antigüedades*, VII, Madrid, 1876, pp. 467-481. \nDomínguez Perela, E., “Acetres hispanoislámicos”, *Icónica*,8, Madrid, 1987, pp. 8-13. \nFranco Mata, A., “Acetre”, *Isabel la Católica. La magnificencia de un reinado. Quinto Centenario de Isabel la Católica, 1504-2004*, Valladolid-Madrid, 2004, pp. 246-47. \nGómez Moreno, M., *El arte árabe español hasta los almohades. Arte mozárabe*, Ars Hispaniae, vol. III, Madrid, 1951, p. 337.","dynasty":"Nasride","author":"Ángela Franco","copy_editor":"Rosalía Aller","translator":"Benito Pelegrín (de l'espagnol)","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau ; bains ; mobilier domestique"],"materials":["Bronze fondu, gravé, niellé et doré au feu."]},"9ac8d0d2-823f-5dcf-8834-a73fe5588a48":{"name":"Alcazaba (forteresse, citadelle).","description":"La ville de Mérida, fondée par Auguste en 25 av. J.-C., fut l'un des principaux centres urbains de l'Hispania romaine. À l'époque wisigothique, elle devint la deuxième ville en importance après Tolède. Après la conquête musulmane, la cité demeura le centre le plus peuplé du *Gharb al-Andalus* (l'occident d'al-Andalus). Cependant, suite aux rébellions continuelles face au pouvoir centraliste des Omeyyades, Mérida tomba dans une nette décadence. Après des révoltes successives et des sièges, pour sécuriser la place, Abd al-Rahman, en 220 H / 835 J.-C., fit construire une citadelle destinée à servir de refuge aux troupes fidèles à Cordoue et à s'assurer la soumission de cette zone si encline aux soulèvements. \nL'*alcazaba* s'élève sur le bord du fleuve Guadiana, près du pont, et ses murailles s'appuient sur une digue de retenue romaine. C'est une enceinte au plan carré de quelque 130 m2, d'un périmètre de 550 m. Les murs, de 2,70 m d'épaisseur et de 10 m de hauteur, sont faits de pierres de taille granitiques provenant d'édifices antérieurs, romains et wisigothiques. La muraille est renforcée par une série de massives tours à base quadrangulaire, qui servent de contreforts. L'entrée principale de l'enceinte est un arc en fer à cheval situé sur le côté nord et flanqué de deux grosses tours. Cet espace était protégé par une sorte de cour rectangulaire avec deux autres portes – ouvrant respectivement sur la ville et sur le pont – qui jouaient le rôle de barbacane ou de premier espace défensif. \nÀ l'intérieur de l'enceinte, dans le secteur occidental, on conserve une citerne (*aljibe*) rectangulaire, également en pierres de taille de granit et que l'on peut dater de la même époque. L'édifice d'accès au dépôt d'eau est décoré de pilastres wisigothiques de remploi et inclut deux escaliers qui descendent jusqu'à la citerne. Cette citerne était alimentée en permanence par l'eau du fleuve par infiltrations du terrain et, en cas de siège, pourvoyait en eau la population de la citadelle. \nAprès la reconquête chrétienne (*Reconquista*), la place fut cédée à l'ordre de Saint-Jacques, qui lui adjoignit des tours et d'autres constructions médiévales afin de l'habiliter comme couvent et résidence ; c'est pourquoi l'édifice est également connu sous l'appellation de “Résidence conventuelle de Mérida”.","short_description":"Il s'agit de la fortification musulmane la plus ancienne qui ait survécu dans la péninsule. Après avoir étouffé les continuelles révoltes contre la ville de Mérida, l'émir de Cordoue Abd al-Rahman II ordonna la destruction des murailles de la cité et fit construire une nouvelle forteresse avec les pierres de taille de l'ancienne, qui, placées certaines au cordeau et d'autres en boutisse, perpétuèrent la tradition de l'architecture militaire romane et byzantine. La nouvelle fortification fut érigée près du pont romain qui enjambe le fleuve Guadiana, pour en assurer la défense. Elle servait également de résidence du gouverneur et de refuge aux fidèles de l'émir en cas de révolte.","dates":"220 de l'Hégire / 835 J.-C.","location":"Mérida (Badajoz)","method_for_datation":"L'inscription conservée indique précisément que l'*alcazaba* fut construite en 220/835 par l'émir Abd al-Rahman II.","bibliography":"Gómez Moreno, M., *El arte árabe español hasta los almohades. Arte mozárabe*, Ars Hispaniae, vol. 3, Madrid, 1951, pp. 45-46. \nHernández Jiménez, F., “The Alcazaba of Mérida: 220 H. (835)”, *Early Muslims Architecture 2*, Oxford, 1940, pp. 197-207. \nSerra y Rafols, J., “La alcazaba de Mérida”, *Archivo Español de Arqueología*, 65, 1946, pp. 334-345. \nValdés Fernández, F., “La fortificación islámica en Extremadura: resultados provisionales de los trabajos en las alcazabas de Mérida, Badajoz y Trujillo y la cerca urbana de Cáceres”, *Extremadura Arqueológica II*, Badajoz 1991, pp. 547-557. \nZozaya, J., “Islamic Fortifications in Spain: Some Aspects”, *British Archaeological Report*, 193, 1984, pp. 636-73.","patrons":"Abd al-Rahman II (r. 207-238 H / 822-852 J.-C.).","dynasty":"Omeyyade d’al-Andalus, période émirale.","linkcatalogs":"IAM_PT_FR_001","author":"Margarita Sánchez Llorente","copy_editor":"Rosalía Aller","translator":"Benito Pelegrín (de l'espagnol)","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["alcazaba ; Mérida ; Omeyyades d’al-Andalus ; Abd al-Rahman II ; fortification ; citerne (aljibe)."]},"9b8ab3ff-1008-5ce8-b032-994aad3a8bf4":{"name":"Vasque.","description":"Bassin oblong en marbre gris. Aux deux extrémités de l'ouverture, un décor sculpté formé de deux arcs lobés se termine par des motifs serpentiformes. Les quatre écoinçons du rebord du bassin sont meublés de quatre médaillons pleins. La cavité de cette vasque présente un fond avec son rebord. L'un des deux côtés latéraux porte un orifice jadis relié à la canalisation. La forme extérieure de la vasque se rétrécit à sa base.","short_description":"Ce bassin de forme rectangulaire porte un décor sculpté consistant en deux arcs lobés terminés par des motifs serpentiformes. Aux quatre écoinçons du rebord du bassin figurent quatre médaillons pleins. Cette vasque servait probablement à alimenter en eau le palais de la Mer ou Dar al-Bahr.","holder":"Musée national des antiquités et des arts islamiques","dates":"405-547 de l’Hégire / 1015-1152 J.-C.","location":"Alger","dimensions":"L. 119 cm, l. 52 cm, H. 26,5 cm, P. 17 cm.","method_for_datation":"Trouvé dans Dar al-Bahr de la Qalaa des Beni Hammad (Ve-VIe/XIe-XIIe siècle).","method_for_provenance":"Découvert par De Beylié dans l'angle nord-ouest de la grande cour de Dar al-Bahr.","provenance":"Dar al-Bahr, Qalaa des Beni Hammad.","obtention":"Dépôt archéologique (fouilles De Beylié, 1908).","bibliography":"Beylié, général de, *La Kalaa des Beni Hammad, une capitale berbère de l'Afrique du Nord au XIe siècle*, Paris, 1909. \n \nBourouiba, R., *Les H'ammadites*, Alger, 1984. \n \nGolvin, L., *Recherches archéologiques à la Qal'a des Banû-Hammâd*, Paris, 1965. \n \nMarçais, G., *Le musée Stéphane Gsell, musée des antiquités et d'art musulman d'Alger*, Alger, 1950.","dynasty":"Hammadide","author":"Leila Merabet","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["vasque ; bassin ; marbre ; arc ; écoinçon ; canalisation ; eau ; palais ; médaillon ; Hammadides ; Qalaa des Beni Hammad ; Dar al-Bahr"],"materials":["Marbre gris sculpté."]},"9b938f78-dd1b-5b00-a709-62c11978cdc8":{"name":"Vasque à ablutions.","description":"Cette vasque à ablutions fut découverte en fragments à la fin du XIXe siècle au centre de la ville de Séville. Elle conserve, après sa restauration, les bandes épigraphiques et la décoration sur trois de ses côtés. \nLa face principale est ornée de trois arcs trilobés, encadrés par leurs *alfices* (sg. *alfiz*) respectifs, reposant sur des colonnes. Chaque arc abrite un rameau d'où partent des feuilles, des palmettes, des pignes et des tiges entrelacées. L'espace entre l'arc et l'*alfiz* présente le même type de décoration. L'ensemble est encadré par une bande épigraphique. \nLe côté droit présente un espace divisé verticalement en trois parties. La partie centrale est dépourvue de décoration, probablement pour laisser place à la sortie de l'eau ; les deux autres côtés présentent des scènes similaires : des aigles soutiennent sur leurs ailes éployées deux petits lions affrontés tout en enserrant des cerfs dans leurs griffes ; au-dessous, deux griffons affrontés complètent la scène. Cette iconographie d'origine sassanide évoque le pouvoir, l'abondance et l'éternité. \nDu troisième côté, seuls nous sont parvenus la bande épigraphique, un bandeau avec des canards et des poissons et, au-dessous, les restes d'un lion attaquant un cerf. \nNous savons, par l'inscription, que cette vasque fut commandée pour la mosquée du palais d'al-Zahira par al-Mansour, premier ministre et favori d'Hicham II qui, enfant, accéda au califat en 366 H / 976 J.-C., après la mort de son père al-Hakam II. \nL'irrésistible ascension vers le pouvoir d'al-Mansour commence peu après l'accession d'Hicham II au califat. Dans le but d'instaurer une dynastie parallèle à la dynastie légale des Omeyyades, al-Mansour construisit une ville-palais appelée Madinat al-Zahira. Cette nouvelle cité, rivale de Madinat al-Zahira, était située dans la partie orientale de Cordoue, mais seuls de rares vestiges matériels sont parvenus jusqu'à nous. La ville fut incendiée et rasée en 399 H / 1009 J.-C.","short_description":"Rivalisant avec les califes omeyyades, qui avaient érigé Madinat al-Zahira, le *hajib* de Cordoue al-Mansour fit construire la ville-palais de Madinat al-Zahira, et c'est pour elle que, d'après son inscription, il fit réaliser cette vasque. Il ne reste que l'empreinte des piliers latéraux adossés au mur, probablement dotés de gicleurs zoomorphes.","holder":"Musée archéologique national.","dates":"377 Hégire / 988 J.-C.","location":"Madrid.","dimensions":"H. 68 cm; l. : 15 cm. ; P. 77 cm","method_for_datation":"D'après l'inscription en caractères coufiques, qui précise : “… al-Mansour Abi Amir Muhammad ben Abi Amir, que Dieu lui donne prospérité. [Ceci est] ce qu'il fit faire pour le palais al-Zahira et qui fut terminé avec le secours et l'aide bienveillante de Dieu sous la direction du grand fatá amiri, l'année sept et soixante et dix et trois cents”. Par conséquent, la vasque est datée de 377/988.","method_for_provenance":"Il existe deux autres vasques attribuables aux mêmes période et provenance. L'une d'entre elles est conservée au musée de l'Alhambra. L'autre se trouve à Marrakech (Maroc) et fut réalisée pour Abd al-Malik, fils d'al-Mansour. Les trois exemplaires présentent, sur l'une de leurs faces, une semblable décoration d'origine orientale.","provenance":"Du palais disparu de Madinat al-Zahra (Cordoue).","obtention":"La pièce est entrée en plusieurs étapes. Les deux parties les plus importantes, le devant et une partie de l'un des côtés, on été achetées le 22 novembre 1882. Un autre morceau a intégré le musée en 1923. Enfin, le dernier morceau est arrivé le 30 juillet 1930, en provenance du Musée archéologique provincial de Séville.","bibliography":"Ewert, C. *et al.*, “Denkmaler des islam”, *Hispania Antiqua*, 1997, p. 176. \nLévi-Provençal, é., *Inscriptions arabes d'Espagne,* Paris, 1931, p. 194. \nRevilla Vielva, R., *Catálogo de las antigüedades que se conservan en el Patio árabe del Museo Arqueológico Nacional de Madrid*, Madrid, 1932, p. 77. \nTorres Balbás, L., “España musulmana hasta la caída del califato de Córdoba (731-1031)”, *Historia de España* (dir. Menéndez Pidal), vol. 5, Madrid, 1957, p. 718. \nZozaya, J., “Antigüedades andalusíes de los siglos VIII al XV”, *Guía general del Museo Arqueológico Nacional,* Madrid 1991, p. 66.","dynasty":"Omeyyade d’al-Andalus, période califale","author":"Margarita Sánchez Llorente","copy_editor":"Rosalía Aller","translator":"Benito Pelegrín (de l'espagnol)","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau ; ablutions ; religion"],"materials":["Marbre sculpté."]},"a07c1b97-5ce9-5d4e-a870-1d3149e2561d":{"name":"Palais Badi.","description":"Le 3 *chaaban* 986 H / 4 octobre 1578 J.-C., Ahmad al-Mansour remportait sur les Portugais à la bataille de Oued el-Makhzen (dite bataille d'Alcazarquivir ou des Trois Rois) l'éclatante victoire à l'issue de laquelle il fut proclamé sultan et reçut le titre de “Mansour ” (le Victorieux). Désormais auréolé d'une renommée internationale, il décida de construire dans la casbah de Marrakech un fastueux palais de réception. \n \nLes travaux durèrent 16 ans et le palais fut appelé “Badi” (l'Incomparable), un des 99 qualificatifs d'Allah (par ailleurs, *ksar el-bdi* signifie en arabe marocain “le palais de porcelaine”, ce qui pourrait renvoyer aux riches lambris de céramique qui ornent l'édifice à profusion). Montaigne, dans son *Voyage en Italie,* rapporte que, près de Pise, des ouvriers italiens taillaient, “pour le roi de Fès en Barbarie”, cinquante très hautes colonnes de marbre qui furent payées en sucre, poids pour poids. Et al-Ifrani rapporte que des ouvriers de différents pays,y compris européens, furent recrutés pour l'exécution des travaux. \n \nPendant trois quarts de siècle, le Badi accueillit toutes les grandes cérémonies et fêtes données par les souverains saadiens, et finit par acquérir une réputation, plus ou moins fondée, d'excès et de débauche. C'est, pour une grande part, ce qui décida le souverain alaouite Moulay Ismaïl (1083-1140 H / 1672-1727 J.-C.) à ordonner la destruction totale de l'édifice, dont ne subsistent aujourd'hui qu'une partie de la muraille d'enceinte d'une épaisseur de 2 m, l'esplanade, avec les vestiges des bassins et des vergers, un des pavillons avec ses colonnes et quelques éléments décoratifs (stuc, marbre, zelliges). \n \nMais les fouilles effectuées au XXesiècle, la découverte de deux plans du palais (un portugais et un anglais) et les relations de chroniqueurs contemporains et de visiteurs étrangers autorisent une vision assez précise de ce que fut le Badi au temps de sa splendeur. \n \nLe palais était construit autour d'une immense cour rectangulaire de 135 x 110 m comportant un long bassin central de 90 x 20 m, doté d'une fontaine monumentale avec, de chaque côté, une dépression complantée d'arbres et de fleurs et flanquée, aux extrémités, de quatre petits bassins rectangulaires dont le pavage en marqueterie céramique est encore bien visible. Le côté est du palais donnait sur un grand jardin dit “de cristal”. \n \nDeux pavillons de 15x 16 m se dressaient au milieu des petits côtés de la cour, et deux autres de 23x 15 m au milieu des grands côtés ; les coins de la cour étaient flanqués de tours en troncs de pyramides. \n \nLes pavillons étaient surmontés de coupoles aux plafonds incrustés d'or et de précieuses *mouqarnas* portées par des colonnes en marbre aux chapiteaux recouverts de feuilles d'or. Les sols et les murs étaient recouverts de mosaïques de faïence, les portes étaient en bois sculpté et, partout, des fontaines faisaient jaillir leur eau de gueules de lions, de léopards ou de pythons sculptés dans l'argent massif.","short_description":"Pendant 75 ans, le Badi, détruit sous les Alaouites, a accueilli toutes les fêtes des souverains saadiens. Le palais était construit autour d'une immense cour dotée de 5 bassins pavés de céramique et qui débouchait sur un grand jardin. \nAu milieu de chaque côté de la cour se dressaient un pavillon central et deux tours latérales. *Mouqarnas* incrustés d'or, marbres d'Italie, mosaïques, têtes de fontaines en argent massif… le décor y était d'une richesse extrême. En subsistent une partie de l'enceinte, l'esplanade avec les vestiges des bassins, un des pavillons avec ses colonnes et quelques éléments décoratifs.","dates":"Les travaux ont commencé au mois de chawal 986 H (décembre 1578) et se sont achevés en 1002/1594.","location":"Marrakech.","method_for_datation":"D'après al-Ifrani, qui s'appuie sur les inscriptions poétiques qui ornaient le palais et qui ont disparu.","bibliography":"Al-Ifrani, A., *Nouzhat al-Hadi, Histoire de la dynastie saadienne*, éd. et trad. O. Houdras, Paris, 1888-1889, ch. XL. \n \nDeverdun, G., *Marrakech, des origines à 1912*, Rabat, 1959, pp. 392-401. \n \nMarçais, G., *L'architecture musulmane d'Occident*, Paris, 1954, pp.395-396.","patrons":"Ahmad al-Mansour ad-Dahbi, souverain saadien (r. 985-1019 H / 1578-1603 J.-C.).","architects":"Le plan général suggère que le concepteur du bâtiment était un Andalou, probablement un réfugié grenadin ou morisque.","dynasty":"Saadienne, 955-1027 de l’Hégire / 1548-1618 J.-C.","author":"Kamal Lakhdar","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["résidence royale; eau; jardins; marbre; bois; zelliges"]},"a0a31a62-7361-5268-8ad7-1a7b0126f09d":{"name":"Vase de l’Alhambra.","description":"Ce grand vase d'ornement appartient à la catégorie des dits “vases de l'Alhambra”. Ils sont tous semblables par la forme : un grand corps ovoïde à base étroite sans glaçure, d'où partent deux anses plates de grandes dimensions et un col à section octogonale, renforcé par des moulures verticales. \nLe décor, en doré pâle sur fond blanc, est distribué horizontalement en larges bandes de différentes largeurs, séparées entre elles par des franges lisses plus étroites. La bande centrale, plus large, présente des motifs végétaux et une inscription en caractères coufiques, en blanc sur fond doré, qui répète plusieurs fois le mot “pardon”. Au-dessous et au-dessous de la bande centrale se trouvent autant de bandes similaires décorées d'atauriques et de cercles dorés réunis entre eux par un filet. La décoration du corps est complétée par deux autres registres : l'un, dans la partie inférieure, est orné d'arceaux, tandis que le plus proche du col présente une inscription coufique presque effacée. \nLe col, à huit faces séparées par des moulures, porte un décor de motifs végétaux stylisés. Les anses, collées au corps, présentent sur chaque face le symbole de la *hamsa* ou “main de Fatima”. \nLes “vases de l'Alhambra” constituent les pièces les plus importantes de la production de céramique nasride. La délicatesse de leur décor et leur grande taille en ont fait des objets d'exportation très prisés. Les exemplaires les mieux conservés se trouvent à Palerme (Musée régional de Sicile), Saint-Pétersbourg (Hermitage), Stockholm (Musée national des beaux-arts) et Madrid (Institut Valencia de Don Juan et Musée archéologique national). Certains sont exclusivement décorés en doré, d'autres, en doré et bleu de cobalt, toujours sur couverte stannifère blanche. \nBien que leur forme dérive des grandes jarres de stockage, leurs dimensions, qui en rendent le maniement difficile, ainsi que l'absence d'éléments préhensiles sur les anses, font penser que leur fonction était d'ordre exclusivement ornemental.","short_description":"Complexité technique de la fabrication, beauté des motifs décoratifs et du reflet doré : les “vases de l'Alhambra” furent des objets de luxe. Leur fonction demeure inconnue, mais ils jouissaient d'une telle réputation qu'ils étaient exportés jusqu'en Sicile et en Égypte mamelouke.","holder":"Musée archéologique national.","dates":"VIIIe siècle H (XIVe siècle J.-C.).","location":"Madrid.","dimensions":"H. 126 cm, Ø max. 63 cm.","method_for_datation":"Il est difficile d'assigner une date précise à la fabrication de ces vases. Cependant, tous les chercheurs, s'en tenant au type d'inscription, admettent que les exemplaires décorés simplement en doré sur blanc sont les plus anciens, et qu'on commença à les fabriquer à partir du dernier tiers du VIIe/XIIIe, et surtout durant le VIIIe/XIVe siècle.","method_for_provenance":"Bien que tous ces exemplaires soient connus sous l'appellation générique de “vases de l'Alhambra”, leur lieu de production était Málaga, d'où ils étaient exportés. à partir du VIIe/XIIIe siècle, des auteurs arabes commencent à mentionner Málaga comme grand centre producteur et exportateur de la faïence à reflets dorés ou métalliques.","provenance":"Málaga.","obtention":"La pièce a été trouvée par hasard, au début du XXe siècle, lors de travaux de consolidation de certaines voûtes de la chartreuse de Santa María de la Defensión de Jerez de la Frontera (Cádiz). Elle est entrée au Musée archéologique national par donation le 29 juillet 1930.","bibliography":"Llubía, L. M., *Cerámica medieval española*, Barcelona: Nueva Colección Labor (2nd edition), 1973: 82–110. \nMartínez Caviró, B., *Cerámica hispanomusulmana: andalusí y mudéjar*, Madrid: El Viso, 1991: 76–7. \nSerrano García, C., “Los Jarrones de la Alhambra”, in *Estudios dedicados a D. Jesús Bermúdez Pareja*, Granada: Asociación Cultural de Amigos del Museo Hispanomusulmán, 1988: 127–62. \nTorres Balbás, L., \"Arte Almohade, Arte Nazarí, Arte Mudéjar\", *Ars Hispaniae*, Vol. IV, Madrid: Plus Ultra, 1949: 217. \nPatronato de la Alhambra y Generalife (sel.), *Los Jarrones de la Alhambra. Simbología y poder*, Madrid: Junta de Andalucía, Patronato de La Alhambra y Generalife, 2006.","dynasty":"Nasride","author":"Margarita Sánchez Llorente","copy_editor":"Rosalía Aller","translator":"Benito Pelegrín (de l'espagnol)","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["vase de l’Alhambra ; faïence à reflets dorés ; Nasrides ; Alhambra ; Málaga"],"materials":["Céramique ; glaçure, reflets dorés."]},"a7ce0231-54e8-5757-928a-48c3c0b66585":{"name":"Carte d’adduction d’eau.","description":"Carte de l'alimentation en eau du complexe Süleymaniye à Istanbul, dessinée à la main sur simple papier. Le système fut créé pour alimenter en eau le complexe de la mosquée, y compris sa cuisine populaire, son école et ses fontaines publiques. Alimenté par les sources d'Aypah (Kirazli) et de çinar (les sections à grande capacité du système d'alimentation en eau d'Halkali), cette conduite alimentait la Süleymaniye et 80 autres points d'eau de la ville. \nComme la carte a été dessinée schématiquement et sans échelle, de nombreux bâtiments et quartiers ne sont pas repérables avec précision. Elle s'achève sur une illustration du complexe de la Süleymaniye. \nElle retrace l'histoire de l'eau depuis ses sources, empruntant des tuyaux ou traversant des vallées sur des aqueducs, le réglage de sa pression à certains points, sa distribution dans différentes directions et par des fontaines publiques. Elle fournit également des informations sur la structure urbaine, les habitants et les constructions présents dans un quartier donné. Par exemple, l'aqueduc romain de Valens (375 J.-C.) appelé l'aqueduc Bozdoğan en turc, est présenté comme “le grand aqueduc du marché aux chevaux”, et l'on donne également le nom des gens et des bâtiments recevant son eau. Celle du réseau d'Halkali ne pouvait être livrée à des propriétés privées que sur permission écrite du sultan. Par exemple, on remarque la maison de Moshe Hamon (899-962/1490-1554), dentiste de Soliman le Magnifique, mentionnée comme “Maison de Hamudoğlu”. \nCette carte montre non seulement le circuit d'alimentation en eau, mais aussi les quartiers dans lesquels résidaient les dignitaires et membres de la cour. Elle est importante pour mieux comprendre la topographie sociale de la ville.","short_description":"Istanbul a toujours souffert du manque d’eau en raison de l’éloignement de ses sources. L’acheminement de l’eau sur de grandes distances par des aqueducs permit cependant de pourvoir à ses besoins. Ces cartes d’adduction d’eau nous renseignent aussi bien sur l’itinéraire emprunté depuis les sources jusqu’à la ville que sur les monuments se trouvant sur sa route ainsi que sur la structure sociale de la ville.","holder":"Musée des arts turcs et islamiques.","dates":"Seconde moitié du XIIe siècle de l’Hégire (XVIIIe siècle J.-C.).","location":"Sultanahmet, Istanbul","dimensions":"L. 2572 cm, l. 30 cm.","method_for_datation":"La carte ne comporte aucune date. Cependant, il semble clair, au vu des noms de personnes et de constructions indiquées, qu'elle est du XIIe/XVIIIe siècle. Par exemple, on sait que l'eau alimentait le palais de Taygun en 1161/1748, construction présente sur cette carte – le plan a donc dû être dessiné après cette date.","method_for_provenance":"Bien que la carte ne comporte aucune date, il est assez évident, d'après les noms de peuples et les bâtiments qu'elle porte, qu'elle est du XIIe/XVIIIe siècle. On sait par exemple que l'eau était acheminée jusqu'au palais de Taygun en 1161/1748 – la construction figure sur cette carte, qui a donc été dressée après cette date. Les services publics comme la distribution de l'eau étant du ressort de l'état, les structures hydrauliques étaient vraisemblablement dues aux architectes officiels du palais de Topkapı.","provenance":"Istanbul, Turquie.","obtention":"Transféré de la Direction des fournitures pour les fondations pieuses en 1341/1923.","bibliography":"Aksoy, Ş., “Istanbul'un Suyolları (Voies d'eau d'Istanbul)”, *P Dergisi* (P Magazine), Yaz 22 (été 22) (2001), pp. 17-29. \nçeçen, K,*. Süleymaniye Suyolları* (Voies d'eau de la Süleymaniye), Istanbul, 1986. \nçeçen, K*., Halkalı Suları* (Système d'alimentation en eau de Halkalı), Istanbul, 1991. \nYerasimos, St., *Soliman le Magnifique*, Paris, 1999, n° cat. 323.","dynasty":"Ottomane","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"Şule Aksoy","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau"],"materials":["Papier, encre, peinture de couleur."]},"ada30dbf-d7f6-59db-9686-df60e9f94fc9":{"name":"Amandiers en fleur.","description":"L'une des légendes portugaises les plus connues raconte la façon dont les amandiers sont devenus partie intégrante du paysage du Sud portugais. Un prince arabe, marié à une chrétienne du Nord, ne comprenant pas la tristesse permanente dans laquelle vivait son épouse, en vint à lui demander les raisons de cet état d'esprit permanent. Elle lui répondit que la neige, fréquente dans le nord de la Péninsule et rare dans les régions méridionales, lui manquait. Le prince fit alors planter des amandiers dont la floraison, à la fin de l'hiver, crée l'illusion des champs enneigés. \nCette légende, romantique et empreinte de lyrisme, a toutefois un fond de vérité et présente de profonds liens avec le territoire portugais. \nAl-Moutamid, poète et seigneur de la dynastie abbadide (461-484 H / 1069-1091 J.-C.), lança un jour un défi à Ibn Amar, pendant une promenade le long du Guadalquivir : “La brise transforme le fleuve / en une cotte de mailles.” La réponse vint d'Itimad, esclave de Romaik : “Meilleure cotte ne se trouve pas/ dès le fleuve congelé.” Impressionné par la beauté de l'esclave et par son inspiration poétique, al-Moutamid la prit comme femme et la fit reine. Les origines familiales et géographiques d'Itimad ont contribué à bâtir la légende. Bien que les faits narrés se rapportent à la région de Séville, al-Moutamid est né à Beja et a été seigneur de Silves, ayant ensuite gouverné une grande partie du sud de la péninsule Ibérique. \nDépossédé du pouvoir, al-Moutamid allait finit par s'exiler au Maroc où il est décédé le 30 *dhu'l-hijja* de 487 / 10 janvier 1095. Itimad gît à ses côtés, dans un mausolée à Agmat.","short_description":"Vers la fin de l'hiver, le paysage de l'Algarve est marqué par des amandiers en fleurs. La légende veut qu'ils aient été plantés par un prince arabe en hommage à sa bien-aimée, originaire du Nord, de façon à créer l'illusion de la neige, qui est rare dans le Sud. La légende s'inspire de l'histoire d'amour entre le prince abbadide al-Moutamid et l'esclave Itimad. Impressionné par sa beauté et son inspiration poétique, al-Moutamid la prit pour épouse et la fit reine. Les origines familiales et géographiques d'Itimad ont contribué à bâtir la légende.","dates":"Depuis la présence musulmane dans la région, IIe siècle de l’Hégire (VIIIe siècle J.-C.).","location":"Sud du Portugal.","method_for_datation":"Tradition orale.","linkcatalogs":"IAM_PT_FR_001","author":"Isabel Cristina Ferreira Fernandes","translator":"Inês Oseki-Dépré","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["amandiers ; sud du Portugal ; paysage ; légende ; traditions ; al-Moutamid"]},"b0b32448-07f0-5aaa-8b81-cade08d4c6f4":{"name":"Fontaine et sabil d’Ahmed III.","description":"La fontaine d'Ahmed III est située entre Bab-i Hümayun (Porte impériale du palais de Topkapı) et le musée de Sainte-Sophie. Il s'agit d'une construction carrée présentant un *sabil* à chaque angle. L'intérieur est occupé par un bassin d'eau octogonal entouré d'un passage. \nAu milieu de chaque façade se trouve une fontaine couronnée d'un arc brisé et flanquée sur chaque côté d'une niche à *mouqarnas*. à l'arrière, deux portes (à l'emplacement des niches) donnent accès aux *sabil* semi-circulaires. \nChacun de ceux-ci est entouré d'un muret d'environ un mètre haut. Ses murs sont rythmés par quatre colonnes réunies par des arcs chantournés. La baie est occultée par un treillage en métal. La partie supérieure des murs au-dessus des comptoirs est également arrondie. \nL'ensemble est protégé par une toiture à larges débordements. Recouvert de feuilles de plomb, le toit est couronné de cinq coupoles : une grande au centre et quatre plus petites au-dessus des *sabil*. Ces coupoles à charpente en bois recouverte de plomb et surmontée de faîteaux en bronze doré reposent sur des tambours octogonaux. \nLe plan décoratif repose à l'évidence sur “l'horreur du vide”. Les façades de marbre sont entièrement décorées de divers motifs d'origine turque et européenne. Les bandeaux horizontaux de *mouqarnas*, d'arabesques et de palmettes ainsi que les compositions foliées autour des fontaines sont remarquables. On trouve sur les deux façades et les murets des *sabil* des vases de fleurs en bas-relief. Les carreaux décoratifs, la calligraphie et les motifs de tulipes du treillage sont de très haute qualité. Les auvents débordants bénéficient également d'un décor en bois. La partie supérieure des façades est décorée de compositions de caissons, et celle qui surmonte les *sabil* de compositions de fleurs et de fruits. \nDe nombreux *sabil* et fontaines ont été édifiés au cours de “l'époque des tulipes” (1130-1142 H / 1718-1730 J.-C.) qui marque la transition entre l'art ottoman classique et les débuts de l'occidentalisation de l'art ottoman. Les fontaines jusqu'alors aménagées dans des cours ou directement dans des murs sont désormais des constructions indépendantes. Nouvel élément du patrimoine urbain, elles sont parmi les premiers éléments à illustrer une influence étrangère sur l'architecture ottomane. La fontaine d'Ahmed III est la plus monumentale.","short_description":"Les fontaines ottomanes construites dans des jardins publics, dont la fontaine d’Ahmed III est un exemple important, prirent un caractère monumental au XIIe siècle H (XVIIIe siècle J.-C.). À chaque angle se trouve un *sabil* (kiosque de distribution d’eau), et une fontaine occupe le centre de chacun des quatre côtés. Située face à la porte Impériale du palais de Topkapı, avec sa toiture à larges débordements et sa riche décoration, c’est un exemple important de la période dite des Tulipes.","dates":"1141 de l’Hégire / 1729 J.-C.","location":"Sultanahmet, Istanbul","method_for_datation":"L'inscription sur la fontaine et les *sabil* est une citation du poète Seyyid Vehbi. Elle informe que la fontaine a été construite à la suggestion du Grand Vizir Damat Ibrahim Pacha de Nevşehir en 1141/1729. Les deux vers donnant la date ont été composés par le sultan Ahmed III lui-même. Un document daté de *ramadan* 1141/avril 1729 — commande de marbre blanc pur non veiné de l'île de Marmara — prouve que la construction n'était pas encore achevée à cette date.","bibliography":"Eyice, S., “Ahmed III çeşmesi”, *Türkiye Diyanet Vakfı Islâm Ansiklopedisi* \\[Encyclopédie de l'Islam de la Fondation des affaires religieuses de Turquie\\], vol. 2, 1989, p. 9. \nKumbaracılar, İ., *Istanbul Sebilleri* \\[Sabils d'Istanbul\\], Istanbul, 1938, p. 8. \nTanışık, İ. H., *Istanbul çeşmeleri I* \\[Fontaines d'Istanbul I\\], Istanbul, 1943.","patrons":"Sultan Ahmed III (1115-1143 H / 1703-1730 J.-C.).","architects":"Architecte inconnu, mais le bâtiment est supposé avoir été édifié alors que Mehmed Agha de Kayseri, qui fit dorer les faîteaux et les treillages de la fontaine, était architecte en chef au palais de Topkapı.","dynasty":"Ottomane.","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"İnci Kuyulu Ersoy","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["fontaines ; sabil ; architecture de l’eau ; décoration végétale ; calligraphie"]},"b35cbc07-d87d-5f89-b803-e7930fc1b57b":{"name":"Sabil du sultan Qaytbay.","description":"Ce *sabil* de 13 m de haut environ comprend trois parties. La première est la partie principale de section carrée. Elle s'ouvre par trois fenêtres hautes sur chacune de trois de ses façades, et par une porte sur la quatrième, face à l'est. Chaque angle est orné d'un pilier engagé à chapiteau orné de *mouqarnas*. La deuxième partie comprend la zone de transition entre la partie inférieure et le tambour qui soutient la coupole. Aux angles de la zone de transition, de petits contreforts pyramidaux facilitent la transition entre la section carrée de la base pour passer du carré à une forme octogonale puis à un polygone à 12 côtés. La troisième partie est la haute coupole en pierre de forme élancée édifiée à décor sculpté d'arabesques. C'est un exemple unique d'architecture mamelouke égyptienne hors du Caire. \nL'appareillage de pierre du *sabil* en style *ablaq* alterne les blocs rouges et blancs. Au sommet des façades, un bandeau épigraphique sculpté reproduit des versets du Coran et contient une inscription de fondation rédigée en grande écriture *naskhi* mamelouke. \nLes éléments architecturaux et décoratifs de ce *sabil* s'inspirent principalement des traditions égyptiennes dominantes au cours de la période mamelouke. Bon exemple de l'architecture mamelouke tardive en général et du style cairote en particulier, il est considéré comme l'un des plus splendides *sabil* de Jérusalem et l'un des plus raffinés des petits bâtiments à coupole du Haram al-Charif. Restauré, il continue à dispenser de l'eau aux visiteurs du Haram.","short_description":"Les éléments décoratifs et architecturaux de cette fontaine publique (*sabil*) étaient inspirés des traditions de construction de l’Égypte. L’édifice avait un plan au sol carré (4,80 m x 4,60 m) et sa tour culminait à environ 13 m au-dessus du sol. Il est surmonté par une très haute coupole en pierre à décor d’arabesques. Chacune de ses façades contient une large fenêtre. Dispersées sur toute la construction se trouvent des inscriptions, qui sont essentiellement des versets du Coran qui viennent s’ajouter à l’inscription fondatrice. Ce *sabil* est considéré comme l’un des plus fameux et des plus beaux parmi tous les *sabil* de Jérusalem.","dates":"887 de l'Hégire / 1482 J.-C., rénové en 1300 H / 1883 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Un bandeau épigraphique qui court au sommet des quatre façades du bâtiment donne la date de construction, confirmée par les écrits de l'historien Moujir al-Din al-Hanbali (m. 928/1521) qui a décrit les travaux du sultan Qaytbay à Jérusalem.","bibliography":"Burgoyne, M., *Mamluk Jerusalem: An Architectural Study*, Londres, 1987. \nAl-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973. \nKessler, C. et Burgoyne, M., “The Fountain of Sultan Qaytbay in the Sacred Precinct of Jerusalem”, in R. Moorey et P. Parr (éds), *Archaeology in the Levant: Essays for Kathleen Kenyon,* Warminster, 1978, pp. 250-269. \nWalls, A., “Ottoman Restorations to the Sabils and the Madrasa of Qaytbay in Jerusalem”, *Muqarnas*, n° 10, 1993, pp. 85-97. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004.","patrons":"Le sultan Sayf al-Din Inal (r. 857-865 H / 1453-1461 J.-C.) avait fondé à cet emplacement un premier *sabil* dont il ne subsiste rien. Le sultan al-Achraf Qaytbay (r. 872-901 H / 1468-1496) le reconstruisit entièrement et le rattacha à sa *madrasa* al-Achrafiyya voisine. Le *sabil* fut ensuite rénové par le sultan ottoman Abd al-Hamid II (r. 1293-1327 H / 1876-1909 J.-C.).","architects":"Il est probable que c’est la même équipe d'ingénieurs, d'architectes et de maçons, envoyée d'Égypte par le sultan Qaytbay, qui a construit la *madrasa* al-Achrafiyya et le *sabil*.","dynasty":"Construction mamelouke restaurée par les Ottomans.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001 ; IAM_EG_FR_001","author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Écriture naskhi ; écriture naskhi mamelouke ; sabil ; fontaines"]},"b381524f-09dd-5a75-8920-d87af44e1cd5":{"name":"Fontaines publiques.","description":"Al-Djazaïr et son Fahs (campagne) disposaient d'un grand nombre de fontaines. Leur nombre, pour la ville intra-muros, varie de 7, selon Haëdo au XVIe siècle, à 125 selon le chevalier d'Arvieux en 1674-75 et à “soixante-treize enregistrées en 1840” (S. Missoum, *Alger à l'époque ottomane*). Un grand nombre de ces fontaines ont été réalisées au XVIIIe siècle par les deys. \n \nCes fontaines étaient l'œuvre de bienfaiteurs. Y étaient apposées, sur une plaque de marbre ou de schiste, en arabe ou en osmanli, des inscriptions vantant les mérites du bienfaiteur. Sous la responsabilité d'un *khoudjat al-Ou'youn*, une sorte de secrétaire aux fontaines, une administration était chargée d'assurer la gestion des *habous* (donations immobilières) rattachés à ces fontaines. \n \nUne de ces fontaines, dite “de la Calle aux Vins”, a fini sur un mur extérieur de l'actuel Musée national des antiquités et des arts islamiques. Construite par le dey Hussein en 1235 H / 1820 J.-C. en dehors de Bab al-Djazira (“porte de l'Ile”, également dite porte “de la Guerre sainte”) en bas de la batterie d'al-Andalus, elle a été déplacée une première fois en 1867 “sous l'escalier du bastion actuel de la porte de France” (rapport de proposition de classement non daté ; mais l'arrêté de classement date du 13 mai 1905). Puis une seconde fois au parc de la Liberté (anciennement parc de Gallant) contre le mur du Service des antiquités, où elle a fait l'objet d'un rapport pour travaux d'entretien par l'architecte en chef des Monuments historiques dans un courrier daté du 27 mai 1968.","short_description":"La ville d'Al-Djazaïr comptait de nombreuses fontaines publiques, dont le plus grand nombre a été édifié durant le XVIIIe siècle par les deys ottomans. œuvres de bienfaiteurs, ces fontaines conservaient, inscrit sur une plaque de marbre ou de schiste, le nom de leurs commanditaires et étaient gérées par un service placé sous l'autorité d'un *khodja*. Le dey Hussein a fait construire en 1820 une fontaine à l'extérieur de Bab al-Djazira, porte qui présente une inscription en son honneur.","dates":"1235 H / 1820 J.-C.","location":"Alger","method_for_datation":"Inscription en arabe et osmanli : “Par l'eau toute chose vit. Le gouverneur d'Alger avec son sultan, lequel est Hussaïn Pacha, s'efforce incessamment, dans ses vertueuses intentions, d'accomplir de bonnes œuvres. Sa bonté s'applique surtout à faire couler en tout lieu de l'eau en quantité suffisante. C'est lui qui a fait construire cette fontaine. Il donne la vie à celui qui est altéré, en cet endroit privé d'eau. Bois une eau fraîche à la bonté de Hussaïn et à son amour. Année 1235 [1820].”","bibliography":"Belhamissi M., *Alger par les eaux XVIe-XIXe*, Alger, 2004. \n \nMissoum, S., *Alger à l'époque ottomane*, Aix-en-Provence-Alger, 2003. \n \nArchives de l'Agence nationale d'archéologie et des monuments historiques, notamment le rapport de proposition de classement.","dynasty":"Ottomane.","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"Ali Lafer","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["fontaine ; eau"]},"b8c3263e-bcad-57f1-85f6-7e684aea8d52":{"name":"Puits-citerne.","description":"Puits-citerne de forme circulaire d'environ 20 mètres de profondeur (profondeur atteinte lors des fouilles, mais probablement plus importante encore) et 3 mètres de diamètre à la margelle. Avec ses 2,3 mètres d'eau constamment visibles, il est possible qu'il soit bâti par rapport au niveau de la nappe phréatique. \nIl s'agit d'un ouvrage hydraulique assez particulier, construit en maçonnerie de pierre locale – grès rouge de Silves –, ce qui en rehausse la qualité. Du point de vue architectonique, il représente un exemple de maîtrise technique et de fonctionnalité : un escalier hélicoïdal voûté, en galerie, accompagne sa descente jusqu'au niveau inférieur de 16 mètres. \nL'escalier tout entier, avec ses quatre volées, est couvert d'une magnifique voûte en plein cintre segmentée. Trois fenêtres aux voûtes à profil semi-circulaire font le lien entre la galerie de l'escalier et le puits, ouvrant l'accès à l'eau d'après les différents niveaux de remplissage, mais aussi à l'air et au jour naturel de la galerie. \nCe monument a été construit à la fin du XIIe siècle ou au début du XIIIe siècle, à côté du parement interne de la muraille qui entoure la médina et qui a été reconstruite à la même époque. Ici la muraille est plus épaisse, une tour flanquante y est adossée à l'extérieur. \nIl est certain que ces trois structures (muraille, tour flanquante, puits-citerne), dressées dans la même période, devaient constituer un ensemble défensif, formel et fonctionnel. \nLe puits-citerne avait sans doute pour fonction d'approvisionner en eau la vaste zone basse de la ville, notamment le *hammam* (bains publics), distant d'une centaine de mètres. \nÀ l'arrivée des chrétiens, à la fin du XIIIe siècle, on l'a bourré de terre et de déchets et sa fonction a été oubliée. Il a été redécouvert en 1979, au moment des travaux de réhabilitation et de repavage du site. Les fouilles archéologiques suivantes ont mis au jour non seulement sa magnifique structure, mais ausssi un extraordinaire trésor de céramique, avec des pièces datant du IXe-Xe siècle jusqu'au XVIIe siècle et qui sont désormais exposées au Musée municipal d'archéologie. \nLe puits-citerne fait aujourd'hui partie intégrante du Musée municipal d'archéologie de Silves, où il a le rôle de pièce capitale et autour duquel toute l'exposition permanente a été organisée. \nCet exemple unique de puits-citerne relié à la nappe phréatique est classé monument national depuis 1990.","short_description":"Ce réservoir à eau ou citerne almohade était alimenté par la nappe phréatique de Silves. Un escalier voûté en colimaçon descend dans une galerie à une profondeur de 16 mètres. Toute la surface de cet escalier à quatre volées est couverte par une voûte en berceau segmenté. Trois fenêtres à voûtes semi-circulaires font le lien entre la galerie de l'escalier et le puits, donnant accès à l'eau et assurant la circulation de l'air et de la lumière naturelle dans la galerie. La citerne, autour de laquelle sont disposés tous les autres objets exposés, est aujourd'hui la pièce maîtresse du Musée municipal d'archéologie.","dates":"Seconde moitié du VIe siècle-première moitié du VIIe siècle de l’Hégire (seconde moitié du XIIe siècle-première moitié du XIIIe siècle J.-C.).","location":"Silves., Faro.","method_for_datation":"Par observations typologiques, analyse du mode constructif et architectonique de la structure. Par des documents historiques portant sur l'existence d'un puits-citerne voisin du *hamman.*","bibliography":"Collectif, Portugal Islâmico: os últimos sinais do Mediterrâneo, Lisbonne, 1998, p. 102. \nCollectif, Terras da Moura Encantada, Porto, 1999. \nGomes, R. V., Palácio Almóada da Alcáçova de Silves, Lisbonne, 2001, p. 228. \nGomes, R. V., Silves (Xelb) – Uma Cidade do Gharb Al-Andalus – Arqueologia e História (séculos VIII-XIII), FCSH de l'université de Lisbonne, 1999.","dynasty":"Almohade.","linkcatalogs":"IAM_PT_FR_001","author":"Maria da Conceição Amaral","translator":"Inês Oseki-Dépré","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau"]},"c0d80368-9101-5330-9c94-206d3ccd6cb3":{"name":"Oum al-Walid.","description":"Le site d'Oum al-Walid se trouve à 14 km au sud-est de Madaba. Il se compose d'une agglomération de bâtiments de dimensions variées, d'un temple datant de la fin de la période romaine, d'un mausolée, de citernes et de barrages. C'est au cours de la période omeyyade (première moitié du IIe siècle H / troisième quart du VIIIe siècle J.-C.) qu'un important établissement se développa sur une zone de 400 m de long du nord au sud et 300 m d'est en ouest. Sur le côté est furent édifiés un *qasr* (palais) et une petite mosquée. \nLe *qasr* est un enclos carré de 70 m de côté. Chaque angle est conforté par une tour en trois quarts de cercle et chaque côté par trois demi-tours. Les murs, soigneusement montés en calcaire local, intègrent quelques blocs sculptés sans doute prélevés sur des constructions antérieures. à l'est, l'entrée centrale prise entre deux demi-tours s'ouvre sur un passage bordé de bancs de pierre à accoudoirs, qui conduit à une cour pavée carrée de 33 m de côté. Les fouilles ont montré qu'elle était entourée d'un portique derrière lequel donnaient des appartements séparés de la cour centrale par un mur bas. \nCes murs délimitaient cinq étroites cours rectangulaires sur lesquelles donnent à l'arrière cinq unités indépendantes (*bayt*)*.* à chaque angle du portique, une petite pièce était équipée de latrines. \nEn dehors de récipients en céramique et en stéatite, deux brûleurs d'encens à couvercles hémisphériques, des cruches et des coupes en bronze ont été découverts dans la pièce sud-est. Un linteau monolithique décoré d'un bas-relief en plâtre représentant une panthère chassant une gazelle a été trouvé dans la pièce nord-ouest. \nà quelque 60 m à l'est se dressent les vestiges d'une petite mosquée de 14 x 10,30 m. Elle était dotée de deux entrées, l'une au nord, l'autre à l'est donnant sur un enclos fermé de murs équipés de bancs de pierre sur le côté ouest. \nL'intérieur de la mosquée, construite en deux phases identifiables, est divisé en trois parties par deux arcades à trois arches, parallèles au mur sud (*qibla*). Au milieu du mur de *qibla* se trouve une niche concave en saillie, le *mihrab*, qui indique la direction de la prière. Il faut noter que cette implantation omeyyade s'imposa au milieu d'une région à dominante chrétienne, et que sans une coexistence pacifique et des échanges étroits avec les communautés chrétiennes voisines de Madaba, Nitl et Oum al-Rasas, cette colonie n'aurait pu exister, car elle avait besoin des marchés locaux pour l'alimenter. Oum al-Walid est plus un témoignage d'intégration que d'une tentative des Omeyyades de vivre séparés du reste de la communauté.","short_description":"Le site d’Oum al-Walid se trouve à 14 km au sud–est de Madaba. Il se compose d’un temple datant de la fin de la période romaine, d’un mausolée, de citernes et de barrages. C’est au cours de la première moitié du IIe siècle H (troisième quart du VIIIe siècle J.