@museumwnf/islamicart-data 1.0.59 → 1.0.60
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{"00a9f1ac-ad56-56fb-b46c-95f05a196c8c":{"title":"L’art mudéjar populaire et religieux"},"00b6ace6-eff0-5009-bd24-4fff9d4b4807":{"title":"Objets","description":"L'art ottoman se caractérise par le fort accent mis sur les motifs floraux qui remplacent presque complètement la vénérable tradition islamique des jeux géométriques. Ce changement se constate particulièrement dans l'activité artistique probablement la plus réputée de l'art ottoman, la céramique. À partir d'une palette restreinte de bleus et de blancs et de motifs inspirés de l'art chinois, les potiers de la ville d'Iznik développent leur propre esthétique florale dont les éléments (essentiellement tulipes, roses, hyacinthes et œillets) se répartissent naturellement sur la surface de l'objet. Dans la manière typiquement islamique, cette esthétique s'applique à tous les supports. Elle est particulièrement dominante dans les textiles par exemple, aussi bien sur des caftans de soie destinés aux princes que dans les broderies d'usage quotidien. \n \nUne grande partie de l'art ottoman trouve son origine à la cour. Des objets de grand luxe sont fabriqués pour conférer un air de luxe suprême à l'existence des habitants du palais, depuis les dignitaires du palais jusqu'au sultan lui-même. Les ateliers impériaux s'intéressent aussi à l'art du livre, réalisant des corans et des manuscrits illustrés qui portent aussi bien sur des sujets séculiers que religieux ; La calligraphie jouit d'un prestige particulièrement élevé. \n \nL'art ottoman ne se limite cependant ni à la production pour la cour ni à Istanbul. Damas est un important centre de production de céramiques qui utilise une palette assez différente de celle d'Iznik. De même, la ville anatolienne de Kütahya crée sa propre tradition de céramique après le déclin de celle d'Iznik. 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Le style mamelouk accorde une grande importance aux motifs géométriques et aux grandes inscriptions calligraphiques. Le premier de ces aspects s'observe par exemple dans le mobilier réalisé pour les nombreuses fondations religieuses commanditées par les très orthodoxes Mamelouks. La décoration géométrique est également un trait spécifique de l'ornementation des manuscrits coraniques. La belle calligraphie est également un élément apprécié dans cet art. Elle apparaît non seulement sur les manuscrits , mais aussi comme ornement principal d'objets réalisés dans toutes sortes de matériaux. L'art du métal mamelouk se distingue notamment par l'importance des inscriptions qui animent toutes sortes d'objets, y compris des chandeliers , des bassins , et des ustensiles plus personnels comme des aspersoirs à parfums. Les inscriptions reprennent généralement des formules de louanges au sultan ou au commanditaire (souvent anonyme). \n \nEn dehors du travail du métal, l'un des domaines les plus marquants de l'art mamelouk est la verrerie émaillée. Une forme particulièrement célèbre pendant cette période est la lampe à panse importante et ouverture évasée , souvent appelée “lampe de mosquée” bien qu'elle ait été utilisée dans d'autres contextes. Les lampes de mosquée, comme d'autres formes d'art mamelouk, comportent fréquemment le blason de leur commanditaire, symbole du rang d'un officier mamelouk : ainsi l'échanson du sultan utilise-t-il une coupe pour blason , tandis que le dignitaire chargé des armes utilisera une épée.","glossary_ids":["a95bf8cd-02b1-5d88-b68d-c21999469de6","aea62142-bf4f-5655-8c52-b1e856151ce7","c2953466-916b-57e9-9f3b-409c9af9afa1"]},"198c176f-a670-5331-b416-a7ecc59e7ceb":{"title":"Les arts décoratifs"},"1aa59d36-2ef4-55a4-9987-3abbfd0f309c":{"title":"Syrie"},"1b7b04e6-d4cb-5a10-a0bf-8f61b4de570f":{"title":"La genèse de l'art islamique"},"1d025879-0f4e-58f5-9d96-55b7af6f72a3":{"title":"La civilisation du mot"},"1de88509-41c2-5db1-91f2-cf64dc633e29":{"title":"La Sicile chrétienne et la culture figurative islamique : préexistences et continuités."},"1f253e35-617d-59f9-b7ff-8a13540d58a7":{"title":"Monuments","description":"L'architecture mudéjare, tradition créée dans la péninsule Ibérique par des artisans musulmans travaillant pour des clients chrétiens ou juifs, partage de très nombreux traits formels avec l'architecture de l'Occident musulman. 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La brique prédomine aussi bien dans la construction structurelle que dans la décoration. La pierre est surtout utilisée en habillage, souvent en association avec la brique. La décoration en stuc est abondamment présente. Le bois sert à fabriquer des éléments comme les poutres de plafonds, les toitures à pignon, les portes et les panneaux décoratifs. Les carreaux vernis à motifs géométriques sont un matériau de surface très courant pour les sols et les murs, bien que les murs chaulés, d'aspect plus austère, soient également très répandus. \n \nLa mosquée hypostyle reste le type principal dans cette vaste zone, les nefs étant généralement disposées perpendiculairement au mur de la *qibla*. L'arc en fer à cheval, qui s'est imposé comme un élément courant de l'architecture aghlabide, prédomine. Comme chez les Aghlabides, les minarets sont de section carrée, ce qui contraste avec ceux plus fins et de section circulaire ou octogonale qui se développent en Orient. Les minarets de l'Occident musulman sont souvent décorés d'un complexe habillage de briques ou de motifs décoratifs en stuc ainsi que de frises de *mouqarnas*. \n \nLes constructions possèdent généralement des coupoles protégées sous des toits à deux versants recouverts de tuiles vernissées de couleur bleu-vert. Elles présentent fréquemment des nervures qui, en dehors de leur rôle structurel, créent des motifs décoratifs repris en articulation de la face intérieure. Certains intérieurs de coupoles sont entièrement couverts de *mouqarnas*. \n \nIl est largement fait recours aux *mouqarnas*, généralement en bois ou en plâtre, non seulement dans les zones d'articulation des voûtes, mais aussi comme élément décoratif d'ensemble. On trouve de nombreuses surfaces à décors d'entrelacs en gypse ou en brique ainsi que des paires d'arcs séparées par une colonne ou des arcs polylobés et entrelacés. L'usage de la calligraphie et des motifs végétaux est toujours très présent. 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Le premier style défini fait son apparition sous les califes omeyyades d'Espagne, qui commanditent la fabrication d'objets de luxe faisant appel à des matériaux précieux. L'héritage de l'Antiquité classique, encore présent dans cette tradition, fait place sous le règne puritain des Almoravides et de leurs successeurs les Almohades à une esthétique d'une austère et grande beauté dans laquelle la décoration peut aller du minimalisme à des compositions géométriques sophistiquées. Les dynasties suivantes, comme les Mérinides au Maroc, sont davantage attirées par les effets de richesses obtenus par des matériaux coûteux comme le bois de cèdre. L'art islamique d'al-Andalus connaît ses derniers feux à Grenade sous la dynastie nasride, qui poursuit ses commandes d'objets précieux et fonde une tradition de céramiques à décor lustré qui se perpétuera dans l'art mudéjar. 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Les souverains locaux commanditent diverses fondations auxquelles ils offrent des œuvres d'art comme des *minbar* ou des vasques à ablutions. Même les heurtoirs de porte sont exécutés avec le plus grand raffinement. C'est une période de grands progrès techniques. Les artisans maîtrisent des arts délicats comme la verrerie, dont les créations sont souvent décorées d'émail . Les céramistes poursuivent leur recherche de nouveaux styles, dont le décor au lustre et une technique spécifique à la Syrie appelée *laqabi*. . Les potiers ayyoubides imitent même les céramiques *minaï* de l'Iran contemporain. Les créations les plus frappantes sont sans doute des objets en métal incrusté selon une technique d'origine iranienne qui s'était rapidement répandue dans l'ensemble du monde islamique. Le cuivre et le bronze incrustés d'argent, d'or et d'autres métaux sont utilisés dans une grande diversité d'objets qui prennent l'aspect des métaux précieux sans violer les restrictions religieuses contre leur usage. Des objets comme des bassins et des brûleurs d'encens font appel à cette technique. Ces productions incrustées sont souvent décorées d'une imagerie figurative représentant, entre autres, des chasseurs à cheval ou des dames à leur