-C.) qu’un important établissement fut construit qui comprenait une petite mosquée et un *qasr* (palais), où une importante collection de poteries ainsi que des cruches et des coupes en bronze furent découvertes. Établie au milieu d’une zone chrétienne, et ayant entretenu des liens étroits avec les communautés chrétiennes voisines, la colonie omeyyade d’Oum al-Walid est plus un témoignage d’intégration qu’une tentative des Omeyyades de vivre séparés du reste de la communauté.","dates":"Première moitié du IIe siècle de l’Hégire (première moitié du VIIIe siècle J.-C.).","location":"Oum al-Walid.","method_for_datation":"Analyse des fouilles archéologiques du site. Les vestiges matériels, en particulier de récipients en poterie et en stéatite, renvoient à la période omeyyade.","bibliography":"Bujard, J. et Schweizer, F., *Entre Byzance et l'Islam: Umm er-Rasas et Umm el-Walid. Fouilles genevoises en Jordanie*, Genève, 1992, pp. 11-32 \nBujard, J., “Umm al-Walid et Khan Ez-Zabib: Cinq Qusur omeyyades et leurs mosquées revisités”, *Annual of the Department of Antiquities of Jordan*, XLI, 1997, pp. 351-373. \nHaldimann, M. A., “Les Implantations omeyyades dans la Balqa: l'apport d'Umm el-Walid”, *Annual of the Department of Antiquities of Jordan*, XXXVI, 1992, pp. 302-323.","dynasty":"Omeyyade.","linkcatalogs":"IAM_JO_FR_001","author":"Ghazi Bisheh","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["bayt ; intégration culturelle ; mosquée ; mirhab ; qasr ; qibla"]},"c37ffe04-f331-50a3-8853-714465f7a769":{"name":"Système de distribution d'eau de Damas (*tali‘*).","description":"Le système de distribution de l'eau en Syrie est particulièrement important pour assurer la réussite d'une région comme centre de civilisation. La disponibilité d'eau courante pour alimenter aussi bien les maisons privées que les bâtiments publics est un héritage de l'ancien système d'irrigation et des canaux souterrains de Damas, système qui a subsisté jusqu'à aujourd'hui. L'un des quartiers les plus célèbres de la ville est appelé \"Hayy al-Qanawat\" d'après les canalisations romaines qui l'alimentaient et qui ont été conservées sous l'administration islamique. \nAu cours de la prolifique période de constructions de Nour al-Din Mahmoud bin al-Zangi (m. 569 H / 1174 J.-C.), Damas était réputée pour le luxe de ses hammams, de ses fontaines publiques et la disponibilité de l'eau courante dans ses mosquées, ses *madrasa* et ses hôpitaux (*bimaristan*). La fontaine et le petit canal reliés au bassin de la cour de la *madrasa* Nouriyya, construite en 563 H / 1168 J.-C., sont un exemple de la créativité dans l'adduction d'eau car cette abondance visible était la marque d'une bonne administration. \nLe fleuve Barada, qui naît dans les montagnes de l'Anti-Liban vers Zabadani à 1 100 m d'altitude, était la principale source d'approvisionnement. L'eau atteint Damas par six canaux principaux et plus d'une trentaine d'ouvrages secondaires. Les canaux souterrains de Syrie ont été utilisés tout au long de l'histoire et ont contribué à transformer ce paysage désertique en région agricole. \nLa ville bénéficie d'un système de distribution, le *tali'*, qui répartit l'eau entre les quartiers selon une unité de calcul appelée *qirat* et représentant 1/24e de *tali'*, comme précisé dans les baux de nombreuses propriétés. Chaque bâtiment a droit à un certain nombre de *qirat*. Ce système de distribution de l'eau à l'intérieur du réseau urbain porte le sceau des Atabegs et des Ayyoubides damascènes. Le hammam Nour al-Din, par exemple, fut construit à proximité de son *tali'* et la *madrasa* al-Adiliyya édifiée près de Hayy al-Sabi' Tawali', quartier ainsi nommé d'après les sept *tali'* qui l'approvisionnent. \nLe contrôleur officiel qui surveille la distribution est appelé *al-faradi*, équivalent du *mouhtasib* qui contrôle l'équité et la légalité de la distribution de l'eau. L'eau du Barada dessert ainsi chaque foyer damascène, où le bassin central dans la cour et la fontaine, la vue et le bruit de l'eau continuent à symboliser les agréments de la vie. \nIl existe de même à Alep un important système de distribution canalisée de l'eau appelée *al-qastal*. La *madrasa* al-Shuaybiyya, édifiée par Nour al-Din en 545 H / 1150 J.-C., a été construite près du *qastal* al-Shuaybiyy qui comporte encore des inscriptions et des marques de son rôle majeur dans la distribution de l'eau. La ville de Hama est également fameuse pour ses norias dont un certain nombre ont été construites sous le règne de Nour al-Din.","short_description":"L'alimentation en eau de Damas dépend du Barada qui prend sa source dans l'Anti-Liban et dessert la ville au moyen de six canalisations principales et plusieurs conduites secondaires. La gestion experte de ces eaux permettait d'alimenter toutes les institutions publiques et les maisons de la ville et fut une des grandes réussites du règne de Nour al-Din Mahmoud bin Zangi (m. 569 H / 1174 J.-C.). Chaque quartier était équipé d'un *tali'* où l'eau était jaugée avant d'être distribuée aux propriétés avoisinantes.","dates":"Milieu du VIe siècle de l'Hégire (milieu du XIIe siècle J.-C.)","location":"Damas","method_for_datation":"L'historien Ibn 'Asakir (m. 571/1176) décrit un nombre significatif de hammams, *qanat* (canalisations d'eau) et *sabil* à Damas vers le milieu du VIe/XIIe siècle.","bibliography":"Al-Attar al-Dimashqi*, M. 'Ilm al-Miyah al-Jariya fi Madinat Dimachq* \\[La science de la distribution de l'eau dans la ville de Damas\\], The Series of Studies and Historical Documentation of Damascus and Greater Syria, vol. 4 (A. G. Sabano, éd.), Damas, 1984. \nElisseeff, N., *La Description de Damas d'Ibn Asakir*, Damas, 1959. \nIbn Asakir (499-571 1105-1176), *Tarikh madinat Dimachq* \\[Histoire de Damas\\] (S. Munajjid, éd.), Damas, 1954. \nTabbaa, Y., “Towards an Interpretation of the use of Water in Islamic Courtyards and Courtyard Gardens”, *Journal of Garden History*, vol. 7, pp. 197-220. \nTresse, R., “L'irrigation dans la Goutha de Damas”, *Revue des études islamique,* 1929, pp. 461-574.","dynasty":"Période atabeg/ayyoubide.","author":"Abd al-Razzaq Moaz, Zena Takieddine","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Eau ; sabil ; fontaines ; canalisations d'eau (qanat) ; irrigation ; Barada (fleuve) ; tali‘ ; qastal"]},"c3846b74-8446-5391-a0bc-02dca834176f":{"name":"Bassin.","description":"Bassin en cuivre jaune, incrusté d'argent à l'origine. Sa paroi extérieure est divisée en six sections séparées par six rondeaux. L'important bandeau calligraphique proclame : “Voici l'un des objets fabriqués pour son altesse, le seigneurial, le royal, le savant, le trésor d'excellence, le juste, le conquérant, le guerrier, le défenseur, le protecteur des frontières, celui qui tire sa force de Dieu, le victorieux, le clairvoyant, l'ordonné, le maître, l'absolu, le soutien du khan, …[?], le roi le Nassiri.” Ce qui permet de penser que ce bassin a été commandé par un successeur d'al-Malik al-Nasir, sultan qui régna à trois reprises (entre 692 H /1293 J.-C. et 740 H /1340 J.-C.). Trois des rondeaux contiennent un blason. Les trois autres présentent une composition symétrique de six oiseaux : deux affrontés, deux regardant en sens contraire l'un de l'autre et deux s'éloignant l'un de l'autre en se regardant. Les compositions à oiseaux ou poules d'eau sont caractéristiques du travail du métal de l'Égypte mamelouke et distinguent celui-ci du travail syrien, iranien ou irakien.","short_description":"Les récipients comme celui-ci étaient relativement chers. L’inscription autour du bassin en style *toulouth* décrit les titres de son propriétaire, un haut dignitaire mamelouk. Le blason incisé dans les rondeaux qui divisent le texte indique qu’il était en charge de la correspondance du sultan.","holder":"Kelvingrove Art Gallery and Museum, Glasgow Museums.","owner":"En exposition temporaire à la mosquée centrale de Glasgow.","dates":"VIIIe siècle de l’Hégire (XIVe siècle J.-C.).","location":"Glasgow, Écosse","dimensions":"H. 15 cm, Ø 30 cm.","method_for_datation":"Analyse artistique, et présence d'un blason et de titres mamelouks du VIIIe/XIVe siècle.","provenance":"Égypte.","obtention":"Acheté par les Glasgow Museums en 1907.","bibliography":"Allan, J. W., *Islamic Inscriptions*, édimbourg, 1998. \nBlair, S. S. et Bloom, J. M., *The Art and Architecture of Islam 1250-1800*, New Haven-Londres, 1994. \nWard, R., *Islamic Metalwork*, Londres, 1993.","dynasty":"Mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","author":"Noorah Al-Gailani","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau ; classes dirigeantes ; mécénat ; calligraphie"],"materials":["Cuivre jaune battu, incrustations d’argent."]},"c4f03920-d58d-553e-895b-4f8dadfb02e3":{"name":"Minbar de Burham al-Din.","alternate_name":"Minbar al-Sayf (chaire ou minbar d’été).","description":"Ce *minbar* occupe une place importante dans l'histoire de l'art islamique. Le *minbar* fait partie des éléments de mobilier essentiels d'une mosquée. Il est étroitement lié à la prière, l'un des cinq piliers de la religion musulmane et l'un des plus importants rites islamiques après la *chahada*. C'est de cette tribune que le prédicateur s'exprime, en particulier lors des fêtes religieuses. Le prêche du vendredi ne peut être adressé que du haut d'un *minbar*. On trouve également des *minbar* dans les *madrasa*, par exemple dans celles du Caire mamelouk (mais pas à Jérusalem). Le *minbar* de Burham al-Din est particulièrement rare car il a été conçu pour une utilisation en plein air et édifié en pierre et en marbre, et non en bois comme d'habitude dans le cas des *minbar* intérieurs. Il semble qu'il ait remplacé un modèle en bois monté sur roues et que l'on tirait sur place. \nCe *minbar* se compose de plusieurs parties. Sa façade principale comporte une ouverture rectangulaire entre deux colonnes de marbre, chacune à socle et chapiteau cylindriques. Elles soutiennent un linteau de pierre sur lequel repose une stèle de forme arquée portant une inscription de style *naskhi* qui date de la restauration exécutée pendant la période ottomane en 1259 H / 1843 J.-C. Quelques degrés de pierre conduisent au *jawsaq*, où se tenait le prêcheur. Il consiste en une petite plate-forme carrée protégée par une coupole nervurée (appelée *qubbat al-Maïzan*) reposant sur un tambour hexagonal soutenu par six arcs trilobés soutenus par des piliers en marbre. Les éléments architecturaux qui composent cet ensemble n'ont pas été spécifiquement réalisés pour lui mais prélevés sur des constructions datant de la période des Croisés. \nLes deux faces latérales (*richa*) du *minbar* sont de forme triangulaire et habillées de panneaux de marbre. Dans l'angle oriental du *minbar* a été installé un *mihrab* surmonté d'un arc brisé à sept voussoirs. Les parties inférieure et supérieure sont décorées de motifs géométriques simples, la partie centrale est ornée de motifs végétaux. \nCe *minbar* servait à la prédication des foules de la mosquée al-Aqsa lors d'occasions qui nécessitaient de faire appel à une solide détermination des fidèles et à leur patience, en particulier pour les prières en faveur de la pluie. Il servait le plus souvent pendant les mois d'été.","short_description":"Ce *minbar* (chaire) en marbre et en pierre est situé dans la cour du Dôme du Rocher. C’est le seul *minbar* de Jérusalem qui soit situé dans un espace ouvert et il fut probablement utilisé pour prononcer le *khotba* (le sermon du vendredi) et dispenser des leçons les jours d’été et en certaines grandes occasions. Il est donc aussi connu comme le “*minbar* d’été”. D’un point de vue artistique, il est caractérisé par une décoration végétale et géométrique, des colonnes, des chapiteaux et des panneaux de marbre gravé d’inscriptions, l’ensemble étant dans le style mamelouk.","dates":"La date de construction reste inconnue, mais le monument a été restauré au milieu du VIIIe siècle H (XIVe siècle J.-C.) et en 1259 H / 1843 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Informations issues de plusieurs sources comme l'œuvre de l'historien Moujir al Din Hanbali (m. 928/1521) et les écrits d'Ibn Fadl Allah al-'Oumari (m. 749/1348), qui datent d'environ 745/1345.","bibliography":"Berchem, M. van, *Matériaux pour un Corpus Inscriptionum Arabicarum* (II), Le Caire, 1922. \nBurgoyne, M., *Mamluk Jerusalem: An Architectural Study*, Londres, 1987. \nAl-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973.","dynasty":"Restaurations au cours de la période mamelouke et de la période ottomane sous le règne du sultan Abd al-Majid (Abdülmecid, r. 1255-1277 H / 1839-1861 J.-C.).","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001 ; IAM_EG_FR_001","author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Jawsaq ; khutba ; prédicateurs ; minbar ; marbre ; minbar d’été"]},"cb8f8517-5780-5bcc-bee9-849860cd610e":{"name":"Sabil Birkat al-Sultan.","alternate_name":"Sabil de Bab al-Khalil.","description":"Ce *sabil* est l'un des six érigés à Jérusalem sur l'ordre du sultan Soliman le Magnifique. Construit en maçonnerie de pierres taillées de différentes dimensions, il constitue en façade un rectangle de 3,70 m de haut et 1,5 m de large s'ouvrant par une niche de 1,9 m de long x 0,71 m de profondeur surmontée d'un arc brisé, appelé arc perse, composé de voussoirs à décor moulé en dents-de-scie. De chaque côté se projette un médaillon en pierre circulaire dépourvu d'ornements. L'ensemble du *sabil* est entouré sur trois côtés d'une moulure sculptée. \nLa niche se compose de trois éléments. En haut de la partie basse subsistent deux orifices par où devait s'écouler l'eau venant de la citerne aménagée dans la partie cachée du *sabil*. La partie supérieure est en voûte à trois rangs de *mouqarnas* couronnés par une conque nervurée. Entre les deux a été apposé un panneau épigraphique à trois lignes de texte sculpté en bas relief en écriture *naskhi* ottomane qui se lit : “La construction de ce saint *sabil* a été ordonnée par notre seigneur le Sultan, le Grand Gouverneur, le Souverain, le Noble, le Seigneur des nations, le Sultan de Rome \\[Byzance\\], des Arabes et des 'Ajam \\[Perses\\], le Sultan Sulayman, fils du sultan Selim Khan. Que Dieu lui assure long règne et souveraineté en la date du 10 de *mouharram* an l'an 943 \\[29 juin 1536\\].”","short_description":"Parmi les six commandités par le sultan Soliman le Magnifique, Birkat al-Sultan était le seul *sabil* (fontaine publique) à être construit en dehors des murs qui entourent Jérusalem. Il est situé sur la route qui relie Jérusalem, Bethléem et Hébron. Le *sabil* est alimenté en eau par un canal raccordé aux piscines de Salomon. À l’intérieur d’une niche en renfoncement, ouverte sur le devant, un orifice situé au milieu d’une plaque rectangulaire permet à l’eau de couler dans un grand bassin. Au-dessus du bassin se trouve une grande inscription fondatrice. Le *sabil* est construit en maçonnerie de pierres taillées de différentes dimensions et porte de riches motifs décoratifs. Derrière l’édifice se trouve une citerne qui collecte l’eau.","dates":"10 *mouharram* de l’an 943 de l’Hégire / 29 juin 1536 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Inscription sur la façade et charte *waqf* conservée dans les archives du tribunal de la charia de Jérusalem qui le date de 948/1541.","bibliography":"Al-Imam al-Hussaini, M. A., *Al-Manhal al-Safi fi al-Waqf wa Ahkamihi* \\[Une source claire dans le legs de mainmorte et dans son exécution\\], Jérusalem, 1982. \nBerchem, M. van, *Matériaux pour un Corpus Inscriptionum Arabicarum* (II), Le Caire, 1922. \nNatsheh, Y., “Sabil Birkat al-Sultan”, in S. Auld et R. Hillenbrand (éds), *Ottoman Jerusalem: The Living City 1517-1917* (deuxième partie), Londres, 2000.","patrons":"Sultan Soliman le Magnifique (r. 926-974 H / 1520-1566 J.-C.)","architects":"La construction s’est effectuée sous la supervision de Muhammad Chalabi al-Naqqach, trésorier personnel du sultan, chargé de la construction des murailles de Jérusalem.","dynasty":"Période ottomane.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001 ; IAM_TR_FR_001","author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Bassins ; citernes ; écriture naskhi ; décoration moulée ; sabil ; mouqarnas ; eau"]},"d39f33c7-ab99-570d-9745-2ca9481fd5e0":{"name":"Vasque à ablutions.","description":"Vasque à ablutions octogonale. L'intérieur est creusé, avec les bords encadrés au-dessus et à l'extérieur. Présente une perforation postérieure. La base est tronquée, il lui manque un pédoncule ou un pied. La bordure extérieure présente un décor à éléments géométriques de petite taille (losanges, carrés et cercles), gravés. Le bord supérieur présente sur tout le périmètre une inscription arabe, en graphie coufique, sur laquelle on peut lire l'expression *al-mulk*, répétée en continu.","short_description":"La preuve de la présence prolongée d'une communauté musulmane à Lisbonne est apportée par cette vasque à ablutions de forme octogonale sculptée dans le calcaire d'origine locale. Elle fut découverte pendant les travaux de restauration du quartier maure de Lisbonne, à la mosquée duquel elle appartenait.","holder":"Musée de la Ville.","dates":"VIIIe-IXe siècle de l’Hégire (XIVe-XVe siècle J.-C.).","location":"Lisbonne.","dimensions":"H. totale 114 cm , Ø 223 cm.","method_for_datation":"Datation externe, historique. La mosquée du quartier maure, dont on suppose qu'elle lui appartenait, a été démantelée au début du XVIe siècle, durant le règne de D. Manuel Ier de Portugal.","method_for_provenance":"Découverte pendant les travaux de réhabilitation urbaine, reutilisée dans la maçonnerie de l'un des murs de l'immeuble de la rue João de Outeiro, numéro 67 (Mouraria, Lisbonne). L'immeuble daterait, initialement, du XVIe siècle.","provenance":"Lisbonne.","obtention":"Donation.","bibliography":"*Lisboa Subterrânea* (catalogue d'exposition), Lisbonne, 1994.","linkcatalogs":"IAM_PT_FR_001","author":"Rodrigo Banha da Silva","translator":"Inês Oseki-Dépré","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["vasque à ablutions ; pierre de liais ; graphie coufique ; al-mulk"],"materials":["Pierre de liais."]},"d5f6e50a-98c0-5ed7-8aca-8f6313966465":{"name":"Bassin.","description":"Spectaculaire exemple de travail du métal mamelouk, ce grand bassin à bord évasé est tapissé à l'intérieur comme à l'extérieur d'un décor d'incrustations en or et argent. Une très importante inscription en style *thoulouth* cercle la paroi et donne le nom et les titres du sultan mamelouk Nasir al-Din Muhammad (al-Nasir Nasir al-Din Muhammad, fils de Qalawun), qui régna à différentes périodes entre 692 et 743 H / 1293-1341 J.-C. Ce bassin fait partie d'un certain nombre de récipients métalliques qui font d'une épigraphie audacieuse leur principal élément décoratif. L'inscription principale se détache sur un fond d'arabesques dont les vrilles se transforment en canard et autres oiseaux. Trois médaillons interromprent l'inscription. Ils sont ornés de fleurs de lotus et comportent, au centre, un petit blason épigraphique proclamant : “Gloire à notre maître le sultan.” Au-dessus et au-dessous de cet élément central courent deux frises d'enroulements floraux alternant avec six rondeaux contenant d'autres inscriptions. \nLa présence de fleurs de lotus et de pivoines vient de motifs chinois importés des Mongols d'Iran, qui s'observent d'ailleurs également dans l'art iranien de cette époque. L'inscription autour du bord, côté intérieur, dit : “Gloire à notre maître, le sultan al-Malik al-Nasir le sage, l'efficace, le combattant, le champion de la foi, le défenseur Nasir al-Dunya wa'l-Din Muhammad ibn Qalawun, que sa victoire lui apporte la gloire.” Ces grands bassins servaient à un certain nombre de fonctions cérémonielles. Néanmoins, le poisson en cercle à sa base suggère qu'il a pu être utilisé pour les ablutions.","short_description":"Grand bassin de cuivre jaune couvert d'incrustations d'or et d'argent, sans doute utilisé pour les ablutions rituelles. Une épaisse bande d'inscriptions autour du corps du bassin constitue le principal ornement, et livre le nom et les titres du sultan mamelouk al-Nasir Muhammad ibn Qalawun (r. 692-741 H / 1293-1341 J.-C.).","holder":"The British Museum.","initial_owner":"Sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun.","dates":"Vers 692-743 de l’Hégire / 1293-1341 J.-C.","location":"Londres","dimensions":"H. 22,7 cm, Ø (bord) 54 cm.","method_for_datation":"L'objet est gravé au nom du sultan Nasir al-Din Muhammad (r. 692-743/1293-1341), important mécène des arts, qui ordonna la construction de nombreux bâtiments et la fabrication de multiples objets raffinés. Celui-ci a été réalisé pendant son règne.","method_for_provenance":"Ce bassin a pu être réalisé en Égypte ou en Syrie, ces deux pays étant gouvernés par le sultan Nasir al-Din Muhammad.","provenance":"Égypte ou Syrie.","obtention":"Acheté par le British Museum en 1851.","bibliography":"Atil, E., *Renaissance of Islam: Art of the Mamluks*, Washington, D.C., 1981, p. 89-90, cat. n° 26. \nBarrett, D., *Islamic Metalwork in the British Museum*, Londres, 1949, planche n° 28. \nPhillips, T. (dir.), *Africa: The Art of a Continent*, Londres, 1996, p. 587. \nWard, R., *Islamic Metalwork*, Londres, 1993, pp. 111-113, fig. 88.","dynasty":"Période mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","author":"Emily Shovelton","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["calligraphie ; décoration florale ; eau"],"materials":["Cuivre jaune à incrustations d’or et d’argent."]},"d6880977-13ca-5aa6-b786-648161801155":{"name":"Bassin.","description":"Bassin en cuivre incrusté d'argent décoré d'un bandeau épigraphique en écriture *thoulouth* se lisant : “Fait pour l'honorable Excellence, le maître sublime, le savant, le juste, le combattant (des frontières), le défenseur (de la foi), l'impérieux, al-Sayfi Tabtaq al-Maliki al-Achrafi.” Il s'agit de l'émir Tabtaq, l'un des grands dignitaires de al-Malik al-Achraf Khalil (r. 689-693 H / 1290-1294 J.-C.), gouverneur de Qus, ville de Haute-égypte, au cours du troisième règne du sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun (709-741 H / 1309-1340 J.-C.). Plusieurs blasons à gobelet, symbole de sa charge d'échanson, interrompent l'inscription. L'intérieur du fond du bassin est orné d'un dessin représentant six poissons en spirale. \nCe type de bassin servait à se laver les mains, et parfois les vêtements. Pendant la période mamelouke, la garde-robe ou pièce de rangement était appelée *Tast Khana*, ce qui signifie “lieu du bassin”. Bassins, vêtements, bijoux, épées, fauteuils et tapis y étaient rangés. \nPlusieurs types de bassins et de styles décoratifs (dont des modèles à incrustations d'or et d'argent) existaient au cours de la période mamelouke.","short_description":"Le bassin et l'aiguière formaient une paire d'accessoires indispensables pour se laver les mains et pour l'hygiène en général. Ce bassin, incrusté d'argent, porte le blason de son propriétaire, l'émir Tabtaq, échanson.","holder":"Musée d’art islamique","dates":"VIIIe siècle de l’Hégire (XIVe siècle J.-C.).","location":"Le Caire","dimensions":"H. 17 cm, Ø (ouverture) 44 cm.","method_for_datation":"étude des inscriptions au nom de l'émir Tabtaq, l'un des hauts dignitaires de al-Malik al-Achraf Khalil, gouverneur de la ville de Qus sous le règne du sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun.","method_for_provenance":"Découvert dans la ville égyptienne de Qus et spécifiquement commandée pour l'émir Tabtaq, cette pièce a probablement été fabriquée en égypte. De plus, cette technique d'incrustation florissait en égypte sous les Mamelouks. Son style est semblable à celui d'un certain nombre de pièces acquises par des musées et dont la provenance a été attribuée à l'égypte.","provenance":"Égypte.","obtention":"Objet découvert lors de fouilles archéologiques à Qus en 1966.","bibliography":"Abd al-Razzaq, A., “Al-Ranuq ala 'asr Salateen al-Mamalik” \\[Blasons de la période mamelouke\\], in *Majalat al-Jam'iya al-Tarikhiya* \\[Journal de l'association des historiens\\], vol. 21, Le Caire, 1974. \nAllan, J., *Metalwork of the Islamic world: The Aron Collection*, Londres, 1986. \nAtil, E., *Renaissance of Islam: Art of the Mamluks*, Washington D.C., 1987. \nAtil, E., et al., *Islamic Metalwork in the Freer Gallery of Art*, Washington D.C., 1985. \nFehervari, G., *Islamic Metalwork of the Eighth to the Fifteenth Century in the Keir Collection*, Londres, 1976. \nMusilhi, S., *Adwat wa Awani al-Matbakh al-Ma'adaniya fi al-'Asr al-Mamluki* \\[Instruments et outils en métal pour la cuisine au cours de la période mamelouke\\], thèse de doctorat, Université du Caire, 1983. \nStierlin, H. et Stierlin A., *Splendours of the Islamic World: Mamluk Art in Cairo (1250-1517)*, Londres-New York, 1997.","dynasty":"Période mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","author":"Muhammad Abbas Muhammad Selim","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Incrustations ; écriture thoulouth ; bassins ; cuivre ; blasons"],"materials":["Cuivre incrusté d’argent."]},"d8e1d81f-2112-5652-987b-f417b3f15ad1":{"name":"Aiguière à godrons","short_description":"Cette aiguière à panse godronnée *tong* est destinée au rafraîchissement des mains et du visage de l'invité lors de son arrivée chez l'hôte. La forme de l'objet est bien connue en Turquie et en Inde ; elle fut reprise en céramique. \nLa marque du propriétaire est visible à deux reprises : l'une sous le bec, dans un cartouche en amande, la seconde dans un cartouche hexagonal dont les côtés se prolongent par un fleuron trilobé.","type":"Métallurgie","holder":"Musée de l'Institut du monde arabe","owner":"Musée de l'Institut du monde arabe","dates":"Xe siècle de l'Hégire / XVIIe siècle J.-C.","location":"Paris","dimensions":"H: 31,5 cm, l. 28 cm, D: 17,5 cm, D. minimal: 12 cm","provenance":"Iran ou Inde","obtention":"Achat en vente publique à l'étude Ader-Picard-Tajan en 1990.","bibliography":"Delpont, E., et al., *Album du musée*, Paris: Somogy éditions d'art, 2012: 387. \n \nLane, A., *Later Islamic Pottery: Persia, Syria, Egypt, Turkey*, London: Faber and Faber, 1971: Fig. 94. \n \nMelikian-Chirvani, A.S., *Le bronze iranien*, Paris: Musée des Arts Décoratifs, 1973: 105. \n \nSkelton, R., et al., *Facets of Indian Art. A symposium Held at the Victoria and Albert Museum on 26, 27, 28 April and I May 1986*, London: Victoria and Albert Museum, 1986: 253-259. \n \nZebrowski, M., \"The Indian Ewer\", in *Facets of Indian Art*, London: Victoria and Albert Museum, 1986: 256, Fig. 8.","materials":["Bronze moulé, ciselé, gravé"]},"dc345fef-438d-5088-994a-47a78663e585":{"name":"Jarre à ablutions.","description":"Jarre cylindrique en bronze (cuivre et plomb) sans poignée et col court divisée en deux parties inégales par un “cordon” décoratif. La panse cylindrique est sans ornement, mais l'épaule est ornée d'étroits bandeaux meublés de petits traits verticaux. \nCe récipient a pu être utilisé jadis comme jarre à ablutions pour la toilette rituelle qui précède la prière. De nombreuses autres jarres en métal ou céramique d'usage similaire ont été trouvées. Ce modèle particulier a été découvert lors de fouilles archéologiques dans le *hammam* du *qasr* (palais) d'Oum al-Walid.","short_description":"Jarre en fonte de bronze, sans poignée et constituée de quatre parties assemblées entre elles. Découverte pendant les fouilles archéologiques dans le *hammam* du *qasr*omeyyade d’Oum-al-Walid, cette jarre a pu être utilisée comme jarre à ablutions pour la toilette rituelle qui précède la prière.","holder":"Musée archéologique de Madaba.","owner":"Maintenant exposée au ‘Jordan Museum’","dates":"IIe siècle de l’Hégire (VIIIe siècle J.-C.).","location":"Madaba.","dimensions":"H. 41,8 cm, Ø (col) 7 cm.","method_for_datation":"Contexte stratigraphique et rapprochements avec de la vaisselle et des tessons de terre cuite omeyyades trouvés sur le site.","method_for_provenance":"Le lieu de production de l'objet est inconnu, mais il a été découvert lors de fouilles archéologiques à Oum al-Walid, près de Madaba.","provenance":"Objeto hallado en Umm al-Walid.","obtention":"L'objet a été découvert lors de fouilles archéologiques à Oum al-Walid en 1992.","bibliography":"Bujard, J. et Schweizer, F., *Entre Byzance et l'Islam : Umm er-Rasas et Umm el-Walid, fouilles genevoises en Jordanie*, Genève, 1992, p. 17, fig. 11/6. \nHaldimann, M. A., “Les Implantations omeyyades dans la Balqa: l'apport d'Umm el-Walid”, *Annual of the Department of Antiquities of Jordan*, XXXVI, 1992, pp. 307-318. \nJoguin, M., “Des pots et des hommes : l'exemple d'Umm el-Walid”, *Studies in the History and Archaeology of Jordan*, vol. VII, 2001, pp. 641-645, fig. 5.","dynasty":"Omeyyade","linkcatalogs":"IAM_JO_FR_001","author":"Aida Naghawy","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["ablutions ; travail du métal ; toilette rituelle"],"materials":["Bronze (cuivre et plomb) ; montage en quatre parties."]},"e44f9b93-0fc9-58a0-8f0b-14d05df5157e":{"name":"Grand plat à décor polylobé.","description":"Ce plat présente un élégant décor consistant en un grand motif polylobé peint en noir sous glaçure bleu turquoise. \nCe n'est pas la formule propitiatoire rituelle qui court le long du bord, mais un vers du “Divan” du poète persan Hafiz, rapportant les lamentations d'un amant malheureux : “J'ai lavé (de larmes) la cour de la demeure de mes yeux, mais à quoi bon / Du moment que cette maison ne mérite (même) pas d'imaginer ta forme ?” À la fin de l'inscription, on peut lire la date : “Elle a été achevée en l'an 873 \\[1468 J.-C.\\]”.","short_description":"Ce plat appartient à la classe de céramiques connues sous le nom de *kubachi*, du lieu (un village du Caucase) où elles furent retrouvées. Elles étaient accrochées aux murs des habitations, dans un but décoratif.","holder":"Musée des civilisations | Musée d'art oriental “Giuseppe Tucci”","owner":"Is.IAO.","dates":"873 de l’Hégire / 1468 J.-C.","location":"Rome","dimensions":"Ø 35,86 cm.","method_for_provenance":"Cette pièce appartient à un ensemble particulier de céramiques connues sous le nom de “kubachi” ou “de Koubatcha”, du nom d'un village du Daghestan, dans le Caucase, où elles furent trouvées accrochées aux murs des habitations dans un but décoratif. Les céramiques de ce type présentent un intérêt exceptionnel, dans la mesure où elles témoignent d'intenses échanges commerciaux entre la Perse et Koubatcha, centre connu pour la production d'armes en acier, particulièrement appréciées sur le marché iranien, où elles étaient abondamment exportées en échange de céramiques persanes, réalisées dans un centre de production non identifié.","provenance":"Iran.","obtention":"Is.IAO.","bibliography":"Folsach, K. von, *Islamic Art. The David Collection*, Copenhague, 1990. \nGrube, E.J*., “*Notes on the Decorative Arts of the Timurid Period”, *Gururajamanjarika, Studi in onore di Giuseppe Tucci*, Naples, 1974, pp. 233-277. \nGrube, E.J*., Islamic Pottery from the Eight to the Fifteenth Century in the Keir Collection*, Londres, 1976. \nLane, A., *Later Islamic Pottery*, Londres, 1957. \nTorre, P., *Le Mille e una Notte. Ceramiche persiane, turche e ispano-moresche,* Faenza, 1990.","dynasty":"Timouride","author":"Paola Torre","copy_editor":"Pier Paolo Racioppi","translator":"Marguerite Pozzoli","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["calligraphie ; décor végétal"],"materials":["Céramique vernissée."]},"e5089d3e-3231-5064-9958-45c0890fde1c":{"name":"Aiguière.","alternate_name":"Aiguière dite Blacas.","description":"Aiguière incrustée d'argent et de cuivre à laquelle manquent le pied et le bec. Le délicat décor incrusté qui recouvre le corps et le col est d'une finesse exceptionnelle. Une remarquable série de scènes figuratives tirées d'une vie de cour contemporaine de l'exécution est présentée dans une succession de médaillons entourés d'un motif géométrique alternant avec des bandeaux d'inscriptions et de figures. Les hommes, tête couverte, portent des tuniques à manches droites. Leurs costumes évoquent l'origine turque de la dynastie zenguide. Les manches des robes des princes sont ornées de bandes en *tiraz*. Les soldats sont armés d'épées à lames droites. Deux femmes de la noblesse sont représentées : l'une, accompagnée par une servante, se regarde dans un miroir, l'autre se déplace avec sa servante dans un palanquin porté par un chameau. Une joueuse de luth a le bas du visage voilé. D'autres médaillons représentent une scène de chasse dans laquelle un homme tire à l'arc sur une proie, un chasseur est attaqué par un guépard qui a sauté sur le dos de son cheval, des musiciens, des danseuses et de joyeux convives sont en train de boire. On trouve même une scène tirée du poème épique persan *Shanama* représentant Bahram Gur tirant à l'arc pendant qu'Azadeh joue de la harpe sur son cheval. \nLa qualité extraordinaire de la décoration et de la représentation des scènes de la vie aristocratique conduit à penser que cette aiguière était probablement utilisée à la cour. Son propriétaire a pu être Badr al-Din Lulu, qui régna à Mossoul (629-659 H / 1232-1259 J.-C.), ou un membre de sa cour. Un certain nombre d'objets à son nom montrent qu'il appréciait le travail du métal et commanda de nombreuses pièces. Bien que la technique de l'incrustation soit d'origine iranienne, de nouvelles formes inspirées de l'art byzantin furent introduites à Mossoul. Le répertoire décoratif du travail des artisans de Mossoul était plus varié que celui de leurs homologues iraniens et comportait davantage de scènes figuratives, dont certaines tirées de la vie quotidienne. \nIbn Saïd, musulman d'Espagne, voyagea en Syrie, en Mésopotamie et en Irak en 648 H / 1250 J.-C. Dans son livre, *Géographie*, il mentionne des récipients en cuivre incrusté réalisés à Mossoul qui étaient exportés et offerts à des souverains. Ainsi, le travail du métal de cette ville et ses incrustations scintillantes avaient atteint un niveau qui leur permettait de rivaliser avec l'or et l'argent. Au cours du règne de Badr al-Din Lulu, Mossoul promue capitale s'enrichit et accrut son prestige, passant du statut de cité provinciale à celui de centre commercial et artistique prospère, avec de nombreux palais et bâtiments publics neufs. Cette aiguière était probablement utilisée pour verser de l'eau dans les banquets de la cour.","short_description":"L'artisan à qui l'on doit cette aiguière exceptionnelle a signé son œuvre en indiquant qu'il est de Mossoul. Faite en cuivre jaune incrusté d'argent, elle est couverte de nombreuses représentations de personnages occupés à différentes activités comme jouer de la musique, boire ou chasser.","holder":"The British Museum.","dates":"629 de l’Hégire / 1232 J.-C.","location":"Londres","dimensions":"H. 30,4 cm, l. 22 cm, P. 21,5 cm.","method_for_datation":"L'aiguière porte la date 629 (1232 J.-C.).","method_for_provenance":"Une inscription précise le nom de Shuja ibn Mana al-Maswili (Shoudja, fils de Mana de Mossoul), artisan de Mossoul, donc, où existait une importante activité de travail du métal au début du VIIe/XIIIe siècle.","provenance":"Mossoul, Irak.","obtention":"Cette aiguière dite Blacas porte le nom du duc français dont la collection a été achetée par le musée en 1866.","bibliography":"*L'Orient de Saladin : l'art des Ayyoubides* (catalogue), Paris, 2001, cat. n° 122, p. 146. \nRice, D., “Inlaid Brasses from the Workshop of Ahmad al-Dhaki al-Mawsili”, *Ars Orientalis*, 3, 1957, pp. 284-326. \nWard, R., *Islamic Metalwork*, 1993, pp. 80-82.","dynasty":"Ayyoubide (Atabegs)","author":"Emily Shovelton","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau ; musique ; femme ; chasse ; zenguides"],"materials":["Cuivre jaune gravé et incrusté d’argent et de cuivre."]},"e82e7a90-67b5-5656-a132-7a7975bceb31":{"name":"Midhat el-Soltan (salle d’ablutions).","description":"La porte droite du monument donne accès à un vestibule en couloir qui s'ouvre à droite par un grand arc sur la salle d'ablution. à gauche, face à l'arc, le mur du vestibule est meublé d'une arcature aveugle en arc à claveaux. Le fond de l'arcature est rehaussé d'une rosace carrée obtenue par l'incrustation d'entrelacs de galons de marbre noir sur fond blanc. \n \nLa salle d'ablution est formée d'une cour entourée de quatre galeries à arc unique. L'une des galeries constitue l'entrée entre le vestibule et la cour ; sous les trois autres sont aménagés des bassins étroits avec des banquettes sur lesquelles s'installent les fidèles procédant aux ablutions. Les arcs en assises de marbre noir et blanc reposent sur des colonnes à chapiteaux à méandres de type hispano-maghrébin. Une décoration en incrustation de galons de marbre noir sur marbre blanc se distribue ingénieusement sur les murs et sur les tympans des arcs. \n \nAu centre de la cour, un dé octogonal en marbre présente sur chacune de ses huit faces un arc polylobé ou recticurviligne avec, au centre, les bouches de fontaine qui déversaient leurs eaux dans un bassin individuel au-devant d'une petite banquette en pierre.","short_description":"Ce monument hafside est une des rares survivances d'un système d'adduction en eau chaude qui a totalement disparu. L'Institut national d'archéologie et d'art a procédé à sa restauration dans les années 1960. Cependant, l'édifice n'est plus fonctionnel aujourd'hui. La salle d'ablution est formée d'une cour entourée de quatre galeries à arc unique. Les arcs sont en assises de marbre noir et blanc reposant sur des colonnes à chapiteaux et à méandres de type hispano-maghrébin.","dates":"commencée en 852 de l’Hégire / 1448 J.-C., achevée en 854 H / 1450 J.-C.","location":"Tunis","method_for_datation":"Le poète ad-Damamini évoque la beauté de Midhat el-Soltan dans un célèbre poème que l'historiographe Zarkachi commente dans son ouvrage sur Ibn Achamaa édité par Mustapha Kaak.","bibliography":"Daoulatli, A., *Tunis sous les Hafsides*, Tunis, 1976, pp. 213-221. \n \nMarçais, G., *L'architecture musulmane d'Occident*, Paris 1952, pp. 22-24. \n \n“Notes sur les coupoles de la Grande Zitouna de Tunis”, *Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée*, 1966, pp. 95-105.","history":"Les sources historiques décrivent l'inauguration du monument par le sultan en personne et évoquent un système d'adduction d'eau chaude qui a totalement disparu. Les plafonds en bois ont été restaurés au XIIe siècle H (XVIIe siècle J.-C.), comme l'atteste une inscription. En 1380/1960, l'Institut national d'archéologie et d'art a procédé à sa restauration, mais le monument n'a pas été remis en fonction.","patrons":"Le sultan hafside Abou Amr Othman.","architects":"Mohamed el-Kossentini.","dynasty":"Hafside.","author":"Jamila Binous","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Architecture religieuse; style hispano-maghrébin; ablutions."]},"e9446de8-0118-5c68-aa90-cc7965c9040a":{"name":"Nilomètre.","description":"Le nilomètre (kiosque du Nil, connu sous l'appellation de *al-Miqyas* en arabe) est particulièrement symbolique de la vie de l'égypte ancienne. Architecturalement, il est unique dans le monde islamique. Son importance remonte à l'époque où la hauteur des eaux du fleuve servait à déterminer l'assiette des impôts sur les terres agricoles. Ils n'étaient levés que lorsque la crue du Nil atteignait un certain niveau. \nIl s'agit essentiellement d'un puits aux murs de pierre habilement taillée et dont l'épaisseur des parois augmente avec la profondeur. Le puits compte trois niveaux : le niveau le plus bas est circulaire, le niveau intermédiaire est un carré dont les côtés sont supérieurs au diamètre du niveau inférieur, le niveau supérieur est également carré, et plus grand que le précédent. Grâce à ce plan, les murs peuvent supporter la pression horizontale qui s'accroît avec la profondeur. \nLes eaux du fleuve alimentaient le puits par trois tunnels débouchant sur la face est du nilomètre par trois ouvertures ressemblant à des portes ouvertes sous des arcs brisés soutenus par de petites colonnes décorées à socle globuleux. Ces arcs sont non seulement les plus anciens exemples de ce style en égypte islamique, mais précèdent le gothique européen de trois siècles. Des exemples similaires peuvent être vus dans la mosquée d'Ibn Touloun au Caire (265 H / 879 J.-C.). \nUn escalier intérieur descend jusqu'au fond du puits le long des parois. En partie supérieure, sur les murs intérieurs nord et est, figurent des inscriptions en style coufique ; il s'agit des plus anciennes écrites en arabes que l'on ait découvertes en égypte. Au centre du puits s'élève l'élément principal du nilomètre, un pilier octogonal en marbre de 10,50 m de haut gravé de mesures exprimées en coudées (*kirat*) et pouces (*zira'*) qui marquent le niveau de l'eau. \nAhmad ibn Touloun (r. 254-270 H / 868-884 J.-C.) fit restaurer le nilomètre en 259 H / 873 J.-C. et remplacer les deux anciens bandeaux épigraphiques par des inscriptions contemporaines sur les parois sud et ouest. Il fit insérer son nom dans le nouveau texte, mais la date initiale de construction fut conservée. Au cours des siècles, l'ensemble a fait l'objet de multiples restaurations et rénovations (sous les Fatimides, les Mamelouks et les Ottomans). En 1925, on a remplacé la coupole mamelouke couronnant l'extérieur par un toit conique à couverture de panneaux de plomb.","short_description":"Situé sur l'île de Rawda sur le Nil, le nilomètre est une structure unique dans l'architecture islamique. Il doit son importance au fait d'avoir permis de calculer les taxes perçues sur les terres agricoles en fonction de l'importance des inondations annuelles du Nil. Sa conception et les matériaux utilisés dans sa construction lui ont permis de résister à la corrosion de l'eau durant plus de mille ans.","dates":"247 de l’Hégire / 861 J.-C.","location":"Le Caire","method_for_datation":"Selon les historiens, c'est le calife abbasside al-Moutawakkil qui fit construire le nilomètre en 247/861, mais certains chercheurs font remonter son origine au calife al-Ma'moun (r. 169-217/786-833). L'historien Ibn Khalkan (m. 681/1282) mentionne que le nom d'al-Moutawakkil et l'année de la construction du nilomètre (247/861) étaient gravés dans une inscription apposée sur les murs du puits. Elle a disparu, peut-être supprimée lorsqu'Ibn Touloun fit restaurer le bâtiment en 259/873.","bibliography":"Allen, T., *A Classical Revival in Islamic Architecture*, Wiesbaden, 1986. \nBehrens-Abouseif, D., *Islamic Architecture in Cairo: An Introduction,* Londres-New York, 1992. \nCreswell, K. A. C., *Muslim Architecture of Egypt,* vol. II, Oxford, 1940. \nGhaleb Pasha, K.*, Le Mikyâs ou Nilomètre de l'Ile de Rodah*, Le Caire, 1951. \nHillenbrand, R., *Islamic Art and Architecture*, Londres, 1989. \nIbn Khalkan, Abou al-Qassim Chams al-Din Ahmad (m. 681/1282), *Anba'al-Zaman* \\[Nouvelles du Temps\\], Beyrouth, 1968. \nPopper, W., *The Cairo Nilometer: Studies in Ibn Taghri Bardi's Chronicles of Egypt: I*, Californie, 1951. \nShafa'i, F., *Al-'Emara al-'Arabiya fi Misr al-Islamiya* \\[L'Architecture arabe dans l'égypte islamique\\], Le Caire, 1983. \nWilliams, C., *Islamic Monuments in Cairo: A Practical Guide*, Le Caire, 2002. \nL'Art mamelouk, splendeur et magie des sultans, pp. 152-154.","patrons":"Calife al-Moutawakkil Ala Allah (r. 232-247 H / 847-861 J.-C.).","architects":"Ahmad ibn Muhammad al-Hassib en a supervisé la construction.","dynasty":"Abbasside.","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","author":"Tarek Torky","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["puits ; écriture coufique ; surfaces coniques ; arcs brisés ; architecture civile ; nilomètre ; hydrologie"]},"f0e5d0e1-0d9f-5dac-9166-a688b53727f8":{"name":"Aqueduc de Zaghouan","short_description":"Dans le compte rendu de la Direction générale des Travaux publics 1883-1889, l’ouvrage hydraulique est ainsi décrit : “De Zaghouan à La Goulette, 89 km de canal maçonnés furent remis en état, 41 km de conduites métalliques remplacèrent les aqueducs monumentaux de Djouggar, de l’oued Milliane, de Djedeida et de la plaine de l’Ariana.” L’alimentation en eau de Tunis et des résidences beylicales était de nouveau assuré. L’ouvrage d’art fut livré le 19 mai 1862. De nos jours, on peut encore admirer l’impressionnante enfilade de piles majestueuses.","type":"Architecture hydrolique","dates":"1852","location":"Zaghouan","history":"Le problème de l’eau a été l’objet de constantes préoccupations de la part des gouvernants en Tunisie. Il était d’usage courant que les personnes nanties construisaient des fontaines et des bassins publics appelés *sabil*s. Quant aux gouvernants, c’est aux vastes ouvrages d’adduction d’eau qu’ils se sont attachés. A la veille de l’instauration du protectorat français, en 1859, sur les conseils du consul de France Léon Roches, M’hammed Bey chargea l’ingénieur Pierre Colin de restaurer le vieil aqueduc romain de Zaghouan à Carthage et sa dérivation hafside vers Tunis dont les conduites étaient hors d’usage après une longue période d’abandon. Les travaux furent achevés sous le règne de Mohammed es-Sadok Bey en 1862.","author":"Saloua Zangar"},"f4487135-c3dd-52d4-aace-e368bdb407e4":{"name":"Aqueduc.","description":"L'idée de construire un aqueduc pour acheminer l'eau jusqu'à la Citadelle de Saladin remonte à la période de Saladin al-Ayyoubi lui-même (r. 564-589 H / 1169-1193 J.-C.), qui érigea les remparts du Caire, en commençant par une section proche de Fustat. Un canal fut aménagé au sommet du mur, l'eau étant extraite des puits par des norias. Elle servait à la consommation des hommes et des bêtes et à l'irrigation des cultures. \nAu cours de la période mamelouke, la population de la citadelle s'accrut notablement, ce qui amena le sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun à étudier un nouveau plan pour augmenter le débit de l'alimentation. \nEn 712 H / 1312 J.-C., il en entama la réalisation et ordonna la construction d'une grande tour pour protéger quatre norias dans la zone de Fum al-Khalig (aujourd'hui zone de la rue Qasr al-Aini), sur la rive du Nil. Ces norias élevaient l'eau jusqu'à un aqueduc constitué d'une série d'arches soutenues par d'importants piliers de pierre. Il suivait une légère pente afin de se connecter au système hydraulique de Saladin. \nLe sultan Qaytbay (r. 872-901 H / 1468-1496) entreprit d'importants travaux de rénovation de cet ouvrage en 885 H / 1480 J.-C., de même que le sultan Qansuh al-Ghouri, qui restaura également la tour de la noria, sur laquelle il apposa son emblème. Il modernisa le système, l'eau se jetant dorénavant dans un bassin au pied de la citadelle avant d'être élevée par d'autres norias vers des citernes. L'aqueduc resta en fonction jusqu'à la période ottomane (XIIIe siècle H / XIXe siècle J.-C.). Il fut désaffecté lors de l'expédition française en égypte (1213-1216 H / 1798-1801 J.-C.) lorsque les soldats français en transformèrent certaines parties en fortifications en obturant certaines arches. \nLa longueur subsistante de l'aqueduc est d'environ 3 km. L'ouvrage est considéré comme l'un des plus beaux de ce type aussi bien en égypte que dans le monde islamique. En 2005, le Haut Conseil des Antiquités a lancé un plan de restauration de la tour des norias et de l'aqueduc lui-même.","short_description":"C'est le plus grand projet conçu pour approvisionner la citadelle du Caire en eau potable. L'aqueduc en énormes pierres s'étend sur environ 3 km des rives du Nil jusqu'à la citadelle. L'eau était hissée par quatre roues à eau et versée dans des citernes de sédimentation. Les citernes étaient alors ouvertes afin que l'eau soit acheminée vers la citadelle par un canal courant au sommet de l'aqueduc.","dates":"712-914 H / 1312-1508 J.-C.","location":"Le Caire","method_for_datation":"Dans son ouvrage, al-Maqrizi parle d'une construction de l'aqueduc en 7112/1312 sous le règne du sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun. Par ailleurs, au sommet de la tour des norias figure un blason qui est celui du sultan Qansuh al-Ghouri, ce qui peut confirmer que la restauration de cet ouvrage d'art a été entreprise au cours de son règne.","bibliography":"Al-Maqrizi, Taqi al-Din Abi al-Abbas (m. 845/1442), *Al-mawa'iz wa'l-itibar bi-Dhikr al-Khitat wa'l-Athar* \\[Exhortation et contemplation de souvenirs suscités par des plans et des monuments\\], Le Caire, 1853. \nCreswell, K. A. C., *Muslim Architecture of Egypt,* vol. II, Oxford, 1960. \nZaki, Abd al-Rahman*, Qal'a Salah al-Din al-Ayyoubi wa ma hawlaha min al-Athar* \\[La citadelle de Salah al-Din al-Ayyoubi et les monuments voisins\\], Le Caire, 1970. \n*L'art mamelouk, splendeur et magie des sultans*, pp. 154-155.","patrons":"Sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun, qui régna à trois reprises (693-694 H / 1294-1295 J.-C. ; 698-708 H / 1299-1309 J.-C. ; 709-741 H / 1309-1340 J.-C.), et le sultan al-Achraf Qansuh al-Ghouri (r. 906-922 H / 1501-1516 J.-C.).","dynasty":"Mamelouke.","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","author":"Tarek Torky","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["norias ; aqueducs ; travaux hydrauliques"]},"f60e24ce-c1de-5b4b-9219-cfb0c187f885":{"name":"*Qanat* (à l’intérieur de l’hôpital psychiatrique).","description":"Le *qanat* est une conduite souterraine de drainage qui intercepte les eaux des nappes phréatiques et les amène, même à partir de profondeurs importantes, à quelques mètres du niveau du sol. Ceux qui ont été découverts à Palerme appartiennent à la typologie des *qanat* arabo-persans, mais, à la différence des *qanat* orientaux, il manque ici un véritable puits d'alimentation ; il est remplacé par une galerie transversale de drainage, située en amont. \n \nGrâce à ces conduites, qui se développent en un réseau de parcours souterrains sur des dizaines de kilomètres, on pouvait assurer un flux spontané et continu d'eau en provenance des nappes souterraines, ce qui permettait la création de viviers, de fontaines et de bains publics, ainsi que l'arrosage des jardins luxuriants décrits par les documents médiévaux.","short_description":"Le sous-sol de Palerme abrite un réseau de conduits de drainage qui interceptent les eaux de la nappe phréatique et les amène, parfois à partir d'une profondeur importante, à quelques mètres du niveau de la campagne : cet ouvrage complexe, d'origine arabo-persane, s'appelle *qanat*. Il garantissait un afflux d'eau, continu et spontané, des nappes souterraines jusqu'à la surface du sol.","dates":"A partir du XIIe siècle.","location":"Palerme","method_for_datation":"La découverte de fragments de poteries du XIIe-XIIIe siècle, à l'intérieur des deux *qanat* de la zone centrale de la Piana dei Colli (Castelforte et Scalea I) fournit un indice confirmant leur existence en Sicile, tout au moins à partir de cette époque.","bibliography":"Todaro, P., *Guida di Palermo sotterranea*, Palerme, 2002.","dynasty":"Période fatimide/normande.","linkcatalogs":"IAM_IT_FR_001","author":"Pier Paolo Racioppi","translator":"Marguerite Pozzoli","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau"]},"fa6093d9-67a1-536f-b0bb-38a5d07cb915":{"name":"Lion, élément de fontaine.","description":"La diversité de l'art fatimide est attestée par une œuvre comme celle-ci : il s'agit d'une plastique creuse représentant un lion sur ses pattes, la queue terminée par une houppe et levée en forme d'anse. De sa gueule béante émergeait autrefois un tuyau. L'animal est modelé selon des formes presque abstraites : flancs plats, lignes figurant les côtes, oreilles et paupières rendues en contours simples. La surface du corps dans la zone du dos, de la poitrine et des cuisses est agrémentée d'un motif en spirales qui souligne encore l'impression de stylisation que donne la figure. On peut nettement distinguer sur les deux côtés du cou une inscription gravée qui pourrait dater du VIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.). Il y est fait mention d'un certain bi-Rasem al-Amir Chams al-Din wali Misr, qui était sans doute gouverneur du “Misr” “ (basse Égypte et Le Caire). \nCette représentation intégrale d'un corps vivant est intéressante car elle ne semble pas obéir au dogme islamique. Mais comme l'interdiction des images ne s'étendait pas toujours au domaine de la cour, et que, par ailleurs, les Fatimides chiites avaient une attitude fort libérale, la sculpture constitue en Égypte une partie de l'art princier. Le Musée d'art islamique du Caire conserve une statue de lion assis. Le lion de Berlin peut avoir fait partie d'un ensemble de vasques orné de plusieurs statues, comme la célèbre fontaine aux lions de l'Alhambra de Grenade en Espagne. Il peut aussi, du fait de sa petite taille, avoir fait partie d'une construction plus grande et ornée de nombreuses sculptures, comme on en voit sur les manuscrits irakiens du VIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.). Les bronzes de ce type étaient fort répandus dans tout le bassin Méditerranéen et surtout en Espagne. Un lion provenant d'Espagne se trouve au musée du Louvre à Paris. On peut supposer que la plupart d'entre eux n'ont pas traversé les âges et ont été fondus.","short_description":"Ce petit lion très vivant à la gueule ouverte et la queue retournée était utilisé comme jet de fontaine en Égypte durant la période fatimide. Il est fabriqué en bronze coulé qui a été décoré de rinceaux sur le dos et les pattes. Les fontaines avec des décorations d'animaux étaient répandues dans les pays méditerranéens.","holder":"Museum für Islamische Kunst","dates":"Ve-VIe siècle de l’Hégire (XIe-XIIe siècle J.-C.).","location":"Berlin","dimensions":"H. 11,5 cm, l. 14,5 cm.","method_for_datation":"C'est surtout dans l'Égypte fatimide que furent réalisés des bronzes de ce type, et on y repère des répliques de même facture et de même décor. L'inscription, qui paraît bien nommer un gouverneur d'Égypte, est un indice supplémentaire.","method_for_provenance":"L'inscription nomme vraisemblablement un gouverneur d'Égypte ; d'autre part, les caractères stylistiques de la pièce indiquent qu'elle a été réalisée dans l'Égypte fatimide.","provenance":"Égypte.","obtention":"Acheté en 1911.","bibliography":"Enderlein, V., *Islamische Kunst,* Dresde, 1990, pp. 121-124. \nEttinghausen, R. et Grabar, O., *The Art and Architecture of Islam, 650-1250,* Harmondsworth, 1987, pp. 197-200. \n*Museum für Islamische Kunst* (catalogue),Berlin, 1979, n° 313. \n*Museum für Islamische Kunst* (catalogue),Stuttgart-Zurich, 1980, n° 20, pp. 52-53. \nWard, R., *Islamic Metalwork,* Londres, 1993, pp. 60-69.","dynasty":"Fatimide","author":"Annette Hagedorn","translator":"Arlette Camion(de l’allemand).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["bronze ; fatimide"],"materials":["Bronze, plastique creuse, gravure."]},"fc0f934c-a60f-5984-b826-24611c304045":{"name":"Tête de fontaine.","description":"Petite sculpture de bronze surdoré en forme de biche. C'est une figure à l'aspect fragile et disproportionné. Presque toute sa surface est recouverte par une délicate ornementation végétale de type oriental (fleurs de lotus inscrites dans des cercles) qui la font paraître vêtue d'un riche tissu. À en juger par les restes visibles dans les sillons de la gravure et diverses parties du corps, la pièce devait être entièrement dorée. \nLes formes simples du corps, les traits de la face et les pattes, terminées en disques, extrêmement courtes par rapport au corps, rappellent les représentations d'animaux qui apparaissent sur la céramique fatimide. \nCette sculpture servait sans doute de tête de fontaine, étant donné que, hormis les pattes, le corps est creux et que le ventre est percé d'un orifice destiné à permettre le passage de l'eau, qui devait jaillir en cascade par la bouche. \nLa présence de l'eau dans les jardins omeyyades était un signe de prospérité, de luxe et de bien-être. Les fontaines étaient un élément esthétique important dans les palais islamiques d'Occident, notamment en al-Andalus. Cette biche était probablement accompagnée d'autres animaux de bronze.","short_description":"En raison de ses sabots fourchus, de la naissance des cornes, de sa queue courte et pointue, cet animal a été identifié comme étant un cervidé. Il servait certainement de tête de fontaine à une vasque ou une fontaine dans un palais de Cordoue. L'eau arrivait par un conduit situé sous la panse de l'animal et jaillissait par la bouche.","holder":"Musée archéologique national.","dates":"Seconde moitié du Xe siècle (339-390 H / 950-1000 J.-C.).","location":"Madrid.","dimensions":"H. 32,3 cm, L. 31,5 cm.","method_for_datation":"Par analyse stylistique. Bien que la biche de Madrid soit plus petite et moins stylisée, elle présente de claires similitudes avec d'autres pièces trouvées au Xe/XVIe siècle parmi les ruines du palais de Madinat al-Zahra. L'une d'elles se trouve au Musée archéologique de Cordoue. La seconde, disparue au début du XIXe du monastère de Guadalupe où elle avait été déposée, a été récemment récupérée et se trouve depuis 1997 au Musée national du Qatar.","method_for_provenance":"Certains chercheurs pensent que cette pièce a pu être importée de l'Égypte fatimide. Cependant, le fait qu'elle ait été découverte dans la province de Cordoue et ses grandes ressemblances avec les cerfs de Cordoue et du Qatar suggèrent que les trois sculptures ont été produites, sinon par le même atelier, du moins dans une même aire géographique d'al-Andalus, où les ateliers de travail du métal étaient extrêmement actifs.","provenance":"Cordoue.","obtention":"Acheté le 3 février 1940 par le Musée archéologique national.","bibliography":"Camps Cazorla, E., “Un nuevo ciervo califal de bronce”, *Archivo Español de Arte*, Madrid, 1943, pp. 212-222. \nCamps Cazorla, E., “Ciervo califal de bronce”, *Adquisiciones del Museo Arqueológico Nacional (1940-1945)*, Madrid, 1947. \nGómez Moreno, M., *El arte árabe español hasta los almohades. Arte mozárabe*, Ars Hispaniae, vol. III, Madrid, 1951, p. 336. \n*El esplendor de los omeyas cordobeses* (catalogue d'exposition), Grenade, 2001. \nZozaya, J., “Importaciones casuales en al-Andalus”, *Actas IV. Congreso de Arqueología Medieval española*, vol. I, Alicante, 1993, p. 125.","dynasty":"Omeyyade d’al-Andalus, période califale","author":"Margarita Sánchez Llorente","copy_editor":"Rosalía Aller","translator":"Benito Pelegrín (de l'espagnol)","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau ; fontaine ; jardin ; palais ; décoration florale"],"materials":["Bronze, fonte à la cire perdue, gravé et surdoré."]}}
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+ {"0356286a-7b78-54d7-b0a8-bf8bfd97a059":{"name":"Carreau de céramique à représentation de la Kaaba.","description":"Carreau de céramique vernissée peint aux pigments noirs, rouges et verts sur fond blanc. Une bordure ornée d'un motif de chaîne en noir sur fond bleu forme un cadre, enrichi d'une seconde bordure de palmettes bleues qui se termine en *mihrab* dans la partie supérieure. Les deux angles entre la bordure et le *mihrab* sont décorés de demi-palmettes entrelacées sur fond bleu foncé. Au milieu, toujours sur fond bleu foncé, figure un fronton décoré d'arabesques à la base duquel une inscription en trois lignes reproduit les versets 96-97 de la sourate III du Coran : “La première Maison qui ait été placée pour les gens est celle de Bakka, lieu béni et chemin de droiture pour les mondes. En ce lieu sont les Signes évidents : l'endroit précis où se tenait Abraham. Celui qui y pénètre se trouve en sécurité (trad. R. Khawam).” Sous ce texte est représenté le Masjid al-Haram dans un cartouche rectangulaire vert et bleu. La Kaaba figure au centre du Masjid al-Haram, reconnaissable à sa cour entourée d'une colonnade. Les divers bâtiments, portes, lieux sacrés (*maqam*) et puits d'eau sous la colonnade sont illustrés et identifiés par leur nom.","short_description":"Ce carreau de céramique est supposé avoir été fabriqué à Iznik pour la mosquée du sultan Nesli Chah à Edirnekapi, Istanbul. Le but des panneaux de céramiques représentant la Kaaba, lieu de pèlerinage le plus sacré de l’islam, était de faire sentir sa présence durant la prière à la mosquée.","holder":"Musée des arts turcs et islamiques.","initial_owner":"Nesli Chah Sultan (m. 987/1579; petit-fils du sultan Bayézid II).","dates":"Dernier quart du Xe siècle de l’Hégire (XVIe siècle J.-C.).","location":"Sultanahmet, Istanbul","dimensions":"H. 62 cm, l. 34 cm.","method_for_datation":"L'introduction d'illustrations des villes saintes de l'islam (La Mecque et Médine) et des sites sacrés s'observe dès le début de l'islam. Des représentations détaillées de ces lieux saints figurent dans des certificats de pèlerinage de la période ayyoubide qui occupent une place importante dans les collections du musée. Ces documents débutent par la bannière du calife de l'époque et reproduisent des images peintes du mont Arafat, de la Muzdalifa, de l'Enceinte sacrée (al-Haram al-Charif), de Médine et même de Jérusalem. Des images similaires se trouvent également dans les certificats de pèlerinage ottomans. à partir de la fin du Xe/XVIe siècle, le Masjid al-Haram apparaît sur des carreaux décorant des mosquées.","method_for_provenance":"Les matériaux, techniques et couleurs montrent que ce carreau est originaire d'Iznik.","provenance":"Iznik, Turquie.","obtention":"Transféré au musée depuis la mosquée de Nesli Chah Sultan, petit-fils du sultan Bayézid II, dans le quartier d'Edirnekapi à Istanbul en 1332/1914.","bibliography":"ölçer, N., *et al, Museum of Turkish and Islamic Art*, Istanbul, 2002, p. 282.","dynasty":"Ottomane","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"Cihat Soyhan","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["carreaux, Kaaba, Iznik."],"materials":["Carreau d’Iznik en argile blanche à illustration peinte de la Kaaba."]},"065ee648-ada2-516d-a7cd-4adf36e94026":{"name":"Jarre à eau *habb*","short_description":"Cette grande jarre à eau (*habb*) associe rôle utilitaire et fonction décorative ostentatoire. Elle occupait une place d'honneur dans l'espace domestique. On venait y puiser l'eau avec des cruches ou des pichets, au fur et à mesure des besoins quotidiens. La face offerte au regard est ornée de figures de femmes stylisées traduisant la persistance, à travers les millénaires et les civilisations, de la déesse-mère.","type":"Céramique","holder":"Musée de l'Institut du monde arabe","owner":"Musée de l'Institut du monde arabe","dates":"VIe-VIIe siècle de l'Hégire / XIIe-XIIIe siècle J.-C.","location":"Paris","dimensions":"H: 79 cm, D. ouverture: 22,5 cm, D. maximal: 45,5 cm","provenance":"Meskeneh, Syrie","obtention":"Achat chez Christie, Manson & Wood LTD en 1991.","bibliography":"Candy, S. and Beyazit, D., *Court and Cosmos. The Great Age of the Seljuqs*, New Haven and London: Yale University Press, 2016: 131, Fig. 60. \n \nCroisier, J-P. and Dürr, N., *Céramiques islamiques dans les collections genevoises*. Geneva: Editions du Tricorne, 1981: Fig. 241. \n \nDelpont, E., *L'Orient de Saladin. L'art des Ayyoubides*, Paris: Gallimard, Paris, 2001: 154, Fig. 135. \n \nDelpont, E., et al., *Album du musée*, Paris: Somogy éditions d'art, 2012: 295. \n \nMoulierac, J. and Vaudour, C., *La médecine au temps des califes: à l'ombre d'Avicenne*, Paris: Institut du monde arabe, 1996: 203, Fig. 126. \n \nMoulierac, J., et al., *Céramiques du monde musulman: collections de l'Institut du monde arabe et de J.P. et F. Croisier* , Paris: Institut du monde arabe, Paris, 1999: 151. \n \nReitlinger, G., \"Unglazed Relief Pottery from Northern Mesopotamia\", *Ars Islamica*, Vol: XV-XVI, 1951: 11-22.","materials":["Pâte argileuse non glacée, décor modelé et de barbotine"]},"08b6e3c0-94d9-573c-a123-ddbc53534246":{"name":"Aiguière à décor épigraphique","short_description":"En Iran, à la période seljoukide, un grand nombre de pièces moulées ont été produites, essentiellement avec des formules épigraphiées, même si l'on trouve parfois des personnages ou des rinceaux. Les potiers façonnent en terre des aiguières qui souvent empruntent les formes élaborées par les dinandiers. La glaçure, ici turquoise, remplace par la couleur le décor soigné de ciselure et d'incrustation d'argent des pièces en métal.","type":"Céramique","holder":"Musée de l'Institut du monde arabe","owner":"Musée de l'Institut du monde arabe","dates":"VIe-VIIe siècle de l'Hégire / XIIe-XIIIe siècle J.-C.","location":"Paris","dimensions":"H: 31,5 cm, D: 16 cm, H. du col: 8,5 cm, D. du col: 7,5 cm, H. base: 1,9 cm, D. base: 10 cm","provenance":"Iran","obtention":"Achat en vente publique à l'étude Claude Boisgirard en 2003.","bibliography":"Delpont, E., et al., *Album du musée*, Paris: Somogy éditions d'art, 2012: 387. \n \nGrube, E.J., *Islamic Pottery of the Eighth to the Fifteenth Century in the Keir Collection*, London: Faber and Faber, 1976: Fig. 116. \n \nPinder-Wilson, R.H., *Islamic Pottery 800-1400*, London: Victoria and Albert Museum, London, 1969: Fig. 77. \n \nSoustiel, J., *La céramique islamique*. Fribourg: Office du Livre, 1985: 101, 372; Fig. 25, 93.","materials":["Céramique à pâte siliceuse, moulée et sous glaçure"]},"0a6a863f-3205-5785-8137-feaae00e4cbf":{"name":"Système d’approvisionnement en eau de Kırkçeşme.","alternate_name":"Aqueducs de Kemerburgaz.","description":"Les problèmes d'alimentation en eau d'Istanbul se multiplièrent avec l'accroissement de la population au cours du Xe siècle H (XVIe siècle J.-C.). La tradition veut que, au cours d'une partie de chasse, le sultan Soliman remarqua des sources et demanda qu'elles soient évaluées. L'architecte de la cour de l'époque, Mimar Sinan, étudia la zone et recommanda la création d'un système d'adduction pour alimenter la ville, dont Soliman ordonna le début des travaux en 961 H / 1554 J.-C. Le projet fut achevé en 970 H / 1563 J.-C. mais plusieurs parties furent rapidement endommagées par des inondations et durent être reconstruites en 971 H / 1564 J.-C. L'ensemble coûta environ 50 000 000 d'akches, l'unité de compte principale utilisé sous l'empire ottoman. \nLe système fait appel à diverses sources situées à 25 km environ au nord-ouest d'Istanbul qui alimentent deux branches – est et ouest – se rejoignant au sud du village de Kemerburgaz avant de poursuivre jusqu'à la capitale. Il se compose de galeries couvertes (de 175 x 55 cm de section et de 55 km de long au total), de 33 aqueducs ainsi que de points de captages et de distribution. Il alimente les quartiers de la ville situés à moins de 34 m d'altitude. Un certain nombre de réservoirs et d'aqueducs ont été construits ultérieurement de 1029 à 1234 H / 1620-1818 J.-C. Une petite section date même d'avant Soliman, dont celle d'Eğrikapi à Cebeciköy qui date de Mehmed II. D'autres parties, comme celle de Kovuk Kemer, ont même été édifiées sur des vestiges byzantins. Sur les 33 aqueducs qui constituent le système de Kirkçeşme, cinq à deux ou trois étages superposés sur une longueur considérable sont monumentaux. Paşa Kemeri ou Balikzade mesure 102 m de long, 16,4 m de haut et s'élève sur deux étages. Unzunkemer, également à deux étages, mesure 711 m de long et 25 de haut. Sa galerie supérieure couverte et plâtrée de 175 x 60 cm de section est recouverte de dalles de pierre. Kovukkemer, ou Kirikkemer, mesure 408 m de long et 35 m de haut et décrit un virage à 90°. Sa première section est à un seul étage, la seconde à trois étages. L'aqueduc de Mağlova ou Muallak, le plus important, mesure 258 m de long pour 36 m de haut. Il est à deux étages soutenus par huit grands et huit petits arcs. Celui de Güzelcekemer ou Gözlücekemer, de 165 m de long pour 34,5 m de haut, est également à deux étages. Les autres ouvrages d'art notables sont les aqueducs à un étage de Ayvad (195 m de long), Kurt (305 m), Karakemer (62,6 m), Baliklikemer (125 m) et Valide Kemeri (38,8 m). \nLe système dans son entier est en maçonnerie de pierre et pierres à bossage. \nLe système alimentait à l'origine plus de 300 fontaines urbaines, dont 135 étaient des fondations pieuses de Soliman. Plus tard, le nombre de points d'eau s'élèvera à 580 environ. Des parties de ce réseau situées hors les murs d'Istanbul fonctionnent depuis plus de quatre siècles.","short_description":"Le système d’approvisionnement en eau de Kırkçeşme fut construit par le grand architecte ottoman Sinan sur ordre du sultan Soliman le Magnifique afin de résoudre les problèmes grandissants de pénurie d’eau rencontrés par Istanbul. Le système comprend 33 aqueducs et de nombreux points de captage et de distribution. Il alimentait plus de 300 fontaines à l’origine ; plus tard, le nombre de points d’eau s’élèvera à 580. Certaines parties de ce réseau situées hors les murs de la ville fonctionnent encore aujourd’hui et alimentent la mégapole d’Istanbul.","dates":"971 de l’Hégire / 1564 J.-C.","location":"Kemerburgaz, Istanbul","method_for_datation":"Les dates de construction du système d'adduction d'eau sont mentionnées dans *Tezkiretü'l-Bünyan* et *Tezkiretü'-Ebniye*, deux ouvrages dictés par Sinan à son ami Saî Mustafa çelebi. Le *Tevzi Defteri*, rédigé par Sinan, fournit également des informations détaillées sur les parties du système intra-muros.","bibliography":"çeçen, K., *Sinan's Water Supply System in Istanbul*, Istanbul, 1992. \nçeçen, K., “Kırkçeşme Tesisleri,” *Istanbul Ansiklopedisi* \\[Encyclopédie d'Istanbul\\], vol. 5, Istanbul, 1994, pp. 1-4. \nçeçen, K., *Istanbul'un Osmanlı Dönemi Su Yolları* \\[Les voies d'eau de la période ottomane à Istanbul\\], Istanbul, 1999, pp. 33-117. \nSai, M. ç., *Tezkiretü'l-Bünyan*, Istanbul, 1315 (*Tezkiret al-Bünyan*, en écriture ottomane). \nMeriç, R. M. (textes réunis par), *Mimar Sinan, Hayatı, Eseri I, Mimar Sinan'ın Hayatına, Eserlerine Dair Metinler* \\[L'architecte Sinan, sa vie, son œuvre, I, Textes sur la vie et l'œuvre de Sinan\\], Ankara, 1965.","patrons":"Sultan Soliman le Magnifique (r. 926-974 H / 1520-1566 J.-C.).","architects":"Architecte : Mimar Sinan, assisté de Kiriz Nicola.","dynasty":"Ottomane.","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"İnci Türkoğlu","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["aqueducs ; Soliman le Magnifique ; Sinan ; architecture civile ; ouvrages d’art ; architecture hydraulique"]},"0d3e43d7-9082-5cb7-bb0c-3a25c1f1ccc9":{"name":"Filtre.","description":"Ce fragment de céramique gris-rouge provient du filtre légèrement convexe d'un récipient à eau. Le motif ajouré est une composition géométrique de cercles et de courbes. Le motif de base, répété trois fois, est un cercle bordé comprenant quatre médaillons ajourés à éléments incurvés formant une étoile à percement central et quatre petits cercles ajourés. L'espace les reliant est occupé par un motif en pointe flanqué de deux petits cercles perforés en leur centre, répétant en partie le motif principal. Une bordure en couronne incisée en zigzag entoure cette composition ajourée. Le zigzag est caractéristique des filtres fatimides. \nLe filtre était placé à la jonction du col et de l'épaule de la jarre pour protéger le liquide des insectes et autres pollutions. La plupart des récipients à filtre de la période islamique étaient en argile. Ils n'étaient pas vernis pour permettre l'évaporation et conserver l'eau au frais. \nCette composition de formes géométriques simples – cercles, lignes et triangles répétés – et leurs multiples combinaisons sont spécifiques des filtres fatimides. Les compositions géométriques dominent le décor des filtres de cette période, après laquelle viendront des motifs zoomorphes et épigraphiques.","short_description":"Fragment de terre cuite faisant office de filtre intégré à un récipient. L'ajourage est à composition géométrique de cercles et de lignes incurvées. Le filtre était placé à la jointure du col et de l'épaule d'un récipient en terre cuite de façon à protéger le liquide des insectes et de la pollution.","holder":"Musée des antiquités méditerranéennes et proche-orientales (Medelhavsmuseet).","owner":"Musée national des Beaux-Arts, Stockholm. Dans le cadre de la réorganisation de ses collections en expansion, la plus grande partie des pièces d’art islamique ont fait l’objet d’un prêt permanent au Musée des antiquités méditerranéennes et proche-orientales en 1982.","dates":"Ve-VIe siècle de l'Hégire (XIe-XIIe siècle J.-C.)","location":"Stockholm","dimensions":"Ø 6,5 cm.","method_for_datation":"Les filtres de ce modèle découverts lors de fouilles dans des strates intactes ont été datés des Ve/XIe et VIe/XIIe siècles.","method_for_provenance":"Des filtres similaires ont été découverts lors de fouilles à Fustat où ils ont été vraisemblablement fabriqués. Selon F. R. Martin, ce filtre provient de fouilles à Fustat.","provenance":"Fustat, Égypte.","obtention":"Acheté au marchand et historien d'art F. R. Martin en 1921.","bibliography":"Olmer, P., *Catalogue général du Musée arabe du Caire : les filtres de gargoulettes*, Le Caire, 1932. \nScanlon, G. T., *Fustat Expedition Final Report*. Vol. 1: *Catalogue of Filters*, Winona Lake, 1986. \nWittkowski, G., “Arabic Filters from the Collection of the Cracow Archaeological Museum”, *Materialy Archeologiczne* XXX, 1997, 41–55.","dynasty":"Période fatimide","author":"Friederike Voigt","copy_editor":"Monica Allen","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Céramiques; décoration géométrique; eau; purification de l’eau"],"materials":["Terre cuite non vernie, incisée."]},"0f4a0527-db26-5775-bfd1-e8fdba819736":{"name":"Sabil (fontaine publique) de Youssef Dey.","description":"Située sur une place publique reliant plusieurs artères marchandes et donnant sur le vieux port, l'édifice est formé d'un encadrement en pierre taillée, coiffé d'un rebord de tuiles rondes de couleur verte et délimité, de part et d'autre, par deux colonnes en marbre surmontées de chapiteaux à feuilles lobées de style ottoman. Dans ce cadre est inscrit un rectangle en marbre, meublé par un arc en plein cintre outrepassé à claveaux noirs et blancs de type *ablaq*, répertorié en Tunisie depuis l'époque hafside. La base du rectangle est décorée d'un vase de fleur turquisant, gravé en marbre, d'où jaillissement deux rinceaux symétriques à fleurons stylisés et trilobés. \n \nL'intrados de cet arc, légèrement en saillie, est garni d'une inscription bilingue arabe et turque, composée de 13 lignes en écriture *thoulouth*, en relief. Elle comporte le poème suivant : \n \n“Dieu a choisi un seigneur dans notre temps / pour faire des bienfaits et délier les attaches des nécessiteux : / L'honneur du temps, le dey Youssef / qui voit, en dépensant les finances, son bénéfice de commerce. / Il a fait couler les eaux de tous côtés / en attendant comme récompense de s'abreuver au fleuve al-Kaoutari. / Le débit public est à lui, regardez sa beauté ! / Grâce à lui Bizerte est devenue agréable au contemplateur. / Bois, ô assoiffé, de cette source délicieuse / dont l'eau limpide est comme sucrée ! / Quelle belle fontaine dont la date se résume ainsi : / Nous a créé la fontaine le chef des soldats. (1041) \n \n“Par les soins du maître Ali ibn Disim al-Andalousi, début de *rabi* II de l'an 1041 \\[1632 J.-C.\\].” \n \nL'abreuvoir jadis en marbre a complètement disparu. Auparavant, il y avait, derrière la fontaine, une salle occupée par une noria qu'actionnait un chameau ou un mulet.","short_description":"Construite sur une place publique donnant sur le vieux port de Bizerte et sur plusieurs artères de circulation, cette fontaine reste un joyau architectural rayonnant sur tout le quartier. Elle était alimentée en eau à partir d'une noria actionnée par un chameau ou un mulet. \nL'abreuvoir jadis en marbre a complètement disparu. Construite par un émigré d'origine espagnole, la fontaine se caractérise par un très bel arc en claveaux de marbre alternés noirs et blancs coiffé d'un rebord de tuiles rondes de couleur verte.","dates":"XIe siècle de l’Hégire (XVIIe siècle J.-C.).","location":"Bizerte","method_for_datation":"Le chronogramme du dernier vers du poème indique la date de la construction de la fontaine, 1041/1632.","bibliography":"Gafsi, A., *Monuments andalous de Tunisie*, Tunis, 1993, p. 38. \n \nHannezo, G., Bizerte, *Revue tunisienne*, n° 49, 1905, p. 144. \n \nOudi, R., “Les inscriptions des fontaines publiques de la ville de Bizerte”, *Africa*, n° 16, 1998, pp. 39-105.","history":"Le *sabil* a été édifié par Youssef Dey, dey de la régence de Tunis (1019-1046 H / 1610-1637 J.-C.). Il fut restauré au cours des années 1990 et quelques fenêtres donnant sur la façade furent obturées.","patrons":"Youssef Dey.","architects":"Ali ibn Disim al-Andalousi.","dynasty":"Mouradite (ottomane).","linkcatalogs":"IAM_TN_FR_001","author":"Saloua Zangar","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Fontaine publique; sabil; époque ottomane; calligraphie; travaux hydrauliques."]},"1757e7cf-1d29-556c-9e11-f2696aaa848e":{"name":"Mosquée et madrasa du sultan Qaytbay.","description":"L'entrée de la *madrasa* s'ouvre sur la façade principale orientée au nord. Elle illustre le style typique des entrées mameloukes, généralement surmontées d'un arc trilobé à *mouqarnas* sculptés. à gauche se trouve le *sabil* (fontaine publique) et au-dessus le *kuttab* (école coranique). à droite se dresse un minaret, considéré comme l'un des plus parfaits exemples du style mamelouk par son architecture harmonieuse et la qualité de sa décoration. \nLe plan de la *madrasa* consiste en une cour carrée à sol de marbre polychrome et plafond doté d'une verrière centrale. Elle est entourée de quatre *iwan*, le plus grand (celui de la *qibla*) ouvrant par un arc en fer à cheval. Il possède un superbe *minbar* en bois incrusté à décor de nacre, d'ivoire et d'entrelacs géométriques. \nLa partie haute des murs comporte des fenêtres en stuc à inserts de verres de couleur. L'architecte a fait preuve d'un talent particulier dans l'ornementation des volumes intérieurs : plafonds de bois doré et peint, arcs de diverses formes, travail de la pierre décorée et sculptée de motifs végétaux, sols de marbre de la *madrasa*, du mausolée et de la fontaine publique, fenêtre de stuc à verres de couleur. \nOn accède au mausolée par une porte donnant sur le mur latéral de l'*iwan* de la *qibla,* de plan carré et recouvert d'une coupole. La zone de transition entre les murs et la base circulaire de la coupole consiste en neuf rangées de *mouqarnas* de pierre au complexe décor imbriqué. La coupole en pierre est ornée, à l'extérieur, d'une répétition de motifs végétaux et géométriques sculptés. Elle est un brillant exemple des sommets atteints par l'art mamelouk du travail de la pierre. Le complexe de Qaytbay est sans doute l'un des plus novateurs et des plus éblouissants de tous ceux de l'égypte islamique. Son importance tient à sa décoration fouillée, à la beauté de ses proportions et à l'harmonie de ses cinq composants architecturaux.","short_description":"Ce monument se trouve dans le cimetière mamelouk (cimetière nord) et est décrit comme le plus beau de tous les complexes architecturaux de l'Égypte islamique. Il est remarquable pour ses décorations, son parfait équilibre et l'harmonie de ses composants, qui incluent une mosquée, un *sabil* (fontaine publique), un *kuttab* (école coranique pour enfants) et un mausolée ; il est devenu aujourd'hui le “joyau” de l'architecture islamique. Le sultan Qaytbay, son mécène, a régné pendant 29 ans et a laissé de nombreux monuments de bienfaisance à La Mecque, Médine, Jérusalem et en Égypte.","dates":"879 de l’Hégire / 1474 J.-C.","location":"Le Caire","method_for_datation":"Des bandeaux épigraphiques fournissent le nom et le titre du commanditaire ainsi que la date de construction. Un bandeau d'inscription à côté de l'entrée de la *madrasa* et un autre dans les hauteurs de l'*iwan* de *qibla* précisent tous deux une date de début des travaux de construction (877/1472). Par ailleurs, un bandeau épigraphique à l'intérieur du mausolée donne la date d'achèvement de la construction de la coupole (879/1474).","bibliography":"Abd al-Wahab, H., *Tarikih al-Masajid al-Athariya* \\[Histoire des mosquées monumentales\\], Le Caire, 1994. \nBehrens-Abouseif, D., “Change in Function and Form of Mamluk Religious Institutions”, *Annales islamologiques*, 1985, 21, pp. 73-93. \nBehrens-Abouseif, D., *Islamic Architecture in Cairo*, Leyde, 1989. \nGrabar, O., “The Inscriptions of the Madrasa-Mausoleum of Qaytbay”, *Near Eastern Numismatics, Iconography, Epigraphy, and History: Studies in Honor of George C. Miles* (dir. K. Dickran Kouymjian), Beyrouth, 1974. \nHamza, H., *The Northern Cemetery of Cairo*, Le Caire, 2001. \nKessler, C., “The Carved Masonry Domes of Medieval Cairo”, *Art and Archaeology Research Papers*, Le Caire, 1976. \nNewhall, A., *The Patronage of the Mamluk Sultan Qaitbay: 872-901 / 146-1496*, thèse de doctorat, Harvard University, 1987. \nPrisse d'Avennes, é., *L'Art arabe d'après les monuments du Caire depuis le VIIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe*, Paris, 1877. \nRoberts, D., *Egypt Nubia*, Londres, 1896. \nSalem, al-Sayyed Mahmoud Abd al-Aziz, *Al-Ma'adin al-Masriya* – *Nazrah a'mma 'an aslaha wa tatawouriha moundou al-Fath al-'Arabi hatta al-Fath al-Othmani* \\[Les minarets égyptiens : présentation générale de leurs origines et de leur développement de la conquête arabe à la conquête ottomane\\], Le Caire, 1991. \n*L'Art mamelouk, splendeur et magie des sultans*, pp. 98-101.","patrons":"Sultan al-Achraf Abou al-Nasr Qaytbay (r. 872-901 H / 1468-1496 J.-C.).","dynasty":"Mamelouke.","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","author":"Tarek Torky","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["incrustations ; stuc à imbrication de verres de couleur ; marbres ; décoration végétale ; décoration géométrique ; fontaines publiques ; architecture funéraire ; architecture religieuse ; architecture civile ; écoles coraniques ; mosquées ; mouqarnas"]},"183bf3a2-aeed-5d42-afde-1232d1908e44":{"name":"Gobelet.","description":"Gobelet de forme tronconique, dont la partie supérieure, qui constitue une zone nue, s'évase en calice. Le fond a un dessous concave qui le rend stable et offre, en son milieu, au point où adhérait la canne du verrier, une sorte de nombril. Le verre, transparent et légèrement fumé, contient peu de bulles d'air. Il a pris de belles teintes irisées et nacrées. La partie inférieure est meublée par un quadrillage oblique limité, en haut et en bas, par un double sillon. Il détermine deux rangs de sept mailles triangulaires et deux rangs de sept mailles losangiques. Les premiers rangs sont décorés d'une entaille fuselée oblique alors que les seconds sont ornés de deux lobes opposés. à chaque point d'intersection, une entaille (segment de cercle) ellipsoïdale interrompt le quadrillage. Une entaille occupe extérieurement le milieu du fond, qu'un quart de rond joint à la paroi verticale. Ce gobelet est à rapprocher d'objets similaires découverts à Fustat, Raqqa et Damas, et de la cargaison de l'épave découverte, lors des fouilles sous-marines de Serçe Limani, au large du littoral turc. Sa silhouette rigide nous rappelle celle des vases à boire que les califes ou les hauts dignitaires tiennent sur les bois fatimides du Caire.","short_description":"Le fond de ce gobelet de forme tronconique présente un dessous concave. Le verre, transparent et légèrement fumé, contient peu de bulles d'air. Ce gobelet est à rapprocher des objets similaires découverts lors des fouilles sous-marines menées au large du littoral turc.","holder":"Musée des arts islamiques","dates":"seconde moitié IVe-début Ve siècle de l’Hégire (seconde moitié Xe-début XIe siècle J.-C.).","location":"Raqqada, Kairouan","dimensions":"H. 11 cm, Ø 4 à 6 cm, ép. du verre à l’orifice de 0,1 à 0,15 cm.","method_for_datation":"Si ce gobelet offre des analogies avec des objets similaires trouvés à Raqqa et qui furent datés du IIIe siècle H (IXe siècle J.-C.), il fut néanmoins découvert à Sabra al-Mansouriya, capitale des Fatimides, fondée au milieu du IVe siècle H (Xe siècle J.-C.), et présente une parenté avec la cargaison de Serçe Limani, déjà citée (TN 65). Or, on sait que ce navire coula dans le deuxième quart du Ve siècle H (XIe siècle J.-C.) et que le site de Sabra fut complètement abandonné après les invasions hilaliennes en 449 H (1057 J.-C.). On peut donc dater ce gobelet, sans risque d'erreur, de la seconde moitié du IVe siècle H (Xe siècle J.-C.) jusqu'au début du Ve siècle H (XIe siècle J.-C.).","method_for_provenance":"Ce gobelet, fut découvert fortuitement, en 1922, sur le site de Sabra al-Mansouriya. Des chercheurs de briques brisèrent, d'un coup de pioche, une grande jarre dont le contenu s'avéra d'une valeur inestimable : carafes, gobelets, flacons et coupes furent mis à jour. Ni les formes ni les décors qu'on retrouve dans des objets similaires exhumés lors des fouilles archéologiques de Sabra ne semblent mettre en doute la production de ce gobelet dans les ateliers de verre de Sabra al-Mansouriyya, réputés à l'époque, ou dans ceux de Kairouan, la capitale économique toute proche.","provenance":"Sabra al-Mansouriya ou Kairouan.","obtention":"Après sa découverte, en 1922, cette pièce fut conservée au musée du Bardo avant d'être récupérée par le Musée des arts islamiques de Raqqada, lors de son inauguration, en 1986, où elle est exposée actuellement (2005).","bibliography":"Marçais, G. et Poinssot, L., Objets kairouanais, XI, fasc. 2, Tunis, 1952, p. 388-389, n° 8.","dynasty":"Fatimo-ziride","author":"Mourad Rammah","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Verre; décoration florale; eau"],"materials":["Verre gravé et décoré."]},"1a0d6f2a-0a7e-5fdf-98b4-9f6cc792909b":{"name":"Norias (*nawa’ir*) de Hama.","description":"La roue à eau ou noria (*na'oura* au singulier, *nawa'ir* au pluriel) est une très ancienne structure hydraulique conçue pour puiser et distribuer l'eau en utilisant la force du courant. C'est aussi le symbole de la ville de Hama, à 226 km au nord de Damas, en bordure du fleuve Oronte. L'utilisation de roues à eau en Syrie remonte aux périodes classique et hellénistique, peut-être même à celle des Nabatéens (IIe siècle av. J.-C.-IIe siècle ap. J.-C.). Leur première représentation figure sur une mosaïque de l'ancienne ville d'Apamea, à 55 km au nord de Hama, datée de 469 J.-C. On constate au Moyen Âge une nette augmentation du nombre de références aux norias dans les écrits géographiques islamiques, ce qu'explique sans doute leur multiplication. Sous le règne des sultans seldjoukides et de leurs divers vassaux atabegs, zenguides et ayyoubides, lorsque les cités syriennes connaissent un fort développement urbain, la noria de Hama est particulièrement bien entretenue. Nour al-Din Mahmoud bin Zangui lance une campagne de reconstruction après le tremblement de terre de 551 H / 1157 J.-C., qui inclut la restauration du système d'adduction d'eau de la ville et des norias. \nLes plus anciennes norias subsistantes sont attribuées aux Ayyoubides (fin VIe siècle-VIIe siècle H / XIIe-XIIIe siècles J.-C.) tandis que la plus vieille tour, celle de la noria al-Muhammadiyyeh, porte une inscription la datant de la période mamelouke (763 H / 1361 J.-C.). C'est également l'une des deux plus grandes de la ville avec ses 21 m de diamètre et les 17,5 m de haut de son aqueduc. Particulièrement long, celui-ci alimente le quartier de la Grande Mosquée, à près de 1 kilomètre de l'Oronte. La deuxième plus grande noria, également de 21 m de diamètre et appelée al-Mamuriyyeh, date des débuts de la période ottomane (867 H / 1453 J.-C.). \nLes norias se composent principalement de deux parties : une roue mobile, généralement en bois de peuplier, et un aqueduc, habituellement en pierre. La roue est faite de grosses poutres fixées perpendiculairement autour de l'axe, créant une forme carrée au centre et partant en rayonnant vers la circonférence du cercle. Ces poutres sont solidarisées par des cadres circulaires et renforcées par d'autres, clouées selon des inclinaisons diverses. À la circonférence, des palettes facilitent le mouvement circulaire et des godets (*sanadiq*) collectent l'eau. Du fait de leur construction en bois, les poutres nécessitent un entretien constant et doivent être changées tous les 15 ans environ. \nL'efficacité d'une noria dépend aussi de constructions en pierre comme l'aqueduc et le petit barrage qui contrôle le niveau de l'eau. L'eau est reçue par un réceptacle parallèle à la roue et aussi large que possible, d'où part le long aqueduc reposant sur une arcade qui distribue l'eau pour l'irrigation ou les usages domestiques. En moyenne, une noria peut prélever 50 litres d'eau par seconde et irriguer jusqu'à 75 hectares.","short_description":"La ville de Hama est fameuse pour ses norias qui s'élèvent au bord des méandres de l'Oronte traversant la ville. Leur technique de construction est ancienne mais remarquablement efficace, encore aujourd'hui. Les roues sont habituellement en peuplier et doivent être régulièrement entretenues. Les barrages et aqueducs sont en pierre. Les dimensions des installations sont conçues pour capter le maximum d'eau et assurer sa distribution la plus efficace.","dates":"VIe-Xe siècle de l'Hégire (XIIe-XVIe siècle J.-C.)","location":"Hama","method_for_datation":"Certaines norias sont datées par des inscriptions, mais la plupart le sont d'après des preuves archéologiques et des sources historiques. Des fouilles récentes sous le niveau de l'eau ont montré que la plupart des norias sont d'origine très ancienne et ont été continuellement restructurées au cours des siècles.","bibliography":"Burns, R., *Monuments of Syria: An Historical Guide*, Londres-New York, 1999. \nDelpech, A. et al., *Les norias de l'Oronte : analyse technologique d'un élément du patrimoine syrien,* Damas, 2005.","dynasty":"Périodes atabeg, ayyoubide, mamelouke et ottomane.","author":"Waal Hafian","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Hydraulique ; alimentation en eau ; architecture urbaine ; Oronte"]},"1f743996-b211-5583-a401-77554e5bfc79":{"name":"Piscines de Salomon.","description":"Les piscines de Salomon comprennent trois bassins en cascade d'où partent des canaux. Le premier mesure 116 m de long par environ 72 m de large pour une profondeur de 6 à 12 m et une capacité de 85 000 mètres cubes. Le deuxième, de 129 m de long, 76 m de large et 12 m de profondeur, offre une capacité d'environ 90 000 mètres cubes. Le troisième, d'époque mamelouke, est le plus vaste. Il mesure 177 m de long par 86 m dans sa plus grande largeur. Il est profond de 15 m et présente une capacité de 113 000 mètres cubes environ. La capacité totale du système dépasse les 250 000 mètres cubes. \nL'eau venait de sources naturelles grâce à un système d'aqueducs de plus de 70 km de long. Les bassins recueillaient également l'eau de pluie. Ils fournissaient à la ville de Jérusalem, qui souffrait toujours de la sécheresse, une alimentation pour les usages domestiques. De cette position élevée, l'eau s'écoulait vers la ville en exploitant les pentes naturelles et les lits de ruisseaux. Le système de canaux et d'aqueducs en zigzag mesurait environ 22 km, soit le double de la distance en ligne droite entre la ville et les piscines. \nUn édit du sultanat ottoman confia la sécurité de l'approvisionnement aux villages traversés par ce système. En 1027 H / 1618 J.-C., le sultan 'Othman II (Osman II, r. 1027-1032 H / 1618-1622 J.-C.) fit construire un château fortifié à quelques mètres au nord du premier bassin.","short_description":"Ces grands réservoirs d’eau situés au sud de Bethléem doivent leur nom au sultan ottoman Soliman le Magnifique qui les restaura et les développa. Trois grands bassins récupéraient l’eau et étaient raccordés à un système complexe de canaux qui, à partir de sources situées à dix kilomètres de là, acheminaient l’eau jusqu’à Jérusalem. L’installation, commencée à la période romaine, fut améliorée à travers les âges. Un troisième bassin fut ajouté à la période mamelouke. Le perfectionnement du système pour approvisionner Jérusalem en eau fut considéré comme un témoignage du succès de l’administration dirigeante.","dates":"La première et la deuxième piscines datent de la seconde moitié du Ier siècle av. J.-C. La troisième – le bassin inférieur – a été construite entre 865 et 872 de l'Hégire / 1461-1467 J.-C.","location":"Bethléem","method_for_datation":"Le système d'adduction d'eau est daté d'après des informations fournies par l'historien romain Flavius Josèphe (mort après 100) et l'historien arabe Moujir al-Din al-Hanbali (mort en 928/1521).","bibliography":"Berchem, M. van, *Matériaux pour un Corpus Inscriptionum Arabicarum* (deuxième partie), Le Caire, 1922. \nAl-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973. \nNatsheh, Y., “The Architecture of Ottoman Jerusalem”, in S. Auld et R. Hillenbrand (éds), *Ottoman Jerusalem: The Living City 1517-1917* (deuxième partie), Londres, 2000. \nSalama, O. et Zilberman, I., “Aspakat ha-mayim li-Yerushalayim ba-meot ha-16 ve-ha 17 \\[Le système d'approvisionnement en eau de Jérusalem aux XVIe et XVIIe siècles\\]”, *Cathedra*, n° 41, 1985, pp. 91-106. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004.","patrons":"Le nom du ou des commanditaires du système de distribution d'eau dans la période préislamique est inconnu. Le troisième bassin a été commandité par le sultan mamelouk Khuchqadam (r. 865-872 H / 1461-1467 J.