toilette.","glossary_ids":["220ac6c9-5bbb-5494-a7d7-a1992e0113c3","961fe836-4b40-5496-978f-d23cca1475bd","a7da3b34-cced-5cac-bca5-7cde2160fdbf"]},"30947cee-0ac0-51a6-a6b7-4918f5ceb559":{"title":"Monuments","description":"L'architecture abbasside représente ce que l'on pourrait qualifier de première époque “classique” dans l'évolution de l'architecture islamique, centrée sur la capitale politique et culturelle abbasside, Bagdad (et par extension le faubourg royal adjacent de Samarra). L'architecture abbasside de Bagdad est marquée par l'utilisation massive de la brique dans la construction. Le stuc est également très répandu pour la décoration. La pierre est présente dans les régions où elle est aisément disponible, ou du moins un matériau de construction courant, comme dans l'Égypte toulounide ou dans la Tunisie aghlabide, les deux principales traditions de l'ère abbasside représentées ici. Le bois également est utilisé, bien qu'avec une certaine économie, pour fabriquer des éléments comme les *minbar*, les portes et les charpentes. \n \nLe plan de la mosquée hypostyle prédomine toujours. Le minaret, le *minbar* et le *mihrab* deviennent des éléments caractéristiques de ce type d'édifice. La coupole de dimensions relativement modestes placée au-dessus de la zone précédant le *mihrab*, qui était apparue sous les Omeyyades, se répand de plus en plus. Chez les Aghlabides, une seconde coupole est parfois édifiée, à l'opposé de la précédente, au-dessus de l'entrée menant de la cour à la salle de prière. Une autre nouveauté de la période abbasside est la *ziyada*, l'espace ouvert qui entoure la mosquée et la sépare du tissu urbain environnant . \n \nCaractéristique exclusive de l'architecture islamique, les *mouqarnas* font leur apparition pendant la période abbasside, probablement à Bagdad. Les premiers exemples ont été datés de la fin du IIIe siècle H (fin IXe-début Xe siècle J.-C.), puis ils se sont largement répandus au Ve siècle H (XIe siècle J.-C.). L'arc brisé devient prédominant dans l'architecture abbasside et l'arc en fer à cheval commence à se banaliser dans l'architecture aghlabide. En termes de types de construction, l'apparition d'une architecture funéraire dans les traditions architecturales islamiques remonte à la période abbasside. À l'origine, ces édifices consistent en un simple volume couvert d'une coupole. \n \nLes principaux motifs décoratifs de la période, souvent exécutés en stuc, sont d'inspiration végétale et géométrique. L'arabesque ou les motifs végétaux entrelacés et répétés apparaissent également pendant cette période. Les inscriptions continuent à jouer un rôle important dans les articulations architecturales. \n \nLes premiers exemples d'architecture abbasside montrent des influences évidentes des Sassanides d'Iran. Cependant, celle de la Tunisie aghlabide témoigne d'un degré plus élevé de continuité avec les traditions omeyyades. On y retrouve les minarets de section carrée et le remploi d'éléments de construction romains et byzantins, comme des fûts et chapiteaux de colonnes. Au début du IIIe siècle H (milieu du Xe siècle J.-C.), en particulier avec l'émergence de ce qu'on appelle le “style de Samarra”, l'architecture abbasside ne se réfère plus qu'à elle-même, évoluant dans le cadre d'un processus interne qui s'appuie d'abord sur des prototypes musulmans plutôt que sur des styles importés d'autres traditions.","glossary_ids":["a7da3b34-cced-5cac-bca5-7cde2160fdbf","a95bf8cd-02b1-5d88-b68d-c21999469de6","b2664e35-a30a-5283-80bf-77beed25e898","bd2ffd1a-1d12-5fc1-ab6b-b186e0622cb6","e7f7d170-9ce3-5eb5-8c00-b201155164d8"]},"31839947-b81e-578b-b011-e2319540abf1":{"title":"Jordanie"},"35beb34a-375b-5bd2-98d3-523a97e96b21":{"title":"Les Fatimides"},"378d3dd4-999d-5a88-a676-e838eaee7c35":{"title":"L’Occident musulman"},"3cf62f2a-9021-5aef-ac0a-0cc131185bcf":{"title":"Science et savoir"},"41c7e2cf-4070-53bb-8c03-b4f530b8336b":{"title":"Objets","description":"L'art fatimide est en grande partie un art du luxe. 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Au Caire, la ville dont les Fatimides font leur capitale en 358 H / 969 J.-C., on réutilise parfois la pierre provenant de monuments de la période des pharaons ou des fûts et chapiteaux de colonnes classiques. La brique peut servir de matériau structurel, mais elle est généralement parée de pierre ou de stuc sculptés. Le bois sculpté est utilisé pour les portes, des lambris et les poutres des plafonds . \n \nLa période fatimide conserve le plan traditionnel de la mosquée hypostyle, mais le minaret, élément devenu standard dans l'architecture religieuse abbasside, n'est que peu présent dans le style fatimide. Apparaît à cette période un des premiers exemples connus dans le monde islamique de façade de mosquée alignée sur la rue. 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Les motifs d'arabesques, végétales et géométriques, exécutés en marbre, stuc, pierre ou bois, sont très courants et leurs premiers exemples fatimides montrent l'influence de modèles abbassides issus d'Irak mais aussi de la Tunisie aghlabide et de l'Égypte toulounide.","glossary_ids":["0089ce74-d5cd-57d2-bbe4-c8de79b156c9","95fc5a14-1b29-5364-810a-69fc76087256","a95bf8cd-02b1-5d88-b68d-c21999469de6","c2953466-916b-57e9-9f3b-409c9af9afa1","fb4643f3-3421-5aaa-8b4f-85806f394bac"]},"5374f1d7-28b8-5e64-8bb8-d12ba84fb6a1":{"title":"Les bijoux : richesse, prestige et protection"},"56bd5cf1-6fad-5681-8cba-49c4ca097bbe":{"title":"Objects","description":"L'art des artisans musulmans à l'œuvre dans l'Espagne catholique est appelé art mudéjar. En dépit des pressions politiques et religieuses de la *Reconquista*, les artisans musulmans restent très appréciés pour leur talent et, en Espagne comme à l'étranger, des clients catholiques se tournent souvent vers eux pour décorer leurs biens séculiers ou religieux. \n \nCet art est célèbre pour ses superbes céramiques à décor lustré, qui comprennent des albarelles et des plats aux armes de leurs clients européens. 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Elle adapte des éléments issus de vocabulaires architecturaux antérieurs, comme ceux des Sassanides et de Byzance, aux besoins et aspirations du jeune État islamique. \n \nLes Omeyyades utilisent beaucoup la pierre, puisque ce matériau abonde en Grande Syrie où sont situés la plupart de leurs bâtiments encore debout. La brique est également très présente, souvent en combinaison avec la pierre. La mosaïque est fréquemment utilisée dans le parement des murs et des sols. Le stuc, matériau d'habillage des surfaces, se répand particulièrement à la fin de la période. Quant au bois, il est surtout présent dans les toitures et les coupoles, mais aussi dans la décoration, par exemple dans les portes et lambris. Des éléments romains et byzantins de remploi, comme des fûts et des chapiteaux de colonnes, sont souvent intégrés dans les constructions de la période omeyyade. \n \nLe plan de la mosquée hypostyle, que l'on fait remonter à celui de la maison et de la mosquée du prophète Muhammad à Médine, a servi de modèle pendant la période des “califes bien guidés”. Ce plan typique des mosquées omeyyades continuera à prédominer dans un certain nombre de traditions architecturales islamiques ultérieures. Il se compose habituellement d'une salle à colonnes réparties sur une trame orthogonale et possède une cour adjacente entourée d'une colonnade. Dans certains cas, il intègre une nef centrale conduisant au *mihrab*, rappel de celui des basiliques byzantines. Le minaret (généralement de section carrée), le *mihrab* et le *minbar* font leur première apparition dans l'architecture religieuse de la période. Une coupole de dimensions relativement modestes apparaît également au-dessus de la zone qui précède le *mihrab* . L'arc omeyyade est essentiellement en forme de berceau, même si l'arc brisé, qui prédominera plus tard, fait une apparition limitée. \n \nLes palais omeyyades sont souvent édifiés autour d'une cour centrale. Les plus vastes présentent une succession d'appartements autour de celle-ci, mais parfois aussi disposés autour de cours plus petites. Un certain nombre de complexes palatiaux incluent une mosquée et un hammam. \n \nLes motifs décoratifs végétaux – naturalistes et stylisés – ou géométriques sont courants et exécutés dans divers matériaux dont la mosaïque, le stuc et la pierre. Des représentations de bâtiments et de scènes pastorales sont à noter dans les bâtiments religieux. Les bâtiments civils s'ornent de peintures ou de sculptures de personnages et d'animaux. 