-C.). Des restaurations et rénovations des bassins et des aqueducs du *sabil* (al-Qanat al-Sabil) ont été entreprises par le sultan mamelouk al-Achraf Qaytbay (r. 872-901 H / 1468-1496 J.-C.) et le sultan Soliman le Magnifique (r. 926-974 H / 1520-1566 J.-C.).","architects":"Des documents conservés au tribunal de la charia de Jérusalem mentionnent la nomination d'un dénommé Mourad al-Nasrani l'Arménien, “architecte des aqueducs du *sabil*” en 970 H / 1562 J.-C.","dynasty":"Période romaine, période mamelouke.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Piscines; canaux; aqueducs; eau"]},"22d721a5-3840-5af9-8c84-912b213423e2":{"name":"Citadelle d’Amman (réservoir d’eau).","description":"à l'intérieur de la citadelle omeyyade et à l'est du complexe palatial se trouve une citerne circulaire de 6 m de profondeur et de plus de 17,5 m de diamètre, qui pouvait contenir jusqu'à 1 300 m3 d'eau. Cette citerne constituait sa plus importante réserve d'eau, alimentée par des canalisations connectées au système de récupération de l'eau de pluie. Des canalisations et des réservoirs de filtrage subsistent encore en partie à l'ouest de la citerne. Certains éléments architecturaux antérieurs dont des colonnes, des fûts et chapiteaux ont été utilisés comme matériaux de construction. Un fût de colonne en pierre a été posé au centre pour servir de jauge. La base et les murs étaient recouverts d'une couche épaisse de plâtre hydraulique encore visible. Des marches de pierre sur le côté ouest conduisent au fond, pour le nettoyage et la préparation à la saison pluvieuse. Un profond puits adjacent, au nord, faisait peut-être partie du système d'alimentation en eau des bains situés à l'ouest de la citadelle. Cette citerne circulaire est architecturalement et stylistiquement proche de la tradition locale de réservoirs rectangulaires, malgré une similarité superficielle avec les citernes circulaires aghlabides trouvées en Tunisie à Kairouan.","short_description":"La citerne d’eau douce de la citadelle d’Amman s’étend à l’est du complexe palatial omeyyade. C’est une citerne circulaire, de 6 m de profondeur et de plus de 17,5 m de diamètre, qui pouvait contenir jusqu’à 1 300 m3 d’eau. Alimentée par des canalisations connectées au système de récupération d’eau de pluie, elle constituait la plus importante source d’approvisionnement en eau de la citadelle. Certains éléments architecturaux, comme un fût de colonne réutilisé pour servir de jauge, ont été incorporés à la paroi de la citerne. L’intérieur était recouvert d’une couche épaisse de plâtre hydraulique. Des marches de pierre le long du côté ouest conduisaient au fond de la citerne.","dates":"Vers 110 de l’Hégire / 728 J.-C.","location":"Amman.","method_for_datation":"Les fouilles archéologiques ont permis de dater ce réservoir des années 730 J.-C.","bibliography":"Almagro, A., “El Palacio Omeya de Amman”, in *La Arquitectura*, Madrid, 1983. \nCreswell, K. A. C. et Allan, J. W., *A Short Account of Early Muslim Architecture*, Le Caire, 1989, pp. 169-173. \nKhouri, R. G., *Amman: A Brief Guide to the Antiquities*, Amman, 1988, p. 17. \nKoutsoukou, A. et al, *The Great Temple of Amman: The Excavations*, Amman, 1997, pp. 16-18. \nNorthedge, A. E., *Studies on Roman and Islamic Amman*, vol. I., Oxford, 1992, p. 152.","patrons":"Hicham ibn Abd-al-Malik (105-125 H / 724-743 J.-C.).","dynasty":"Omeyyade.","linkcatalogs":"IAM_JO_FR_001","author":"Mohammad Najjar","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["citadelle d’Amman ; complexe de bains ; plâtre hydraulique ; complexe palatial ; jauge à eau ; installations d’eau"]},"23e8db58-0148-5dc3-98b4-98cb5313ba16":{"name":"Rouleau de pèlerinage.","description":"Rouleau de pèlerinage manuscrit, peint et dessiné sur un coûteux papier couché appelé *abadi*. D'état fragmentaire, son titre ainsi que la partie contenant la *basmala* ont disparu. Le premier des deux fragments subsistants comprend une partie d'étendard au nom du calife abbasside contemporain al-Nasir (r. 575-622 H / 1180-1225 J.-C.). Sous cet emblème figure une représentation en couleurs du mont Arafat flanquée de chandeliers. En dessous sont reproduits la *Magam-i Ibrahim*, pierre associée au prophète Abraham, ainsi que des puits. Plus bas se trouve une image de al-Muzdalifa, lieu où les pèlerins passent la nuit au cours de leur séjour à La Mecque. Les espaces entre ces dessins sont remplis d'inscriptions précisant les obligations du pèlerinage. \nLa représentation de la Kaaba a malheureusement disparu. Le second fragment comporte des représentations de al-Safa et de al-Marwa, deux lieux de La Mecque visités par les pèlerins, de Médine où ils visitent le tombeau du prophète Mahomet, de Jérusalem où ils se rendent habituellement après La Mecque et Médine, et de la mosquée d'al-Aqsa à Jérusalem. Ce certificat a été rédigé en 602 H / 1206 J.-C pour une certaine Umm Abbas, épouse de Ghalib. La personne accomplissant le pèlerinage pour elle est Ahmad ibn Fadl al-Andalusi. \nAu Moyen âge, il était difficile pour beaucoup de gens, en particulier pour les femmes, d'accomplir le pèlerinage. Ainsi, ceux qui partaient ou ceux qui envoyaient un représentant à leur place désiraient un certificat prouvant qu'ils avaient visité les lieux saints et rempli toutes les obligations du voyage (peut-être pour le laisser en témoignage aux générations suivantes). Ces pèlerinages et ces certificats sont des documents inestimables pour la description du rituel et des sites sacrés et offrent une riche information sur la vie sociale de la période.","short_description":"Les certificats de pèlerinage documentent le *hadjdj* en Terre Sainte, qui culmine avec la circumambulation autour de la Kaaba. Les certificats ou certificats par procuration (pour ceux qui étaient dans l’incapacité d’accomplir eux-mêmes ce voyage périlleux) authentifient, avec des images, le nom du pèlerin et de son représentant, les lieux visités et le rite célébré.","holder":"Musée des arts turcs et islamiques.","dates":"602 de l’Hégire / 1206 J.-C.","location":"Sultanahmet, Istanbul","dimensions":"(4737) H. 55 cm, l. 26, 5 cm; (4746) H. 51 cm, l. 26,5 cm.","method_for_datation":"L'inscription du document spécifie la date de 602 H/1206 J.-C. Le style d'écriture et le nom du calife confirment cette date.","obtention":"Ismet Bey, maire d'Istanbul et membre du conseil d'administration du Musée des fondations islamiques (ancien nom du Musée des arts turcs et islamiques) avait visité la mosquée des Omeyyades à Damas et son *qubbat al-Hazine* (trésor) d'où il fit transférer au musée d'Istanbul divers objets, dont des corans et ce document de pèlerinage en 1914.","bibliography":"Aksoy, Ş. et Milstein, R., “A Collection of Thirteenth Century Illustrated Hajj Certificates”, *M. Uğur Derman 65th Birthday Festschrift*, Istanbul, 2000, pp. 73-134. \nölçer, N. *et al, Museum of Turkish and Islamic Art*, Istanbul, 2002, pp. 80-81.","dynasty":"Ayyoubide","author":"Şule Aksoy","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["pèlerinage"],"materials":["Papier manuscrit et peint à la main à l’encre et à l’aquarelle."]},"2778ce78-5836-53cd-89f8-bb048bc613b1":{"name":"Bouteille à décor estampé","short_description":"La forme globale de l'objet a été obtenue à partir de quatre parties distinctes : le col, l'anse et deux hémisphères pour la panse. Le décor, d'une grande complexité, se compose de motifs que l'on trouve fréquemment sur les bijoux et donne l'impression d'une transposition sur la céramique d'un travail d'orfèvrerie. Dans ce foisonnement, on distingue des rondeaux enfermant un oiseau terrassé par un faucon ou un lion passant, des colonnes torses surmontées de disques en forme de fleurs, des poissons, des boutons de lotus, des palmettes et des palmiers, des cercles ocellés... \nIl s'agit d'une pièce utilitaire mais aussi décorative destinée au service de l'eau dans les appartements ou les pièces de réception.","type":"Céramique","holder":"Musée de l'Institut du monde arabe","owner":"Musée de l'Institut du monde arabe","dates":"VIe siècle de l'Hégire / XIIe siècle J.-C.","location":"Paris","dimensions":"H: 15,5 cm, D: 7 cm","provenance":"Syrie ou Iraq","obtention":"Achat à l'étude Couturier-De Nicolay en 1989.","bibliography":"Atil, E., *Renaissance of Islam. Art of the Mamluks*, Washington: Smithsonian Institution Press, 1981: 128. \n \nBaer, E., \"Jeweled Ceramics from Medieval Islam: a Note on the Ambiguity of Islamic Ornament\", *Muqarnas, an Annual on Islamic Art and Architecture*, vol. VI (1989): 83-97. \n \nDelpont, E., et al., *Album du musée*, Paris: Somogy éditions d'art, 2012: 291. \n \nMoulierac, J., et al., *Céramiques du monde musulman: collections de l'Institut du monde arabe et de J.P. et F. Croisier* , Paris: Institut du monde arabe, Paris, 1999: 44.","materials":["Pâte argileuse non glacée, décor à la roulette et estampé"]},"28d76422-01a9-5e8c-8c76-2776985164f6":{"name":"Margelle de puits.","description":"Cylindrique à l'intérieur et hexagonale à l'extérieur, elle est assise sur une base épaisse formant bourrelet et s'ouvre par un rebord évasé au dessus aplati et taillé en huit pans verticaux. Un décor estampé recouvert d'une glaçure verte est réparti dans huit panneaux verticaux, divisés chacun en cinq registres horizontaux. Des frises d'arcatures polylobées meublent trois registres, que séparent un registre seulement recouvert de glaçure verte et un autre registre sur lequel est gravée sur un glaçure verte une inscription en caractères cursifs. Cette inscription mentionne le nom du propriétaire de l'atelier et la date de confection de cette margelle. Elle dit textuellement : “Ceci a été façonné dans la maison de Hadj Balkin le jour du (…) sept du mois de *rabii* le dernier en l'an cinq cent quatre-vingt-six \\[1190 J.-C.\\].” D'autres décors, également disposés en deux frises superposées, couronnent l'ouverture de la margelle. L'une est constituée de carrés garnis d'étoiles à huit branches, l'autre plus mince, d'un filet de chevrons. \n \nCe type de margelle s'est répandu aux époques almohades aussi bien dans le Maghreb qu'en al-Andalus. Elles étaient destinées à protéger les puits creusés au centre des cours intérieures des maisons, tout en contribuant à l'embellissement des lieux. C'est pourquoi les potiers apportaient un soin tout particulier à leur fabrication et se faisaient une fierté de signer leurs œuvres.","short_description":"Ce type de margelles décorées, datées et portant le nom de l'atelier s'est répandu aussi bien dans le Maghreb qu'en al-Andalus. Elles protégeaient les puits creusés au centre des cours intérieures des maisons, tout en contribuant à l'embellissement des lieux.","holder":"Musée ethnographique.","dates":"586 de l’Hégire / 1190 J.-C.","location":"Tétouan.","dimensions":"H. 69, Ø 52,5 cm.","method_for_datation":"L'inscription gravée en caractères cursifs sur le quatrième registre mentionne le lieu de fabrication (l'atelier de Hadj Balkin) et la date, le 7 du mois *rabia* II de l'année 586 (1190).","method_for_provenance":"Découverte archéologique fortuite faite à Sebta (Ceuta), au lieudit Llano de las Damas.","provenance":"Sebta.","obtention":"Dépôt archéologique.","bibliography":"Bazzana, A., *Maroc les trésors du Royaume* (catalogue), Paris Musées, 1999. \n \nCambazard-Amahan, C. et Erbati, E., *6000 ans d'Art au Maroc* (catalogue), Paris, 1990. \n \nTorres Balbas, L., *Ars Hispaniae, Historia universal del Arte Hispanica,* t. IV*, Arte almohade, arte nazarí, arte mudéjar,* Madrid, 1949.","workshop":"Atelier de Hadj Balkin.","dynasty":"Almohade","linkcatalogs":"IAM_MA_FR_001","author":"Naima El Khatib-Boujibar","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau ; décoration architecturale ; décoration géométrique ; décoration épigraphique"],"materials":["Terre cuite, estampée, recouverte d’une glaçure verte."]},"2f8de84c-6136-535a-a12d-f37d60e59baa":{"name":"Chapiteau de colonne.","description":"L'un des 18 chapiteaux de colonnes appartenant à la citerne d'eau du palais omeyyade d'al-Mouwaqqar. Son inscription mentionne qu'elle a été construite sur l'ordre du calife Yazid II (r. 101-105 H / 720-724 J.-C.). Le chapiteau a été découvert en mai 1943 dans la cour d'une maison privée située à quelques centaines de mètres des ruines du palais. Il était brisé en deux parties qui se complétaient. \nTrois côtés sont décorés d'une rangée de feuilles d'acanthe séparées par des volutes appariées. Une de ses faces présente une inscription arabe de dix lignes en relief sur fond lisse. On y lit : “Au nom de Dieu le miséricordieux. A ordonné la construction de ce bassin le serviteur de Dieu, Yazid, commandeur des fidèles, que Dieu lui accorde sa grâce et prolonge sa vie et son bonheur et lui accorde ses bénédictions et ses bontés dans ce monde et dans l'autre. Il a été construit par les soins d'Abdallah, fils de Sulaym.” Entre la huitième et la neuvième ligne, trois mots sont incisés en plus petits caractères : “Khamsat Achara dhira” (15 coudées). Le fût de la colonne sur laquelle reposait jadis ce chapiteau était immergé dans le bassin, chaque fût étant gravé d'indications en coudées pour jauger le volume d'eau. La mesure la plus élevée – 15 coudées – figure sur le chapiteau lui-même. \nUne seconde inscription en relief court autour de l'abaque sur les trois côtés décorés. Elle est interrompue au centre par une protubérance circulaire à trèfle épigraphié disant : “ô Dieu, bénissez votre serviteur et messager Mohamed.”","short_description":"Chapiteau de colonne en calcaire d’al-Mouwaqqar avec inscription arabe de dix lignes en relief mentionnant la construction d’un bassin sur ordre de Yazid II (r 101-105 H / 720-724 J.-C.). Gravés d’indications en coudées pour donner le niveau, le chapiteau et son fût servaient à jauger le volume d’eau. Le dernier relevé – 15 coudées – figure sur le chapiteau lui-même.","holder":"Musée archéologique jordanien.","owner":"Maintenant exposé au ‘Jordan Museum’","initial_owner":"Calife Yazid II (r. 101-105 H / 720-724 J.-C.).","dates":"101-105 de l’Hégire / 720-724 J.-C.","location":"Amman.","dimensions":"H. 60 cm, l. 41 cm.","method_for_datation":"Ce chapiteau est datable grâce à l'inscription qui porte le nom du calife omeyyade Yazid II (r. 101-105/720-724).","method_for_provenance":"Des sources littéraires précisent que la résidence palatiale d'al-Mouwaqqar appartenait au calife omeyyade Yazid ibn Abd al-Malik (Yazid II, r. 101-105/720-724). De plus, ce chapiteau a été trouvé à quelques centaines de mètres seulement du palais d'al-Mouwaqqar.","provenance":"Citerne d’al-Mouwaqqar, Jordanie.","obtention":"Objet directement obtenu par le musée auprès du propriétaire de la maison dans laquelle il a été trouvé.","bibliography":"العابدي. محمود، الآثار الإسلامية في فلسطين والأردن، عمان، 1973. \nHamilton, R. W., “An Eighth-Century Water Gauge at al-Muwaqqar”, *Quarterly of the Department of Antiquities in Palestine* X11, 1946, pp. 63-69. \nZabern, P., *Der Königs Weg: 9000 Jahre Kunst und Kultur in Jordanien und Palästina*, catalogue d'exposition, Mayence, 1987, p. 351.","dynasty":"Omeyyade","linkcatalogs":"IAM_JO_FR_001","author":"Aida Naghawy","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["chapiteaux de colonne ; inscriptions ; palais (qasr) ; jauge à eau"],"materials":["Pierre, inscription sculptée."]},"33362f44-34f0-5545-a2a1-056208f5dff6":{"name":"Sahrij Swani (Bassin des Norias).","description":"Selon l'historien de Meknès Ibn Zaidan, Moulay Ismaïl fit aménager à l'intérieur de la casbah une grande pièce d'eau sur laquelle on pouvait se promener en embarcations de plaisance. \n \nEn fait, le prince alaouite, contemporain de Louis XIV, avait fait construire ce bassin pour garantir, en cas de siège et en périodes de sécheresse, l'approvisionnement en eau des palais et des mosquées de la ville, mais aussi des bains publics, des maisons, des jardins et des vergers qui ceinturaient la ville et subvenaient à ses besoins quotidiens en légumes et en fruits. \n \nPièce maîtresse du complexe connu sous le nom de Hri Swani, le Bassin des Norias, Sahrij Swani, est un bassin artificiel remarquable par sa taille (148,75 x 319 m pour une profondeur de 3,20 m.) Des trois hautes murailles crénelées qui auraient été construites autour du bassin ne restent aujourd'hui qu'un morceau de rempart isolé, situé au sud-ouest vers le quartier Beni Ahmed, ainsi que les vestiges de la base d'une enceinte épaisse de plus de 2 mètres. \n \nPar son étendue, le bassin rappelle les lacs des montagnes du Moyen Atlas situées au sud de la ville. \n \nL'eau du bassin provenait de deux origines : \n \n– L'eau des 10 puits creusés à proximité du Sahrij, en dessous du silo, amenée grâce à 10 norias à travers des canalisations en poterie. Le recours à l'eau des puits se faisait en périodes de troubles (guerres, etc.) et de sécheresse. \n \n– L'eau de l'oued Boufekrane qui descend du Moyen Atlas, traverse la partie méridionale de Meknès et alimente le bassin et une partie de la ville de Meknès. \n \nAujourd'hui, le bassin constitue une attraction pour les touristes qui visitent la ville, mais aussi pour les habitants de Meknès qui viennent en fin de semaine y rechercher la fraîcheur qui fait tant défaut en été.","short_description":"Situé au pied du bâtiment abritant les silos à grain de Meknès dans la large enceinte du Palais royal, le bassin Sahrij Swani ou Bassin des Norias ou Maison des Dix Norias a été aménagé au XVIIIe siècle. Réservoir artificiel de forme rectangulaire, comme celui de la Menara de Marrakech, cet édifice hydraulique était destiné à assurer les besoins en eau des constructions et monuments de la ville de Moulay Ismaïl pendant les périodes de siège. Il était alimenté par les 10 norias du bâtiment voisin et entouré de 3 hautes murailles crénelées d'une épaisseur de plus de 2 m. \nL'ouvrage vient tout juste d'être restauré.","dates":"XIe-XIIe siècle de l’Hégire (XVIIe-XVIIIe siècle J.-C).","location":"Meknès.","method_for_datation":"Dans *al-Ithaf*, Ibn Zaidan donne la date approximative de 1107 (1695 J.-C.).","bibliography":"Barrucand, M., *Urbanisme princier en Islam : Meknès et les villes royales islamiques post-médiévales*, Paris, 1985. \n \nMennouni, M., *Planning urbain de la ville de Meknès à travers quatre époques* (en arabe), Rabat, n. d. \n \nTerrasse, H., *Villes impériales du Maroc*, Grenoble, 1937.","patrons":"Le sultan Moulay Ismaïl (1083-1140 H /1672-1727 J.-C.).","dynasty":"Alaouite.","linkcatalogs":"IAM_MA_FR_001","author":"Mohamed Mezzine","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau ; bassin ; sécurité ; canalisations"]},"3b8b9f68-e0cc-5ffc-84c6-1dee91c19a09":{"name":"Fondouk Nejjarine.","description":"Bien que construits à près d'un siècle de distance, le *fondouk* (caravansérail) et la *seqqaya* (fontaine) de la place Nejjarine (des menuisiers) constituent un ensemble urbanistique et social intégré. \n \nGénéralement érigée à titre caritatif et le plus souvent élément annexe de la mosquée, la fontaine est ici élément complémentaire de l'hostellerie. \n \nLe *fondouk* Nejjarine occupe un espace rectangulaire presque régulier orienté nord-est/sud-ouest. \n \nOn accède à l'intérieur par une grande ouverture, prolongée d'un vestibule droit. Deux marches permettent d'accéder au patio. Ce dernier, de section rectangulaire, est bordé sur ses quatre côtés par des galeries sur lesquelles donnent des chambres de tailles inégales. \n \nLe rez-de-chaussée est surmonté par deux étages. Les façades du patio sont symétriques. \n \nLe bâtiment se distingue par son grand portail (5 m de hauteur sur 3 m de largeur), qui domine la place et la construction. Ce portail est d'une composition homogène et harmonieuse. Sa décoration est basée sur un arc outrepassé reposant sur deux piliers en briques pleines, engagées dans le mur. Cet arc est doublé d'un autre arc polylobé en plâtre sculpté, dont les écoinçons sont revêtus de carreaux de zelliges portant un décor floral et anépigraphique. Au-dessus de l'arc courent des bandeaux portant soit une inscription, soit une succession d'arcades en plâtre sculpté ou en bois. L'ensemble est couronné par des consoles qui supportent un grand auvent en bois sculpté. Elles sont marquées par une série d'arcs reposant sur des piliers et des poutres en bois. \n \nL'intérieur, analogue à tous les *fondouks*, a été restauré en 1998 et aménagé en musée du Bois. \n \nLa fontaine Nejjarine qui fait face au *fondouk*, vers le centre de la place, est un bassin rectangulaire qui servait d'abreuvoir, plus particulièrement aux montures des clients du *fondouk*. Sa partie supérieure et le fond de l'arcature en fer à cheval brisé qui s'élève derrière sont tapissés de marqueterie de céramique. De part et d'autre de l'arcature, deux demi-colonnes supportent les linteaux et la corniche en bois qui s'avancent au-dessus.","short_description":"Le *fondouk* Najjarine est un caravansérail construit au XVIIIe siècle par le sultan Moulay Ismaïl pour loger les nombreux marchands de passage à Fès. \nérigé sur un espace rectangulaire, le *fondouk* se distingue par son portail qui domine la place. Le rez-de-chaussée était réservé aux écuries, les chambres d'hôtes étaient à l'étage. \nAu début du XXe siècle, le *fondouk* fut utilisé comme poste de police par le Protectorat. \nIl a été tout récemment restauré (1998) et aménagé en musée du Bois. Il est prolongé par une belle fontaine du XIXe siècle.","dates":"1123 de l'Hégire / 1711 J.-C.","location":"Fès.","method_for_datation":"Aucune datation sur le monument ni sur la fontaine, mais les textes classiques comme l'*Ithaf* d'Ibn Zaydan évoquent la date de 1123 pour le *fondouk*.","bibliography":"Aouni, L.M., “Les monuments de Moulay Ismaïl à Fès”, *Actes du colloque Moulay Ismaïl,* Meknès, 1995, pp. 87-109. \n \nSchéma directeur d'urbanisme de la ville de Fès, *Dossier technique n° IV*, Les inventaires, Paris 1980, p. 20.","patrons":"Moulay Ismaïl (1083-1140 H / 1672-1727 J.-C.) pour le fondouk, Moulay Abderrahman (1238-1276 H / 1822-1859 J.-C.) pour la fontaine.","dynasty":"Alaouite.","linkcatalogs":"IAM_MA_FR_001","author":"Mohamed Mezzine","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["ommerce ; fondouk ; hôtellerie ; eau ; céramique"]},"3b9a8d6f-7ca1-5e34-9c8f-c212c393a3de":{"name":"Charte *waqf* pour une fondation pieuse de Haseki Hürrem Sultan.","description":"Cette charte d'établissement d'une fondation pieuse (*waqf*) par l'épouse du sultan Soliman le Magnifique, Haseki Hürrem Sultan, rédigée en arabe sur 49 pages d'un papier finement préparé, est datée de 964 H / 1557 J.-C. La *tugra* de Soliman (r. 926-974 H / 1520-1566 J.-C.) figure page 1a. Le texte qui débute par un titre occupant une page entière compte 9 lignes par page, copiées à l'encre noire à l'intérieur de marges matérialisées par un trait doré. Le titre de la page 1b et les espaces entre les lignes de la page 2a sont enluminés de dorures aux bords cernés de noir. \nLa reliure en cuir brun reflète les caractéristiques stylistiques de cet art au Xe siècle H (XVIe siècle J.-C.), en particulier le médaillon ovale en creux à lambrequins et angles ornés. Il a été exécuté par pression dans une matrice, puis peint à l'or. Les contre-plats sont ornés de médaillons ovales découpés, collés et décorés d'arabesques et de motifs floraux d'inspiration chinoise. \nLes pages 9b-10a mentionnent les constructions entreprises par Soliman à Jérusalem près du Dôme du rocher pour son épouse Hürrem Sultan, appelés dans diverses sources historiques la mosquée-*madrasa*\\-*imaret* de Haseki Hürrem Sultan. Les pages 12a-14b contiennent une explication détaillée des dépenses à entreprendre pour assurer le bon fonctionnement du projet, comme l'entretien et le nettoyage des bâtiments, les salaires des employés, etc. Les pages 15b et 27a détaillent les domaines, moulins et autres propriétés pris parmi les biens de la donatrice pour garantir les revenus de la fondation, mais aucune information n'est donnée sur leur localisation. Les signatures des témoins et le sceau de Hürrem Sultan figurent page 49a. \nCet acte est un remarquable exemple de l'art du livre de la période ottomane classique, ainsi qu'une source appréciable d'informations historiques sur le système ottoman des fondations pieuses et sur leur fonctionnement.","short_description":"Cette charte d’établissement d’une fondation pieuse ou *waqfiya* à Jérusalem de l’épouse de Soliman le Magnifique, Hürrem Sultan, connue pour son implication politique, son élégance et ses œuvres caritatives, est non seulement un document historique mais aussi un magnifique exemple des arts du livre du Xe siècle H (XVIe siècle J.-C.).","holder":"Musée des arts turcs et islamiques.","initial_owner":"Haseki Hürrem Sultan (m. 965 H / 558 J.-C.).","dates":"964 de l’Hégire / 1557 J.-C.","location":"Sultanahmet, Istanbul","dimensions":"L. 28 cm, l. 19 cm.","method_for_datation":"Selon son colophon, ce document a été rédigé en 964/557.","method_for_provenance":"Outre la calligraphie, la présence de la *tugra* de Soliman le Magnifique et la date indiquée, la qualité des enluminures montre que cette œuvre a probablement été réalisée dans un atelier du palais d'Istanbul au Xe/XVIe siècle.","provenance":"Istanbul, Turquie.","obtention":"Transféré de la Direction des fondations pieuses en 1337/1919.","bibliography":"*Soliman le magnifique* (catalogue d'exposition), Paris, 1990, pp. 38-39, n° cat. 17.","dynasty":"Ottomane","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"Sevgi Kutluay","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["papier ; dorure ; encre ; aquarelle ; cuir ; gaufrage ; peinture ; waqf"],"materials":["Papier préparé, cuir, encre, aquarelle, dorure, gaufrage."]},"3bade1c0-e889-52a3-9c4f-df066605f2cc":{"name":"Barrage","alternate_name":"Ahbas","description":"Le grand barrage de Beni Isguen est également appelé *ahbas* et son nom s'est étendu à toute la zone environnante. En amont du *ksar*, il se situe sur le lit de l'oued N'tissa au niveau d'une des plus courtes distances entre les deux collines qui limitent la palmeraie. \nD'une longueur de 430 m sur une largeur de 3 m à la base et de 1 m au sommet, avec une hauteur moyenne de 8 m, le barrage est subdivisé en deux parties essentielles. \nLa première est en forme de déversoir et de distributeur, légèrement incliné dans le sens de la longueur sur 77 m. Le long du corps du déversoir, 74 pierres plantées verticalement brisent la vitesse du courant des eaux et permettent aux *oumanas* (commission de gestion des eaux de crue) d'apprécier l'importance des crues selon la pierre atteinte par le niveau de l'eau. A la limite supérieure de ce déversoir, une borne d'une hauteur déterminée et localement appelée *cham'a* (bougie) indique le niveau des crues dangereuses. Si l'eau atteint le sommet de ce témoin, l'alerte est rapidement donnée pour évacuer toute la palmeraie et une partie de l'extension du *ksar*. \nLa deuxième partie du barrage constitue le réservoir naturel qui permet l'alimentation de la nappe phréatique. Il s'agit de deux puits creusés au niveau du barrage qui facilitent et accélèrent l'approvisionnement de la nappe et diminuent ainsi l'effet d'évaporation, étant donné l'étendue de la surface des eaux stockées surtout en période hautes températures.","short_description":"Le grand barrage de Beni Isguen est situé en amont du *ksar*, dans le lit de l'oued N'tissa. Il se partage en deux étendues importantes : le déversoir le long duquel sont plantées des pierres qui permettent de mesurer le niveau de l'eau et, en cas de crue dangereuse, de donner l'alerte ; et le réservoir en contact avec la nappe phréatique par le biais de deux puits.","dates":"Xe/XVIe siècle","location":"Beni Isguen, M’zab","method_for_datation":"D'après les écrits de la région.","bibliography":"Didillon, C. et Pierre, D., *Habiter le désert, les maisons mozabites,* Bruxelles, 1986. \n*Rapport sur les sites et monuments de la vallée,* OPU, Alger, 1986.","author":"Lakhdar Drias","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["barrage ; ahbas ; déversoir ; eau ; réservoir"]},"3c0a8afd-9a9e-52f1-a2f3-a48c17f4d63f":{"name":"Grande Mosquée de Mahdia.","description":"Présentant un plan rectangulaire (75 x 55 m) plus profond que large, cette mosquée est flanquée de deux tours rondes qui servaient à récupérer les eaux des terrasses. La mosquée ne semble pas avoir eu de minaret ; l'appel à la prière se faisait sans doute du haut de l'une des tours. L'entrée principale est précédée d'un porche attesté pour la première fois dans l'architecture religieuse maghrébine. De proportions harmonieuses, ce porche est surmonté d'un arc en plein cintre outrepassé, flanqué, au niveau du registre supérieur, de niches en forme de *mihrab*. En bas, les différentes faces sont meublées de niches à fond plat. Ce décor, qui avait servi de modèle pour les monuments fatimides, et attesté essentiellement par la façade latérale de la Grande Mosquée de Sfax, annonçait ceux de l'époque ziride. L'allure de ce porche n'est pas sans rappeler les arcs de triomphe romains. \n \nLe porche d'entrée dessert une cour entourée de quatre galeries, abritant une pièce aux angles et donnant sur le patio par des arcs brisés soutenus par des piliers au niveau de la galerie nord. Ceux des autres galeries sont en plein cintre outrepassé et reposent sur des colonnes surmontées de chapiteaux. \n \nà partir de la galerie sud-est, on pénètre dans la salle de prière composée de neuf nefs et trois travées, la nef axiale et le transept adoptant une disposition en T. Leur intersection est surmontée par une coupole posée sur des colonnes polylobées et abritant un *mihrab* dont la forme et le décor actuels reproduisent le *mihrab* du Ve siècle H (XIe siècle J.-C.). Il est constitué d'une niche à parois creusées de cannelures à section semi-circulaire s'achevant chacune par une coquille. Un cul-de-four surmonte la niche et donne sur la salle par un arc en fer à cheval soulagé par des colonnettes d'angle sur lesquelles sont posés des chapiteaux de type ziride. La Grande Mosquée de Mahdia a inspiré certaines mosquées fatimides d'égypte, surtout la mosquée d'al-Hakim et la mosquée al-Aqmar au Caire.","short_description":"La Grande Mosquée de Mahdia fut construite par le calife al-Mahdi. Objet de plusieurs modifications, elle a été reconstruite par l'architecte français A. Lézine entre 1961 et 1965. La mosquée ne semble pas avoir eu de minaret ; l'appel à la prière se faisait du haut de l'une de ses tours. La Grande Mosquée de Mahdia a inspiré certaines mosquées fatimides d'égypte comme la mosquée al-Hakim et la mosquée al-Aqmar du Caire. Ce monument doit sa beauté à la simplicité de ses formes, la franchise des matériaux et l'absence de tout décor superflu.","dates":"Début de la construction : 303 de l’Hégire / 916 J.-C.","location":"Mahdia","method_for_datation":"Les sources historiques, à l'exemple d'Ibn Idhari (VIIe/XIIIe siècle) ainsi que les sources géographiques, à l'exemple d'al-Bakri (Ve/XIe siècle), attribuent la Grande Mosquée de Mahdia au calife fatimide al-Mahdi. D'autre part, les galeries nord et l'ancien *mihrab* sont datables de l'époque ziride, en comparaison avec des monuments contemporains comme la Grande Mosquée de Sfax et du *mihrab* de la Grande Mosquée de Monastir.","bibliography":"Lézine, A., *Mahdia, Recherches d'archéologie islamique*, Paris, 1965. \n \nLézine, A., *Mahdia*, Tunis, 1968. \n \nMarçais, G., *L'architecture musulmane d'Occident,* Paris, 1954.","history":"La mosquée fut construite sur un terrain relativement désaxé qui a été remblayé et entièrement gagné sur la mer. L'édifice a fait l'objet de plusieurs remaniements, essentiellement à l'époque ziride à la suite de l'effondrement du mur de la *qibla*. D'autres travaux furent menés à l'époque ottomane, au XIe siècle H (XVIIe siècle J.-C.). La mosquée a été reconstruite, entre 1961 et 1968. Seuls le porche et la galerie nord sont actuellement authentiques.","patrons":"Le calife fatimide al-Mahdi.","dynasty":"Fatimo-ziride (début de la dynastie : 297 H / 910 J.-C.).","linkcatalogs":"IAM_TN_FR_001","author":"Saloua Zangar","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Mosquée; époque fatimide; époque ziride; architecture; porche."]},"3c8378b6-b15a-5c21-874e-d7a334e3dab5":{"name":"Fragment de fresque de hammam.","description":"Fragment architectural en forme de niche à arc brisé peinte, qui faisait jadis partie d'un hammam. Il est décoré d'une figure exécutée à l'aquarelle rouge et noire sur fond blanc selon la technique de la fresque. Elle représente un jeune homme assis – peut-être un prince – qui tient une coupe dans sa main droite. Il est revêtu d'une grande robe à motifs végétaux de couleur rouge. Deux cercles entourent la partie supérieure de ses bras. Il est coiffé d'un turban plissé d'où dépassent des cheveux à l'avant et sur la nuque. Une auréole encercle sa tête, peut-être pour signaler son rang. Une écharpe aux extrémités flottantes est passée sous ses aisselles. \nLa niche est encadrée par un arc composé de petits cercles évoquant des perles. La fresque rappelle des peintures découvertes à Samarra (Irak) tant pour le personnage que la forme de la tête, l'auréole, la répétition de motifs décoratifs et le cadre en arc. Par ailleurs le style n'est pas vraiment réaliste, ce qui dénote d'évidentes influences perses. Les fresques fatimides sont assez proches par leur forme, leur style et leur thématique de représentations ornant des céramiques à décor lustré produites en égypte au cours de cette période. La figure de ce fragment peut se comparer à d'autres exemples fatimides figurant sur divers médias : céramiques, bois sculptés et nombreux textiles, même si la peinture est un art décoratif aux qualités spécifiques au cours de la période fatimide.","short_description":"Les hammams étaient des bâtiments d'importance dans le monde islamique en raison de leur rôle dans l'hygiène et la purification du corps. Les murs des bains publics étaient communément décorés de fresques, comme l'exemple que nous voyons ici.","holder":"Musée d’art islamique","dates":"Ve siècle de l’Hégire (XIe siècle J.-C.).","location":"Le Caire","dimensions":"H. 24,5 cm, l. 600 cm.","method_for_datation":"Comparaison avec d'autres peintures de la période, art ayant connu un développement spécifique pendant la période fatimide.","method_for_provenance":"Ce fragment a été découvert *in situ* dans un hammam fatimide de la région de Fustat.","provenance":"Fustat, Égypte.","obtention":"Des fouilles archéologiques conduites par le Centre des antiquités arabes en 1932 ont révélé l'existence d'un hammam fatimide dans la région de Fustat. Certaines pièces découvertes, dont ce fragment architectural, ont été transférées au Musée en 1934 qui les a enregistrées dans ses acquisitions.","bibliography":"Al-Pasha, H., *Al-Taswir al-Islami fi al-Usur al-Wusta* \\[La peinture islamique au Moyen âge\\], Le Caire, 1959. \n\\_\\_\\_\\_\\_\\_, *Trésors fatimides du Caire*, catalogue d'exposition, Institut du monde arabe, Paris, 1998. \nGrübe, E., *Cobalt and Lustre: The First Centuries of Islamic Pottery,* Londres, 1994. \nHassan, Z. M., “Touhaf Jadida min al-Khazaf al-Fatimi dhi al-Bareeq al-Ma'dani \\[Nouvelles céramiques fatimides à décor de lustre métallique\\]”, *Majalat Kouliyat al-Adab* \\[de la faculté des Arts\\], décembre 1951. \nHassan, Z. M., *Kounouz al-Fatimiyyin* \\[Trésors des Fatimides\\], Beyrouth, 1981. \nPhilon, H., *Early Islamic Ceramics: Ninth to Twelfth Centuries,* Athènes, vol. 1, Londres, 1980.","dynasty":"Fatimide","author":"Al-Sayyed Muhammad Khalifa Hammad","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Stuc ; hammam ; représentation figurative ; éléments architecturaux ; fresques"],"materials":["Peinture au plâtre et aquarelle rouge et noire."]},"3ecd0c7a-1b74-5c15-9202-2b4414a57d9c":{"name":"*Port d'Alger*","short_description":"Inscrit à l’École des Beaux-Arts d’Alger dans l’atelier d’Hyppolite Dubois en 1905, il suivit les cours des peintres Léon Cauvy et Georges Rochegrosse ; boursier de la ville d’Alger en 1909, il entre, à Paris, dans l’atelier Cormon. Grand prix artistique de l’Algérie 1925 pour sa grande composition « La famille Attali », il retourne à Paris en 1919 où il obtient un second grand prix de Rome. Il participera régulièrement au Salon des artistes algériens et orientalistes. En 1934, il reçoit une commande. En 1936, il réaliste une fresque en huit panneaux pour l’Opéra d’Alger.","type":"Peinture","holder":"Musée national des Beaux-Arts","dates":"1re moitié du XXe siècle","location":"Alger","dimensions":"41 x 61cm","artist_birthdate":"1872","artist_birthplace":"Bastia","artist_deathdate":"1940","artist_deathplace":"Alger","author":"Dalila Orfali","keywords":["Orientalisme; cité colonielle"],"materials":["Huile sur bois"],"artist":"Antoni, Louis-Ferdinand"},"3f16b552-d46e-5615-93a4-6d3aa09a3cdd":{"name":"Aiguière.","description":"Aiguière en cuivre à décor incrusté d'argent et inscriptions en style *naskhi* dont le texte se lit : “L'honorable Excellence, Tabtaq, Gloire à son triomphe”. Les blasons comportent un gobelet, ce qui désigne la charge d'échanson occupée par le propriétaire de l'objet. En partie supérieure, un bandeau décoratif présente une série de rondeaux en relief à décor d'oiseaux affrontés. L'embouchure décorée de motifs végétaux est dotée d'un couvercle à double charnière et d'un filtre interne. Le bec présente trois bandeaux décoratifs : celui du milieu est inscrit d'un texte de propagande en écriture *naskhi*, l'autre, orné d'éléments en pointe de diamant, est meublé de motifs végétaux. Le nom mentionné renvoie à l'émir Tabtaq, l'un des officiers d'élite de al-Malik al-Achraf Khalil qui régna de 689 à 693 H / 1290-1294 J.-C. Tabtaq fut gouverneur de la ville de Qous en Haute-égypte au cours du troisième règne du sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun (r. 709-741 H / 1309-1340 J.-C.). \nLa fabrication d'aiguières était une activité florissante en Iran, d'où elle se transféra vers l'Irak puis l'égypte sous les Ayyoubides et les Mamelouks. Les formes et fonctions de ces objets étaient multiples : verser l'eau du bain, laver les mains et l'accomplissement du *woudou* (ablutions obligatoires avant la prière). Des aiguières purement ornementales décoraient également les palais et les résidences des sultans et des émirs.","short_description":"L'importance de cette aiguière vient de sa décoration admirable. Elle porte le nom de l'émir Tabtaq, un disciple du sultan al-Nasir Muhammad, et un blason à gobelet, symbole de sa charge d'échanson. Les aiguières arrivaient d'Égypte et d'Irak venant de Perse et avaient de multiples formes. On s'en servait dans les palais et les maisons pour verser l'eau du bain, se laver les mains et pour les ablutions obligatoires.","holder":"Musée d’art islamique","dates":"709-741 de l’Hégire (1309-1340 J.-C.).","location":"Le Caire","dimensions":"H. 40 cm, Ø (base) 15 cm, Ø (ouverture) 10 cm.","method_for_datation":"L'aiguière porte le nom de l'émir Tabtaq, l'un des hauts dignitaires du règne d'al-Malik al-Achraf Khalil, et gouverneur de la ville de Qous au cours du troisième règne du sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun (r. 709-741/1309-1340).","method_for_provenance":"Cette aiguière a été fabriquée en égypte pour l'émir Tabtaq, comme le confirme l'inscription. De plus, elle a été découverte lors de fouilles archéologiques menées dans la ville égyptienne de Qous. Enfin, sa technique d'incrustation est typique d'un style répandu en égypte au cours de la période mamelouke.","provenance":"Égypte.","obtention":"Objet découvert lors de fouilles archéologiques dans la ville de Qous (égypte) en 1966.","bibliography":"Abd al-Razzaq, A., “Al-Runuq ala 'asr Salateen al-Mamalik \\[Blasons de la période des sultans mamelouks\\]”, *Mijala al-Jam'iya al-Tarikhiya* \\[Journal de l'Association historique \\], 21, Le Caire, 1974. \nAtil, E., *Renaissance of Islam: Art of the Mamluks,* Washington D.C., 1987. \n\\_\\_\\_\\_\\_\\_, et al., *Islamic Metalwork in the Freer Gallery of Art*, Washington D.C., 1985. \nMusilhi, S., *Adwat wa Awani al-Matbakh al-Ma'adaniya fi al-'Asr al-Mamluki* \\[Instruments et ustensiles en métal pour la cuisine au cours de la période mamelouke\\], thèse de doctorat, Université du Caire, 1983. \nStierlin, H. et Stierlin A., *Splendours of the Islamic World: Mamluk Art in Cairo (1250–1517),* Londres-New York, 1997.","dynasty":"Mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","author":"Muhammad Abbas Muhammad Selim","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Aiguières ; inscriptions ; écriture naskhi ; décoration épigraphique ; cuivre ; blasons ; propagande"],"materials":["Cuivre incrusté d’argent."]},"4a348cc6-05a3-5e8a-8b61-a980db3a8b21":{"name":"Plat.","description":"Plat creux à décor peint sous glaçure figurant un vaisseau de style européen aux voiles gonflées, fendant la crête des vagues. Des sortes de têtards frétillent dans la mer au premier plan. Sur l'aile, de petites spirales regroupées et dessinées avec simplicité, sans doute inspirées du motif de bordure chinois “vagues et rochers”, renforcent le thème maritime. Ce plat fait partie d'un certain nombre de pièces similaires représentant des vaisseaux de construction européenne ou nord-africaine. Ils sont été produits vers le second quart du XVIIe siècle, alors que les ateliers de céramique d'Iznik avaient perdu de leur splendeur depuis déjà 50 ou 70 années. Il conserve néanmoins un charme considérable, dû en particulier à l'aspect enjoué que l'artiste a su donner au bateau.","short_description":"Plat creux orné d'un vaisseau naviguant. De semblables représentations de navires européens et nord-africains figurent sur nombre de céramiques sorties des ateliers d'Iznik au XIe s. H / XVIIe s. J.-C. Même si l'industrie céramique était alors dans une phase de déclin art et économique, des exemples comme celui-ci conservent un certain charme.","holder":"Victoria and Albert Museum.","dates":"vers 1031-1056 de l’Hégire / 1625-1650.","location":"Londres","dimensions":"H. 4,9 cm, Ø 31,2 cm.","method_for_datation":"Comparaison avec des pièces similaires de la même période.","method_for_provenance":"Iznik était à cette époque le centre de production de la céramique de qualité.","provenance":"Iznik.","obtention":"Acheté par le musée en 1867.","bibliography":"Atasoy, N. et Raby, J., *Iznik: The Pottery of Ottoman Turkey,* Istanbul-Londres, 1989, p. 280. \nLane, A., *Later Islamic Pottery: Persia, Syria, Egypt, Turkey,* Londres, 1957, pp. 57-58.","dynasty":"Ottomane","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"Barry Wood","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","materials":["Céramique peinte vernissée."]},"54e4dfd7-48fc-5972-94f5-cea81c315201":{"name":"Écuelle.","description":"Écuelle à large ouverture et à fond légèrement convexe. Comme dans la plupart des objets de ce genre, le décor, qui recouvre entièrement la surface extérieure, s'organise en une large bande alternant avec des médaillons, formée d'une série de cartouches contenant des inscriptions en style cursif “naskhi”) mamelouk, appelé “thoulouth”. Sur le fond extérieur, le décor présente des motifs comme des phénix en vol et des pivoines, caractéristiques de l'orfèvrerie mamelouke et révélateurs de l'influence du naturalisme extrême-oriental, par l'intermédiaire du milieu iranien. \nDans les inscriptions, qui offrent un exemple typique des titres en usage dans le protocole mamelouk pour les objets destinés aux personnages de haut rang, on trouve des formules comme : “l'Excellence Suprême”, “le Maître”, “le Souverain”, “le Juste”, “l'Émir”, “le Mamelouk”… l'écuelle appartenait probablement à un haut fonctionnaire inconnu vivant à la cour du souverain, auquel une des inscriptions fait référence. \nSur le fond intérieur figure un motif particulièrement intéressant, formé d'une série de poissons disposés en spirale. Il s'agit d'un élément décoratif très répandu dans l'orfèvrerie islamique, et surtout dans celle de la période mamelouke. Le motif des poissons, outre qu'il est évidemment lié à l'usage de l'objet – contenir de l'eau –, revêt sans doute également une signification particulière, à la fois magique et symbolique dans la mesure où, dans le monde oriental aussi, le poisson, est de bon augure pour le propriétaire de l'objet.","short_description":"Écuelle pour l'eau, décorée avec des inscriptions et des motifs zoomorphes (poissons, phénix en train de voler) ; elle illustre bien l'usage à but décoratif et propitiatoire de la calligraphie dans le monde islamique.","holder":"Musée des civilisations | Musée d'art oriental “Giuseppe Tucci”","dates":"VIIIe siècle de l’Hégire (XIVe siècle J.-C.)","location":"Rome","dimensions":"Ø 20 cm.","method_for_datation":"La typologie de l'écuelle est très répandue dans l'orfèvrerie islamique du VIIIe/XIVe siècle.","method_for_provenance":"Le type de spécimens auquel appartient cette écuelle est répandu, que ce soit dans le milieu iranien ou dans le milieu syro-égyptien.","provenance":"Égypte ou Syrie.","obtention":"Achat.","bibliography":"Atil, E., *Renaissance of Islam. Art of the Mamluks*, Washington, 1981. \nBaer, E., “Fish-pond Ornaments on Persian and Mamluk Metal Vassels”, *Bulletin of the School of Oriental and African Studies*, pp 31, 14-27, 1968. \nSafadi, Y.H., *Islamic Calligraphy*, Londres, 1979. \nScerrato, U., *Metalli Islamici*, Milan, 1966. \nTorre, P., “Metalli islamici”, *Museo Poldi-Pezzoli. Tessuti-Scultura-Metalli islamici*, Milan, 1987, pp. 273-304.","dynasty":"Mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","author":"Paola Torre","copy_editor":"Pier Paolo Racioppi","translator":"Marguerite Pozzoli","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["écuelle ; art mamelouk ; calligraphie ; damasquinage"],"materials":["Cuivre damasquiné or et argent."]},"556ddc9e-29c0-523e-bb8e-eb53f4c45d06":{"name":"Cuve à ablutions.","description":"Cette cuve parallélépipédique creusée de simples cannelures à l'intérieur, sur les petits côtés et les angles, était richement ornée à l'extérieur : seuls, deux côtés ont conservé la quasi-totalité de leurs décors. Le décor de la face ornée, dont l'inscription a été martelée, est réparti sur deux registres. Le premier à partir du bas est composé d'une large frise de rinceaux rainurés, ponctués de bourgeons et de rosaces et portant d'amples palmes nervées, simples à calice et doubles à digitations d'acanthes et œilletons. Le second comprend un bandeau en relief meublé par deux entrelacs rainurés et entrecroisés, l'un curviligne, l'autre rectiligne, enserrant des fleurons et des palmes nervurées ; il est encadré par une bordure en retrait formée d'un entrelacs végétal souligné de palmettes stylisées en forme d'étoiles à six branches. \n \nLe petit côté est occupé par deux scènes animalières identiques, sculptées sur deux panneaux verticaux séparés par un espace vide : sur chaque panneau apparaît un aigle à la queue éployée, supportant deux quadrupèdes sur ses ailes, et deux gazelles suspendues à ses serres ; deux bouquetins ailés s'affrontant, de part et d'autre d'un fleuron, terminent la scène du registre inférieur. \n \nL'ornementation des deux autres côtés a été en grande partie martelée. Il n'en reste que les textes en caractères coufiques sculptés en relief sur les rebords et le décor du ruban d'encadrement de la grande face, composé d'une frise d'oiseaux aquatiques alternés de poissons sur fond végétal. \n \nLes éléments subsistant de l'inscription qui couronnait tout le rebord de la cuve mentionnent le dernier chiffre de la date hégirienne (300) et le nom du commanditaire, Abdelmalek, *hajib* (chambellan) de Hicham II. \n \nCette belle œuvre califale qui, par sa facture et ses scènes animalières, rappelle la cuve d'al-Mansour semble sortir du même atelier de marbriers de Madinat al-Zahira à Cordoue.","short_description":"Cette cuve est l'œuvre d'un atelier de marbriers de Madinat al-Zahira de Cordoue, la cité princière construite par al-Mansour. Elle a été transportée à Marrakech par Ali ben Youssef pour être placée dans la salle d'ablutions de sa Grande Mosquée.","holder":"Musée Dar Si Saïd.","dates":"381-398 de l'Hégire / 991-1008 J.-C. (Abdalmalek étant *hijab*).","location":"Marrakech.","dimensions":"L. 155 cm, l. 82 cm, H. 70 cm, P. 50 cm, ép. des côtés 10 cm, ép. du fond 20 cm.","method_for_datation":"1\\. – L'inscription, en partie détruite, sculptée sur le rebord supérieur de la cuve mentionne que “\\[l'an\\] trois cent, au nom de Dieu ! Bénédiction de Dieu. Victoire et assistance divine au Hajib \\[suivi de ses qualificatifs\\] Abou Marouan Abdelmalek ibn Abi Amir (…), ceci fait partie de ce qu'il a fait faire (…)”. 2. – L'histoire nous apprend que Abdelmalek fut nommé *hajib* de Hicham II entre 381 et 398 (991-1008) par son père al-Mansour.","method_for_provenance":"Bien qu'ayant été découverte à la *madrasa* Ben Youssef de Marrakech, qui date de l'époque saadienne (Xe/XVIe siècle), le nom du commanditaire et l'étude comparative avec la cuve d'al-Mansour du Musée archéologique national de Madrid permettent de penser que cette cuve provient de Madinat al-Zahira à Cordoue.","provenance":"Cordoue.","obtention":"Propriété de l'état provenant d'un monument historique.","bibliography":"Deverdun, G., *Marrakech des origines à 1912,* Rabat, 1959. \n \nDeverdun, G., *Inscriptions arabes de Marrakech,* Rabat,1956. \n \nGalloti, J., “Sur une cuve de marbre datant du Khalifat de Cordoue”, *Hespéris,* III, fasc. 3, Rabat, 1923, pp. 363-391. \n \nPigeon, G., *Manuel d'art musulman,* t. I, Paris, 1927. \n \nLévy-Provençal, é., *Histoire de l'Espagne musulmane,* t. III, Paris, 1953.","workshop":"Atelier de Madinat al-Zahra, Cordoue.","dynasty":"Califat omeyyade de Cordoue, règne de Hicham II (366–399 H / 976–1009 J.-C.)","author":"Naima El Khatib-Boujibar","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["objet liturgique ; eau ; décoration figurative ; décoration végétale ; décoration florale ; décoration géométrique ; décoration épigraphique"],"materials":["Marbre blanc sculpté."]},"5656dd0b-ba48-5ef4-a959-1d9718ee9e56":{"name":"Vasque à ablutions.","description":"Vasque à ablutions de coupe circulaire avec huit lobes formant une fleur, avec un seul décor sur le bord extérieur, sous forme de bande épigraphiée en relief. L'usure provoquée par l'eau a entraîné la disparition des lettres dans les courbes extérieures, n'en laissant que quelques-unes aux angles de jonction entre les lobes. Sur l'un de ces derniers, il est possible de déchiffrer le début de la *besmala*, qui était certainement complété par une citation coranique, comme c'est souvent le cas pour les équipements consacrés aux rituels d'ablutions à l'entrée des mosquées. Il existe un autre exemplaire aux caractéristiques semblables, datant vraisemblablement de la même époque, dans la région de Lisbonne.","short_description":"Vasque à ablutions almohade décorée sur le bord extérieur d'une bande épigraphique en relief avec le début de la *besmala*, qui était certainement complétée par une citation coranique, comme c'est souvent le cas pour les équipements consacrés aux rituels d'ablutions à l'entrée des mosquées.","holder":"Musée national d’archéologie.","dates":"VIe siècle de l’Hégire (XIIe siècle J.-C.).","location":"Lisbonne.","dimensions":"H. 18 cm ; Ø 53,5 cm.","method_for_datation":"Le type de la lettre désigne l'époque almohade.","method_for_provenance":"Selon les indications du Dr. José Leite de Vasconcelos au Musée archéologique national, la pièce a appartenu à la collection d'Estácio da Veiga et venait de Cacela.","provenance":"Cacela (?), Faro.","obtention":"Probablement apporté par le Dr. José Leite de Vasconcelos pour le Musée national d'archéologie.","bibliography":"Borges, A. G. M., “Pia de abluções”, *Portugal Islâmico*, Lisbonne, 1999, p. 265. \nLabarta, A. et Barceló, C., “Inscripciones árabes Portuguesas: situación actual”, *Al-Qantara*, 8, 1987, p. 404. \nNykl, A. R., “Inscrições árabes no Museu Etnológico do Dr. José Leite de Vasconcelos”, *Ethnos*, 2, Lisbonne, 1942, pp. 27-28. \nNykl, A. R. “Arabic Inscriptions in Portugal”, *Ars Islamica*, 11-12, 1946, p. 173. \nVasconcelos, J. L., *Etnografia Portuguesa: Tentame de sistematização*, vol. IV, Lisbonne, 1982.","dynasty":"Almohade","linkcatalogs":"IAM_PT_FR_001","author":"Artur Goulart de Melo Borges","translator":"Inês Oseki-Dépré","translation_copy_editor":"Margot Cortez","materials":["Marbre sculpté."]},"5afe91bf-fea8-55d3-82ee-a8b6233aab07":{"name":"Al-Haram al-Charif (le Noble Sanctuaire).","alternate_name":"Mosquée al-Aksa ; al-Haram al-Qods al-Charif.","description":"Le Haram al-Charif occupe un rôle important dans la religion islamique. C'est en effet ici que le prophète Muhammad arriva une nuit de La Mecque à Jérusalem (Isra') pour monter au ciel (Mi'raj). De plus, dans le Saint Coran, Dieu a béni le Haram, et en a fait la première *qibla* (direction de la prière) pour les Musulmans. \nLe Haram occupe une position élevée dans les collines de Jérusalem. Il s'étend sur une plateforme rectangulaire d'environ 1 450 000 m2 représentant 1/6 de la ville ancienne. \nPour les chercheurs actuels, il ne possède aucun vestige visible antérieur à l'arrivée des musulmans à Jérusalem en 15 H / 638 J.-C., étant donné que les édifices qui s'y trouvaient avaient été détruits par Titus et ses légions en 70 av. J.-C. \nLorsque les musulmans arrivèrent, la ville se rendit sans combattre à la suite d'un accord passé par le calife Omar bin al-Khattab (r. 13-23 H / 634-644 J.-C.) avec le patriarche Sophronius. Selon les termes du contrat, les Arabes ne détruisirent aucun bâtiment de la zone du Haram et les habitants furent protégés, ainsi que leurs biens et maisons. La plus grande partie de la ville était habitée, à l'exception du quartier du Haram, qui était mal entretenu. \nLe site est légèrement incliné du nord au sud. Le point le plus élevé est la partie centrale sur laquelle se dresse le Dôme du Rocher. La pente est compensée par une plate-forme transversale dont une partie est appelée al-Aqsa al-Qadim, l'autre al-Musalla al-Marwani. \nAprès l'édification en partie centrale du Dôme du Rocher et du Qubbat al-Silsila (dôme de la chaîne), le Haram s'est développé le long de ses limites nord et ouest. Le bord oriental s'incline vers la vallée de Qidron (*wadi* Jahannam) utilisée comme cimetière islamique dès les premiers temps de la conquête. Le côté sud est encore plus incliné, mais le rocher offre un soutien structurel plus sûr qui a permis la construction d'édifices omeyyades dont le Dar al-Imara, continuellement habités depuis leur construction. \nLe Haram s'étage sur trois niveaux. Le plus bas inclut Bab al-Rahma (porte de la Miséricorde), Bab al-Tawba / Bab al-Dahabi (porte du Repentir / porte Dorée), al-Musalla al-Marwani, al-Aqsa al-Qadim (vieille Aqsa) et le *masjid* de Bouraq. Le niveau intermédiaire comprend la mosquée al-Aqsa, le Musée islamique et les arcades latérales contre les murs ouest et nord, ainsi qu'une multiplicité de portes et de bâtiments dont des *sabil*, des *madrasa*, des *mastaba*, des minarets et des coupoles. Le niveau le plus élevé est celui du Dôme du Rocher, que l'on atteint par des marches. Il comprend une série de magnifiques coupoles, quelques *khanqah* (retraites pour soufis), le *minbar* Burham al-Din et le *mastaba* al-Kark, ainsi qu'un certain nombre de citernes et de fontaines.","short_description":"Le Haram al-Charif est le troisième plus ancien site islamique après La Mecque et Médine et le plus important des sites musulmans sacrés de Palestine. C’est un grand complexe d’une surface de 145 000 m2. Il comprend le Dôme du Rocher, la mosquée al-Aqsa, le dôme al-Silsila (dôme de la chaîne) et Bab al-Rahma (porte de la miséricorde), ainsi que plus de 90 autres édifices commémoratifs. On peut donc y observer différentes expressions artistiques et architecturales de l’Orient islamique, sur plusieurs périodes historiques, ce qui fait du site un véritable musée architectural de plein air. Le site est lié à des légendes islamiques, en particulier celle de *Isra* et de *Mi’raj* (nuit de l’ascension du Prophète).","dates":"15-493 de l’Hégire / 637-1099 J.-C. ; 583-1336 H / 1187-1917 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Nombreuses inscriptions, sources historiques et découvertes archéologiques.","bibliography":"Al-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973. \nBurgoyne, M., *Mamluk Jerusalem: An Architectural Study*, Londres, 1987. \nCreswell, K. A. C., *Early Muslim Architecture*, Oxford, 1932. \nHamilton, R. W., *The Structural History of al-Aqsa Mosque: A Record of Archaeological Gleanings from the Repairs of 1938-1942*, Londres, 1949. \nNatsheh, Y., “The Architecture of Ottoman Jerusalem”, in S. Auld and R. Hillenbrand (éds), *Ottoman Jerusalem: The Living City 1517-1917* (première partie), Londres, 2000. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004.","patrons":"Un certain nombre de califes, de sultans et de princes de divers pays islamiques ont contribué à la construction des bâtiments du Haram al-Charif. Le plus important mécène est le calife omeyyade Abd al-Malik bin Marwan (r. 65-86 H / 685-705 J.-C.). Des rénovations furent entreprises par plusieurs califes et sultans musulmans, dont le calife fatimide al-Dahir (r. 411-427 H / 1021-1036 J.-C.), le sultan al-Din al-Ayyoubi (saladin, r. 564-589 H/1169-1193 J.-C.) et le sultan ottoman Sulayman al-Qanouni (Soliman le Législateur [Soliman le Magnifique], r. 926-974 H / 1520-566 J.-C.).","dynasty":"Périodes islamiques consécutives, des Omeyyades aux Ottomans.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001","author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Al-Isra’ ; sanctuaires ; édifices religieux ; Mi’raj ; objets sacrés"]},"5f40f57f-eab0-5e59-ab8b-a946c85ff75c":{"name":"Femme en costume traditionnel au Jardin d'essai","type":"Papier","holder":"Musée public national des Antiquités","location":"Alger","dimensions":"28,5 x 22,5cm","keywords":["Fashion"]},"5f76f108-6ffb-5c2b-8fe2-0ec05a6fae48":{"name":"*Différentes machines hydrauliques dont on se sert en Egypte pour arroser les terres. La première manière est par le moyen des chapelets qui donnent de l'eau à la campagne quand elle en a besoin. La partie de la digue*","short_description":"Fréderic-Louis Norden (1708-1742), capitaine de la marine royale danoise, avait été envoyé en Égypte afin de dessiner les monuments. Son Voyage d’Égypte et de Nubie, publié de manière posthume en 1755, est enrichi en 1795 par des commentaires scientifiques par le Français Louis Langlès (1763-1824), fondateur de l'École spéciale des langues orientales et conservateur des manuscrits orientaux à la Bibliothèque impériale. Cette réédition, en pleine égyptomanie, permet de redécouvrir de superbes planches. Ici, le dessinateur s’est intéressé aux machines hydrauliques traditionnelles.","type":"Gravure","holder":"Bibliothèque nationale de France","dates":"1795","location":"Paris","keywords":["Irrigation; barrages; Egypte"]},"611b1a5d-121e-5d2d-aabc-4a2151130229":{"name":"Bassins des Aghlabides.","description":"Il s'agit de deux bassins édifiés sur le même mode constructif. Ils sont en moellons, recouverts d'un enduit étanche. Les parois sont consolidées par des contreforts intérieurs et extérieurs qui s'alternent pour mieux résister à la pression de l'eau. Ceux-ci sont de forme semi-cylindrique et coiffés d'une demi-sphère, ce qui allie l'esthétique aux performances techniques. \n \nLe système se compose de trois organes essentiels : \n \nLe petit bassin, de 17 m de diamètre, est renforcé par 17 contreforts intérieurs et 26 extérieurs. Sa contenance est de 4 000 m3. C'est un bassin de décantation qui reçoit l'eau en premier. Là, elle est débarrassée des débris qu'elle charrie avant de se déverser dans le grand bassin. \n \nLe grand bassin, de forme circulaire, mesure 128 m de diamètre et 4,8 m de profondeur ; sa contenance peut atteindre 57 000 m3. Il a fallu pas moins de 182 contreforts (118 extérieurs et 64 intérieurs) pour contenir la pression et garantir la viabilité de l'ouvrage destiné au stockage des eaux nécessaires à la vie de la ville. Au milieu du bassin s'élève un gros pilier polylobé, jadis surmonté d'une coupole et qui servait de pavillon de loisir. \n \nLe long parcours des eaux se termine dans les citernes de puisage, constituées de deux réservoirs parallèles adossés perpendiculairement aux bassins. Elles sont couvertes de voûtes en berceau à arcs doubleaux soutenues par des piliers. Six ouvertures placées aux sommets des voûtes permettaient le puisage de l'eau.","short_description":"Ce sont les ouvrages hydrauliques les plus célèbres du monde musulman. Ils faisaient partie d'une quinzaine de bassins qui se trouvaient extra-muros et qui approvisionnaient la ville de Kairouan. La majesté impressionnante de ces installations a valu à Kairouan au Moyen âge le nom de “ville des citernes”. Il s'agit de deux bassins de forme semi-cylindrique. Ils étaient alimentés par un astucieux système de drainage des eaux de pluies et des affluents de l'oued Merguellil qui se déversent dans la dépression environnante.","dates":"248 de l’Hégire / 862 J.-C.","location":"Kairouan","method_for_datation":"Sources historiques. Ibn Khaldoun, *Histoire des Berbères*.","bibliography":"Lézine, A*., Architecture d'Ifriqiya, Recherche sur les monuments aghlabides*, Paris, 1966. \n \nMaouloud, K., *Kairouan*, Tunis, 2000, pp. 37-39. \n \nSolignac, M. M., “*Les installations hydrauliques de Kairouan et des steppes tunisiennes du VIIIe au XIe siècle”*, t. X, Alger, 1953, pp. 187-192.","history":"Les bassins aghlabides, aujourd'hui au nombre de deux, faisaient partie d'une quinzaine de bassins extra-muros qui alimentaient la ville en eau. Ils comptent parmi les ouvrages hydrauliques les plus importants de l'histoire du monde musulman. Ils ont valu à la ville son nom de “ville des citernes” et ont forcé l'admiration des voyageurs. Ils étaient alimentés par un astucieux système de drainage des eaux de pluie et des affluents de l'oued Merguellil qui se déversent dans la dépression environnante. Les eaux étaient captées par de petits barrages et un canal d'adduction qui les conduisait jusqu'au petit bassin. En 350 H / 961 J.-C., le calife fatimide al-Mouiz édifia un aqueduc pour capter les sources de Chréchira, à 40 km de Kairouan.","patrons":"Abou Ibrahim Ahmed.","dynasty":"Période abbasside.","linkcatalogs":"IAM_TN_FR_001","author":"Jamila Binous","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Aghlabide; omeyyade; bassins; contreforts; bassin de décantation; aqueduc; ouvrage hydraulique; citerne; pavillon de loisir."]},"62e625a3-a3f0-51a2-b3d3-9ee1fce45141":{"name":"Complexe Süleymaniye.","description":"La mosquée Süleymaniye, édifiée dans le quartier d'Istanbul du même nom, est attribuée à la période de maître-compagnon ou *kalfa* de l'architecte Sinan, la Selimiye représentant le sommet de sa période de maître (*usta*). D'une surface de 60 000 m2, elle fait partie d'un complexe de type *külliye* dans lequel elle occupe une position centrale. édifiée dans une cour de 216 x 144 m, elle est indépendante des autres constructions du complexe. Au sud, se trouve un cimetière adjacent qui contient les tombeaux de Soliman et de son épouse Hürrem Sultan, ainsi qu'une loge de gardien. Les autres bâtiments sont disposés en U autour de la mosquée et du cimetière à l'est, à l'ouest et au nord. Un bassin rectangulaire agrémente le centre de la cour. Au nord se trouvent les chambres pour voyageurs (*tabhane*), la cantine populaire (*imaret*) et l'hôpital (*darüşşifa*) ; à l'ouest une école primaire, une école de médecine, les deux premières *madrasa* et le marché de Tiryaki qui compte 36 boutiques ; à l'est les deux dernières *madrasa* ; au sud-ouest l'école des traditions du prophète (*darülhadis*) et le hammam. Le modeste tombeau à baldaquin de Sinan se dresse à l'angle nord-est du complexe. \nLa mosquée consiste en une salle de prière presque carrée de 69 x 63 m et une cour à portiques dont toutes les travées sont à coupole. La mosquée possède quatre minarets, deux aux angles nord-est et nord-ouest de la salle de prière et deux aux angles nord-est et nord-ouest de la cour. Ceux de la salle de prière mesurent 76 m de haut et sont dotés chacun de trois balcons. La salle est recouverte d'une coupole centrale de 27,40 m de diamètre et 19,50 m de haut supportée par quatre piliers monumentaux, chacun de 6,20 x 5,10 m de section, réunis par des arcs brisés à des contreforts monumentaux engagés dans les murs principaux. Les volumes rectangulaires au nord et au sud de cet espace central sont recouverts de demi-coupoles, ceux de l'est et de l'ouest par des coupoles de tailles différentes. Pour rompre la monotonie qui aurait pu naître de ces contreforts, les murs est et ouest sont animés par des portiques et des galeries. \nL'ensemble du bâtiment est paré d'une belle pierre de taille. Certains éléments comme le portail principal, le *mihrab* et le *minbar* sont en marbre. \nLes constructions les plus richement traitées sont les tombeaux de Soliman et de Hürrem Sultan, décorés de carreaux et de motifs peints (*kalemişi*). La décoration de la mosquée est assez simple. Les principaux éléments de décoration sont les motifs *kalemişi* des coupoles de la salle de prière et de la cour, les motifs à incrustations de nacre et d'ivoire des volets en bois des rangées inférieures de fenêtres et les vitraux du mur sud, qui sont originaux. Au XIIIe siècle H (XIXe siècle J.-C.), les frères Fossati ont ajouté quelques ornements dans le goût du jour par-dessus le décor peint de la salle de prière. Ils ont été supprimés lors des restaurations de 1961-1967 qui ont permis de faire réapparaître le décor d'origine. Les autres bâtiments ne sont pas décorés et ont été adaptés à de nouvelles fonctions. La mosquée reste un lieu de culte.","short_description":"Ce complexe comporte de nombreux édifices aux fonctions diverses comme une mosquée, une *madrasa*, des *tabhane* (chambres d'hôtes), un *imaret* (cantine populaire), un hôpital, une école pour enfants, un mausolée, une école de hadiths, un hammam et un marché. Le grand architecte ottoman Sinan, qui construisit ce complexe, y est enterré. La mosquée centrale est considérée comme une œuvre de la période du *kalfa* (maître compagnon ou contremaître) de Sinan. Elle est couverte d'une coupole de 27,4 m de diamètre s'élevant à 49,5 m du sol et repose sur quatre grands piliers. Cette coupole centrale est flanquée d'une demi-coupole au sud et au nord et de cinq autres plus petites vers l'est et l'ouest.","dates":"957-964 de l’Hégire / 1550-1557 J.-C.","location":"Istanbul","method_for_datation":"Une inscription en arabe du calligraphe Karahisari Ahmed Effendi sur le portail nord de la salle de prière indique que la construction a débuté en 957/1550 et a été achevée en 964/1557. Le *Tezkiretü'l-Bünyan* (mémorial des bâtiments) dicté par Sinan à son proche ami Mustafa Sai çelebi précise que le chantier a commencé le 27 *jumada* 957/13 juin 1550 et s'est terminé le 21 *dhu'l-hijja* 964/15 octobre 1557. Selon des documents, la première et la deuxième *madrasa* ont été achevées en 960/1553, la troisième et la quatrième en 966/1559. Le tombeau de Hürrem Sultan a été édifié en 965/1558, celui de Soliman en 974/1567.","bibliography":"Aslanapa, O., *Osmanlı Devri Mimarisi* \\[Architecture de la période ottomane\\], Istanbul, 1986. \nKuran, A., *Mimar Sinan*, Istanbul, 1986. \nMülayim, S., *Ters Lâle, Osmanlı Mimarisinde Sinan çağı ve Süleymaniye* \\[La tulipe tête en bas : l'ère de Sinan dans l'architecture ottomane et le complexe Süleymaniye\\], Istanbul, 2001. \nSözen, M., *Türk Mimarisinin Gelişimi ve Mimar Sinan* \\[Le développement de l'architecture turque et Mimar Sinan\\], Istanbul, 1975. \nBarkan, ö. L., *Süleymaniye Camii ve İmareti İnşaatı: 1550–1557* \\[La mosquée Süleymaniye et sa construction : 1550-1557\\], vol. I et II, Ankara, 1972, 1979.","patrons":"Sultan Soliman le Magnifique (r. 926-974 H / 1520-1566 J.-C.).","architects":"Architecte : Koca Mimar Sinan Ağa (mort en 996 H / 1588 J.-C.); calligraphe : Karahisari Ahmed Effendi (875-963 H / 1470-1556 J.-C.).","dynasty":"Période ottomane classique.","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"Şakir Çakmak","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["architecture religieuse ; coupoles ; kalemişi ; Sinan ; Istanbul"]},"6a900d8a-d3e6-5851-b145-8c3ebfc27556":{"name":"*Sabil* (fontaine publique) et *Kuttab* (école coranique) d’Abd al-Rahman Katkhuda","description":"Monument intéressant sur le plan architectural car il associe un *sabil* (fontaine publique) et un *kuttab* (école coranique) dans un bâtiment indépendant, et illustre les sommets atteints par l'art islamique au cours de la période ottomane. \nLe *sabil* à trois façades identiques (sud, nord et ouest) de longueurs égales et à trois baies ouvertes pour la distribution de l'eau (*tasbil*) réunit les styles mamelouk et ottoman. Chaque façade comporte un arc en plein cintre soutenu par deux colonnes spiralées en marbre. Au centre de l'arc, une importante ouverture permet la distribution de l'eau aux passants. Elle est protégée par une grille de cuivre à motif d'arcs trilobés. Les pendentifs des arcs sont ornés de superbes motifs géométriques en marbre polychrome. Les murs de la façade extérieure comportent un décor de pierres imbriquées en forme de feuilles entrelacées. La façade est couronnée de neuf rangées de *mouqarnas* qui soutiennent le premier étage affecté au *kuttab*. L'entrée du *sabil* se trouve rue Tambakchia et évoque un portail mamelouk. Elle présente un mur en retrait couronné d'un arc trilobé et d'une demi-coupole décorée de rangées de *mouqarnas*. Sur le linteau de la porte centrale sont gravés quelques vers poétiques. La partie supérieure est un panneau de marbre à cercle central contenant l'inscription de fondation, elle-même entourée de quatre petits cercles. \nDe là, on accède à un petit vestibule qui compte trois portes. La première, à droite, mène à la citerne d'eau, la seconde, à gauche conduit à la pièce d'où l'eau est distribuée (*hograt al-tasbil*), et la troisième, au fond, est un accès à l'escalier qui monte au *kuttab*. Les dimensions du bâtiment sont réduites (3,50 x 4,50 m), les murs intérieurs sont lambrissés de carreaux de céramique vernissée bleus recouverts d'une riche décoration végétale. Le mur sud présente également un panneau de carreaux vernissés illustrant la sainte Kaaba et les bâtiments qui l'entourent. \nLe *kuttab*, ou salle de classe, est de mêmes dimensions que la salle du rez-de-chaussée. Il donne sur la rue par trois moucharabiehs ; ses sept piliers de marbre, semblables à ceux des façades, soutiennent six arcs brisés sur lesquels s'appuie un avant-toit de bois. Sur la rue s'avance un balcon, caractérisé par 14 piliers de bois finement sculptés soutenant 15 arcs et une balustrade en bois tourné de belle fabrication. Il est protégé par un second avant-toit moins élevé que le précédent.","short_description":"Ce bâtiment a une importance artistique particulière en tant qu'établissement isolé au cœur de la rue al-Mouiz. Il se compose d'un *sabil* (fontaine publique) avec trois façades et trois fenêtres couvertes de grilles en fer permettant la distribution d'eau potable à volonté pour la population locale, les passants et les voyageurs. Le deuxième niveau est occupé par un *kuttab* (école coranique pour enfants) avec un balcon donnant sur les trois côtés à travers des jalousies en moucharabieh. Les styles mamelouk et ottoman se marient harmonieusement dans la construction de ce monument.","dates":"1157 de l’Hégire / 1744 J.-C.","location":"Le Caire","method_for_datation":"Une inscription au-dessus de l'entrée fournit le nom du commanditaire et la date de la construction. Par ailleurs, une charte *waqf* conservée dans les archives du ministère des Fondations religieuses (dossier n° 941, daté de 1158 \\[1745\\]) donne également le nom du constructeur.","bibliography":"Al-Hussaini, Mahmoud H., *Al-Asbila al-Othmaniya bi madinat al-Qahira* \\[Les sabils ottomans du Caire\\], Le Caire, 1999. \nBriggs, M. S., *Muhammaden Architecture in Egypt and Palestine*, Oxford, 1924. \nKhalifa, R., *Al-Balatat al-Khazafiya ala al-'Ama'ir bil Qahira* \\[Carreaux vernissés dans l'architecture cairote\\], mémoire de maîtrise, Université du Caire, 1977. \nRaymond, A., *Le Caire des Janissaires : L'apogée de la ville ottomane sous Abd al-Rahman Katkhuda*, Paris, 1995. \nSameh, Kamal al-Din, *Athar al-Amir Abd al-Rahman Katkhuda al-Mi'mariya bil Qahira* \\[Monuments architecturaux de l'émir Abd al-Rahman Katkhuda au Caire\\], thèse de doctorat, Université du Caire, 1947.","patrons":"Abd al-Rahman Katkhuda ibn Hussain Jawich al-Qardughli, inspecteur des Fondations religieuses (*awqaf*) en 1161 H / 1748 J.-C. De nombreux bâtiments du Caire sont associés à cet éminent personnage.","dynasty":"Période ottomane.","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"Tarek Torky","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Carreaux en céramique vernissée ; décoration de pierres imbriquées ; décoration géométrique en marbre ; architecture civile ; moucharabiehs"]},"6f53c50b-23a7-5c94-9dc1-8ba00ad40bc2":{"name":"Mausolée Moulay Ismaïl.","description":"édifié près du tombeau du saint Sidi Abderrahman el-Mejdoub, célèbre poète et mystique du Xe siècle H (XVIe siècle J.-C.)., le mausolée abrite le tombeau de Moulay Ismaïl. Ce complexe funéraire royal éloigné du palais attire le visiteur par sa majesté et ses riches décorations, et se compose de trois ensembles principaux. \n \nLe premier ensemble, dans lequel s'ouvre la porte d'accès au mausolée, se compose d'une vaste salle d'entrée et de ses annexes. \n \nLa salle est de plan carré de 9,88 m de côté. Sur une hauteur de 1,60 m, les murs sont revêtus d'un décor de zelliges couronné par une bande en plâtre sculpté anépigraphique. Au milieu de la salle, une fontaine déverse son trop-plein dans une vasque octogonale. Une porte donne accès aux latrines réparties autour d'un bassin. \n \nLe deuxième ensemble se compose de trois cours très vastes, de plan trapézoïdal. Les très hauts murs (9 m) de la première cour sont décorés de zelliges jusqu'à une hauteur de 0,56 m. Le sol de la seconde cour, austère, est carrelé de zelliges monotones qui se prolongent sur les parois jusqu'à une hauteur de 0,56 m. La troisième cour se distingue par ses deux portiques qui se font face sur les côtés est et ouest. Le centre de la cour est agrémenté d'une vasque ronde et profonde. Un *mihrab* est aménagé sur le mur du portique est, et un minaret occupe l'angle sud-ouest de la cour. \n \nLe troisième ensemble se compose des salles funéraires et du patio. De plan trapézoïdal, la vaste salle découverte située au sud abrite deux *koubba*. Au nord-est du complexe s'élève le patio, de section carrée, entouré sur les quatre côtés par des portiques de 1,87 m de profondeur et par des colonnes en marbre groupées par trois, couronnées par des chapiteaux de types variés ; ceux qui opposent une partie cylindrique à double rangée de feuilles à une lourde partie prismatique ornée d'un large décor de palmes et de palmettes, plutôt gravé que sculpté, sont de type hispano-maghrébin. \n \nUne vasque en marbre occupe le centre du patio, qui communique avec trois salles funéraires de différentes tailles : une sorte d'antichambre de plan barlong ; richement décorée et ornée d'un lustre en bronze, une salle principale, de plan carré, abritant le tombeau du sultan Moulay Ismaïl ; enfin, une salle de forme barlongue qui comprend des armoires destinées aux livres. \n \nPar sa majesté, le mausolée est aujourd'hui un lieu qui rappelle l'époque du sultan Moulay Ismaïl.","short_description":"Avant sa construction, le mausolée Moulay Ismaïl, véritable complexe funéraire royal situé au sud du palais de Moulay Ismaïl, abritait le saint Sidi Abderrahman el-Mejdoub, mystique du XVe siècle. \nRéaménagé par les successeurs du sultan Moulay Ismaïl, l'édifice obéit à un plan complexe d'influence hispano-magrébine, avec ses décorations de zelliges et de stucs, et reprend les constructions en enfilades que l'on peut comparer aux trois salles de la Rauda de Grenade. \nLe tombeau du sultan se trouve au centre du complexe. \nPour la prière, on aménagea un *mihrab* communiquant avec le patio et les salles funéraires.","dates":"XIe-XIIe siècle de l’Hégire (XVIIe-XVIIIe siècle J.-C).","location":"Meknès.","method_for_datation":"Ibn Zaydan, dans *al Ithaf*, donne la date d'inauguration.","bibliography":"*Guide de la casbah ismaïlienne de Meknès* (en arabe), Rabat, s. d. \n \nBarrucand, M., Urbanisme princier en Islam : Meknès et les villes royales islamiques post-médiévales, Paris, 1985. \n \nChampion, P., *Les villes d'art célèbre, Tanger-Fès-Meknès*, Paris, 1924. \n \nMennouni, M., *Planning urbain de la ville de Meknès à travers quatre époques* (en arabe), Rabat, s. d. \n \nPérigny, M., *Casa, Rabat et Meknès,* 1918. \n \nPlantet, *Moulay Ismaïl, empereur du Maroc, et la princesse de Conti*, Paris, s.d. \n \nTerrasse, H., *Villes impériales du Maroc*, Grenoble, 1937.","patrons":"Le sultan Moulay Ismaïl (1083-1140 H / 1672-1727 J.-C.).","dynasty":"Alaouite.","linkcatalogs":"IAM_MA_FR_001","author":"Mohamed Mezzine","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["art funéraire ; mausolée ; architecture religieuse"]},"718874e8-d67c-57c0-aabc-505af50ed024":{"name":"Feuillet d’un coran.","description":"Sourates al-Thakathour (CII, “La rivalité”, verset 8) et al-Asr (CIII, “Le temps”, verset 1). Ce feuillet est tiré d'un coran écrit en coufique noir. Les voyelles sont marquées par des points diacritiques rouges, la hamza et la chaddah par des points verts et jaunes conformément au système d'Abi al-Aswad, le grammairien arabe mort en 61 H / 681 J.-C. Les divisions entre versets sont signalées par une rosette en or, verte au centre, dont les contours sont dessinés par de fins points marron. Le titre splendide de la sourate consiste en une ligne d'ornementation coufique terminée par une palmette qui se projette vers la marge. Cette palmette est composée de feuillets en or très stylisés et d'arabesques fleuries, elle est illuminée par le bleu et le vert, avec de délicates touches de marron. Ces motifs font partie du répertoire décoratif des enlumineurs et calligraphes musulmans depuis le Ve siècle H (XIe siècle J.-C.).","short_description":"écrit en coufique noir, ce feuillet comporte deux citations coraniques (CII,8 et CIII,1). Les divisions entre les versets sont signalées par une rosette dorée, verte au centre. L'ensemble des motifs dessinés appartient au répertoire décoratif des enlumineurs et calligraphes musulmans depuis le Ve siècle H (XIe siècle J-C.).","holder":"Musée des arts islamiques","initial_owner":"Le prince ziride al-Mouiz.","dates":"Début du deuxième quart du Ve siècle de l’Hégire (XIe siècle J.-C.).","location":"Raqqada, Kairouan","dimensions":"Oblong, 22,5 x 32 cm, 5 lignes.","method_for_datation":"Le coran a été constitué en legs (habous) par le prince ziride al-Mouiz ibn Badis au profit de la Grande Mosquée de Kairouan. L'acte de donation est postérieur à la rupture avec Le Caire puisqu'il mentionne la haine du prince à l'égard des Fatimides. Selon les historiens, cette rupture, qui depuis 424/1033, fut complètement consommée en 441 /1050.","method_for_provenance":"Ce coran a été constitué en legs au profit de la Grande Mosquée par le prince ziride régnant ; étant donné que Kairouan était, à l'époque, un grand centre de production livresque, le plus probable serait de conclure que ce coran fut copié, décoré et relié sur place sur un parchemin tanné local.","provenance":"Sans doute, Kairouan.","obtention":"Après l'annulation de la fondation des habous en Tunisie, ce coran a été récupéré par la Bibliothèque nationale en 1967 et transféré en 1983 au Centre de la civilisation et des arts islamiques de Raqqada. Il est exposé depuis 1986 au Musée des arts islamiques de Raqqada.","bibliography":"30 ans au service du patrimoine (catalogue d'exposition), 1986, p. 210. \n \nDe Carthage à Kairouan (catalogue d'exposition), 1982, p. 247, n° 330. \n \nThe Arts of Islam (catalogue d'exposition), 1976, p. 20, n° 2. \n \nTúnez, Tierra de Culturas (catalogue d'exposition), Valence (Esp.), 2004, p. 221.","dynasty":"Ziride","linkcatalogs":"IAM_TN_FR_001","author":"Mourad Rammah","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Calligraphie; décoration florale; habous; objet religieux"],"materials":["Vélin décoré."]},"781670ca-b4db-57b9-b537-ff501442790e":{"name":"Dar Ben Abdallah.","description":"Les différentes parties du palais Dar Ben Abdallah s'étendent de part et d'autre d'une placette, autrefois passage privé fermé par des portes. \n \nL'entrée d'honneur est une grande porte cloutée dans un encadrement rectangulaire de pierre rose richement sculptée. Le premier vestibule est muni de banquettes sous des murs entièrement couverts de panneaux de céramique de Quallaline et une voûte tapissée de plâtre sculpté. Deux autres vestibules, plus petits, disposés en chicane, isolent la cour. \n \nLa cour est entourée de portiques sur les quatre côtés, au rez-de-chaussée comme à l'étage. Les colonnes aux fûts à peine galbés, à chapiteaux néo-corinthiens, sont en marbre de Carrare (Italie), tout comme les encadrements des portes et des fenêtres, le pavage du sol et la fontaine aux trois vasques. \n \nSous les galeries, les façades sont identiques. Dans un mur lambrissé de céramique, où dominent le vert et le jaune, se détache l'encadrement d'une porte axiale flanquée de deux fenêtres. Le registre supérieur est une large bande de stuc gravé du vase à rinceaux sur fond lisse. Les appartements, au rez-de-chaussée comme à l'étage, ont la forme classique en T composée, face à l'entrée, d'un défoncement central meublé en salon avec trois banquettes et flanqué de deux chambrettes. Les côtés se terminent par des alcôves latérales où sont aménagés les lits sous un ciel de lit en bois. \n \nParmi les éléments les plus riches de ce palais, les boiseries des étagères, ciel de lit et plafonds, qui allient le décor géométrique de type andalou à l'ornementation florale turque. Les portes à panneaux sont sculptées à l'italienne. \n \nLa maison de service est organisée autour d'une courette de petites dimensions desservie par une porte donnant sur la cour des maîtres et une entrée directe de la rue. De l'autre côté de la placette d'entrée s'étendent les magasins à provision, les écuries et les jardins.","short_description":"Ce palais porte le nom de l'un de ses anciens propriétaires, un riche tisserand de soie, Mohamed Tahar ben Abdallah. Bénéficiant de grands travaux de réaménagement et d'agrandissement au cours du XIXe siècle, le palais est marqué par l'influence italienne, comme en témoignent les colonnes, les chapiteaux, les encadrements de portes et fenêtres, le jet d'eau en marbre au milieu du patio… Depuis 1978, Dar Ben Abdallah est le siège d'un Musée des arts et traditions populaires. Il abrite de riches collections muséographiques tunisoises (costumes, bijoux, ustensiles de toilettes et de cuisine, armes, etc.).","dates":"1211 de l’Hégire / 1796 J.-C.","location":"Tunis","method_for_datation":"Actes notariés cités par Revault, *Palais et demeures de Tunis*.","bibliography":"Binous, J., *Maisons de la Médina de Tunis*, 2001, pp. 108-113. \n \nRevault, J., *Palais et demeures de Tunis (XVIIIe et XIXe siècles),* CNRS, Paris, 1971, p. 99.","history":"L'histoire de ce palais nous est connue depuis 1796 par les actes notariés qui mentionne Hadj Mohamed el-Kossentini comme propriétaire des lieux. En 1801, Sliman el-Hanafi en prit possession. De haut fonctionnaire militaire, il fut promu au commandement de l'armée en épousant la fille du bey Mahmoud. La maison profita de grands travaux d'aménagement et d'embellissement. En 1875, Tahar Ben Abdallah, un tisserand de soie et propriétaire terrien, l'acquit et lui donna son nom. En 1905, un peintre orientaliste français du nom d'Albert Aublet acheta le palais et l'occupa jusqu'en 1941. à cette date, la Direction de l'instruction publique et des beaux-arts y installa l'Office des arts tunisien. Après l'indépendance de la Tunisie, le ministère des Affaires culturelles transforma les lieux en Centre des arts et traditions populaires à l'étage et en Musée régional de Tunis relatif à la vie quotidienne de Tunis au XIXe siècle au rez-de-chaussée.","patrons":"Hadj Mohamed el-Kossentini.","dynasty":"Husseinite-ottomane.","linkcatalogs":"IAM_TN_FR_001","author":"Jamila Binous","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Architecture palatiale; céramique; bois peint; marbre italien; décor andalou; décor italien; décor turc."]},"79968466-a94b-5053-a5e9-1155df32e285":{"name":"Ensemble aiguière et bassin.","description":"Cette aiguière et ce bassin étaient présentés à la cour pour le lavement des mains. Il existe des sources médiévales arabes décrivant ces ustensiles. Ils constituaient des objets d'apparat dans les trousseaux des filles d'émirs, de vizirs et de gens de haute noblesse, de dignitaires et de négociants. L'ensemble de Berlin a été fabriqué pour un juriste, si l'on en croit le programme iconographique du décor. Les inscriptions présentent des souhaits d'ordre général (prospérité, richesse, santé, savoir et bonté) pour un propriétaire inconnu. Le bon état de conservation permet d'apprécier la splendeur originelle de ces pièces. \nL'aiguière à couvercle abattant et bec verseur droit présente une forme très plastique. Trois frises à motifs figurés dans des médaillons de différentes tailles agrémentent la panse, l'épaulement et le col. Dans les médaillons figurent des souverains trônant ou des cavaliers, ainsi que des constellations. Le départ du col présente onze champs en arc garnis de figures debout dans la tradition des représentations chrétiennes. Dans une frise animalière au bord de l'épaulement se distingue une chasse à la licorne. Dans les frises ou réparties sur le corps de l'aiguière s'ajoutent des inscriptions arabes contenant des souhaits. \nSur le fond du bassin, les six constellations sont disposées autour du soleil, tandis que dans une seconde frise apparaissent les signes du zodiaque en relation avec les planètes. Sur le revers, le bassin présente, comme l'aiguière, six grands médaillons : le prince flanqué de deux gardes du corps, des scènes de vénerie et de fête. Ces médaillons sont reliés par une inscription énonçant des vœux de puissance et de victoire, de savoir et de bonté, dons et vertus que possède Allah.","short_description":"L'extrême finesse du dessin et l'exécution soignée de cette aiguière et de ce bassin démontrent la dextérité des artisans actifs à Mossoul vers 1270. Cet ensemble, commandité par un personnage de haut rang, qui dépeint les planètes et des scènes de la vie de cour a pu être utilisé pour le lavement des mains dans de grandes occasions.","holder":"Museum für Islamische Kunst","dates":"seconde moitié du VIIIe de l’Hégire (troisième tiers du XIIIe J.-C.).","location":"Berlin","dimensions":"Aiguière : H. 37 cm, Ø 20,6 cm ; bassin : H. 17 cm, Ø 43 cm.","method_for_datation":"L'artiste ayant signé, l'objet est attesté vers le milieu du VIIe/XIIIe siècle.","method_for_provenance":"L'artiste ayant signé l'aiguière et le bassin a dans son nom l'indication de sa ville d'origine : al-Mawsili, “celui de Mossoul”, ce qui signifie qu'il y est né ou qu'il y travaille. La signature et le motif du croissant de lune indiquent que, selon toutes probabilités, l'objet a effectivement été réalisé à Mossoul.","provenance":"Mossoul, Irak du Nord.","obtention":"Acheté en 1938.","bibliography":"Baer, E., *Ayyubid Metalwork with Christian Images,* Leyde, 1989, pp. 15-17, pl. 50-51. \nHagedorn, A., *Die Balacs-Kann. Zur Ikonographie und Bedeutung islamischer Metallarbeiten des Vorderen Orients im 13. und 14. Jehrhundert,* Münster, 1992, n° 28. \nKühnel, E., “Zwei Mosulbronzen und ihr Meister”, *Jahrbuch der preubischen Kunstsammlungen* 60, 1939, pp. 1-20. \n*Museum für Islamische Kunst* (catalogue), Mayence, 2001, pp. 72-73. \nRice, D. S., “Inlaid Brasses of the Workshop of Ahmad Al-Dahaki al-Mawsili”, *Ars Orientalis* 2, 1957, pp. 225-253.","dynasty":"Post-zenguide","author":"Annette Hagedorn","translator":"Arlette Camion(de l’allemand).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Mossoul ; post-zenguide ; damasquiné ; laiton"],"materials":["Laiton damasquiné d’or et d’argent."]},"7ac3ea27-a8cb-553d-b1c3-19067190a3c3":{"name":"Mosquée Qaraouiyine.","description":"Simple oratoire d'une centaine de mètres, la mosquée d'origine était composée de quatre nefs parallèles au mur de *qibla*, d'une cour, d'un *mihrab* et d'un minaret. \n \nAu Ve siècle H (XIe siècle J.-C.), les Almoravides l'ont agrandie et enrichie d'éléments empruntés au répertoire ornemental andalou en vogue à l'époque : sculpture sur plâtre, coupoles à *mouqarnas*, chapiteaux en marbre sculpté, motifs floraux géométriques et épigraphiques, etc. De cette époque datent le *mihrab* et les coupoles qui le précèdent. L'ensemble fut rehaussé d'inscriptions coufiques et de compositions florales qui rappellent l'art islamique d'Espagne. \n \nà l'époque almohade, VIe-VIIe siècles H (XIIe-XIIIe siècles J.-C.), la Qaraouiyine a encore reçu de nouveaux ornements et éléments utilitaires, comme les latrines au nord du bâtiment, et, côté nord-est, un magasin souterrain servant à entreposer l'huile, les nattes et les autres matériaux de la mosquée. Pour renforcer les structures hydrauliques du monument, on construisit un bassin et l'eau fut acheminée depuis l'une des sources de la médina (Ayn Fermal). L'éclairage était assuré par le grand lustre de la coupole nervée de la nef axiale et par les cloches, importées d'al-Andalus, transformées en lustres tout au long de l'allée centrale. \n \nLa mosquée atteint son apogée à l'époque mérinide (VIIe-IXe siècle H / XIIIe-XVe siècle J.-C.) avec ses 270 piliers formant 16 nefs de 21 arcs, 15 grandes portes réservées aux hommes et 2 petites aux femmes. Avec ses 509 lampes, le grand lustre central pèse 1 763 livres. Dans les vestibules, le bâtiment pouvait abriter 22 700 personnes. \n \nContrairement à la plupart des mosquées de l'Occident musulman, les nefs de la Qaraouiyine sont non pas perpendiculaires, mais parallèles au mur de la *qibla*, ce qui suggère une origine d'inspiration orientale (influence probable de la Grande Mosquée de Damas). \n \nLe minaret, qui date de la mosquée initiale, a été bâti en pierre de taille, puis recouvert ultérieurement de plâtre et de chaux soigneusement polis. \n \nDus aux Saadiens (Xe-XIIe siècle H / XVIe-XVIIe siècle J.-C.), les deux magnifiques pavillons du *sahn* (patio) s'inspirent de l'Alhambra de Grenade par l'agencement autant que par les décors et les éléments architecturaux. \n \nC'est aux Alaouites que l'on doit la restauration des lustres, des murs et des piliers. \n \nLa Qaraouiyine était aussi une véritable université, jouant un rôle majeur dans la diffusion du savoir et dans la formation de l'élite intellectuelle. Les Mérinides l'ont dotée de deux bibliothèques et ont organisé l'institution et les programmes pédagogiques, avec 140 chaires d'enseignement réparties à l'intérieur de l'établissement ou dans les *madrasa.*","short_description":"C'est au XIVe siècle que le simple oratoire fondé au IIe siècle par Fatima al-Fihrya dans la vieille ville de Fès, après être devenu mosquée du Vendredi, atteint son apogée avec ses 270 piliers, ses 17 grandes portes, sa bibliothèque et sa capacité de 22 700 fidèles. Université de haut prestige et grand centre spirituel, les plus célèbres savants de l'Islam, venant de Cordoue ou de Damas, ont étudié ou ont enseigné à la Qaraouiyine, dans les quelque 140 chaires réparties à l'intérieur de l'établissement ou dans les différentes *madrasa* et mosquées de la ville.","dates":"IIIe-IVe siècle de l’Hégire (IXe-Xe siècle J.