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Ce processus est illustré, par exemple, dans les pièces de monnaie omeyyades : les premières frappées pour les califes omeyyades se contentent de copier les modèles byzantins ou sassanides , mais laissent bientôt place à des compositions strictement aniconiques, purement textuelles. \n \nUn aspect remarquable de cet art est l'adoption de thèmes figuratifs hérités de l'Antiquité tardive. Ainsi trouve-t-on une représentation de lion dans le palais de Mchatta, et, à al-Foudayn, un brasero reproduisant des scènes érotiques empruntées au mythe de Dionysos. . Certains objets sont assez éclectiques, qui combinent de manières nouvelles et ingénieuses différents motifs issus de l'art romain tardif, de l'art byzantin et de l'art sassanide. \n \nDe plus en plus populaire à la fin du monde antique, l'esthétique des végétaux stylisés revêt une importance particulière dans la formation de l'art islamique de la période omeyyade. 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Le patrimoine architectural des Ottomans peut être divisé en trois périodes. Une première phase constitutive, qui dure jusqu'au milieu du IXe siècle H (XVe siècle J.-C.), est suivie par une période classique, qui s'étend jusqu'au XIe siècle H (XVIIe siècle J.-C.) et à laquelle appartiennent la plupart des monuments les plus célèbres, dont un certain nombre ont été conçus par le grand architecte Sinan. Vient enfin la dernière période, caractérisée par un style plus décoratif et par l'influence grandissante de l'Occident. En termes de géographie, le caractère de l'architecture ottomane se dilue au fur et à mesure que l'on s'éloigne du cœur de l'empire – l'Anatolie occidentale et la Thrace – et que des concessions sont consenties aux traditions des provinces. \n \nL'architecture ottomane, en particulier après sa période de formation, est essentiellement en pierre. Sa haute qualité de maçonnerie est d'ailleurs réputée. Des combinaisons de brique et de pierre sont cependant très courantes et la brique reste utilisée pour les arcs, les coupoles et les voûtes. Le plomb recouvre les coupoles et la toiture des minarets, en particulier à partir du Xe siècle H (XVIe siècle J.-C.). Les carreaux de céramique polychromes vernis, comme les fameux carreaux d'Iznik où prédominent le blanc et le bleu, sont généreusement utilisés pour les revêtements muraux ; au Xe siècle H (XVIe siècle J.-C.), ils remplacent souvent le marbre comme matériau d'habillage . Le bois sert aussi bien pour les structures que pour la décoration et constitue le matériau dominant des maisons de la capitale, Istanbul. \n \nUne caractéristique majeure des mosquées ottomanes dès la toute première période est la présence d'une coupole centrale qui recouvre une partie significative de la salle de prière. Avec l'avènement du style ottoman classique, cette coupole prend des proportions spectaculaires et se combine souvent à une succession de demi-coupoles et de petites coupoles qui se déploient à partir de l'élément central dans une disposition pouvant évoquer une pyramide. Bon nombre de mosquées possèdent une, deux ou quatre demi-coupoles soutenant la coupole centrale. Les coupoles ottomanes présentent un profil semi-circulaire aplati. Une cour entourée d'une arcade entoure généralement la salle de prière le long de la façade opposée au mur de la *qibla*. \n \nDans l'Empire ottoman, les grands complexes religieux remplissent généralement de multiples fonctions en dehors de celle de mosquée : mausolée pour le commanditaire, cuisine populaire, *madrasa*, hammam, hôpital et commerces. \n \nLa mosquée ottomane se caractérise par son minaret simple et élégant en forme de crayon, souvent cannelé, qui se termine par une toiture conique pointue recouverte de plomb. Il signale les bâtiments commandités par des Ottomans dans tout l'Empire. Ils peuvent posséder de un à trois balcons, reposant généralement sur des voûtes de *mouqarnas* en encorbellement. Les mosquées royales possèdent plus d'un minaret, leur nombre pouvant s'élever jusqu'à six. \n \nLes *mouqarnas* sont utilisées de manière sélective dans certaines parties comme l'intrados des balcons de minarets ou au-dessus des fenêtres et des portails. La calligraphie, généralement de style *naskhi* et *thoulouth*, fait partie intégrante du programme décoratif de nombreux bâtiments. Le décor de surface de l'architecture classique est plus limité que celui de la période des Seldjoukides anatoliens et de la première et dernière période. \n \nL'architecture témoigne d'influences de nombreuses traditions, parmi lesquelles celles des Seldjoukides d'Anatolie et celles de Byzance, toutes deux préexistantes à la montée en puissance du pouvoir ottoman. 