-C.).","location":"Fès.","method_for_datation":"Des sources écrites comme le *Rawd al Qirtass* (Le mausolée de l'écrit) d'Ibn Abi Zara al-Fassi et la *Jana Zahrat al-Aas* (Fleur de myrte) d'al-Jaznaï permettent de dater la fondation et les agrandissements.","bibliography":"Al-Jaznaï, A., *Jana Zahrat al-Aas* (Fleur de myrte), en arabe, Benmansour, Rabat 1967. \n \nGolvin, L., *Essai sur l'architecture religieuse musulmane*, vol. IV, *L'art hispano-musulman,* Paris, 1979. \n \nIbn Abi Zara, A., *Rawd al Qirtass* (Le mausolée de l'écrit), en arabe, Rabat, 1972. \n \nTazi, A., “Jamaa al-Qarawiyine, al masjid wa jamià bi madinati fas ; mawsuà litarikhihà al mi'mari wa fikri” (La Qaraouiyine, la mosquée et l'Université dans la ville de Fès), *Encyclopédie de l'histoire de l'urbanisme et de la pensée*, 3 vol., Beyrouth, 1973. \n \nTerrasse, H., *La mosquée al-Qarawiyine à Fès*, III, Paris, 1968.","patrons":"Fatima al-Fihriya, une femme pieuse venant de Kairouan.","dynasty":"Idrisside.","linkcatalogs":"IAM_MA_FR_001","author":"Mohamed Mezzine","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["édifice religieux; université; décoration géométrique; décoration végétale; décoration épigraphique"]},"7bf56987-b874-51e5-91e1-bf19f3afba07":{"name":"Tasseau.","description":"La splendide charpente à *par y nudillo* de la cathédrale de Teruel, improprement appelée plafond à caissons, est l'un des ensembles d'ébénisterie mudéjare les plus étudiés par la critique artistique. Cela est dû à divers facteurs ; son extraordinaire complexité iconographique et iconologique, sa signification dans le contexte social, son intérêt stylistique et la précision de sa datation, facilitée par l'analyse du bois. Le Musée archéologique national conserve, entre autres éléments, deux tasseaux ou solives qui proviennent des deux pentes de la charpente, l'un avec un personnage masculin et l'autre – celle que nous étudions ici – avec un personnage de femme. \nCette figure appartient à la classe des travailleurs ; elle représente une porteuse d'eau, vêtue d'une robe ou gonelle à manches longues et serrée par une cordelette à la ceinture. La décoration aux lignes horizontales lui donne un air particulier. Ses cheveux lisses sont coiffés court et elle semble avoir la tête nue, ce qui n'est pas fréquent parmi les figures de ce plafond. Elle porte sur la tête une cruche à deux anses. Il est possible de déterminer son emplacement primitif : huitième section gauche, c'est-à-dire à l'endroit où tomba une bombe durant la guerre de 1936. La polychromie est traitée en à-plats où prédominent les rouges, les blancs et les contours noirs.","short_description":"Ce tasseau décorait une solive du plafond de la cathédrale de Teruel, dans lequel sont reproduites les différentes classes de la société médiévale. Cette figure représente une porteuse d'eau vêtue à la mode de l'époque, d'une tunique à manches longues attachée à la ceinture.","holder":"Musée archéologique national.","dates":"Fin XIIIe siècle.","location":"Madrid.","dimensions":"H. 36 cm, l. 23,8 cm, ép. 1,7 cm.","method_for_datation":"Par son style et par des analyses dendrochronologiques du bois.","method_for_provenance":"Le donateur, Pablo Gil y Gil, professeur à l'université de Saragosse en 1869, a livré des informations sur la provenance de cette pièce et sur trois autres éléments du plafond lorsqu'il en fit don au musée.","provenance":"Cathédrale Santa María de Mediavilla, Teruel.","obtention":"La pièce est entrée au Musée archéologique national par donation le 19 août 1869.","bibliography":"Alquézar, E., Arias, I. et Franco, á., “Carpintería y elementos arquitectónicos mudéjares en el Museo Arqueológico Nacional procedentes de Aragón”, *Actas VI Simposio Internacional de Mudejarismo, Teruel, 16-18 septiembre, 1993*, Teruel, 1996, p. 874. \nRabanaque, E., Novella, A., Sebastián, S. et Yarza, J*., El artesonado de la catedral de Teruel*, Saragosse, 1981.","dynasty":"Période mudéjare","linkcatalogs":"IAM_ES_FR_001","author":"Ángela Franco","copy_editor":"Rosalía Aller","translator":"Benito Pelegrín (de l'espagnol)","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["tasseau ; plafond à par y nudillo ; bois ; polychromie ; Téruel ; mudéjar"],"materials":["Bois, polychromie."]},"7c5b0aa9-383a-5b52-bc5a-91c986d3c9eb":{"name":"Objets de toilette","short_description":"Pour se distinguer, les familles tunisoises ont créé au XIXe siècle la notion de *knastrou l’aroussa* (la corbeille de la mariée). C’est un panier en argent ciselé ou en filigranne qui contient des objets servant à la toilette de la mariée : aspersoir pour parfum (*mrach*), fiole à khôl et son applicateur pour les yeux (*mokhala*), miroir à cadre rond ou rectangulaire orné de motifs floraux gravés ou repoussés, assiette et couteau pour le henné. Paire de socques (*qobqabs*) en bois recouverts d’argent et portés par la mariée à Tunis. Le tout en argent ciselé ou en filigrane. Le bain maure (*hammam*) étant la première escale de la mariée, tout est mis en œuvre pour la beauté de la mariée : gommage, masque à argile, épilation… une série d’ustensiles sont utilisés à cette fin.","type":"Argent","holder":"Musée des Arts et Traditions populaires","dates":"XIXe – XXe siècle","location":"Tunis","author":"Saloua Khadhar Zangar","keywords":["Argent ciselé; Filigranne"],"materials":["Métal argenté"]},"7c7c2cda-78e1-597a-b911-718576ff198a":{"name":"*Hammam*.","description":"Le *hammam* se trouve à quelques kilomètres de Palerme, dans la commune de Cefalà Diana. L'édifice se compose d'une salle de 11 x 7,5 m surmontée d'une voûte en berceau légèrement brisé, d'une hauteur de 7,5 m et articulée en deux éléments distincts, séparés par une transenne à trois arcs ogivaux. Les colonnes de la transenne, une variante de l'ordre corinthien, présentent des chapiteaux de terre cuite, en forme de calice. La salle la plus petite, attenante à la source d'eau chaude, est pourvue d'un bassin ; l'autre, plus grande, est dotée de trois bassins de taille décroissante : il était ainsi possible de se baigner dans des eaux de températures différentes. Sur les parois se trouvaient des niches dans lesquelles on plaçait ses effets personnels ; dans la voûte s'ouvrent des bouches d'aération destinées à évacuer l'excès de vapeur. Le système de canalisations souterraines qui garantissaient le remplissage et l'évacuation des bassins est encore partiellement lisible, dans les zones avoisinantes. \n \nÀ l'extérieur, une inscription en caractères coufiques, très abîmée, est insérée dans la frise, sur trois des quatre façades. \n \nEn ce qui concerne la date de construction, on ne dispose pas d'éléments certains : on suppose une première phase de construction remontant à l'époque hellénistique romaine (murs extérieurs), une deuxième à l'époque de la domination arabe (colonnes de la transenne), et une troisième sous les Normands (bandeau épigraphique soulignant la ligne de l'étage). Selon une dernière hypothèse, il pourrait s'agir d'un édifice entièrement normand, au vu de certaines analogies architecturales avec d'autres édifices construits sous Guillaume II.","short_description":"Le hammam se trouvait à quelques kilomètres de Palerme et exploitait l'eau chaude d'une source naturelle. L'édifice se compose d'une salle intérieure de 11 x 7,5 m, articulée en deux espaces distincts séparés par une transenne, avec une série de bassins qui permettaient de se baigner à diverses températures. \nÀ l'extérieur court une inscription en caractères coufiques, très détériorée. Sur la base de recherches récentes, on pense qu'il s'agit d'un édifice d'époque normande.","location":"Cefalà Diana","method_for_datation":"Analyse architecturale de plusieurs parties de l'édifice.","bibliography":"Bellafiore, G., *Architettura in Sicilia nelle età islamica e normanna (827-1190),* Palerme, 1990. \n \nLa Bua, G. et Truzzolino, T., *Cefalà Diana nella storia e nell'arte*, Palerme, 1999, pp. 9-24. \n \nRyolo, D., “ I bagni di Cefalà Diana”, *Sicilia archeologica*, IV, 15, 1971, pp. 19-32.","dynasty":"Période fatimide/normande.","linkcatalogs":"IAM_IT_FR_001","author":"Pier Paolo Racioppi","translator":"Marguerite Pozzoli","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau"]},"8181fe27-473a-532e-986e-e0786c511a39":{"name":"Aquamanile en forme de bélier.","description":"L'animal, auquel il manque les pattes antérieures, les oreilles et les cornes, est représenté debout, le cou long, la tête petite par rapport au reste du corps, ce qui lui donne une allure d'une grande robustesse. Sur son poitrail est suspendu un croissant qui semble avoir un rôle prophylactique. Il est retenu par un collier incisé, en dents de scie, noué autour du cou. L'œil est représenté par un anneau circulaire incisé qui entoure l'iris globulaire. L'aquamanile servait, sans doute, de tête de fontaine qui embellissait un des palais ou une des demeures de la région. L'eau, qui arrivait par un tube placé sous le ventre du bélier, jaillissait de son museau entrouvert et en forme de goulot. Cet exemplaire est à rattacher à toute une série d'aquamaniles en forme d'animaux, généralement des cerfs, des canidés ou des oiseaux, découverts dans divers pays musulmans et notamment en égypte et en Espagne.","short_description":"L'aquamanile servait vraisemblablement de tête de fontaine embellissant les palais et les grandes demeures. Ce modèle est à rattacher à toute une série d'aquamaniles en forme d'animaux, généralement des cerfs, des canidés ou des oiseaux découverts dans certains pays musulmans dont l'égypte et l'Espagne.","holder":"Musée du Bardo.","dates":"IVe-première moitié du Ve siècle de l’Hégire (Xe-première moitié du XIe siècle J.-C.).","location":"Le Bardo","dimensions":"H. 32,5 cm.","method_for_datation":"Cet aquamanile présente des analogies certaines avec d'autres pièces trouvées à Madinat al-Zahra qui datent du milieu du IVe siècle H (Xe siècle J.-C.) et en égypte, qui datent du Ve siècle H (XIe siècle J.-C.). En prenant en considération le contexte historique de l'Ifriqiya et la simplicité du décor, on peut dater cette pièce du IVe-première moitié du Ve siècle H (Xe-première moitié du XIe siècle J.-C.).","method_for_provenance":"Cette pièce provient d'une découverte fortuite faite à Beni Khalled (cap Bon, Tunisie), très probablement au cours des années 1930. Malgré des ressemblances avec des aquamaniles andalous, rien ne semble contester son origine ifriqiyenne.","provenance":"Ifriqiya ?","obtention":"Cette pièce a été offerte au musée par l'association Les amis du Bardo en mai 1941. Depuis, elle y est exposée.","bibliography":"Tunisie, terre de rencontres et de civilisation (catalogue de l'exposition de Séville), Tunis, 1992, p. 271. \n \nZbiss, S.M., Actes du 79e congrès national des sociétés savantes, Alger, 1954, p. 303.","dynasty":"Fatimo-ziride","author":"Mourad Rammah","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Décoration figurative"],"materials":["Bronze coulé."]},"81fcd4e9-7384-5569-aa53-bc862c54ad3f":{"name":"Cruche.","description":"Belle cruche piriforme à deux poignées. De couleur crème caractéristique, elle est décorée de motifs variés par perforation, incision et grattage au couteau combinant des motifs géométriques et floraux courants en art islamique.","short_description":"Cruche piriforme à deux poignées de Tell Hisban, décorée en utilisant des techniques diverses, perforation, incision et grattage au couteau. Le schéma décoratif est constitué d’une combinaison de motifs géométriques et floraux.","holder":"Musée archéologique de Jordanie.","dates":"Fin IIe-début IIIe siècle de l’Hégire (seconde moitié du VIIIe siècle J.-C.).","location":"Amman.","dimensions":"H. 28 cm, Ø (lèvre) 8 cm.","method_for_datation":"Analyse du contexte stratigraphique et comparaison avec des jarres similaires. La poterie abbasside est généralement de couleur crème.","method_for_provenance":"L'objet a été trouvé à Tell Hisban lors d'une fouille archéologique en 1973.","provenance":"Tell Hisban, Jordanie.","obtention":"L'objet a été trouvé à Tell Hisban lors d'une fouille archéologique en 1973.","bibliography":"Horn, S. H., “The 1973 Season of Excavations at Tell Hesban”, *Annual of the Department of Antiquities of Jordan*, XIX, 1974, pp. 151-156, planche LXXV, 2. \nHorn, R. S. et Horn, S. H., *Heshbon 1973*, Andrews University Seminary Studies, Miami, 1975.","dynasty":"Abbasside","author":"Aida Naghawy","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["décoration florale ; décoration géométrique"],"materials":["Céramique tournée."]},"823fdade-8900-58b3-bcda-59a5e61574cf":{"name":"Aiguière et son bassin.","description":"Ensemble constitué d'une aiguière et d'un bassin destiné aux ablutions rituelles. Le bassin de dimensions importantes présente un bord évasé. L'aiguière est à corps piriforme, poignée incurvée et couvercle. Le rebord du bassin, le corps, le couvercle et la partie inférieure du bec de l'aiguière sont décorés d'un rainurage formant des losanges à l'intérieur desquels des rainures verticales et horizontales constituent des motifs carrés. Le couvercle comporte à son sommet un bouton de fleur et une feuille, selon la mode de l'époque. \nL'ensemble fait appel à une technique de dorure appelée *tombak*. Dans le travail du métal turc, la dorure, en particulier d'objets en cuivre pur, apparaît au XIIe siècle H (XVIIIe siècle J.-C.). Cette méthode chimique consiste en l'application d'un amalgame de poudre d'or et de mercure à la surface de l'objet, qui est ensuite cuit dans un four. Le mercure s'évapore pendant la cuisson tandis que l'or adhère à la surface du cuivre. Des feuilles d'or peuvent aussi être appliquées sur la surface métallique mercurisée. à l'évaporation du mercure pendant la cuisson, les feuilles se fixent sur l'objet. \nL'inscription mentionne que ces objets étaient destinés au tombeau de Pertevniyal Valide Sultan et indique la date de 1286 / 1870 J.-C. Elle était la seconde *iqbal* (la favorite du sultan, littéralement “la fortunée”) du sultan Mahmoud II (r. 1223-1225 H / 808-1839 J.-C.). En donnant naissance au prince héritier Abdoulaziz, elle accéda au rang le plus élevé des femmes de la cour et lorsque son fils monta sur le trône en 1278 H / 1861 J.-C., elle devint Valide Sultan (mère du sultan). Elle fit construire un complexe de bâtiments à son nom dans le quartier d'Aksaray à Istanbul, comprenant une mosquée, une école et des fontaines publiques. à sa mort en 1301 H / 1883 J.-C., elle fut enterrée dans un tombeau aménagé dans la cour de sa mosquée. Plusieurs objets des collections du musée proviennent de ce tombeau.","short_description":"L’or a été le symbole du pouvoir économique à toutes les périodes de l’histoire. La technique *tombak* est un procédé qui donne l’aspect de l’or aux objets. Elle est utilisée pour décorer cette aiguière et cette cuvette utilisée par Perteyniyal Valide Sultan, mère du sultan Abdülaziz, durant les cérémonies religieuses.","holder":"Musée des arts turcs et islamiques.","initial_owner":"Sans doute Pertevniyal Valide Sultan (m. 1300/1883; reine-mère de 1277 à 1292 H / 1861–1876 J.-C.).","dates":"1286 de l’Hégire / 1869 J.-C.","location":"Sultanahmet, Istanbul","dimensions":"H. 12 cm, Ø 60 cm ; aiguière : H. 30, 5 cm.","method_for_datation":"Sur les deux pièces figure une inscription précisant qu'elles ont été réalisées pour le tombeau de Pertevniyal Valide Sultan et donnant la date de 1286/1870.","method_for_provenance":"Comme ces deux objets étaient destinés au tombeau de la mère du sultan Abdoulaziz et que la technique du *tombak* (cuivre doré) était principalement utilisée à Istanbul, il est hautement probable qu'ils ont été réalisés dans cette ville.","provenance":"Istanbul, Turquie.","obtention":"Transféré du tombeau de Pertevniyal Valide Sultan à Istanbul (à laquelle l'objet est dédié) le 24 *jumada* II 1344/9 janvier 1926.","bibliography":"*Anadolu Medeniyetleri III, Selçuklu-Osmanlı* (Civilisations anatoliennes III, Seldjoukides-Ottomans), Istanbul, 1983, p. 305","dynasty":"Ottomane","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"Alev Özay","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["tombak ; aiguière ; bassin ; Pertevniyal Valide Sultan ; Mahmoud II ; Abdoulaziz, Abdülaziz"],"materials":["Cuivre doré (*tombak*)."]},"84f6b107-47b2-5cd1-a520-3a4f89856221":{"name":"Mosquée omeyyade.","description":"La Mosquée omeyyade est édifiée sur le site d'un temple romain dédié à Jupiter et transformé en église Saint-Jean-Baptiste en 379. Après la conquête de Damas par l'armée islamique, ce lieu saint fut partagé entre les chrétiens et les musulmans. À l'arrivée au pouvoir du calife omeyyade al-Walid ibn Abd al-Malik, l'église fut démolie et remplacée par une vaste mosquée. \nRythmé par des piliers, le mur extérieur est en fait celui de l'ancien *téménos* romain de 158 x 100 m. La mosquée possède trois minarets, celui de l'angle sud-est étant appelé minaret de Jésus, celui du centre minaret de la Mariée. Tous datent du Ve siècle H (XIe siècle J.-C.). Le minaret sud-ouest a été reconstruit par le sultan Qaytbay après l'incendie de 884 H / 1479 J.-C. \nLa cour intérieure rectangulaire (122,5 x 50 m) est entourée d'un portique à colonnes (*riwaq*) sur trois côtés. Le long du mur sud se trouve une salle de prière à trois nefs de 136 x 37 m, dont le plan rappelle celui des églises byzantines. Elle est divisée par deux rangées d'arcades soutenues par des colonnes à chapiteaux corinthiens anciens. Une nef transversale à coupole coupe les arcades en deux moitiés égales. Sa façade sur cour possède une entrée à fronton, également évocatrice des palais de Byzance. À une certaine époque, toutes les façades sur cour étaient recouvertes de mosaïque de verre à la feuille d'or. Seule a survécu la \"mosaïque de Barada\" (du nom du fleuve traversant Damas), qui représente un paysage à rivières, arbres et constructions architecturales. \nLes murs du portique sont recouverts d'un décor en marbre de couleur de 3,5 m de haut. Aujourd'hui seules subsistent quelques dalles de marbre à l'angle sud-est. Ce décor était jadis surmonté d'une frise de type *karma*, faite d'un bandeau à décor de vigne, grappes de raisin et enroulements de feuilles d'acanthe, rappelant celle du Dôme du Rocher à Jérusalem. La mosaïque, le travail de sculpture de la pierre et du marbre sont des éléments anciens qui illustrent la continuité avec les traditions artistiques gréco-romaines aussi bien que byzantines. Ces éléments ont été associés à l'approche islamique interdisant toute représentation humaine dans les établissements religieux. Cet \"éclectisme conscient\" est la marque du nouveau langage architectural omeyyade. \nLa rapidité de la construction de cette mosquée monumentale – nouveau symbole statutaire pour les souverains musulmans – ainsi que son brillant décor et la richesse de ses matériaux furent un défi lancé aux plus belles des églises chrétiennes. Comme la mosquée de Cordoue, chef-d'œuvre précoce de l'architecture musulmane sacrée, la Mosquée omeyyade devint le prototype de la \"mosquée hypostyle\" consistant en une simple cour spacieuse (*sahn*) articulée par un portique à colonnes (*riwaq*) sur trois côtés et un espace couvert pour la prière (*haram*). La répartition en trois nefs et un transept exerça également une influence dans ce type d'architecture en Syrie comme en Égypte, en Tunisie et en Espagne.","short_description":"Décidant de construire la première mosquée monumentale de l'histoire de l'islam, le calife al-Walid ibn Abd al-Malik posa les bases du plan de nombreuses autres à venir et utilisa les plus beaux matériaux. Édifiée au-dessus d'un ancien sanctuaire dans le vieux Damas, cette mosquée possède une cour de 122,5 x 50 m entourée d'un portique à colonnes et bordée au sud par une vaste nef sous coupole rappelant les églises byzantines. Elle fut achevée en 96 H / 715 J.-C. Certains lambris de marbre d'origine et de magnifiques mosaïques bleu, vert et or subsistent le long du portique de la cour, en particulier la “mosaïque du Barada.”","dates":"87-96 de l'Hégire / 706-715 J.-C.","location":"Damas","method_for_datation":"L'inscription de fondation a disparu, mais son texte a été conservé par l'historien, voyageur et géographe arabe du Moyen Âge Ali ibn al-Husayn al-Massoudi dans son *Mouroudj al-Dhahab wa-macadin al-djawhar* \\[Récolte d'or et de trésors de joyaux\\], rédigé en 322-345/943-956.","bibliography":"Creswell, K. A. C., *A Short Account of Early Muslim Architecture,* Le Caire, 1989. \nFinster, B., “Die Mosaiken in der Umayyadenmoschee von Damaskus”, *Kunst des Orients*, 7/2, 1970-1971, pp. 83-141. \nFlood, F. B., *The Great Mosque of Damascus: Studies on the Makings of an Umayyad Visual Culture*, Leyde-Boston-Cologne, 2001. \nGrabar, O., *Formation of Islamic Art*, New Haven, 1987. \nHillenbrand, R., *Islamic Architecture*, Édimbourg, 1994. \nIbn Asakir (499-571 1105-1176), *Tarikh madinat Dimachq* \\[Histoire de Damas\\] (S. Munajjid, éd.), Damas, 1954. \nIbn Jubayr (540-614/1145-1217), *The Travels of Ibn Jubair* (De Goeje, éd.), 2e édition révisée, Leyde, 1907. \nMasudi, Ali ibn al-Husayn (écrit 332-345/943-956), *Mouroudj al-dhahab wa-macadin al-djawhar* \\[Prés d'or et trésor de bijoux\\], s.d.","patrons":"Al-Walid ibn Abd al-Malik (r. 86-89 H / 705-715 J.-C.).","dynasty":"Omeyyade.","author":"Verena Daiber","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Architecture religieuse"]},"85fb094d-1ff0-508b-bb75-cfcae0c77625":{"name":"Peinture","description":"Cette peinture représente une vue topographique de La Mecque montrant la Grande Mosquée entourée de la ville et des collines avoisinantes. Au centre de la vaste cour ouverte de la mosquée se dresse la forme cubique voilée de noir de la Kaaba, le plus saint des sanctuaires islamiques. Cette structure a été peu modifiée au cours des siècles mais restaurée, à la différence de la Grande Mosquée, plusieurs fois reconstruite. Cette vue date d'une période postérieure aux travaux de reconstruction ottomans du Xe siècle H (XVIe siècle J.-C.). Inspirées de l'architecture impériale stambouliote, des arcades surmontées de petites coupoles bordent la cour de chaque côté. Sept minarets à deux ou trois balcons se dressent vers le ciel. Le peintre a tenté de montrer une réalisation urbanistique ottomane. Les vieux quartiers de La Mecque étaient densément peuplés et les maisons touchaient les murs extérieurs de la Grande Mosquée. Il fut décidé de détruire ces logements afin de dégager un vaste espace devant le sanctuaire et sa façade, comme il était de règle dans les complexes de mosquée à Istanbul, Bursa ou Edirne. De nombreuses représentations de La Mecque et de la Kaaba illustrent les itinéraires suivis par les pèlerins pour les aider à s'orienter pendant le *hadjdj.* Elles figurent également sur des carreaux et des panneaux de carreaux depuis  la seconde moitié du XIe siècle H (XVIIe siècle J.-C.) jusqu'à la première moitié du XIIe siècle H (XVIIIe siècle J.-C.). Elles fournissent des descriptions détaillées des fonctions des différents bâtiments. La coupole devant la Kaaba à gauche du *minbar* (chaire), par exemple, protège les empreintes d'Abraham. À côté, le bâtiment ouvert abrite le puits de Zamzam dont les pèlerins boivent l'eau ou la rapportent chez eux. Le choix des constructions représentées, leur disposition et leur exécution évoquent davantage les gravures sur cuivre européennes de La Mecque que les descriptions des mêmes lieux figurant dans les livres de prière contemporains ou sur les carreaux de céramique mentionnés pus haut.","short_description":"Peinture d’une vue topographique de La Mecque montrant au centre la Grande mosquée entourée de maisons. Au milieu de la vaste cour ouverte se dresse la construction de la Kaaba tendue de noir.","holder":"Bibliothèque de l’Université d’Uppsala","dates":"Début du XIIe siècle de l’Hégire (début du XVIIIe siècle J.-C.)","location":"Uppsala","dimensions":"H. 84,5 cm, l. 111,2 cm (hors cadre).","method_for_datation":"Cette peinture a été achetée par le théologien et orientaliste Michael Eneman (1676-1714), probablement à Istanbul, où il avait été envoyé par le roi de Suède Charles XII (1682-1718) en 1709. Après un voyage à travers la Syrie, la Palestine, le Sinaï, l’Égypte et Chypre en 1711 et 1712, il rentra en Suède en repassant par Istanbul. On pense que cette peinture est contemporaine de ce périple car les représentations de La Mecque et de Médine étaient courantes à cette époque.","method_for_provenance":"Peinture achetée par le théologien et orientaliste Michael Eneman au cours de son séjour en Turquie, probablement à Istanbul, au début du XIIe/XVIIIe siècle. Les représentations de La Mecque et de Médine étaient un sujet fréquent dans la peinture ottomane à l’époque, non seulement dans la technique à l’huile, mais aussi sur des carreaux ou en illustration de livres de prières ou de pèlerinage.","provenance":"Peut-être Istanbul, Turquie.","obtention":"Acheté par la Bibliothèque de l’Université d’Uppsala en 1717.","bibliography":"Ådahl, K., “View of Mecca and the Ka'ba”, in *Uppsala University Art Collections*, Uppsala University, 2001, pp. 256-257. \nErdmann, K., “Note. Ka'bah-Fliesen”, *Ars Orientalis* III, 1959, 192-197. \nFaroqhi, S., *Herrscher über Mekka: Die Geschichte der Pilgerfahrt*, Düsseldorf-Zürich, 2000. \nGren, E., “Bidrag till Michael Enemans Biografi Studier och Bokförvärv”, *Donum Grapeanum*, 1945, pp. 445-494. \nMostafa, M., *Islamische Keramik*, Le Caire, 1956, fig. 94, 95.","dynasty":"Ottomane","author":"Friederike Voigt","copy_editor":"Monica Allen","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Pèlerinage; décoration figurative."],"materials":["Huile sur toile."]},"86141f73-f2d4-5de6-b66c-a5955dcb470a":{"name":"Fontaine publique.","description":"Fontaine en forme de banc conçue pour la mosquée de Moustafa Lala Pacha à Damas. Elle est en marbre fin décoré de calligraphie sculptée et de mosaïques géométriques en nacre et marbre de couleur. La partie supérieure consiste en un panneau de marbre présentant deux lignes d'inscription en arabe sculptées en style *diwani*, un style complexe, animé et dynamique dont les caractères se chevauchent, et qui était très populaire pendant la période ottomane. Un fin bandeau de motifs végétaux sépare les deux lignes de l'inscription. Le panneau central est flanqué de deux montants curvilignes également sculptés de riches motifs végétaux et de calligraphie. \nL'inscription explique que cette fontaine, appelée *rub’* (unité de mesure de l'eau) a été construite et mise à la disposition du public en l'honneur du sultan Soliman le Magnifique par Moustafa Pacha en 971 H / 1564 J.-C. La date semble avoir été importante puisqu'elle est écrite numériquement et alphabétiquement en trois endroits différents dans l'inscription. Elle marque l'accession au poste de gouverneur de Damas pour cinq années de Moustafa Lala Pacha. Parmi les *waqf* qu'il offrit à la ville figurent une nouvelle mosquée et un nouveau *khan* aux luxueux équipements sanitaires. Au cours du règne du sultan Sélim II (973-981 H / 1566-1574 J.-C.), Moustafa Lala Pacha commanda des troupes qui conquirent Chypre en 977 H / 1570 J.-C., l'une des grande victoires des armées ottomanes. \nL'inscription se traduit *:* \n\"Celui qui a édifié ce *rub’* public, que Dieu le rende utile, au cours de l'ère du sultan qui craint le plus Dieu, le sultan Sulayman Khan fils du Sultan Salim Khan, que Dieu le plus Exalté l'élève au trône du sultanat, est le Très Noble Moustafa Pacha, que Dieu le comprenne dans l'intercession de son médiateur, l'héritier des royaumes ottomans du sultan Salim Khan, celui qui craint le plus Dieu, que Dieu éclaire son royaume de sa lumière brillante, ce texte a été exprimé, dicté et inscrit en l'année neuf cent soixante et onze, 971 \\[1564\\].”","short_description":"Importante fontaine en marbre réalisée à Damas et dédiée au sultan Soliman le Magnifique par le puissant seigneur et gouverneur militaire de Damas, Moustafa Lala Pacha.","holder":"Musée national de Damas.","initial_owner":"Le gouverneur de Damas Moustafa Lala Pacha (r. 971-976 H / 1563-1569 J.-C.), en l'honneur du sultan Soliman le Magnifique (r. 926-974 H / 1520-1566).","dates":"971 de l'Hégire / 1564 J.-C.","location":"Damas","dimensions":"H. 78,5 cm, l. 150 cm.","method_for_datation":"L'inscription figurant sur la pièce donne la date de son achèvement : 971 (1564).","method_for_provenance":"Documents des archives du musée.","provenance":"Mosquée de Moustafa Lala Pacha, Damas, Syrie.","obtention":"La mosquée de Lala Moustafa Pacha à Damas a été démolie entre 1928 et 1930 pour laisser place au souk al-Hal. Cette pièce, en même temps que d'autres objets de valeurs, a été transférée au musée qui l'a enregistrée dans ses collections en 1931.","bibliography":"Abu al-Faraj al-Ush, M., *A Concise Guide to the National Museum of Damascus*, Damas, 1969.","dynasty":"Période ottomane","author":"Mona al-Moadin","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Marbre ; mosaïques ; fontaines publiques ; Damas ; Moustafa Lala Pacha ; sultan Soliman le Magnifique ; Sélim II"],"materials":["Marbre sculpté à incrustations de marbre et de nacre en partie inférieure."]},"8eee28ae-e98c-58dd-82dd-0212290a8232":{"name":"Filtre.","description":"Ce fragment de terre cuite grisâtre à travail ajouré en partie centrale équipait une jarre à filtre. Celui-ci, légèrement convexe, était placé à la jonction du col et de l'épaule pour protéger le liquide des insectes et autres pollutions. Le motif inscrit dans le cercle représente un quadrupède se déplaçant vers la gauche. Il se détache d'un fin treillis de losanges. Différentes parties du corps de l'animal, généralement considéré comme une gazelle, sont mises en valeur par des traits incisés dans la matière. Le reste du corps est lisse. Le filtre est délimité par une bordure en couronne à zigzag incisé. \nLes filtres décorés ont été découverts lors de fouilles et datés de la période allant du IIe au IXe siècle H (VIIIe-XVe siècle J.-C.). Ceux de la période fatimide, qui connaît l'apogée de ce type de production, présentent non seulement des motifs variés mais aussi des compositions plus élaborées d'exécution plus raffinée. Outre des gazelles, on trouve ainsi, par exemple, des éléphants, des lions, des lièvres, des oiseaux ou des poissons. \nBien que réduits à l'état de fragments de récipients beaucoup plus volumineux, ces filtres sont intéressants. Ils représentent la combinaison inattendue du simple objet en terre cuite, la plupart du temps sans décor extérieur, et du luxueux décor des cols de jarres. Les potiers surent créer une forme hautement esthétique pour cet objet purement utilitaire. La finesse du travail ajouré illustre le talent de ces artisans.","short_description":"Fragment de terre cuite faisant office de filtre intégré à un récipient. L'ajourage représente un quadrupède, peut-être une gazelle, se déplaçant vers la gauche. Le filtre était placé à la jonction du col et de l'épaule d'un récipient en terre cuite de façon à protéger le liquide des insectes et de la pollution.","holder":"Musée des antiquités méditerranéennes et proche-orientales (Medelhavsmuseet","owner":"Musée national des Beaux-Arts, Stockholm. Dans le cadre de la réorganisation de ses collections en expansion, la plus grande partie des pièces d’art islamique ont fait l’objet d’un prêt permanent au Musée des antiquités méditerranéennes et proche-orientales en 1982.","dates":"Ve siècle de l'Hégire (XIe siècle J.-C.)","location":"Stockholm","dimensions":"Ø 6,5 cm.","method_for_datation":"Un filtre également orné d'une gazelle découvert à Fustat a été daté à partir de pièces de monnaie trouvées à proximité dans une couche intacte datant du Ve/XIe siècle.","method_for_provenance":"Des filtres similaires ont été découvert lors de fouilles à Fustat, où ils ont vraisemblablement été fabriqués. Selon F. R. Martin, ce filtre provient de fouilles à Fustat.","provenance":"Fustat, Égypte.","obtention":"Acheté au marchand et historien d'art F. R. Martin en 1921.","bibliography":"Olmer, P., *Catalogue général du Musée arabe du Caire : les filtres de gargoulettes*, Le Caire, 1932. \nScanlon, G. T., *Fustat Expedition Final Report*. Vol. 1: *Catalogue of Filters*, Winona Lake, 1986. \nWittkowski, G., “Arabic Filters from the Collection of the Cracow Archaeological Museum”, *Materialy Archeologiczne*, XXX, 1997, pp. 41-55.","dynasty":"Période fatimide","author":"Friederike Voigt","copy_editor":"Monica Allen","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Céramiques; décoration zoomorphe; eau; purification de l’eau"],"materials":["Terre cuite non vernie, incisée."]},"9019f587-868b-5467-91b0-7b17a50a99bd":{"name":"Puisoir.","description":"Le puisoir est un récipient métallique muni d'une anse qui était employé dans les bains pour arroser d'eau les chauds dallages de marbre et produire la vapeur nécessaire. \nL'ouverture est déformée, sans doute par l'usage. Les éléments décoratifs sont délimités par des circonférences tracées au compas. La gravure est exécutée à l'aide de deux pointes, l'une vive, l'autre plus douce. Le décor d'ataurique a été tracé en s'ajustant à la pièce. \nLa surface externe est entièrement recouverte d'un ornement compartimenté en bandes qui délimitent une bande épigraphique sur la partie supérieure, une frise de rinceaux et de palmettes, une autre bande elle-même articulée en deux cercles et deux médaillons polylobés et, enfin, une autre frise de volutes et de palmettes. Dans la partie inférieure apparaît plusieurs fois l'inscription “Bonheur éternel”, tandis que, dans les médaillons, on lit : “Le bonheur et la prospérité, la bénédiction et l'accomplissement des désirs”. L'un des médaillons présente un schéma géométrique : deux spirales inversement déroulées, surmontées de groupes capricieux de tiges et de bourgeons, constituent le fond sur lequel s'inscrivent d'élégants caractères cursifs. L'autre, moins touffu, est constitué d'un groupe de rinceaux surmontés de palmettes asymétriques. Les espaces entre les médaillons développent l'idée de “l'arbre”. La structure renvoie au monde perse qui, à partir du VIe siècle H (XIIe siècle J.-C.), revitalise les vieilles formes romaines. \nCette pièce appartient au type d'objets domestiques utilisés dans certains milieux raffinés et influencés par les modes orientales, particulièrement prisées en al-Andalus.","short_description":"Fasciné par ce magnifique récipient de bronze de l'Alhambra, le puissant cardinal Cisneros l'emporta et l'intégra à sa collection particulière. Son exquise décoration géométrique, végétale et épigraphique indique qu'il s'agissait d'une pièce de luxe, à l'usage restreint à l'enceinte du palais.","holder":"Musée archéologique national.","dates":"VIIIe siècle H / XIVe siècle J.-C.","location":"Madrid.","dimensions":"H. 18 cm, Ø supérieur 18 cm, Ø inférieur 9,75 cm.","method_for_datation":"Par la technique d'exécution et la décoration en cercles couverts de trames géométriques régulières engendrées à partir d'un hexagone et de ses multiples, selon les conventions particulières de la décoration nasride.","method_for_provenance":"L'inscription reproduit la devise de la monarchie nasride. Sa décoration riche et soignée suggère que la pièce a été réalisée dans les ateliers royaux.","provenance":"Palais de l’Alhambra, Grenade.","obtention":"La pièce est entrée au Musée archéologique national le 30 mai 1868 en provenance de l'Académie royale des Belles Lettres de San Fernando.","bibliography":"*Al-Andalus: las artes islámicas en España* (catalogue d'exposition), Madrid, 1992, p. 256*.* (édition en anglais : *Al Andalus : the Islamic Arts in* Spain, New York, 1992.) \nAmador de los Ríos, R., “Acetre arábigo que se conserva en el Museo Arqueológico Nacional”, *Museo Español de Antigüedades*, VII, Madrid, 1876, pp. 467-481. \nDomínguez Perela, E., “Acetres hispanoislámicos”, *Icónica*,8, Madrid, 1987, pp. 8-13. \nFranco Mata, A., “Acetre”, *Isabel la Católica. La magnificencia de un reinado. Quinto Centenario de Isabel la Católica, 1504-2004*, Valladolid-Madrid, 2004, pp. 246-47. \nGómez Moreno, M., *El arte árabe español hasta los almohades. Arte mozárabe*, Ars Hispaniae, vol. III, Madrid, 1951, p. 337.","dynasty":"Nasride","author":"Ángela Franco","copy_editor":"Rosalía Aller","translator":"Benito Pelegrín (de l'espagnol)","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau ; bains ; mobilier domestique"],"materials":["Bronze fondu, gravé, niellé et doré au feu."]},"9ac8d0d2-823f-5dcf-8834-a73fe5588a48":{"name":"Alcazaba (forteresse, citadelle).","description":"La ville de Mérida, fondée par Auguste en 25 av. J.-C., fut l'un des principaux centres urbains de l'Hispania romaine. À l'époque wisigothique, elle devint la deuxième ville en importance après Tolède. Après la conquête musulmane, la cité demeura le centre le plus peuplé du *Gharb al-Andalus* (l'occident d'al-Andalus). Cependant, suite aux rébellions continuelles face au pouvoir centraliste des Omeyyades, Mérida tomba dans une nette décadence. Après des révoltes successives et des sièges, pour sécuriser la place, Abd al-Rahman, en 220 H / 835 J.-C., fit construire une citadelle destinée à servir de refuge aux troupes fidèles à Cordoue et à s'assurer la soumission de cette zone si encline aux soulèvements. \nL'*alcazaba* s'élève sur le bord du fleuve Guadiana, près du pont, et ses murailles s'appuient sur une digue de retenue romaine. C'est une enceinte au plan carré de quelque 130 m2, d'un périmètre de 550 m. Les murs, de 2,70 m d'épaisseur et de 10 m de hauteur, sont faits de pierres de taille granitiques provenant d'édifices antérieurs, romains et wisigothiques. La muraille est renforcée par une série de massives tours à base quadrangulaire, qui servent de contreforts. L'entrée principale de l'enceinte est un arc en fer à cheval situé sur le côté nord et flanqué de deux grosses tours. Cet espace était protégé par une sorte de cour rectangulaire avec deux autres portes – ouvrant respectivement sur la ville et sur le pont – qui jouaient le rôle de barbacane ou de premier espace défensif. \nÀ l'intérieur de l'enceinte, dans le secteur occidental, on conserve une citerne (*aljibe*) rectangulaire, également en pierres de taille de granit et que l'on peut dater de la même époque. L'édifice d'accès au dépôt d'eau est décoré de pilastres wisigothiques de remploi et inclut deux escaliers qui descendent jusqu'à la citerne. Cette citerne était alimentée en permanence par l'eau du fleuve par infiltrations du terrain et, en cas de siège, pourvoyait en eau la population de la citadelle. \nAprès la reconquête chrétienne (*Reconquista*), la place fut cédée à l'ordre de Saint-Jacques, qui lui adjoignit des tours et d'autres constructions médiévales afin de l'habiliter comme couvent et résidence ; c'est pourquoi l'édifice est également connu sous l'appellation de “Résidence conventuelle de Mérida”.","short_description":"Il s'agit de la fortification musulmane la plus ancienne qui ait survécu dans la péninsule. Après avoir étouffé les continuelles révoltes contre la ville de Mérida, l'émir de Cordoue Abd al-Rahman II ordonna la destruction des murailles de la cité et fit construire une nouvelle forteresse avec les pierres de taille de l'ancienne, qui, placées certaines au cordeau et d'autres en boutisse, perpétuèrent la tradition de l'architecture militaire romane et byzantine. La nouvelle fortification fut érigée près du pont romain qui enjambe le fleuve Guadiana, pour en assurer la défense. Elle servait également de résidence du gouverneur et de refuge aux fidèles de l'émir en cas de révolte.","dates":"220 de l'Hégire / 835 J.-C.","location":"Mérida (Badajoz)","method_for_datation":"L'inscription conservée indique précisément que l'*alcazaba* fut construite en 220/835 par l'émir Abd al-Rahman II.","bibliography":"Gómez Moreno, M., *El arte árabe español hasta los almohades. Arte mozárabe*, Ars Hispaniae, vol. 3, Madrid, 1951, pp. 45-46. \nHernández Jiménez, F., “The Alcazaba of Mérida: 220 H. (835)”, *Early Muslims Architecture 2*, Oxford, 1940, pp. 197-207. \nSerra y Rafols, J., “La alcazaba de Mérida”, *Archivo Español de Arqueología*, 65, 1946, pp. 334-345. \nValdés Fernández, F., “La fortificación islámica en Extremadura: resultados provisionales de los trabajos en las alcazabas de Mérida, Badajoz y Trujillo y la cerca urbana de Cáceres”, *Extremadura Arqueológica II*, Badajoz 1991, pp. 547-557. \nZozaya, J., “Islamic Fortifications in Spain: Some Aspects”, *British Archaeological Report*, 193, 1984, pp. 636-73.","patrons":"Abd al-Rahman II (r. 207-238 H / 822-852 J.-C.).","dynasty":"Omeyyade d’al-Andalus, période émirale.","linkcatalogs":"IAM_PT_FR_001","author":"Margarita Sánchez Llorente","copy_editor":"Rosalía Aller","translator":"Benito Pelegrín (de l'espagnol)","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["alcazaba ; Mérida ; Omeyyades d’al-Andalus ; Abd al-Rahman II ; fortification ; citerne (aljibe)."]},"9b8ab3ff-1008-5ce8-b032-994aad3a8bf4":{"name":"Vasque.","description":"Bassin oblong en marbre gris. Aux deux extrémités de l'ouverture, un décor sculpté formé de deux arcs lobés se termine par des motifs serpentiformes. Les quatre écoinçons du rebord du bassin sont meublés de quatre médaillons pleins. La cavité de cette vasque présente un fond avec son rebord. L'un des deux côtés latéraux porte un orifice jadis relié à la canalisation. La forme extérieure de la vasque se rétrécit à sa base.","short_description":"Ce bassin de forme rectangulaire porte un décor sculpté consistant en deux arcs lobés terminés par des motifs serpentiformes. Aux quatre écoinçons du rebord du bassin figurent quatre médaillons pleins. Cette vasque servait probablement à alimenter en eau le palais de la Mer ou Dar al-Bahr.","holder":"Musée national des antiquités et des arts islamiques","dates":"405-547 de l’Hégire / 1015-1152 J.-C.","location":"Alger","dimensions":"L. 119 cm, l. 52 cm, H. 26,5 cm, P. 17 cm.","method_for_datation":"Trouvé dans Dar al-Bahr de la Qalaa des Beni Hammad (Ve-VIe/XIe-XIIe siècle).","method_for_provenance":"Découvert par De Beylié dans l'angle nord-ouest de la grande cour de Dar al-Bahr.","provenance":"Dar al-Bahr, Qalaa des Beni Hammad.","obtention":"Dépôt archéologique (fouilles De Beylié, 1908).","bibliography":"Beylié, général de, *La Kalaa des Beni Hammad, une capitale berbère de l'Afrique du Nord au XIe siècle*, Paris, 1909. \n \nBourouiba, R., *Les H'ammadites*, Alger, 1984. \n \nGolvin, L., *Recherches archéologiques à la Qal'a des Banû-Hammâd*, Paris, 1965. \n \nMarçais, G., *Le musée Stéphane Gsell, musée des antiquités et d'art musulman d'Alger*, Alger, 1950.","dynasty":"Hammadide","author":"Leila Merabet","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["vasque ; bassin ; marbre ; arc ; écoinçon ; canalisation ; eau ; palais ; médaillon ; Hammadides ; Qalaa des Beni Hammad ; Dar al-Bahr"],"materials":["Marbre gris sculpté."]},"9b938f78-dd1b-5b00-a709-62c11978cdc8":{"name":"Vasque à ablutions.","description":"Cette vasque à ablutions fut découverte en fragments à la fin du XIXe siècle au centre de la ville de Séville. Elle conserve, après sa restauration, les bandes épigraphiques et la décoration sur trois de ses côtés. \nLa face principale est ornée de trois arcs trilobés, encadrés par leurs *alfices* (sg. *alfiz*) respectifs, reposant sur des colonnes. Chaque arc abrite un rameau d'où partent des feuilles, des palmettes, des pignes et des tiges entrelacées. L'espace entre l'arc et l'*alfiz* présente le même type de décoration. L'ensemble est encadré par une bande épigraphique. \nLe côté droit présente un espace divisé verticalement en trois parties. La partie centrale est dépourvue de décoration, probablement pour laisser place à la sortie de l'eau ; les deux autres côtés présentent des scènes similaires : des aigles soutiennent sur leurs ailes éployées deux petits lions affrontés tout en enserrant des cerfs dans leurs griffes ; au-dessous, deux griffons affrontés complètent la scène. Cette iconographie d'origine sassanide évoque le pouvoir, l'abondance et l'éternité. \nDu troisième côté, seuls nous sont parvenus la bande épigraphique, un bandeau avec des canards et des poissons et, au-dessous, les restes d'un lion attaquant un cerf. \nNous savons, par l'inscription, que cette vasque fut commandée pour la mosquée du palais d'al-Zahira par al-Mansour, premier ministre et favori d'Hicham II qui, enfant, accéda au califat en 366 H / 976 J.-C., après la mort de son père al-Hakam II. \nL'irrésistible ascension vers le pouvoir d'al-Mansour commence peu après l'accession d'Hicham II au califat. Dans le but d'instaurer une dynastie parallèle à la dynastie légale des Omeyyades, al-Mansour construisit une ville-palais appelée Madinat al-Zahira. Cette nouvelle cité, rivale de Madinat al-Zahira, était située dans la partie orientale de Cordoue, mais seuls de rares vestiges matériels sont parvenus jusqu'à nous. La ville fut incendiée et rasée en 399 H / 1009 J.-C.","short_description":"Rivalisant avec les califes omeyyades, qui avaient érigé Madinat al-Zahira, le *hajib* de Cordoue al-Mansour fit construire la ville-palais de Madinat al-Zahira, et c'est pour elle que, d'après son inscription, il fit réaliser cette vasque. Il ne reste que l'empreinte des piliers latéraux adossés au mur, probablement dotés de gicleurs zoomorphes.","holder":"Musée archéologique national.","dates":"377 Hégire / 988 J.-C.","location":"Madrid.","dimensions":"H. 68 cm; l. : 15 cm. ; P. 77 cm","method_for_datation":"D'après l'inscription en caractères coufiques, qui précise : “… al-Mansour Abi Amir Muhammad ben Abi Amir, que Dieu lui donne prospérité. [Ceci est] ce qu'il fit faire pour le palais al-Zahira et qui fut terminé avec le secours et l'aide bienveillante de Dieu sous la direction du grand fatá amiri, l'année sept et soixante et dix et trois cents”. Par conséquent, la vasque est datée de 377/988.","method_for_provenance":"Il existe deux autres vasques attribuables aux mêmes période et provenance. L'une d'entre elles est conservée au musée de l'Alhambra. L'autre se trouve à Marrakech (Maroc) et fut réalisée pour Abd al-Malik, fils d'al-Mansour. Les trois exemplaires présentent, sur l'une de leurs faces, une semblable décoration d'origine orientale.","provenance":"Du palais disparu de Madinat al-Zahra (Cordoue).","obtention":"La pièce est entrée en plusieurs étapes. Les deux parties les plus importantes, le devant et une partie de l'un des côtés, on été achetées le 22 novembre 1882. Un autre morceau a intégré le musée en 1923. Enfin, le dernier morceau est arrivé le 30 juillet 1930, en provenance du Musée archéologique provincial de Séville.","bibliography":"Ewert, C. *et al.*, “Denkmaler des islam”, *Hispania Antiqua*, 1997, p. 176. \nLévi-Provençal, é., *Inscriptions arabes d'Espagne,* Paris, 1931, p. 194. \nRevilla Vielva, R., *Catálogo de las antigüedades que se conservan en el Patio árabe del Museo Arqueológico Nacional de Madrid*, Madrid, 1932, p. 77. \nTorres Balbás, L., “España musulmana hasta la caída del califato de Córdoba (731-1031)”, *Historia de España* (dir. Menéndez Pidal), vol. 5, Madrid, 1957, p. 718. \nZozaya, J., “Antigüedades andalusíes de los siglos VIII al XV”, *Guía general del Museo Arqueológico Nacional,* Madrid 1991, p. 66.","dynasty":"Omeyyade d’al-Andalus, période califale","author":"Margarita Sánchez Llorente","copy_editor":"Rosalía Aller","translator":"Benito Pelegrín (de l'espagnol)","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau ; ablutions ; religion"],"materials":["Marbre sculpté."]},"a07c1b97-5ce9-5d4e-a870-1d3149e2561d":{"name":"Palais Badi.","description":"Le 3 *chaaban* 986 H / 4 octobre 1578 J.-C., Ahmad al-Mansour remportait sur les Portugais à la bataille de Oued el-Makhzen (dite bataille d'Alcazarquivir ou des Trois Rois) l'éclatante victoire à l'issue de laquelle il fut proclamé sultan et reçut le titre de “Mansour ” (le Victorieux). Désormais auréolé d'une renommée internationale, il décida de construire dans la casbah de Marrakech un fastueux palais de réception. \n \nLes travaux durèrent 16 ans et le palais fut appelé “Badi” (l'Incomparable), un des 99 qualificatifs d'Allah (par ailleurs, *ksar el-bdi* signifie en arabe marocain “le palais de porcelaine”, ce qui pourrait renvoyer aux riches lambris de céramique qui ornent l'édifice à profusion). Montaigne, dans son *Voyage en Italie,* rapporte que, près de Pise, des ouvriers italiens taillaient, “pour le roi de Fès en Barbarie”, cinquante très hautes colonnes de marbre qui furent payées en sucre, poids pour poids. Et al-Ifrani rapporte que des ouvriers de différents pays,y compris européens, furent recrutés pour l'exécution des travaux. \n \nPendant trois quarts de siècle, le Badi accueillit toutes les grandes cérémonies et fêtes données par les souverains saadiens, et finit par acquérir une réputation, plus ou moins fondée, d'excès et de débauche. C'est, pour une grande part, ce qui décida le souverain alaouite Moulay Ismaïl (1083-1140 H / 1672-1727 J.-C.) à ordonner la destruction totale de l'édifice, dont ne subsistent aujourd'hui qu'une partie de la muraille d'enceinte d'une épaisseur de 2 m, l'esplanade, avec les vestiges des bassins et des vergers, un des pavillons avec ses colonnes et quelques éléments décoratifs (stuc, marbre, zelliges). \n \nMais les fouilles effectuées au XXesiècle, la découverte de deux plans du palais (un portugais et un anglais) et les relations de chroniqueurs contemporains et de visiteurs étrangers autorisent une vision assez précise de ce que fut le Badi au temps de sa splendeur. \n \nLe palais était construit autour d'une immense cour rectangulaire de 135 x 110 m comportant un long bassin central de 90 x 20 m, doté d'une fontaine monumentale avec, de chaque côté, une dépression complantée d'arbres et de fleurs et flanquée, aux extrémités, de quatre petits bassins rectangulaires dont le pavage en marqueterie céramique est encore bien visible. Le côté est du palais donnait sur un grand jardin dit “de cristal”. \n \nDeux pavillons de 15x 16 m se dressaient au milieu des petits côtés de la cour, et deux autres de 23x 15 m au milieu des grands côtés ; les coins de la cour étaient flanqués de tours en troncs de pyramides. \n \nLes pavillons étaient surmontés de coupoles aux plafonds incrustés d'or et de précieuses *mouqarnas* portées par des colonnes en marbre aux chapiteaux recouverts de feuilles d'or. Les sols et les murs étaient recouverts de mosaïques de faïence, les portes étaient en bois sculpté et, partout, des fontaines faisaient jaillir leur eau de gueules de lions, de léopards ou de pythons sculptés dans l'argent massif.","short_description":"Pendant 75 ans, le Badi, détruit sous les Alaouites, a accueilli toutes les fêtes des souverains saadiens. Le palais était construit autour d'une immense cour dotée de 5 bassins pavés de céramique et qui débouchait sur un grand jardin. \nAu milieu de chaque côté de la cour se dressaient un pavillon central et deux tours latérales. *Mouqarnas* incrustés d'or, marbres d'Italie, mosaïques, têtes de fontaines en argent massif… le décor y était d'une richesse extrême. En subsistent une partie de l'enceinte, l'esplanade avec les vestiges des bassins, un des pavillons avec ses colonnes et quelques éléments décoratifs.","dates":"Les travaux ont commencé au mois de chawal 986 H (décembre 1578) et se sont achevés en 1002/1594.","location":"Marrakech.","method_for_datation":"D'après al-Ifrani, qui s'appuie sur les inscriptions poétiques qui ornaient le palais et qui ont disparu.","bibliography":"Al-Ifrani, A., *Nouzhat al-Hadi, Histoire de la dynastie saadienne*, éd. et trad. O. Houdras, Paris, 1888-1889, ch. XL. \n \nDeverdun, G., *Marrakech, des origines à 1912*, Rabat, 1959, pp. 392-401. \n \nMarçais, G., *L'architecture musulmane d'Occident*, Paris, 1954, pp.395-396.","patrons":"Ahmad al-Mansour ad-Dahbi, souverain saadien (r. 985-1019 H / 1578-1603 J.-C.).","architects":"Le plan général suggère que le concepteur du bâtiment était un Andalou, probablement un réfugié grenadin ou morisque.","dynasty":"Saadienne, 955-1027 de l’Hégire / 1548-1618 J.-C.","author":"Kamal Lakhdar","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["résidence royale; eau; jardins; marbre; bois; zelliges"]},"a0a31a62-7361-5268-8ad7-1a7b0126f09d":{"name":"Vase de l’Alhambra.","description":"Ce grand vase d'ornement appartient à la catégorie des dits “vases de l'Alhambra”. Ils sont tous semblables par la forme : un grand corps ovoïde à base étroite sans glaçure, d'où partent deux anses plates de grandes dimensions et un col à section octogonale, renforcé par des moulures verticales. \nLe décor, en doré pâle sur fond blanc, est distribué horizontalement en larges bandes de différentes largeurs, séparées entre elles par des franges lisses plus étroites. La bande centrale, plus large, présente des motifs végétaux et une inscription en caractères coufiques, en blanc sur fond doré, qui répète plusieurs fois le mot “pardon”. Au-dessous et au-dessous de la bande centrale se trouvent autant de bandes similaires décorées d'atauriques et de cercles dorés réunis entre eux par un filet. La décoration du corps est complétée par deux autres registres : l'un, dans la partie inférieure, est orné d'arceaux, tandis que le plus proche du col présente une inscription coufique presque effacée. \nLe col, à huit faces séparées par des moulures, porte un décor de motifs végétaux stylisés. Les anses, collées au corps, présentent sur chaque face le symbole de la *hamsa* ou “main de Fatima”. \nLes “vases de l'Alhambra” constituent les pièces les plus importantes de la production de céramique nasride. La délicatesse de leur décor et leur grande taille en ont fait des objets d'exportation très prisés. Les exemplaires les mieux conservés se trouvent à Palerme (Musée régional de Sicile), Saint-Pétersbourg (Hermitage), Stockholm (Musée national des beaux-arts) et Madrid (Institut Valencia de Don Juan et Musée archéologique national). Certains sont exclusivement décorés en doré, d'autres, en doré et bleu de cobalt, toujours sur couverte stannifère blanche. \nBien que leur forme dérive des grandes jarres de stockage, leurs dimensions, qui en rendent le maniement difficile, ainsi que l'absence d'éléments préhensiles sur les anses, font penser que leur fonction était d'ordre exclusivement ornemental.","short_description":"Complexité technique de la fabrication, beauté des motifs décoratifs et du reflet doré : les “vases de l'Alhambra” furent des objets de luxe. Leur fonction demeure inconnue, mais ils jouissaient d'une telle réputation qu'ils étaient exportés jusqu'en Sicile et en Égypte mamelouke.","holder":"Musée archéologique national.","dates":"VIIIe siècle H (XIVe siècle J.-C.).","location":"Madrid.","dimensions":"H. 126 cm, Ø max. 63 cm.","method_for_datation":"Il est difficile d'assigner une date précise à la fabrication de ces vases. Cependant, tous les chercheurs, s'en tenant au type d'inscription, admettent que les exemplaires décorés simplement en doré sur blanc sont les plus anciens, et qu'on commença à les fabriquer à partir du dernier tiers du VIIe/XIIIe, et surtout durant le VIIIe/XIVe siècle.","method_for_provenance":"Bien que tous ces exemplaires soient connus sous l'appellation générique de “vases de l'Alhambra”, leur lieu de production était Málaga, d'où ils étaient exportés. à partir du VIIe/XIIIe siècle, des auteurs arabes commencent à mentionner Málaga comme grand centre producteur et exportateur de la faïence à reflets dorés ou métalliques.","provenance":"Málaga.","obtention":"La pièce a été trouvée par hasard, au début du XXe siècle, lors de travaux de consolidation de certaines voûtes de la chartreuse de Santa María de la Defensión de Jerez de la Frontera (Cádiz). Elle est entrée au Musée archéologique national par donation le 29 juillet 1930.","bibliography":"Llubía, L. M., *Cerámica medieval española*, Barcelona: Nueva Colección Labor (2nd edition), 1973: 82–110. \nMartínez Caviró, B., *Cerámica hispanomusulmana: andalusí y mudéjar*, Madrid: El Viso, 1991: 76–7. \nSerrano García, C., “Los Jarrones de la Alhambra”, in *Estudios dedicados a D. Jesús Bermúdez Pareja*, Granada: Asociación Cultural de Amigos del Museo Hispanomusulmán, 1988: 127–62. \nTorres Balbás, L., \"Arte Almohade, Arte Nazarí, Arte Mudéjar\", *Ars Hispaniae*, Vol. IV, Madrid: Plus Ultra, 1949: 217. \nPatronato de la Alhambra y Generalife (sel.), *Los Jarrones de la Alhambra. Simbología y poder*, Madrid: Junta de Andalucía, Patronato de La Alhambra y Generalife, 2006.","dynasty":"Nasride","author":"Margarita Sánchez Llorente","copy_editor":"Rosalía Aller","translator":"Benito Pelegrín (de l'espagnol)","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["vase de l’Alhambra ; faïence à reflets dorés ; Nasrides ; Alhambra ; Málaga"],"materials":["Céramique ; glaçure, reflets dorés."]},"a7ce0231-54e8-5757-928a-48c3c0b66585":{"name":"Carte d’adduction d’eau.","description":"Carte de l'alimentation en eau du complexe Süleymaniye à Istanbul, dessinée à la main sur simple papier. Le système fut créé pour alimenter en eau le complexe de la mosquée, y compris sa cuisine populaire, son école et ses fontaines publiques. Alimenté par les sources d'Aypah (Kirazli) et de çinar (les sections à grande capacité du système d'alimentation en eau d'Halkali), cette conduite alimentait la Süleymaniye et 80 autres points d'eau de la ville. \nComme la carte a été dessinée schématiquement et sans échelle, de nombreux bâtiments et quartiers ne sont pas repérables avec précision. Elle s'achève sur une illustration du complexe de la Süleymaniye. \nElle retrace l'histoire de l'eau depuis ses sources, empruntant des tuyaux ou traversant des vallées sur des aqueducs, le réglage de sa pression à certains points, sa distribution dans différentes directions et par des fontaines publiques. Elle fournit également des informations sur la structure urbaine, les habitants et les constructions présents dans un quartier donné. Par exemple, l'aqueduc romain de Valens (375 J.-C.) appelé l'aqueduc Bozdoğan en turc, est présenté comme “le grand aqueduc du marché aux chevaux”, et l'on donne également le nom des gens et des bâtiments recevant son eau. Celle du réseau d'Halkali ne pouvait être livrée à des propriétés privées que sur permission écrite du sultan. Par exemple, on remarque la maison de Moshe Hamon (899-962/1490-1554), dentiste de Soliman le Magnifique, mentionnée comme “Maison de Hamudoğlu”. \nCette carte montre non seulement le circuit d'alimentation en eau, mais aussi les quartiers dans lesquels résidaient les dignitaires et membres de la cour. Elle est importante pour mieux comprendre la topographie sociale de la ville.","short_description":"Istanbul a toujours souffert du manque d’eau en raison de l’éloignement de ses sources. L’acheminement de l’eau sur de grandes distances par des aqueducs permit cependant de pourvoir à ses besoins. Ces cartes d’adduction d’eau nous renseignent aussi bien sur l’itinéraire emprunté depuis les sources jusqu’à la ville que sur les monuments se trouvant sur sa route ainsi que sur la structure sociale de la ville.","holder":"Musée des arts turcs et islamiques.","dates":"Seconde moitié du XIIe siècle de l’Hégire (XVIIIe siècle J.-C.).","location":"Sultanahmet, Istanbul","dimensions":"L. 2572 cm, l. 30 cm.","method_for_datation":"La carte ne comporte aucune date. Cependant, il semble clair, au vu des noms de personnes et de constructions indiquées, qu'elle est du XIIe/XVIIIe siècle. Par exemple, on sait que l'eau alimentait le palais de Taygun en 1161/1748, construction présente sur cette carte – le plan a donc dû être dessiné après cette date.","method_for_provenance":"Bien que la carte ne comporte aucune date, il est assez évident, d'après les noms de peuples et les bâtiments qu'elle porte, qu'elle est du XIIe/XVIIIe siècle. On sait par exemple que l'eau était acheminée jusqu'au palais de Taygun en 1161/1748 – la construction figure sur cette carte, qui a donc été dressée après cette date. Les services publics comme la distribution de l'eau étant du ressort de l'état, les structures hydrauliques étaient vraisemblablement dues aux architectes officiels du palais de Topkapı.","provenance":"Istanbul, Turquie.","obtention":"Transféré de la Direction des fournitures pour les fondations pieuses en 1341/1923.","bibliography":"Aksoy, Ş., “Istanbul'un Suyolları (Voies d'eau d'Istanbul)”, *P Dergisi* (P Magazine), Yaz 22 (été 22) (2001), pp. 17-29. \nçeçen, K,*. Süleymaniye Suyolları* (Voies d'eau de la Süleymaniye), Istanbul, 1986. \nçeçen, K*., Halkalı Suları* (Système d'alimentation en eau de Halkalı), Istanbul, 1991. \nYerasimos, St., *Soliman le Magnifique*, Paris, 1999, n° cat. 323.","dynasty":"Ottomane","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"Şule Aksoy","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau"],"materials":["Papier, encre, peinture de couleur."]},"ada30dbf-d7f6-59db-9686-df60e9f94fc9":{"name":"Amandiers en fleur.","description":"L'une des légendes portugaises les plus connues raconte la façon dont les amandiers sont devenus partie intégrante du paysage du Sud portugais. Un prince arabe, marié à une chrétienne du Nord, ne comprenant pas la tristesse permanente dans laquelle vivait son épouse, en vint à lui demander les raisons de cet état d'esprit permanent. Elle lui répondit que la neige, fréquente dans le nord de la Péninsule et rare dans les régions méridionales, lui manquait. Le prince fit alors planter des amandiers dont la floraison, à la fin de l'hiver, crée l'illusion des champs enneigés. \nCette légende, romantique et empreinte de lyrisme, a toutefois un fond de vérité et présente de profonds liens avec le territoire portugais. \nAl-Moutamid, poète et seigneur de la dynastie abbadide (461-484 H / 1069-1091 J.-C.), lança un jour un défi à Ibn Amar, pendant une promenade le long du Guadalquivir : “La brise transforme le fleuve / en une cotte de mailles.” La réponse vint d'Itimad, esclave de Romaik : “Meilleure cotte ne se trouve pas/ dès le fleuve congelé.” Impressionné par la beauté de l'esclave et par son inspiration poétique, al-Moutamid la prit comme femme et la fit reine. Les origines familiales et géographiques d'Itimad ont contribué à bâtir la légende. Bien que les faits narrés se rapportent à la région de Séville, al-Moutamid est né à Beja et a été seigneur de Silves, ayant ensuite gouverné une grande partie du sud de la péninsule Ibérique. \nDépossédé du pouvoir, al-Moutamid allait finit par s'exiler au Maroc où il est décédé le 30 *dhu'l-hijja* de 487 / 10 janvier 1095. Itimad gît à ses côtés, dans un mausolée à Agmat.","short_description":"Vers la fin de l'hiver, le paysage de l'Algarve est marqué par des amandiers en fleurs. La légende veut qu'ils aient été plantés par un prince arabe en hommage à sa bien-aimée, originaire du Nord, de façon à créer l'illusion de la neige, qui est rare dans le Sud. La légende s'inspire de l'histoire d'amour entre le prince abbadide al-Moutamid et l'esclave Itimad. Impressionné par sa beauté et son inspiration poétique, al-Moutamid la prit pour épouse et la fit reine. Les origines familiales et géographiques d'Itimad ont contribué à bâtir la légende.","dates":"Depuis la présence musulmane dans la région, IIe siècle de l’Hégire (VIIIe siècle J.-C.).","location":"Sud du Portugal.","method_for_datation":"Tradition orale.","linkcatalogs":"IAM_PT_FR_001","author":"Isabel Cristina Ferreira Fernandes","translator":"Inês Oseki-Dépré","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["amandiers ; sud du Portugal ; paysage ; légende ; traditions ; al-Moutamid"]},"b0b32448-07f0-5aaa-8b81-cade08d4c6f4":{"name":"Fontaine et sabil d’Ahmed III.","description":"La fontaine d'Ahmed III est située entre Bab-i Hümayun (Porte impériale du palais de Topkapı) et le musée de Sainte-Sophie. Il s'agit d'une construction carrée présentant un *sabil* à chaque angle. L'intérieur est occupé par un bassin d'eau octogonal entouré d'un passage. \nAu milieu de chaque façade se trouve une fontaine couronnée d'un arc brisé et flanquée sur chaque côté d'une niche à *mouqarnas*. à l'arrière, deux portes (à l'emplacement des niches) donnent accès aux *sabil* semi-circulaires. \nChacun de ceux-ci est entouré d'un muret d'environ un mètre haut. Ses murs sont rythmés par quatre colonnes réunies par des arcs chantournés. La baie est occultée par un treillage en métal. La partie supérieure des murs au-dessus des comptoirs est également arrondie. \nL'ensemble est protégé par une toiture à larges débordements. Recouvert de feuilles de plomb, le toit est couronné de cinq coupoles : une grande au centre et quatre plus petites au-dessus des *sabil*. Ces coupoles à charpente en bois recouverte de plomb et surmontée de faîteaux en bronze doré reposent sur des tambours octogonaux. \nLe plan décoratif repose à l'évidence sur “l'horreur du vide”. Les façades de marbre sont entièrement décorées de divers motifs d'origine turque et européenne. Les bandeaux horizontaux de *mouqarnas*, d'arabesques et de palmettes ainsi que les compositions foliées autour des fontaines sont remarquables. On trouve sur les deux façades et les murets des *sabil* des vases de fleurs en bas-relief. Les carreaux décoratifs, la calligraphie et les motifs de tulipes du treillage sont de très haute qualité. Les auvents débordants bénéficient également d'un décor en bois. La partie supérieure des façades est décorée de compositions de caissons, et celle qui surmonte les *sabil* de compositions de fleurs et de fruits. \nDe nombreux *sabil* et fontaines ont été édifiés au cours de “l'époque des tulipes” (1130-1142 H / 1718-1730 J.-C.) qui marque la transition entre l'art ottoman classique et les débuts de l'occidentalisation de l'art ottoman. Les fontaines jusqu'alors aménagées dans des cours ou directement dans des murs sont désormais des constructions indépendantes. Nouvel élément du patrimoine urbain, elles sont parmi les premiers éléments à illustrer une influence étrangère sur l'architecture ottomane. La fontaine d'Ahmed III est la plus monumentale.","short_description":"Les fontaines ottomanes construites dans des jardins publics, dont la fontaine d’Ahmed III est un exemple important, prirent un caractère monumental au XIIe siècle H (XVIIIe siècle J.-C.). À chaque angle se trouve un *sabil* (kiosque de distribution d’eau), et une fontaine occupe le centre de chacun des quatre côtés. Située face à la porte Impériale du palais de Topkapı, avec sa toiture à larges débordements et sa riche décoration, c’est un exemple important de la période dite des Tulipes.","dates":"1141 de l’Hégire / 1729 J.-C.","location":"Sultanahmet, Istanbul","method_for_datation":"L'inscription sur la fontaine et les *sabil* est une citation du poète Seyyid Vehbi. Elle informe que la fontaine a été construite à la suggestion du Grand Vizir Damat Ibrahim Pacha de Nevşehir en 1141/1729. Les deux vers donnant la date ont été composés par le sultan Ahmed III lui-même. Un document daté de *ramadan* 1141/avril 1729 — commande de marbre blanc pur non veiné de l'île de Marmara — prouve que la construction n'était pas encore achevée à cette date.","bibliography":"Eyice, S., “Ahmed III çeşmesi”, *Türkiye Diyanet Vakfı Islâm Ansiklopedisi* \\[Encyclopédie de l'Islam de la Fondation des affaires religieuses de Turquie\\], vol. 2, 1989, p. 9. \nKumbaracılar, İ., *Istanbul Sebilleri* \\[Sabils d'Istanbul\\], Istanbul, 1938, p. 8. \nTanışık, İ. H., *Istanbul çeşmeleri I* \\[Fontaines d'Istanbul I\\], Istanbul, 1943.","patrons":"Sultan Ahmed III (1115-1143 H / 1703-1730 J.-C.).","architects":"Architecte inconnu, mais le bâtiment est supposé avoir été édifié alors que Mehmed Agha de Kayseri, qui fit dorer les faîteaux et les treillages de la fontaine, était architecte en chef au palais de Topkapı.","dynasty":"Ottomane.","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"İnci Kuyulu Ersoy","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["fontaines ; sabil ; architecture de l’eau ; décoration végétale ; calligraphie"]},"b35cbc07-d87d-5f89-b803-e7930fc1b57b":{"name":"Sabil du sultan Qaytbay.","description":"Ce *sabil* de 13 m de haut environ comprend trois parties. La première est la partie principale de section carrée. Elle s'ouvre par trois fenêtres hautes sur chacune de trois de ses façades, et par une porte sur la quatrième, face à l'est. Chaque angle est orné d'un pilier engagé à chapiteau orné de *mouqarnas*. La deuxième partie comprend la zone de transition entre la partie inférieure et le tambour qui soutient la coupole. Aux angles de la zone de transition, de petits contreforts pyramidaux facilitent la transition entre la section carrée de la base pour passer du carré à une forme octogonale puis à un polygone à 12 côtés. La troisième partie est la haute coupole en pierre de forme élancée édifiée à décor sculpté d'arabesques. C'est un exemple unique d'architecture mamelouke égyptienne hors du Caire. \nL'appareillage de pierre du *sabil* en style *ablaq* alterne les blocs rouges et blancs. Au sommet des façades, un bandeau épigraphique sculpté reproduit des versets du Coran et contient une inscription de fondation rédigée en grande écriture *naskhi* mamelouke. \nLes éléments architecturaux et décoratifs de ce *sabil* s'inspirent principalement des traditions égyptiennes dominantes au cours de la période mamelouke. Bon exemple de l'architecture mamelouke tardive en général et du style cairote en particulier, il est considéré comme l'un des plus splendides *sabil* de Jérusalem et l'un des plus raffinés des petits bâtiments à coupole du Haram al-Charif. Restauré, il continue à dispenser de l'eau aux visiteurs du Haram.","short_description":"Les éléments décoratifs et architecturaux de cette fontaine publique (*sabil*) étaient inspirés des traditions de construction de l’Égypte. L’édifice avait un plan au sol carré (4,80 m x 4,60 m) et sa tour culminait à environ 13 m au-dessus du sol. Il est surmonté par une très haute coupole en pierre à décor d’arabesques. Chacune de ses façades contient une large fenêtre. Dispersées sur toute la construction se trouvent des inscriptions, qui sont essentiellement des versets du Coran qui viennent s’ajouter à l’inscription fondatrice. Ce *sabil* est considéré comme l’un des plus fameux et des plus beaux parmi tous les *sabil* de Jérusalem.","dates":"887 de l'Hégire / 1482 J.-C., rénové en 1300 H / 1883 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Un bandeau épigraphique qui court au sommet des quatre façades du bâtiment donne la date de construction, confirmée par les écrits de l'historien Moujir al-Din al-Hanbali (m. 928/1521) qui a décrit les travaux du sultan Qaytbay à Jérusalem.","bibliography":"Burgoyne, M., *Mamluk Jerusalem: An Architectural Study*, Londres, 1987. \nAl-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973. \nKessler, C. et Burgoyne, M., “The Fountain of Sultan Qaytbay in the Sacred Precinct of Jerusalem”, in R. Moorey et P. Parr (éds), *Archaeology in the Levant: Essays for Kathleen Kenyon,* Warminster, 1978, pp. 250-269. \nWalls, A., “Ottoman Restorations to the Sabils and the Madrasa of Qaytbay in Jerusalem”, *Muqarnas*, n° 10, 1993, pp. 85-97. \n*Pèlerinage, Sciences et Soufisme : l'art islamique en Cisjordanie et à Gaza*, Aix-en-Provence, 2004.","patrons":"Le sultan Sayf al-Din Inal (r. 857-865 H / 1453-1461 J.-C.) avait fondé à cet emplacement un premier *sabil* dont il ne subsiste rien. Le sultan al-Achraf Qaytbay (r. 872-901 H / 1468-1496) le reconstruisit entièrement et le rattacha à sa *madrasa* al-Achrafiyya voisine. Le *sabil* fut ensuite rénové par le sultan ottoman Abd al-Hamid II (r. 1293-1327 H / 1876-1909 J.-C.).","architects":"Il est probable que c’est la même équipe d'ingénieurs, d'architectes et de maçons, envoyée d'Égypte par le sultan Qaytbay, qui a construit la *madrasa* al-Achrafiyya et le *sabil*.","dynasty":"Construction mamelouke restaurée par les Ottomans.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001 ; IAM_EG_FR_001","author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Écriture naskhi ; écriture naskhi mamelouke ; sabil ; fontaines"]},"b381524f-09dd-5a75-8920-d87af44e1cd5":{"name":"Fontaines publiques.","description":"Al-Djazaïr et son Fahs (campagne) disposaient d'un grand nombre de fontaines. Leur nombre, pour la ville intra-muros, varie de 7, selon Haëdo au XVIe siècle, à 125 selon le chevalier d'Arvieux en 1674-75 et à “soixante-treize enregistrées en 1840” (S. Missoum, *Alger à l'époque ottomane*). Un grand nombre de ces fontaines ont été réalisées au XVIIIe siècle par les deys. \n \nCes fontaines étaient l'œuvre de bienfaiteurs. Y étaient apposées, sur une plaque de marbre ou de schiste, en arabe ou en osmanli, des inscriptions vantant les mérites du bienfaiteur. Sous la responsabilité d'un *khoudjat al-Ou'youn*, une sorte de secrétaire aux fontaines, une administration était chargée d'assurer la gestion des *habous* (donations immobilières) rattachés à ces fontaines. \n \nUne de ces fontaines, dite “de la Calle aux Vins”, a fini sur un mur extérieur de l'actuel Musée national des antiquités et des arts islamiques. Construite par le dey Hussein en 1235 H / 1820 J.-C. en dehors de Bab al-Djazira (“porte de l'Ile”, également dite porte “de la Guerre sainte”) en bas de la batterie d'al-Andalus, elle a été déplacée une première fois en 1867 “sous l'escalier du bastion actuel de la porte de France” (rapport de proposition de classement non daté ; mais l'arrêté de classement date du 13 mai 1905). Puis une seconde fois au parc de la Liberté (anciennement parc de Gallant) contre le mur du Service des antiquités, où elle a fait l'objet d'un rapport pour travaux d'entretien par l'architecte en chef des Monuments historiques dans un courrier daté du 27 mai 1968.","short_description":"La ville d'Al-Djazaïr comptait de nombreuses fontaines publiques, dont le plus grand nombre a été édifié durant le XVIIIe siècle par les deys ottomans. œuvres de bienfaiteurs, ces fontaines conservaient, inscrit sur une plaque de marbre ou de schiste, le nom de leurs commanditaires et étaient gérées par un service placé sous l'autorité d'un *khodja*. Le dey Hussein a fait construire en 1820 une fontaine à l'extérieur de Bab al-Djazira, porte qui présente une inscription en son honneur.","dates":"1235 H / 1820 J.-C.","location":"Alger","method_for_datation":"Inscription en arabe et osmanli : “Par l'eau toute chose vit. Le gouverneur d'Alger avec son sultan, lequel est Hussaïn Pacha, s'efforce incessamment, dans ses vertueuses intentions, d'accomplir de bonnes œuvres. Sa bonté s'applique surtout à faire couler en tout lieu de l'eau en quantité suffisante. C'est lui qui a fait construire cette fontaine. Il donne la vie à celui qui est altéré, en cet endroit privé d'eau. Bois une eau fraîche à la bonté de Hussaïn et à son amour. Année 1235 [1820].”","bibliography":"Belhamissi M., *Alger par les eaux XVIe-XIXe*, Alger, 2004. \n \nMissoum, S., *Alger à l'époque ottomane*, Aix-en-Provence-Alger, 2003. \n \nArchives de l'Agence nationale d'archéologie et des monuments historiques, notamment le rapport de proposition de classement.","dynasty":"Ottomane.","linkcatalogs":"IAM_TR_FR_001","author":"Ali Lafer","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["fontaine ; eau"]},"b8c3263e-bcad-57f1-85f6-7e684aea8d52":{"name":"Puits-citerne.","description":"Puits-citerne de forme circulaire d'environ 20 mètres de profondeur (profondeur atteinte lors des fouilles, mais probablement plus importante encore) et 3 mètres de diamètre à la margelle. Avec ses 2,3 mètres d'eau constamment visibles, il est possible qu'il soit bâti par rapport au niveau de la nappe phréatique. \nIl s'agit d'un ouvrage hydraulique assez particulier, construit en maçonnerie de pierre locale – grès rouge de Silves –, ce qui en rehausse la qualité. Du point de vue architectonique, il représente un exemple de maîtrise technique et de fonctionnalité : un escalier hélicoïdal voûté, en galerie, accompagne sa descente jusqu'au niveau inférieur de 16 mètres. \nL'escalier tout entier, avec ses quatre volées, est couvert d'une magnifique voûte en plein cintre segmentée. Trois fenêtres aux voûtes à profil semi-circulaire font le lien entre la galerie de l'escalier et le puits, ouvrant l'accès à l'eau d'après les différents niveaux de remplissage, mais aussi à l'air et au jour naturel de la galerie. \nCe monument a été construit à la fin du XIIe siècle ou au début du XIIIe siècle, à côté du parement interne de la muraille qui entoure la médina et qui a été reconstruite à la même époque. Ici la muraille est plus épaisse, une tour flanquante y est adossée à l'extérieur. \nIl est certain que ces trois structures (muraille, tour flanquante, puits-citerne), dressées dans la même période, devaient constituer un ensemble défensif, formel et fonctionnel. \nLe puits-citerne avait sans doute pour fonction d'approvisionner en eau la vaste zone basse de la ville, notamment le *hammam* (bains publics), distant d'une centaine de mètres. \nÀ l'arrivée des chrétiens, à la fin du XIIIe siècle, on l'a bourré de terre et de déchets et sa fonction a été oubliée. Il a été redécouvert en 1979, au moment des travaux de réhabilitation et de repavage du site. Les fouilles archéologiques suivantes ont mis au jour non seulement sa magnifique structure, mais ausssi un extraordinaire trésor de céramique, avec des pièces datant du IXe-Xe siècle jusqu'au XVIIe siècle et qui sont désormais exposées au Musée municipal d'archéologie. \nLe puits-citerne fait aujourd'hui partie intégrante du Musée municipal d'archéologie de Silves, où il a le rôle de pièce capitale et autour duquel toute l'exposition permanente a été organisée. \nCet exemple unique de puits-citerne relié à la nappe phréatique est classé monument national depuis 1990.","short_description":"Ce réservoir à eau ou citerne almohade était alimenté par la nappe phréatique de Silves. Un escalier voûté en colimaçon descend dans une galerie à une profondeur de 16 mètres. Toute la surface de cet escalier à quatre volées est couverte par une voûte en berceau segmenté. Trois fenêtres à voûtes semi-circulaires font le lien entre la galerie de l'escalier et le puits, donnant accès à l'eau et assurant la circulation de l'air et de la lumière naturelle dans la galerie. La citerne, autour de laquelle sont disposés tous les autres objets exposés, est aujourd'hui la pièce maîtresse du Musée municipal d'archéologie.","dates":"Seconde moitié du VIe siècle-première moitié du VIIe siècle de l’Hégire (seconde moitié du XIIe siècle-première moitié du XIIIe siècle J.-C.).","location":"Silves., Faro.","method_for_datation":"Par observations typologiques, analyse du mode constructif et architectonique de la structure. Par des documents historiques portant sur l'existence d'un puits-citerne voisin du *hamman.*","bibliography":"Collectif, Portugal Islâmico: os últimos sinais do Mediterrâneo, Lisbonne, 1998, p. 102. \nCollectif, Terras da Moura Encantada, Porto, 1999. \nGomes, R. V., Palácio Almóada da Alcáçova de Silves, Lisbonne, 2001, p. 228. \nGomes, R. V., Silves (Xelb) – Uma Cidade do Gharb Al-Andalus – Arqueologia e História (séculos VIII-XIII), FCSH de l'université de Lisbonne, 1999.","dynasty":"Almohade.","linkcatalogs":"IAM_PT_FR_001","author":"Maria da Conceição Amaral","translator":"Inês Oseki-Dépré","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau"]},"c0d80368-9101-5330-9c94-206d3ccd6cb3":{"name":"Oum al-Walid.","description":"Le site d'Oum al-Walid se trouve à 14 km au sud-est de Madaba. Il se compose d'une agglomération de bâtiments de dimensions variées, d'un temple datant de la fin de la période romaine, d'un mausolée, de citernes et de barrages. C'est au cours de la période omeyyade (première moitié du IIe siècle H / troisième quart du VIIIe siècle J.-C.) qu'un important établissement se développa sur une zone de 400 m de long du nord au sud et 300 m d'est en ouest. Sur le côté est furent édifiés un *qasr* (palais) et une petite mosquée. \nLe *qasr* est un enclos carré de 70 m de côté. Chaque angle est conforté par une tour en trois quarts de cercle et chaque côté par trois demi-tours. Les murs, soigneusement montés en calcaire local, intègrent quelques blocs sculptés sans doute prélevés sur des constructions antérieures. à l'est, l'entrée centrale prise entre deux demi-tours s'ouvre sur un passage bordé de bancs de pierre à accoudoirs, qui conduit à une cour pavée carrée de 33 m de côté. Les fouilles ont montré qu'elle était entourée d'un portique derrière lequel donnaient des appartements séparés de la cour centrale par un mur bas. \nCes murs délimitaient cinq étroites cours rectangulaires sur lesquelles donnent à l'arrière cinq unités indépendantes (*bayt*)*.* à chaque angle du portique, une petite pièce était équipée de latrines. \nEn dehors de récipients en céramique et en stéatite, deux brûleurs d'encens à couvercles hémisphériques, des cruches et des coupes en bronze ont été découverts dans la pièce sud-est. Un linteau monolithique décoré d'un bas-relief en plâtre représentant une panthère chassant une gazelle a été trouvé dans la pièce nord-ouest. \nà quelque 60 m à l'est se dressent les vestiges d'une petite mosquée de 14 x 10,30 m. Elle était dotée de deux entrées, l'une au nord, l'autre à l'est donnant sur un enclos fermé de murs équipés de bancs de pierre sur le côté ouest. \nL'intérieur de la mosquée, construite en deux phases identifiables, est divisé en trois parties par deux arcades à trois arches, parallèles au mur sud (*qibla*). Au milieu du mur de *qibla* se trouve une niche concave en saillie, le *mihrab*, qui indique la direction de la prière. Il faut noter que cette implantation omeyyade s'imposa au milieu d'une région à dominante chrétienne, et que sans une coexistence pacifique et des échanges étroits avec les communautés chrétiennes voisines de Madaba, Nitl et Oum al-Rasas, cette colonie n'aurait pu exister, car elle avait besoin des marchés locaux pour l'alimenter. Oum al-Walid est plus un témoignage d'intégration que d'une tentative des Omeyyades de vivre séparés du reste de la communauté.","short_description":"Le site d’Oum al-Walid se trouve à 14 km au sud–est de Madaba. Il se compose d’un temple datant de la fin de la période romaine, d’un mausolée, de citernes et de barrages. C’est au cours de la première moitié du IIe siècle H (troisième quart du VIIIe siècle J.-C.) qu’un important établissement fut construit qui comprenait une petite mosquée et un *qasr* (palais), où une importante collection de poteries ainsi que des cruches et des coupes en bronze furent découvertes. Établie au milieu d’une zone chrétienne, et ayant entretenu des liens étroits avec les communautés chrétiennes voisines, la colonie omeyyade d’Oum al-Walid est plus un témoignage d’intégration qu’une tentative des Omeyyades de vivre séparés du reste de la communauté.","dates":"Première moitié du IIe siècle de l’Hégire (première moitié du VIIIe siècle J.-C.).","location":"Oum al-Walid.","method_for_datation":"Analyse des fouilles archéologiques du site. Les vestiges matériels, en particulier de récipients en poterie et en stéatite, renvoient à la période omeyyade.","bibliography":"Bujard, J. et Schweizer, F., *Entre Byzance et l'Islam: Umm er-Rasas et Umm el-Walid. Fouilles genevoises en Jordanie*, Genève, 1992, pp. 11-32 \nBujard, J., “Umm al-Walid et Khan Ez-Zabib: Cinq Qusur omeyyades et leurs mosquées revisités”, *Annual of the Department of Antiquities of Jordan*, XLI, 1997, pp. 351-373. \nHaldimann, M. A., “Les Implantations omeyyades dans la Balqa: l'apport d'Umm el-Walid”, *Annual of the Department of Antiquities of Jordan*, XXXVI, 1992, pp. 302-323.","dynasty":"Omeyyade.","linkcatalogs":"IAM_JO_FR_001","author":"Ghazi Bisheh","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["bayt ; intégration culturelle ; mosquée ; mirhab ; qasr ; qibla"]},"c37ffe04-f331-50a3-8853-714465f7a769":{"name":"Système de distribution d'eau de Damas (*tali‘*).","description":"Le système de distribution de l'eau en Syrie est particulièrement important pour assurer la réussite d'une région comme centre de civilisation. La disponibilité d'eau courante pour alimenter aussi bien les maisons privées que les bâtiments publics est un héritage de l'ancien système d'irrigation et des canaux souterrains de Damas, système qui a subsisté jusqu'à aujourd'hui. L'un des quartiers les plus célèbres de la ville est appelé \"Hayy al-Qanawat\" d'après les canalisations romaines qui l'alimentaient et qui ont été conservées sous l'administration islamique. \nAu cours de la prolifique période de constructions de Nour al-Din Mahmoud bin al-Zangi (m. 569 H / 1174 J.-C.), Damas était réputée pour le luxe de ses hammams, de ses fontaines publiques et la disponibilité de l'eau courante dans ses mosquées, ses *madrasa* et ses hôpitaux (*bimaristan*). La fontaine et le petit canal reliés au bassin de la cour de la *madrasa* Nouriyya, construite en 563 H / 1168 J.-C., sont un exemple de la créativité dans l'adduction d'eau car cette abondance visible était la marque d'une bonne administration. \nLe fleuve Barada, qui naît dans les montagnes de l'Anti-Liban vers Zabadani à 1 100 m d'altitude, était la principale source d'approvisionnement. L'eau atteint Damas par six canaux principaux et plus d'une trentaine d'ouvrages secondaires. Les canaux souterrains de Syrie ont été utilisés tout au long de l'histoire et ont contribué à transformer ce paysage désertique en région agricole. \nLa ville bénéficie d'un système de distribution, le *tali'*, qui répartit l'eau entre les quartiers selon une unité de calcul appelée *qirat* et représentant 1/24e de *tali'*, comme précisé dans les baux de nombreuses propriétés. Chaque bâtiment a droit à un certain nombre de *qirat*. Ce système de distribution de l'eau à l'intérieur du réseau urbain porte le sceau des Atabegs et des Ayyoubides damascènes. Le hammam Nour al-Din, par exemple, fut construit à proximité de son *tali'* et la *madrasa* al-Adiliyya édifiée près de Hayy al-Sabi' Tawali', quartier ainsi nommé d'après les sept *tali'* qui l'approvisionnent. \nLe contrôleur officiel qui surveille la distribution est appelé *al-faradi*, équivalent du *mouhtasib* qui contrôle l'équité et la légalité de la distribution de l'eau. L'eau du Barada dessert ainsi chaque foyer damascène, où le bassin central dans la cour et la fontaine, la vue et le bruit de l'eau continuent à symboliser les agréments de la vie. \nIl existe de même à Alep un important système de distribution canalisée de l'eau appelée *al-qastal*. La *madrasa* al-Shuaybiyya, édifiée par Nour al-Din en 545 H / 1150 J.-C., a été construite près du *qastal* al-Shuaybiyy qui comporte encore des inscriptions et des marques de son rôle majeur dans la distribution de l'eau. La ville de Hama est également fameuse pour ses norias dont un certain nombre ont été construites sous le règne de Nour al-Din.","short_description":"L'alimentation en eau de Damas dépend du Barada qui prend sa source dans l'Anti-Liban et dessert la ville au moyen de six canalisations principales et plusieurs conduites secondaires. La gestion experte de ces eaux permettait d'alimenter toutes les institutions publiques et les maisons de la ville et fut une des grandes réussites du règne de Nour al-Din Mahmoud bin Zangi (m. 569 H / 1174 J.-C.). Chaque quartier était équipé d'un *tali'* où l'eau était jaugée avant d'être distribuée aux propriétés avoisinantes.","dates":"Milieu du VIe siècle de l'Hégire (milieu du XIIe siècle J.-C.)","location":"Damas","method_for_datation":"L'historien Ibn 'Asakir (m. 571/1176) décrit un nombre significatif de hammams, *qanat* (canalisations d'eau) et *sabil* à Damas vers le milieu du VIe/XIIe siècle.","bibliography":"Al-Attar al-Dimashqi*, M. 'Ilm al-Miyah al-Jariya fi Madinat Dimachq* \\[La science de la distribution de l'eau dans la ville de Damas\\], The Series of Studies and Historical Documentation of Damascus and Greater Syria, vol. 4 (A. G. Sabano, éd.), Damas, 1984. \nElisseeff, N., *La Description de Damas d'Ibn Asakir*, Damas, 1959. \nIbn Asakir (499-571 1105-1176), *Tarikh madinat Dimachq* \\[Histoire de Damas\\] (S. Munajjid, éd.), Damas, 1954. \nTabbaa, Y., “Towards an Interpretation of the use of Water in Islamic Courtyards and Courtyard Gardens”, *Journal of Garden History*, vol. 7, pp. 197-220. \nTresse, R., “L'irrigation dans la Goutha de Damas”, *Revue des études islamique,* 1929, pp. 461-574.","dynasty":"Période atabeg/ayyoubide.","author":"Abd al-Razzaq Moaz, Zena Takieddine","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Eau ; sabil ; fontaines ; canalisations d'eau (qanat) ; irrigation ; Barada (fleuve) ; tali‘ ; qastal"]},"c3846b74-8446-5391-a0bc-02dca834176f":{"name":"Bassin.","description":"Bassin en cuivre jaune, incrusté d'argent à l'origine. Sa paroi extérieure est divisée en six sections séparées par six rondeaux. L'important bandeau calligraphique proclame : “Voici l'un des objets fabriqués pour son altesse, le seigneurial, le royal, le savant, le trésor d'excellence, le juste, le conquérant, le guerrier, le défenseur, le protecteur des frontières, celui qui tire sa force de Dieu, le victorieux, le clairvoyant, l'ordonné, le maître, l'absolu, le soutien du khan, …[?], le roi le Nassiri.” Ce qui permet de penser que ce bassin a été commandé par un successeur d'al-Malik al-Nasir, sultan qui régna à trois reprises (entre 692 H /1293 J.-C. et 740 H /1340 J.-C.). Trois des rondeaux contiennent un blason. Les trois autres présentent une composition symétrique de six oiseaux : deux affrontés, deux regardant en sens contraire l'un de l'autre et deux s'éloignant l'un de l'autre en se regardant. Les compositions à oiseaux ou poules d'eau sont caractéristiques du travail du métal de l'Égypte mamelouke et distinguent celui-ci du travail syrien, iranien ou irakien.","short_description":"Les récipients comme celui-ci étaient relativement chers. L’inscription autour du bassin en style *toulouth* décrit les titres de son propriétaire, un haut dignitaire mamelouk. Le blason incisé dans les rondeaux qui divisent le texte indique qu’il était en charge de la correspondance du sultan.","holder":"Kelvingrove Art Gallery and Museum, Glasgow Museums.","owner":"En exposition temporaire à la mosquée centrale de Glasgow.","dates":"VIIIe siècle de l’Hégire (XIVe siècle J.-C.).","location":"Glasgow, Écosse","dimensions":"H. 15 cm, Ø 30 cm.","method_for_datation":"Analyse artistique, et présence d'un blason et de titres mamelouks du VIIIe/XIVe siècle.","provenance":"Égypte.","obtention":"Acheté par les Glasgow Museums en 1907.","bibliography":"Allan, J. W., *Islamic Inscriptions*, édimbourg, 1998. \nBlair, S. S. et Bloom, J. M., *The Art and Architecture of Islam 1250-1800*, New Haven-Londres, 1994. \nWard, R., *Islamic Metalwork*, Londres, 1993.","dynasty":"Mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","author":"Noorah Al-Gailani","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau ; classes dirigeantes ; mécénat ; calligraphie"],"materials":["Cuivre jaune battu, incrustations d’argent."]},"c4f03920-d58d-553e-895b-4f8dadfb02e3":{"name":"Minbar de Burham al-Din.","alternate_name":"Minbar al-Sayf (chaire ou minbar d’été).","description":"Ce *minbar* occupe une place importante dans l'histoire de l'art islamique. Le *minbar* fait partie des éléments de mobilier essentiels d'une mosquée. Il est étroitement lié à la prière, l'un des cinq piliers de la religion musulmane et l'un des plus importants rites islamiques après la *chahada*. C'est de cette tribune que le prédicateur s'exprime, en particulier lors des fêtes religieuses. Le prêche du vendredi ne peut être adressé que du haut d'un *minbar*. On trouve également des *minbar* dans les *madrasa*, par exemple dans celles du Caire mamelouk (mais pas à Jérusalem). Le *minbar* de Burham al-Din est particulièrement rare car il a été conçu pour une utilisation en plein air et édifié en pierre et en marbre, et non en bois comme d'habitude dans le cas des *minbar* intérieurs. Il semble qu'il ait remplacé un modèle en bois monté sur roues et que l'on tirait sur place. \nCe *minbar* se compose de plusieurs parties. Sa façade principale comporte une ouverture rectangulaire entre deux colonnes de marbre, chacune à socle et chapiteau cylindriques. Elles soutiennent un linteau de pierre sur lequel repose une stèle de forme arquée portant une inscription de style *naskhi* qui date de la restauration exécutée pendant la période ottomane en 1259 H / 1843 J.-C. Quelques degrés de pierre conduisent au *jawsaq*, où se tenait le prêcheur. Il consiste en une petite plate-forme carrée protégée par une coupole nervurée (appelée *qubbat al-Maïzan*) reposant sur un tambour hexagonal soutenu par six arcs trilobés soutenus par des piliers en marbre. Les éléments architecturaux qui composent cet ensemble n'ont pas été spécifiquement réalisés pour lui mais prélevés sur des constructions datant de la période des Croisés. \nLes deux faces latérales (*richa*) du *minbar* sont de forme triangulaire et habillées de panneaux de marbre. Dans l'angle oriental du *minbar* a été installé un *mihrab* surmonté d'un arc brisé à sept voussoirs. Les parties inférieure et supérieure sont décorées de motifs géométriques simples, la partie centrale est ornée de motifs végétaux. \nCe *minbar* servait à la prédication des foules de la mosquée al-Aqsa lors d'occasions qui nécessitaient de faire appel à une solide détermination des fidèles et à leur patience, en particulier pour les prières en faveur de la pluie. Il servait le plus souvent pendant les mois d'été.","short_description":"Ce *minbar* (chaire) en marbre et en pierre est situé dans la cour du Dôme du Rocher. C’est le seul *minbar* de Jérusalem qui soit situé dans un espace ouvert et il fut probablement utilisé pour prononcer le *khotba* (le sermon du vendredi) et dispenser des leçons les jours d’été et en certaines grandes occasions. Il est donc aussi connu comme le “*minbar* d’été”. D’un point de vue artistique, il est caractérisé par une décoration végétale et géométrique, des colonnes, des chapiteaux et des panneaux de marbre gravé d’inscriptions, l’ensemble étant dans le style mamelouk.","dates":"La date de construction reste inconnue, mais le monument a été restauré au milieu du VIIIe siècle H (XIVe siècle J.