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Les sultans et les princes furent de très actifs commanditaires d'architecture et peu de sites dans le monde peuvent rivaliser avec la richesse architecturale historique de la capitale mamelouke, Le Caire. \n \nL'architecture des Mamelouks, essentiellement en pierre, est représentée dans les deux principales régions sous leur contrôle, l'Égypte et la Grande Syrie. Le bois est utilisé pour fabriquer des portes, des panneaux d'habillage, des *mihrab* ainsi que des écrans en treillis de bois appelés moucharabiehs. Les coupoles sont habituellement en pierre. Le stuc est employé pour les éléments décoratifs. \n \nLe plan à quatre *iwan*, introduit antérieurement par les Zenguides et les Ayyoubides dans l'architecture égyptienne et syrienne, devient la disposition la plus fréquente des bâtiments religieux comme les mosquées et les *madrasa,* ainsi que de nombreux ensembles qui combinent ces deux types. *Madrasa* et mosquées incluent souvent un mausolée à coupole pour leur commanditaire. \n \nDans la tradition mamelouke, le minaret présente souvent des sections de fût différentes, selon un plan dit de minaret à trois niveaux. Il s'élève sur un socle carré, suivi par un fût octogonal se poursuivant lui-même par une partie circulaire parfois garnie d'une colonnade. Des balcons soutenus par des encorbellements à *mouqarnas* peuvent séparer ces sections. D'autres sections de minaret, par exemple entièrement octogonales, sont également courantes. \n \nLes bâtiments mamelouks privilégient l'équilibre de leur composition d'ensemble plutôt que la symétrie. C'est l'alignement avec les différentes orientations de rue et de la *qibla* qui est privilégié, ce qui génère une abondante variété de séquences d'entrée qui soulignent les changements d'axes. Les bâtiments sont d'échelle monumentale, en particulier au Caire. \n \nLes coupoles à profil en arc brisé reposent souvent sur un tambour cylindrique. Initialement les trompes, ultérieurement les pendentifs, consistent souvent en rangées de *mouqarnas* assurant la transition avec la coupole. Au début de la période, c'est le bois qui est utilisé pour le traitement de cette zone, mais il sera supplanté plus tard par la pierre. Si les arcs peuvent être aussi bien en berceau que brisés, cette dernière forme prévaut, en particulier à la fin de la période. \n \nLes Mamelouks utilisent abondamment la calligraphie. La technique *ablaq*, introduite à la fin de la période ayyoubide, se répand et devient même une caractéristique de la tradition mamelouke. Les *mouqarnas* en pierre sont omniprésentes. Leurs exemples les plus élaborés servent à l'articulation de demi-coupoles placées au-dessus des portails d'entrée. Même les chapiteaux de colonnes sont parfois ornés de *mouqarnas*. La face extérieure des coupoles est souvent en pierre sculptée à complexes motifs de cannelures, de zigzag, d'étoiles et d'arabesques. Les retraits pratiqués dans les façades, dans lesquels ouvrent les fenêtres, sont habituellement couronnés de rangées de *mouqarnas*. Les fenêtres sont couramment obturées par des grilles en stuc à verres de couleur, et les incrustations de marbre sont fréquentes dans les décors de surface. \n \nLes Mamelouks sont de grands constructeurs de bâtiments militaires. Ils entreprennent de nombreuses rénovations et agrandissements d'anciennes forteresses croisées ou ayyoubides. Régnant sur un empire qui tire une considérable richesse du transit des marchandises sur son territoire, ils édifient de nombreuses constructions destinées au commerce. \n \nL'architecture des Mamelouks est de nature très cosmopolite. Le Caire, centre politique et commercial d'importance internationale, attire les artisans de diverses régions. 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Son travail peut se révéler d'un très haut niveau de qualité. La brique et le stuc se trouvent plus fréquemment en Syrie orientale. \n \nLes efforts pour concilier le tissu urbain et la direction de la *qibla* développés pendant la période fatimide sont plus fréquents. Par ailleurs, le plan à axe brisé mis au point dans la mosquée fatimide al-Aqmar pour assurer une transition entre la rue et l'intérieur se fait plus complexe. \n \nDiverses formes de minaret apparaissent au cours de cette période. Certains sont de section carrée, d'autres circulaire ou combinent parfois une section inférieure carrée suivie d'une partie supérieure octogonale ou circulaire. \n \nL'utilisation des *mouqarnas* est très courante, en particulier dans les voûtes, et fournit quelques-uns des exemples les plus anciens de composition de *mouqarnas* en pierre subsistants . La technique *ablaq* pour les façades (alternance de rangs de pierres de couleurs différentes) apparaît vers la fin de la période ayyoubide. Elle sera par la suite largement utilisée sous les Mamelouks. \n \nLes Ayyoubides laissent une impressionnante architecture militaire, édifiée d'abord dans le cadre de la lutte contre les Croisés. Un certain nombre de forteresses construites par ceux-ci seront par la suite occupées par les Ayyoubides qui les rénoveront et les agrandiront. La forteresse ayyoubide est plus vaste que celle des périodes antérieures et possède des murailles plus épaisses. Elle possède des éléments caractéristiques comme des entrées à changement d'axe, des meurtrières qui descendent jusqu'au sol, des mâchicoulis et des portes décorées de motifs talismaniques : serpents, dragons et lions. Autre trait important : les résidences palatiales sont construites à l'intérieur des citadelles. \n \nLa *madrasa* se signale comme un élément majeur de l'héritage architectural des Zenguides et des Ayyoubides. Un des plus anciens exemples de ce type connus dans le monde islamique est un monument zenguide. Le développement de la *madrasa* est étroitement lié à l'enseignement du sunnisme, dans la propagation duquel les Zenguides et les Ayyoubides s'engagent activement. Le plan de la *madrasa* ayyoubide consiste généralement en une cour entourée de deux ou quatre *iwan* (espace sous voûte, muré sur trois côtés et ouvert sur une cour sur le quatrième), ainsi que de cellules plus petites servant de logement aux étudiants et enseignants. Avec le temps, le plan à quatre *iwan* s'impose. Les Ayyoubides introduisent également vers la fin de la période un type architectural combinant *madrasa* et mausolée. 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Aucune règle générale ne peut s’appliquer à une quelconque tradition puisque ses caractères visuels présentent une diversité considérable due aux évolutions survenues dans le temps comme dans l’espace. Chaque règle avancée connaît ainsi ses exceptions. Les indications proposées ci-dessous devraient cependant aider le lecteur à identifier visuellement les diverses traditions de l’architecture islamique dans le bassin méditerranéen. Nous nous sommes attachés à identifier leurs traits caractéristiques, en particulier ceux qui touchent aux matériaux, aux formes, aux plans, aux types de constructions, aux motifs décoratifs et aux techniques, ainsi qu’aux influences issues d’autres traditions.","extra":{"credits":"Introduction préparée par: \nMohammad Al-Asad (Monuments) \nBarry Wood (Objets)","subtitle":"L'Art Islamique en Méditerranée"}},"e5a16576-99a6-59e3-b60e-463525d95dd9":{"title":"La quête de la baraka – le pèlerinage à Jérusalem et en Palestine"},"e69dcd7a-5d1d-5edb-ae45-6bb6e2a8c847":{"title":"Le système mamelouk"},"e89dae11-6238-53a2-838c-8433b2388478":{"title":"La céramique mudéjare"},"ebe1e957-e9a6-5900-a103-902e5fee4e8f":{"title":"Gestion de l’eau"},"eddac8a0-9c6b-5866-bceb-4f157fa5a04a":{"title":"Guerre et cavalerie"},"ee5d09b5-f282-551a-ad6c-510a7a1d4b9d":{"title":"L'art dans les lieux de prière"},"ef4d7209-5b0a-59f3-aef9-3982ae097af6":{"title":"L'art hors de la capitale"},"f9582527-5e66-53ac-b264-520c2d4cf28b":{"title":"Les céramiques abbassides"},"fb7529af-c345-5f7f-84b9-097ce4ffba20":{"title":"La décoration géométrique dans les textiles"},"fc7c939a-850e-5462-8ba3-c2aa03ed101f":{"title":"La mosquée, espace de prière"}}
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