-C.) et en 1259 H / 1843 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Informations issues de plusieurs sources comme l'œuvre de l'historien Moujir al Din Hanbali (m. 928/1521) et les écrits d'Ibn Fadl Allah al-'Oumari (m. 749/1348), qui datent d'environ 745/1345.","bibliography":"Berchem, M. van, *Matériaux pour un Corpus Inscriptionum Arabicarum* (II), Le Caire, 1922. \nBurgoyne, M., *Mamluk Jerusalem: An Architectural Study*, Londres, 1987. \nAl-Hanbali, Moujir al-Din (m. 928/1521), *Al-Ouns al-Djalil bi Tarikh al-Qods wa al-Khalil* \\[Importance du milieu dans l'histoire de Jérusalem et d'Hébron\\], Amman, 1973.","dynasty":"Restaurations au cours de la période mamelouke et de la période ottomane sous le règne du sultan Abd al-Majid (Abdülmecid, r. 1255-1277 H / 1839-1861 J.-C.).","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001 ; IAM_EG_FR_001","author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Jawsaq ; khutba ; prédicateurs ; minbar ; marbre ; minbar d’été"]},"cb8f8517-5780-5bcc-bee9-849860cd610e":{"name":"Sabil Birkat al-Sultan.","alternate_name":"Sabil de Bab al-Khalil.","description":"Ce *sabil* est l'un des six érigés à Jérusalem sur l'ordre du sultan Soliman le Magnifique. Construit en maçonnerie de pierres taillées de différentes dimensions, il constitue en façade un rectangle de 3,70 m de haut et 1,5 m de large s'ouvrant par une niche de 1,9 m de long x 0,71 m de profondeur surmontée d'un arc brisé, appelé arc perse, composé de voussoirs à décor moulé en dents-de-scie. De chaque côté se projette un médaillon en pierre circulaire dépourvu d'ornements. L'ensemble du *sabil* est entouré sur trois côtés d'une moulure sculptée. \nLa niche se compose de trois éléments. En haut de la partie basse subsistent deux orifices par où devait s'écouler l'eau venant de la citerne aménagée dans la partie cachée du *sabil*. La partie supérieure est en voûte à trois rangs de *mouqarnas* couronnés par une conque nervurée. Entre les deux a été apposé un panneau épigraphique à trois lignes de texte sculpté en bas relief en écriture *naskhi* ottomane qui se lit : “La construction de ce saint *sabil* a été ordonnée par notre seigneur le Sultan, le Grand Gouverneur, le Souverain, le Noble, le Seigneur des nations, le Sultan de Rome \\[Byzance\\], des Arabes et des 'Ajam \\[Perses\\], le Sultan Sulayman, fils du sultan Selim Khan. Que Dieu lui assure long règne et souveraineté en la date du 10 de *mouharram* an l'an 943 \\[29 juin 1536\\].”","short_description":"Parmi les six commandités par le sultan Soliman le Magnifique, Birkat al-Sultan était le seul *sabil* (fontaine publique) à être construit en dehors des murs qui entourent Jérusalem. Il est situé sur la route qui relie Jérusalem, Bethléem et Hébron. Le *sabil* est alimenté en eau par un canal raccordé aux piscines de Salomon. À l’intérieur d’une niche en renfoncement, ouverte sur le devant, un orifice situé au milieu d’une plaque rectangulaire permet à l’eau de couler dans un grand bassin. Au-dessus du bassin se trouve une grande inscription fondatrice. Le *sabil* est construit en maçonnerie de pierres taillées de différentes dimensions et porte de riches motifs décoratifs. Derrière l’édifice se trouve une citerne qui collecte l’eau.","dates":"10 *mouharram* de l’an 943 de l’Hégire / 29 juin 1536 J.-C.","location":"Jérusalem","method_for_datation":"Inscription sur la façade et charte *waqf* conservée dans les archives du tribunal de la charia de Jérusalem qui le date de 948/1541.","bibliography":"Al-Imam al-Hussaini, M. A., *Al-Manhal al-Safi fi al-Waqf wa Ahkamihi* \\[Une source claire dans le legs de mainmorte et dans son exécution\\], Jérusalem, 1982. \nBerchem, M. van, *Matériaux pour un Corpus Inscriptionum Arabicarum* (II), Le Caire, 1922. \nNatsheh, Y., “Sabil Birkat al-Sultan”, in S. Auld et R. Hillenbrand (éds), *Ottoman Jerusalem: The Living City 1517-1917* (deuxième partie), Londres, 2000.","patrons":"Sultan Soliman le Magnifique (r. 926-974 H / 1520-1566 J.-C.)","architects":"La construction s’est effectuée sous la supervision de Muhammad Chalabi al-Naqqach, trésorier personnel du sultan, chargé de la construction des murailles de Jérusalem.","dynasty":"Période ottomane.","linkcatalogs":"IAM_PA_FR_001 ; IAM_TR_FR_001","author":"Yusuf al-Natsheh","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Bassins ; citernes ; écriture naskhi ; décoration moulée ; sabil ; mouqarnas ; eau"]},"d39f33c7-ab99-570d-9745-2ca9481fd5e0":{"name":"Vasque à ablutions.","description":"Vasque à ablutions octogonale. L'intérieur est creusé, avec les bords encadrés au-dessus et à l'extérieur. Présente une perforation postérieure. La base est tronquée, il lui manque un pédoncule ou un pied. La bordure extérieure présente un décor à éléments géométriques de petite taille (losanges, carrés et cercles), gravés. Le bord supérieur présente sur tout le périmètre une inscription arabe, en graphie coufique, sur laquelle on peut lire l'expression *al-mulk*, répétée en continu.","short_description":"La preuve de la présence prolongée d'une communauté musulmane à Lisbonne est apportée par cette vasque à ablutions de forme octogonale sculptée dans le calcaire d'origine locale. Elle fut découverte pendant les travaux de restauration du quartier maure de Lisbonne, à la mosquée duquel elle appartenait.","holder":"Musée de la Ville.","dates":"VIIIe-IXe siècle de l’Hégire (XIVe-XVe siècle J.-C.).","location":"Lisbonne.","dimensions":"H. totale 114 cm , Ø 223 cm.","method_for_datation":"Datation externe, historique. La mosquée du quartier maure, dont on suppose qu'elle lui appartenait, a été démantelée au début du XVIe siècle, durant le règne de D. Manuel Ier de Portugal.","method_for_provenance":"Découverte pendant les travaux de réhabilitation urbaine, reutilisée dans la maçonnerie de l'un des murs de l'immeuble de la rue João de Outeiro, numéro 67 (Mouraria, Lisbonne). L'immeuble daterait, initialement, du XVIe siècle.","provenance":"Lisbonne.","obtention":"Donation.","bibliography":"*Lisboa Subterrânea* (catalogue d'exposition), Lisbonne, 1994.","linkcatalogs":"IAM_PT_FR_001","author":"Rodrigo Banha da Silva","translator":"Inês Oseki-Dépré","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["vasque à ablutions ; pierre de liais ; graphie coufique ; al-mulk"],"materials":["Pierre de liais."]},"d5f6e50a-98c0-5ed7-8aca-8f6313966465":{"name":"Bassin.","description":"Spectaculaire exemple de travail du métal mamelouk, ce grand bassin à bord évasé est tapissé à l'intérieur comme à l'extérieur d'un décor d'incrustations en or et argent. Une très importante inscription en style *thoulouth* cercle la paroi et donne le nom et les titres du sultan mamelouk Nasir al-Din Muhammad (al-Nasir Nasir al-Din Muhammad, fils de Qalawun), qui régna à différentes périodes entre 692 et 743 H / 1293-1341 J.-C. Ce bassin fait partie d'un certain nombre de récipients métalliques qui font d'une épigraphie audacieuse leur principal élément décoratif. L'inscription principale se détache sur un fond d'arabesques dont les vrilles se transforment en canard et autres oiseaux. Trois médaillons interromprent l'inscription. Ils sont ornés de fleurs de lotus et comportent, au centre, un petit blason épigraphique proclamant : “Gloire à notre maître le sultan.” Au-dessus et au-dessous de cet élément central courent deux frises d'enroulements floraux alternant avec six rondeaux contenant d'autres inscriptions. \nLa présence de fleurs de lotus et de pivoines vient de motifs chinois importés des Mongols d'Iran, qui s'observent d'ailleurs également dans l'art iranien de cette époque. L'inscription autour du bord, côté intérieur, dit : “Gloire à notre maître, le sultan al-Malik al-Nasir le sage, l'efficace, le combattant, le champion de la foi, le défenseur Nasir al-Dunya wa'l-Din Muhammad ibn Qalawun, que sa victoire lui apporte la gloire.” Ces grands bassins servaient à un certain nombre de fonctions cérémonielles. Néanmoins, le poisson en cercle à sa base suggère qu'il a pu être utilisé pour les ablutions.","short_description":"Grand bassin de cuivre jaune couvert d'incrustations d'or et d'argent, sans doute utilisé pour les ablutions rituelles. Une épaisse bande d'inscriptions autour du corps du bassin constitue le principal ornement, et livre le nom et les titres du sultan mamelouk al-Nasir Muhammad ibn Qalawun (r. 692-741 H / 1293-1341 J.-C.).","holder":"The British Museum.","initial_owner":"Sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun.","dates":"Vers 692-743 de l’Hégire / 1293-1341 J.-C.","location":"Londres","dimensions":"H. 22,7 cm, Ø (bord) 54 cm.","method_for_datation":"L'objet est gravé au nom du sultan Nasir al-Din Muhammad (r. 692-743/1293-1341), important mécène des arts, qui ordonna la construction de nombreux bâtiments et la fabrication de multiples objets raffinés. Celui-ci a été réalisé pendant son règne.","method_for_provenance":"Ce bassin a pu être réalisé en Égypte ou en Syrie, ces deux pays étant gouvernés par le sultan Nasir al-Din Muhammad.","provenance":"Égypte ou Syrie.","obtention":"Acheté par le British Museum en 1851.","bibliography":"Atil, E., *Renaissance of Islam: Art of the Mamluks*, Washington, D.C., 1981, p. 89-90, cat. n° 26. \nBarrett, D., *Islamic Metalwork in the British Museum*, Londres, 1949, planche n° 28. \nPhillips, T. (dir.), *Africa: The Art of a Continent*, Londres, 1996, p. 587. \nWard, R., *Islamic Metalwork*, Londres, 1993, pp. 111-113, fig. 88.","dynasty":"Période mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","author":"Emily Shovelton","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["calligraphie ; décoration florale ; eau"],"materials":["Cuivre jaune à incrustations d’or et d’argent."]},"d6880977-13ca-5aa6-b786-648161801155":{"name":"Bassin.","description":"Bassin en cuivre incrusté d'argent décoré d'un bandeau épigraphique en écriture *thoulouth* se lisant : “Fait pour l'honorable Excellence, le maître sublime, le savant, le juste, le combattant (des frontières), le défenseur (de la foi), l'impérieux, al-Sayfi Tabtaq al-Maliki al-Achrafi.” Il s'agit de l'émir Tabtaq, l'un des grands dignitaires de al-Malik al-Achraf Khalil (r. 689-693 H / 1290-1294 J.-C.), gouverneur de Qus, ville de Haute-égypte, au cours du troisième règne du sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun (709-741 H / 1309-1340 J.-C.). Plusieurs blasons à gobelet, symbole de sa charge d'échanson, interrompent l'inscription. L'intérieur du fond du bassin est orné d'un dessin représentant six poissons en spirale. \nCe type de bassin servait à se laver les mains, et parfois les vêtements. Pendant la période mamelouke, la garde-robe ou pièce de rangement était appelée *Tast Khana*, ce qui signifie “lieu du bassin”. Bassins, vêtements, bijoux, épées, fauteuils et tapis y étaient rangés. \nPlusieurs types de bassins et de styles décoratifs (dont des modèles à incrustations d'or et d'argent) existaient au cours de la période mamelouke.","short_description":"Le bassin et l'aiguière formaient une paire d'accessoires indispensables pour se laver les mains et pour l'hygiène en général. Ce bassin, incrusté d'argent, porte le blason de son propriétaire, l'émir Tabtaq, échanson.","holder":"Musée d’art islamique","dates":"VIIIe siècle de l’Hégire (XIVe siècle J.-C.).","location":"Le Caire","dimensions":"H. 17 cm, Ø (ouverture) 44 cm.","method_for_datation":"étude des inscriptions au nom de l'émir Tabtaq, l'un des hauts dignitaires de al-Malik al-Achraf Khalil, gouverneur de la ville de Qus sous le règne du sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun.","method_for_provenance":"Découvert dans la ville égyptienne de Qus et spécifiquement commandée pour l'émir Tabtaq, cette pièce a probablement été fabriquée en égypte. De plus, cette technique d'incrustation florissait en égypte sous les Mamelouks. Son style est semblable à celui d'un certain nombre de pièces acquises par des musées et dont la provenance a été attribuée à l'égypte.","provenance":"Égypte.","obtention":"Objet découvert lors de fouilles archéologiques à Qus en 1966.","bibliography":"Abd al-Razzaq, A., “Al-Ranuq ala 'asr Salateen al-Mamalik” \\[Blasons de la période mamelouke\\], in *Majalat al-Jam'iya al-Tarikhiya* \\[Journal de l'association des historiens\\], vol. 21, Le Caire, 1974. \nAllan, J., *Metalwork of the Islamic world: The Aron Collection*, Londres, 1986. \nAtil, E., *Renaissance of Islam: Art of the Mamluks*, Washington D.C., 1987. \nAtil, E., et al., *Islamic Metalwork in the Freer Gallery of Art*, Washington D.C., 1985. \nFehervari, G., *Islamic Metalwork of the Eighth to the Fifteenth Century in the Keir Collection*, Londres, 1976. \nMusilhi, S., *Adwat wa Awani al-Matbakh al-Ma'adaniya fi al-'Asr al-Mamluki* \\[Instruments et outils en métal pour la cuisine au cours de la période mamelouke\\], thèse de doctorat, Université du Caire, 1983. \nStierlin, H. et Stierlin A., *Splendours of the Islamic World: Mamluk Art in Cairo (1250-1517)*, Londres-New York, 1997.","dynasty":"Période mamelouke","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","author":"Muhammad Abbas Muhammad Selim","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Incrustations ; écriture thoulouth ; bassins ; cuivre ; blasons"],"materials":["Cuivre incrusté d’argent."]},"d8e1d81f-2112-5652-987b-f417b3f15ad1":{"name":"Aiguière à godrons","short_description":"Cette aiguière à panse godronnée *tong* est destinée au rafraîchissement des mains et du visage de l'invité lors de son arrivée chez l'hôte. La forme de l'objet est bien connue en Turquie et en Inde ; elle fut reprise en céramique. \nLa marque du propriétaire est visible à deux reprises : l'une sous le bec, dans un cartouche en amande, la seconde dans un cartouche hexagonal dont les côtés se prolongent par un fleuron trilobé.","type":"Métallurgie","holder":"Musée de l'Institut du monde arabe","owner":"Musée de l'Institut du monde arabe","dates":"Xe siècle de l'Hégire / XVIIe siècle J.-C.","location":"Paris","dimensions":"H: 31,5 cm, l. 28 cm, D: 17,5 cm, D. minimal: 12 cm","provenance":"Iran ou Inde","obtention":"Achat en vente publique à l'étude Ader-Picard-Tajan en 1990.","bibliography":"Delpont, E., et al., *Album du musée*, Paris: Somogy éditions d'art, 2012: 387. \n \nLane, A., *Later Islamic Pottery: Persia, Syria, Egypt, Turkey*, London: Faber and Faber, 1971: Fig. 94. \n \nMelikian-Chirvani, A.S., *Le bronze iranien*, Paris: Musée des Arts Décoratifs, 1973: 105. \n \nSkelton, R., et al., *Facets of Indian Art. A symposium Held at the Victoria and Albert Museum on 26, 27, 28 April and I May 1986*, London: Victoria and Albert Museum, 1986: 253-259. \n \nZebrowski, M., \"The Indian Ewer\", in *Facets of Indian Art*, London: Victoria and Albert Museum, 1986: 256, Fig. 8.","materials":["Bronze moulé, ciselé, gravé"]},"dc345fef-438d-5088-994a-47a78663e585":{"name":"Jarre à ablutions.","description":"Jarre cylindrique en bronze (cuivre et plomb) sans poignée et col court divisée en deux parties inégales par un “cordon” décoratif. La panse cylindrique est sans ornement, mais l'épaule est ornée d'étroits bandeaux meublés de petits traits verticaux. \nCe récipient a pu être utilisé jadis comme jarre à ablutions pour la toilette rituelle qui précède la prière. De nombreuses autres jarres en métal ou céramique d'usage similaire ont été trouvées. Ce modèle particulier a été découvert lors de fouilles archéologiques dans le *hammam* du *qasr* (palais) d'Oum al-Walid.","short_description":"Jarre en fonte de bronze, sans poignée et constituée de quatre parties assemblées entre elles. Découverte pendant les fouilles archéologiques dans le *hammam* du *qasr*omeyyade d’Oum-al-Walid, cette jarre a pu être utilisée comme jarre à ablutions pour la toilette rituelle qui précède la prière.","holder":"Musée archéologique de Madaba.","owner":"Maintenant exposée au ‘Jordan Museum’","dates":"IIe siècle de l’Hégire (VIIIe siècle J.-C.).","location":"Madaba.","dimensions":"H. 41,8 cm, Ø (col) 7 cm.","method_for_datation":"Contexte stratigraphique et rapprochements avec de la vaisselle et des tessons de terre cuite omeyyades trouvés sur le site.","method_for_provenance":"Le lieu de production de l'objet est inconnu, mais il a été découvert lors de fouilles archéologiques à Oum al-Walid, près de Madaba.","provenance":"Objeto hallado en Umm al-Walid.","obtention":"L'objet a été découvert lors de fouilles archéologiques à Oum al-Walid en 1992.","bibliography":"Bujard, J. et Schweizer, F., *Entre Byzance et l'Islam : Umm er-Rasas et Umm el-Walid, fouilles genevoises en Jordanie*, Genève, 1992, p. 17, fig. 11/6. \nHaldimann, M. A., “Les Implantations omeyyades dans la Balqa: l'apport d'Umm el-Walid”, *Annual of the Department of Antiquities of Jordan*, XXXVI, 1992, pp. 307-318. \nJoguin, M., “Des pots et des hommes : l'exemple d'Umm el-Walid”, *Studies in the History and Archaeology of Jordan*, vol. VII, 2001, pp. 641-645, fig. 5.","dynasty":"Omeyyade","linkcatalogs":"IAM_JO_FR_001","author":"Aida Naghawy","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["ablutions ; travail du métal ; toilette rituelle"],"materials":["Bronze (cuivre et plomb) ; montage en quatre parties."]},"e44f9b93-0fc9-58a0-8f0b-14d05df5157e":{"name":"Grand plat à décor polylobé.","description":"Ce plat présente un élégant décor consistant en un grand motif polylobé peint en noir sous glaçure bleu turquoise. \nCe n'est pas la formule propitiatoire rituelle qui court le long du bord, mais un vers du “Divan” du poète persan Hafiz, rapportant les lamentations d'un amant malheureux : “J'ai lavé (de larmes) la cour de la demeure de mes yeux, mais à quoi bon / Du moment que cette maison ne mérite (même) pas d'imaginer ta forme ?” À la fin de l'inscription, on peut lire la date : “Elle a été achevée en l'an 873 \\[1468 J.-C.\\]”.","short_description":"Ce plat appartient à la classe de céramiques connues sous le nom de *kubachi*, du lieu (un village du Caucase) où elles furent retrouvées. Elles étaient accrochées aux murs des habitations, dans un but décoratif.","holder":"Musée des civilisations | Musée d'art oriental “Giuseppe Tucci”","owner":"Is.IAO.","dates":"873 de l’Hégire / 1468 J.-C.","location":"Rome","dimensions":"Ø 35,86 cm.","method_for_provenance":"Cette pièce appartient à un ensemble particulier de céramiques connues sous le nom de “kubachi” ou “de Koubatcha”, du nom d'un village du Daghestan, dans le Caucase, où elles furent trouvées accrochées aux murs des habitations dans un but décoratif. Les céramiques de ce type présentent un intérêt exceptionnel, dans la mesure où elles témoignent d'intenses échanges commerciaux entre la Perse et Koubatcha, centre connu pour la production d'armes en acier, particulièrement appréciées sur le marché iranien, où elles étaient abondamment exportées en échange de céramiques persanes, réalisées dans un centre de production non identifié.","provenance":"Iran.","obtention":"Is.IAO.","bibliography":"Folsach, K. von, *Islamic Art. The David Collection*, Copenhague, 1990. \nGrube, E.J*., “*Notes on the Decorative Arts of the Timurid Period”, *Gururajamanjarika, Studi in onore di Giuseppe Tucci*, Naples, 1974, pp. 233-277. \nGrube, E.J*., Islamic Pottery from the Eight to the Fifteenth Century in the Keir Collection*, Londres, 1976. \nLane, A., *Later Islamic Pottery*, Londres, 1957. \nTorre, P., *Le Mille e una Notte. Ceramiche persiane, turche e ispano-moresche,* Faenza, 1990.","dynasty":"Timouride","author":"Paola Torre","copy_editor":"Pier Paolo Racioppi","translator":"Marguerite Pozzoli","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["calligraphie ; décor végétal"],"materials":["Céramique vernissée."]},"e5089d3e-3231-5064-9958-45c0890fde1c":{"name":"Aiguière.","alternate_name":"Aiguière dite Blacas.","description":"Aiguière incrustée d'argent et de cuivre à laquelle manquent le pied et le bec. Le délicat décor incrusté qui recouvre le corps et le col est d'une finesse exceptionnelle. Une remarquable série de scènes figuratives tirées d'une vie de cour contemporaine de l'exécution est présentée dans une succession de médaillons entourés d'un motif géométrique alternant avec des bandeaux d'inscriptions et de figures. Les hommes, tête couverte, portent des tuniques à manches droites. Leurs costumes évoquent l'origine turque de la dynastie zenguide. Les manches des robes des princes sont ornées de bandes en *tiraz*. Les soldats sont armés d'épées à lames droites. Deux femmes de la noblesse sont représentées : l'une, accompagnée par une servante, se regarde dans un miroir, l'autre se déplace avec sa servante dans un palanquin porté par un chameau. Une joueuse de luth a le bas du visage voilé. D'autres médaillons représentent une scène de chasse dans laquelle un homme tire à l'arc sur une proie, un chasseur est attaqué par un guépard qui a sauté sur le dos de son cheval, des musiciens, des danseuses et de joyeux convives sont en train de boire. On trouve même une scène tirée du poème épique persan *Shanama* représentant Bahram Gur tirant à l'arc pendant qu'Azadeh joue de la harpe sur son cheval. \nLa qualité extraordinaire de la décoration et de la représentation des scènes de la vie aristocratique conduit à penser que cette aiguière était probablement utilisée à la cour. Son propriétaire a pu être Badr al-Din Lulu, qui régna à Mossoul (629-659 H / 1232-1259 J.-C.), ou un membre de sa cour. Un certain nombre d'objets à son nom montrent qu'il appréciait le travail du métal et commanda de nombreuses pièces. Bien que la technique de l'incrustation soit d'origine iranienne, de nouvelles formes inspirées de l'art byzantin furent introduites à Mossoul. Le répertoire décoratif du travail des artisans de Mossoul était plus varié que celui de leurs homologues iraniens et comportait davantage de scènes figuratives, dont certaines tirées de la vie quotidienne. \nIbn Saïd, musulman d'Espagne, voyagea en Syrie, en Mésopotamie et en Irak en 648 H / 1250 J.-C. Dans son livre, *Géographie*, il mentionne des récipients en cuivre incrusté réalisés à Mossoul qui étaient exportés et offerts à des souverains. Ainsi, le travail du métal de cette ville et ses incrustations scintillantes avaient atteint un niveau qui leur permettait de rivaliser avec l'or et l'argent. Au cours du règne de Badr al-Din Lulu, Mossoul promue capitale s'enrichit et accrut son prestige, passant du statut de cité provinciale à celui de centre commercial et artistique prospère, avec de nombreux palais et bâtiments publics neufs. Cette aiguière était probablement utilisée pour verser de l'eau dans les banquets de la cour.","short_description":"L'artisan à qui l'on doit cette aiguière exceptionnelle a signé son œuvre en indiquant qu'il est de Mossoul. Faite en cuivre jaune incrusté d'argent, elle est couverte de nombreuses représentations de personnages occupés à différentes activités comme jouer de la musique, boire ou chasser.","holder":"The British Museum.","dates":"629 de l’Hégire / 1232 J.-C.","location":"Londres","dimensions":"H. 30,4 cm, l. 22 cm, P. 21,5 cm.","method_for_datation":"L'aiguière porte la date 629 (1232 J.-C.).","method_for_provenance":"Une inscription précise le nom de Shuja ibn Mana al-Maswili (Shoudja, fils de Mana de Mossoul), artisan de Mossoul, donc, où existait une importante activité de travail du métal au début du VIIe/XIIIe siècle.","provenance":"Mossoul, Irak.","obtention":"Cette aiguière dite Blacas porte le nom du duc français dont la collection a été achetée par le musée en 1866.","bibliography":"*L'Orient de Saladin : l'art des Ayyoubides* (catalogue), Paris, 2001, cat. n° 122, p. 146. \nRice, D., “Inlaid Brasses from the Workshop of Ahmad al-Dhaki al-Mawsili”, *Ars Orientalis*, 3, 1957, pp. 284-326. \nWard, R., *Islamic Metalwork*, 1993, pp. 80-82.","dynasty":"Ayyoubide (Atabegs)","author":"Emily Shovelton","copy_editor":"Mandi Gomez","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau ; musique ; femme ; chasse ; zenguides"],"materials":["Cuivre jaune gravé et incrusté d’argent et de cuivre."]},"e82e7a90-67b5-5656-a132-7a7975bceb31":{"name":"Midhat el-Soltan (salle d’ablutions).","description":"La porte droite du monument donne accès à un vestibule en couloir qui s'ouvre à droite par un grand arc sur la salle d'ablution. à gauche, face à l'arc, le mur du vestibule est meublé d'une arcature aveugle en arc à claveaux. Le fond de l'arcature est rehaussé d'une rosace carrée obtenue par l'incrustation d'entrelacs de galons de marbre noir sur fond blanc. \n \nLa salle d'ablution est formée d'une cour entourée de quatre galeries à arc unique. L'une des galeries constitue l'entrée entre le vestibule et la cour ; sous les trois autres sont aménagés des bassins étroits avec des banquettes sur lesquelles s'installent les fidèles procédant aux ablutions. Les arcs en assises de marbre noir et blanc reposent sur des colonnes à chapiteaux à méandres de type hispano-maghrébin. Une décoration en incrustation de galons de marbre noir sur marbre blanc se distribue ingénieusement sur les murs et sur les tympans des arcs. \n \nAu centre de la cour, un dé octogonal en marbre présente sur chacune de ses huit faces un arc polylobé ou recticurviligne avec, au centre, les bouches de fontaine qui déversaient leurs eaux dans un bassin individuel au-devant d'une petite banquette en pierre.","short_description":"Ce monument hafside est une des rares survivances d'un système d'adduction en eau chaude qui a totalement disparu. L'Institut national d'archéologie et d'art a procédé à sa restauration dans les années 1960. Cependant, l'édifice n'est plus fonctionnel aujourd'hui. La salle d'ablution est formée d'une cour entourée de quatre galeries à arc unique. Les arcs sont en assises de marbre noir et blanc reposant sur des colonnes à chapiteaux et à méandres de type hispano-maghrébin.","dates":"commencée en 852 de l’Hégire / 1448 J.-C., achevée en 854 H / 1450 J.-C.","location":"Tunis","method_for_datation":"Le poète ad-Damamini évoque la beauté de Midhat el-Soltan dans un célèbre poème que l'historiographe Zarkachi commente dans son ouvrage sur Ibn Achamaa édité par Mustapha Kaak.","bibliography":"Daoulatli, A., *Tunis sous les Hafsides*, Tunis, 1976, pp. 213-221. \n \nMarçais, G., *L'architecture musulmane d'Occident*, Paris 1952, pp. 22-24. \n \n“Notes sur les coupoles de la Grande Zitouna de Tunis”, *Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée*, 1966, pp. 95-105.","history":"Les sources historiques décrivent l'inauguration du monument par le sultan en personne et évoquent un système d'adduction d'eau chaude qui a totalement disparu. Les plafonds en bois ont été restaurés au XIIe siècle H (XVIIe siècle J.-C.), comme l'atteste une inscription. En 1380/1960, l'Institut national d'archéologie et d'art a procédé à sa restauration, mais le monument n'a pas été remis en fonction.","patrons":"Le sultan hafside Abou Amr Othman.","architects":"Mohamed el-Kossentini.","dynasty":"Hafside.","author":"Jamila Binous","copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["Architecture religieuse; style hispano-maghrébin; ablutions."]},"e9446de8-0118-5c68-aa90-cc7965c9040a":{"name":"Nilomètre.","description":"Le nilomètre (kiosque du Nil, connu sous l'appellation de *al-Miqyas* en arabe) est particulièrement symbolique de la vie de l'égypte ancienne. Architecturalement, il est unique dans le monde islamique. Son importance remonte à l'époque où la hauteur des eaux du fleuve servait à déterminer l'assiette des impôts sur les terres agricoles. Ils n'étaient levés que lorsque la crue du Nil atteignait un certain niveau. \nIl s'agit essentiellement d'un puits aux murs de pierre habilement taillée et dont l'épaisseur des parois augmente avec la profondeur. Le puits compte trois niveaux : le niveau le plus bas est circulaire, le niveau intermédiaire est un carré dont les côtés sont supérieurs au diamètre du niveau inférieur, le niveau supérieur est également carré, et plus grand que le précédent. Grâce à ce plan, les murs peuvent supporter la pression horizontale qui s'accroît avec la profondeur. \nLes eaux du fleuve alimentaient le puits par trois tunnels débouchant sur la face est du nilomètre par trois ouvertures ressemblant à des portes ouvertes sous des arcs brisés soutenus par de petites colonnes décorées à socle globuleux. Ces arcs sont non seulement les plus anciens exemples de ce style en égypte islamique, mais précèdent le gothique européen de trois siècles. Des exemples similaires peuvent être vus dans la mosquée d'Ibn Touloun au Caire (265 H / 879 J.-C.). \nUn escalier intérieur descend jusqu'au fond du puits le long des parois. En partie supérieure, sur les murs intérieurs nord et est, figurent des inscriptions en style coufique ; il s'agit des plus anciennes écrites en arabes que l'on ait découvertes en égypte. Au centre du puits s'élève l'élément principal du nilomètre, un pilier octogonal en marbre de 10,50 m de haut gravé de mesures exprimées en coudées (*kirat*) et pouces (*zira'*) qui marquent le niveau de l'eau. \nAhmad ibn Touloun (r. 254-270 H / 868-884 J.-C.) fit restaurer le nilomètre en 259 H / 873 J.-C. et remplacer les deux anciens bandeaux épigraphiques par des inscriptions contemporaines sur les parois sud et ouest. Il fit insérer son nom dans le nouveau texte, mais la date initiale de construction fut conservée. Au cours des siècles, l'ensemble a fait l'objet de multiples restaurations et rénovations (sous les Fatimides, les Mamelouks et les Ottomans). En 1925, on a remplacé la coupole mamelouke couronnant l'extérieur par un toit conique à couverture de panneaux de plomb.","short_description":"Situé sur l'île de Rawda sur le Nil, le nilomètre est une structure unique dans l'architecture islamique. Il doit son importance au fait d'avoir permis de calculer les taxes perçues sur les terres agricoles en fonction de l'importance des inondations annuelles du Nil. Sa conception et les matériaux utilisés dans sa construction lui ont permis de résister à la corrosion de l'eau durant plus de mille ans.","dates":"247 de l’Hégire / 861 J.-C.","location":"Le Caire","method_for_datation":"Selon les historiens, c'est le calife abbasside al-Moutawakkil qui fit construire le nilomètre en 247/861, mais certains chercheurs font remonter son origine au calife al-Ma'moun (r. 169-217/786-833). L'historien Ibn Khalkan (m. 681/1282) mentionne que le nom d'al-Moutawakkil et l'année de la construction du nilomètre (247/861) étaient gravés dans une inscription apposée sur les murs du puits. Elle a disparu, peut-être supprimée lorsqu'Ibn Touloun fit restaurer le bâtiment en 259/873.","bibliography":"Allen, T., *A Classical Revival in Islamic Architecture*, Wiesbaden, 1986. \nBehrens-Abouseif, D., *Islamic Architecture in Cairo: An Introduction,* Londres-New York, 1992. \nCreswell, K. A. C., *Muslim Architecture of Egypt,* vol. II, Oxford, 1940. \nGhaleb Pasha, K.*, Le Mikyâs ou Nilomètre de l'Ile de Rodah*, Le Caire, 1951. \nHillenbrand, R., *Islamic Art and Architecture*, Londres, 1989. \nIbn Khalkan, Abou al-Qassim Chams al-Din Ahmad (m. 681/1282), *Anba'al-Zaman* \\[Nouvelles du Temps\\], Beyrouth, 1968. \nPopper, W., *The Cairo Nilometer: Studies in Ibn Taghri Bardi's Chronicles of Egypt: I*, Californie, 1951. \nShafa'i, F., *Al-'Emara al-'Arabiya fi Misr al-Islamiya* \\[L'Architecture arabe dans l'égypte islamique\\], Le Caire, 1983. \nWilliams, C., *Islamic Monuments in Cairo: A Practical Guide*, Le Caire, 2002. \nL'Art mamelouk, splendeur et magie des sultans, pp. 152-154.","patrons":"Calife al-Moutawakkil Ala Allah (r. 232-247 H / 847-861 J.-C.).","architects":"Ahmad ibn Muhammad al-Hassib en a supervisé la construction.","dynasty":"Abbasside.","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","author":"Tarek Torky","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["puits ; écriture coufique ; surfaces coniques ; arcs brisés ; architecture civile ; nilomètre ; hydrologie"]},"f0e5d0e1-0d9f-5dac-9166-a688b53727f8":{"name":"Aqueduc de Zaghouan","short_description":"Dans le compte rendu de la Direction générale des Travaux publics 1883-1889, l’ouvrage hydraulique est ainsi décrit : “De Zaghouan à La Goulette, 89 km de canal maçonnés furent remis en état, 41 km de conduites métalliques remplacèrent les aqueducs monumentaux de Djouggar, de l’oued Milliane, de Djedeida et de la plaine de l’Ariana.” L’alimentation en eau de Tunis et des résidences beylicales était de nouveau assuré. L’ouvrage d’art fut livré le 19 mai 1862. De nos jours, on peut encore admirer l’impressionnante enfilade de piles majestueuses.","type":"Architecture hydrolique","dates":"1852","location":"Zaghouan","history":"Le problème de l’eau a été l’objet de constantes préoccupations de la part des gouvernants en Tunisie. Il était d’usage courant que les personnes nanties construisaient des fontaines et des bassins publics appelés *sabil*s. Quant aux gouvernants, c’est aux vastes ouvrages d’adduction d’eau qu’ils se sont attachés. A la veille de l’instauration du protectorat français, en 1859, sur les conseils du consul de France Léon Roches, M’hammed Bey chargea l’ingénieur Pierre Colin de restaurer le vieil aqueduc romain de Zaghouan à Carthage et sa dérivation hafside vers Tunis dont les conduites étaient hors d’usage après une longue période d’abandon. Les travaux furent achevés sous le règne de Mohammed es-Sadok Bey en 1862.","author":"Saloua Khadhar Zangar"},"f4487135-c3dd-52d4-aace-e368bdb407e4":{"name":"Aqueduc.","description":"L'idée de construire un aqueduc pour acheminer l'eau jusqu'à la Citadelle de Saladin remonte à la période de Saladin al-Ayyoubi lui-même (r. 564-589 H / 1169-1193 J.-C.), qui érigea les remparts du Caire, en commençant par une section proche de Fustat. Un canal fut aménagé au sommet du mur, l'eau étant extraite des puits par des norias. Elle servait à la consommation des hommes et des bêtes et à l'irrigation des cultures. \nAu cours de la période mamelouke, la population de la citadelle s'accrut notablement, ce qui amena le sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun à étudier un nouveau plan pour augmenter le débit de l'alimentation. \nEn 712 H / 1312 J.-C., il en entama la réalisation et ordonna la construction d'une grande tour pour protéger quatre norias dans la zone de Fum al-Khalig (aujourd'hui zone de la rue Qasr al-Aini), sur la rive du Nil. Ces norias élevaient l'eau jusqu'à un aqueduc constitué d'une série d'arches soutenues par d'importants piliers de pierre. Il suivait une légère pente afin de se connecter au système hydraulique de Saladin. \nLe sultan Qaytbay (r. 872-901 H / 1468-1496) entreprit d'importants travaux de rénovation de cet ouvrage en 885 H / 1480 J.-C., de même que le sultan Qansuh al-Ghouri, qui restaura également la tour de la noria, sur laquelle il apposa son emblème. Il modernisa le système, l'eau se jetant dorénavant dans un bassin au pied de la citadelle avant d'être élevée par d'autres norias vers des citernes. L'aqueduc resta en fonction jusqu'à la période ottomane (XIIIe siècle H / XIXe siècle J.-C.). Il fut désaffecté lors de l'expédition française en égypte (1213-1216 H / 1798-1801 J.-C.) lorsque les soldats français en transformèrent certaines parties en fortifications en obturant certaines arches. \nLa longueur subsistante de l'aqueduc est d'environ 3 km. L'ouvrage est considéré comme l'un des plus beaux de ce type aussi bien en égypte que dans le monde islamique. En 2005, le Haut Conseil des Antiquités a lancé un plan de restauration de la tour des norias et de l'aqueduc lui-même.","short_description":"C'est le plus grand projet conçu pour approvisionner la citadelle du Caire en eau potable. L'aqueduc en énormes pierres s'étend sur environ 3 km des rives du Nil jusqu'à la citadelle. L'eau était hissée par quatre roues à eau et versée dans des citernes de sédimentation. Les citernes étaient alors ouvertes afin que l'eau soit acheminée vers la citadelle par un canal courant au sommet de l'aqueduc.","dates":"712-914 H / 1312-1508 J.-C.","location":"Le Caire","method_for_datation":"Dans son ouvrage, al-Maqrizi parle d'une construction de l'aqueduc en 7112/1312 sous le règne du sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun. Par ailleurs, au sommet de la tour des norias figure un blason qui est celui du sultan Qansuh al-Ghouri, ce qui peut confirmer que la restauration de cet ouvrage d'art a été entreprise au cours de son règne.","bibliography":"Al-Maqrizi, Taqi al-Din Abi al-Abbas (m. 845/1442), *Al-mawa'iz wa'l-itibar bi-Dhikr al-Khitat wa'l-Athar* \\[Exhortation et contemplation de souvenirs suscités par des plans et des monuments\\], Le Caire, 1853. \nCreswell, K. A. C., *Muslim Architecture of Egypt,* vol. II, Oxford, 1960. \nZaki, Abd al-Rahman*, Qal'a Salah al-Din al-Ayyoubi wa ma hawlaha min al-Athar* \\[La citadelle de Salah al-Din al-Ayyoubi et les monuments voisins\\], Le Caire, 1970. \n*L'art mamelouk, splendeur et magie des sultans*, pp. 154-155.","patrons":"Sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun, qui régna à trois reprises (693-694 H / 1294-1295 J.-C. ; 698-708 H / 1299-1309 J.-C. ; 709-741 H / 1309-1340 J.-C.), et le sultan al-Achraf Qansuh al-Ghouri (r. 906-922 H / 1501-1516 J.-C.).","dynasty":"Mamelouke.","linkcatalogs":"IAM_EG_FR_001","author":"Tarek Torky","translator":"Jacques Bosser (de l'anglais).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["norias ; aqueducs ; travaux hydrauliques"]},"f60e24ce-c1de-5b4b-9219-cfb0c187f885":{"name":"*Qanat* (à l’intérieur de l’hôpital psychiatrique).","description":"Le *qanat* est une conduite souterraine de drainage qui intercepte les eaux des nappes phréatiques et les amène, même à partir de profondeurs importantes, à quelques mètres du niveau du sol. Ceux qui ont été découverts à Palerme appartiennent à la typologie des *qanat* arabo-persans, mais, à la différence des *qanat* orientaux, il manque ici un véritable puits d'alimentation ; il est remplacé par une galerie transversale de drainage, située en amont. \n \nGrâce à ces conduites, qui se développent en un réseau de parcours souterrains sur des dizaines de kilomètres, on pouvait assurer un flux spontané et continu d'eau en provenance des nappes souterraines, ce qui permettait la création de viviers, de fontaines et de bains publics, ainsi que l'arrosage des jardins luxuriants décrits par les documents médiévaux.","short_description":"Le sous-sol de Palerme abrite un réseau de conduits de drainage qui interceptent les eaux de la nappe phréatique et les amène, parfois à partir d'une profondeur importante, à quelques mètres du niveau de la campagne : cet ouvrage complexe, d'origine arabo-persane, s'appelle *qanat*. Il garantissait un afflux d'eau, continu et spontané, des nappes souterraines jusqu'à la surface du sol.","dates":"A partir du XIIe siècle.","location":"Palerme","method_for_datation":"La découverte de fragments de poteries du XIIe-XIIIe siècle, à l'intérieur des deux *qanat* de la zone centrale de la Piana dei Colli (Castelforte et Scalea I) fournit un indice confirmant leur existence en Sicile, tout au moins à partir de cette époque.","bibliography":"Todaro, P., *Guida di Palermo sotterranea*, Palerme, 2002.","dynasty":"Période fatimide/normande.","linkcatalogs":"IAM_IT_FR_001","author":"Pier Paolo Racioppi","translator":"Marguerite Pozzoli","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau"]},"fa6093d9-67a1-536f-b0bb-38a5d07cb915":{"name":"Lion, élément de fontaine.","description":"La diversité de l'art fatimide est attestée par une œuvre comme celle-ci : il s'agit d'une plastique creuse représentant un lion sur ses pattes, la queue terminée par une houppe et levée en forme d'anse. De sa gueule béante émergeait autrefois un tuyau. L'animal est modelé selon des formes presque abstraites : flancs plats, lignes figurant les côtes, oreilles et paupières rendues en contours simples. La surface du corps dans la zone du dos, de la poitrine et des cuisses est agrémentée d'un motif en spirales qui souligne encore l'impression de stylisation que donne la figure. On peut nettement distinguer sur les deux côtés du cou une inscription gravée qui pourrait dater du VIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.). Il y est fait mention d'un certain bi-Rasem al-Amir Chams al-Din wali Misr, qui était sans doute gouverneur du “Misr” “ (basse Égypte et Le Caire). \nCette représentation intégrale d'un corps vivant est intéressante car elle ne semble pas obéir au dogme islamique. Mais comme l'interdiction des images ne s'étendait pas toujours au domaine de la cour, et que, par ailleurs, les Fatimides chiites avaient une attitude fort libérale, la sculpture constitue en Égypte une partie de l'art princier. Le Musée d'art islamique du Caire conserve une statue de lion assis. Le lion de Berlin peut avoir fait partie d'un ensemble de vasques orné de plusieurs statues, comme la célèbre fontaine aux lions de l'Alhambra de Grenade en Espagne. Il peut aussi, du fait de sa petite taille, avoir fait partie d'une construction plus grande et ornée de nombreuses sculptures, comme on en voit sur les manuscrits irakiens du VIe siècle H (XIIIe siècle J.-C.). Les bronzes de ce type étaient fort répandus dans tout le bassin Méditerranéen et surtout en Espagne. Un lion provenant d'Espagne se trouve au musée du Louvre à Paris. On peut supposer que la plupart d'entre eux n'ont pas traversé les âges et ont été fondus.","short_description":"Ce petit lion très vivant à la gueule ouverte et la queue retournée était utilisé comme jet de fontaine en Égypte durant la période fatimide. Il est fabriqué en bronze coulé qui a été décoré de rinceaux sur le dos et les pattes. Les fontaines avec des décorations d'animaux étaient répandues dans les pays méditerranéens.","holder":"Museum für Islamische Kunst","dates":"Ve-VIe siècle de l’Hégire (XIe-XIIe siècle J.-C.).","location":"Berlin","dimensions":"H. 11,5 cm, l. 14,5 cm.","method_for_datation":"C'est surtout dans l'Égypte fatimide que furent réalisés des bronzes de ce type, et on y repère des répliques de même facture et de même décor. L'inscription, qui paraît bien nommer un gouverneur d'Égypte, est un indice supplémentaire.","method_for_provenance":"L'inscription nomme vraisemblablement un gouverneur d'Égypte ; d'autre part, les caractères stylistiques de la pièce indiquent qu'elle a été réalisée dans l'Égypte fatimide.","provenance":"Égypte.","obtention":"Acheté en 1911.","bibliography":"Enderlein, V., *Islamische Kunst,* Dresde, 1990, pp. 121-124. \nEttinghausen, R. et Grabar, O., *The Art and Architecture of Islam, 650-1250,* Harmondsworth, 1987, pp. 197-200. \n*Museum für Islamische Kunst* (catalogue),Berlin, 1979, n° 313. \n*Museum für Islamische Kunst* (catalogue),Stuttgart-Zurich, 1980, n° 20, pp. 52-53. \nWard, R., *Islamic Metalwork,* Londres, 1993, pp. 60-69.","dynasty":"Fatimide","author":"Annette Hagedorn","translator":"Arlette Camion(de l’allemand).","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["bronze ; fatimide"],"materials":["Bronze, plastique creuse, gravure."]},"fc0f934c-a60f-5984-b826-24611c304045":{"name":"Tête de fontaine.","description":"Petite sculpture de bronze surdoré en forme de biche. C'est une figure à l'aspect fragile et disproportionné. Presque toute sa surface est recouverte par une délicate ornementation végétale de type oriental (fleurs de lotus inscrites dans des cercles) qui la font paraître vêtue d'un riche tissu. À en juger par les restes visibles dans les sillons de la gravure et diverses parties du corps, la pièce devait être entièrement dorée. \nLes formes simples du corps, les traits de la face et les pattes, terminées en disques, extrêmement courtes par rapport au corps, rappellent les représentations d'animaux qui apparaissent sur la céramique fatimide. \nCette sculpture servait sans doute de tête de fontaine, étant donné que, hormis les pattes, le corps est creux et que le ventre est percé d'un orifice destiné à permettre le passage de l'eau, qui devait jaillir en cascade par la bouche. \nLa présence de l'eau dans les jardins omeyyades était un signe de prospérité, de luxe et de bien-être. Les fontaines étaient un élément esthétique important dans les palais islamiques d'Occident, notamment en al-Andalus. Cette biche était probablement accompagnée d'autres animaux de bronze.","short_description":"En raison de ses sabots fourchus, de la naissance des cornes, de sa queue courte et pointue, cet animal a été identifié comme étant un cervidé. Il servait certainement de tête de fontaine à une vasque ou une fontaine dans un palais de Cordoue. L'eau arrivait par un conduit situé sous la panse de l'animal et jaillissait par la bouche.","holder":"Musée archéologique national.","dates":"Seconde moitié du Xe siècle (339-390 H / 950-1000 J.-C.).","location":"Madrid.","dimensions":"H. 32,3 cm, L. 31,5 cm.","method_for_datation":"Par analyse stylistique. Bien que la biche de Madrid soit plus petite et moins stylisée, elle présente de claires similitudes avec d'autres pièces trouvées au Xe/XVIe siècle parmi les ruines du palais de Madinat al-Zahra. L'une d'elles se trouve au Musée archéologique de Cordoue. La seconde, disparue au début du XIXe du monastère de Guadalupe où elle avait été déposée, a été récemment récupérée et se trouve depuis 1997 au Musée national du Qatar.","method_for_provenance":"Certains chercheurs pensent que cette pièce a pu être importée de l'Égypte fatimide. Cependant, le fait qu'elle ait été découverte dans la province de Cordoue et ses grandes ressemblances avec les cerfs de Cordoue et du Qatar suggèrent que les trois sculptures ont été produites, sinon par le même atelier, du moins dans une même aire géographique d'al-Andalus, où les ateliers de travail du métal étaient extrêmement actifs.","provenance":"Cordoue.","obtention":"Acheté le 3 février 1940 par le Musée archéologique national.","bibliography":"Camps Cazorla, E., “Un nuevo ciervo califal de bronce”, *Archivo Español de Arte*, Madrid, 1943, pp. 212-222. \nCamps Cazorla, E., “Ciervo califal de bronce”, *Adquisiciones del Museo Arqueológico Nacional (1940-1945)*, Madrid, 1947. \nGómez Moreno, M., *El arte árabe español hasta los almohades. Arte mozárabe*, Ars Hispaniae, vol. III, Madrid, 1951, p. 336. \n*El esplendor de los omeyas cordobeses* (catalogue d'exposition), Grenade, 2001. \nZozaya, J., “Importaciones casuales en al-Andalus”, *Actas IV. Congreso de Arqueología Medieval española*, vol. I, Alicante, 1993, p. 125.","dynasty":"Omeyyade d’al-Andalus, période califale","author":"Margarita Sánchez Llorente","copy_editor":"Rosalía Aller","translator":"Benito Pelegrín (de l'espagnol)","translation_copy_editor":"Margot Cortez","keywords":["eau ; fontaine ; jardin ; palais ; décoration florale"],"materials":["Bronze, fonte à la cire perdue, gravé et surdoré."]}}